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Noirs d'Amérique Latine

Textes traduits de l'Espagnol témoignant du passé et du quotidien des Noirs d'Amérique Latine et des Caraibes

20 août 2008

Une journée avec des écoliers Garifuna de Cayos Cochinos, Honduras


Il est 5 heures et

demi du matin

sur l’archipel et

la vue est déjà

claire. Un groupe

d’enfants met de

la joie au lever du

jour en gambadant

sur la plage, avant

de prendre plus tard un bain dans la mer, dans une espèce

de cérémonie précédant leur départ pour l’école.

Ainsi commence la journée à Cayo Chachahuate, un endroit

luxuriant qui fait partie des Cayos Cochinos, d’où les petits

partent pour Cayo Menor avec l’aide des adultes pour

se nourrir de savoir au quotidien.

Les conditions dans lesquelles se développe cette activité

au quotidien sont évidemment différentes de ce qui se passe

ailleurs au pays. Ici, une chaloupe remplace l’autobus et

les enfants s’impliquent directement dans toutes les activités

du centre scolaire.

Le départ des élèves est fixé à 6.30 du matin, soit une

demi-heure avant le début des classes.

"Dináhama", montez, dit en langue garífuna l’un des élèves

inquiets,qui en signalant la présence de l’objectif de

LA PRENSA accélère la marche et s’approche de la

chaloupe qui porte le nom de "Jagüei, atudihatiñu",

transport des élèves.

Pendant les 15 minutes du voyage en haute mer, tous

suivent attentivement les instructions de Jimy Benett,

le capitaine de l’embarcation qui s’occupe d’eux et

leur demande de rester sages pour arriver dans les meilleures

conditions à leur destination finale.

A bord, certains mangent du poisson avec du manioc et des

avocats, d’autres révisent leurs leçons, sous le regard vigilant

de ceux, plus âgés,qui se sentent les leaders du groupe.

"Je suis en deuxième année", répond l’un d’eux à une des

petites filles alors que l’embarcation vogue sur les eaux

calmes de la Caraïbe.

Le maître Francisco Velásquez, qui dirige depuis 20 ans

l’école Doctor Alfonso Lacayo, attend gentiment les enfants,

déjà prêt à donner les instructions du jour à  cayo Stend.

"Nous utilisons une méthodologie d’étude très participative

avec les enfants. A leur arrivée, ils s’occupent de la propreté

des lieux, ce qui les implique tous, les grands coupent le

bois et les petites filles se chargent de préparer le goûter

scolaire", dit-il.

Dans un espace de deux classes se regroupent l’ensemble

des élèves des six niveaux, dans lesquelles le travail se fait

en groupe pour avancer sur la tâche journalière.

"Ce sont de bons élèves, ils montrent de l’intérêt, le fait de

faire ces voyages complexes en dit long sur leur personnalité

et sur ce qu’ils sont capables de réussir, puisqu’ils ne

disposent pas du confort dont bénéficient d’autres élèves",

indique-t-il.

Un des défis auquel il faut faire face est celui de la maintenance

de la chaloupe dans laquelle voyagent ces élèves exemplaires, car

si elle tombe en panne, le transfert au centre éducatif se complique,

la plupart des chefs de famille se consacrant à la pêche.

Les frais pour le combustible sont élevés, et c’est la raison pour

laquelle, grâce à une aide internationale, ils ont réussi à monter

une structure typique de cabanes appelées "Laru Beya ou Orillas

de la playa(Bord de plage)" gérée par la communauté, dont les

fonds acquis par location à des touristes sont destinés en partie

à l’achat du combustible et pour une autre partie à la couverture

des besoins de l’école.

"On espère que les gens viendront ici, en feront la

connaissance et apporteront leur aide à l’école de cette

manière, car si ça baisse, les élèves auront des problèmes",

indique Donaldo Guerrero Bernárdez, un des responsables

de l’école.

La journée culmine entre additions et soustractions, l’apprentissage

de nouveaux mots et les activités habituelles de chaque jour.

Scène de vie à Cayo Chachaute

Sur les coups de 1 h 30 de l’après midi, les enfants rentrent

dans leurs manacas, maisons traditionnelles que l’on retrouve

à  Chachahuate et dans d’autres communautés voisines, où

en plus de leurs parents, la mère nature semble leur dire :

"mission accomplie, vous pourrez vous reposer après fait

vos devoirs du lendemain". Ainsi va le quotidien rempli

de travail du groupe d’écoliers qui défient tous les obstacles

pour étudier.

Et lorsque la météo prévoit le mauvais temps, les enfants

arrivent plus tôt à al cayo, en emmenant avec eux une

quantité d’aliments fonction du climat prévu.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://garifunalink.com/?module=gknewsph&node=news_front&action=get_news_detail&news_item_id=109

19 juillet 2008

Afrocolombiens de Bajo Naya : "Pas de liberté sans notre terre"





(Colombia) (Autor: CCajar)
I
sabelino Valencia ne perd pas l’espoir que le gouvernement colombien accorde enfin des titres de propriété au  18 000 afrodescendants de la région pour les terres qui leurs appartiennent, 330 ans après que leurs ancêtres aient commencé cultiver et à semer leurs champs, à pêcher et à travailler sur la rivière Naya pour extraire l’or présent dans la zone et survivre à l’époque de l’esclavage.


Malheureusement, depuis 1999 ces 49 communautés, qui forment un Conseil de Communauté ont sans cesse eu recours à différents tribunaux liés au Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural pour l’enregistrement  collectif des 190 000 hectares qui composent leur territoire, sans recevoir de réponse positive jusqu’à présent.

C’est la raison pour laquelle Conchita et 3000 afrodescendants du bassin de l’Orinoco basin ont décide de présenter une motion pour une protection légale  contre le Ministère pour son inaction, sa réticence, son action non-conforme et le retard dans le processus de reconnaissance légale de leurs terres, pour que le Ministère leur garantisse le droit au processus dû, à leurs terres, à leurs vies, leur existence et à leur survie en tant que tribu.


L’intérêt du gouvernement à ne pas reconnaître leurs terres est évident. La région est riche en biodiversité, en or, en pétrole et d’un métal connu sous le nom de 'orito,' et des aliments tels que la papachina, le chontaduro, et la pepa de Dios. Des trésors agricoles et de la pêche, parmi d’autres que les corporations multinationales et les étrangers cherchent à contrôler.

Quoiqu’il arrive, les peuples Afrodescendants veulent continuer de se battre pour la terre qui leur a appartenu pendant plus de 330 ans, car comme le dit  Chavelo, "Nous ne pouvons pas être libres sans notre terre."

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga

http://colombiasupport.net/news/2008/06/afro-descendant-communities-of-bajo.html

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24 mai 2008

Le Brésil investit pour attirer les touristes afro-américains

Marta Suplicy

Le Brésil investit pour attirer les touristes afro-américains
(19/05/2008 - 10:41)

La ministre du Tourisme, Marta Suplicy a indiqué que des ressources pour le développement de l’infrastructure destinée à recevoir les touristes noirs des États-Unis sont octroyées au gouvernement de Bahia par son ministère. Selon elle, ce segment de la population nord-américaine "commence déjà à découvrir les délices de Bahia par le biais de la recherche de leurs racines". Elle était présente à l’audience publique sur le tourisme ethnique organisée ce jeudi par la Commission du Tourisme et du Sport.

Les noirs des États-Unis ont une capacité de génération de revenu qui les place dans une position équivalente à la onzième (11ème) puissance économique mondiale, selon les indications données par le président de l’Association Nationale des Collectifs d’Entrepreneurs Afro-Brésiliens, João Bosco Borba. Les Afro-américains dépensent 54 milliards de dollars chaque année en tourisme et déboursent en moyenne 1500 dollars par voyage en achat de marchandises.

Investissement

En pensant à ce filon, des investissements dans le tourisme ethnique au Brésil commencent à surgir, comme l’a souligné la ministre. "Ils aiment les racines africaines ; les rituels religieux, la gastronomie, la musique. Et on trouve tout cela à Bahia", a-t-elle déclaré. Selon elle, le ministère a utilisé 11 millions de dollars depuis octobre en publicités vantant la destination Brésil aux États-Unis en direction du public noir dans des villes comme Miami, New-York, Atlanta, Los Angeles et Chicago. "Aujourd’hui, les noirs possèdent 12% du PIB nord-américain. Ils voyagent, et peuvent voyager au Brésil", a-t-elle souligné.

Les États-Unis sont le deuxième pays qui fournit le plus de touristes au Brésil, juste derrière l’Argentine. Malgré cela, seuls 1,2% des touristes américains voyagent au Brésil. C’est la raison pour laquelle le Brésil doit investir sur ce public selon la ministre.

Valorisation sociale

La députée Lídice da Mata (PSB-BA) qui a été à l’origine de cette audience a indiqué que la ville de Cachoeiro ( Bahia ) a l’habitude de recevoir des touristes afro-américains à l’occasion de la Festa de Nossa Senhora da Boa Morte.

Elle a souligné que ce genre de touriste veut dépenser de l’argent, mais souhaite également trouver une bonne infrastructure. Lídice da Mata a également mis l’accent sur l’importance social de l’encouragement du tourisme ethnique: "Il y a dans cette niche de travail une valorisation sociale du noir brésilien".

Le secrétaire au Tourisme de Bahia, Domingos Leoneli a pour sa part souligné que l’état est en trin de formater des accords avec des termes de conduite pour ceux qui travaillent dans le tourisme ethnique. Il a indiqué que le candomblé, par exemple n’est pas une attraction touristique, mais une activité religieuse et doit être traité avec le même respect que la Basilique de Basilique de Saint Pierre au Vatican par exemple.

Le représentant de la Fondation Palmares, Antônio Pompeu a indiqué qu’un travail d’intégration entre la culture et le tourisme est en train d’être réalisé. La priorité est donnée au Parc Mémorial Quilombo dos Palmares – le premier parc culturel afro-brésilien au Pays, inauguré en fin d’année dernière à Alagoas.

Agência Câmara

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Lire Aussi

Bahia, la Mecque des Afro-Américains

Le Parc Mémorial Quilombo dos Palmares

08 septembre 2007

L’Afro tourisme à Rio de Janeiro : le circuit de la Petite Afrique

Rio de Janeiro offre deux circuits, l’un urbain et l’autre rural dans lequel sont présentées les racines de l’histoire des afrobrésiliens

Par Thereza Dantas

L’industrie du tourisme est l’activité qui présente les indices de croissance les plus élevés dans le contexte économique mondiale. Au cours de la dernière décennie, ses activités ont connu une expansion de 57%. Et les nouveautés n’arrivent pas sur le marché par hasard.


De porte d’entrée des touristes au Brésil, Rio de Janeiro offre désormais de nouveaux circuits ayant une caractéristique: l’afro tourisme. Selon la professeure et guide touristique Claudia Maria, il existe un marché en expansion dans ce segment. “En tant qu’enseignante du niveau moyen, j’ai déjà emmené plus de 500 adolescents faire la connaissance de la Petite Afrique”, explique-t-elle.

La Petite Afrique se situe dans la région centrale de la ville de Rio de Janeiro. Gamboa, Morro da Conceição, Pedra do Sal sont les endroits parcourus à pieds par les touristes qui souhaitent connaître la zone de l’ancien Marché Négrier et le Musée dos Pretos Novos. “Cette zone est préservée, on peut encore y voir de nombreuses caractéristiques du  Rio Colonial. Même les pierres sont encore faites du même pavé qu’à l’époque coloniale”, indique Claudia. Une bonne paire de tennis est donc nécessaire pour parcourir le circuit de la Petite Afrique.

Les guides touristiques Claudia Maria et Geny Guimarães offrent des histoires encore occultées de la culture afro brésilienne. “ Tia Ciata a commencé ses réunions à Pedra do Sal, ou vivaient les bahianais nouvellement arrivés. Après la réforme de la ville promue par le gouvernement Pereira Passos, ils se sont déplacés vers la Praça 11 et à cet endroit, la samba a pris un autre visage ”, explique la guide et professeure de géographie.

Ces histoires et d’autres font partie des divers circuits créés par ces guides et militantes du mouvement noir comme le circuit de la Lapa, de la Mangueira, de Parati. “Nous voulons créer une nouvelle option touristique. Et nous allons transformer ce projet en quelque chose qui inclut les jeunes de la région”, indique Claudia Maria.

Dans la région rurale de l’état de Rio de Janeiro, le visiteur vient pour découvrir le Quilombo São José et participer à l’Hommage aux Aînés Noirs (Homenagem aos Pretos Velhos).

Les 12 et 13 mai, le touriste peut découvrir le Quilombo São José, à Valença, Rio de Janeiro. São José est une communauté de 200 noirs de la même famille qui préservent le jongo, danse-de-roda (en cercle) considéré comme une des origines de la samba, emmené de l’Angola au Brésil colonial par les esclaves.

Selon Ângela Damasceno, organisatrice du tour à partir de la ville de São Paulo, “près de 150 personnes ont déjà participé à la fête contagieuse dans la communauté São José”.

Voilà trois ans qu’elle organise les voyages pour les touristes qui souhaitent connaître un quilombo de prêt et danser le jongo au cours des fêtes organisées par les membres de la communauté.

Je travaille dans le secteur du marketing institutionnel d’une multinationale, et mon intérêt est de donner une visibilité à tout ce qui se réfère à la culture afrobrésilienne”, explique-t-elle.

A floresta, les maisons de terre glaise aux toits de paille, la lampe, le fer à charbon et le feu de bois font toujours partie du quotidien.  Cela fait 150 ans que cette famille vit sur la même terre depuis l’esclavage en conservant de riches traditions comme le jongo, l’umbanda, le calango, le chapelet de São Gonçalo, la médecine naturelle, les prières et les bénédictions, l’agriculture familiale et l’artisanat entre autres traditions. Il y a deux années, la communauté ne possédait pas la lumière électrique et vivait dans l’isolement.

Sur le littoral, ou à l’intérieur, on perçoit une demande pour comprendre les ethnies à l’origine du peuple brésilien. Avec le tourisme se crée une opportunité d’affaire dans laquelle les touristes et les membres d’une communauté sortent gagnants économiquement et culturellement.

Réservation (Fabiano): 11 3333-1562/ 8927-5849, Ângela Damaceno: 11 9294-7207/ 3464-1716 ou par email culturapopularsp@gmail.com culturapopularsp@gmail.com

Roteiros do Afro Turismo no Rio de Janeiro: afro.turismo@yahoo.com.br
afro.turismo@yahoo.com.br 

Traduit du Portugais par Guy everard Mbarga

http://revistaraiz.uol.com.br/portal/index.php?option=com_content&task=view&id=504&Itemid=181

31 août 2007

Témoignage : La beauté de l’expérience afrovnézuélienne

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Par Pandora

Thomas

,

USA

Mon nom est Pandora Thomas et je suis née aux Etats-Unis. Je suis descendante d’afroaméricain et d’indo américain. J’ai été bénie d’avoir obtenu une bonne éducation aux Etats-Unis, j’ai appris diverses choses sur les expériences de mes sœurs africaines et des soeurs indigènes du monde entier. Cependant, j’ai dû sortir de l’école pour obtenir la plus grande partie de l’information, et ce fut ainsi pour mon apprentissage au sujet de la beauté de l’expérience afrovénézuélienne.

Lorsque je suis arrivée ici, en janvier pour le Forum Social Mondial, tout ce que je savais du Venezuela tournait principalement autour de Chavez. J’avais également appris que son ascendance était africaine et indigène.

Mais j’avais appris TRÈS PEU concernant le fait que le Venezuela est un pays ayant une population noire et à la peau brune qui se sont battus pour le changement aussi longtemps qu’ils ont été opprimés.

J’ai été surpris qu’à mon arrivée à l’aéroport tout le monde assuma que j’étais vénézuélienne, ni plus ni moins. Je me suis alors  imaginée que les vénézuéliens étaient blancs, comme les demoiselles ayant remporté le concours Miss Univers ou comme les rares vénézuéliennes que j’avais connu aux Etats-unis, qui pouvaient voyager et émigrer aux Etats-Unis. J’ai encore été plus étonnée lorsque pendant mon voyage vers Caracas , je suis passée par les villages comme la Guaira, Catia la Mar, entre autres, car tout ce que j’ai vu, c’étaient des noirs et des personnes à la peau brune. À travers ce que j’avais appris (évidemment hors de l’école), sur le Brésil et la Colombie je savais que ces pays ont les communautés afro les plus importantes d’Amérique Latine, mais je n’avais pas la moindre idée que le Venezuela avait la troisième communauté afro la plus importante d’Amérique du Sud.

J’ai appris sur l’histoire du Venezuela et la contribution des afrodescendants et des indigènes à son histoire. Comme c’est le cas aux Etats-Unis, la plus grande partie de cette histoire a délibérément été exclue des livres d’histoire par les tenants de la pensée eurocentriste raciste. Nous nous sommes battus pour récupérer notre histoire aux Etats-Unis durant de nombreuses années, comme les communautés afrovénézuéliennes sont en train de le faire.

Ce qui m’a stupéfié c’est que la majorité des gens ici essaie me dire qu’il n y a pas de racisme, mais plutôt du classisme, que le Venezuela est un pays trop métissé pour avoir des problèmes raciaux.

Dans mon contact avec les gens impliqués dans la lutte contre la discrimination au Venezuela, je vois que le racisme existe ici. Je vis actuellement à Altamira et ce n’est pas difficile de constater que dans les endroits les plus aisés de Caracas, les personnes (y vivant) ont un teint beaucoup plus clair. Très couvent, quand je vais faire les courses, je me rend compte que je suis la seule personne à la peau sombre qui ne travaille pas dans l’établissement.

Je ne dis pas que ce racisme est exactement le même que celui présent aux Etats-Unis, nous avons beaucoup de différences, mais il existe une connexion définie entre la pauvreté et la peau sombre.

J’ai également appris au sujet de l’idée de l’endoracisme et combien il est ancré au Venezuela. Je peux en constater l’évidence lorsque  que je vois autant de femmes qui se défrisent les cheveux et ce qu’on définit comme les “bons cheveux.

J’ai entendu les témoignages de personnes qui n’apprécient pas leurs caractéristiques d’afrodescendants. J’ai cependant été inspirée quand j’ai entendu les histoires de certaines auxquelles il a été interdit de porter leurs cheveux naturels en tresses et qui se sont rebellées contre cette règle.

Ce fut encourageant pour moi de voir que quelque soit l’endroit ou nous les afrodescendants nous trouvons, nous combattons contre les effets de notre déracinement de notre terre, dépossédés d’une grande partie de notre culture et de notre langue, nous sommes capables de récupérer notre identité, notre beauté  et nos âmes. C’est beau pour moi d’être venu ici et de voir que dans de nombreuses communautés, il y a des mets et des musiques provenant directement de l’Afrique. C’est plus difficile à voir aux Etats-Unis, mais si évident ici.

J’espère revenir pour en apprendre plus en ce qui concerne les problèmes environnementaux auxquelles les communautés afrovénézuéliennes font face. Je voudrais remercier tous ceux qui ont partagé une partie de leur temps avec moi et m’ont appris de nombreuses choses autour de leur histoire.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.marthacolmenares.com/category/mujer/

09 avril 2007

Afrodescendants des Caraïbes et tourisme sexuel (Partie II)

Les femmes prostituées dans la Caraïbe espagnole par contraste ne te provoquent pas et n’en demandent pas non plus beaucoup aux touristes sexuels masculins. Un autre touriste sexuel, un policier Étasunien, m’a dit qu’il aimait se rendre en République Dominicaine car là-bas, il devenait un objet de désir en grande demande. “Aux États [Unis], il y a 20 hommes pour une fille, ici il y a 20 filles pour chaque homme, et elles toutes sont désireuses de plaire.” Deux mineurs de Yorkshire étaient également enthousiasmés par le fait que les filles avec lesquelles ils étaient n’avaient pas seulement des relations sexuelles avec eux, mais elles leurs lavaient aussi les pieds sur la plage, elles leur mettaient les lotions protectrices sur les épaules, elles nettoyaient leurs maisons et se les arrachaient, tout cela pour à peine US$25.

Ayant réalisé l’enquête par le biais d’entrevues avec des travailleurs sexuels mâles à Cuba, en République Dominicaine et au Venezuela en Août 1997, j’ai effectué une enquête préliminaire sur le tourisme sexuel féminin à Negril, Jamaïque. Des entrevues semi structurées à 45 personnes impliquées dans l’industrie sexuelle informelle et à des touristes sexuels féminins. On a également compilé un questionnaire réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 86 touristes.

L’étude a conclu que presque la moitié des femmes célibataires avaient eu une relation sexuelle ou plus, avec des hommes jamaïcains pendant qu’elles se trouvaient en vacances. Même s’il ne s’agit pas d’un échantillon composé au hasard, et pour cette raison on ne peut faire des généralisations, on pourrait conclure que certaines femmes voyagent pour le sexe de la même façon que le font certains hommes. De plus, il semble que les touristes sexuelles femmes sont très semblables aux touristes sexuels masculins en ce qui concerne les attitudes et des motivations, et la manière de raconter qu’elles utilisent pour justifier ses comportements. De même que le tourisme sexuel masculin, on pourrait le comprendre comme une tentative de confirmer une identité donnée en termes raciaux et de genre (sexe); le tourisme sexuel féminin semble également refléter une préoccupation d’inverser et de restaurer un ordre particulier et d’assurer sa propre position et son propre pouvoir dans cet ordre.

Les femmes ont traditionnellement utilisé le voyage comme une manière de masculiniser leurs identités plutôt qu’une façon de confirmer leur féminité. Actuellement, certaines touristes sexuels femmes voyagent pour pénétrer les domaines des hommes, réclamant des pouvoirs masculins traditionnels pour réaffirmer leur féminité. Il est important pour de nombreuses touristes sexuels femmes de confirmer leur sentiment d’être femme’ en étant désirée sexuellement par des hommes. Les femmes qui se sentent rejetées en Occident parce qu’elle sont ‘du genre rondelette et âgée, tu sais du genre 35 ans mais qui ont l’air d’en avoir 40′ trouvent que en Jamaïque tout cela s’inverse. Ici les hommes les draguent et elles ‘tombent en amour’, avec des paroles tendres et ‘aimées’ par des hommes et elles retrouvent leur existence en tant que objets sexuels. Le tourisme sexuel permet à certaines femmes occidentales de sexualiser leurs corps d’une manière qu’elles auraient du mal à faire dans leurs pays et d’être désirées par des hommes fortement désirables.

Lorsque dans le questionnaire on leur a demandé comment elles décriraient  leurs ‘amis’, la majorité des touristes sexuelles femmes ont souligné le fait que pour elles, les hommes noirs jamaïquain selon elles possèdent des corps de grande valeur sexuelle. Une femme a décrit son amant comme étant ‘tendre, amical, avec un corps magnifique’, et une autre comme étant ‘Élégant, en forme physique, de 27 ans, honnête, fier, sérieux, homme de famille, excellent amant’. Les corps de noirs deviennent des marchandises qui permettent à des femmes occidentales nanties (autant noires que blanches) d’expérimenter une forme alternative de pouvoir incarné. Dans ce cas, elles se laissent contrôler par des masculinités qui sont ‘nègres’, ‘hypersexuelles’ et ‘dangereuses’. Ce type de touriste sexuel féminin ne souhaite pas établir une relation amoureuse avec un homme de la Jamaïque et rentrer avec eux pour leur faire connaître leurs parents ou même qu’il soit confronté au racisme chez elles. Encore mieux, ces femmes acceptent la notion d’une hiérarchie raciale et elles apprécient leur position dans ce cadre. Les destinations touristiques devienne un environnement sûr dans lequel les touristes sexuels femmes peuvent exercer le contrôle sur une masculinité qui est imaginée d’une manière stéréotypée comme agressive et violente.

Mêmes les femmes occidentales qui cadrent avec les canons de beautés occidentaux participent au tourisme sexuel car elles peuvent utiliser leur plus grand pouvoir économique et/ou leurs identités racialisées pour exercer un contrôle sur les relations qu’elles établissent avec les hommes jamaïcains. Un jamaïcain, ayant entre 20 et 29 ans qui vendait des excursion en canot et qui s’approchait également des touristes femmes pour ‘amitié’, m’a parlé d’une relation qu’il a eu avec une femme divorcée américaine blanche, attirante et d’un certain âge (en sus 40): “Bien, d’entrée, elle m’a dit qu’elle avait trois enfants et qu’elle ne voulait pas s’engager. On pouvait faire ceci ou cela. Elle ne voulait pas une relation personnelle. Un jour elle m’oubliera, les choses passent, il faut le prendre ainsi, car ce n’est pas une relation à long terme, vous savez.”

Un tel contrôle signifie que ces femmes peuvent limiter le risque d’être rejetées ou humiliées. Comme une femme me l’a raconté sur la fin d’une de ses relations. “J’ai plus obtenu de lui que lui de moi.” Elles aussi elles transgressent les frontières sexuelles, de genre, de race et d’âge. Alors qu’elles seraient stigmatisées chez elles parce qu’elles auraient des relations légitimes ou occasionnelles avec des noirs, plus jeunes, ‘coureurs de jupons’ ou du fait d’avoir plusieurs partenaires sexuels, dans les lieux de vacance comme Negril, il leur est permis de ‘consommer’ l’homme noir, le jeune, le ‘playboy’ ou autant d’hommes qu’elles veulent du moment qu’elles conservent leur honneur et leur réputation chez elles. Le sentiment de leur supériorité raciale dans les pays caribéens, en plus de leur pouvoir économique les met également au niveau des hommes blancs et pour une fois, elles peuvent expérimenter le sentiment d’avoir plus de pouvoir qu’un homme.

Du point de vue théorique, la caractéristique la plus intéressante du tourisme sexuel est la façon dont l’engagement des habitants locaux repose sur l’utilisation de leur ‘négritude’ comme une partie d’un produit qu’ils vendent. En plus des véritables services, comme être guide, vendeur de fruits, artiste ou gigolo/prostituée, ils vendent une partie de leur propre personnalité. Alors que le fait d’utiliser la‘différence’ reste acceptable comme unique facteur de vente des Caraïbes, l’industrie touristique continuera de fournir un cadre dans lequel le tourisme sexuel est permis (on en fait même la promotion). Cela sert Cela sert pour sa part à renforcer non seulement les inégalités entre l’Occident et les pays en développement, mais consolide également les mêmes formes de racisme et de sexisme qui structurent des modèles d’exclusion et d’exploitation.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://sexualidad.wordpress.com/2006/07/26/turismo-sexual-en-el-caribe/

Jacqueline Sánchez Taylor

Édité et traduit de Sex Tourism in the Caribbean“, Jacqueline Sánchez Taylor: University of Leicester. Chapitre ‘Turismo, Viajes y Sexo’. Eds. Stephen Clift and Simon Carter (1999), Cassell.

Chica en la playa

“C’est drôle, mais en Angleterre, les filles qui m’aiment, moi je ne les aime pas, et celles que j’aime ne m’aiment pas. Elles ont tendance à être du genre rondelette et âgée, tu sais du genre 35 ans mais qui ont l’air d’en avoir 40. Mais à Cuba, j’aime des femmes vraiment belles. Elles sont sur moi. Elles me traitent comme une vedette. Mon amie est complètement noire, elle est belle. C’est une danseuse. Elle est tellement en forme en fait que j’ai honte de moi. Je ne fais pas beaucoup d’exercice… Je suis un commerçant sur le marché, mais j’ai vraiment réussi beaucoup par moi-même. J’ai acheté une maison dans les Îles de Dogs avant le ‘boom’ des propriétés, et j’ai gagné beaucoup d’argent dans ce cadre. Je réside donc maintenant à Wimbledon. Mais les filles anglaises désirent quelqu’un avec un bon emploi et qui a de l’argent. Elles ne veulent pas de quelqu’un comme moi. Elles veulent un avocat ou un docteur ou autre, elles veulent grimper dans l’échelle sociale, et je ne peux pas le leur reprocher… Les filles cubaines ne demandent pas beaucoup. Si tu sors dîner avec une fille cubaine, elle est reconnaissante, alors qu’une fille anglaise serait reconnaissante, mais elle veut vraiment plus.”

Posté par guyzoducamer à 16:49 - Tourisme Afro - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Afrodescendants des Caraïbes et tourisme sexuel

Jacqueline Sánchez Taylor

Édité et traduit de Sex Tourism in the Caribbean“, Jacqueline Sánchez Taylor: University of Leicester. Chapitre ‘Turismo, Viajes y Sexo’. Eds. Stephen Clift and Simon Carter (1999), Cassell.

Chica en la playa

La Jamaïque, la République Dominicaine et Cuba comme d’autres destinations de vacances sous développées économiquement, sont vendus comme des lieux culturellement différents et on en fait la promotion de telle sorte que  tous les touristes perçoivent cette   ‘différence’ comme un élément qu’ils ont le droit de consommer durant leurs vacances. La construction de la différence tourne autour d’idées telles que ‘naturel’ vs. ‘civilisé’, repos vs. Travail et exotique vs. mondain, riche vs. Pauvre, sexuel vs. répressif, pouvoir vs. Sans pouvoir.

Les touristes sexuels occidentaux, blancs, hommes ont voyagé dans ces pays du ‘Tiers-monde’ durant de nombreuses années et il n y a rien de nouveau dans ce contexte en ce qui a trait à l’exploitation sexuelle des femmes locales. De fait, il existe une longue histoire d’exploitation sexuelle des femmes durant l’époque coloniale, et les hommes occidentaux, durant très longtemps ont projeté leurs fantaisies touristiques sur l’Autre ‘primitif’/naturel. Mais la grande avancée du tourisme est en train de transformer ce genre de fantasme post-colonial en un produit de consommation de masse.

Les guides sexuels écrits par des hommes blancs occidentaux exploitent l’idée de la ‘différence’ pour justifier l’exploitation de femmes noires dans ces pays. Ils disent aux touristes que la prostitution n’a pas le même sens aux Caraïbes que la prostitution en Occident. Les guides sexuels disent que les femmes caribéennes ne sont pas vraiment des prostitués mais des ‘filles aimables’ [’nice’ girls] qui aiment profiter d’un bon moment. Un élément clé du tourisme sexuel est la chosification d’un ‘Autre’ sexualisé et racialisé. Bruce Cassier, auteur et touriste sexuel avoué dit : “Tu penses à ces femmes … incroyables, qui vont en couleur du chocolat blanc au chocolat noir, disponibles au moindre mouvement affirmatif de la tête ou d’un simple toucher du sombrero.” Le stéréotype raciste de la femme noire, exotique et érotique est une image également utilisée pour vendre le tourisme sexuel dans les pays comme la République Dominicaine et Cuba. La‘Noirceur’, et l’idéologie qui en est la base fait partie du produit que les touristes sexuels achètent.

Les touristes sexuels ne constituent pas un groupe homogène: Il peut s’agir de femmes ou d’hommes, noirs, asiatiques ou blancs, homosexuels ou hétérosexuels, de classe moyenne ou des ouvriers. En nombre, le groupe principal des touristes sexuels est constitué d’hommes occidentaux, blancs  et hétérosexuels. Cependant, il est important de reconnaître que même dans ce groupe, il y a une diversité en termes d’intérêts sexuels et d’attitudes dans l’usage de la prostitution. Même s’il faut reconnaître les différences parmi les touristes quant à leurs pratiques sexuelles, je souhaite tenter une suggestion selon laquelle le tourisme sexuel offre à eux tous les opportunités pour affirmer une identité particulière basée sur la race et le sexe (genre).

En ce qui concerne les touristes sexuels hommes et blancs, ils ne recherchent pas que le sexe  pas cher. Ils aiment aussi voyager dans les pays du ‘Tiers Monde’ car ils perçoivent que l’ordre approprié est restauré d’une certaine manière entre les genres (sexes) et entre les ‘races’. Les femmes et les filles sont prêtes à satisfaire leurs désirs, les noirs, hispaniques et asiatiques les servent, cirent leurs chaussures, nettoient leurs habitations et autres. Tout est dans l’ordre des choses.

Dans leur foyer, l’activisme politique noir et la politique féministe ont défié et miné le pouvoir non remis en question qui donnait un sentiment d’auto estime à certains hommes blancs en ce qui a trait à leur sexe (genre) et à leur identité raciale. Dans ce sens, les touristes sexuels trouvent que leur masculinité et leur pouvoir racial s’affirme d’une façon différente que dans leur pays. Par exemple, les touristes sexuels décrivaient la République Dominicaine comme ils le voulaient parce que, en tant qu’occidentaux blancs, ils étaient placés au sommet de la hiérarchie sociale, économique et raciale. Deux canadiens expliquaient que au Canada, le système de bien-être social public pénalisait les personnes qui travaillent dur comme eux alors qu’il récompense les noirs fainéants et sans emplois qui vivent aux dépens de l’État.

Pendant qu’on discutait, deux enfants de huit et de dix ans se sont approchés pour proposer de cirer des chaussures. On se trouvait dans un bar et il était minuit passé, et malgré cela, ces gamins marchaient pieds nus à la recherche de chaussures de touristes à cirer pour obtenir un peu d’argent pour leurs familles. Un des touristes sexuels indiqua alors : “Au Canada, ces enfants seraient assis devant le téléviseur à regarder le câble. Leurs parents seraient au bien-être Social, et toute la famille serait devant la télé. Je le sais. Je travaille dans l’immobilier, et je vois comment ces gens vivent. Ils ne veulent pas travailler. Ils trouvent leur aide seulement dans le bien-être social, et c’est au frais du  contribuable.” Comme beaucoup d’autres touristes sexuels, ces hommes étaient vexés car les noirs au Canada profitent d’à peine quelques droits basiques et ils préféreraient voir les femmes et les enfants se prostituer plutôt que de “pomper” l’État. “Au moins eux, ils apportent quelque chose,” observèrent-ils.

Mais les touristes sexuels peuvent également exprimer des formes plus subtiles de racisme. Certains veulent également croire qu’ils sont en train d’inverser les ‘relations raciales’ hostiles existant dans leur propre pays en se mélangeant aux noirs à Cuba et en République Dominicaine. Leurs relations sexuelles avec des prostitués deviennent en partie une façon d’apprendre sur la ‘véritable culture’, de promouvoir l’harmonie raciale et d’inverser les peurs au sujet des conflits ‘raciaux’. Bien que dans leurs propres pays ils se sentent incapables d’approcher des hommes et des femmes noirs, lorsqu’ils voyagent, ils réussissent à  ‘s’approcher’ des ‘Autres’ et de réduire véritablement les différences. Un photographe de Londres se plaignait du fait que à Londres, “Les personnes de couleur restent séparées,” et que les filles noires “ne sortiraient” pas avec lui. Cependant, à Cuba son pouvoir économique signifiait que les femmes noires l’approcheraient, un fait qui impliquait pour lui qu’à “Cuba, il n y a pas de racisme.”

Les inquiétudes quant au pouvoir racialisé s’atténuent de même que celles liées au genre (sexe). Les touristes sexuels sont également très remontés par le pouvoir qu’ils perçoivent que les femmes ont en Occident. Ils craignent la capacité des femmes occidentales à repousser leurs avances sexuelles et sont alarmés par leurs demandes d’égalité. Un commerçant de 37 ans à Cuba soutenait que les femmes britanniques demandaient trop à leurs hommes.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://sexualidad.wordpress.com/2006/07/26/turismo-sexual-en-el-caribe

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