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Noirs d'Amérique Latine

Textes traduits témoignant du passé et du quotidien des Afrodescendants des Amériques et des Caraibes

01 juin 2009

Cette diaspora noire en Colombie n'est pas latine!

Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ; que les pulsations de l’humanité s’arrêtent aux portes de la négrerie

Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal

 

Par Joel Assoko

C’est dans la naissance de la Colombie, dans l’histoire de son indépendance, dans ce qu’il convient d’appeler la « schizophrénie créole – au sens espagnol –» qu’il convient de chercher le germe de l’invisibilisation, de l’infantilisation des populations « noires » en Colombie. La Colombie officielle (laissons de côté les multiples noms et formes géographiques épousés avec le temps) s’est construite ainsi, laissant de côté tout ce qui, même de loin, laisserait apercevoir une influence noire dans son historiographie officielle. L’élite créole qui « dirigea » l’indépendance se définissait comme métisse (espagnole, indienne et noire) face aux Espagnols tout en revendiquant son hispanisme pour défendre ses privilèges de castes. Que l’on ne se méprenne pas : La question ‘noire’ n’a pas été oubliée tout au long de ces siècles, bien au contraire, elle a même été largement documentée. Le fait est qu’on ne se concentra que sur la justification de l’exclusion de ces populations noires. Lorsque ces dernières étaient « étudiées » ce ne fut que dans le but d’insister sur leur inhumanité ou de glorifier les personnes de phénotype occidental qui s’abaissèrent jusqu’à s’intéresser à leur sort. Cette vision paternaliste et « gentille » ne s’appesantit nullement sur les ravages de l’esclavage. Même quand les esclaves sont au cœur de l’étude, ce sont les « autres » qui en sont le centre d’intérêt.

 

Voici donc comment ces populations afrodescendantes ont été assimilées par l’historiagraphie officielle : comme étant inutiles et insignifiantes, leur part de sang dans les guerres d’indépendance minimisée, leur participation à la formation politique du pays négligée, stéréotypées, parquées dans des no-mans-land culturels et géographiques, oubliés de Dieu, du pouvoir central et des potentats locaux.

 

Et il leur est demandé de s'intégrer aujourd'hui... Après que pendant deux siècles ce pays ait nié les difficultés très spécifiques auxquelles ces populations étaient confrontées, en 1991, la Colombie devient par la magie d'une nouvelle constitution: Un pays pluriethnique et multiculturel. Et ils acceptent le fantasme de l'intégration, le même hier et aujourd'hui. S'intégrer à quoi?

  Connaissez-vous l'histoire de la négresse 'Nieves' (neige) et de son époux Hector devenu « Hetor »?

  Ce personnage caricatural contrairement à ce que laisserait penser son nom est « noire », marque de fabrique du journal el pais de Cali. Pendant trente ans, Niéves fut représentée sous les traits d'une femme de ménage, sans que cela ne choque personne, la connexion « noire » sulbaterne étant évidente, elle parlait un espagnol amoindri censé représenter l'espagnol parlé par la population noire du pays, cela ne choqua personne “ je vais voter pour M’dame soffy et M’dame leonor. Je ne vote pour aucun M’sieur ” yo voy a votar por misiá soffy(y por misiá leonor. Yo no voto por ningun senó). Ce personnage donc, tiré à moitié des Balckfaces étasuniennes et de l'iconographie européenne de l'époque coloniale fut représentée comme une insouciante et désinvolte femme de menage, parlant un pidgin hispanisant sans que personne n'y voie rien de mal, et c'est à cette société que ces populations afro-descendantes essaient de s'intégrer.

 

En 1997, Pascual Charrupí un professeur (devons-nous préciser noir?) de l'Universidad del Valle à Cali demande l’interdiction de ce qu'il considère comme un message raciste diffusé par cette caricature. Que croyez-vous qu'il arriva? L'ensemble de la presse défendit ce personnage grotesque et même les associations noires virent à sa rescousse. La revue América Negra alla jusqu’à consacrer un de ses numéros à ce personnage, revêtu de ce qui fut considéré comme des parures Akan. Durant ce procès, la créatrice de nieves se défendit de la manière suivante:“ Il y a toujours eu beaucoup de population ‘noire’ à Cali, culturellement je suis habituée à ce que les ‘noirs’ soient partout. Il y a toujours eu une employée ‘noire’ dans ma maison ”; plus loin “ j’avais besoin que quelqu’un m’aide à travailler et les personnes qui m’ont toujours aidée sont ‘noires’ ”. Encore plus loin, s'apitoyant sur le sort des populations noires installées à Bogota “ ce qui me fait de la peine ici [à Bogotá] c’est que ce qu’ils aiment c’est la chaleur, ici ce n’est pas un climat qui leur convient. Les ‘noirs’ aiment vivre à côté du fleuve ou de la mer ”. Le meilleur pour la fin “Nieves et Hétor sont noirs parce que les noirs me semblent beaux. J’ai toujours admiré leur beauté physique et leur grâce, leur sveltesse et leur aisance ”. Les fantaisies sexuelles, les clichés, les poncifs, la même vision racialisante des écrits d'un Lévy-Bruhl, d'un Gobineau sont repris ici à la fin du XXème siècle, sans que personne n’y voit de mal. Et c'est le personnage né d'un tel esprit que toute la presse colombienne décida de défendre. Et il leur faudrait s'intégrer à cette société...

  Et venons-en au plus concret: « la supposée valorisation constante de la culture ' noire ' ».  Palenque de San Basilio, village fondé par des nègres-marrons est devenu un site protégé, patrimoine mondial de l'humanité. Et il est visité comme naguère l’exposition coloniale. Et on y part voir comment ces populations ont perpétué leurs « traditions d'origine », conservé « la pureté de leur race ». « Il est essentiel ici de penser clair, de voir clair, entendre dangereusement ». Il n'y aucun compliment sous l'idée de la « préservation de la pureté de leur race », bien au contraire, il faut y voir un message venant des élites blanches du pays. Celles-ci ne peuvent ouvertement, sans être traitées de racistes, défendre la pureté de leur ascendance européenne, en remerciant les autres de défendre la leur, on se félicite plus ou moins ouvertement que le marché soit compris, chacun chez soi et les vaches sont bien gardées.

La constitution de 1991 prévoit que des chaires d'études africaines soient créées dans les principales universités, très peu de ces dernières se sentent pressées de se conformer à la loi. Ce qui n'empêche personne tous les 21 mai (jour de l’afrocolombianité) de se fendre d'un article larmoyant et insupportable sur la situation des populations noires de Colombie, désormais désignées comme afro-descendantes. Ce terme assez malheureux est pourtant le meilleur qui fut trouvé. Personne n'a jamais pensé à désigner l'élite créole comme Européo-descendante, cela est du domaine de l'évidence, ces élites qui se reproduisent entre-elles, qui s'épousent entre-elles sont le modèle, la norme. Ces élites qui sont aujourd’hui prêtes à ouvrir leur table à ces populations noires mais préféreraient encore la mort à la honte d’une descendance métisse. C'est à cette société que les populations afro-colombiennes sont censées s'intégrer.

 

Et tout le monde s'est félicité qu'un premier général noir soit nommé en Colombie. Tandis que dans le même temps trois des leaders les plus recherchés de la guerrila des farcs etaient afro-colombiens. Cette guerrilla sanguinaire et monstrueuse qui se soucie comme d'une guigne du Droit International Humanitaire, n'a pas attendu la pression du politiquement correct pour privilégier l'efficacité sur la couleur de peau. Et c'est à cette société qu'il faut qu'ils s'intègrent. Une société qui se montre moins ouverte que ses tortionnaires ne mérite ni compassion ni indulgence.

 

Et tout le monde s’est réjouit qu’une noire soit élue « Miss Colombie ». Et tout le monde s’est extasié devant son intelligence comme s’il y avait eu un antagonisme surmonté. Noire mais belle, un retour au cantique des cantiques. Noire, belle et intelligente. Et tout le monde s’est apitoyée sur le sort de sa région d’origine, la plus « noire » du pays, la plus pauvre aussi. Noire, belle, intelligente et pauvre en plus, la Colombie avait trouvé sa cendrillon d’ébène. Et les commentaires qui suivirent… Elle n’était que noire, sa seule différence physique. En tous autres points, semblable parût-il à l’époque, aux autres candidates, dans sa plastique, les lèvres, le front, le nez, les hanches.

 

La colombie est métisse pour sûr, métisse mais bien séparée. Les noirs depuis trois siècles vivent plus ou  moins dans les mêmes endroits, les viols de naguère ont cessé certainement, mais est-ce normal qu'un marriage mixte soit vu comme le signe d'une ouverture d'esprit, presqu'une indulgence de la part du partenaire non-noir? L'exemple de Carthagène, mise en avant comme la ville métisse par exellence est ici le coup le plus terrible porté à cette chimère. Les remparts de la ville construits jadis contre les envahisseurs ont la même efficacité aujourd'hui, séparer les quartiers pauvres, entendez « noirs » du coeur de la ville elle-même blanche et métisse.

 

En y pensant bien, la faute n’est même pas à rejeter sur la société colombienne, mais plutôt sur ces populations noires. Celles-ci ont adopté les clichés qu’on essayait de leur imposer. Il ne s’agit nullement ici d’un racisme primaire et somme toute intelligible puisque clair et œuvrant à visage découvert, mais d’un racisme gentil et accepté.  Toute position contraire à celle-ci est fallacieuse : La Colombie est un pays où l’identité la plus forte est à fleur de peau.

 

Hélas, la révolte semble avoir cédé le pas à la requête, le poing à la sébile, et les leaders de ces communautés quémandent des droits qu’ils devraient exiger, par la parole, par le feu et le sang s’il le fallait. Et ils reçoivent des broutilles : discours et bourses d’études, prend-ça et ferme-la. Rien n’a été cédé sur leur appartenance et participation pleines à l’histoire de ce pays (l’histoire tragique de Juan José Nieto Gil premier président « noir » de la Colombie en 1861, gommé de l’historiographie officielle), isolées dans des ghettos à la périphérie des grandes villes ou dans des régions oubliées, livrées aux rebelles qui bombardent leurs églises, la discrimination positive à leur endroit regardée comme suspecte et illégitime, conditions de travail misérables dans des champs de canne à sucre, pourtant aucune violence, aucune colère : marches, grèves et simples protestations. Lorsqu’un groupe, n’importe lequel, ne sait pas exiger ce qui lui est dû et se contente de droits surabondamment inutiles proclamés dans une constitution inappliquée, il est normal qu’il soit relégué à la périphérie. On aurait tort de s’apitoyer sur le sort des populations afrocolombiennes, elles ne le méritent pas ; ceux-là qui s’évitent dans la rue comme s’ils allaient se transmettre la gale ou se regroupent instinctivement comme des enfants apeurés préférant le repli communautaire à l’exigence claire et légitime d’un droit à l’invisible différence ne méritent que quolibets et mépris.

 

Il n’y aura pour elles ni Espagne comme mère-patrie, ni la prééminence sur le sol colombien comme lien transcendant, perdues au milieu de ce monde qui ne veut pas être le leur, leurs cultures d’origines vouées à n’être qu’objets de curiosité historique ou simple confirmation de leur prédilection pour la danse et le chant, leurs religions éteintes ou exotisées, leur attachement au christianisme acquis au prix d’un reniement brutal du passé de cette « secte qui a réussi », ravalées au rang de laquais et larbins dont on apprécie la clairvoyance (telle est, semble-t-il l’origine du succès de ‘nieves’) mais qu’on préfère loin de ses quartiers, que l’on ne souhaite pas voir dans ses piscines, voilà le sort des populations noires de Colombie.

 

Et elles seraient « latines » ces populations ?

              Les informations qui ont permis la rédaction de ce paragraphe peuvent être retrouvées ici : http://www.loc.gov/exhibits/african/afam002.html consulté et reproduit en version pdf le 10 janvier 2009 (sur l’ACS et la naissance du Libéria) ; http://www.africa-onweb.com/pays/liberia/histoire.htm  consulté et reproduit en version pdf le 03 Février 2009 (sur l’exploitation économique et les restrictions des droits civiques des autochtones)

              Les analyses faites ici sont de la seule responsabilité de l’auteur, les données quant à elles proviennent en large partie de l’article « El negro, de una invisibilidad a otra: permanencia de un racismo que no quiere decir su nombre » publié dans Palobra, Universidad de Cartagena, n° 5, agosto 2003 par Elisabeth Cunin de l’IRD

              Se reporter à l’histoire de La historia de San Pedro Claver, “esclavo de los esclavos”, développée dans l’article d’Elisabeth Cunin susmentionné.

              Idem

http://joel.assoko.over-blog.fr/

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28 avril 2009

L’allégement de l’embargo discrimine les noirs à Cuba

CourierPOstOnline.com • April 23, 2009

La décision de l'administration Obama d'alléger les restrictions d'embargo sur les voyages et l’envoi d’argent à Cuba a certainement semblé être un geste politique élégant pour les conseillers du président.

Il permet aux cubains américains ce que la majorité d'entre eux souhaite : une plus grande liberté de revenir sur leurs terres ancestrales et  envoyer des quantités d’argent illimitées aux parents qui s’y trouvent.

Ce geste s’est également produit quelques jours avant la rencontre du Président Barack Obama avec les chefs d’État de 33 pays latino-américaines,  atténuant ainsi la pression sur le président, qui avait promis au cours de sa campagne pour la Maison Blanche de changer radicalement les relations de ce pays avec ses ennemis.

Cuba est sur la liste des ennemis de l'Amérique depuis presque un demi-siècle. L'embargo américain vieillissant était destiné à étouffer la vie économique de cette nation et renverser son régime communiste.

De deux points de vue, l'embargo a été un lamentable échec. Il a simplement réussi à nettement diminuer l'influence américaine à Cuba et à renforcer les relations de ce pays avec pratiquement chacune des autres nations de l'hémisphère.

Un bon premier pas

Dans sa dimension géopolitique, le fait d’atténuer  l'embargo est un bon premier pas. Il n'aborde  pourtant pas  la particularité des divisions raciales sur l’île pour la création desquelles les États-Unis n’ont pas joué qu’un petit rôle.

Pendant l'occupation de Cuba par les Américains (1898-1902) suite à la fin de la guerre espagnole-américaine, le gouvernement américain a demandé la ségrégation raciale de l'armée de Cuba et a imposé des pratiques des lois Jim Crow à tous les niveaux de la société cubaine.

Cela a mené au massacre en mai 1912 de près de  6 000 membres noirs d'un parti politique faisant campagne pour la fin de la discrimination de raciale.

Peu de choses ont changé pour les Cubains noirs jusqu'à ce que Fidel Castro accède au pouvoir et leur donne  un plus grand rôle dans la vie du pays. Pour leur part, ils sont devenus la base son soutien - et les moins susceptibles de  rejoindre la communauté de cubains exilés dans le sud de la Floride.

Comme geste humanitaire permettant d’atténuer l'embargo, il reste peu convaincant. Pour quelle raison? La majorité vaste de Cubains qui ont déménagé bers les États-Unis est blanche. Alors que le gouvernement Cubain indique que les Afrodescendants ne représentent que 35 pour cent des 11 millions de personnes que compte la nation, beaucoup d'experts cubains affirment  que presque 70 pour cent de la population est noire ou  mulâtre.

Stratification raciale

Permettre seulement aux cubains américains d'envoyer l'argent à leurs parents sur place renforce la maison une stratification raciale profondément enracinée dans les politiques imposées à  Cuba il y a plus d’un siècle

"Soutenir le souhait des  cubains de déterminer librement leur avenir et celui de leur pays est dans l'intérêt national des États-Unis," indiquait l'administration Obama dans une déclaration annonçant l’allègement des restrictions de l'embargo.

Mais la politique de l'administration discrimine involontairement la majorité de Cubains qui, comme Obama lui-même, sont Afrodescendants.

Pour atténuer ce problème, le président devrait autoriser à tous les américains - non seulement les cubains américains - à voyager à Cuba et à  aider financièrement des personnes vivant sur place. Cela permettrait  aux églises noires et à d'autres des communautés noires de l'Amérique d’aider des Cubains noirs qui ne bénéficient pas actuellement d’une telle aide.

L'administration Obama a raison d'essayer de renforcer les contacts et la bonne volonté entre les cubains et les américains. L’établissement de tels liens a un potentiel plus grand de produire le changement sur cette île que l'embargo de l’époque de la Guerre Froide toujours en vigueur.

Mais cette main tendue ne doit pas ignorer les réalités pénibles de la division raciale de Cuba - une division que les États-Unis avaient contribué à créer.

L’auteur de l’article est un journaliste du Gannett News Service  basé à  Baltimore. Mail :  DeWayneWickham@aol.com.

Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga

26 avril 2009

Le Privilège Blanc en Amérique Latine

Par Dedrick Muhammad et Aisha Brown

"Usted quien es ... Gánese el baloto para que se cambie el color."

Un agent de police du métro a une fois chuchoté au leader afrocolombien,  Carlos Rosero, membre fondateur du Processus des Communautés Noires (PCN)."Pour qui te prends-tu ?... Va gagner un billet de loto et change ta couleur". 

Cet incident, plutôt que d’être une manifestation isolée de racisme en Amérique latine, nous donne un aperçu, un reflet de la manière dont le privilège Blanc prédomine en Amérique latine.

L'Amérique latine a une longue histoire de privilège Blanc et de suprématie Blanche liée à ses  racines politiques , l’application américaine des lois  Jim Crow dans le Canal de Panama, la dictature dominicaine brutale qui a effacé la présence africaine de son histoire et de sa culture, le massacre de centaines de milliers les Mayas indigènes au Guatemala et le blanqueamiento (blanchissement) en  Argentine (Amérique du Sud) où le gouvernement a activement recruté des émigrants Européens dans le pays pour  "blanchir " la société , dont les populations indigène et Africaine étaient importante.

Dans ses implications sociales, le privilège Blanc a pénétré dans le parlé quotidien de l'Amérique latine : "pelo malo" contre "pelo bueno" (les bons cheveux contre les mauvais cheveux), Negrita , à la fois comme une insulte que comme "une expression d’affection" pour les Latinos ayant des  "traits plus foncés," et interpellant  l’un et l’autre par notre race ou notre teint : morena, trigueña, indio, zambo.

Le 31 mars 2009, le Grupo Afro Descendiente a parrainé une discussion intitulée Le Privilège Blanc en Amérique latine : Mythes et  Réalités dans le cadre de la Semaine de Conscience du Privilège Blanc.

Le panel comprenait des indigènes du Pérou et du Guatemala, un afrodescendant de Cuba, une Métisse du Mexique et un immigrant africain de la Côte-d'Ivoire. Chaque invité a raconté son histoire personnelle, fait des réflexions sur son expérience du privilège Blanc en Amérique latine.

Ce dont on se rend compte, c’est que le privilège Blanc a commencé et a été renforcé dans la société par le biais de la manipulation socio-économique, les plaisanteries/stéréotypes culturels et le paternalisme souvent appliqué par l'Église catholique et plus récemment le par mouvement Évangélique.

Dans chaque pays en Amérique latine, on constatera que les gens de couleur sont souvent les plus pauvres, les moins éduqués, et ceux disposant de moins de pouvoir et le moins d’engagement politique dans la société.

Même si les niveaux d’intégration sont élevés en  Amérique latine, la ségrégation intense persiste. Les populations descendantes d’indigènes et Afrodescendantes vivent souvent  à part dans les communautés quelque peu isolées du courant dominant.

Ce phénomène prévaut  partout en Amérique du Sud et Centrale chez  les garifuna et d'autres indigènes Latino-américains. Par exemple, le Nicaragua est pratiquement divisé en deux pays par la forêt tropicale humide : l'Ouest surtout habité par les Blancs et l'Est peuplé surtout par les gens de couleur.

Cette ségrégation est accentuée par l’absence des Afrodescendants et des Indigènes à la télévision latino-américaine . L’image des populations  de couleur dans les média Latinos est rare. Sabado Gigante, l’émission de variété la plus populaire de toute  l'Amérique latine est le meilleur  exemple de ce phénomène. À l'exception occasionnelle du reggaeton ou de l'artiste bachata et/ou d’un joueur de football, les gens de couleur sont largement exclus en tant qu’acteurs et même dans l'audience de cette émission populaire.

Le racisme intériorisé des Latino-américains a mené notre communauté à nier ou à rejeter son  héritage africain et/ou indigène. Cette pratique renforce davantage l'idéalisation des Blancs dans notre société.

Ce qui complique davantage la question du  privilège Blanc pour les Latinos c’est le fait de vivre un type de hiérarchisation raciale différent dans nos  patries. L'identité Latino est pratiquement devenue une catégorie raciale dans ce pays.

Si vous ne cadrez pas avec les perceptions américaines du Noir, du Blanc ou de l’asiatique (oui il y a des Latinos asiatiques) vous êtes désignés comme "Latino".

Dans la suprématie Blanche Américaine qui suit la règle de la goutte, une goutte de sang Noire ou Indigène ou n'importe quels signes visibles de ces ascendances exclurait des individus du privilège blanc et condamnerait à une incapacité électorale.

La règle de la goutte de sang était presque en sens inverse en Amérique latine; une goutte de sang européen ou des caractéristiques visibles d'ascendance européenne permettaient d’accéder à  un certain degré du privilège Blanc et de richesse, en aidant  à ouvrir la porte pour certaines personnes de couleur en Amérique latine pour faire partie de l'élite Blanche du pays.

Comme dans beaucoup de sociétés capitalistes, l'argent peut acheter le privilège, mais en Amérique latine il peut aussi acheter votre Blancheur. Pendant des générations les Latino-américains ont payé pour changer leur race sur leurs cartes d'identité.

Acheter sa Blancheur a historiquement été une pratique commune pour beaucoup de Latinos Afrodescendants.

Pourtant cette pratique n'a pas défié la suprématie blanche, elle a  plutôt créé un créneau pour accéder au  privilège blanc.

Notre débat sur le privilège Blanc et des caractéristiques raciales diverses de nos communautés nous a permis de voir que bien que les ordres socio-économiques suprématistes Blancs de nos patries sont différents de ceux que l’on trouve aux États-Unis, la déconstruction du privilège Blanc est quelque chose de nécessaire partout dans les Amériques.

Aisha Brown - Fondatrice du  Projet Global Awareness et Associé du Programme Racial Wealth Divide de Institute for Policy Studies

Click to download Dedrick Muhammad’s photo in press qualityDedrick Muhammad - Coordinateur de Racial Wealth Divide Project de Institute for Policy Studies

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga

http://www.ips-dc.org/

02 mars 2009

Je suis Africain - Et maintenant ?

S’aventurer à faire un test ADN peut amener plus de questions que de réponses
7 février 2008
African Ancestry CertificatePar Eric Easter

L'automne dernier, je décidai sur un coup de tête de commander un kit de la société African Ancestry pour leur transmettre mon ADN et découvrir mes racines.

L'idée initiale, pour être honnête, était que c'était une alternative plus efficace et moins coûteuse comparée à l'achat de cadeaux pour chacun de mes cinq frères et sœurs et leurs neufs enfants. Ce "cadeau intelligent" bien trouvé m'aurait épargné des dizaines d'heures dans les centres commerciaux et les librairies.

Le test était simple : passer 3 longs cotons-tiges à l'intérieur de chaque joue, étiqueter un sachet avec le code-barres fourni et renvoyer le tout dans une enveloppe libellée à mon adresse.

Les hommes, à cause de leurs chromosomes X et Y, ont la possibilité d'explorer la lignée de leur père et/ou de leur mère. Les femmes, elles, ne peuvent choisir que le côté maternel, et doivent faire appel à un mâle de leur famille pour avoir la lignée du père. C'était un vrai dilemme. Je ne voulais faire qu'une seule lignée, et me demandais si mes frères et sœurs ne seraient pas fâchés par ma décision d'explorer telle lignée et pas l'autre.

Mais, lors d'une récente réunion familiale du côté maternel, un cousin dévoila un arbre généalogique très détaillé qui faisait remonter les origines de la famille aux débuts des années 1700 et à une femme  libre de couleur nommée Mary France, de Westminster dans le Maryland - la matriarche à l'origine de ce qui est maintenant la famille Franze de Baltimore, et de ses nombreuses branches. Avec tant de générations mentionnées, retracer le voyage depuis l'Afrique semblait être accessoire et moins prioritaire.

Mon père était un mystère bien plus important. À ma naissance, mon père, Theodore Roosevelt Easter, avait la cinquantaine et en était à son quatrième mariage. J'avais deux ans quand mes parents divorcèrent, et après quelques visites sporadiques, lui et moi n'avons eu que peu de contact jusqu'à sa mort au début des années 90. Mes frères et sœurs ont eu une relation un peu plus suivie avec lui, mais ils n'en savent pas beaucoup plus que sa ville natale (Emporia en Virginie) et la date de naissance qu'il s'était choisie (Avril 1908). Honnêtement, personne n'avait pensé à le questionner avant qu'il ne soit trop tard, chose beaucoup plus courante dans les familles que la plupart des gens ne voudrait l'admettre.

De plus, son histoire est une voie sans issue. L'état de Virginie n'a gardé aucun acte de naissance avant 1920. Sur les sites de généalogie, il y a énormément d'Africains-Américains d'Emporia qui s'appellent Easters, mais aucun de ceux que j'ai trouvé n'a de lien évident avec mon père. Le choix était clair.

Malgré mes hésitations au début, l'idée que je pourrais me rapprocher d'informations réelles devenait de plus en plus forte pendant les six semaines qu'il fallut pour avoir les résultats.

Quand le paquet arriva, c'était excitant et terrifiant à la fois. Une enveloppe blanche est bien peu de chose devant la boîte à trésor dorée dans laquelle vous auriez imaginé que soient emballées les révélations de votre histoire.

Ce qu'il y avait à l'intérieur de l'enveloppe était encore moins impressionnant – une carte de l'Afrique photocopiée, avec une étoile indiquant votre pays d'origine, une brochure joliment élaborée donnant des informations basiques mais insuffisantes sur les principales ethnies, une page de baratin
représentant
la correspondance du polymorphisme de vos chromosomes, et, presque perdu parmi ces informations, un certificat d'ascendance.

Néanmoins, j'ai rassemblé ma famille autour de la cheminée, j'ai expliqué ce que j'avais fait et d'une façon théâtrale, j'ai lu les résultats qui montraient que 100% de ma séquence d'ADN correspondait à celles des Ewondo au Cameroun.

Les jeunes enfants n'ont pas tout compris. À cet âge, leur fascination pour l'Afrique s'arrête et commence avec les zèbres et les gnous. Cela changera bien assez tôt.

Plus décevant et surprenant a été le manque d'intérêt de ma femme, pour mes origines et les siennes. Elle a une grande famille assez soudée, avec quelques anciens encore en vie et de nombreux documents visuels et écrits. Apparemment, son esprit n'a pas besoin de plus de connections qu'elle n'en a déjà. Mais, d'après les traits de son visage et de ceux de sa famille, ses racines sont certainement plus proches d'un endroit vers les monts du Caucase que du mont Kilimandjaro. Peut être est-ce la raison pour laquelle elle ne veut pas en savoir plus.

Pour beaucoup de personnes, le test posera plus de questions qu'il n'apportera de réponses. Cela a bien sûr été le cas pour moi. La brochure de African Ancestry stipule que les résultats sont exacts sur une période 500 à 10 000 ans. C'est un intervalle énorme. Cinq cent ans est un gouffre d'information considérable, mais aussi un objectif à viser. Au moins en théorie, il pourrait y avoir assez de preuves documentées sur cette période pour faire des jonctions qui pourraient nous faire vivre un moment à la Alex Haley.

Si le repère des 10 000 ans est le plus précis, la connexion est perdue. Les possibles permutations dans les relations, les migrations et les distances, dans un intervalle de temps si long, sont tout simplement trop nombreuses pour permettre de retracer une histoire. C'est 8 000 avant J.C ; on parle bien des Flintstones, de Land of the Lost [série américaine pour enfant diffusée de 1974–1976, note du traducteur], d'outils en pierre et de langues écrites ?

Quoi qu'il en soit, l'impact psychologique que procure un point de départ est puissant. J'ai découvert des choses sur le Cameroun et
les Ewondo qui m'ont rendu fier – les origines des styles musicaux makossa
et bikutsi, le rôle central que mes parents supposés ont joué dans le monde des affaires et au gouvernement. Et des choses que je ne voulais pas savoir – les Ewondo, selon certains historiens, servaient d'intermédiaires pendant la traite négrière, marchandant les vies des peuples voisins.

Comme cela se passe quand on achète une nouvelle voiture et qu'on la voit après à tous les coins de rue, je vois maintenant le Cameroun dans ma vie et je fais des liens, qu'ils soient réels ou pas.

Au fil des ans, j’avais rassemblé une petite mais intéressante collection d'art Africain, basée seulement sur ce qui venait me chercher. Assez bizarrement, je me suis rendu compte depuis, que la plupart de ces objets viennent du Cameroun. Est-ce que ce goût esthétique serait dans mon sang ?

J'ai voyagé en Afrique de l'Ouest et en Afrique du Sud de long en large, et bien que je n'étais pas allé au Cameroun, je me sentais plus chez moi et à l'aise au Gabon et en Angola, qui en sont les proches voisins. S’agissait-il d’une relation spirituelle innée ?

Je suis attiré d'une façon inhabituelle par la beauté unique d’
Hélène et Célia Faussart
, les soeurs Franco-Camerounaises qui forment le groupe de la néo-soul "Les Nubians". Un intérêt naturel ou une préférence pour le métissage devenu global ?

Finalement, le résultat d'un test ADN, comme la religion, n'est profitable à l'esprit qu'en fonction de son propre besoin de spiritualité. Si vous voulez des connexions, elles seront établies, mêmes si elles seront minces. C'est un point de départ, ni plus, ni moins. Le chemin que vous prendrez après ce départ dépend de vous.

Eric Easter, Johnson Publishing - EbonyJet.com

Eric Easter est Responsable de la Stratégie Numérique pour Johnson Publishing Company. Il écrit sur la politique, la culture et la technologie pour ebonyjet.com.

http://www.ebonyjet.com/culture/index2.aspx?id=5047

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Christophe Kodjo Charlec, Translator

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21 février 2009

Le nouveau Brésil

5 novembre 2007
Par Judith Morrison

Coiffeuses

Il est difficile de se rendre au Brésil sans ressentir une intense connexion

avec le pays. On y est comme à la maison partout où l’on se rend.

Je me souviens lorsque je suis arrivée dans l’État de Maranhão au

Nord-est en tant qu’étudiant de troisième cycle et que j’ai eu du

point de vue culturel l’impression de déjà-vu. Après avoir bûché

le Portugais pendant une année dans un cours d’un semestre, mon

Portugais semblait maladroit aux États-Unis, mais en quelque sorte,

une fois arrivé au Brésil, le tout semblait avoir du sens. Assis sur le

pas avant d’une maison d’un quilombo Afro-Brésilien ou communauté

marronne, j’allais soudain être transporté sur le perron de la maison

des mes grands-parents dans le sud de la Virginie. La cadence du

discours, les gestes, et les sujets de discussion étaient si familiers,

et j’étais pourtant loin de chez moi. Les connexions et les similarités

nous informant de notre véritable origine et de la manière dont nous

pouvons être connectés par le biais d’une histoire et d’une expérience

communes en tant que noirs. À Bahia, que l’on appelle souvent

“l’Athènes Noire,” la spiritualité africaine est tellement authentique

que les spécialistes du monde entier –et même du Continent

(L’Afrique) – viennent ici pour étudier les anciennes traditions

de nos ancêtres.

On retrouve également l’Afrique à des endroits inattendus au Brésil.

Comme dans ce restaurant Allemand de Joinville dont le grand chef est

Afro-Brésilien, ou encore comme ce match de football que j’ai regardé

dans un restaurant près de Curitiba avec une foule excitée composée en

majorité de supporters brésiliens blancs qui jouaient des beats rythmés

complexes sur les tables avec exactement le même tempo utilisé par les

jeunes des lycées dans les quartiers déshérités de  Philly. Avec la deuxième 

population d’Afrodescendants seulement derrière le Nigeria, le Brésil

dispose de la population noire la plus importante de l’hémisphère et

l’influence de la culture afro-brésilienne est absolument partout

omniprésente.

Nous avons à coup sûr beaucoup à partager avec ses frères et

sœurs qu’avec le Sud, malheureusement, y compris l’héritage de

l’esclavage qui a laissé une discrimination raciale persistante.

Malgré les tentatives de blanchir le pays au cours de son

histoire, la solide histoire de résistance des AfroBrésiliens

récolte d’importantes récompenses que nous devrions

examiner et peut-être même préconiser et reproduire ici

aux États-Unis.

Edson Santos, Ministre du Seppir

En 2003, le gouvernement national a fait de l’histoire Afro-Brésiliennes

et de l’Histoire Africaine des éléments du programme des écoles

appartenant au système public brésilien Ce qi a conduit à la création

d’un curriculum spécial visant à encourager l’étude au cours de

l’année des contributions du monde Africain à la construction de

l’état-nation brésilien. Les jeunes auront une meilleure estime une

meilleure compréhension de soi par l’étude directe de l’expérience

noire. Cette expansion importante du concept du mois de l’Histoire

des Noirs portera certainement des fruits dans les prochaines générations.

L’administration Lula a créé le Secrétariat pour la Promotion de l’égalité

Raciale (SEPPIR), qui a rang de ministère et qui coordonne les efforts

visant à offrir des opportunités aux minorités raciale et qui travaille à

renforcer les liens du Brésil avec l’Afrique. Cette agence dirigée par la

Ministre Matilde Ribeiro*, compte un personnel de 150 personnes qui

ont fait avancer des centaines d’articles de nouvelles lois pour soutenir

personnes d’origine afrodescendante et éliminer la discrimination.

Le Brésil a étudié les expériences des États-Unis, de la Malaisie et de

l’Afrique du Sud et a opté pour l’application des programmes d’action

affirmative à travers le pays.. Des États comme São Paulo étudient la

possibilité d’intégrer les politiques d’action affirmative dans tous les

aspects de l’administration gouvernementale, de l’embauche du

personnel à la manière dont les programmes sociaux sont effectivement

appliqués sur le terrain. Le prestigieux Ministère Brésilien des Affaires

Étrangères connu sous le nom de Itamaraty utilise un système de quota

qui permet de réserver des places aux AfroBrésiliens pour les études

diplomatiques. Et les universités à travers le Brésil ont adopté un

ensemble de mesures d’actions affirmatives visant à diversifier la

clientèle étudiante. Les universités publiques, qui sont souvent plus

compétitives, apportent de l’aide aux Afro-Brésiliens pour la

préparation de l’examen d’entrée, alors que les universités

privées reçoivent des réductions d’impôts en fonction - de la

diversification de leur clientèle étudiante.

Le Brésil a longtemps été perçu comme la marque unique d’un

modèle d’harmonie raciale (insidieusement appelée démocratie

raciale) qui cache des politiques de discrimination raciale d’état

à la base. Le Brésil commence enfin à venir au bout de sa longue

histoire de racisme et d’exclusions par le biais de politiques

innovantes et d’attention portée aux disparités raciales au

niveau national – Et cet exemple intéressant vaut la peine

que chacun de nous l’étudie.

Judith Morrison est la directrice régionale pour

l’Amérique du Sud et les Caraïbes de la Fondation Inter-Américaine.

Elle écrit sur la politique internationale pour EbonyJet.com.

  • Note du Traducteur : Matilde Ribeiro a par la suite été remplacée par Edson Santos.

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga

19 janvier 2009

RACISME ET CONSOMMATION

Je profite de cette occasion avec la ferme intention de présenter ce qui suit : je souhaite que l'opinion publique, les fabricants et distributeurs de jouets, les médias, fabriquant et distributeurs de vêtements, couches et autres articles pour enfants, ainsi que les agences de communication soient attentifs aux points suivants :


1º) Selon les données de l'IBGE (Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística - Institut Brésilien de Géographie et Statistiques) la population Noire (Noirs et Métis) représente 49,5% des habitants qui vivent sur le territoire brésilien ;

2º) La responsabilité sociale nécessite des relations transparentes et éthiques avec tous les publiques qui sont en relation avec une entreprise. Elle implique également des objectifs compatibles et initiateurs du développement durable de la société, préservant la biodiversité, les ressources naturelles et culturelles et favorisant l'intégration des personnes ayant des besoins spécifiques, la diversité ethnique et la réduction des inégalités raciales, sociales et sexuelles ;


3º) Les entreprises qui s'engagent dans des actions de responsabilité sociale bénéficient d'une image positive, voient leur marque valorisée, sont capables d'avoir des employés plus compétents, sont plus ingénieuses pour traverser les crises et constituent des exemples de longévité institutionnelle.

Un des problèmes que je vis en tant que consommateur est l'absence de modèles de poupées noires de tous les genres, proportionnellement au nombre de Noirs. En effet, le marché des jouets et des vêtements pour enfants ne reflète pas la réalité de la population brésilienne. Parmi les poupées, les héros, les motifs des vêtements et des accessoires on ne voit pas de personnages noirs. Sans parler de la non moins révélatrice, faible participation d'acteurs noirs dans les campagnes publicitaires pour shampoings, dentifrices, voitures, margarines et autres produits de nettoyage. Bien que nous ne disposions pas de chiffres exacts, il est évident que le pourcentage n’est pas représentatif des noirs.

De sérieuses recherches universitaires étudient certains problèmes causés par les préjugés et la discrimination. Un bon exemple se trouve dans la vidéo suivante :


http://br.youtube.com/results?search_query=bonecas+negras&search_type=

Plusieurs chercheurs proposent et soutiennent des thèses convergentes pour représenter les méfaits d’une faible diversité ethnico-raciale représentée par les médias, les jouets, et les autres supports de communication, mais également la vision hiérarchisée qui place les personnages noirs en position de subalternes. Bien sûr, l'objectif de cet article n'est pas de s'étendre dans l'analyse de ces thèses, mais bien de souligner la pertinence pour les entreprises d'être attentives à la diversité ethnico-raciale. Ce qui aurait pour conséquence, rien de moins que la production de poupées, vêtements et accessoires pour enfants, etc qui montrent des Noirs, des Amérindiens et des Asiatiques en plus des Blancs, proportionnellement à la réalité démographique brésilienne.


Par conséquent, ma demande est simple, je souhaite :

I) Une augmentation dans la production de poupées noires de tous les modèles, c'est-à-dire la création d'une poupée noire correspondante pour chaque modèle blanc, du plus simple au plus sophistiqué.

II) La création de motifs sur les produits pour enfants, pour qu'il y ait des personnages et des enfants noirs, par exemple sur les couches qui montrent le plus souvent des bébés aux cheveux clairs et aux yeux bleus.

III) L'élaboration de publicités pour shampoing qui reflètent la diversité des types de cheveux (je parle, par exemple, des cheveux crépus que je n'ai jamais vu dans aucune publicité), de margarines etc.


Dans un sens, la diversité ethnico-raciale est politiquement correcte et démocratique. Mais, d’un autre côté, les entreprises qui s'engageraient dans cette mission, montreraient un potentiel de créateur, de pionnier, ce qui serait un plus pour leur image de marque. Elles donneraient une valeur inestimable à leurs marques, posant les bases pour la consolidation et la croissance.

Renato Nogueira Jr.


Professeur et Docteur en Philosophie, réseau FAETEC (Fundação de Apoio à Escola Técnica - Fondation de soutien aux écoles techniques)

Habitant de Duque de Caxias – RJ

Traduit du Portugais par Christophe Kodjo Charlec

eu

Christophe Kodjo Charlec, Translator

- Source : Portal Nacional

http://www.segs.com.br/index.php?option=com_content&task=view&id=20303&Itemid=157

http://www.irohin.org.br/onl/clip.php?sec=clip&id=5067

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25 novembre 2008

Un président afropéruvien au Pérou, sera-ce possible?

Par Carlos O. López Schmidt

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

Hier soir, 4 novembre 2008, a été un moment historique pour la diaspora africaine (1) esclavisée (2) sur ce continent.

Et c’est hier soir, au moment précis où ému et fier je voyais, sur les écrans de télévision, un afrodescendant comme moi (et peut-être comme toi, amie et ami qui lit cet article) devenir le président du pays le plus puissant du monde à ce jour; je répète, à ce moment précis, une question a surgi dans mon esprit:

La même chose pourrait-elle arriver au Pérou?
Pourquoi pas? Me répondis-je, un sourire d’espoir sur les lèvres.

Aujourd’hui, déjà plus serein, la question a continué à trotter dans ma tête.

J’ai pensé que de nombreux analystes politiques consacreront probablement des heures et des heures à ce thème et rempliront des pages entières de leurs commentaires judicieux ou non.


Je dois, avant de poursuivre, confesser que je ne suis pas un analyste politique.Et même, je ne suis analyste d’aucun thème, même pas à mon propre sujet. Je suis simplement un afropéruvien qui rêve de la possibilité qu’un jour, ses frères et ses sœurs seront reconnus, non pas pour la couleur de leurs peaux ou de l’origine de leurs trisaïeuls,
mais par leurs réalisations et leurs contributions au Pérou et pour l’humanité.

Je ne suis qu’un afropéruvien qui rêve qu’un jour, en marchant dans la rue, la femme en face de moi ne serrera pas fortement son sac en le voyant venir.

Je suis simplement un afropéruvien qui rêve qu’un jour ses petites-filles et ses petits-fils apprendront à lire avec des livres dans lesquels on retrouvera non seulement de beaux contes andins ou amazoniens, mais également afropéruviens, dans lesquels ils apprendront la grandeur de l’empire inca – et aussi- celle de leurs ancêtres afropéruviens, et qu’ils ouvriront les yeux plein d’émotion en découvrant le courage des guerriers  incas et -aussi- de l’héroïsme de  Catalina Buendía, la veuve de Pecho, afropéruvienne de Ica qui s’immola lors de la guerre contre les chiliens ; je répète que je suis simplement un afrodescendant qui rêve que dans ses mêmes livres de texte, ses petites-filles et ses petits-fils  (et les tiens aussi) apprennent sur  Túpac Amaru II et de sa bataille contre l’envahisseur espagnol , et -aussi- que l’un de ses plus importants  lieutenants était afropéruvien du nom de Antonio Oblitas et que mes petites filles et petits fils seront horrifiés de même que toi et moi en sachant qu’il fut tué à coup de pieds devant les yeux de  Túpac Amaru II, le même jour et au même endroit que lui ; et qu’ils sauront aussi que Micaela Bastidas Puyucahua, l’épouse de Túpac Amaru II était afrodescendante, et que toute femme qu’elle était, elle s’est battue vaillamment aux côtés de son époux et qu’on ne put la pendre au garrot car son cou fin -héritage africain- ne le permettait pas ; et qu’elle fut assassinée en recevant des coups ; et également dans ces textes scolaires parés de beaux dessins, nos  petits fils apprendront que le Pérou est arrosé de notre sang et construit également à notre sueur et notre effort, et que les afropéruviens ont tué et sont morts dans toutes les guerres que le Pérou a mené pour se libérer du joug espagnol et de l’invasion des pays voisins ; et que le glorieux Monitor Huáscar du Chevalier des Mers , don Miguel Grau, était constitué en grande partie par des hommes de leur ethnie.

Je suis également un afropéruvien qui rêve qu’un jour pas très lointain, il y aura des afropéruviens et des afropéruviennes ministres d’état, juges ou présidents d’organismes d’état et privés et que ce jour, j’allumerai la télé la Tv, et je verrai sur un écran un afrodescendant présentant des produits de beauté, des voitures sportives ou des téléphones cellulaires de dernière génération et non pas seulement des produits de nettoyage ou de chicha morada (boisson non alcoolisé à base de maïs) et que ce jour, en faisant des démarches dans une banque, ce sera un employé ou une employée afropéruvienne qui s’occupera de moi ; et qu’à partir de ce jour les médias ne parleront plus de  “main noire” “cœur noir” ou “nuit noire” pour faire référence à quelque chose de mal.

Je ne suis qu’un afropéruvien qui voit un de ses rêves se transformer en réalité: Plus jamais un de nos enfants ou de nos jeunes n’aura honte lorsqu’on lui dira qu’il est descendant des africains, car en partant du 4 novembre 2008, ils pourront répondre "...Oui, je suis afrodescendant, et un des nôtres est président du pays le plus puissant du monde  (peut-être pour huit ans) ".

Pour finir , entêté comme toujours, je répète en insistant: Je suis et je serai un afropéruvien qui lutte jour après jour pour réaliser  ses rêves de voir enfin, d’ici peu, au Pérou qu’on ne parlera plus des afropéruviens, andins, amazoniens, orientaux ou de juifs, mais d’êtres humains, égaux en toute chose, sauf du point de vue de la quantité de mélamine qu’ils ont dans les yeux et sur la peau. 

Une afropéruvienne ou un afropéruvien pourra-t-elle ou pourra-t-il devenir président du Pérou? Je me posais cette question hier soir, et aujourd’hui, encore plus éveillé que jamais, je rêve que d’ici peu, beaucoup plus tôt que les gens pensent, l’espèrent et le souhaitent, une personne comme moi, ayant la quantité de mélanine  –ou plus- que j’en ai dans les yeux et sur la peau dirigera notre merveilleux pays appelé Pérou.

(1) Diaspora africaine: les descendants des africains séquestrés du continent africain et emmenés par la force sur ces terres en condition d’esclavisés et considérés comme du bétail (des biens meubles) par les lois d’alors, c’est-à-dire comparables à une vache ou à tout autre animal de travail (bête de somme) quelconque ou à une machine qui se meut par elle même.

(2) Je n’utilise pas le mot esclave, car en lui même il est un terme passif. Quand on dit avocat, médecin, peintre, maçon, on parle d’êtres humains qui ont décidé librement de réaliser ce travail ou cette profession, et cela semblerait être pareil si on dit esclave. Esclavisé n’est pas un terme passif, et ne semble pas être une condition recherchée ou acceptée, le mot même définit la manière dont quelque chose arrive contre la volonté de la personne qui la subit et dénote un fait violent, et pour cette raison, dans toutes mes interventions, lorsque je parle de ce fait honteux pour l’humanité entière, je dis esclavisé.

http://www.cimarrones-peru.org/obama_presidente.htm

23 novembre 2008

Barrack Obama et les afrodescendants d’Amérique du sud

Lima, (PRESSPERU).- Quelle est l’implication de la victoire de Barack Obama pour les afrodescendants et les africains du monde? Jusqu’à quel point incarne t-il une proposition, qui en plus d’être intégratrice, n’oublie pas sa responsabilité en tant qu’afrodescendant ? En plus de la discrimination raciale, de la discrimination contre la femme et l’homophobie, quelles autres formes de discrimination font réelement partie de son agenda? 

Le leadership d’ Obama transcende les intérêts exclusifs des afro-Étatsuniens. Cependant, Obama ne peut échapper à la représentation que lui confère de manière indéfectible ses origines ethniques.   

Les près de 150 millions d’afrodescendants des Amériques continuent d’avancer vers  l’accès à de meilleures opportunités en santé, éducation et en emploi.

Le bénéfice autorisé par les quotas et les actions affirmatives pour afro-Étatsuniens est à l’origine des conflits avec les Latinos qui ont remplacé les premiers, en devenant la plus grande minorité par rapport à la population blanche. Ces conflits débouchent même sur des meurtres dans les quartiers où cohabitent les communautés en question.

Le fait afrolatino, comme sujet d’intérêt est récent aux États-Unis, mais n’est pas pour autant un thème mineur.

Chez la majorité des afro-Étatsuniens, il n’existe pas une attitude inclusive par rapport aux afrodescendants des autres régions, qui sont qualifiés de latinos, caribéens ou de toute autre définitions d’identité n’impliquant pas l’inclusion au sein du groupe des afro-Étatsuniens.  Cela est dû au sentiment que les immigrants enlèvent aux Afro-Étatsuniens des chances d’accès aux politiques de discrimination positives et aux quotas obtenus suite  à la lutte pour les droits civils et politiques incarnée par Martin Luther King entre autres leaders.

Les raisons qui donnent à l’élection d’Obama une immense importance sont presque innombrables. Voyons ensemble certaines d’entre elles:

• Il représente l’ascension (sociale) et le développement par l’acharnement et l’engagement, mais également la possibilité d’avoir accès à une éducation de qualité et aux actions affirmatives.

•  Parce qu’il a des racines africaines, et cela implique un nouveau regard sur l’Afrique et sur sa contribution au monde: un continent où en plus des éléphants et des safaris, sont produits des êtres humains, capables et compétents.

• Parce qu’il est un leader qui représente les grandes majorités et pas seulement les siens. . (Cela pourrait impliquer qu’une partie de la société nord américaine est dans un processus critique réel du racisme et de pari sur l’équité et l’intégration. Cependant, on est toujours dans l’expectative quant à savoir si ces mêmes électeurs soutiendraient les propositions inclusives des sans-papiers et des immigrants).

• Parce que l’image d’Obama peut rendre visibles de nouveaux mdèles d’afrodescendants, particulièrement dans les pays comme le Pérou où l’injure raciste n’est pas pénalisée. Ici , une femme noire peut se faire insulter de manière vulgaire, et où seulement près de  2 % des afropéruviens terminent l’Université et seulement 27% terminent le secondaire.

Face à la rareté des leaders afrodescendants, particulièrement dans les pays d’Amérique Latine,  Obama émerge comme un nouveau paradigme. Selon le Vénézuélien Jesús Chucho García: “Espérons qu’ Obama poura faire quelque chose pour les afro-Étatsuniens prisonniers qui représentent le plus grand nombre des prisonniers afrodescendants sur la planète,  espérons qu’il pourra soutenir les immigrants dont le rêve américain n’a pas été accompli,  espérons qu’il pourra éliminer des projets militaristes en Afrique tels que l’AFRICOM ainsi que la pollution provoquée par les compagnies nord-américaines en Afrique sub-saharienne”. 

Comme c’est le cas à l’école, un afrodescendant a la difficile et double tâche de démontrer ses habiletés supérieures pour gagner le respect et se faire accepter. Désormais, Obama a une grande responsabilité: ne pas trahir les illusions de millions d’enfants, adolescents et spécialement des adultes et des personnes âgées qui furent victimes de la ségrégation et de l’Apartheid, qui jamais n’avaient imaginé être en vie pour voir un des leurs assumer la grande responsabilité de diriger le pays le plus puissant au monde. Celui-là même qui oriente, et dans de nombreux cas, détermine la vie de millions d’êtres humain sur la planète. 

http://www.pressperu.com/index.php?option=com_content&task=view&id=2439&Itemid=75 

Mónica Carrillo est la fondatrice et présidente exécutive de  LUNDU, Centre d'Études et de Promotion des Afropéruviens. LUNDU est une organisation de jeunes afropéruviens qui travaillent à la promotion de la reconnaisance, du respect et du développement de la population afrodescendante par le biais de la lutte contre le racisme, le sexisme et d'autres formes de discrimination. Carrillo est également une jeune poète et artiste. Vous pouvez rentrer en contact avec elle par le biais de son courrer électronique  mcarrillo@lundu.org.pe.

Par Mónica Carrillo

Mónica Carrillo

Traduit de l’Espagnol Par Guy Everard Mbarga 

01 novembre 2008

Discrimination raciale en Colombie

Par: Cecilia Orozco Tascón

Ces derniers jours, la conduite raciste, qui est répandue chez beaucoup et qui n'est presque jamais admise s’est manifestée de manière évidente.

La Cours Suprême a sanctionné trois bars de la zone rose exclusive de Bogotá qui ont interdit l’accès à sept afrodescendants. D’autres discothèques de Cartagena avaient également été sanctionnées par les juges pour un comportement semblable. Et s’il n y a pas plus de jugements contre les lieux d’animations de la haute société, par exemple ceux de  Cali, ce n’est pas parce que ces pratiques indignes ne s’y produisent pas, mais parce que personne n’a pris la peine de demander aux discriminés, probablement parce qu’ils se disent que les choes ne changeront pas, et ils le feront encore moins pour une satanée erreur judiciaire.

Mais si dans le pays on ne bouge pas le moindrement dans ce cadre, peut-être parce que cela intéresse peu de monde, au niveau International, les choses peuvent se passer autrement.
Jeudi prochain (en fait le 23 Octobre) aura lieu une intéressante réunion à Washington qui aura peut être des répercussions sur cette région, l’une des trois détenant la plus grande concentration de la population de race noire. Comme on le sait. Des chercheurs de l’Université des Andes et de l’Observatoire de la Discrimination Raciale ont rendez-vous avec la Commission Interaméricaine des Droits Humains en vue de révéler la grave violation du principe d’égalité dont souffrent les afrodescendants aux niveaux nationaux, selon les découvertes du Premier  Rapport sur la Discrimination de la population afrocolombienne qui est en cours d’élaboration depuis deux ans.


“L’idée selon laquelle il n y a pas de racisme en Colombie parce que, à la différence de l’Afrique du Sud ou des États-Unis, toutes les races et les cultures ont fusionné pour toujours en une synthèse heureuse”, est mise en doute, car il n’existe pas de démocratie raciale véritable, écrivait l’un des chercheurs, le  sociologue et avocat César Rodríguez.

On ne pas conclure, comme l’indique ce professeur, que les blancs, métisses et noirs jouissons des mêmes droits simplement parce que “en fin de compte, nous dansons tous la salsa, le merengue ou la champeta et nous idolatrons notre Sélection noire” de football.

Les chiffres et les faits contredisent ceux qui croient à ce mensonge pour laver leur conscience. Prenons juste quelques exemples du travail en question:

* L’État ne s’est pas intéressé à savoir combien de citoyens Noirs vivent sur son territoire. Il n’a pas été établi si le pourcentage de la population afrodescendante est de 1,2% du total national, comme l’indique l’Enquête des Ménages ( Encuesta de Hogares) 2004, ou s’il est de 27%, selon le Plan de Développement des Afrocolombiens(Plan de Desarrollo de los afrocolombianos) qui reste en vigueur. Et l’écart en terme de pourcentage est si élevé…

* La probabilité qu’un citoyen de race noire soit victime de déplacement forcé est de 84% plus élevée que pour un blanc ou un métisse.

* Le taux de mortalité infantile chez les petites filles noires de Colombie est plus que deux fois supérieur à celui de la population nationale.

* Les hommes afrodescendants vivent six années de moins que la moyenne nationale et les femmes de cette race peuvent vivre onze ans de moins que les autres.

* La possibilité qu’une personne de race noire souffre de la faim est plus de deux fois supérieure que pour une métisse.

J’imagine que les gouvernements des blancs ou de ceux qui croient qu’ils le sont, ont quelque chose à voir avec cette situation dramatique. Ou, peut-être que ça ne les concerne pas?

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.elpais.com.co/historico/oct182008/OPN/opi1.html

Posté par guyzoducamer à 05:42 - Tribune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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06 octobre 2008

Réflexions sur la rencontre du Réseau des Femmes Afrodescendantes à Belize

              Equipo de Coordinación Regional: Ivette Modestin, Estados Unidos; Elizabeth Suárez, Uruguay; Cecília Costa Rica; Nirva

Camacho, Venezuela; Sonia Viveros, Ecuador; Ana Irma, Moreno, Panamá; Ann Mac Kinley,

              Rivera, Puerto Rico; dos delegadas de Brasil por definir.Foto Shirlene Green.

Foto Shirlene Green

Par Ivette Modestin

Traduit de l’Anglais par Guy everard Mbarga

Comme c’est de tradition pour la Rencontre Diaspora Afro et le Réseau des femmes

Afrodescendantes / Réseau des Femmes Afro ( Encuentro Diaspora Afro and Network

of Afrodescendent

Women/Red de Mujeres Afro), je vais partager avec vous notre plus récent voyage à

Belize.

Ces  Réflexions sont écrites dans un esprit de partage et de construction de liens. Celle-ci

vous parvient alors que nous célébrons le mois de l’Héritage Hispanique durant lequel la

voix Afro-Latino est grandement exclue dans cette société.

Comme l’écrivait Christopher Rodriguez récemment, "Je souhaite encourager les Afrolatinos

à penser à ce qui constituerait leur contribution à l’éducation de nos gens, de servir en

tant que pont entre les Latinos et les Africains Américains et souligner les points communs

de nos héritages aux États-Unis et dans le reste des Amériques."

Belize est le pays d’Amérique Centrale où l’on retrouve un peu de la Caraïbe! Cela peut sembler

faire cliché de le répéter une nouvelle fois, mais à Belize, j’ai eu l’impression d’être comme chez

moi. C’est si extraordinaire même pour moi de voir à quel point nous sommes véritablement liés.

Je suis arrivée à l’Aéroport International et je devais rendre un petit charter jusqu’à ma destination

finale, Dandriga. J’ai ressenti chaque chose dans ce petit charter.  Je pensais être brave au début en profitant du paysage, puis je me suis retrouvé en train de fermer mes yeux et de chanter des louanges

à Yemaya alors que nous survolions l’espace ouvert de la belle eau de l’océan.

Dangriga est le district, la capitale et le centre culturel des Garifuna  (un peuple ayant des Ancêtres Amérindiens et Africains). La population est en grande partie constituée par un mélange de Garifuna

et de Créoles. La présence Créole /Caribéenne est visible et fortement ressentie dans les voix des habitants.

Nous avons reçu la bienvenue de la part de notre formidable hôte, une femme que j’admire

véritablement, Mme Phyllis Cayetano. Elle est l’incarnation de la force, de la grâce et de

l’engagement.

Être à ses côtés c’est se sentir  responsable et en paix. Il y a une telle clarté dans ses objectifs.

Ce voyage avait pour but d’amener plus de femmes de Belize à faire partie du Réseau des

Femmes Afro (Network/Red de Mujeres Afro. C’était l’occasion pour les femmes du

Nicaragua, du Costa

Rica, du Panama et de la Diaspora de partager leurs racines Caribéennes communes.

Il s’agissait là de la première rencontre/atelier organisée complètement en Anglais, (je

pourrais aussi ajouter le Créole) en Amérique Centrale.

Le Pelican Beach Resort était l’expression totale de l’AMOUR de la nature. Le paysage

créait de l’harmonie dans toute chose. Les palmiers bougeaient comme dans une danse.

Les arbres et l’eau nous donnaient l’impression que tous nos problèmes et toutes nos

inquiétudes allaient être dissipés par les bénédictions naturelles de cette terre.

Quand la réunion a débuté, je me suis approchée de Dorotea, la Coordinatrice Générale

du Réseau pour lui dire que nous devions peut-être faire une activité brise-glace. Puis je

me suis retenue en me disant, je suis avec des femmes Caribéennes, l’amour, on l’a dans

notre peau.

Aucune gêne ne flotta jamais dans l’air. Une fois que nous avions travaillé ensemble, la

connexion se fit encore plus forte que grâce à n’importe quelle activité brise-glace.

Dorotea indiqua alors que l’énergie qui nous entourait était en train de faire le travail.

Chacune de nous jeta un coup d’œil au mouvement élégant des eaux.

Comme c’est le cas partout où je voyage, je suis allé courir. Cette habitude rend les

autres nerveux, mais je me sens toujours en sécurité, et des fois plus en sécurité que

lorsque je fais un jogging dans les rues de Boston. Tout le monde me saluait d’un

"bonjour madame". Que c’est agréable et réconfortant de savoir que cette affection

et ce respect authentiques restent présents parmi nos gens. Ces gestes me

rappelèrent ma propre éducation. Je n’avais le droit d’appeler personne ne

faisant pas partie de mes amis proches par son prénom. C’était soit tata ou

Madame ou Monsieur.

Après mon jogging, je rejoignais certaines des femmes pour une baignade matinale.

On ne se préoccupait pas de la fantaisie de nos maillots de bain ou de toute chose

qui serait à la mode. Il était juste question du pur plaisir d’être trempée dans l’eau

chaude et rafraîchissante. Quoi de mieux pour nettoyer l’esprit et l’âme?

Je me retrouvais en train de rentrer dans l’eau totalement habillée. Nous nous

sommes assises à partager des histoires sur nos différentes éducations Caribéennes.

Cette activité allait par la suite devenir notre rituel matinal. Nos chambres se

trouvaient à moins de 20 pieds de l’Océan. Je m’endormais donc sans problème

chaque jour aux sons et à la profondeur d’Olokun.

La première journée débuta par un petit-déjeuner t chez Mme Phyllis et M. Roy.

C’était un vrai petit déjeuner Créole Garifuna. Avec, poisson, manioc, pain et le

meilleur jus de mangue que je n’ai jamais goûté! Belize était chaude, de cette

chaleur Caribéenne par laquelle tout prend sa propre forme, y compris mon "Afro".

J’étais surprise de me sentir bien autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les mots

Créoles me confortèrent. Je n’avais pas à faire semblant parler à la "ricaine"

comme on dit chez nous car dans ma langue résonnait la fierté. Cela ramena

dans ma mémoire l’époque où on nous disait qu’on devait parler le bon Anglais

quand le  gringo était à côté.

Ce fut un moment de fascination et une occasion d’apprentissage. La manière

dont les gens de  Dangriga, Belize trouvaient de la fierté dans cette langue, non

seulement parlée, mais écrite.

Les rencontres et les ateliers nourrissaient notre esprit intellectuel. On rassemble

de nouvelles manières créatives de réaliser un travail avec des Femmes Noires.

Comme le programme POWA, dans lequel Michele est très impliquée, et qui

distribue des préservatifs dans la communauté. La manière dont les générations

se transmettent la langue, la danse de la communauté Garifuna et Créole. Cela

nourrit également l’âme spirituelle. On se sent en paix avec soi même, son but

dans la vie et sa direction.

Nous n’avons pas passé de temps à nous demander pour quelle raison nous

sommes liées, sur ce que nous gagnons à faire partie du Réseau. Cela va au

delà de tout bénéfice matériel. Cela se comprend, parce que nous sommes des

femmes Noires et telle est notre  lien commun. Comme je l’ai indiqué lors de

ma présentation pour la Diaspora, les femmes Noires sont victimes d’attaques

en ce moment et l’ont toujours été. Lorsque nous nous exprimons clairement,

que nous sommes intelligentes et fortes, nous sommes catégorisées comme

agressives et dures. Pendant ces réunions, nous prenons soin les unes des autres

et nous nous formons les unes les autres à devenir nous-mêmes.

Lors des ateliers, l’accent était mis sur des problèmes tels que le VIH/SIDA,

l’éducation sexuelle, la justice reproductive, l’identité, le développement du

leadership, la politique et la conscience culturelle.

La présentatrice pour Belize était Mme  Flores qui est une légende à Dangriga

et à  Belize pour son travail dans la communauté et la responsabilisation des

femmes. Elle agit avec tant de sagesse et de connaissance. Lorsqu’elle a

commencé à parler, la salle est devenue silencieuse alors qu’on écoutait

chacun de ses mots. Elle parla de l’importance qu’il y a à faire que les jeunes

s’impliquent, le besoin pour les femmes de travailler ensemble et les hauts et

les bas de l’engagement politique.

Mme Flores évoqua son travail spirituel. " Nous sommes des êtres spirituels,

nous ne pouvons pas nous séparer de l’esprit. Nous devons manifester de

l’altruisme pour le bien être de nos organisations. Nous devons être éclairées

dans la recherche de quelque chose de plus profond,"indiqua-t-elle

Ingrid du Costa Rica nous a informés de la manière dont l’organisation Projecto

Caribe donne l’occasion aux gens de Limon de s’impliquer dans les problèmes

fonciers et de droit. L’un des points historiques qu’elle partagea fut l’époque où

les gens de Limon qui sont en grande majorité Noirs ne pouvaient pas voyager

en dehors de cette région.

Zeda fit la présentation pour le Nicaragua. Elle parla du projet relativement nouveau

qu’elle dirige, le projet  OMAN dans la communauté côtière de Bluefiels. Les

thèmes sur lesquels le projet met l’accent sont la pauvreté et la marginalisation.

Les formations et les présentations portent sur l’histoire, l’identité et le genre.

Ils mènent actuellement un projet centré sur les filles qui a une émission radio

hebdomadaire.

Les réunions/ateliers prenaient fin en chansons et en danses d’un groupe

Garifuna Local et avec certaines chansons et contes de la culture Créoles

qu’animait  Mme Mryna.

J’ai demandé à  Mme Phyllis de nous faire connaître les noms et l’histoire de

ces danses. La première danse c’était le 'Hungu-hungu' – à moitié sacrée,

utilisée lors de rituels et des occasions à moitié formelle,  en mémoire des

ancêtres. La deuxième c’était le 'Combination' – qui utilisait le  'hungu-hungu'

et le 'punta' qui est une sorte de danse sensuelle pour faire la cour, à pas rapide

et très énergique.

Ils ont également fait le  Chumba – une danse mimée dans laquelle ils  dépeignent

chacune des activités quotidiennes des gens d’ici telles que la pêche, l’agriculture

ainsi que leurs souffrances.

La danse principale était Le  Juanaragua / John Kunu qui est une danse que l’on

fait principalement durant les fêtes de Noël et qui  dépeint les pas et la parade du

'Maître' quand il dirigeait la plantation. C’est une danse que seuls les hommes

exécutent, même si récemment quelques jeunes femmes ont commencé à le faire

également.

Les rubans roses et verts sont utilisés pour le jour de Noël, mais le Jour de l’an,

ils utilisent des  rubans noirs. La célébration Créole de la soirée allait être animée

par Mme Mryna qui allait nous raconter des contes Caribéens à travers des chansons.

Elle est membre du Conseil Créole (Kriol Council) qui travaille à préserver la

culture Créole à Belize. Un soir, lors du dîner,  Madame Myrna  s’est mise à

chanter des chansons Caribéennes. Nous connaissions toutes une  des chansons

qu’elle chantait et je l’aimais quand j’étais une petite fille à Rainbow city.

Ça donnait ceci : brown girl in the ring cha la la la la, brown girl in the ring

cha la la lal la, she look like a sugar in a plum.

Nous avons fait un voyage à Hopkins, une communauté Garifuna connue pour

son paysage de pêche et  d’agrumes. Nos hôtes étaient le frère et la belle sœur

de Mme  Phyllis.

Le repas fut préparé par Terese, une femme prenant part au Projet Belfuna

(Belfuna Project).

Belfuna est un regroupement de femmes à la fois Bélizienne et Garifuna pour

créer des opportunités économiques et responsabiliser les femmes de la

communauté. Elles  sont présentes depuis environ quinze années et ont

récemment reçu des financements pour créer des espaces dans lesquelles

elles feront de la cuisine et des activités culturelles.

Nous avons fait un autre arrêt alors que nous nous enfoncions plus dans 

Hopkins pour voir des articles vendus par un groupe de femmes Maya.

Elles parlaient Créole et venaient de Big Falls Kriol.

C’était encore là une autre grande situation d’apprentissage, car je m’attendais

à ce qu’elles parlent l’Espagnol, mais elles parlaient la langue Maya et le Créole.

J’ai eu la chance d’engager une plus longue discussion avec Mr. Roy qui est

considéré comme un expert de la culture  Garifuna, mais qui a également une

grande connaissance de la culture Créole et des questions raciales et identitaires

chez les Afrodescendants.

Nous avons passée notre dernière soirée à Dangriga à la Célébration Culturelle

du Dimanche.

C’est une façon pour la communauté de célébrer à travers la danse, le spoken work,

le Punta Rock et responsabiliser les jeunes pour qu’ils s’impliquent dans les arts.

Avant d’arriver à Belize, j’avais déjà ressenti la connexion à travers les sons d’Andy Palacio.

J’ai à présent eu l’opportunité de voir cette communauté et je suis tombée amoureuse

de la beauté des Béliziens. Depuis mon retour, il m’arrive d’aller chercher le silence du

tôt matin

J’espère que vous prendrez tous le temps d’en apprendre plus sur Belize et que nous

n’utiliserons pas juste ce mois mais chacune des occasions que nous avons pour

partager et célébrer notre riche histoire.

http://www.mujeresafro.org/

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