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Noirs d'Amérique Latine

Textes traduits de l'Espagnol témoignant du passé et du quotidien des Noirs d'Amérique Latine et des Caraibes

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03 septembre 2008

Michelle Obama : fer de lance, roc, conseiller politique, ou castratrice et handicap pour son mari ?

Par Diana Bernadotte

Quel rôle imputer à Mme OBAMA dans la campagne de son époux ? On aura tout entendu à son sujet, du bon comme du mauvais et ce, de la part des Démocrates comme des Républicains, au sein de tous les groupes ethniques. Et s’il est vrai que son époux fait la quasi-unanimité dans son rôle de politicien-people, ou de candidat de la rupture, son épouse semble générer des avis bien plus partagés.

Mais que cache cette femme élégante et discrète ? Une politicienne hors pair assoiffée de pouvoir bien qu’amère vis-à-vis de l’Amérique blanche ou au contraire une femme équilibrée, totalement apolitique vivant dans l’ombre de son mari ?

Si l’on en croit Mme Michelle OBAMA elle-même, elle ne se voit pas jouer un rôle prééminent

à la Maison Blanche [1]. D’ailleurs, si Barack est élu, elle promet d'occuper un espace bien à elle : ni potiche, ni coprésidente, mais égale de son mari.

D’après Barack Obama, Michelle n’a pas accepté facilement qu’il se présente à la présidentielle. Elle voulait préserver sa vie de famille et avait quelques réserves quant aux possibles chances de son mari face à la « machine Clinton ». Mais lors des primaires, au cours d’un meeting elle ose enfin y croire et face aux problèmes des américains, elle déclare avec confiance que son mari est « la réponse ».

Toutefois pour d’autres, elle constitue un handicap réel dans la campagne de son mari.

Certains jugent son discours anti-blanc, c’est notamment ce que l’on déduisit de la thèse de sociologie qu’elle fit à Princeton sur la division raciale.

On lui attribue également quelques « gaffes politiques », comme en février, lorsqu'elle déclara "être fière de son pays pour la première fois". Ou comme lorsqu'elle a fait la moue quand on lui demanda si elle voterait pour Hillary Clinton.

Son humour n'a pas toujours été apprécié, notamment la manière dont elle fit savoir qu'elle n'était pas impressionnée par le candidat que le monde entier adule. "Il ronfle et il a mauvaise haleine le matin." Il est incapable de "mettre ses chaussettes au linge sale". [2]La chroniqueuse Maureen Dowd, lui reprocha de casser le rêve.

Mais revenons sur son parcours personnel. Michelle Obama est née le 17 janvier 1964 dans une famille modeste de South Side, un quartier noir de Chicago. Son père, atteint d’une sclérose en plaques, travaillait pour le service des eaux, sa mère pour une banque. Ils ont eu deux enfants, Graig Robinson, l’aîné et Michelle. Suivant le chemin de son frère, elle intègre l’Université de Princeton.

Après Princeton, elle fait son droit à la prestigieuse université de Harvard. Elle rejoint ensuite un cabinet d’avocats d’affaires et en 1988, elle est chargée par son patron de superviser un nouveau venu, un certain Barack Obama. En 1992, ils se marient. Le couple Obama aura deux filles, Malia Ann en 1999 et Sasha en 2002. En 1993, la jeune avocate laisse tomber son gros salaire et contacte le cabinet du maire de Chicago, qui lui a proposé un boulot dès son premier entretien. C’est aujourd’hui la chef de cabinet et aussi de vice-présidente des hôpitaux de l’université de Chicago. Elle a introduit Barack dans le milieu politique de l’Illinois et l’a aidé à planter ses racines dans la communauté noire de Chicago.

Aujourd’hui en congés sans soldes, bien que ne participant à la stratégie de la campagne, elle est auprès de son mari, l’un des piliers de cette dernière.

    Michelle Obama, en dépit des critiques, est donc un véritable symbole de réussite : de réussite professionnelle, de réussite sociale et de réussite familiale.

Femme de carrière, elle arrive à mener de front vie familiale, vie d’épouse, et aujourd’hui vie publique. Ni idéaliste, ni militante, c’est une pragmatique qui a le sens des réalités.

Pourtant, elle cumulait nombre de handicaps, étant jeune, femme et noire dans un pays qui en dépit de nombreux efforts, n’a pas totalement résolu le problème de la diversité.

Elle redonne aujourd’hui tout son sens à ce propos de Victor Hugo qui déclara « Le savoir est libérateur » ou encore à cette autre citation de Cheik Anta Diop s’adressant à la jeunesse africaine : « Armez-vous de savoir jusqu’aux dents ».

Dans ce pays qui fait une grande place aux afro américains-vedettes, qui réussissent dans le Show Buisness, dans le sport, dans la musique essentiellement, elle a su se singulariser et sortir des clichés.

Bien qu’un succès commun les unisse, elle se distingue superbement des Oprah Winfrey, Beyonce, et Marion Jones de part son parcours….

Issue d’un milieu modeste, elle a gravi les échelons grâce à sa bonne volonté et à son acharnement dans les études. C’est aussi une femme noire fière de ses racines come elle l’a illustré à travers sa thématique de mémoire de sociologie. Elle a aussi eu à cœur d’introduire son époux dans la communauté noire de Chicago.

Sa détermination à préserver sa famille lui fait également honneur. La femme noire en pleine crise identitaire a désormais un référent de taille, un réel modèle à suivre dans cette femme noire de caractère au parcours tout à fait honorable: Une femme de pouvoir, noire, charismatique.

Ce couple exemplaire nous redonne foi en notre avenir, nous ouvre à nouveau une pléiade de possibles

que nous nous étions jusque là interdits… par exemple un couple noir à la Maison Blanche !!!

diana1

Diana Bernadotte est une jeune guadeloupéenne de 26 ans, titulaire d’un Master 1 d'Espagnol de l'Université de Lyon 2 et d'un titre de Gestionnaire RH.

[1] Time Magazine

[2] Magasine Glamour

Posté par guyzoducamer à 17:41 - Tribune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : AfroAméricains, Diana Bernadotte, Femmes, Obama

24 août 2008

La Génération du Millénaire aux États-Unis transcende-t-elle la race ?

La race est-elle vraiment la dernière frontière ? Le concept en vogue consiste à dire que pour nous, la Génération du Millénaire, (les Américains nés entre 1982 et 2003), les divisions raciales ne sont plus que choses du passé, un vestige d’une époque qui a appartenu à nos parents et grands-parents.



Par G'Ra Asim

Incontestablement, les avancées dans les relations raciales partant de l’époque du mouvement des droits civils et les évolutions graduelles significatives vers la tolérance raciale qui ont suivi ont façonné un contexte pour la Génération Y considérablement plus divers racialement et idéologiquement.

Mais les courants de préjugés et de division qui ont alimenté les paradoxes du passé n’ont vraiment fait que s’envelopper dans des habits plus subtiles, plus nuancés, et en tant que tel, nécessitent un état d’esprit plus prudent et avisé pour s’y mouvoir avec succès.

J’ai autrefois eu un enseignant d’histoire qui exprimait sa nostalgie de l’époque de la Guerre Froide, pour aucune autre raison, disait-il, que le fait qu’il avait totalement confiance que les Américains étaient les bons gars à cette époque et que les Soviétiques étaient de toute évidence et invariablement les vilains.

Depuis lors, disait-il, les conflits internationaux sont vraiment moins noirs et blancs, et faire un choix entre les deux camps est beaucoup plus compliqué.

Bien que le monsieur en question était un baby boomer, ces analyses m’ont frappé, ironiquement, parce qu’elles cadraient bien avec la relation de la Génération Y avec la race. Là où nos parents ont peut-être été facilement en colère face à la discrimination raciale endémique mais apparente et évidente, le fardeau de la Génération Y est de plusieurs façons encore compliqué par la complexité des facteurs atténuants de la conformité politique et du métissage culturel.

Là où l’obligation de justice sociale de nos prédécesseurs et le cours des évènements étaient autant urgents qu’évidents, pour ceux parmi nous qui deviennent adultes aujourd’hui, la nécessité d’agir est mise à l’épreuve par le fait que nos ennemis potentiels ressemblent un peu à nos amis.



À une autre occasion, mon professeur de Relations ethniques et raciales a demandé aux étudiants de remplir une "échelle de distance sociale." L'échelle était composée de groupes ethniques et sociaux variables, et l'objectif était de lister la plus grande aptitude dans laquelle une personne serait à l’aise avec les membres de chacun des groupes occupant une place dans sa vie.

Étant le seul étudiant à avoir indiqué que tous les groupes listés étaient bienvenus dans n'importe quelle aptitude de ma vie, les autres me regardaient avec dérision et incrédulité.

J’argumentais que le scepticisme de la classe reflétait la simplification hâtive de la nature du préjugé lorsqu’une personne est forcée de s’engager dans une société multiculturelle. En indiquant que toute personne de toute origine ethnique pouvait potentiellement être mon ami, je ne niais pas en réalité mes propres préjugés; je ne faisais simplement qu’affirmer que si l’on me prenait tel que je suis, j’étais ouvert à me lier d’amitié – ou même potentiellement à me marier—avec n’importe qui de toute origine.

La confusion de la classe illustre une plus vaste idée fausse de la perspective raciale de la Génération Y. Alors que nous pourrions ne pas nourrir les mêmes dégoûts absolus de ceux qui sont différents de nous, comme c’était le cas pour les générations précédentes, un type de préjugés plus évolué, et dont on peut soutenir qu’ils sont plus insidieux se cache juste sous la surface en contrôlant nos interactions et nos décisions de manières moins transparentes.

Autrement dit, alors que vous auriez du mal à me surprendre entrain d’utiliser le mot "whitey"(Face de craie, blanc-bec) et chanter un rap évoquant une insurrection en compagnie de mes amis noirs, on m’a connu comme quelqu’un de dédaigneux à l'égard du jeune blanc qui me dépasse en trombe avec sa voiture en ondulant au rythme de la dernière bombe(musicale) de Yung Joc.

Bien que je ne m’oppose peut-être pas aux avances sexuelles de jeunes filles blanches de façon absolue, la perspective de la colère et de la désapprobation qu’une relation publique avec l’une d’elle générerait chez les sœurs me fait vraiment beaucoup plus que d’y réfléchir un petit peu.

Alors que mon éducation s’est jouée comme la scène finale de Hairspray – quoiqu’avec moins de pas de danse et plus d’ennui de banlieue – ce n’est pas aller chercher trop loin que de supposer que les attitudes raciales de mes homologues blancs, Asiatique et Latino sont autant ambigus. La différence de perspectives sur le progrès des relations raciales parmi les jeunes faisant partie de la Génération Y en témoigne.

La nomination de Barack Obama pour la présidence est le test de Rorschach le plus en vue de l’année concernant 
le discernement des différentes perspectives raciales aujourd’hui.

 

Les ainés progressifs aiment claironner l’idée du "candidat qui transcende la race " comme une preuve indiscutable que l’Amérique est collectivement au dessus de la discrimination raciale, mais il y a beaucoup de jeunes de ma génération qui interprètent le succès d’Obama comme étant particulièrement révélateur.



Parmi l’élite universitaire portée sur les coffee shop, je me retrouve régulièrement du côté le moins représenté d’un débat sur la question de savoir si Obama est la preuve vivante que la négritude n’est plus un handicap, mais un avantage, ou s’il est juste le politicien le plus futé qu’on ait connu jusqu’à présent dans l’exercice de mobilisation d’une coalition de noirs et de blancs riches qui trouvent que la perspective d’avoir un président noir est à la mode.

Né dans un milieu homogène racialement, de noirs pauvres, mais instruit dans une école privée d’élite blanche non moins homogène, mon appréciation des disparités entre les expériences blanche et noire américaine s’est précisée à 9 ans lorsque ma famille a quitté le ghetto de St. Louis pour les banlieues relativement huppées de la capitale nationale.

Ma biographie étant stratifiée par l’exposition double, d’une part à la dégradation des quartiers sensibles frappés par la violence, et d'autre part aux banlieues multiculturelles privilégiées grouillant d’opportunités éducatives et économiques, ma perspective de la question raciale appartient aussi nettement à la Génération Y qu’il le faut. Mais il ne s’agit que d’une perspective dans une multitude qui varie avec une diversité aussi grande que nos origines ethniques.

Ayant longtemps servi de symbole moi-même, le fait que l’un des trois seuls sénateurs noirs depuis la Reconstruction a obtenu la nomination présidentielle ne représente pas pour moi la culmination d’une intégration réussie, mais plutôt du simple symbolisme.

Une telle opinion est impopulaire aujourd’hui, et certains pourraient bien vite écarter cette idée, mais ce serait une erreur. J’aimerais beaucoup plus qu’autre chose, croire que le pays a changé de manière aussi absolue que ceux qui disent que c’est le cas, et peut-être si nous sommes chanceux, quand viendra l'âge d'or de la Génération Z, des gens comme moi se révéleront manifestement dépassés.

G'Ra Asim, 21 ans, est  auteur et musicien. Pour visiter 
son blog, cliquez sur gapostrophera.

Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga

http://thedailyvoice.com/voice/2008/08/race-the-final-frontier-000996.php



Posté par guyzoducamer à 12:37 - Tribune - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : AfroAméricains, Jeunes, Obama

15 août 2008

Image du Noir dans les publicités en Amérique

Par TAMARA J. WALKER | TheRoot.com

Traduit de l’Anglais Par Guy everard Mbarga

La chroniqueuse de la rubrique Black Skin et Blue Passport de The Root se demande pourquoi les caricatures de Noirs sont toujours utilisées pour vendre des produits à travers le monde.

15 Août, 2008—J’ai récemment passé quelques jours au Mexique où il m’a semblé que chaque surface était couverte de publicités de Bimbo, une société de fabrication industrielle de pâtisseries immensément populaire.

Dans un pays où les tortillas et les pan dulce sont les grands rois, le succès de Bimbo dans la vente de pains emballés et de sucreries à un nombre très important de clients n’est pas un mince exploit. En réalité, la compagnie a même une présence de longue date au nord de la frontière, où Bimbo produit et distribue également des marques comme  Orowheat et Entenmann's.

Alors, pourquoi n’ai-je jamais vu cette publicité ici aux États-Unis? Ou, encore mieux, pourquoi cette publicité est-elle acceptable au Mexique?

Il ne s’agit pas pour moi de suggérer que les États-Unis sont passés au-delà du règne des représentations visuelles douteuses des Noirs, et que le reste du monde n’a plus qu’à nous rattraper dans notre perspective désormais éclairée. Après tout, d’Aunt Jemima à Uncle Ben, les publicitaires Américains ont une histoire sordide de l’usage d’images stéréotypées des hommes, des femmes, et des enfants noirs pour commercialiser des produits.

Et alors que les campagnes publicitaires contemporaines sont moins flagrantes que dans le passé, elles ne restent pas non moins contentieuses : L’an dernier, le New York Times publiait une histoire sur l’effort de la compagnie alimentaire Mars de moderniser le profil d’Uncle Ben, l’une de ses marques les plus reconnaissables.  " La compagnie qui considère Uncle Ben comme "une icone Africaine Américaine," a développé un site web interactif présentant le nouveau "Ben" non pas comme un domestique, mais plutôt comme un cadre, invitant les visiteurs dans son bureau où il partage ses "recettes, ses astuces et son histoire."

Les critiques ont estimé que malgré son nouveau rôle d’administrateur, on fait référence à "Ben" par le biais de son prénom (ce qui ramène à une époque où même les enfants blancs refusaient de s’adresser aux hommes et aux femmes noirs en utilisant des titres comme Monsieur ou Madame), et affirment qu’un simple relooking ne pourrait pas effacer l’histoire difficile du personnage.

Ce dernier point cadre bien avec le problème. Les images sont quelques fois tellement porteuses d’un bagage historique qu’il est mieux de les laisser dans le passé.

Et cela est particulièrement vrai quand on parle de l’utilisation de l’image des Noirs pour vendre des aliments ; ce qui nous ramène à l’emballage de "negrito" ("petit garçon noir") au Mexique.

L’image d’un personnage noir pour l’habillement d’une ligne de produit Mexicaine autour du chocolat a son propre précédent pénible du point de vue racial. J’ai trouvé un ancien (sans date) exemplaire de l’emballage de Bimbo montrant "negrito" tel qu’il était auparavant: souriant, en train de danser et portant une jupe de paille et tenant une lance.

Negrito Bimbo logo

La compagnie n’est pas seule à partager cette histoire de trafic de telles images. Dans toute l’Amérique Latine et dans les Caraïbes, les personnages noirs ont depuis longtemps orné les emballages de boites de sucre, de café, de chocolat et d’autres marchandises historiquement produites par les mains des esclaves Africains.

Au Pérou, la marque populaire La Negrita présente une femme noire souriante et aux lèvres rouges portant un foulard. Et en Argentine, la ligne de produit ironiquement appelée Blancaflor ("fleur blanche") utilise un personnage que l’on ne peut définir que comme un Marvin the Martian féminisé.

Étant donné que le Mexique, le Pérou et l’Argentine étaient toutes des sociétés qui exploitaient des esclaves durant la période coloniales, les origines de ces images ne sont pas surprenantes. Cependant, ce qui est réellement stupéfiant c’est la durée avec laquelle elles restent en vigueur.

Alors que le nouveau "negrito," complètement vêtu cette fois représente peut-être un effort de  Bimbo de se délester de l’empreinte historique de la caricature qui existait avant, ils auraient également dû envisager de tout laisser tomber. Dans un pays qui se définit tout d’abord en termes de son héritage Espagnol et Indigène, il n’existe aucune ligne de produits ou des personnages comparables, comme un blanquito ("petit garçon blanc") ou indio ("indien").

Pourquoi donc Bimbo trouve-t-il nécessaire de conserver la caricature d’un enfant noir en circulation? Le choix est particulièrement curieux quand on sait que les Afrodescendants Mexicains, qui ont eu une forte présence démographique et politique dans la région depuis le 16ème siècle sont rarement visibles sur la scène nationale.

En fait, pendant ma visite, "negrito" était le "noir " le plus largement visible dans le pays.

En posant ces questions, je me suis souvenu des récentes controverses autour de la série de bande dessinée Mexicaine Memin Pinguin. La série de livres suit les exploits d’un garçon ressemblant à un singe sur le modèle ‘enfants supposément rencontrés par l’auteur pendant ses voyages à Cuba.

En 2005, le gouvernement Mexicain avait sorti un timbre commémoratif du personnage, qui avait déclenché l’outrage de Jesse Jackson et d’autres Américains qui avaient décrié son caractère raciste. En défendant le timbre, les politiciens Mexicains avaient attribué les réactions Us à une "incompréhension" de la culture Mexicaine et même à un manque de respect.  Dans un éditorial du Washington Post, l’historien Mexicain Enrique Krauze avait même qualifié le timbre d’ "image très agréable enracinée dans la culture populaire Mexicaine."

L’accrochage a relancé l’intérêt pour les séries que l’on pouvait encore retrouver sur les étagères de Wal-Mart le mois à Houston, Texas. La chaine de magasin a commencé à s’approvisionner  les livres pour satisfaire ses consommateurs Latino, dont plusieurs se souvenaient des histoires de leurs enfances, mais Wal-Mart a finalement dû retirer les livres en réponse aux Africains Américains qui trouvaient son contenu offensant.

Je suis certaine que la décision de Wal-Mars déclenchera une nouvelle ronde de débats outre frontière. C’est ce qui devrait se passer. Mais, il ne faudrait pas trop simplifier la discussion en pensant en termes de "États-Unis contre Mexique." N’ai-je pas le droit de me sentir offensé par Memin Penguin, ou par les emballages de "negrito" de Bimbo simplement parce que je ne suis pas Mexicaine? Et qui a dit que tous les Mexicains acceptent ces images?

Tout débat sur l’imagerie Mexicaine devrait certainement prendre en considération l’histoire et les relations raciales du Mexique. Étant une personne qui consacre sa vie à l’étude de l’histoire de l’Amérique Latine, je crois à l’analyse plus qu’à autre chose. Cependant, en tant que descendants d’esclaves, je suis fatiguée de faire face à ces mêmes images lassantes des noirs à travers le monde Si ces représentations sont si courantes et ont autant de choses en commun, n’estil pas temps d’être honnête au sujet de ce qu’elles signifient réellement?

Tamara J. Walker est une chercheuse post doctorale à l’Université de Pennsylvanie où elle enseigne des cours d’histoire de l’Amérique Latine.

Posté par guyzoducamer à 18:07 - Tribune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : AfroAméricains, AfroArgentin, AfroMexicain, AfroPéruviens, Cuisine, Histoire, Image, Éducation

09 juillet 2008

Le Projet de Passage, pour connecter la Diaspora Africaine

Trina Robinson

Traduit de l'anglais par Guy Everard Mbarga

En 2002, j’ai effectué mon premier voyage à l’étranger en visitant la France, l’Espagne et le Maroc. Ce que je pensais être de simples vacances s’est transformé en un voyage qui a profondément remis en question la manière dont je voyais ma propre personne, ma relation avec le monde et la signification de la communauté.

Par le biais de contact permanent et de conversations avec les gens dans ces pays, mes combats avec la langue et mon exposition à diverses coutumes, ethnicités, systèmes de pensée, religions, musique et nourritures locaux, je suis revenue de ce voyage avec un nouveau regard. De ce voyage transformatif, est née l’idée du Projet de Passage : Histoires de la Diaspora Africaine (The Passage Project: Stories from the African Diaspora ). Sa mission est de dépasser les idées traditionnelles de la race et de l’identité grâce aux témoignages de personnes vivant à travers le monde.

En gardant à l’esprit le fait que l’Afrique est le berceau de l’humanité, Le Projet de Passage promet d’aider les gens à reconnaitre leur propre connexion avec l’Afrique et les uns avec les autres. Ce travail évolutif comprend trois parties. La première partie consiste en un livre qui présente les témoignages et les images de membres de la Diaspora Africaine. Ici, les entrevues reflètent la manière dont les facteurs tels que l’environnement, le statut socio-économique et la localisation géographique contribuent à former l’identité. La seconde partie du Projet de Passage est une pièce de théâtre documentaire qui transforme les entrevues en monologues. On y retrouve encore des images en plus de vidéos et de la musique pour porter le processus de narration à un niveau renforcé pour la scène.

La dernière partie est un blog qui dresse la liste des informations et des événements au sein de la Diaspora Africaine, en plus de suivre la progression des parties livre et théâtre documentaire du Projet de Passage. Tandis que le blog est en ligne depuis Décembre 2007, la date prévue pour compléter le livre et la pièce de théâtre est fin 2009. En attendant, je prévois de rendre disponible des extraits du livre et des ateliers théâtraux. Un objectif important du Projet de Passage est d’aider des personnes apparemment différentes vivant à travers le monde à aller vers une appréciation plus profonde du mot communauté. Par ce biais, on commencera à comprendre la responsabilité que nous avons tous vis-à-vis de l’autre et l’on verra la quantité infinie d’influences interculturelles.

Les exemples illustrant cette idée comprennent l’influence de l’Afrique de l’Ouest sur le Tango Argentin, la Salsa colombienne et l’empreinte Yoruba sur les traditions religieuses telles que le Candomblé Brésilien et la Santéria Cubaine. Il y en a encore plus, comme les jeunes palestiniens examinant leur vie à travers le hip-hop, la musique et les patios distincts de la ville diverse de la Nouvelle Orléans, les influences Africaine sur les podiums des grands couturiers tels que Yves Saint Laurent et la connexion du Maroc avec la Chine par le biais du précieux thé à la menthe.

Tous ces exemples démontrent l’importance qu’il y a à se considérer les uns les autres comme étant parties d’une communauté plus vaste. Le Projet de Passage comprend les histoires de succès, de luttes, de créations et de styles de vie des gens. L’une de mes entrevues favorites a été avec un professeur zimbabwéen dont je garde le nom pour l’instant compte tenu du climat qui sévit actuellement dans le pays. Alors qu’on discutait des crises économique et politique que traverse le Zimbabwe, concernant l’appropriation des terres appartenant à des Blancs par le gouvernement, il disait : “La redistribution de la terre était nécessaire, mais elle devait se faire convenablement, sans qu’on ait besoin de se venger des injustices du passé. Les dirigeants devraient accepter que la beauté de la création se trouve dans la diversité. La société devrait ressembler à cela à tous les égards.” Ses mots embrassent véritablement ce qu’est le Projet de Passage.

Depuis mon voyage en Europe et en Afrique du Nord en 2002, j’ai continué à visiter le monde, en collectionnant des histoires de la Diaspora Africaine. J’ai parlé à des artistes, des poètes, des activistes, des docteurs, des gens d’affaires, des enseignants, des étudiants et à ceux qui se battent pour trouver leur place dans la société. Chacun d’eux est connecté à travers la Diaspora Africaine et dans leur voix j’entends la mienne. J’espère que d’autres ressentiront la même chose en lisant leurs histoires.

Trina Michelle Robinson est une écrivaine et une actrice vivant à New York et qui travaille actuellement en tant qu’éditrice-productrice freelance à T, le magazine de mode du New York Times. Pour plus d’information sur Le Projet de Passage. visitez www.passage-project.com ou envoyez un mail à Trina à trina@passage-project.com. http://vidaafrolatina.com/The_Passage_Project_High.html

Posté par guyzoducamer à 15:34 - Tribune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : Diaspora

04 juillet 2008

Témoignage : les Afrolatinos sont rejettés en Amérique Latine

Par Jackeline Stewart

Traduit de l’Anglais par Guy everard Mbarga 

J’étais en train de déjeuner au Guapo, un restaurant mexicain de  Washington, D.C., avec au menu un chicken quesadilla, fredonnant une ballade de Marco Antonio Solís qui jouait en arrière plan. J’étais dans mon élément- bonne nourriture, bonne conversation et bonne musique. Toute cette délectation allait cependant être stoppée abruptement par une question toute simple posée par la personne qui m’accompagnait. C’était comme dans ces scènes de films, lorsque l’on partage des nouvelles qui peuvent changer une vie, l’actrice dépose son verre de vin, la musique s’arrête tandis que la caméra fait un gros plan sur son visage plein d’effroi.

“Sens-tu que l’Amérique Latine est à toi ? Le revendiques-tu?” me demanda mon amie Africaine Américaine. 

Sa question me  mit mal à l’aise de suite. Je prenais du temps pour répondre, non pas pour essayer de trouver les bons mots, mais parce que je n’avais plus pensé à ma relation avec l’Amérique Latine depuis très longtemps. Je me sentais confortable du fait d’être une Panaméenne lorsque l’on ne me posait pas de question à ce sujet. 

Depuis un certain temps, chaque fois que quelqu’un m’avait demandé d’où je venais, j’avais bombé mon torse, relevé mon menton et proclamé fièrement “du Bronx,” comme s’il s’agissait là de la déclaration d’identité la plus importante que j’aurais faite à jamais. De la même façon, lorsqu’on me demandait, “Et qu’est ce que tu es?” je répondais “Noire.”

En tant que femme afrodescendante, née à Colón, Panama, et ayant grandi à New York dès l’âge de 3 ans, je n’aurais pu le dire autrement.

Une amie Africaine Américaine  qui est récemment revenue de la République Dominicaine où elle étudiait allait me ramener cela à l’esprit lors d’une conversation. Elle avait passé un agréable séjour et détenait des photos pour le prouver. Elle disait qu’elle avait rencontré des gens formidables et beaucoup appris. Mais elle avait également évoqué le racisme dont elle avait fait l’expérience et de la manière dont l’histoire Africaine en Amérique Latine est non seulement ignorée, mais également niée.

La question de mon amie au Guapo m’a rappelé la fois où je m’étais rendu dans un club à Porto Rico pendant les vacances de printemps et que j’avais dû attendre un bon moment avant que le barman ne prenne et ne serve ma commande. Entre temps, il se pressait de servir des appletinis aux femmes Latinos de peau claire.

Cela m’a également rappelé une annonce dans un journal Panaméen dans laquelle on recherchait un réceptionniste. Il était indiqué qu’une préférence serait accordée aux femmes aux cheveux clairs et aux yeux bleus.

Sa question me fit également penser au jour où  j’étais assise dans le salon de ma coiffeuse Dominicaine pendant que celle-ci essayait de me convaincre que je ne devais pas me considéréer comme “Noire” car j’étais “différente” des Noirs ordinaires. 

Chez moi, après 18h30, la télévision du foyer est calée sur Univision. Ma famille et moi regardons les informations et on reste branché pour suivre les novelas tellement addictives. Bien que je les aime du point de vue du drame, j’ai toujours remarqué que tous les rôles sont joués par des Latinos blancs. Aucun reporter noir ne présente les informations qui passent juste avant. Lorsque ma mère et moi regardons “Sábado Gigante,” nous jouons notre propre jeu qui consiste à compter - quand il y en a- les invités Noirs de Don Francisco. 

Par conséquent, je ne sens pas que l’Amérique Latine m’appartient. Je pense que l’Amérique Latine a rendu les Noirs Latinos orphelins—elle nous a laissé dehors dans le froid, pour nous faire adopter par une autre identité, supposément plus adéquate. C’est comme si on avait été effacé et arraché de la structure de l’Amérique Latine.   


Jackeline Stewart est née en République du Panama et a grandi dans le Bronx, New York. Écrivaine freelance base à Washington, D.C., on peut la joindre à l’adresse mail
jackeline.stewart@gmail.com. 

http://vidaafrolatina.com/Black_Orphans___Latin_Am.html 

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19 juin 2008

Témoignage d’une afrocubaine : “À Cuba, les noirs demeurent la race inférieure”

De Laritza Diversent Cámbara

LA HAVANE, Cuba, juin (www.cubanet.org) – Même si à Cuba il existe un mélange racial, la discrimination est présente dans l'île. Elle est interdite par la loi, mais cela n’importe pas. Les noirs et leurs descendants demeurent la race inférieure. Beaucoup de personnes à travers le monde se montrent pourtant, incrédules face à cette vérité.

Malheureusement, la  “démocratie sociale” interdit la publication de statistiques qui prouvent ces affirmations. Je n'ai d'autres alternatives que de décrire ce que ressent un noir à Cuba.

Je donne le témoignage d'une femme qui est née et a grandi sous un système qui a supposément éliminé la discrimination raciale. C’est un sujet tabou ; une chose dont on ne parle pas parce qu’elle est supposée ne pas exister, ce qui la rend très subtile et cruelle. D'où nous vient donc cette idée que nous sommes discriminés ?

Les différences entre noirs et blancs et toutes les couleurs intermédiaires semblent imperceptibles, mais elles sont présentes. Les religions africaines se sont mélangées fondamentalement avec le catholicisme, mais l'égalité des afrodescendants est un problème que l’on élude. Résultat : les noirs maudissent leurs origines.

Dans le Cuba d'aujourd'hui, nombreux sont les complexes qui acculent les nouvelles générations d'afrodescendants. Mon fils de 8 ans ne veut pas être noir, il veut éclaircir la couleur de sa peau. La même chose m'est arrivée.

Ma mère m'a toujours expliqué qu'il n y a pas de raison de renier ses origines. Elle m'a démontré que ma couleur était quelque chose qui me distinguait et que je devais en être fière.

  Ce qu'elle ne put m'expliquer, c'était la raison pour laquelle j’étais discriminée socialement. Elle ne put m'éviter la douleur d’entendre ces personnes qui pour m'offenser avaient juste à dire  “negro” et en prononçant ce mot, elles te faisaient ressentir tout leur mépris pour notre race.

Des fois, on fait très attention lorsqu'on utilise le mot Noir. On emprunte même des euphémismes pour nous pointer du doigt en évitant de prononcer ce mot : “les gens de couleur, les  morenos (bruns), les mulâtres”.

Comme si utiliser ce vocable était une offense ou alors comme s’il s’agissait du terme le plus péjoratif avec lequel on pouvait annuler une personne.

- Il ne pouvait s’agir que d’un noir! Des expressions comme cette dernière nous rendent imparfaits par rapport à la race blanche. Nous sommes ceux qui peignent la touffe (cheveux frisés), ceux qui transpirent abondamment, les obtus de la pensée et les antis hygiéniques.

On nous sanctionne même avec l'histoire. “Le premier vol avec violence a eu lieu à Cuba le jour où  Carlos Manuel  de Céspedes (notre éminent patriote) a libéré ses esclaves”.

La thèse historique se reflète dans le présent. La  majorité de la population pénale sanctionnée à Cuba est noire. C'est certainement la race qui commet le plus de délits, mais elle représente également le secteur social le plus pauvre.

Être noir implique pour les racistes avoir une prédisposition à la criminalité et à la délinquance, sans penser que les comportements délictuels dans une société sont directement liés à la pauvreté.

Il est plus facile de se remplir de préjugés.

Des points de vue social, économique et politique, les désavantages que les noirs ont sont nombreux.  Mais ce n'est pas là tout ce que nous devons supporter. Il y a en plus ceux qui disent ne pas avoir de problème avec les noirs. Ceux qui nous rappellent constamment par le biais d'une phrase condescendante que nous sommes partie de la race imparfaite. Ou de ceux qui s’assurent d’abord qu’il n y a personne de notre race qui écoute pour dire : “Je sais que tous les noirs ne sont pas pareils, mais …”

Des fois ils ne se cachent même pas pour nous dénigrer. Pendant ce temps, nous écoutons les offenses avec indifférence, nous cachons notre douleur, devenant complices de la discrimination. Au point d'en arriver à nous reprocher à nous mêmes d'être noirs.

Nous autres noirs ressentons l'indifférence, le mépris et la haine. Même si nous n'en parlons pas, nous en souffrons.  Bien que nous l'assimilions et que nous prétendions qu'elle est naturelle et quotidienne, la discrimination nous fait mal. Ces blessures resteront nôtres pour toute la vie.

Traduit de l’espagnol par Guy Everard Mbarga

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03 mai 2008

Les Droits des Afro-Colombiens sont des Droits Humains

Leonardo Reales

Traduit de l’Anglais par Guy everard Mbarga

La discrimination raciale, la pauvreté et l’exclusion sociale sont des problèmes structurels qui affectent les minorités ethniques Colombiennes depuis des décennies. Parmi ces minorités, les Afro colombiens vivent le plus haut degré de pauvreté.

Cela est clairement démontré par leur accès limité à l’éducation, à la santé, à l’emploi et aux autres services sociaux. En réalité, la plupart des régions dans lesquelles se trouvent des Afro-colombiens connaissent les pires indicateurs socio-économiques. Et les principales victimes du conflit armé interne sont les communautés Afro-colombiennes.

Les violations des Droits Humains des Afro-Colombiens ont été commis à la fois par les acteurs appartenant à l’État et d’autres non étatiques, même si elles sont interdites par la nouvelle Constitution, approuvée en 1991, et par les traités des droits humains ratifiés par l’État. Cependant, leurs effets sur les Afro-Colombiens n’ont pas été explorés de long en large.

Il ne fait aucun doute que la Colombie profiterait abondamment des points de vue économique, social et politique  de l’application de stratégies publiques et privées en vue d’éliminer les violations des droits humains. Mais très peu d’actions ont été menées dans ce sens comme le prouve l’absence de documents faisant l’étude de leur impact négatif sur les Afro-colombiens.

Un des indicateurs évidents de l’exclusion des Afro-Colombiens, qui représentent 30% de la population totale – plus de 12 millions de personnes- est leur manque d’accès aux institutions qui prennent les décisions importantes. Un autre indicateur est leur manque d’accès aux marchés de l’emploi et aux services de bases comme un toit, de l’eau potable et des conditions sanitaires adéquates.

Les pratiques racistes sont les principales causes de cette situation désavantageuse des droits humains, qui s’est empirée suite au conflit armé interne.

Les sources officielles confirment qu’il existe une énorme différence entre les services de santé publiques dans les régions “Afro-Colombiennes” et ceux offerts dans le reste du pays. L’accès à de tels services est plus restreint pour les Afro-Colombiens qui ont l’habitude de devoir faire face à d’autres problèmes tels que les soins déplorables et des centres de santé sans confort. Cette situation a été confirmée par les Afro-Colombiens à travers tout le pays, ce qui indique clairement que les différences socio-économiques augmentent selon l’origine ethnique.

La plupart des inégalités en Colombie ne sont pas uniquement causées par l’illettrisme ou par la mauvaise qualité de l’éducation des minorités ethniques de la nation, mais principalement par les pratiques racistes dont elles sont victimes. C’est la raison pour laquelle il n’est pas surprenant de constater que les inégalités ne baissent que légèrement lorsqu’on compare les Afro-colombiens avec d’autres ayant le même niveau d’éducation.

Le racisme et la discrimination raciale contre les Afro-Colombiens persistent malgré le cadre des droits humains au niveau national qui les protègent en tant que minorité ethnique. L’indéniable environnement raciste a eu un impact extrêmement nocif sur l’ensemble de la société Colombienne, ralentissant le développement de la nation et ayant évidemment pour conséquence des pertes en terme de productivité économique, comme de nombreux documents et rapports des institutions financières internationales et des spécialistes en développement l’indiquent.

Il faudrait signaler qu’au cours des 17 dernières années, l’État et la société ont maintenu la même idée raciste historique de la suprématie “blanche” et “métisse” aux niveaux public et privé. Les Afro-colombiens sont exclus des postes importants. Ils sont également largement exclus des prêts et des bourses permettant de faire de études supérieures.

Certaines universités disposent de ressources financières pour créer des programmes d’actions affirmatives et promouvoir l’éducation des Afro-colombiens, mais ces institutions ne sont pas intéressées à le faire. Ils ne considèrent le racisme ni comme un problème ni comme une violation grave des droits humains.

Malgré l’existence de lois antiracistes et de droits humains, les nouvelles générations Colombiennes continuent d’être “éduqués” sous l’influence d’un système éducatif qui reproduit les stéréotypes raciaux et discrimine régulièrement les Afro-colombiens.

Il enseigne aux élèves et aux collégiens les pratiques racistes. L’idéologie raciste qui touche la nation est également encouragée par de nombreuses familles colombiennes.

Ce qui rend le cas des Afro-colombiens plus complexe, c’est précisément le fait que la plupart des gens ne perçoivent pas le racisme comme une violation des droits humains. C’est la raison pour laquelle les préjugés racistes ont été perpétués, renforçant l’exclusion des Afro-colombiens à tous les niveaux.

Pour surmonter les pratiques racistes et d’autres violations des droits humains qui affectent les Afro-Colombiens dans le contexte du conflit armé, les activistes et les officiels du gouvernement devraient demander que les acteurs impliqués dans la guerre arrêtent de prendre pour cible les communautés Afro-Colombiennes.

Les afro-Colombiens ont également besoin que l’actuel gouvernement applique une stratégie efficace pour mettre fin au racisme pour construire un multiculturalisme démocratique véritable qui protège la diversité ethnique proclamée dans la Constitution Nationale.


Leonardo Reales est un  activiste, un leader communautaire et un conteur Afro-Colombien. Il prépare un Ph.D. en science politique à la New School for Social Research à New York. Il a travaillé avec le Mouvement National Afro-Colombien Cimarrón et l’Union des Organisations Afro-Colombiennes pendant 10 ans. Leonardo peut être joint par mail à leonardo_reales@yahoo.com.

http://vidaafrolatina.com/Afro-Colombian_Rights_ar.html

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Tags : AfroColombiens, Discrimination, Droits, Propriété, Social, Statistiques, vidaafrolatina.com

05 avril 2008

Le Pan-Africanisme est-il mort ?

Par Nicole C. Lee, Chroniqueuse au NNPA

Traduit par Guy Everard Mbarga


Il y a quelques semaines, j'ai fait une apparition au  State of the Black Union de Tavis Smiley . L’événement était organisé au Centre de Conférence de la Nouvelles Orléans, bâtiment où il y a seulement deux ans et demi les habitants se sont entassés pour se protéger  d’un ouragan qui n’a jamais pris fin pour certains. Alors que le débat portait plus sur l'émission en elle-même, pour ma part, je souhaitais transmettre un message tout simple : notre travail de soutien au Monde Noir n’est pas terminé.



Marcus Garvey et W.E.B. DuBois avaient compris les connections entre l’Afrique et les Africains-Américains. DuBois était l’un des premiers à avoir convoqué le Congrès Panafricain de 1945, dont la déclaration indiquait ceci :  "Nous pensons que la réussite des Afro-Américains est liée  à l’émancipation des Africains..." Les mouvements des années 60 et 70 ont ouvert la voie à la conscientisation sociale au sein de la communauté Noire . Le mouvement anti-apartheid aux États-Unis, mené par des Africain-Américains a commencé à s’installer et les Américains ont prouvé une fois de plus qu’il était possible de changer les politiques d’oppression de notre gouvernement. Aujourd’hui, le débat sur l’activisme, particulièrement lorsqu’on préconise une politique étrangère différente  est entouré de scepticisme. Les Africains-Américains se préoccupent-ils encore de l’Afrique ? Après l’Apartheid, quel est le prochain combat pour les Noirs ? Comme le demandait un écrivain, "le Pan-Africanisme "est-il mort ?

J'ai fait l'expérience du mouvement anti-apartheid américain à travers les lunettes d'une collégiene à   Buffalo, New York. J'étais la seule élève Noire  de ma classe et la seule avec un badge  "Free Nelson Mandela" (Libérez Nelson Mandela) sur  ma veste de jean. Je le portais fièrement. Je me trouvais à des centaines de mille de l'action menée en face de l'Ambassade d'Afrique du Sud . Je ne comprenais pas les complexités, mais je comprenais viscéralement le sens qu’avait pour moi ce mouvement.

Depuis lors, beaucoup de choses se sont passées pour moi et pour le Monde Africain. La globalisation a coïncidé avec la chute du régime de l'apartheid, et en Afrique, les blocs politiques liés à la Guerre Froide ont considérablement changé. De nouvelles questions ont commencé a émerger. Dans quelle mesure l'engagement des États-unis en Afrique est une bonne chose ? Libre échange ou Juste Échange? Les États-Unis devraient-ils intervenir unilatéralement ou adopter une approche multilatérale dans les conflits ? Devrait-on mettre l'accent sur la charité ou sur le développement durable?

Alors que les questions existent, il y a également beaucoup de  nouvelles opportunités. Les Africains- Américains ont commencé à voyager en nombre record en Afrique et au sein dans la Diaspora. Les Noirs continuent d'entrer dans toute sorte d'activisme et ont  systématiquement travaillé au nom du Continent. L’afflux d’immigrants africains et leur entrée dans un processus de citoyenneté a changé le débat sur l’engagement des États-Unis sur le continent. Cette nouvelle génération d'étudiants et de jeunes professionnels examine l'état actuel du Monde Noir sous plusieurs angles, pas uniquement en se fiant aux nouvelles du soir, mais en parcourant également les articles des journaux africains, l'Internet et les blogs.  En très grande majorité, cette nouvelle génération croit que, en tant que peuple Africain Global, nous ne pouvons être considérés comme un simple dommage collatéral dans ce nouveau millénaire.


Les noirs américains établissent des connections jamais établies auparavant. Les nouvelles discussions autour des Afrodescendants au Venezuela, en Colombie, au Panama, au Mexique développe la conscience des nos enfants sur notre identité plus large, notre histoire et notre combat dans cet hémisphère.

Les effets des politiques économiques qui profitent au plus petit nombre plutôt qu’au plus grand pénètrent  nos économies locales. Les Africains-Américains doivent comprendre que la guerre contre le terrorisme est une guerre globale et qu’elle détruit les libertés civiles internationales et menace le développement du Monde Noir.

La plus grande sagesse pour le mouvement des droits humains nous  dit que nous devons continuer à écouter et à apprendre des luttes de chacun de nous à travers le globe. Nous devons établir les connections entre nos propres oppressions et celles éprouvées dans le monde par les enfants de l’Afrique. Il ne s’agit pas de charité. C’est véritablement une question de justice ; de justice dans un monde où l'Afrique et sa Diaspora ont été systématiquement  exploités pendant plus de 400 ans, ce qui empêche toute possibilité de participation sur le terrain de jeu global .

Le mouvement anti-apartheid américain représentait une lutte de quarante années pour reconnaître et éduquer les américains sur l’horrible système entièrement soutenu par notre propre gouvernement.  La campagne à l'intérieur de l'Afrique du Sud a renversé le régime et nous avons soutenu cette lutte. Aujourd'hui, nous devons continuer de nous battre contre toutes les politiques, nationales et internationales qui ne mettent pas la dignité et le bien être des Africains au centre de la discussion. Peut-être verrons nous une autre expérience semblable au Free South Africa Movement (Mouvement Libérez l’Afrique du Sud). Mais, on peut également avoir un mouvement dans notre propre horizon(plus près de nous), encore plus extraordinaire que nous puissions imaginer.

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Nicole C. Lee est la Directrice Exécutive de TransAfrica Forum.

http://www.louisianaweekly.com/weekly/news/articlegate.pl?20080331h

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Tags : AfroAméricains, Apartheid, Congrès Panafricain, Diaspora, Monde Noir, Nicole C. Lee, Panafricanisme, State of the Black Union

04 mars 2008

Ségrégation au Carnaval de Salvador de Bahia

JOÃO JORGEFoto: Carlos Moura

Le Carnaval est une fête fondamentalement européenne, qui, importée au Brésil dans son modèle original excluait l’amérindien, le noir et le métisse. La ville de Salvador a une fausse idée du Carnaval, qui serait une fête démocratique et plurielle qui génère des opportunités égales pour tous. Ainsi, nos problèmes d’inégalités historiques et actuelles se résoudraient par un tour de magie grâce à la fête

C’est une ingéniosité d’imaginer du point de vue socio-économique qu’il y a une évolution et une intégration entre pauvres et riches, blancs et noirs et entre les hommes et les femmes.

En réalité, il y a dans le Carnaval une ségrégation socio raciale utilisant l’argument  d’une professionnalisation de caractère douteux. Un système qui agit contre les groupes qui pensent différemment, et dans ce sens, ces derniers ne survivent pas économiquement, ce qui provoque ainsi l’échec du modèle actuel de la fête.

Les blocs des élites ont pris de l’ampleur, suite à l’absence du pouvoir public et ils ont défini les caractéristiques du Carnaval: cordas, l’horaire du défilé, le type de sécurité, quelle corporation peut être sponsor,  le Carnaval de la Barra et les micaretas. Ils ont imposé leurs idées, et des actes inconstitutionnels tels que l’horaire du défilé dans les rues qui est défini historiquement par les groupes de trios, une règle qui ne s’applique qu’à eux. Une substitution privée du pouvoir public et de la réglementation de la préfecture.

À Salvador, les commandites des entreprises ne financent que les mêmes types de groupes. Elles sont décidées sans aucun critère commercial, le soutien est social et racial. Pour les blancs, pour les riches. C’est la raison pour laquelle il n’ya pas encore de sponsors pour les quartiers populaires, dans lesquels vivent la majorité des consommateurs de la ville. Vaut mieux ne pas imaginer quel est l’avenir d’un Carnaval si antidémocratique, transformé en une fête de l’exercice de la domination  économique.

Jour de la conscience nègre -consciencia negra- a Bahia

Les données du Secrétariat de la Culture sur internet et les reportages du journal A TARDE sur la concentration de sponsors et sur l’absence de responsabilité sociale des entreprises qui ne donnent leur appui qu’à un type d’organisation prouvent les dérives de l’événement. Au Carnaval sotéropolitain, il n’y a pas de culture démocratique, la ville n’a pas une tradition de culture démocratique.

Le débat est le suivant
.
Il n y a pas seulement des différences de classes, il existe également un racisme agressif subtil.

Le racisme institutionnel exprimé au Carnaval résiste plus que tout autre préjugé saisonnier. Nous devons commencer à penser au Carnaval dans l’environnement de la a ville. Dans les discussions que nous avons eues avec les coordinateurs du Carnaval, nous proposons que l’événement puisse être un moment d’interactions des différents.

Les murs invisibles, les cordons visibles séparent et excluent les bahianais du Carnaval.

Différentes personnes, brésiliennes et étrangères ont exprimé leur tristesse face à l’apartheid social et racial du Carnaval de Salvador, il est à présent temps de changer cela. On peut commencer à démocratiser le Carnaval par le biais des rangs du défilé dans les circuits, et par la diversité dans la transmission à la télévision de tous les acteurs du Carnaval populaire.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Source: A Tarde

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Tags : AfroBrésiliens, Bahia, Carnaval, Salvador

11 février 2008

Afrobrésiliens et africains : plus d’échanges sont nécessaires

Pour Modibo Diarra, "la peur" réciproque entre les brésiliens et les africains peut être altérée par ‘action des médias alternatifs et des mouvements sociaux. Il recommande un plus grand dialogue pour faire face aux inégalités. 

Par Beatriz Camargo

"J’ai été il y a un an au Brésil et je n’ai vu aucune information sur mon pays", critique l’anthropologue malien Modibo Diarra, qui fait une recherche sur la route de l’esclavage de l’Afrique au Brésil et qui a pris part au second volet des Dialogues avec l’Afrique ("Diálogos com a África II"), une des activités décentralisée du Forum Social Mondial (FSM) 2008. Pour Diarra, les pays africains et le Brésil ont beaucoup de choses en commun et devraient plus dialoguer. Parmi les problèmes communs, il choisit le "sous-développement et les inégalités: une minorité qui possède tout et une majorité qui souffre".

"La façon dont les africains voient le Brésil est–elle positive? Je pense que non. Et comment les brésiliens voient-ils l’Afrique? Non plus positivement. Il y a la peur, et cette peur a été aggravée en nous. Quelque chose empêche le dialogue entre le Brésil et l’Afrique", diagnostique