20 août 2008
Une journée avec des écoliers Garifuna de Cayos Cochinos, Honduras
19 juillet 2008
Afrocolombiens de Bajo Naya : "Pas de liberté sans notre terre"

(Colombia) (Autor: CCajar)
I
sabelino Valencia ne perd pas l’espoir que le gouvernement colombien accorde enfin des titres de propriété au 18 000 afrodescendants de la région pour les terres qui leurs appartiennent, 330 ans après que leurs ancêtres aient commencé cultiver et à semer leurs champs, à pêcher et à travailler sur la rivière Naya pour extraire l’or présent dans la zone et survivre à l’époque de l’esclavage.
Malheureusement, depuis 1999 ces 49 communautés, qui forment un Conseil de Communauté ont sans cesse eu recours à différents tribunaux liés au Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural pour l’enregistrement collectif des 190 000 hectares qui composent leur territoire, sans recevoir de réponse positive jusqu’à présent.
C’est la raison pour laquelle Conchita et 3000 afrodescendants du bassin de l’Orinoco basin ont décide de présenter une motion pour une protection légale contre le Ministère pour son inaction, sa réticence, son action non-conforme et le retard dans le processus de reconnaissance légale de leurs terres, pour que le Ministère leur garantisse le droit au processus dû, à leurs terres, à leurs vies, leur existence et à leur survie en tant que tribu.
L’intérêt du gouvernement à ne pas reconnaître leurs terres est évident. La région est riche en biodiversité, en or, en pétrole et d’un métal connu sous le nom de 'orito,' et des aliments tels que la papachina, le chontaduro, et la pepa de Dios. Des trésors agricoles et de la pêche, parmi d’autres que les corporations multinationales et les étrangers cherchent à contrôler.
Quoiqu’il arrive, les peuples Afrodescendants veulent continuer de se battre pour la terre qui leur a appartenu pendant plus de 330 ans, car comme le dit Chavelo, "Nous ne pouvons pas être libres sans notre terre."
Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga
http://colombiasupport.net/news/2008/06/afro-descendant-communities-of-bajo.html
24 mai 2008
Le Brésil investit pour attirer les touristes afro-américains
08 septembre 2007
L’Afro tourisme à Rio de Janeiro : le circuit de la Petite Afrique
Rio de Janeiro offre deux circuits, l’un urbain et l’autre rural dans lequel sont présentées les racines de l’histoire des afrobrésiliens
Par Thereza Dantas
L’industrie du tourisme est l’activité qui présente les indices de croissance les plus élevés dans le contexte économique mondiale. Au cours de la dernière décennie, ses activités ont connu une expansion de 57%. Et les nouveautés n’arrivent pas sur le marché par hasard.
De porte d’entrée des touristes au Brésil, Rio de Janeiro offre désormais de nouveaux circuits ayant une caractéristique: l’afro tourisme. Selon la professeure et guide touristique Claudia Maria, il existe un marché en expansion dans ce segment. “En tant qu’enseignante du niveau moyen, j’ai déjà emmené plus de 500 adolescents faire la connaissance de la Petite Afrique”, explique-t-elle.
La Petite Afrique se situe dans la région centrale de la ville de Rio de Janeiro. Gamboa, Morro da Conceição, Pedra do Sal sont les endroits parcourus à pieds par les touristes qui souhaitent connaître la zone de l’ancien Marché Négrier et le Musée dos Pretos Novos. “Cette zone est préservée, on peut encore y voir de nombreuses caractéristiques du Rio Colonial. Même les pierres sont encore faites du même pavé qu’à l’époque coloniale”, indique Claudia. Une bonne paire de tennis est donc nécessaire pour parcourir le circuit de la Petite Afrique.
Les guides touristiques Claudia Maria et Geny Guimarães offrent des histoires encore occultées de la culture afro brésilienne. “ Tia Ciata a commencé ses réunions à Pedra do Sal, ou vivaient les bahianais nouvellement arrivés. Après la réforme de la ville promue par le gouvernement Pereira Passos, ils se sont déplacés vers la Praça 11 et à cet endroit, la samba a pris un autre visage ”, explique la guide et professeure de géographie.
Ces histoires et d’autres font partie des divers circuits créés par ces guides et militantes du mouvement noir comme le circuit de la Lapa, de la Mangueira, de Parati. “Nous voulons créer une nouvelle option touristique. Et nous allons transformer ce projet en quelque chose qui inclut les jeunes de la région”, indique Claudia Maria.
Dans la région rurale de l’état de Rio de Janeiro, le visiteur vient pour découvrir le Quilombo São José et participer à l’Hommage aux Aînés Noirs (Homenagem aos Pretos Velhos).
Les 12 et 13 mai, le touriste peut découvrir le Quilombo São José, à Valença, Rio de Janeiro. São José est une communauté de 200 noirs de la même famille qui préservent le jongo, danse-de-roda (en cercle) considéré comme une des origines de la samba, emmené de l’Angola au Brésil colonial par les esclaves.
Selon Ângela Damasceno, organisatrice du tour à partir de la ville de São Paulo, “près de 150 personnes ont déjà participé à la fête contagieuse dans la communauté São José”.
Voilà trois ans qu’elle organise les voyages pour les touristes qui souhaitent connaître un quilombo de prêt et danser le jongo au cours des fêtes organisées par les membres de la communauté.
“Je travaille dans le secteur du marketing institutionnel d’une multinationale, et mon intérêt est de donner une visibilité à tout ce qui se réfère à la culture afrobrésilienne”, explique-t-elle.
A floresta, les maisons de terre glaise aux toits de paille, la lampe, le fer à charbon et le feu de bois font toujours partie du quotidien. Cela fait 150 ans que cette famille vit sur la même terre depuis l’esclavage en conservant de riches traditions comme le jongo, l’umbanda, le calango, le chapelet de São Gonçalo, la médecine naturelle, les prières et les bénédictions, l’agriculture familiale et l’artisanat entre autres traditions. Il y a deux années, la communauté ne possédait pas la lumière électrique et vivait dans l’isolement.
Sur le littoral, ou à l’intérieur, on perçoit une demande pour comprendre les ethnies à l’origine du peuple brésilien. Avec le tourisme se crée une opportunité d’affaire dans laquelle les touristes et les membres d’une communauté sortent gagnants économiquement et culturellement.
Réservation (Fabiano): 11 3333-1562/ 8927-5849, Ângela Damaceno: 11 9294-7207/ 3464-1716 ou par email culturapopularsp@gmail.com culturapopularsp@gmail.com
Roteiros do Afro Turismo no Rio de Janeiro: afro.turismo@yahoo.com.br afro.turismo@yahoo.com.br
Traduit du Portugais par Guy everard Mbarga
http://revistaraiz.uol.com.br/portal/index.php?option=com_content&task=view&id=504&Itemid=181
31 août 2007
Témoignage : La beauté de l’expérience afrovnézuélienne
09 avril 2007
Afrodescendants des Caraïbes et tourisme sexuel (Partie II)
Les femmes prostituées dans la Caraïbe espagnole par contraste ne te provoquent pas et n’en demandent pas non plus beaucoup aux touristes sexuels masculins. Un autre touriste sexuel, un policier Étasunien, m’a dit qu’il aimait se rendre en République Dominicaine car là-bas, il devenait un objet de désir en grande demande. “Aux États [Unis], il y a 20 hommes pour une fille, ici il y a 20 filles pour chaque homme, et elles toutes sont désireuses de plaire.” Deux mineurs de Yorkshire étaient également enthousiasmés par le fait que les filles avec lesquelles ils étaient n’avaient pas seulement des relations sexuelles avec eux, mais elles leurs lavaient aussi les pieds sur la plage, elles leur mettaient les lotions protectrices sur les épaules, elles nettoyaient leurs maisons et se les arrachaient, tout cela pour à peine US$25.
Ayant réalisé l’enquête par le biais d’entrevues avec des travailleurs sexuels mâles à Cuba, en République Dominicaine et au Venezuela en Août 1997, j’ai effectué une enquête préliminaire sur le tourisme sexuel féminin à Negril, Jamaïque. Des entrevues semi structurées à 45 personnes impliquées dans l’industrie sexuelle informelle et à des touristes sexuels féminins. On a également compilé un questionnaire réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 86 touristes.
L’étude a conclu que presque la moitié des femmes célibataires avaient eu une relation sexuelle ou plus, avec des hommes jamaïcains pendant qu’elles se trouvaient en vacances. Même s’il ne s’agit pas d’un échantillon composé au hasard, et pour cette raison on ne peut faire des généralisations, on pourrait conclure que certaines femmes voyagent pour le sexe de la même façon que le font certains hommes. De plus, il semble que les touristes sexuelles femmes sont très semblables aux touristes sexuels masculins en ce qui concerne les attitudes et des motivations, et la manière de raconter qu’elles utilisent pour justifier ses comportements. De même que le tourisme sexuel masculin, on pourrait le comprendre comme une tentative de confirmer une identité donnée en termes raciaux et de genre (sexe); le tourisme sexuel féminin semble également refléter une préoccupation d’inverser et de restaurer un ordre particulier et d’assurer sa propre position et son propre pouvoir dans cet ordre.
Les femmes ont traditionnellement utilisé le voyage comme une manière de masculiniser leurs identités plutôt qu’une façon de confirmer leur féminité. Actuellement, certaines touristes sexuels femmes voyagent pour pénétrer les domaines des hommes, réclamant des pouvoirs masculins traditionnels pour réaffirmer leur féminité. Il est important pour de nombreuses touristes sexuels femmes de confirmer leur sentiment d’être femme’ en étant désirée sexuellement par des hommes. Les femmes qui se sentent rejetées en Occident parce qu’elle sont ‘du genre rondelette et âgée, tu sais du genre 35 ans mais qui ont l’air d’en avoir 40′ trouvent que en Jamaïque tout cela s’inverse. Ici les hommes les draguent et elles ‘tombent en amour’, avec des paroles tendres et ‘aimées’ par des hommes et elles retrouvent leur existence en tant que objets sexuels. Le tourisme sexuel permet à certaines femmes occidentales de sexualiser leurs corps d’une manière qu’elles auraient du mal à faire dans leurs pays et d’être désirées par des hommes fortement désirables.
Lorsque dans le questionnaire on leur a demandé comment elles décriraient leurs ‘amis’, la majorité des touristes sexuelles femmes ont souligné le fait que pour elles, les hommes noirs jamaïquain selon elles possèdent des corps de grande valeur sexuelle. Une femme a décrit son amant comme étant ‘tendre, amical, avec un corps magnifique’, et une autre comme étant ‘Élégant, en forme physique, de 27 ans, honnête, fier, sérieux, homme de famille, excellent amant’. Les corps de noirs deviennent des marchandises qui permettent à des femmes occidentales nanties (autant noires que blanches) d’expérimenter une forme alternative de pouvoir incarné. Dans ce cas, elles se laissent contrôler par des masculinités qui sont ‘nègres’, ‘hypersexuelles’ et ‘dangereuses’. Ce type de touriste sexuel féminin ne souhaite pas établir une relation amoureuse avec un homme de la Jamaïque et rentrer avec eux pour leur faire connaître leurs parents ou même qu’il soit confronté au racisme chez elles. Encore mieux, ces femmes acceptent la notion d’une hiérarchie raciale et elles apprécient leur position dans ce cadre. Les destinations touristiques devienne un environnement sûr dans lequel les touristes sexuels femmes peuvent exercer le contrôle sur une masculinité qui est imaginée d’une manière stéréotypée comme agressive et violente.
Mêmes les femmes occidentales qui cadrent avec les canons de beautés occidentaux participent au tourisme sexuel car elles peuvent utiliser leur plus grand pouvoir économique et/ou leurs identités racialisées pour exercer un contrôle sur les relations qu’elles établissent avec les hommes jamaïcains. Un jamaïcain, ayant entre 20 et 29 ans qui vendait des excursion en canot et qui s’approchait également des touristes femmes pour ‘amitié’, m’a parlé d’une relation qu’il a eu avec une femme divorcée américaine blanche, attirante et d’un certain âge (en sus 40): “Bien, d’entrée, elle m’a dit qu’elle avait trois enfants et qu’elle ne voulait pas s’engager. On pouvait faire ceci ou cela. Elle ne voulait pas une relation personnelle. Un jour elle m’oubliera, les choses passent, il faut le prendre ainsi, car ce n’est pas une relation à long terme, vous savez.”
Un tel contrôle signifie que ces femmes peuvent limiter le risque d’être rejetées ou humiliées. Comme une femme me l’a raconté sur la fin d’une de ses relations. “J’ai plus obtenu de lui que lui de moi.” Elles aussi elles transgressent les frontières sexuelles, de genre, de race et d’âge. Alors qu’elles seraient stigmatisées chez elles parce qu’elles auraient des relations légitimes ou occasionnelles avec des noirs, plus jeunes, ‘coureurs de jupons’ ou du fait d’avoir plusieurs partenaires sexuels, dans les lieux de vacance comme Negril, il leur est permis de ‘consommer’ l’homme noir, le jeune, le ‘playboy’ ou autant d’hommes qu’elles veulent du moment qu’elles conservent leur honneur et leur réputation chez elles. Le sentiment de leur supériorité raciale dans les pays caribéens, en plus de leur pouvoir économique les met également au niveau des hommes blancs et pour une fois, elles peuvent expérimenter le sentiment d’avoir plus de pouvoir qu’un homme.
Du point de vue théorique, la caractéristique la plus intéressante du tourisme sexuel est la façon dont l’engagement des habitants locaux repose sur l’utilisation de leur ‘négritude’ comme une partie d’un produit qu’ils vendent. En plus des véritables services, comme être guide, vendeur de fruits, artiste ou gigolo/prostituée, ils vendent une partie de leur propre personnalité. Alors que le fait d’utiliser la‘différence’ reste acceptable comme unique facteur de vente des Caraïbes, l’industrie touristique continuera de fournir un cadre dans lequel le tourisme sexuel est permis (on en fait même la promotion). Cela sert Cela sert pour sa part à renforcer non seulement les inégalités entre l’Occident et les pays en développement, mais consolide également les mêmes formes de racisme et de sexisme qui structurent des modèles d’exclusion et d’exploitation.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga
http://sexualidad.wordpress.com/2006/07/26/turismo-sexual-en-el-caribe/
Jacqueline Sánchez Taylor
Édité et traduit de “Sex Tourism in the Caribbean“, Jacqueline Sánchez Taylor: University of Leicester. Chapitre ‘Turismo, Viajes y Sexo’. Eds. Stephen Clift and Simon Carter (1999), Cassell.
“C’est drôle, mais en Angleterre, les filles qui m’aiment, moi je ne les aime pas, et celles que j’aime ne m’aiment pas. Elles ont tendance à être du genre rondelette et âgée, tu sais du genre 35 ans mais qui ont l’air d’en avoir 40. Mais à Cuba, j’aime des femmes vraiment belles. Elles sont sur moi. Elles me traitent comme une vedette. Mon amie est complètement noire, elle est belle. C’est une danseuse. Elle est tellement en forme en fait que j’ai honte de moi. Je ne fais pas beaucoup d’exercice… Je suis un commerçant sur le marché, mais j’ai vraiment réussi beaucoup par moi-même. J’ai acheté une maison dans les Îles de Dogs avant le ‘boom’ des propriétés, et j’ai gagné beaucoup d’argent dans ce cadre. Je réside donc maintenant à Wimbledon. Mais les filles anglaises désirent quelqu’un avec un bon emploi et qui a de l’argent. Elles ne veulent pas de quelqu’un comme moi. Elles veulent un avocat ou un docteur ou autre, elles veulent grimper dans l’échelle sociale, et je ne peux pas le leur reprocher… Les filles cubaines ne demandent pas beaucoup. Si tu sors dîner avec une fille cubaine, elle est reconnaissante, alors qu’une fille anglaise serait reconnaissante, mais elle veut vraiment plus.”
Afrodescendants des Caraïbes et tourisme sexuel
Jacqueline Sánchez Taylor
Édité et traduit de “Sex Tourism in the Caribbean“, Jacqueline Sánchez Taylor: University of Leicester. Chapitre ‘Turismo, Viajes y Sexo’. Eds. Stephen Clift and Simon Carter (1999), Cassell.
La Jamaïque, la République Dominicaine et Cuba comme d’autres destinations de vacances sous développées économiquement, sont vendus comme des lieux culturellement différents et on en fait la promotion de telle sorte que tous les touristes perçoivent cette ‘différence’ comme un élément qu’ils ont le droit de consommer durant leurs vacances. La construction de la différence tourne autour d’idées telles que ‘naturel’ vs. ‘civilisé’, repos vs. Travail et exotique vs. mondain, riche vs. Pauvre, sexuel vs. répressif, pouvoir vs. Sans pouvoir.
Les touristes sexuels occidentaux, blancs, hommes ont voyagé dans ces pays du ‘Tiers-monde’ durant de nombreuses années et il n y a rien de nouveau dans ce contexte en ce qui a trait à l’exploitation sexuelle des femmes locales. De fait, il existe une longue histoire d’exploitation sexuelle des femmes durant l’époque coloniale, et les hommes occidentaux, durant très longtemps ont projeté leurs fantaisies touristiques sur l’Autre ‘primitif’/naturel. Mais la grande avancée du tourisme est en train de transformer ce genre de fantasme post-colonial en un produit de consommation de masse.
Les guides sexuels écrits par des hommes blancs occidentaux exploitent l’idée de la ‘différence’ pour justifier l’exploitation de femmes noires dans ces pays. Ils disent aux touristes que la prostitution n’a pas le même sens aux Caraïbes que la prostitution en Occident. Les guides sexuels disent que les femmes caribéennes ne sont pas vraiment des prostitués mais des ‘filles aimables’ [’nice’ girls] qui aiment profiter d’un bon moment. Un élément clé du tourisme sexuel est la chosification d’un ‘Autre’ sexualisé et racialisé. Bruce Cassier, auteur et touriste sexuel avoué dit : “Tu penses à ces femmes … incroyables, qui vont en couleur du chocolat blanc au chocolat noir, disponibles au moindre mouvement affirmatif de la tête ou d’un simple toucher du sombrero.” Le stéréotype raciste de la femme noire, exotique et érotique est une image également utilisée pour vendre le tourisme sexuel dans les pays comme la République Dominicaine et Cuba. La‘Noirceur’, et l’idéologie qui en est la base fait partie du produit que les touristes sexuels achètent.
Les touristes sexuels ne constituent pas un groupe homogène: Il peut s’agir de femmes ou d’hommes, noirs, asiatiques ou blancs, homosexuels ou hétérosexuels, de classe moyenne ou des ouvriers. En nombre, le groupe principal des touristes sexuels est constitué d’hommes occidentaux, blancs et hétérosexuels. Cependant, il est important de reconnaître que même dans ce groupe, il y a une diversité en termes d’intérêts sexuels et d’attitudes dans l’usage de la prostitution. Même s’il faut reconnaître les différences parmi les touristes quant à leurs pratiques sexuelles, je souhaite tenter une suggestion selon laquelle le tourisme sexuel offre à eux tous les opportunités pour affirmer une identité particulière basée sur la race et le sexe (genre).
En ce qui concerne les touristes sexuels hommes et blancs, ils ne recherchent pas que le sexe pas cher. Ils aiment aussi voyager dans les pays du ‘Tiers Monde’ car ils perçoivent que l’ordre approprié est restauré d’une certaine manière entre les genres (sexes) et entre les ‘races’. Les femmes et les filles sont prêtes à satisfaire leurs désirs, les noirs, hispaniques et asiatiques les servent, cirent leurs chaussures, nettoient leurs habitations et autres. Tout est dans l’ordre des choses.
Dans leur foyer, l’activisme politique noir et la politique féministe ont défié et miné le pouvoir non remis en question qui donnait un sentiment d’auto estime à certains hommes blancs en ce qui a trait à leur sexe (genre) et à leur identité raciale. Dans ce sens, les touristes sexuels trouvent que leur masculinité et leur pouvoir racial s’affirme d’une façon différente que dans leur pays. Par exemple, les touristes sexuels décrivaient la République Dominicaine comme ils le voulaient parce que, en tant qu’occidentaux blancs, ils étaient placés au sommet de la hiérarchie sociale, économique et raciale. Deux canadiens expliquaient que au Canada, le système de bien-être social public pénalisait les personnes qui travaillent dur comme eux alors qu’il récompense les noirs fainéants et sans emplois qui vivent aux dépens de l’État.
Pendant qu’on discutait, deux enfants de huit et de dix ans se sont approchés pour proposer de cirer des chaussures. On se trouvait dans un bar et il était minuit passé, et malgré cela, ces gamins marchaient pieds nus à la recherche de chaussures de touristes à cirer pour obtenir un peu d’argent pour leurs familles. Un des touristes sexuels indiqua alors : “Au Canada, ces enfants seraient assis devant le téléviseur à regarder le câble. Leurs parents seraient au bien-être Social, et toute la famille serait devant la télé. Je le sais. Je travaille dans l’immobilier, et je vois comment ces gens vivent. Ils ne veulent pas travailler. Ils trouvent leur aide seulement dans le bien-être social, et c’est au frais du contribuable.” Comme beaucoup d’autres touristes sexuels, ces hommes étaient vexés car les noirs au Canada profitent d’à peine quelques droits basiques et ils préféreraient voir les femmes et les enfants se prostituer plutôt que de “pomper” l’État. “Au moins eux, ils apportent quelque chose,” observèrent-ils.
Mais les touristes sexuels peuvent également exprimer des formes plus subtiles de racisme. Certains veulent également croire qu’ils sont en train d’inverser les ‘relations raciales’ hostiles existant dans leur propre pays en se mélangeant aux noirs à Cuba et en République Dominicaine. Leurs relations sexuelles avec des prostitués deviennent en partie une façon d’apprendre sur la ‘véritable culture’, de promouvoir l’harmonie raciale et d’inverser les peurs au sujet des conflits ‘raciaux’. Bien que dans leurs propres pays ils se sentent incapables d’approcher des hommes et des femmes noirs, lorsqu’ils voyagent, ils réussissent à ‘s’approcher’ des ‘Autres’ et de réduire véritablement les différences. Un photographe de Londres se plaignait du fait que à Londres, “Les personnes de couleur restent séparées,” et que les filles noires “ne sortiraient” pas avec lui. Cependant, à Cuba son pouvoir économique signifiait que les femmes noires l’approcheraient, un fait qui impliquait pour lui qu’à “Cuba, il n y a pas de racisme.”
Les inquiétudes quant au pouvoir racialisé s’atténuent de même que celles liées au genre (sexe). Les touristes sexuels sont également très remontés par le pouvoir qu’ils perçoivent que les femmes ont en Occident. Ils craignent la capacité des femmes occidentales à repousser leurs avances sexuelles et sont alarmés par leurs demandes d’égalité. Un commerçant de 37 ans à Cuba soutenait que les femmes britanniques demandaient trop à leurs hommes.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga
http://sexualidad.wordpress.com/2006/07/26/turismo-sexual-en-el-caribe



