27 novembre 2011

Débat des chercheures afrobrésiliennes sur le racisme institutionnel dans les universités



Par Joceline Gomes

Moins de 1% des 6000 docteurs formés chaque année dans le pays sont noirs, et moins de 1% des thèses traitent des thématiques d'intérêt pour les populations afrodescendantes. Pour discuter de ces données et des moyens de les inverser s'est tenu dans la matinée du vendredi dernier (25) à Brasilia, une table-ronde intitulée "Pesquisadoras Negras",  (chercheurse noires) dans la cadre du 4ème Festival de la Femme Afro Latino Américaine et Caribéene.
cherecheures
"L'académie est un espace hostile à notre présence. Les directeurs pensent qu'ils ne peuvent pas entrer dans la problématique raciale. Pourquoi pas?" interroge la Dre Maria Aparecida Silva Bento, directrice exécutive du Centre d'Études des Relations de Travail et des Inégalités (Centro de Estudos das Relações de Trabalho e Desigualdades - CEERT) .

La professeure a rappelé la difficulté dans la relation entre le chercheur et le directeur (de thèse), qui considère souvent  l'acte consistant à aborder la question raciale au Brésil comme du militantisme. Selon Maria Aparecida, la rigidité des institutions académiques amène de nombreux étudiants noirs à abandonner leurs thèmes de départ, car généralement, les projets ayant une thématique raciale ne sont pas approuvés, ou alors, les directeurs affirment qu'ils n'ont pas les connaissances ou la bibliographie sur le sujet.

Pour la directrice, il est nécessaire de surmonter cet obstacle, de s'organiser et de penser aux moyens d'améliorer la relation avec les agences de financement des programmes de maîtrise et de doctorat, pour que cela puisse porter des fruits à long terme pour d'autres chercheurs afrobrésiliens.

L'oubli - Janaina Damasceno,  étudiante au doctorat en Anthropologie Sociale de l'Université de São Paulo (USP) a éprouvé cette difficulté lors de l'élaboration de sa thèse: "Os Segredos de Virgínia" (Les Secrets de Virginia) portant sur la psychanalyste et sociologue brésilienne Virgínia Bicudo (1910-2003), première à aborder les relations raciales dans un travail post-doctoral au pays et première noire à être devenue professeure d'université.

Selon Janaina, il existe un processus d'oubli et de remémoration des chercheures noires, en plus d'une tentative de blanchiment. Au sujet de Virginia Bicudo, par exemple, la majorité des références trouvées ne disaient pas qu'elle était noire. Selon Janaina, la psychanalyste s'est occupée d'autorités brésiliennes comme Eduardo Suplicy et a été en contact avec JuscelinoKubitschek, mais dans le domaine des sciences sociales, Virginie a été oubliée. "Les thèses ont disparu de l'environnement universitaire . Les thèses disparaissent, mais pas  les idées", a-t-elle indiqué.

CaptureRenforcement - La médiatrice des débats, Juliana Nunes, de la Commission des Journalistes pour l'Égalité Raciale du District Fédéral a souligné que ce débat était possible aujourd'hui parce que beaucoup d'hommes et de femmes afrodescendants ont osé aborder le sujet en des temps bien plus difficiles. "L'université est un espace qui reproduit le système raciste de la société brésilienne, mais nous sommes ici aujourd'hui, et c'est un espace de renforcement", a-t-elle expliqué.

Andressa Marques, qui effectue une maîtrise en littérature et chercheure à l'Université de Brasilia, a réitéré la nécessité de surmonter les obstacles : "Affronter le racisme institutionnel est un problème quotidien dans le milieu académique. Nous ne voulons pas avoir à faire face à cela, mais nous devons continuer d'aller de l'avant."

En discutant de la proposition de créations d'universités quilombolas, la chercheure a souligné l'importance d'un projet qui valorise et respecte la culture locale, sans limiter les possibilités des étudiants. "Penser à un espace qui partage la connaissance étanger à cet affrontement quotidien auquel nous sommes exposés serait peut-être plus fructueux", pense-t-elle.

Chercheures - Janaina Damasceno a exposé la réalité de l'USP, où la majorités des jurys sont constitués de professeurs blancs. Selon elle, dans les travaux sur la question raciale, les erreurs indiquées lors de la présentation ne sont pas des erreurs de contenus, elles sont sur le compte du militantisme supposé. "Chaque fois qu'ils disent 'cessez d'être militant', ils disent cessez d'être noir' ".

Un autre problème identifié par l'étudiante en doctorant est que l'argument de nombreux enseignants au sujet de l'l'invisibilité des auteurs noirs dans les recherches est qu'il n'existe pas de bons chercheurs noirs. "Allons nous continuer sous ce joug de chercheurs blancs?" se demande-t-elle. "Nous devons nous situer en tant qu'intellectuels noirs et donner de la visibilité aux intellectuels noirs", conclut-elle.

Re-démocratisation - Pour la professeure et docteure Maria Aparecida, le racisme doit être discuté au sein des institutions, avec la formation et l'implémetation d'actions affirmatives. '' Il faut chercher dans les institutions d'autres chercherus noirs qui ont vécu les mêmes difficultés, pour éduquer l'institution au respect de la question raciale ", a-t-elle conseillé.

Selon elle, il n'est plus possible d'isoler les discours. "Il nous faut amener des blantc à nous écouter, de sorte qu'ils puissent apprendre. Il revient au noir de re-démocratiser ce pays. Les femmes noires sont à la pointe de ce processus", a-t-elle dit.
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
http://monicaaguiarsouza.blogspot.com/2011/11/mulheres-negras-pesquisadoras-discutem.html

Source : Mulheres Negras

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22 août 2011

Les chercheurs Afroaméricains reçoivent moins de fonds que leurs homologues blancs

 

Les chercheurs AfroAméricains ont moins de possibilités d'obtenir des fonds de recherche que leurs homologues blancs dans les Instituts nationaux de santé (National Institutes of Health NIH), selon une étude publiée dans la revue Science.

investigadoraCette analyse, demandée par les chefs des NIH en 2008, couvre la période entre 2000 et 2006 et montre une différence de 10% au détriment des Noirs dans l'allocation des budgets pour des projets de recherche des institutions en question. Ainsi par exemple, chaque centaine de demandes de financement de projet de recherche présentées aux NIH, 30 venant des chercheurs Blancs ont été acceptées, contre seulement 20 de leurs de leurs collègues noirs, indiquent les auteurs de l'étude, qui a pris en compte les données des candidats tels que les facteurs démographiques, l’éducation, la formation, l’expérience dans le NIH, la productivité dans ses  recherches et le nombre de travaux publiés.

"Pour améliorer la santé de l’ensemble des Américains, il est important que la recherche biomédicale reflète la diversité de la population", estime Donna Ginther, professeure d'économie à l'Université du Kansas et auteure principale de l'analyse. Dans  un éditorial publié dans Science, le directeur des NIH, Francis Collins et son adjoint, Lawrence Tabak, considèrent que cette situation est "inacceptable" et ont promis des actions immédiates. "Les résultats de cette étude sont préoccupants et décourageants, et nous sommes déterminés à agir", a déclaré Collins. "La solidité de la recherche scientifique américaine dépend de sa capacité à recruter et à retenir les esprits les plus brillants, indépendamment de leur race ou de leur origine ethnique" a-t-il indiqué en soulignant que" beaucoup reste à faire".

"Il est impératif que les NIH et leurs partenaires dans la communauté de la recherche biomédicale prennent des mesures décisives pour identifier les causes et appliquent les actions correctives", déclare Collins.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

http://www.territoriochocoano.com/secciones/mundo-afro/1807-afroamericanos-reciben-menos-fondos-para-sus-investigaciones-que-los-blancos-dice-estudio.html

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20 mars 2011

Cycle de conférences sur les Afrodescendants d’Argentine, de Bolivie et du Chili à Cartagena

ERNESTO TABORDA HERRERA, EL UNIVERSAL - CARTAGENA DE INDIAS

 cartagenaDès  demain lundi et jusqu'au jeudi 24 mars, se tient un cycle de conférences sur l'équité, la justice et le développement des afrodescendants en Amérique Latine. L’événement se tient à l’amphithéâtre Rafael Núñez del Claustro de San Agustín à l'Université de Cartagena.


L'historien Alfonso Munera Cavadias, vice-recteur des Recherches à l'Université de Cartagena et directeur de l'Institut International des Études des Caraïbes est le responsable de l'organisation de ces conférences internationales. 

Selon Múnera Cavadias, l’événement coincide  "avec le Bicentenaire de l'Indépendance de Cartagena et la déclaration par les Nations Unies de l'Année Internationale des Afrodescendants, qui est organisé par Sephis, l'Institut des Études pour le Développement des Genres de l'Université of the West Indies, Jamaïque (IGDS) et l'Université de Cartagena. " 

Pour Munera, un expert sur la thématique des influences afrodescendantes en Amérique Latine, il est très important que cet événement se tienne à Carthagène, puisque cette ville est liée à l’une des meilleures universités des Caraïbes telle que la West Indies par le biais d’activités académiques ou des conférences. 

Certaines choses importantes n'ont pas été abordées sur les afrodescendants, et ce sera fait lors de cet événement  par des professeurs étrangers qui arrivent ce soir à Cartagena pour exposer leurs thèses pendant les quatre jours que durent l’événement. 

Afrodescendants dans le Cône Sud 

L'événement rassemblera des experts possédant un doctorat, des spécialisations et ayant effectué des recherches sur la thématique de l’afrodescendance en Amérique, au Brésil, en Bolivie, au Pérou, au Chili, en Jamaïque, au Mexique, au Pays-Bas entre autres 

Dans les thématiques seront traitées les communautés afrodescendantes de  pays comme l'Argentine, la Bolivie, le Chili et le Mexique. 

“Celia L. Cussen, de l’Université du Chili, prononcera la conférence ‘L'esclavage et l'histoire du Chili: à la découverte des empreintes de l'esclavage africain dans les frontières de l'Amérique coloniale espagnole’, tandis que José Luis Petruccelli,  de l'Institut Brésilien de Géographie et de la Statistique (IBGE) de Rio de Janeiro abordera le thème "Brésil: inégalités  raciales dans l'éducation et accès à l'université’”. 


Selon Múnera Cavadía, Il y aura également une conférence très importante sur la présence des communautés afro en Argentine et en Bolivie; ce qui a amené Lea Natalia Geler, de l’Université de Buenos Aires (Argentine), qui exposera sur le thème  ‘tensions et différends chez les afroporteños et inclusion dans la blanche nation Argentine à la fin du 19ème  siècle ’ (‘Tensiones y disputas entre los afroporteños frente a la inclusión en la blanca nación Argentina a finales del siglo XIX’) et Esther Aillon Soria de l’ Université Mayor de San Andrés à La Paz (Bolivie), qui abordera le thème ‘Une communauté d'origine africaine dans la construction nationale de la Bolivie’( ‘Una comunidad de origen africano en la construcción nacional de Bolivia’ ). 

Toutes les conférences seront présentées à l'auditorium de l'Université de Cartagena, et seront traduits simultanément de l'anglais vers l'espagnol et vice versa.

 raduit de l'Espagnol par guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

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04 mars 2009

Ethnos Brasil : l’Enseignant noir en salle de classe

Capa da Revista Ethnos Brasil

2/3/2009

Agência FAPESP – La présence de l'enseignant noir en salle de classe est l'un des thèmes centraux de la Revue Ethnos Brasil, publication semestrielle du Núcleo Negro para Pesquisa e Extensão (Nupe) de l'Université d'État Paulista (Unesp).

Le but de la revue est d'encourager la recherche, la diffusion, l'échange et le débat d'idées à caractère multidisciplinaire et international dans le cadre universitaire.

L'édition met en débat une série de polémiques scientifiques en cours dans la société, comme le thème de la construction ethnocentrique du concept de citoyenneté. Abordé par Amauri Mendes Pereira, de l'Université d'État de la Région Ouest (Zona Oeste - RJ).

L'impossibilité de vivre la culture noire sans recourir aux histoires des ancêtres est le sujet de l'article d'Alba Cleide Calado Wanderley et de Mirian de Albuquerque Aquino, de l'Université Fédéral de Paraíba. Antônio Carlos dos Santos, titulaire d'une maitrise en histoire de l'Unesp de Assis (SP) analyse pour sa part les sources iconographiques comme contribution à une histoire de la musique au Brésil.

La pratique pédagogique du Mouvement Noir et traité par Ana Beatriz Sousa Gomes, des Universités Fédérales du Ceará et du Piauí, en collaboration avec le rédacteur en chef de la publication Henrique Cunha Junior, de l'Université Fédérale du Ceará (UFC).

La mémoire et la visibilité dans la poésie afrobrésilienne est le sujet abordé par Moema Parente Augel (Allemange). Dawn Duke (États-Unis) évoque le développement d'une littérature afrobrésilienne engagée. L'union des hommes de couleur dans les années 40 au Brésil est le sujet de l'article de Joselina da Silva (UFC).

La publication comprend également cinq résumés d'essais et de thèses, deux critiques et quatre propositions de livres récents sur les thèmes d'intérêt de la population et de recherche sur les relations ethniques.

Pour plus d'informations : www.unesp.br/proex/nupe, ou par téléphone au : (11) 5627-0551.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

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