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Noirs d'Amérique Latine

Textes traduits témoignant du passé et du quotidien des Afrodescendants des Amériques et des Caraibes

samedi 4 septembre 2010

Débat sur le tourisme ethnique et le candomblé

candombl_

Étudiants, chercheurs, militants et représentants politiques ont discuté de l’implémentation du tourisme ethnique à Salvador

Par Jaqueline Barreto

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

"Le Tourisme ethnique envisage-t-il nos terreiros  comme des hôtels? Quels avantages apporterait-il? Nos orishas doivent-ils être consultés? "

L'anthropologue Vilson Caetano a commencé son témoignage à partir de ces questions, en soulignant que ces doutes sur le tourisme ethnique représentent encore des inconnues pour le peuple de saint et entre temps, la spéculation immobilière détruit les forêts à proximité des maisons de candomblé.

Ces agences touristiques transforment nos rituels liturgiques randonnées. Et si nos agences touristiques d'État offraient une formation à nos fils de saint afin qu'ils puissent s’occuper des visiteurs? Ce n'est pas une suggestion, mais bien une revendication".

Vilson Caetano a cependant souligné que le tourisme ethnique  peut "nous aider à être les porte-parole de notre propre histoire. Les maisons de candomblé sont des véritables expériences multiculturelles".

En évoquant la relation entre l’univers culinaire et ses symbologies sociales respectives, l’anthropologue et professeur de l'Université fédérale de Bahia a associé l’acarajé à la représentation de la bahianité. Il a ainsi rappelé les débats entourant la vente de "l’acarajé de Jésus" et les adeptes du candomblé.

"Personnellement, je pense que tout établissement peut vendre l’acarajé. Ma seule demande concerne le bolinho de  Jésus qui nie l'identité et la culture noire", dit-il.

Vilson Caetano a ainsi précisé que "la nourriture c’est le patrimoine. Un symbole sacré. Nous ne mangeons pas que des ingrédients, mais, avant tout des symboles " pour expliquer la confusion existant dans la société selon laquelle la "cuisine bahianaise" aurait pour origine la "nourriture  de saint ".

"Les nourritures des orishas sont plus élaborées et sont suivies par des chants d'enchantement ", dit-il.

L'importance historique et mercadologique des nourritures faites dans les terreiros et leur possible commercialisation dans le cadre du tourisme ethnique viennent du projet  “Sabor sacrossanto dos terreiros para você”, élaboré par l'historien Jaime Sodré. Ce projet comprend la formation des membres du terreiro, l'achat de matériel, les règles d'hygiène et, en plus d’autres demandes, un guide alimentaire pour les touristes intitulé “roteiro delícia” (Circuit délicieux).


Selon Sodré, ce circuit ne dispose pas encore de l’autorisation des terreiros cités et ne se présente que comme une suggestion: Casa Branca-café da manhã, Bogum-merenda, Cobre-merenda, Tanuri-almoço, Oxumarê-minguas e gantuá-chás. "Désormais, on va recevoir des gens qui devront nous respecter et générer des revenus pour nos communautés. Auparavant, ils se rendaient dans nos terreiros explorer notre nourriture et en fin de compte, les gens payaient le  bamgá '

Selon l'historien Jaime Sodré, contrairement à ce qui se passait avant, lorsque les gens allaient au terreiro pour assister au "spectacle ", désormais, la proximité entre le candomblé et le tourisme ethnique doit se produire de manière respectueuse, dans l’harmonie.

caetano

Sodré indique également que la  yalorixá Mère Stela a préparé un recueil le comportement que doit adopter le touriste dans une maison sainte, en abordant entre autres aspects,  l'habillement et les appareils électroniques. "Le guide touristique place le touriste dans le terreiro et eux ils continuent d’attendre le "spectacle", au mépris du fonctionnement normal du terreiro ", explique-t-il.

Jaime Sodré, évoquant le tourisme et la culture afro-brésilienne a pris comme exemple la vente de pâtisserie par les sœurs du couvent de Lapa et s’interroge : Pourquoi les sœurs peuvent faire et vendre des pâtisseries alors que nous nous ne pouvons pas exploiter notre potentiel gastronomique? Il a ainsi rappelé que le noir a introduit dans l’alimentation du pays certains éléments comme le lait de coco, l’huile de palme, le piment et que, malgré sa condition d’esclave, il a offert à la société une cuisine qui représente la lutte de la population noire. “Pour les gens, manger c’est aussi résister au pouvoir du maître blanc et esclavagiste ”.

Source :  Omi

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Entrevue Simão Souindoula : " Haïti a envoyé des techniciens au Congo à l’époque Lumumba "

Francisco Pedro| -

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

AngolLa Journée Internationale de l'Abolition de la Traite Négrière, célébrée le 23 août a été instituée en 1997 par l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). L'historien et spécialiste de l'UNESCO Simão Souindoula, qui a donné une conférence à Luanda à l'Union des Écrivains Angolais sur la présence des Angolais au Pérou, a évoqué avec le Jornal de Angola les avantages du débat sur la question, car la présence des africains dans les Amériques est déjà dans le domaine public.

Jornal de Angola - Pourquoi les pays africains doivent accorder de l’importance à la présence des afrodescendants  dans les sociétés de l’Amérique Latine?

Simão Souindoula – Aborder ces questions est fondamental pour des raisons stratégiques d’une part, et d’autre part, car il s’agirait ainsi de consolider la coopération avec ces pays, y compris les États-Unis, car parmi les premiers habitants qui y sont arrivé, il y avait des africains. Parler de cela est également pertinent, car beaucoup d’afrodescendants veulent connaître leurs origines, et à mon avis, c’est une bonne chose qu’elles soient définies.

Je pense que l’élaboration d’une nouvelle histoire pour nos frères qui sont dans les Amériques et les Caraïbes est nécessaire, de même que l'établissement d'une coopération plus forte entre les États, en donnant la priorité aux afrodescendants, en raison de l'exclusion à laquelle beaucoup d’entre eux font face.

Il y a un manque d'emplois de techniciens qualifiés et on peut recruter ces cadres pour développer l'Afrique. Par exemple, Haïti a envoyé des techniciens au Congo à l’époque de Lumumba, ce que beaucoup de gens ne savent pas. Donc, l'objectif de ces approches est axé sur la coopération orientée pour tirer profit de cerveaux dont les origines sont africaines.

JA - En plus de ce que vous avez déjà dit, y a-t-il encore des questions à discuter au sujet de la traite négrière?

SS – Quelqu’un doit payer moralement pour la traite négrière. Ce débat n’est pas encore apparu aux Nations Unies, mais je crois qu’un jour, cette discussion devra avoir lieu au niveau international de manière plus substantielle.
Il est important de mettre en évidence que la traite négrière avait plusieurs routes, en plus des plus connues. Il y avait la route brésilienne, l’argentine, la vénézuélienne, la cubaine, la nord-américaine, la péruvienne et tant d’autres.

JA - Quelles furent les conséquences pour les esclaves et leurs descendants?

SS – Au Pérou, entre 1532 et 1628, 40 millions d’amérindiens sont morts. Le repeuplement fut assuré par un contingent de noirs créoles et de noirs venant directement d’Afrique, dont l’Angola. Cette population d’origine angolaise a eu une participation active dans le métissage avec les indiens et les espagnols, car il n y avait pas beaucoup de femmes africaines, les esclaves se sont accouplés donnant naissance aux métisses. C’est pourquoi l’esclavage n’avait pas d’avenir, car on ne savait pas avec certitude qui étaient des esclaves et qui étaient des hommes libres.

JA – La culture africaine reste-t-elle visible ans les Amériques, ou s’est-elle déjà diluée à cause de l’acculturation?
 
SS – On retrouve dans la culture sud-américaine comme celle du Pérou des éléments anthropologiques d’Angola, comme c’est le cas au Brésil. On peut trouver cette présence dans les vestiges de la congrégation des "Congos", dont le siège se trouve sur le plateau de San Francisco de Paula, au Pérou.
En outre, la dévotion religieuse catholique, avec la célèbre présentation de l’esclave angolais Pedro Dalcon, qui a établi en 1951, le Christ noir est une marque authentique de l’Angolanité du Pérou. La présence des Africains commence peu après les premiers signes de baisse démographique des Amérindiens, soit au début du XVIe siècle, comme main-d'œuvre capable de supporter le climat et les travaux pénibles dans le Nouveau Monde.

 
JA - Quels sont les signes les plus évidents qui confirment actuellement ces événements?

SS - Dans toutes les communautés africaines et afrodescendantes, il y a toujours eu le besoin d'élire un Roi du Congo. Ce principe anthropologique provient de la structure politique et sociale de l'organisation administrative en Afrique. Autrement dit, les esclaves cherchaient à maintenir leurs modèles d'organisation même s’ils se trouvaient à l’extérieur des régions d’origine, du continent africain. Et pas seulement en Amérique Latine, il y avait à la Nouvelle Orléans une Place Congo, et il ya encore un grand musée sur la civilisation indigène des Amériques. Il y avait un Angolais parmi les esclaves, le premier dans le Nouveau Monde, du nom de Juan Gaurid. En Espagne, il y a également eu une reconstitution historique de cette structure politique, cela étant un “atout” pour renforcer la proposition du gouvernement de présenter à l'UNESCO l'ancien Royaume du Congo en tant que patrimoine immatériel de l'humanité.

La gastronomie, la religion, les expressions  “macuco”, “mundongo”, “marimba”, “muana”, “moleque”, qui font partie de la langue véhiculaire des péruviens sont des signes concrets, tout comme l’anthroponomie, la musique et les rites funéraires. Le mot “macuco”, qui en quimbundo signifie réchaud fait partie du lexique péruvien. Le mondongo (plat de tripes), nourriture par excellence des esclaves est aujourd’hui utilisée dans le Nouveau Monde, c’est une spécialité culinaire originaire du Royaume de Ndongo. Malgré une histoire difficile, les esclaves angolais ont réussi à influencer certaines expressions de la culture nationale au Pérou.


JA - Quels aspects ont été soulignés lors de la conférence présentée récemment  à l'Union des Écrivains dans le cadre de la célébration du 23 août, Journée Internationale de l'Abolition de la traite négrière?

SS – Il s’est agi de montrer les caractéristiques culturelles angolaises qui restent présentes dans les pays d’Amérique Latine, notamment au Pérou, et d'alerter sur  la nécessité de développer les coopérations culturelles modernes avec les communautés qui revendiquent leur origine angolaise.

JA – Selon vous quelles sont les sources de recherche probables susceptibles pour l'enrichissement de l'Histoire générale de l'Angola?

SS- L’histoire de l'Angola a cinq siècles oculaires. C’est encore une histoire vierge, avec l'avantage d'être caractérisée par des sources oculaires et non indirectes, parmi lesquelles l'archéologie se distingue.

Le site archéologique de Benfica est l'une des régions, ici même à Luanda constituant un lieu de recherche important sur l'histoire démographique de l'Angola. Dans cet espace, on peut découvrir que les premières communautés côtières travaillaient déjà les métaux, dans ce cas le fer, car il ya des traces non seulement des esclavagistes, mais des métaux et des pièces de céramiques qui constituent des sources historiques oculaires assez importantes qui nous permettent de faire de la reconstitution.

JA - Par coïncidence, sur ce site de Benfica, à beira-mar se trouve le Triangle Touristique Historique-Culturelle  " Kanawa Mussulo ". De quoi s’agit-il?

SS- Avec le projet " Kanawa Mussulo ", nous  voulons mettre en lumière de nouvelles connaissances sur l'esclavage. Par exemple, le génocide juif est connu au niveau international, et il y a aux États-Unis un grand musée sur ce génocide. Mais dans le monde, il n y a pas de grand musée sur l'esclavage. On peut dire qu’il s’agit du deux poids deux mesures.

Un projet a déjà été présenté il y a 15 ans, par le gouvernement d'Haïti à l'UNESCO, qui a reçu le soutien des pays africains. Je pense que c’est un problème sur le plan historique, car c’est le projet le plus emblématique projet de l'UNESCO, car l'esclavage a existé dans toute l'Afrique, en Amérique, en Europe, en Asie, dans le Pacifique et dans les Indes.

Le triangle touristique historique et culturel de "Mussulo Kanawa "vise essentiellement à organiser le tourisme mémoriel par le biais d’un circuit sur les itinéraires de la traite en Angola depuis les régions de baía de Cabinda, en passant par les zones de Pinda, Benguela Velha (Porto Amboim) et Benguela Nova (Benguela) et les itinéraires du trafic à Luanda, principalement sur la péninsule de Mussulo. Il ne s’agit pas d’un projet touristique banal, mais intelligent.

JA – On sait que le projet a l’intention de proposer à l'UNESCO que la péninsule du Mussolo devienne patrimoine de l'humanité. Pouvez-vous nous en dire plus?

SS - Nous avons la chance d'avoir prêt d’ici trois îles, avec une église construite au 20
ième siècle, avant l'abolition de l'esclavage. Je pense qu'il est nécessaire de promouvoir le tourisme mémoriel dans l'île de Mussulo. C’est pour cette raison que le projet  "Kanawa Mussulo" essaie d'inscrire Mussulo à l'UNESCO comme patrimoine de l’humanité.

De cette manière, nous voulons créer un réseau de lieux de mémoire africains, comme Gorée au Sénégal, la vieille ville au Cap-Vert, l'île de Mozambique et de l'archipel de Sao Tomé et Principe.

Dans ce périmètre qui s'étend  du Triangle Touristique, en plus de l’île de Mussulo, il y a l'Église de Cazenga et l'île aux Oiseaux ( Ilha dos Pássaros) , des sites qui ont le potentiel d’attraction pour le tourisme mémoriel qui fait partie de nos préoccupations

JA - Quelles démarches ont déjà été entreprises dans le processus d’inscription du Mussulo au patrimoine de l'humanité?

SS – Le projet " Kanawa Mussulo " a déjà mené plusieurs activités avec l’UNESCO et est maintenant un partenaire valable, bénéficiant de l’appui moral et utilisant le logo de l'UNESCO sur ses documents, ce qui, pensons-nous, constitue une base pour l'ensemble du processus qui vise au départ à nous établir une reconnaissance internationale pour pouvoir compter sur l'appui d'institutions similaires jusqu'à ce que nous atteignions l'objectif principal.

JA - Pourquoi le projet  “Kanawa Mussulo" souhaite-il investir dans l’artisanat?

SS - Nous voulons encourager la créativité de l'artisanat, basée sur l'esclavage, puisque ce qui existe est très peu. Nous voyons la nécessité de changer cette réalité qui appauvrit l'artisanat. Nous allons faire que la traite négrière soit une grande source d'inspiration créative, car les touristes veulent toujours avoir des œuvres originales.
Ce défi permettra qu’il y ait une augmentation des recettes provenant du tourisme. Les artisans doivent avoir de nouveaux  enjeux et cela nous permettra de mettre en œuvre l'un de nos objectifs qui vise l'industrialisation de l'artisanat, et nous devons trouver une usine à l’étranger qui produit des pièces artisanales miniatures, ce qui pour nous signifie le développement culturel. Créer un nouveau centre commercial, qui accueille le marché fait également partie de nos intentions, en laissant de côté la vente sur place afin d'éviter une baisse du prix des œuvres. Après l'indépendance, nous avons hérité de l'ex-Diamang une collection d'œuvres d'arts qui ont inondé le marché dans presque tous le pays, en particulier avec le personnage du penseur. C'est pour cette raison que nous pensons qu’il est urgent de diversifier l'artisanat.

JA – Quels personnages ou quelles pièces doivent être davantage explorés par les artisans?

SS – Le chasseur Tchimbinda Ilunga. Contrairement à ce que beaucoup pensent, ce personnage, et non celui du penseur, est davantage connu à l'étranger. Malheureusement, cette pièce aujourd'hui en Europe, précisément à Paris, a déjà  atteint le coût d'un million d'euros. Sur le circuit international, et du point de vue de l'esthétique, c’est le chasseur Tchimbinda Ilunga la pièce la plus coûteuse qui, paradoxalement, ici dans notre pays coûte 1000  kwanzas.

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mercredi 1 septembre 2010

Vers la reconnaissance officielle de la médecine ancestrale afroéquatorienne

Quito (Pichincha).- Le Ministère de la Santé publique organise du 30 août au 1er septembre le Premier Congrès National Afroéquatorien “Salud, medicina ancestral e interculturalidad” (Santé, médecine ancestrale et interculturalité). C’est la première fois que l’état équatorien convoque invite à l’élaboration d’un agenda qui intègre la cosmovision du peuple afroéquatorien et ses pratiques médicinales au système de santé publique.

afroLe Ministre de la Santé, David Chiriboga, a inauguré ce mardi la rencontre à l’Université Andine Simón Bolívar.

Le Ministre Chiriboga a indiqué l’importance de surmonter les pratiques discriminatoires dans le pays, qui ont rendu invisibles les contributions des afroéquatoriens, et qui ont également signifié la négation de leurs connaissances ancestrales et culturelles.

Il a également souligné que le Congrès espère consolider l’information sur les maladies spécifiques, prévalentes et prioriser les interventions à partir du Ministère de la Santé Publique.

On sait par exemple que l’hypertension, le diabète et l’anémie falciforme sont des maladies constantes dans la population afroéquatorienne et il est nécessaire de générer des réponses spécifiques.

Pour le Ministère de la Santé Publique il est important que les services de santé se pensent et s’implémentent en coopération avec les populations intéressées, en tenant compte de leurs conditions économiques, géographiques, sociales et culturelles, de même que leurs méthodes de prévention, de pratiques curatives et des médicaments traditionnels, a indiqué le Ministre Chiriboga, afin d’offrir les solutions culturellement appropriées et qui encouragent le renforcement de la médecine ancestrale Afroéquatorienne.

La Docteure Myriam Conejo Maldonado, Directrice Technique de la Santé Interculturelle du Ministère de la Santé Publique, a souligné qu’on espère recueillir des suggestions de moyens et de contours de travail pour améliorer la santé de la population Afroéquatorienne, soulignant ainsi l’importance du Congrès comme un espace de réflexion pour rapprocher les services de santé publique d’une population diverses.

Des représentants de la population afroéquatorienne de l’ensemble du pays et d’importantes délégations des provinces de Guayas, Esmeraldas, Imbabura, Manabí et Pichincha ont été invités.

Irma Baustista, afroéquatorienne, fonctionnaire de Santé Interculturelle du MSP, a indiqué qu’il est fondamental qu’il y ait interrelation entre les différentes médecines, une seule ne peut avoir toutes les réponses. Il est nécessaire que la population elle-même dise de quelle manière elle veut qu’on s’occupe d’elle”.

Pour Cecilia Coroso, qui prend part au Congrès, il est important que l’on écoute la population pour travailler pour la population.

Pour nous, la santé ne commence pas lorsqu’une personne nait et encore moins lorsqu’elle meurt, la santé est une affaire de personne, mais aussi de la communauté. Il y a deux types d’alimentation dont a besoin une personne pour être en santé ;  celle du corps et celle de l’âme. Pour le corps, il y a des plantes et d’autres choses, et pour l’âme : la musique, l’art, la danse, la poésie. On ne peut pas considérer ces deux éléments séparément, mais plutôt comme un seul.”

La cérémonie se termine ce mercredi avec des commissions des panels, des tables de travail auxquelles prennent part des leaders communautaires, des techniciens, des spécialistes en santé, les fonctionnaires publiques et les autorités nationales./MSP

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

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Laurence Prescott, spécialiste de la poésie afrocolombienne invite les afrodescendants au voyage

Par Stephanie Claytor* pour ColordeColombia

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

prescottPrescott, un pionnier aux États-Unis dans  les études sur la poésie des auteurs Colombiens noirs et grand ami de Manuel Zapata Olivella a eu un entretien avec la jeune journaliste Stéphanie Claytor à la Foire du Livre.


Bogota, Colombie. Lors de la 23ième Foire internationale du Livre qui s’est déroulée récemment, le Dr Laurence Prescott, professeur de Littérature Hispanique et Afro-latine à l'Université d'État de Pennsylvanie, a évoqué deux célèbres poètes afro-colombiens: Jorge Artel et Candelario Obeso.


Prescott a raconté à l'auditoire les voyages de ces poètes dans les pays des Caraïbes et des Amériques. Des observations suite à leurs voyages, les poètes ont pris connaissance de la vie de la population noire dans les Amériques au cours des XIXe et XXe siècles. Parmi leurs œuvres, on retrouve Cantos populares de mi tierra (Chants populaires de ma terre,  Obeso, 1877) et Tambores en la Noche (Tambours dans la Nuit, Artel, 1940).

Prescott avait entendu parler de ces poètes lors de ses propres voyages. Pendant ses études à l'Université de l'Indiana, Prescott a assisté à des conférences de Manuel Zapata Olivella, un autre écrivain afrocolombien célèbre, qui a écrit Chambacu, Corral de Negros, entre autres œuvres.

Prescott se fascina pour les œuvres de Zapata lorsqu’il apprit qu’il y avait des noirs comme lui qui vivaient en Colombie. Il se mit en contact Zapata qui l'aida à publier son premier article sur la population afrocolombienne dans ce pays.

Cette expérience et l’échange culturel a permis à Prescott faire une demande et d’obtenir  le Fulbright-Hays Fellowship en 1975 pour faire une recherche sur les écrivains afrocolombiens parmi lesquels Obeso, Zapata, et Artel.

Après deux ans de recherches dans de vieux livres de poètes, tout en faisant connaissance avec certains et leurs familles et en voyageant à travers la Colombie, l'Amérique Latine et l’Europe, Prescott a écrit son œuvre Candelario Obeso y la iniciación de la poesía negra en Colombia (1985), (Candelario Obeso et l'initiation de la poésie noire en Colombie ) qui lui a permis de recevoir son doctorat de l'Université de l'Indiana.

En 2000, il écrit le livre Sin odios ni temores: Jorge Artel y la lucha por la expresión literaria negra en Colombia.(Sans haine ni peurs: Jorge Artel et la lutte pour l'expression littéraire noire en Colombie).

Dans son exposé au Salon du Livre, Prescott a utilisé les expériences d’Artel et d’Obeso comme exemple pour démontrer pourquoi il est important que plus de jeunes afrodescendants voyagent.

"Voyage rime avec changement. C’est l’occasion d'apprendre quelque chose de nouveau, de vivre de nouvelles expériences et de rencontrer de nouvelles personnes. Cela agrandis votre connaissance du monde", déclare Prescott. "On est capable de s’identifier aux autres, de se libérer des limites de son propre environnement."

Dans un sens, Prescott suggère que celui qui voyage perçoit davantage l’humanité des autres personnes et leurs similitudes et sera moins enclin à se focaliser sur les différences des autres.

Selon le gouvernement américain, seulement 28% de la population de votre pays détient un passeport. En considérant que le pourcentage d'Afro-Américains qui détiennent  un passeport est beaucoup plus faible et que le reste de la population afrodescendante dans les Amériques doit avoir de l’argent mis de côté pour obtenir un visa de voyage - ce qui est très souvent impossible-  il semble que Prescott soit dans le vrai a un bon point.

Nous, les noirs et les Afro-descendants, nous devons trouver un moyen, comme nos modèles, de voyager davantage. Cela permettrait un échange culturel et un meilleur développement de nos communautés.

Stephanie Claytor est journaliste diplômée de la Syracuse University et du programme Fulbright ETA à Bogotá. Spécialement pour Color de Colombia

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jeudi 26 août 2010

Le Costa Rica célèbre ses afrodescendants le 30 août

Festival1Le Festival Flores de la Diáspora Africana et celui du Limón Roots font partie de l’offre artistique dans le cadre de la célébration de l’héritage afrocostaricain

Yendry Miranda - ymiranda@nacion.com

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

Le public pourra profiter due patrimoine de la culture afrocostaricaine dès cette semaine jusqu’au mois de septembre grâce à l’intense agenda d’activités engendrée par deux festivals : le Limón Roots et le Flores de la Diáspora Africana.

Même s’ils dont deux organisateurs différents, le Limón Roots (produit par le magazine portant le même nom) comme le Flores de la Diáspora Africana (de la Fondation Art et Culture pour le développement) se tiendront pour commémorer la Journée du Noir et de la Culture Afrocostaricaine ( Día del Negro y la Cultura Afrocostarricense) que ‘on fête le 31 août dans notre pays.

Le Limón Roots sera le premier à lancer ses activités. Du 26 au 31 août, cette fête comprendra des concerts, des présentations, de la musique, de la danse, des défilés et mêmes des ateliers artistiques.

La célébration verra la participation d’invités internationaux et nationaux. Parmi les étrangers pour cette année figure la Roy Prescod Chorale de New York, qui a offert des prestations dans des lieux aussi prestigieux que le Carnegie Hall et le New York City Opera.

De l’étranger également vient le danseur et percussionniste sénégalais Kali Bamba, artiste indépendant qui a travaillé avec le Ballet National du Sénégal y en musicales comme Le Roi Lion à Broadway.

Des costaricains comme le Chœur Gospel Odain, la Banda Nacional de Limón, Sasha Campbell et Marfil entre autres seront également du rendez-vous.

D’après Ramiro Crawford, organisateur du Limón Roots, pour la production, l’année 2010 est une année spéciale, puisqu’ils célèbrent le 30ième anniversaire du décret du Gouvernement du Costa Rica instituant la célébration de la Journée du Noir et de la Culture Afrocostaricaine.

CaptureCe festival est important, car nous ne nous concentrons pas sur la population afrodescendante de Limón, mais celle du Costa Rica; notre idée est de disséminer notre culture dans tout le pays”, indique Crawford.

Le directeur de la fête qui indique que toutes les activités qui se tiendront dans les prochains jours sont importantes souligne cependant la cérémonie de remise des prix Limón Roots Awards au cours de laquelle on reconnaitra le travail des infirmières afrocostaricaines qui travaillent dans le pays.

Cette reconnaissance qui se tiendra le 27 août sera accompagnée de présentations de certains invités à la fête.

De plus, il informe que le public ne devra pas manquer le concert Limón Roots Afrocultural Jam (le 28 août), puisque lors de ces spectacles, les spectateurs pourront s’amuser autour d’expressions musicales allant de la soul, au funk en passant par le socca.

En ce qui concerne le Festival de Flores de la Diáspora Africana, qui se tiendra du 31 août au 7 septembre, il aura priorité de recueillir le plus grand montant de pour venir en aide à la république sœur d’Haïti, frappée par un séisme le 12 janvier dernier.

Selon Carol Britton, organisatrice de l’activité, l’argent qui sera recueilli sera donné directement au Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef) qui effectue des travaux dans ce pays de la Caraïbe.

Dans ce cadre, les plus de 20 artistes nationaux et internationaux qui prennent part au rendez-vous feront don de leur talent de manière à dépenser le moins dans la production et de pouvoir ainsi venir en aide à davantage de personnes.

Parmi les invités qui prendront par à cette activité, on retrouve la harpiste (Kora) sénégalaise Sarah Carrère Mbodj, qui donnera des récitals solo et accompagnée par des poètes et des artistes plastiques et le musicien  Dominica Darryl Bobb. Pour le Costa Rica, on retrouvera également le Calypso Rice & Beans, la Big Band, Robert Aguilar et Johnny Dixon, entre autres.

Plusieurs activités importantes seront organisées dans le cadre du Festival Flores de la Diáspora Africana parmi lesquelles des concerts et des spectacles auxquels prendront part des étrangers et des nationaux.

Pour les amoureux du septième art, cette fête comptera également des représentations cinématographiques où seront diffusées des courts métrages de réalisateurs haïtiens comme Frantz Voltaire et Arnold Antonin.

C’est important que les gens se rendent au festival pour connaitre la culture afrocostaricaine et la culture haïtienne. Le Festival Flores de la Diáspora Africana est une importante occasion de partager avec les cultures des deux pays”, affirme Britton.

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Sortir officiellement les afromexicains de l’invisibilité

afrom

MÉXICO (Notimex). — Il existe dans le pays un groupe ethnique peu connu et dont on ignore le nombre de sa population : celui des descendants africains ou noirs, qui ne bénéficie pas des programmes gouvernementaux d’aide sociale, indique Julia Isabel Flores Dávila.

''Personne ne sait combien de noirs vivent dans le pays. Nous nous sommes rendus dans certains endroits où l’on retrouve ce type de population, mais nous ne pouvons pas affirmer que nous avons recueilli toute l’information disponible, car nous ne disposons pas des ressources nécessaires pour parcourir le territoire national'', affirme la chercheuse.

Dans un communiqué, la responsable de du Service de Recherche Appliquée et d’Opinion (Area de Investigación Aplicada y Opinión - AIAO) de l’Institut de recherches Juridiques (Instituto de Investigaciones Jurídicas - IIJ) de l’UNAM a expliqué que dans la Costa Chica de Guerrero et Oaxaca, à Veracruz et à Tabasco vit une population afromexicaine, ''mais nous voulons que les gens sachent qu’il y en a également à Chihuahua, Tamaulipas et à Coahuila''.

Eux-mêmes s’appellent ''afromexicains'', même s’ils ont également commencé à s’appeler ''noirs'', après une série de rencontres et de congrès qu’ils ont organisé récemment.

''En général, ils ne permettent qu’à leurs amis ou à des proches de les appeler noirs. Ils sont offensés lorsque une personne quelconque les appelle ainsi'', explique la chercheuse.

Dans le pays habitent diverses communautés, comme celle des mascogos, qui dans leur fuite de la guerre civile aux États-Unis arrivèrent dans les nord du Mexique, et celle des cimarrones (noirs marrons) qui dans leur évasion du travail dans les mines et les plantations de cane à sucre durant l’époque de la Colonie s’établirent dans le sud-est.

''La Constitution de Oaxaca protège les afromexicains de même que les indigènes'', souligne la chercheuse de l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM).

À Guerrero et Oaxaca, il y a 40 municipalités qui souhaitent être considérées comme étant afromexicaines ou afrodescendantes. Dans ce cadre, il a été demandé au Congrès de l’Union de créer des programmes et de développer des politiques publiques pour s’occuper des problèmes de ses habitants, qui subsistent dans des conditions de marginalisation et de pauvreté extrême selon les indications de la chercheuse.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

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mardi 24 août 2010

Le Musée Route de l’ esclave rappelle la traite des africains à Cuba

(Xinhua) – Le Musée de la Route de l’esclave situé dans la province cubaine de Matanzas à l’ouest de l’île rappelle les traces laissées par des milliers d’africains emmenés de force en tant que main d’œuvre moins chère.

museoInauguré en juin de l’année dernière par le président du Conseil Exécutif de l’Unesco, le béninois Olabiyi Babalola Joseph Yai, le musée est enclavé dans le Château de San Severino à Matanzas à une centaine de kilomètres à l’est de La Havane.

L’institution fait partie d’un projet de l’Unesco portant le même nom et qui commémore  chaque 23 août la Journée International du Souvenir de la Traite des Esclaves et de son Abolition. Ce projet, dont le musée cubain est le premier en Amérique  est né en 1993 avec l’intention pour l’Unesco de mettre fin au silence sur la tragédie de la traite des esclaves dans les différences régions et souligner les conséquences de cet infâme commerce sur les sociétés contemporaines.

La Route de l’esclave vise également à contribuer à la compréhension mutuelle et la coexistence pacifique entre les peuples, particulièrement par le biais de la réflexion autour des préjugés liés à l’esclavage, le dialogue interculturel et le pluralisme culturel.

L’inauguration du Musée cubain avait mis en pratique une tentative de l’Unesco qui avait motivé la création de la Route Maya en Amérique Centrale et de la Soie, en Asie.

La forteresse de San Severino dont la construction avait débuté le 13 octobre 1693 est l’une des édifications les plus significatives de la ville de Matanzas et sur ses murs, on peut apprécier les traces indélébiles de la présence esclave.

Il est encore possible de voir les marques que faisaient les esclaves utilisés manœuvres dans la construction pour indiquer l’accomplissement de l’épuisant travail quotidien, et qui prit fin en 1734 après l’élévation des murs, le perçage des tunnels et des réservoirs d’eau et du placement des batteries de la forteresse.

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Dany Glover en visite en septembre 2009

Le château fut à son époque le siège du commandement principal du système de défense de la ville dont faisait partie d’autres structures comme le fort San José de la Vigía, El Morrillo et la batterie de Cajigal.

Le Musée dispose  de quatre salles, la Casa del comendador, Présentation Archéologique, De l’esclavage et Des orishas.

On y expose des horreurs comme le calimbo, une pratique qui consistait à marquer les noirs au fer incandescent dès leur arrivée sur les marchés d’esclaves pour les identifier comme propriété de l’acheteur, avec une lettre ou un signe quelconque.

D’après certaines références, on les marquait également dans les embarcations sur l’estomac, les bras ou l’épaules, et les femmes elles étaient marquées sur la poitrine en el et sur les pieds.

Le Musée présente l’exposition "Afro América: la tercera raíz", avec 105 fiches didactiques et 14 sculptures africaines données par l’artiste cubain Lorenzo Padilla.

Tout près de la fortification, au 19ème siècle, se produisirent de nombreux soulèvements d’esclaves dont l’un des plus célèbres fut mené par la noire Carlota, ce qui explique qu’il est facile de trouver des traces dans les zones archéologiques alentours des anciennes plantations et baraques, où travaillaient et vivaient les esclaves.

À cet environnement s’ajoutent ce qu’on appelle des palenques, des lieux où les esclaves fugitifs habitaient et s’organisaient, dans des cavernes ou dans des endroits d’accès difficile.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

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La Fondation pour le Développement de la Race Noire critique le Président Colombien Santos

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

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Dans un communiqué public, cette organisation affirme que le nouveau Gouvernement a failli à son engagement de renforcer la participation et la représentation de la population afrocolombienne aux plus hauts niveaux de l’État.

La Fondation, présidée par Ray Charrupi, qui fut coordinateur de la campagne des jeunes pour la candidature d’Antanas Mockus, indique que " 25 jours après l’entrée en fonction du nouveau gouvernement du président Santos et l’attribution des charges dans les Ministères, l’actuel Gouvernement n’a pas inclus des représentants de la communauté afrocolombienne dans l’actuelle administration ; quand on sait que le gouvernement sortant avait la docteure Paula Andrea Moreno comme Ministre de la Culture pendant les 4 dernières années. Un espace qui avait été conquis dans les hautes sphères du gouvernement".

L’organisation indique que "pour la communauté il s’agit d’un recul dans les politiques d’inclusion qu’elle demande et dont la Constitution lui donne droit. Les afrocolombiens ont des représentants éprouvés pouvant être nommés dans n’importe quel domaine, bien au-delà de la pensée limitante selon laquelle nous ne devrions être pris en compte que dans le cadre d’activités culturelles ou sportives ".

Dans ce sens, ils demandent au Président s’il connait des afrocolombiens ayant les capacités et la confiance suffisantes pour exécuter ses politiques de développement général de la Nation. Ils lui demandent également si Raúl Cuero, afrodescendant originaire du Pacifique Colombien, plus haute autorité colombienne à la Nasa, n’est pas compétent pour diriger le ministère de la Science et de la Technologie récemment créé.

Ils se demandent par ailleurs si Oscar Gamboa, Libia Rosario Gruesso Casteblanco, Harold Mosquera Rivas, Rosaurita Charrupí, Natalia Peña, Luis Ignacio Peña, Arnulfo Carabalí, Luís Enrique Bravo, Henry Murraín, Jesús Gruesso, Divalizeth Murillo Córdoba, Jorge Eliecer Mosquera Torres, Jorge Peréa, entre autres n’ont pas les compétences pour solutionner les problèmes de la communauté afro et même ceux de la société en général.

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Solidarité entre déplacés afrocolombiens à Bogota

Daira Quinones est arrivée à Bogota il ya 12 ans avec son bombo, sa marimba et quelques objets personnels. Elle fuyait les menaces qui avaient coûté la vie à cinq des membres de son organisation : Fondation Art et Culture du Pacifique (Fundación Arte y Cultura del Pacífico - Fundartecp) à El Porvenir dans la zone rurale de Tumaco.

afro"On voulait repenser le travail des femmes dont on ne voyait pas le reflet dans les organisations de la région, puis on a commencé à travailler sur un processus de délivrance de titres fonciers et c'est ce qui nous a conduit à nous déplacer", raconte Daira avec un sourire qui démontre que cela fait partie du passé.
 
C’est une femme noire, aux dents blanches, connue pour son travail de promotion des droits humains à travers des projets artistiques, sociaux et productifs, mais aussi pour ses chansons.

À son arrivée à Bogotá, elle a rejoint d’autres femmes déplacées qui voulaient s’en sortir en aidant les autres et se soutiennent mutuellement. Elles chantaient et dansaient dans les rues en cherchant à se faire connaitre et ainsi trouver d’autres personnes déplacées dans la même situation, avant de décider de se rendre au Département National de l'Économie Solidaire (Departamento Administrativo Nacional de Economía Solidaria (Dan Social).

Là, elles rentrèrent en contact avec  Coop-Disflores, Tierra Mía, Afro latinos et Acceso Colombia, des organisations avec lesquelles elles fondèrent en 2007, l’Association Mutuelle pour le développement Intégral de l’Afrocolombianité et l'Entrepreneuriat (Asociación Mutual para el desarrollo Integral de la Afrocolombianidad y el Empresarismo - AMDAE).

Chaque organisation apporte à AMDAE son savoir-faire et toutes ont été formées sur des sujets comme l’économie solidaire.

300 personnes des niveaux 1 et 2 en conditions de vulnérabilité bénéficient désormais des services du réseau.


L’AMDAE a par exemple obtenu la création de dix points d’accès à Internet dans la ville et a créé des projets d’artisanat et de recyclage qui offrent des ressources à ses membres.

"Le recyclage réduit l’impact environnemental et nous donne un travail. Nous vendons nos produits dans les foires et cela nous permet au moins de payer l’autobus ", indique Yamelis Molina, présidente de l'AMDAE.

Prix civique pour un Bogotá meilleur

Le travail de l’Association Mutuelle pour le développement Intégral de l’Afrocolombianité et l'Entrepreneuriat a conduit les membres du jury du Prix Civique pour un Bogota Meilleur ('Premio Cívico por una Bogotá Mejor') lui a attribué il y a quelques jours la deuxième place.

Ce prix de la Direction de la Responsabilité Sociale du Comité Éditorial El Tiempo, les fondations Corona, Colombia Presente y Plan, le Consortium pour le développement communautaire, international, DESIS International et Bayer vise à rendre visible les organisations qui contribuent à améliorer les conditions de vie des communautés dans la ville.

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lundi 23 août 2010

Les Afroéquotoriens fiers de leur représentante au Concours Miss Univers

- Noticias EFE

Angela Meléndez

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La candidature au Concours Miss Univers de Lady Fernanda Mina Lastra, une afroéquatorienne née dans la pauvreté a enthousiasmé les afrodescendants de son pays qui croient que sa présence à Las Vegas (États-Unis) est une victoire contre le racisme.

Pour Blanca Tadeo, représentante de la Corporation de Développement Afroéquatorien Codea), la participation de Mina Lastra au concours, dont le résultat sera connu lundi dans la capitale américaine des casinos démontre que les afrodescendants "ne se résument pas à la danse et au mouvement des hanches, mais également au talent et à des capacités".

On ne considère plus comme belle uniquement "la femme qui est grande, de peau, yeux et cheveux clairs", indique Tadeo.

Les organisations afroéquatoriennes soutiennent que la présence de Mina Lastra à ce concours répond à "un changement positif" dans les paradigmes de la société équatorienne.

Douglas Quintero, un autre leader du Codea pense pour sa part qu’en Équateur, on qualifiait la beauté auparavant selon le "prototype" de la femme métisse et aux traits "clairs", mais désormais, on commence à considérer d’autres aspects comme "la culture et l’intelligence" et non la couleur de la peau.

"Quand je vois Lady fière de représenter un pays qui ne lui a pas donné des chances qu’elle mérite, je me demande comment il se fait que nous n’arrivions pas à comprendre qu’il ne s’agit pas de phénotypes mais plutôt des capacités", indique Quintero.

La Miss Équateur a dû beaucoup se battre pour arriver où elle est.

Née dans la ville côtière de Guayaquil il y a 24 ans, dès sa tendre enfance, elle souhaitait évoluer dans le monde des passerelles, des projecteurs et des vêtements de haute couture, mais elle a souvent été confrontée au mur du préjugé.

"Dans certains castings, on ne me donnait pas le travail à cause de ma couleur", indiquait récemment la reine de beauté équatorienne au magazine "People en español", mais cela ne l’a pas découragé et l’a rendu "plus forte ", selon elle.

Mina Lastra a appris à défendre sa condition d’afrodescendante dans un environnement parfois "raciste" et affirme que pour elle c’est "un honneur non seulement de représenter la femme équatorienne", mais également sa "race".

José Hidalgo, spécialistes des concours de beauté croit que sa "bonne présentation esthétique et sa silhouette harmonieuse" sont les principaux atouts pour que la belle de Guayaquil se distingue parmi les 85 candidates et se place parmi les quinze finalistes.

À son avis, l’inconvénient est que "malheureusement" il y a encore des gens qui n’apprécient pas la beauté de la femme afrodescendante, mais cependant les choses "changent petit à petit".

Mina Lastra est la troisième femme afroéquatorienne à être élu la femme la plus belle de son pays après Mónica Chalá en 1996, et Soraya Ogonaga en 1998.

Hidalgo précise que la représentante équatorienne qui mesure 1m71 a des chances de se retrouver parmi les favorites à Las Vegas grâce à sa stature et à son allure, mais la compétition avec les autres femmes latinoaméricaines afrodescendantes, comme les candidates du Costa Rica, du Honduras et du Nicaragua, pourrait "défavoriser" sa notation.

Cependant, qu’elle soit première ou non lors du concours, pour les afroéquatoriens, le simple fait qu’elle y participe est déjà une victoire.

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lundi 16 août 2010

M'bilia Bel en concert au Festival Afrocolomben de Musique Champeta à Cartagena

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La mairie de Cartagena, l'Institut du Patrimoine et de la Culture de Carthagena ( IPPC), la Fondation Surcos , la Corporation Champeta Criolla, le théâtre Adolfo Mejía et l’Organisation Musicale Rey de Rocha, avec le soutien de l’IDER organiseront à Cartagena le Troisième Festival Afrocolombien de Musique Champeta auquel prendra part la chanteuse vedette congolaise Mbilia Bel, la reine des soukouss, interprète de grands succès tels que “Nakei Nairobi” ,  Faux Pas”, “Eswi Yo Wapi), “Yamba ngai, “Mobali na ngai wana” entre autres.

Le Festival organisé par Viviano Torres (Anne Swing), un de ceux qui croient le plus en ce rythme, se tiendra du 13 au 15 août 2010 à Cartagena. Toutes les vedettes de la Champeta Créole seront présents ainsi que la chanteuse africaine Mbilia Bel, le guitariste Lokassa Ya Mbongo, et le chercheur Felix Fanor entre autres.

Pour la directrice de l’IPCC Gina Rojas Ruz, “Ce festival est un espace pour la reconnaissance de nos racines afro-caribéennes. C’est une scène pour montrer notre identité de Cartagena à travers un rythme comme la champeta, qui est né il y a plus de 25 ans et qui pendant tout ce temps a d’abord été stigmatisé avant d'être reconnu comme emblématique de notre culture populaire et partie de notre patrimoine immatériel”.


Mbilia Bel est dans notre mémoire musicale d'enfance et de jeunesse comme une voix qui chantait sur l’injustice et la discrimination, mais aussi comme celle qui porte le rythme qui nous fait nous sentir frères des africains, qui met en ébullition le sang noir et nous invite à danser. Comme si c’était la voisine d’en face qui nous chante des chansons que nous connaissons tous, ” a déclaré Rojas Ruz.


Source: Zona Cero


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samedi 14 août 2010

Une participation politique amoindrie pour les Afrodescendants du Costa Rica

Pour la première fois depuis 1953, aucun député de cette ethnie n’est présent à l’Assemblée Législative

costaLa population noire du Costa Rica a subi un important revers dans sa participation politique, en ne comptant aucun représentant ni dans le cabinet présidentiel, ni à l’Assemblée Législative.

Ce sera la première fois depuis 1953 qu’aucun parti politique ne place un afrocostaricain à au moins un siège de député.

Actuellement,  Maureen Clarke, présidente de  l’Institut National des Femmes est la seule fonctionnaire noire occupant l’un des postes les plus élevés du gouvernement, et elle n’était pas le premier choix, puisque c’est  Rocío Cerdas qui avait été nommée et qui renonça en avril avant d’entrer en fonction.

Ce manque de représentation de quelques 73 000 afrocostaricains vivant dans le pays selon le dernier Recensement National a provoqué la préoccupation des leaders de cette communauté.

Ce n’est pas possible que, faisant partie du pays, on ne tienne pas compte de nous pour des postes importants, car il y a des personnes avec de grandes capacités”, indique Tanishia Ellis Hayles, avocate de Siquirres qui aspirait à la troisième place sur la liste de députés du Parti Liberación Nacional, mais elle n’a pas obtenu le poste.


Emmener le développement dans la province de Limón est l’un des projets es plus ambitieux du gouvernement de Laura Chinchilla, et cela est encore plus difficile lorsqu’une grande partie de cette communauté, dans laquelle vivent 74% des afrocostaricains ne sot pas reflétés dans les postes de décisions du pays.


Je me sens coupable, nous passons d’un Costa Rica qui espérait vivement l’égalité, à un Costa Rica où on ne se préoccupe pas que chaque costaricain soit représenté dans le pouvoir politique”, affirme Eulalia Bernard, célèbre poétesse, diplomate et éducatrice née à Limón.

Les obstacles empêchant de transformer cette province en un lieu d’attraction des investissements sont l’insécurité, la corruption, infrastructure et la faible attraction du tourisme, rien de tout cela ne pouvant être surmonté sans le soutien de l’État.

Les projets actuels du gouvernement comprennent la construction du Port de Moín, les concessions de services portuaires, le projet Limón Ciudad Puerto, la réalisation de la route Puerto Viejo-Manzanillo, la rénovation des pistes d’atterrissage et l’établissement de bureau de promotion touristique.

Investissement social, accès plus important aux crédits pour les micros, petites et moyennes entreprises, plus grande création d’emplois, efficience des services publics et un changement dans la formation des leaders, font depuis partie du lot de revendications insistantes de cette région.

Et cela s’explique, quand on sait que cette province est en tête des taux de chômage,  décrochage scolaire et d’appréhensions de délinquants.

Trois décennies après le décret  établissant la date du 31 août comme Journée du Noir et de la Culture Afrocostarricaine dans le calendrier scolaire, et un demi-siècle après l’accession des noirs au droit de vote, cette date sera célébrée passera avec un vide important en terme de participation politique de cette communauté.

Silvia Pardo
spardo@larepublica.net

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mercredi 11 août 2010

Emancipation Day Celebrations-Trinidad et Tobago

Photos de la célébration de l'Affranchissement des Esclaves à Trinidad et Tobago...Emancipation Day. Habituellement, les jours précédents le 1er août, date de la célébration, les habitants du pays se parent de leurs vêtements de types africains pour appeler leurs origines lointaines, mais toujours présentes...

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dimanche 8 août 2010

Des jeunes afrocolombiens ne célèbrent pas les 200 ans d’Indépendance

afro

La recherche a duré deux ans et a traversé toutes les rues, les coins et les chemins du pays où vivent des noirs.

159 questions posées par cette population à l’État en sont ressorties. 159 questionnements, un pour chaque année passée depuis l’abolition de l’esclavage en Colombie. 159 doutes qui reflètent une population afrodescendante qui n’a aucune raison de célébrer le Bicentenaire.

Mardi 20 juillet, un rouleau de papier de

300 mètres

de long est étendu sur le Parc National de la capitale colombienne. En lettres de différentes couleurs, les questions sont exposées au sol. Alors que dans le reste de la ville et du pays, on célèbre les 200 ans d’Indépendance, 8 organisations de jeunes et d’étudiants noirs venant de l’ensemble du territoire national menaient une activité pour dire au monde qu’ils ne se sentent pas identifiés par la fête de la patrie.

Notre Congrès a aboli l’esclavage le 21 mai 1851. Il a indemnisé l’esclavagiste et n’a rien donné à l’esclave”, raconte Heberto Mosquera, de Kaffó, qui regroupe des étudiants de diverses universités.

À sa voix se joint celle de Luis Ernesto Olave, de Fundesarrollo Afro: “Le Palenque de San Basilio s’est libéré de la couronne espagnole en 1713, cela fait près de 300 ans. Là se sont refugiés beaucoup de nos ancêtres, qui fuyaient l’ignominie de l’esclavage. Nous n’avons rien à célébrer aujourd’hui, mais nous avons plutôt un grand nombre de questions à poser”.

La question numéro 60: Pourquoi n’existent-ils pas des politiques claires pour la génération d’emplois dignes pour la population afrocolombienne?

Question numéro 113: Pourquoi après 200 ans d’Indépendance et 159 années après l’abolition de légale de l’esclavage, l’État n’a construit aucune politique de réparation intégrale? Numéro 67: Pourquoi alors José Prudencio Padilla, fondateur de l’École Navale des Cadets était noir, est-il si difficile pour un afrodescendant d’accéder aux études dans cette institution?

Ils disent attendre des réponses.

Source: El Espectador

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Les jeunes Garifuna du Honduras perdent leur langue

Salvador Suazo dans “Conversemos en garífuna” : “celui qui perd sa langue sera l’esclave d’une langue étrangère”.

Par Pablo César Zapata : redaccion@laprensa.hn

La Ceiba , Honduras

gariBuiti bináfi, mama”. Tel était le salut adressé par un enfant à sa mère ou à sa grand-mère il y a environ 20 ans dans n’importe quel village garífuna du nord du pays.

Des nos jours, cette coutume qui faisait partie de l’éducation des enfants disparait peu à peu  des foyers.

La nouvelle génération s’habille, se comporte et se croit moins garífuna et plus (nord) américaine, un phénomène social ressenti dans les différentes localités, où au quotidien, on entend de moins en moins la langue maternelle dans la bouche de la population.

Le bombardement exagéré de cultures envahissantes dans les radios et à la télévision a eu un impact sur la jeunesse”, affirme le chanteur international Aurelio Martínez, qui porte très haut le nom du Honduras à chacune de ses performances.

Je vois quatre aspects fondamentaux en cela, et le premier est que nous sommes envahis par d’autres cultures, le second, la jeune génération de parents ne parle pas garífuna à ses enfants. Troisièmement, les pasteurs interdisent des réunions autour de la culture ; et enfin, la communauté métisse prend de plus en plus d’espace dans les villages”, indique-t-il.

Aborder ces sujets met mal à l’aise car il y aurait au sein même de la communauté de nombreuses personnes qui n’aiment pas en entendre parler. Beaucoup reconnaissent que la bataille pour la conservation des valeurs culturelles et de l’identité propres est difficile à gagner.

Davantage encore sont d’accords avec le fait que la perte d’identité obéit à différents aspects dont l’un des principaux est que dans la majorité des foyers, les parents n’apprennent pas à leurs enfants à parler la langue maternelle.

Et on voit même des jeunes opter pour des changements qui vont du défrisage de leurs cheveux, autant chez les femmes que chez les hommes, jusqu’au fait affligeant d’entendre certains dire des choses comme: “ne me parle pas ce machin”, en faisant clairement allusion à la langue garífuna.

Mafeidirunubéi sun le hichugubei nagúburigu nun. Je ne perdrai pas ce que m’ont laissé mes ainés”, indique la jeune Mariela Cacho, qui croit fermement qu’il y a encore du temps pour récupérer les espaces perdus.

Le ministre de la Culture, des Arts et des Sports Bernard Martínez a indiqué que le Gouvernement actuel est en train de créer des stratégies dans des communautés en vue de sauvegarder les valeurs culturelles en soutenant des événements.

L’Odeco organise chaque année de longues journées d’enseignement de la langue garífuna et sur, il est fréquent des leçons d’anglais et de garífuna pour ceux qui sont aux États-Unis.

L’écrivain Salvador Suazo dans son œuvre littéraire “Conversemos en garífuna” écrivait que celui qui perd sa langue sera l’esclave d’une langue étrangère”.

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dimanche 25 juillet 2010

Miriam jimenez évoque la discrimination subie par les portoricains noirs

Nous nous haïssons nous mêmes. Si tu te détestes, comment peux-tu lutter contre l’injustice? Tu ne la reconnais même pas

CARMEN DOLORES HERNÁNDEZ / Spécialement pour El Nuevo Día

imenezMiriam Jiménez vous regarde en face, parle clairement et défend passionnément ses points de vue.

Elle a vécu presque toute sa vie aux États-Unis en tant que membre d’une minorité qui subit une double discrimination : elle est portoricaine et noire, même si à Porto Rico, elle passerait pour une blanche, selon l’expression que l’on utilise pour dissimuler les particularités négatives rattachées à la race noire. Elle a l’habitude de revendiquer ses droits et de questionner ce que les autres prennent pour acquis.

Elle a grandi dans les “projects” d’East Harlem (équivalents des logements sociaux) dans une communauté de portoricains et d’afroaméricains. Les premiers étaient nombreux ; à tel point que la fillette n’eut pas besoin d’apprendre l’anglais avant la troisième année.

L’environnement était très boricua, comme si ses parents étaient restés dans la localité de San Sebastián, d’où ils étaient originaires. “Nous étions plus portoricains que les gens d’ici”, dit-elle. “Je sais faire des pâtisseries, des alcapurrias (beignets), plein de choses que mes cousines d’ici ne savent pas faire”.

Les afroaméricains étaient également nombreux. Voisins des Portoricains, ils mangeaient le riz et le haricot et dansaient la salsa.

C’était une relation bien intime”, dit-elle. Si j’ai appris quelque chose de cette situation, ce fut que ni les uns ni les autres ne rentraient dans les paramètres de la société blanche.

Quand j’avais sept ou huit ans, une enseignante nous a dit que si quelque chose nous arrivait, on devait aller chercher un policier, qui était notre ami. Je ne l’ai pas cru. Dans mon quartier, le policier était un instrument de violence. Il n y avait pas de policiers portoricains : ils vivaient tous à l’extérieur du quartier et y entraient pour opprimer”.

C’étaient les années soixante et une rébellion couvait déjà et allait porter ses fruits avec les luttes des droits civils des minorités : Malcolm X, les Young Lords, Piri Thomas furent les modèles de la jeunesse de Miriam.

Lorsqu’elle eut 12 ans, la ville la transportait en autobus dans une école en dehors du quartier. “C’étaient de bonnes écoles de l’Upper East Side où j’étais la seule portoricaine, avec un autre asiatique et quelques noirs. Il y avait peu d’élèves qui n’étaient pas blancs de classe moyenne. Je commençai à me rendre compte qu’il y avait des contradictions profondes de race et de classe dans l’expérience américaine”.

Miriam s’est consacré à l’analyse de ces contradictions, tout d’abord durant ses études à l’Université d’État de New-York à Binghampton et par la suite au Schomburg Center for Research in Black Culture, établi grâce à l’intérêt d’un portoricain noire pour la culture africaine universelle.

Elle a vu l’autre côté de la médaille pendant les sept années -de 1976 à 1983- qu’elle a passé à Porto-Rico. Elle connait très bien les formes subtiles de la pratique du racisme, même au sein des communautés latinos:

Mon père était un homme noir qui s’est vu comme noir dès sa naissance. À San Sebastián, il y a peu de noirs et presque tous sont des membres de ma famille. La grande majorité s’apparente aux blancs. Pour les portoricains, c’est un point névralgique: dans une famille, le plus clair est le ‘blanc’. Les hommes ont l’habitude de se chercher une femme plus claire pour ‘améliorer ’ la race. Et parler de ‘trigueño’, c’est ne rien dire, ne pas se déclarer. La question de la race n’a rien à voir avec quoique ce soit de biologique; c’est un concept social. Ce qui importe c’est vivre l’expérience. Si je marche dans la rue et les gens me voient comme noire, ils me traiteront comme tel. On ne peut pas continuer à le nier: ce n’est pas le recensement qui dit si nous sommes blancs, c’est nous-mêmes les portoricains qui le disons”.

La négation se manifeste également dans un idéal de ce qui est “bon” et “parfait”, d’un modèle à imiter : c’est pourquoi à Porto Rico, on dit qu’il y a tant de blondes et que les femmes s’arrangent autant pour se rapprocher de cet idéal. “Nous nous haïssons nous mêmes. Si tu te détestes, comment peux-tu lutter contre l’injustice? Tu ne la reconnais même pas”.

L’intérêt de Miriam pour la race, le genre et la classe a débouché sur l’étude des relations entre les afroaméricains et les latinos aux États-Unis, et les tensions grandissantes entre les deux groupes, particulièrement alors que désormais les latinos les plus jeunes n’ont pas partagé la même histoire que les afro-américains.

Ils ne comprennent pas pourquoi ils doivent avoir des alliances avec ce groupe”. En tant que chercheur en résidence du Schomburg Center for Research in Black Culture et en tant que directrice exécutive du Afro-Latin@ Forum (qui a mis en place une récente campagne pour que les latinos noirs s’identifient par les deux réalités lors du recensement), elle effectue une recherche sur l’expérience noire portoricaine et cubaine aux États-Unis durant les années 20, 30, et 40.

Elle vient d’éditer, avec Juan Flores le premier livre qui aborde le sujet, “The Afro-Latin@ Reader. History and Culture in the

United States

” (Duke University Press). Pour conclure, Miriam Jiménez dit ceci d’elle même: “Je suis quelqu’un de très politique depuis que je suis jeune. Plus qu’écrire, ce qui m’intéresse c’est de changer les choses. Je ne peux pas penser à aucun moment, depuis que j’ai 15 ans, où je n’aurais pas eu un agenda politique et un désir de changer le monde”.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

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