Une Route Touristique afrobrésilienne nouvellement créée à São Paulo
N'importe quel habitant de la ville de São Paulo ou n'importe quel touriste peut désormais connaitre les lieux montrant l'histoire, la culture et l'influence de la population noire. Il suffit de parcourir la Route Touristique Afrobrésilienne Luiz Gama de création récente.
L'itinéraire passe par ce qu'on appelle les territoires noirs de la ville des 18èmes et 19èmes siècles. Ce sont des secteurs qui étaient occupées par des Noirs qui travaillaient comme porteurs, serviteurs et de revendeurs. La majorité de ses 18 points touristiques se trouve au centre élargi. Ils ont été choisis sur la base des visites de sites et l'étude de documents, de livres, de journaux et de magazines.
Les secteurs plus lointains comme la zone sud, ont également été cartographiées. La nouvelle route comprend par exemple le Samba da Vela, à Santo Amaro, le terreiro du candomblé Ilê Ase Alaketu Ibualama au Grajaú, le centre de la culture Asé Ylê do Hozooane à Parelheiros.
La Route Afro a été lancé ce mois-ci à l'occasion de la Journée Conscience Noire, célébrée ce dimanche 20 octobre. Son nom rend hommage à l'écrivain, avocat et journaliste abolitionniste Luiz Gama, qui est né à Salvador, mais il a travaillé et obtenu sa propre liberté et celle d'autres esclaves à Sao Paulo.
Le parcours de base commence à Largo do Arouche - où se trouve un buste de Luiz Gama - se poursuit à Largo do Paiçandu - l'adresse de l'Église de Notre-Dame du Rosaire et de la statue de la Mère Noire (Mãe Preta - hommage aux esclaves qui éduquaient les enfants à l'époque coloniale) - et continue Parc d'birapuera - où se trouve le Musée Afro Brésil - et va juste au site du Ressac (Sítio da Ressaca) qui fait partie du Musée de la Ville de Sao Paulo et où on est en train d'installer là bibliothèque thématique dédié à la culture noire.
"La population noire est invisible à Sao Paulo. Amener ces points et icônes à la lumière est une façon de montrer aux habitants de la ville une culture qui a aidé à former la ville et des quartiers comme Vila Madalena et Bexiga", explique la coordinatrice de la Coordonnation du Noir (Cone ), Maria Aparecida de Laia.
L'information provient journal O Estado de S. Paulo.
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
http://estadao.br.msn.com/ultimas-noticias/sp-vai-ganhar-rota-tur%C3%ADstica-sobre-cultura-negra
Expressions populaires des religions afrocubaines à La Havane
Avec des adaptations pour les voyageurs, les religions afrocubaines persistent comme une expression populaire authentique.
Martin Wain -Envoyé spécial de La Nacion
LA HAVANE .- Yemaya traverse la ruelle des miracles juste pour écouter la rumba et se mêler aux mortels. On est dimanche, passé midi, et aucune âme supplémentaire n’entre dans ce coin de Cayo Hueso, entre les quartiers de Vedado et Centro Habana. Mais cette divinité, mère des Orishas a rendez-vous chaque semaine. Elle vient du Malecon, selon ceux qui peuvent la voir, pour se connecter avec les corps en transe.
Certains y croient et d'autres pas. Sur El Callejón de Hamel, s’attroupent de vrais sculpteurs, de talentueux musiciens, des étrangers avec leurs caméras et des gens de la région qui proposent à manger pour le déjeuner, vendent du rhum au marché noir ou racontent l'histoire de cette rue dont l’atmosphère a été créée par l’artiste Salvador Gonzalez Escalona.
Un temple coloré à ciel ouvert, le passage d'une centaine de mètres expose des esprits et des saints qui semblent sauter des murs, comme les as façonné ce peintre et sculpteur il y a plus de vingt ans. On y trouve aussi un totem, le trône de Shango - dieu du tonnerre et de la justice, et de vieilles baignoires qui décorent l'espace avec une scène improvisée où se relaient trois groupes avec leurs tambours.
"C'est le premier centre communautaire de musique afrocubaine", explique Luis, 20 ans, connu sous le nom de Tito La Escuela . Leader de groupe le plus jeune de la place- formé au collège contigu, - il fait du rap à thématiques sociales, mélange des rythmes africains et devient un guide lorsque l'endroit commence à se vider.
Luis dit qu’il est facile de participer à n’importe quelle dans les maisons. Il suffit de tomber d’accord avec un babalao, le plus grand prêtre des Yoruba ; on les trouve sur place les dimanches et ils ne sont pas payés pour la divination, mais acceptent des contributions. "Ils vous disent qui vous êtes, votre passé et votre avenir. Le Babalao consulte les saints par le biais d’un oracle d'escargot, qui selon eux ne se trompe jamais", explique Luis.
Beaucoup de ces rencontres privées sont adaptées au tourisme. Les religions afrocubaines - Santeria, Las Reglas del Congo ou Palo Monte y Spritismo entre autres – ont prospéré depuis le début des années 90 lorsque leur accès a été flexibilisé dans l'île. Depuis lors, elles font également partie du patrimoine immatériel qui attire le plus les touristes. Leur combinaison de rythmes africains, d’un certain exotisme, un passé d’interdiction et les rites encore secrets les rendent irrésistibles.
La thématique Orisha apparaît de mille manières dans les souvenirs et dans les spectacles de Tropicana. Il y a des tours de Santeria, des cours d'initiation et des expériences de Las Règles del Congo beaucoup plus digestes que les véritables.
Mais si les religions afrocubaines sont devenues une source d’entrée des devises elles sont en même temps les expressions authentiques qui se maintiennent en vie, surtout à La Havane. "Elles sont populaires parce qu'en elles, on recherche des solutions quotidiennes. Certains s’y livrent totalement et d'autres se vouent à leur saint sporadiquement, quand ils ont un problème, pour un rite", indique Jose Alberto Ge, anthropologue du Musée des Orishas à Guanabacoa.
Plus urbain que rural
À 5 km de la capitale, a été monté ce musée simple, mais complet et qui dispose de très bons guides. Le site est dédié aux religions cubaines d'origine africaine. "Il n'y a pas de chiffres sur le nombre de personnes qui les pratiquent, car ce sont des cérémonies qui se déroulent à la maison, sans institutions - poursuit Ge. Par ailleurs, on peut être santero, palero, abakua et en même temps catholique, il est donc plus difficile de compter ses fidèles."
Ce furent plus de 400 orishas qui sont venus de l'Afrique avec les esclaves ; aujourd'hui, on en adore que 21. Beaucoup sont restés en chemin et d'autres ont obtenus davantage de pouvoir. Le parcours du musée commence par la représentation des saints catholiques qui masquaient les dieux africains, des exemples de syncrétisme qui se maintiennent, même s’ils sont désormais dépourvus de secret.
Dans la deuxième salle sont exposés des costumes rituels qui faisaient partie de la collection d’Alejo Carpentier, un fidèle adepte de cette thématique. L'espace suivant est consacré aux Abakuá, une société secrète masculine qui vise à exalter la virilité masculine, avec des codes moraux très stricts et basée sur une idée fixe : que les femmes ne savent pas garder des secrets. Selon la légende sur laquelle ils se basent, une princesse raconta quelque chose à ne pas dire et c’est ainsi que se rompit l'équilibre de son peuple.
Dans la salle consacrée aux Reglas Congas Ocultas del Palo Monte, du nom complet de la religion qui adore les forces de la nature sont exhibés des éléments squelettiques qui font partie de l'autel – qui auparavant était un crâne, et qu’on atteint désormais par une phalange- et des objets associés à la magie noire. "D'origine bantoue, elle vénère les esprits des ancêtres et se distingue par les actions qui sont menées, pour le bien ou le mal. Ce sont des rites très puissants. Une fois j’y ai participé et j'ai juré de ne plus le faire. C’était dans une maison, parce que c’est aussi une religion très domestique. On sacrifie des animaux avec violence, dans une très forte transe, mais en même temps contrôlé par des personnes supérieures dans la hiérarchie. Il n'y a aucune violence entre les gens, mais on voit des choses incroyables, comme des croyants qui marchent sur le feu. "
Ces religions sont urbaines, contrairement au Vaudou, qui s’est propagé davantage dans l'Est de l'île en raison de la proximité de cette zone avec Haïti. "Beaucoup d'immigrants sont arrivés à cause de la Révolution Haïtienne et à la recherche d’un emploi. Ils ont emmené avec eux le vaudou, qui est resté concentré dans la région montagneuse, à Santiago de Cuba, à Guantanamo et à Camagüey. C’est de plus une religion rurale", explique Ge.
Le spiritisme pratiqué varie également selon la région. Dans l’Ouest, on pratique le spiritisme de table. Dans l'Est, celui du cordon, qui est en groupes, mains dans les mains avec des chansons qui mènent à la transe.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
La Barbade, un paradis habité par des noirs
"Un jour de pluie à la Barbade est bien mieux que plusieurs semaines de soleil n'importe où ailleurs dans le monde!" Tel est l'un des commentaires les plus courants parmi les guides touristiques qui parcourent l'île avec des groupes de visiteurs étrangers. Quand je l'ai entendu pour la première fois, j'ai souris sans beaucoup de conviction. Mais aujourd'hui, après plus de trois ans de vie dans cette petite île, cette phrase a fini par devenir ma devise quotidienne.
Depuis le 19ème siècle, la Barbade porte le nom de "Little England" (Petite Angleterre), car la culture anglaise a prévalu dans cette société qui demeure très proche des normes britanniques parla langue, le système éducatif, l'organisation politique - la Barbade possède le plus ancien Parlement de ce continent - la prédominance de la religion anglicane, et la préférence pour des sports comme le polo, le cricket et les courses de chevaux, en plus du goût pour le thé et un comportement typique qui dénote de la fierté britannique de chaque barbadien .
Avec 34 kms de long et 23 kms de large, la Barbade n'est pas plus grande que l'île de Florianopolis à Santa Catarina, mais sur les plus de 7.000 îles qui composent les Caraïbes, elle est considérée comme une île de taille presque moyenne. L'île ne possède pas de rivières ou de lacs naturels, aucune montagne ou zones de forêt, elle ne possède aucune source d'énergie, l'élevage est presqu’inexistant et l'agriculture qui jadis comprenait des plantations de cane à sucre n'est même plus suffisant aujourd'hui pour alimenter 25% du marché local. Pourtant, la Barbade est parmi les pays classés comme développés, et fait partie des 60 les plus riches au monde, le troisième le plus développé sur le continent. Pas mal pour une île qui vient de fêter 46 années d'indépendance.
Sans ressources naturelles, au-delà de la beauté des plages, la richesse de la Barbade a été construite grâce à un investissement massif dans l'éducation. Sa population d'environ 285.000 habitants comprend plus de 96% de noirs et d'afrodescendants et qui, dans la plupart des cas, ont été amenés à la Barbade comme esclaves entre le 17èmes et le 18ème siècles pour travailler dans les plantations de sucre et les moulins. En 1816, l'île a vécu un des plus grands soulèvements d'esclaves de l'histoire moderne: plus de 20 000 hommes et femmes se sont rebellés contre leurs conditions de travail, obligeant la Couronne britannique à revoir le système de l'esclavage.
En 1834 l'esclavage fut aboli, mais les propriétés et le pouvoir politique demeurèrent entre les mains de l'élite. Peu à peu, les familles commencèrent à investir dans l'éducation des enfants, le seul moyen de surmonter l'extrême pauvreté. L'Église anglicane joua un rôle décisif dans ce développement. Après l'abolition de l'esclavage, l'évêque anglican Hart Coleridge prit l'initiative de construire des écoles rattachées à des églises dans toute l'île, augmentant ainsi l'offre de places et une éducation de la même qualité qu'en Angleterre.
Le grand changement ne se produisit qu'à partir de 1920, lorsque les noirs Barbadiens s'organisèrent politiquement et lancèrent un mouvement durable pour les droits politiques, qui au final se traduisit par des conquêtes économiques et sociales. Peu à peu, le nombre de Noirs au parlement augmenta, et en 1958 fut élu le premier Premier Ministre noir, Sir Grantley Adams, un avocat qui plaidait pour les réformes sociales et politiques. Son successeur, Errol Barrow, alla plus loin et réforma le système éducatif, en introduisant la gratuité scolaire au primaire et au secondaire, en plus de la fourniture des repas scolaires pour tous les Barbadiens au début des années 60. Cela constitua, selon la majorité de la population, la grande révolution à la Barbade. Depuis lors, le premier poste dans les exportations de cette petite île est constitué par ses professionnels exceptionnellement bien formés, qui continuent d'occuper des postes dans les entreprises et des gouvernements du monde entier. Il est bon de souligner que, pour la Barbade, l'éducation gratuite va jusqu'au doctorat.

Les Barbadiens s'enorgueillissent du fait que le pays est classé les cinq ayant les plus hauts taux d'alphabétisation au monde, le taux d'analphabétisme étant inférieur à 1%. L'enseignement est obligatoire pour tous les enfants de moins de 16 ans, et la société s'assure de cela. Il existe 70 écoles primaires et 23 écoles secondaires publiques. L'enseignement primaire commence à l'âge de trois ans, donnant aux parents le confort de laisser leurs enfants en sécurité tandis qu'ils sont au travail.
Le campus universitaire de Cave Hill, créé en 1962 comme une partie de l'Université des West Indies reçoit aujourd'hui plus de 8.500 étudiants et regroupe des enseignants nationaux et étrangers originaires de pays comme le Nigeria, l'Angleterre, l'Algérie, le Canada, le Kenya, l'Espagne, la France, et même le Brésil, qui contribuent à élargir la vision du monde des étudiants.
L'un d'eux, Ochieng-Odhiambo, d'origine kenyane, professeur de philosophie africaine au premier et au troisième cycles, est arrivé à la Barbade il y a huit ans."Quand je suis arrivé ici, la philosophie africaine n'était pas une discipline très respectée en Angleterre et dans de nombreux pays développés, mais les gens de cette université étaient très désireux de recevoir des informations sur l'Afrique, et ont été très réceptifs à cette nouvelle approche de la philosophie", explique-t-il. Aujourd'hui, il est le Chef du département d'Histoire et de Philosophie et il affirme qu'aucun de ses six enfants ne pense retourner au Kenya.
"Ici, l'éducation est de qualité et gratuite, j'ai trois de mes enfants déjà inscrits aux études supérieures et je n'ai jamais payé un sou. En venant de Nairobi, la plus grande capitale de l'Afrique de l'Est, on trouve ici paix, tranquillité et sécurité. C'est le paradis ici, on dort les fenêtres ouvertes et personne ne prend la peine de fermer sa voiture. " En plus de l'université, la Barbade a également un institut polytechnique et un collège communautaire d'enseignement supérieur, qui reçoit des étudiants originaires d'autres îles des Caraïbes et de certains pays voisins comme le Venezuela et la Colombie.

Avec un taux de chômage en dessous de 10%, la Barbade est l'un des pays ayant le plus faible taux d'inégalité et une criminalité très faible. Ces conditions amènent les nombreux Barbadiens qui vivent actuellement en dehors du pays à envoyer leurs adolescents pour qu'ils reçoivent l'éducation de leurs grands-parents ou des oncles sur l'île, qui offre la sécurité et un meilleur niveau d'éducation. "C'est très sécuritaire ici. Vous pouvez marcher dans n'importe quelle rue, demander de l'aide et les gens vous donnent les informations nécessaires, parfois, ils changent même leur propre itinéraire pour vous aider. Nous avons encore beaucoup de respect pour les aînés, et une religion qui contrôle les actions du quotidien. Vous pouvez aller à la plage à toute heure du jour ou de la nuit et vous détendre. A la Barbade, on n'est jamais à plus de 15 minutes d'une belle plage, " affirme le Dr Armand Harper, médecin généraliste et médecin de l'équipe nationale de cricket.
Le gouvernement garantit également l'efficacité du système de santé et les gens peuvent compter sur les hôpitaux et les cliniques de soin, y compris des médicaments gratuits pour les maladies chroniques. Résultat : l'île est reconnue pour sa population centenaire. L'espérance de vie à la Barbade est officiellement de 72 ans pour les hommes et de 77 ans pour les femmes, mais chaque dimanche, le journal local publie des photographies d'un ou plusieurs résidents célébrant leur centenaire.
Si vous êtes attirés par tout ce développement et cette stabilité, ajoutez cela à un été presqu'interminable. Une amie l'autre jour disait à son père inquiet, qui se demandait quel était le climat à la Barbade: "Papa, ici il y a deux types de climat: la chaleur ou plus de chaleur". Retrouvez également les belles plages de sable blanc et une mer bleu-vert, très calmes et tiède. Des cocotiers, une brise légère, un sandwich au poisson volant et une bière fraiche. Voilà! Vous êtes au paradis. Détendez- vous, car vous êtes à la Barbade.
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Célébration de l’héritage africain du Panama au Festival de Diablos y de Congos
Par Agencia EFE - Panamá (EFE).-.
La côte caraïbe du Panama s’apprête à se remplir de couleur et de musique en l’honneur de la culture et de l'héritage des afrocoloniales, ou descendants d'esclaves, à l’occasion du Septième Festival de Diablos et Congos que l’on célèbrera le 26 Mars prochain dans la ville de Portobelo, au nord de la capitale du pays.
L'idée du festival, qui est né en 1999, est "de conserver er de divulguer les traditions" afrocoloniales, "renforcer le sentiment d'appartenance" de ces communautés, et de générer des "opportunités d'affaires" pour les habitants de Portobelo, a indiqué ce vendredi Roberto King, l'un des organisateurs en conférence de presse.
Cet événement qui se tient tous les deux ans se caractérise par des spectacles de danses, masques et de costumes coloré et joyeux de la danse, les masques et les costumes, exécutés par des groupes de congos ou noirs marrons (esclaves fugitifs), des diables, des musiciens et des vocalistes venant de plusieurs villages de la province de Colón.
L'activité centrale est une grande rencontre, sur la place principale de Portobelo, parmi les pratiquants des jeux rituels Congos, qui sont l'expression d'une culture produit du syncrétisme de traditions d’origines africaines variées et des contributions du colonisateur européen.
Le festival qui dure un seul jour comprend des activités complémentaires comme un show d’artisanat et de gastronomie ainsi que des expositions photographiques et d’art plastique et des manifestations afrocoloniales.
Selon les organisateurs, la fête de tambours et danses sensuelles a pris de l’ampleur avec le temps au point de devenir l'un des produits culturels et touristiques les plus importants du pays, réussissant à rassembler jusqu'à 6000 spectateurs lors de la dernière édition en 2009.
Cette septième édition du festival coïncide avec la célébration de l'Année Internationale des Afrodescendants déclarée par les Nations Unies dans le but de renforcer l'engagement politique en faveur de l’éradication de la discrimination contre ces personnes et promouvoir une plus grande prise de conscience et le respect de leur diversité et de leur culture.
Le festival de Diablos y Congos est organisé par la Fondation Portobelo et le Groupe Realce Histórico de Portobelo, sous le patronnage de par l'Institut National de la culture (INAC), de l'Autorité du Tourisme du Panama et de l'Ambassade d'Espagne, entre autres organismes.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga
Projet de création de la Route de la Culture Afrodescendante de la Caraïbe
Ana Lucía Mendizábal amendizabal@sigloxxi.com
La création du corridor culturel Afrodescendants Ruta de la Cultura Afrodescendiente del Caribe (Route de la Culture Afrodescendante de la Caraïbe) fait partie des accords obtenus lors de la réunion des représentants des Ministères de la Culture de l’Amérique Centrale et de la République dominicaine, qui s'est tenue au siège régional de l'Organisation des États ibéro-américains (OEI) au Costa Rica. Elsa Son Chonay , vice-ministre de la Culture et des Sports y a représenté le pays (Guatemala).
Cet accord entre dans le cadre de la commémoration de l'Année Internationale des Afrodescendats, et vise à “identifier, réactiver et à mettre en valeur le patrimoine historique et multiculturel des peuples du littoral caribéen” selon le ministre Costaricain Manuel Obregón. Le secrétaire général de l'OEI, Alvaro Marchesi, a indiqué que cette entité financera le projet dans chaque pays.
Selon Carlos Vasquez, porte-parole du ministère de la Culture et des Sports, dès le retour de Son Chonay, le ministère établira une collaboration avec le ministère de l'Éducation et l'Institut Guatémaltèque du Tourisme (INGUAT) afin de créer une proposition pour la promotion de la culture afrodescendante et qui sera présentée au bureau local de l'Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la science et la culture de l'UNESCO, qui la transmettra à l'OEI.
En vertu de l'accord, entre Novembre et Décembre devrait se tenir des festivals de musique et de danse, afin de choisir les représentants de chaque pays qui prendra part à une réunion régionale au siège de l'OEI, et qui clôturera les activités de l'année.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Première visite émouvante en Afrique pour des Quilombola afrobrésiliens
Par: Mirella Domenich
Un groupe de quilombolas – descendants des esclaves qui s’enfuyaient de chez leurs propriétaires au Brésil et fondèrent des refuges, os quilombos – se trouve pour la première fois en Afrique pour découvrir la terre de leurs ancêtres.
Le voyage, financé par l’ONG portugaise Institut Marques do Valle Flor et par l’Union Européenne, a débuté le 17 novembre en Guinée-Bissau, et prend fin le 2 décembre au Cap-Vert.
L’excursion rentre dans le cadre du projet "O Percurso dos Quilombos: da África para o Brasil e o Regresso às Origens"(Trajectoire des Quilombos : de l’Afrique au Brésil et le retour aux origines). Le groupe de voyageurs est formés de 21 quilombolas brésiliens – tous originaires du Maranhão – et de cinq accompagnateurs.
"La chaleur avec laquelle ils nous ont accueilli nous a donné l’impression que nous nous connaissions depuis des milliers d’années, que nous sommes réellement de la même famille", affirme la paysanne et quilombola Maria José Palhano, âgée de 50 ans, en évoquant le contact avec les africains.
"Cela donne un sentiment d’appartenance, que nous sommes réellement de la même famille et que on emmenés d’ici", affirme-t-elle, qui est coordonnatrice de l’Association des Communautés Noires Rurales du Maranhão (Aconeruq), une ONG brésilienne partenaire du projet.
Selon les chiffres du Conseil de l’Outre-mer, le Maranhão a reçu 31.563 esclaves entre 1774 et 1799, dont presque la moitié provenait de Guinée-Bissau.
Échange culturel
La chercheuse et coordonnatrice du projet au Brésil, Verônica Gomes, dit que l’objectif du voyage est la "découverte et l’échange culturel", en promouvant la protection, la valorisation et la diffusion de la culture quilombola.
"La demande est venu des quilombolas brésiliennes, qui voulaient connaitre leurs racines", affirme-t-elle. "La mémoire, l’oralité, la territorialité sont les principes dans la vie des quilombolas, et cela sera enregistré pour toujours."
Palhano a identifié la physionomie, les goûts culinaires, l’hospitalité et la "joie de vivre, même dans les temps difficiles" comme étant des similarités entre africains et les brésiliens afrodescendants.
La visite selon elle s’est produite pour renforcer ces liens et cette identité, de même que pour montrer d’autres influences qu’elle n’avait pas encore noté, comme dans la façon de travailler.
"Nous travaillons en groupes de travail et on sent que cela vient d’ici, dans tous les champs où nous sommes passés, la manière de travailler est la même, les gens s’entraident les uns les autres", affirme-t-elle
La visite en Guinée-Bissau a commencé par Cacheu, au nord-ouest du pays. La ville préserve le fort et le port d’où partirent les esclaves à destination du Maranhão, via le Cap-Vert.
Les quilombolas ont également visité différentes tabankas, du nom des communautés rurales dans la langue créole de Guinée-Bissau.
Des présentations culturelles ont également été présentées, autant par les ethnies guinéennes que des quilombolas, tout au long de la semaine que les brésiliens ont passé dans le pays.
Musique et gastronomie
Pour Álvaro Santos, 50 ans, qui a dirigé le spectacle, o tambor de crioula – danse d’origine africaine célébrée au Brésil dans l’adoration de Saint Bénédicte (São Benedito), patron des noirs du Maranhão – est la caractéristique la plus marquante de la culture entre les deux peuples.
"Jusqu’à aujourd’hui, que ce soit dans une communauté quilombola ou dans une tabanka guinéenne, le son du tambour est utilisé pour rassembler les gens, pour célébrer", affirme-t-il.
Même s’il n’est pas un quilombola, Santos dit avoir réaffirmé son identité afrobrésiliene au cours de son voyage. "L’attitude, la façon d’être, la culture, et les manifestations culturelles de manière général, sont imprégnées en nous tous", dit-il. "Je n’ai pas besoin d’être né dans le quilombo, mais j’ai dû me rapprocher d’eux pour me sentir plus noir".
Une autre identification ente Cacheu et Maranhão provient de la gastronomie. Le cuxá, plat typique du Maranho est originaire de Guinée-Bissau. Dans ce pays africain, il est connu sous le nom de baguitche – excepté l’ethnie mandingue qui utilise le même nom qu’au Brésil.
"C’est une preuve supplémentaire que les mandingues s’y sont rendus", dit le directeur exécutif de l’ONG guinéenne Action pour le Développement (Ação para o Desenvolvimento - AD), Carlos Schwarz da Silva.
Pour la "vétérane" du groupe de quilombolas, Nielza Nascimento dos Santos, 69 ans, le moment le plus émouvant a été le fait de se rendre au port de Cacheu.
"J’ai toujours entendu parler de mes ancêtres, mais nous n’avions jamais eu l’occasion de venir jusqu’ici. Nous allons maintenant porter cette histoire dans notre communauté, dans notre ", dit-elle. "J’ai pas mal pleuré quand on a commencé à me raconter comment les esclaves étaient transportés au Brésil."
Suite à la visite des quilombolas, le gouvernement de la Guinée-Bissau a annoncé que dès l’année prochaine, il réalisera, dans le cadre de la Semaine de la Conscience Noire au Brésil, un festival culturel à Cacheu, où sera également créé un mémorial de l’esclavage.
Plusieurs quilombolas ont indiqué leur désir de recevoir les guinéens au Brésil et de maintenir le contact. "Nous voulons aussi les aider, puisque la situation ici est plus difficile qu’au Brésil", affirme Palhano. "Chez nous on se bat beaucoup et nous avons de l’eau courante, de l’électricité et une école. Ici, il manque encore beaucoup de choses."
Source: BBC
Traduit du Portugais Par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
La Route du Patrimoine de la Diaspora Africaine aux Bahamas
Écrit par Kathy Jones
Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
Visitez cette île paradisiaque pour vivre une expérience extraordinaire de la culture et du patrimoine Noirs.
Comme destination touristique de la culture Noire, les Bahamas ont beaucoup à offrir, car le patrimoine africain est très enraciné dans toutes les îles. Les sites de la Route du Patrimoine Noir transmettent l’histoire riche et diverse des peuples de la diaspora africaine à travers des expressions artistiques, des histoires écrites et orales, des monuments et des artefacts. Des vacances dans les Bahamas ne constituent pas uniquement un rêve pour les amoureux de la plage, mais c’est aussi une expérience culturelle inoubliable, excitante et éducative.
La somptueuse Route du Patrimoine de la Diaspora Africaine (African Diaspora Heritage Trail - ADHT) commence par une visite à Nassau sur l'île de New Providence, où de nombreux vacanciers se rendent pour le plaisir et la détente. Tout le monde aime le Nassau "funky"! Mais saviez-vous qu'une grande partie de l'histoire de la ville comprend des références à la présence et aux contributions Africaines? Profitez du soleil et des eaux claires, mais n'oubliez pas de visiter la Venue House à Nassau, le marché d'origine où l’on vendait les Africains capturés, ainsi que les produits ménagers et d'autres marchandises aux 18e et 19e siècles. Un musée nommé en l'honneur de Pompey, un brave esclave africain qui mena une révolte d'esclaves à Exuma en 1830 s’y trouve. Le Musée Pompey est dédié à l'étude et l'interprétation de l'esclavage.
La Route du Patrimoine Noir de Nassau englobe également des résidences coloniales, des townships noirs et des cimetières séparés.
À la Galerie Nationale d'Art des Bahamas, le travail artistique des descendants d'esclaves se trouve à la Villa Doyle, une demeure coloniale où les noirs autrefois n’entraient qu’en tant que domestiques. Le Queen's Staircase est un autre site de l’ADHT -66 marches teintes à flanc de coteau par des esclaves pour commémorer le règne de la reine Victoria. Parmi les églises à inclure dans votre visite, il y a le Bethel Baptist et le St. John's, toutes deux fondées par d'anciens esclaves qui ont lancé la communauté Baptiste aux Bahamas.
Junkanoo est le festival culturel le plus populaire des Bahamas que l’on célèbre par deux défilés hauts en couleurs au Boxing Day (lendemain de Noël), le 26 Décembre et le Jour de l'An. Junkanoo représente un aspect très important de la tradition africaine et de l’Initiative Patrimoine de la Diaspora Africaine aux Bahamas. Pendant cette célébration festive, les Bahamiens se parent de costumes élaborés, et se précipitent dans les rues en tapant des mains, chantant et dansant en grand nombre au rythme des Goombay.
Les visiteurs peuvent en apprendre davantage sur cette célébration séculaire de la vie et de la liberté au Mini-Musée Junkanoo situé à Delancey Town, une banlieue historique de Nassau qui fut autrefois une zone de peuplement pour les Noirs libres et susceptibles de promotion sociale.
Vous pouvez en apprendre davantage sur le Junkanoo et sur la culture noire du Bahamas au Nettie's Different of Nassau, un village culturel unique qui recrée le mode de vie Bahamien. Vous y trouverez des artéfacts et articles connexes, qui vous ramènent à l’époque où les gens jouissaient des choses simples de la vie.
D’autres communautés Noires et townships historiques de New Providence, comme Fox Hill, Grants Town et Adélaïde ont leur propre histoire fascinante. Adélaïde et Gambier ont été établis par des Africains qui étaient enlevés des navires négriers et libérés suite à l'abolition du commerce transatlantique des esclaves en 1807. Foxhill porte le nom d'un homme Noir libre, dont on pense que la propriété se situait sur le site actuellement occupé par le monastère de Saint Augustine. Les descendants d'esclaves ont conservé la conscience de leur histoire et chaque année on célèbre la Journée de Fox Hill en août.
Des lieux de sépulture africains comme St Matthew's Parish sont également inclus dans le Bahamas ADHT. Assurez-vous également à visiter le Sacred Space, où vous trouverez des arbres sculptés en forme de "femmes sacrées" pour honorer les sites de débarquement où des esclaves furent tout d'abord introduits aux Bahamas. Ces sculptures, qui se courbent vers l'océan et vers l'Afrique, marquent le triomphe de l'espoir et de la volonté de conserver notre patrimoine.
On peut découvrir encore plus l’histoire des noirs aux Bahamas à Eleuthera, une île située à environ 50 miles 100 miles 120 miles 30 pieds
On peut également en apprendre davantage sur l’histoire des noirs dans les îles Exuma, composé de 365 îles et îlots dispersés plus de
Parmi les autres sites notables de la Route du Patrimoine de la Diaspora Africaine des îles Bahamas se trouvent Cat Island, Exuma, Long Island et Eleuthera Andros où les vestiges des plantations esclavagistes de l'époque restent intacts. À Cat Island se trouvent les ruines de la plantation Hunter où un esclave du nom de Driver Dick mena une révolte.
Taylor Estate de Long Island fut construit par les esclaves et et Andros fut jadis le lieu de résidence des Africains libérés et des Séminoles noirs fuyant les Guerres Seminole en Floride.
Photos: The salt beacon at Williams Town, Exuma by Derek Smith; the Tombs at Hermitage, also by Derek Smith
Source : http://www.africandiasporatourism.com/
Débat sur le tourisme ethnique et le candomblé
Étudiants, chercheurs, militants et représentants politiques ont discuté de l’implémentation du tourisme ethnique à Salvador
Par Jaqueline Barreto
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
"Le Tourisme ethnique envisage-t-il nos terreiros comme des hôtels? Quels avantages apporterait-il? Nos orishas doivent-ils être consultés? "
L'anthropologue Vilson Caetano a commencé son témoignage à partir de ces questions, en soulignant que ces doutes sur le tourisme ethnique représentent encore des inconnues pour le peuple de saint et entre temps, la spéculation immobilière détruit les forêts à proximité des maisons de candomblé.
“Ces agences touristiques transforment nos rituels liturgiques randonnées. Et si nos agences touristiques d'État offraient une formation à nos fils de saint afin qu'ils puissent s’occuper des visiteurs? Ce n'est pas une suggestion, mais bien une revendication".
Vilson Caetano a cependant souligné que le tourisme ethnique peut "nous aider à être les porte-parole de notre propre histoire. Les maisons de candomblé sont des véritables expériences multiculturelles".
En évoquant la relation entre l’univers culinaire et ses symbologies sociales respectives, l’anthropologue et professeur de l'Université fédérale de Bahia a associé l’acarajé à la représentation de la bahianité. Il a ainsi rappelé les débats entourant la vente de "l’acarajé de Jésus" et les adeptes du candomblé.
"Personnellement, je pense que tout établissement peut vendre l’acarajé. Ma seule demande concerne le bolinho de Jésus qui nie l'identité et la culture noire", dit-il.
Vilson Caetano a ainsi précisé que "la nourriture c’est le patrimoine. Un symbole sacré. Nous ne mangeons pas que des ingrédients, mais, avant tout des symboles " pour expliquer la confusion existant dans la société selon laquelle la "cuisine bahianaise" aurait pour origine la "nourriture de saint ".
"Les nourritures des orishas sont plus élaborées et sont suivies par des chants d'enchantement ", dit-il.
L'importance historique et mercadologique des nourritures faites dans les terreiros et leur possible commercialisation dans le cadre du tourisme ethnique viennent du projet “Sabor sacrossanto dos terreiros para você”, élaboré par l'historien Jaime Sodré. Ce projet comprend la formation des membres du terreiro, l'achat de matériel, les règles d'hygiène et, en plus d’autres demandes, un guide alimentaire pour les touristes intitulé “roteiro delícia” (Circuit délicieux).
Selon Sodré, ce circuit ne dispose pas encore de l’autorisation des terreiros cités et ne se présente que comme une suggestion: Casa Branca-café da manhã, Bogum-merenda, Cobre-merenda, Tanuri-almoço, Oxumarê-minguas e gantuá-chás. "Désormais, on va recevoir des gens qui devront nous respecter et générer des revenus pour nos communautés. Auparavant, ils se rendaient dans nos terreiros explorer notre nourriture et en fin de compte, les gens payaient le bamgá '
Selon l'historien Jaime Sodré, contrairement à ce qui se passait avant, lorsque les gens allaient au terreiro pour assister au "spectacle ", désormais, la proximité entre le candomblé et le tourisme ethnique doit se produire de manière respectueuse, dans l’harmonie.
Sodré indique également que la yalorixá Mère Stela a préparé un recueil le comportement que doit adopter le touriste dans une maison sainte, en abordant entre autres aspects, l'habillement et les appareils électroniques. "Le guide touristique place le touriste dans le terreiro et eux ils continuent d’attendre le "spectacle", au mépris du fonctionnement normal du terreiro ", explique-t-il.
Jaime Sodré, évoquant le tourisme et la culture afro-brésilienne a pris comme exemple la vente de pâtisserie par les sœurs du couvent de Lapa et s’interroge : Pourquoi les sœurs peuvent faire et vendre des pâtisseries alors que nous nous ne pouvons pas exploiter notre potentiel gastronomique? Il a ainsi rappelé que le noir a introduit dans l’alimentation du pays certains éléments comme le lait de coco, l’huile de palme, le piment et que, malgré sa condition d’esclave, il a offert à la société une cuisine qui représente la lutte de la population noire. “Pour les gens, manger c’est aussi résister au pouvoir du maître blanc et esclavagiste ”.
Hospitalité Afropéruvienne
Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
L’existence des Afropéruviens, probablement évidente pour la plupart des gens a été une surprise pour nous. Mais évidemment, c’est compréhensible, lorsque les Espagnols ont conquis le Pérou, ils ont décimé un grand nombre d’indigènes avec la guerre et les maladies. Par conséquent, ils avaient besoin de faire venir une nouvelle force de travail, des esclaves pour travailler – principalement Africains de la Guinée pour travailler – oui vous l’avez deviné—dans des plantations de coton.
Dans les musées que nous avons visités, nous avons appris beaucoup de choses sur les Incas et des groupes de la période Pré-Inca au Pérou. Cependant, nous n’en avons pas beaucoup appris sur l’histoire des Africains au Pérou. Chincha, une ville commerciale occupée sur la côte est connue comme le centre de la culture Afro-Péruvienne. Pourtant, jusqu’à présent il n y a aucun musée/tours/etc. relatifs à cette population. La ville est célèbre pour ses festivals de danse et de musique durant l’été (Novembre à Février au Pérou), où la ville est pleine de visiteurs venus voir les célébrations.
Le peu d’information sur Chincha que nous avons provient de nos guides. Selon le Rough Guides, "sur tous les pays d’Amérique du Sud, la répression raciale était plus cre au Pérou. On interdisait même aux Afropéruviens de jouer le tambour, ce qui a conduit à l’invention du Cajon, un instrument de percussion péruvien." Sur ces informations limitées, nous avons repris l’autobus local et nous sommes descendus à Chincha – où quelques curieux nous ont dévisagés puisqu’il n y avait aucun autre touriste aux alentours. Tout de suite, nous avons demandé au chauffeur de taxi s’il y avait un endroit à voir – il a suggéré El Carmen, un petit village au sud de Chincha où l’on retrouvait les meilleurs danseurs et musiciens en direct.
Nous avons quitté la chaussée pavée et lisse de l’autoroute Panaméricaine pour une route de campagne bosselée entouré de champs de coton. Nous étions en quelque sorte comme sur une route hors des sentiers battus dans le Mississippi. Les gens étaient un mélange - certains autochtones ressemblant à des Péruviens et d’autres clairement afro-péruviens. Un grand panneau décoloré se distinguait sur lequel on voyait une femme noire souriante vêtue à la Tante Jemima et sous elle, des mots souhaitant la bienvenue aux touristes au " Restaurant de Mamie." Sans mentir. Peut-être que j'étais simplement surprise de le voir - et mon esprit a pris du temps pour traiter ce que je venais de voir, mais nous n'avons pas demandé au chauffeur de s'arrêter pour pouvoir prendre une photo. Vous allez devoir nous croire - c'est bien ce qui était écrit. Le premier endroit où nous nous sommes arrêtés était l’Hacienda San Jose, une ancienne plantation de sucre où il y a cent ans une vaste révolte d'esclaves éclata et qui se termina par la mort du maître. Cependant, lorsque nous sommes arrivés, nous avons appris que l'hacienda avait été fermée et ouvrirait peut-être de nouveau l'an prochain. Bon, on passe.
Quelques bosses sur la route plus loin, et nous étions à El Carmen qui a une superbe Plaza pleine de fleurs vives – mais très peu d’agitation. J’avais l’impression que l’on était dans une ville de l’ouest sauvage au milieu de la journée: il y avait un groupe de personnes âgées assises sur des chaises sur un bord de trottoir écoutant une radio archaïque, un couple debout devant un petit magasin, et un groupe d'étudiants assis sur les marches et qui regardaient dans la voiture avec étonnement à notre passage. J’imagine que les touristes ne sont pas très courants ici. Aucunes inquiétudes cependant, le chauffeur savait où nous amener – nous avons roulé dans les rues tranquilles et nous nous sommes arrêtés devant une maison. Une femme a ouvert la porte et nous a conduits à l’intérieur. La maison était confortable avec littéralement des centaines de photos encadrées, des plaques et des coupures de journaux qui ornaient les murs peints de couleurs vives. La maison était à la fois une habitation, un studio de danse et un musée, le tout en un.
La femme était incroyablement accueillante et sans qu’on lui demande, elle nous indiqua que quelques élèves allaient arriver et que si on pouvait attendre, on verrait un spectacle.
J’imagine que puisque c’est la raison pour laquelle ils sont connus, ils se sont dit que c’est ce que nous voulions voir. Nous avions tous nos sacs avec nous, et nous les avons rangés dans le coin, puis nous avons fait le tour de la maison à regarder des photos et à jouer avec les enfants. Les images, en noir et blanc, sépia et en couleur racontait une histoire riche couvrant des décennies.
Le patriarche de la famille, qui a grandi dans les champs ici, a lancé un groupe de danse qui a remporté de nombreux prix. Le groupe a été reconnu pour sa préservation de la culture AfroPéruvienne.
Plusieurs enfants du quartier se sont arrêtés à la maison et sont restés accrochés derrière la porte ; nous nous sommes dits qu’ils avaient aussi entendu parler du spectacle impromptu. Lorsque les costumes étaient prêts, la femme est revenue et a présenté le musicien: un adolescent qui a joué le cajon ainsi que les danseurs. Là, sur le canapé de la famille - nous avons eu notre propre spectacle privé (Regardez la vidéo!). Les enfants étaient vraiment très amusants et nous avons fini par danser avec eux. La danse, comme vous pouvez le voir sur la vidéo, est très semblable à certaines de celles que nous avons vues en Afrique. C’est surprenant de quelle manière les cultures à travers le monde, ont conservé leurs traditions tout en s’adaptant à une nouvelle. Il y a des similarités entre ce que nous avons vu ici, au Brésil, en Jamaïque et aux États-Unis.
L’endroit le plus relax pour un spectacle à jamais - l'atmosphère était très détendue, ils nous ont fait nous sentir à la maison.
Après quelques embrassades, des images et des crayons à l’effigie d’Obama offerts aux enfants, nous sommes partis faire une promenade dans le quartier.
Nous sommes entrés dans une petite tienda (boutique) pour prendre un verre et une fois de plus, nous avons été confrontés aux petites statues de “Mamie” et à des personnages aux visages peints en noir. Cette boutique dans laquelle nous sommes allés appartenait peut-être également à un noir(en tout cas, la petite fille qui nous a servis l’était.). Je ne suis pas certaine de savoir de quoi il en retourne, et malheureusement, mon Espagnol n'est pas assez bon pour entrer dans ce type de conversation. J’espère vraiment que c’était le cas. Alors qu’on attendait un minibus pour le centre ville avec une famille locale, un groupe d’enfants nous a approchés et sans crier gare, ils se sont mis à danser. Mais ils étaient vraiment très cools, presque nonchalants dans ce qu’ils faisaient – l’un d’eux rentrait dans le cercle faire son show, alors que les autres restaient en arrière à lire un journal. Après que chacun d’entre eux eut passé quelques tours, ils se sont mis à partir – sans demander d’argent. Avec le père de la famille, nous les avons suivis et nous leur avons donné quelques pièces et des crayons.
Cette journée à été superbe hors des sentiers battus par les touristes – ce fut amusant d’explorer une région peu connue et de voir une culture sur laquelle peu d’attention est porté. On aimerait vraiment revenir et vivre un festival ici, et compte tenu des gens que nous avons rencontrés, on sait que nous passerions de bons moments!
http://www.travelpod.com/travel-blog-entries/carlaandmike/2/1275205946/tpod.html
Écrit le 21 mai 2010 par Carla (Une avocate afroaméricaine) et tiré du blog de voyage qu’elle tient avec son compagnon Mike (un blanc américain professeur d’Anglais langue seconde)
Carla et Mike
Livingston, " berceau de la culture Garifuna” ?
Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/ Notre vie insulaire se poursuit– Nous sommes de retour au Guatemala, mais Livingston a plus l’air d’une île Caribéenne que Guatémaltèque. Comme à Utila, le traffic est léger ici, puisque aucune route ne relie Livingston au Guatemala.
Pour s’y rendre, il faut prendre le bateau. Même si certains résidents locaux ont fait traverser des camions et des motos par bateau, la plupart des gens se déplacent à pied ou en bicyclette. Contrairement à Utila, même si les plages sont jalonnées de palmiers, elles ne sont pas aussi belles et l’eau n’est pas aussi claire. Mais Livingston est encore plus décontracte qu’Utila, puisque il n y a pas les nombreux touristes qui viennent pour faire de la plongée sous-marine ou en apnée. Les gens viennent ici uniquement pour vivre l’expérience culturelle et environnementale.
La réputation de Livingston est d’avoir un patrimoine Garifuna. C’est le même groupe que l’on retrouve également dans les îles Bay, la côte du Honduras, le Nicaragua, et Belize. Même s’ils furent au départ emmenés au Honduras et au Belize d’aujourd’hui, avec le temps, les Garifuna se sont déplacés le long de la côte caribéenne et se sont installés à Livingston .
Nous avons également appris que de nombreux Garifuna ont immigré aux États-Unis et qu’il y a d’importantes communautés à New York et en Nouvelle Orléans (ce qui est compréhensible!).
À Livingston, les Garifuna parlent l’espagnol en plus de la Langue Garifuna qui est un mélange de Français, de Yoruba, de Banti, et de mots Swahili*. Pendant notre tour de l’île aujourd’hui, nous avons surtout entendu l’Espagnol, et occasionnellement, la langue indigène. Chez les Garifuna, nous avons remarqué qu’ils ressemblent plus à des Rastafari/des insulaires (les enfants sont clairement influencés par la culture hip-hop américaine) qu’à des Latino. Nous avons entendu beaucoup de reggae et les gens portaient des dreads, des tresses, et des couleurs Rasta.
En ce qui concerne la nourriture, nous n’avons pas beaucoup mangé (trop occupés à ingurgiter des fluides) mais le tapado, une soupe de poisson à base de noix de coco était délicieuse. Nous avons vraiment pris notre temps à faire le tour de la ville à pieds, à cause de la chaleur torride et de l’humidité de l’endroit. Pendant la journée, il n y a pas grand monde dans les rues; la plupart reste à l’intérieur près du ventilateur, à l’ombre ou dans l’eau. Nous avons remarqué un phénomène déconcertant. La plupart des commerces ; restaurants, hôtels, boutique souvenirs, les tiendas n’appartiennent pas aux Garifuna ou ces derniers ne font pas partie du personnel. Dans notre guide de voyage, ils indiquent un restaurant qui sert de la nourriture Garifuna dont les bénéfices vont à une organisation communautaire; puisque cette ville est annoncée comme étant la "Cuna de la Cultura Garifuna" (berceau de la culture Garifuna), on penserait que l’organisation est liée à cette communauté.
Cependant, aucun employé n’est Garifuna et les bénéfices vont à une organisation dont le travail est tourné vers la communauté Maya uniquement. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, puisque les Mayas ont également subi la discrimination au Guatemala. Cependant, le fait qu’au seul endroit où les Garifuna sont majoritaires aucun d’eux n’est employé dans un restaurant Garifuna pour touristes est une réalité troublante. Pendant notre repas, nous avons remarqué la présence d’un étranger plus âgé qui était sur son ordinateur portable; une jeune femme étrangère lui a demandé s’il n y avait aucune possibilité de faire du bénévolat. Il lui a expliqué qu’il y avait plusieurs organisations à Livingston dans lesquelles elle pouvait être bénévole (emplois non rémunéré) et que toutes ces organisations étaient orientées vers la communauté Maya. Il indiqué que l’USAID et d’autres organisations venaient en aide à ces groupes et ajouta qu’une chambre et une table pourrait lui être offert. Cela nous a également surpris : encore une fois, c’était superbe pour les Mayas, mais qu’en était-il des Garifuna? Plus tard dans la journée, nous avons trouvé un centre de loisir communautaire où de nombreux jeunes trainaient après l’école. Le centre était lié à une organisation à but non lucratif, ce qui était encourageant.
Nous avons rencontré quelques personnes sympathiques, mais une fois de plus, à cause de la barrière de la langue et de la nature de la conversation (il est mieux d’avoir passé quelques heures avec une personne avant d’aborder ce sujet) nous n’avons trouvé personne avec qui parler ouvertement de nos observations.
Les choses ont changé ce matin pendant que nous prenions notre petit déjeuner. Un monsieur, du nom de Polo, s’est approché de nous, et s’est tout simplement mis à rapper – dans un Anglais parfait. Il a avait grandi à Livingston, mais avait passé plusieurs années aux États-Unis à travailler comme chauffeur de taxi. Il disait qu’il nous avait remarqués depuis quelques jours et me demanda si j’étais une Noire Américaine.
Je lui répondais par l’affirmative et il ajouta que c’est ce qu’il pensait, et qu’apparemment, mon origine ethnique avait été l’objet de conversations entre les locaux.
Sans qu’on l’y incite, il se mit à nous parler des relations raciales sur l’île et de la forte tension entre les noirs et les Latinos. Selon lui, pendant qu’il grandissait à Livingston, la ville était presque totalement Garifuna avec quelques familles Mayas ; cependant, durant les guérillas civiles au Guatemala dans les années 1980, de nombreux Latino-Guatémaltèques se sont déplacés à Livingston pour fuir les violences. Et l’arrivée de population ne s’est plus arrêtée ; cependant, il affirme que le gouvernement favorise les nouveaux arrivants Latino et les Garifuna sont repoussés en dehors du village.
Nous l’avions remarqué la veille en faisant un tour à pied – la zone proche des quais et les principaux biens fonciers (avec vue sur l’eau et proche des services) appartenaient aux hôtels, restaurants et principalement aux entreprises Latinos. La majorité des Garifuna, toujours d’après mes observations, vivaient dans le secteur opposé. Il disait que toute la ville était une “joke” et que le gouvernement et les nouveaux arrivants étaient les seuls à en profiter – et certainement pas les Garifuna. Il avait certes un intérêt, un CD en vente (que nous avons acheté) mais il était également vraiment intéressant. Il disait que les relations raciales en Amérique Centrale sont “hallucinantes” mais aussi plus subtiles qu’aux États-Unis. Il a également soutenu qu’il existe de nombreux mythes que les Latino d’Amérique Centrale ont envers les Garifuna qui sont faux: i.e. ce sont des cannibales, ils pratiquent le vaudou, ils sont paresseux, etc. On pourrait certainement relever certains de ses propres préjugés.
Il souhaitait que plus de touristes connaissent la réalité – Nous lui avons demandé pourquoi il ne nous avait pas approché plus tôt pour en discuter – mais il a répondu qu’il avait essayé, mais que nous l’avions ignoré. Je ne suis pas certaine que nous l’avons totalement crû, mais cela nous a à coup sûr fait penser à la ville et la regarder sous un autre œil alors que nous nous rendions vers le bateau pour quitter Livingston, “un Caribe Diferente” (Une caraïbe différente).
Écrit le jeudi 3 Juin 2010 par Carla (Une avocate afroaméricaine) et tiré du blog de voyage qu’elle tient avec son compagnon Mike (un blanc américain professeur d’Anglais langue seconde)
Carla et Mike
* Un doute sur les composantes de la langue Garifuna








