12 novembre 2011

José Fernando Tapia, une lutte pour l'autoreconnaissance des afrocolombiens

Lorsqu’il a commencé à faire des études de génie mécanique à l’Université Francisco de Paula Santander (UFPS), José Francisco Tapia, il s'est aperçu que dans l’institution il manquait une intégration au sein de la communauté afrodescendante, et avec un groupe d’amis, étudiants dans d’autres domaines et originaires de divers endroits du pays, il a décidé de former un groupe de soutien à cette communauté.


auto Il a donc dès lors commencé à aider les afrocolombiens ayant besoin de conseils académiques et techniques."Nous avons commencé un groupe de quatre amis, qui parlaient aux gens de l’importance d’ête unis entre nous-mêmes, et cela s’est développé ".

Aujourd’hui, Tapia est le représentant du Centre d'Autoreconnaissance Afrocolombien (Centro de Autoreconocimiento Afrocolombiano - Cenafro), il a des bureaux au Secrétariat de la Culture de Cúcuta et vient en aide à 167 familles de l’ensemble du département.

Actuellement il termine ses études, et son temps libre est dédié à l’étude de la législation ethnique pour son projet personnel. Il affirme qu’il n y a pas plus grande satisfaction que celle d’aider la communauté afrodescendante à s’approprier d’espaces qui lui appartiennent de droit.


Il est de ceux qui pensent que plus que l'absence d'auto reconnaissance des communautés qui font l'erruer de s'écarter des processus sociaux est plus préjudiciable que le racisme "Il est nécessaire que nous sachions qui nous sommes, que nous nous sentions comme faisant partie de l'endroit où nous sommes. C'est à dire, "je suis noir, ma couleur de peau est foncée, mais je ne suis pas différent pour cela, je ne dois pas pour cette raison agir différemment ou permettre que l’on ne me prenne pas en compte".

Après son groupe à l’université, il a lancé en 2006 le Centre d'Autoreconnaissance, mais ce n'est que l'an passé qu'il a réussi à à avoir un endroit où s'occuper de ses gens . "Très souvent, nous avons dû nous réunir sur la rue ou dans les théâtres de la ville, mais grâce à Dieu, depuis un an, la Municipalité nous a ooffert un espace au Secréatariat de la Culture, et en vrai, beaucoup de gens ont collaboré à cette cause".

Les ressources pour la cause de Tapia proviennent de la municipalité, du département et de contributions qu’ils reçoivent de temps en temps. Il affirme avoir mis de côté sus aficiones de jugador de tenis de mesa y de football pour consacrer tout son temps libre pur lutter pour les droits et la reconnaissance de ses "collègues".

"C'est ce que j'aime le plus faire, faire que mes gens aient de meilleures conditions de vie. " Pour l'instant, il se consacre à l'organisation d'un Recensemenet de la communauté afrodescendante de Cúcuta, "l’idée est de savoir combien nous sommes et quels sont nos besoins principaux. Il y a des cas de familles qui cuisinent leurs aliments dans des boites de conserves, et c’est lamentable".

Il a également d’autres projets comme le fait de diffuser la Loi des Victimes (Ley de víctimas) et le soutien apporté par le gouvernement aux membres des ethnies en les aidant à étudier.

"Il y a une grande erreur, et c’est que nous ne sommes pas informés. Il y a des opportunités pour nous. De nombreuses portes sont ouvertes, des bourses, des études, des réductions de frais et même des pagos por estudiar, mais personne pero nadie se entera et c’est à cela que consiste notre travail au Centre".

La Opinión a échangé avec José Fernando Tapia au sujet de ses projets et des difficultés qu’il a rencontrées dans son travail.


Pensez-vous que nous sommes racistes à Cúcuta?
Non, je ne le crois pas. Ici , on respecte le gens des autres races et d’autres cultures. A Cúcuta on traite très bien les étrangers. Je crois que l’erreur principale vient de nous autres, de la communauté afrodescendante, qui ne s’auto reconnait pas, et ne profite pas non plus de nombreuses opportunités qui sont disponibles.


À qui sert donc le Centre d’Autoreconnaissance Afrocolombien ?


L’idée est d’abord de nous connaitre, de savoir qui nous sommes, combien nous sommes, et ce que nous faisons. C’est réellement satisfaisant de rencontrer des personnes qui te saluent simplement parce tu es également noir. C’est quelque chose de bien, cela en dit long sur l’union qui peut exister entre nous. Mais la première étape c’est d’être unis et de commencer à impulser notre culture pour au fur à mesure gagner des espaces de reconnaissance.


Qu’est ce qui amène de jeunes universitaires à créer le Centre?


Nous en avons perçu la nécessité. Nous étions des étudiants qui venions de différents endroits du pays et en tant que communauté afrodescendante, nous avons commencé à être unis à l’Université. Nous avons dès lors décidé de nous aider nous les uns les autres, nous nous faisions des faveurs, nous étudiions, on donnait des conseils à des gens en dehors de l’université et c’est ainsi que cette cause a grandi.

Ne pensez-vous pas qu’en disant "nous les noirs", cela contribue à ce qu’une différence soit marquée ?


Bien sûr que non, ce que je suis en train de faire, c’est m’auto reconnaitre et c’est important.. Que nous nous appropriions notre identité, notre culture et de nos traditions. Il y a des gens qui n’en savent rien de leur culture afrodescendante, et c’est une erreur, car nous ne pourrons jamais nous détacher de ce que nous sommes.

Cela vous fait-il mal qu’on vous qualifie de "negro"?


Non, c’est absurde. Nous sommes noirs et cela ne cause aucun problème. Il existe des différences culturelles, cela ne doit poser de problèmes à personne. Il y a clairement des gens qui utilisent l’adjectif comme une insulte et cela devient offensant. Mais non, je suis noir et j’en suis heureux.


Vous recevez de l’aide de la municipalité...


Bien sûr. C’est la municipalité et le gouvernement qui nous ont donné l’espace pour travailler au Secrétariat de la Culture et nous leur en sommes reconnaissants. Parfois nous cognons à des portes et nous n’avons pas de chance, mais pour le projet du Centre d’Autoreconnaissance, la municipalité nous apporte effectivement son soutien.

Que manque-t-il donc à Cúcuta pour la communauté afrodescendante?


Je pense qu’il y a des problèmes graves de pauvreté dans les zones périphériques de la ville. Il faut prêter attention à cela, parce qu’il ne s’agit pas de personnes en situation de déplacement, mais d’habitants de Cúcuta qui souffrent de la néglligence et de l'inattention de la part du gouvernement.

Pour quelle raison dites-vous que vous êtes heureux d’être afrodescendant?


Nous sommes des personnes joyeuses, qui aimons beaucoup parler et toujours disposées à aider les autres. C’est pour cette cela et parce que nous sommes une ethnie culturelle.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

http://www.laopinion.com.co/noticias/index.php?option=com_content&task=view&id=384283&Itemid=103%20

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08 juin 2011

Hommage mérité à la créatrice de l’ONG Afrochilienne Oro Negro

 

 Sonia Salgado Henríquez qui avec sa sœur Marta a fondé il y a 10 ans le Mouvement Afro au Chili a reçu un hommage très émouvant des dirigeants des Organisations réunis à l’occasion d’un Camp International de Jeunes. C’est elle qui fut à l’origine du processus de reconnaissance de l’Ethnie Afrochilienne à une époque où personne au Chili ne reconnaissait la présence de descendants d’africains.

 

oro_negro

L’existence de descendants d’esclaves africains dans notre pays avait été déclarée de manière officielle pour la première fois au Chili lors de la Pré-Conférence de Santiago +5 contre la discrimination et le racisme qui s’est tenue dans la capitale en 2000. Cette Pré-conférence avait été organisée en préparation de la Conférence de Durban en Afrique du Sud (2001). De la présentation officielle est également née l’idée de mettre en place un projet de développement humain qui rendrait la population afrodescendante au Chili visible.

 

L’Organisation Non Gouvernementale  “Oro Negro” fut dès lors créée et regroupa des  afrodescendants Chiliens. Cette organisation a entamé cette tâche ardue pour laquelle il a fallu non seulement lutter contre la désinformation historique qui avait été inculquée dans les écoles et collèges relativement à l’existence historique des afrodescendants dès la période coloniale, mais aussi faire face aux difficultés qui se présentent dans les institutions officielles qui par le rôle qu’elles jouent, devraient avoir de plus grandes  connaissances de cette réalité.

 

Le rôle de Sonia Salgado Henríquez a à cet égard été fondamental, puisqu’il a signifié le premier élan vers un changement de mentalité dans la société. Grâce au travail de l’ONG Oro Negro, au moins en ce qui concerne notre Région XV, l’existence des Afrochiliens a été définitivement assumée; la présence dans la citoyenneté a été acquise et aujourd’hui, ceux qui se reconnaissent comme afrodescendants sont très nombreux. La Fondation Oro Negro a également entrainé la constitution de plusieurs autres organisations comme des  groupes culturels, des associations visant la préservation du patrimoine ethnique ou dans le domaine de la danse qui ont ainsi profité de l’impulsion donnée par l’ONG.

 

Sonia Salgado Henríquez qui est assistante sociale de Profession a été la première personne d’ethnie afrodescendante à occuper un poste public, en tant que Mairesse de la Commune de Camarones et qui a toujours manifesté son engagement envers la communauté, travaillant pour son développement et pour sa reconnaissance.

 

Cet hommage a constitué un remerciement mérité pour le grand rôle que joué par Sonia Salgado Henríquez, dans l’ONG. Oro Negro, et dans le travail que cette Organisation a mis en place en faveur des Droits Humains, chaque jour avec plus de force, et désormais fois avec pour objectif la reconnaissance légale et l’inclusion dans le prochain recensement qui sera effectué en 2012.

 

 

http://ong-oronegro.blogspot.com/

 

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

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05 juin 2011

Décès d’Abdias do Nascimento, Grand Défenseur des droits des Noirs au Brésil

Par BRUCE WEBER

 

 Le leader des droits civiques des noirs Brésiliens, l'écrivain, peintre, homme politique et érudit Abdias do Nascimento,connu pour son franc parler, est décédé à Rio de Janeiro. Il était de 97.
Les sources divergent sur la date du décès, disant que c'était soit le 23 mai ou 24. La cause; des complications du diabète, selon Anani Dzidzienyo, un ami qui en tant que professeur d'études brésiliennes à l'Université Brown a écrit sur M. Nascimento.

Abdias

Pendant des décennies, M. Nascimento a représenté une voix dissidente dans une société brésilienne, qui pendant la plus grande partie du 20ème  siècle était identifié par son gouvernement et perçue par une grande partie de sa population comme une démocratie raciale. M. Nascimento a soutenu, à la fois dans son art et dans sa rhétorique politique, qu’en fait, le Brésil était demeuré une société raciste.

Un nombre beaucoup plus important de noirs Africains furent envoyés au Brésil comparé aux États-Unis dans le cadre du commerce des esclaves, et le Brésil n'a pas aboli l'esclavage avant 1888. Ce n'est qu’au cours de la dernière décennie, alors que des programmes d'action affirmative ont pris racine dans de nombreuses universités brésiliennes et dans certains organismes gouvernementaux, que le racisme a été reconnu publiquement comme un problème au Brésil.

"C’était une légende" a déclaré Edward E. Telles, professeur de sociologie à Princeton et auteur de “Race in Another America: The Significance of Skin Color in Brazil,” en parlant M. Nascimento dans un entretien téléphonique. "Des années  1930 jusque vers les années 1990, le Brésil était considéré comme une démocratie raciale, mais personne ne parlait de race, et il existait une hiérarchie raciale claire. Les pauvres étaient noirs en majorité, et les élites étaient presque toutes blanches. Il n'avait pas peur de dire aux gens que la démocratie raciale était un mythe. Et il l'a dit pendant 60 ans. "

 En 1944, M. Nascimento a fondé le Théâtre Expérimental Noir à Rio de Janeiro, une troupe qui célébrait la culture d’influence africaine. Il a formé des citoyens noirs au métier d’acteurs, défiant ainsi la coutume du casting des acteurs blancs portant une face noircie.

En tant qu'acteur, il a joué dans "Orfeu da Conceição", la pièce de Vinicius de Moraes qui est devenue la base du film de 1959 "Black Orpheus", réalisé par Marcel Camus. La troupe a également parrainé des événements pour les droits civiques, parmi lesquels le Premier Congrès des Noirs du Brésil organisé à Rio de Janeiro en 1950.

En 1945, M. Nascimento a aidé à fonder le Comité Démocratique Afrobrésilien  pour lutter pour la libération des prisonniers politiques. Après un coup d'État militaire en 1964, il a vécu un exil auto-imposé aux États-Unis et au Nigeria jusqu'au début des années 1980. Alors en exil, il a commencé à peindre des œuvres aux couleurs frappantes présentant des images humaines et naturelles en juxtaposition avec des formes géométriques, évoquant des thématiques culturelles et religieuses afrobrésiliennes. Son travail a été exposé aux États-Unis, au Brésil et ailleurs.

À la fin des années 1970, alors que l'armée détenait toujours le pouvoir (jusqu'en 1985), M. Nascimento, toujours en exil, aida à fonder le Parti Travailliste Démocratique du Brésil, veillant à ce que la question de la discrimination raciale fasse partie de sa plate-forme. Il a servi dans la législature du Brésil en tant que député et sénateur. Il a également aidé à fonder les études afrobrésiliennes et l'Institut de recherche connu sous le nom Ipeafro à Rio de Janeiro.

"Il n'y avait pas de brésilien plus important que Nascimento depuis l'abolition de l'esclavage en 1888", selon Ollie A. Johnson, professeur d'études africaines à l'Université Wayne State à Detroit et l'auteur de “Brazilian Party Politics and the Coup of 1964.”  "Aucun autre brésilien n’a combattu aussi fortement et plus longtemps contre la suprématie blanche et le racisme au Brésil dans l'ère post-esclavage. Pour que les Américains comprennent et mesurent sa contribution,  il faudrait dire qu'il était un peu de Marcus Garvey, un peu de WEB DuBois, un peu de Langston Hughes et un peu d'Adam Clayton Powell. "

 M. Nascimento est né en Mars 1914 à Franca, dans l'État brésilien de São Paulo. Son père était  cordonnier, sa mère faisait des bonbons et les vendait dans la rue. Ses grands-parents avaient été esclaves.

"Il a grandi entouré de gens qui ont expérimenté les derniers jours de l'esclavage," dit M. Dzidzienyo, en ajoutant que le fait de garder cette expérience vivante à travers le 20ème   siècle "fut l'une de ses contributions les plus importantes."

M. Nascimento a étudié la comptabilité et a obtenu une licence en économie de l'Université de Rio de Janeiro. Encore adolescent, il a rejoint le mouvement des droits civiques Brésilien,  connu sous le nom Front Noir Brésilien.

Durant son exil, il a enseigné à la State University of New York à Buffalo, où il a fondé la chaire des cultures africaines dans le programme d’étude de l'université de Porto Rico. Il a également enseigné à Yale et à Wesleyan.

Ceux qui lui survivent comprennent sa troisième épouse Elisa Larkin Nascimento, qui est l'actuelle directrice de Ipeafro; trois fils, Henrique Christophe, Bida et Osiris, et une fille, Yemanja.

Activiste pratiquement jusqu'à la fin de ses jours, M. Nascimento a donné sa dernière interview à l'universitaire américain Henry Louis Gates Jr. pour une série documentaire sur PBS, “Black in Latin America,”, qui a été diffusé ce printemps.

"Le Brésil a-t-il jamais vraiment eu une démocratie raciale?" lui avait demandé M. Gates.

"Le peuple noir ressent dans sa chair le mensonge qu’est la démocratie raciale dans ce pays", a répondu M. Nascimento. "Vous avez juste à regarder une famille noire. Où vivent-ils? Les enfants noirs, comment sont-ils formés? Vous verrez que tout cela est un mensonge. Vous devez comprendre que je dis cela avec une profonde haine, une profonde amertume de la manière dont les Noirs sont traités au Brésil. "

M. Gates lui a alors demandé si toutefois il y avait matière à optimisme.

"Si je n'étais pas un optimiste, je me serais pendu", a répondu M. Nascimento

 



Source : http://www.nytimes.com/2011/05/31/world/americas/31nascimento.html

Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

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06 mai 2011

Le célèbre chef Jeff Henderson de la prison à la cuisine

 

William R. Wood | Kalamazoo Gazette The Kalamazoo Gazette

 

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Le Jeff Henderson  que nous connaissons  est le célèbre chef de l'émission "The Chef Jeff Project" diffusé sur la chaîne Food Network, auteur du Best-Seller du New York Times, "Cooked" et sujet d'un prochain film de la Columbia Pictures, et radicalement différent du Jeff Henderson, l'ancien trafiquant de cocaïne.

Henderson affirme qu'à une époque, il détenait environ 40% du marché de la cocaïne dans le sud-est de San Diego. Il gérait un business de vente et de fabrication de cocaïne d'une valeur de 35000$ par semaine.

"Adolescent, je prenais des vacances somptueuses, j'ai acheté ma première maison, je conduisais  des voitures de luxe et je possédais des bijoux chers", déclare Henderson. "En d'autres termes, je vivais ce qu'on appelle le rêve américain au détriment de ma communauté, ce je ne suis fier d'aucune façon."

Henderson sera à Kalamazoo le 12 mai prochain à 17 h 30 pour parler de son passé et de la manière dont il s'est amélioré. Ce sera à l'Hôtel Radisson Plaza & Suites au centre-ville de Kalamazoo, où il est le conférencier invité au dîner Opportunities for Education Scholarship Fundraising parrainé par le Kalamazoo Valley Community College Foundation.


Henderson a été arrêté en 1988 à l'âge de 24 ans pour conspiration avec l'intention de distribuer de la drogue. Il a purgé la majeure partie de sa peine dans la prison Fédérale de  Terminal Island à Los Angeles et a passé en tout 10 ans en prison.

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C'est d'ailleurs dans le milieu carcéral qu'il est devenu cuisinier et a ainsi trouvé sa vocation.

"J'aimais la louange en cuisine et le fait d'avoir enfin trouvé quelque chose que j'aimais faire et qui n'était pas criminel, que j'ai finalement transformé en une grande carrière après ma libération", déclare Henderson.

En prison, Henderson a commencé par préparer du poulet frit, du pain de viande, des roulés à la cannelle et la tarte crème Boston. Aujourd'hui, parmi ses plats favoris on retrouve  notamment la vichyssoise de chou-fleur au confit de canard, la bisque de homard et le bar rôti à l'eau de tomate.

En 2001, il deviendra chef exécutif du Caesar's Palace de Las Vegas et le premier Afro-Américain à occuper ce poste. En 2006, à 42 ans, il est nommé Chef  du Café Bellagio à Las Vegas. Henderson est désormais le propriétaire d'une entreprise  de restauration, Posh Urban Cuisine, et anime une émission de téléréalité qui choisit six jeunes à risque et les accompagne dans leur travail au service traiteur de l'entreprise de Henderson.

 

Mais c’était loin d’être le faste et la célébrité après la sortie de prison pour Henderson. Il raconte qu'il a lavé un grand nombre d'assiettes lorsqu’il travaillait pour redonner un sens à sa vie. C'était difficile, car personne ne lui accordait beaucoup de respect parce qu'il avait été un condamné.

Qu'est ce qui l'a donc fait continuer?

"Mon désir de ne pas retourner (en prison), de réparer mes torts, de rendre mes parents fiers, d'être là pour éduquer mes enfants", déclare Henderson. " Avoir une famille m'a gardé les pieds sur terre".

Contact William R. Wood au 269-388-8549 ou bwood@kalamazoogazette.com.

 

Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/



 

 

 

           

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18 avril 2011

Almena Lomax, pionnière du journalisme afroaméricain

 

 

Elle fonda un journal pour sa communauté pendant la ségrégation

DAVID ALANDETE 

lomax

Almena Lomax était une journaliste pour la cause, de celles dont la personnalité était plus forte que les histoires qu’elle relatait. Morte à 95 ans le 25 mars dernier à Pasadena en  Californie, elle avait fondé durant la période de la ségrégation un journal qui se définissait fièrement comme noir. Lomax occupait une tribune incommode pour une société qui vivait encore avec des éléments racistes, surtout dans le sud. Avec les années, la journaliste laissa la place à la militante de la liberté qui ne cessa de faire face à la répression contre sa race.

 

À la une du Los Angeles Tribune, le journal qu’elle fonda en 1941, avec seulement 100 dollars de l’époque, elle proclamait: "La meilleure protection que  peuvent offrir les journaux contre la distorsion, l’exagération et la rumeur, c’est la publication franche et dépassionnée des faits. La Vérité dignifie toujours; la rumeur ne le fait jamais". Cette vérité, selon elle à cette époque, était l’exploitation raciste des noirs par l’Amérique Blanche.

 

Le journal allait atteindre un tirage de 25.000 exemplaires. Elle écrivait normalement toutes les 24 pages de son contenu, à l'exclusion de la section des sports. Maîtresse de l'ironie, en 1946, elle remporta le prix du journalisme afro-américain Wendell L. Willkie pour une colonne dans laquelle elle ridiculisait le mythe de la puissance sexuelle des amants afroaméricains. Dix ans plus tard, elle voyagea dans l'Alabama pour couvrir le boycott des autobus à Montgomery distincts. Elle y interviewa le leader des droits civiques Martin Luther King. 


En 1960, le Los Angeles Tribune ferma. Dans une lettre de l’éditeur, elle expliqua qu'elle ne pouvait continuer à payer les impôts que le gouvernement lui exigeait. Elle fit ses valises et déménagea avec ses six enfants dans le sud, à Alabama. L'année précédente, elle avait divorcé de son mari. Dans de nombreux États du sud, existait toujours la ségrégation dans les écoles et dans les endroits publics. C’était quatre ans avant que Lyndon B.Johnson ne fasse adopter des lois protégeant les droits civils

 

Lomax voulait éduquer ses enfants de manière à ce qu’ils sachent comment les personnes de leurs races étaient traitées. Ils eurent très vite un exemple pratique. À une station d’autobus dans la ville de Big Spring au Texas, elle refusa de rentrer dans la salle à manger réservée aux noirs et emmena ses enfants dans celle des blancs. On ne lui servit pas à manger, mais elle repartit quand elle voulut et de son propre gré. Ainsi était Lomax, bien plus qu'une journaliste, protagoniste de nouvelles, par son militantisme. Lorsqu’en 1971 elle retourna à Los Angeles et demanda un travail pour lequel elle reçut une réponse négative dans le Times local, elle porta plainte contre le journal pour discrimination raciale. 


En se souvenant de sone pénible voyage dans le sud de la ségrégation, la journaliste écrivit: "Les Noirs qui sont ou peuvent être des leaders, qui sont motivés pour améliorer le monde en faveur de l'humanité, doivent entrer dans la bouche du loup de Jim Crow [un personnage fictif représentant la ségrégation aux États-Unis] et le connaitre dans sa réalité brutale et inhumaine ".

 Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/


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13 septembre 2010

Chucho Valdes , Jazz à La Havane

Le pianiste virtuose cubain Chucho Valdes arrive en Colombie dans le cadre du Festival Barranquijazz. Retour sur sa vie et les origines du jazz afro-cubain.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

chucho

Chaque fois qu’on demande à Chucho Valdes s'il est vrai qu'il a commencé à jouer au piano à l'âge de trois ans, il raconte la même histoire. Un jour, son père, Bebo Valdes, qui était alors membre de l'orchestre Tropicana, avait oublié quelques partitions dans la maison et dut donc y retourner pour les prendre. En entrant chez lui, il entendit une mélodie, et lorsqu’il trouva son fils assis devant l'instrument, il demanda tout de suite à son épouse, qui était chanteuse et professeure de piano, “est ce que c’est toi qui lui as appris à jouer comme ça? "Ce à quoi elle répondit: "Non, je ne lui ai jamais appris. Chaque fois que tu joues, il est toujours en train de te regarder de l’arrière. "

C’était écrit qu’il en serait ainsi. Pendant les années 40, Chucho eut non seulement son père comme professeur, mais aussi des centaines de musiciens cubains qui vivaient près de chez lui à Santa Amalia, un quartier de La Havane. La musique populaire cubaine était la bande sonore quotidienne de la semaine, excepté le dimanche à 11 h du matin lorsqu’il écoutait religieusement une émission de jazz animée par le tromboniste Glenn Miller. Pas étonnant alors que la musique lui vienne naturellement. A neuf ans, peu de temps après avoir commencé à étudier le piano de manière formelle, il laissa le public d’un célère cabaret de l’île bouche-bée lorsqu’il interpréta en une seule soirée, un danzón, une sonate de Mozart et un chachachá.

Sa virtuosité, combinée à une intense formation académique ont fait de lui l'un des pianistes les plus importants du jazz afrocubain dans le monde. Il arrive au pays en compagnie de l’Afro-Cuban Messengers, un groupe composé en majorité de jeunes interprètes, avec lesquels il a enregistré sa plus récente production intitulée Chucho’s Steps.

Le musicien âgé de 68 ans a depuis longtemps cessé de vivre sous l'ombre de son père et lorsqu’on le compare à lui, il répond tout simplement par une allégorie: “Chez les Yorubas, on dit que la charrette ne va jamais avant les bœufs. Je suis la charrette, l'apprenti, et je ne pense pas devenir meilleur que lui. ”

Chucho passe son temps à voyager d’un endroit à l’autre, mais sa relation avec Cuba est très étroite. Il sait que la musique est l'âme de l'île, "historiquement, c'est notre pain quotidien. C'est ce que nous respirons. " Ce n’est pas pour rien que le pianiste Eddie Palmieri a dit une fois lors d'un concert que les Cubains sont les auteurs des "rythmes les plus complexes et les plus excitants de la planète."

L’histoire de la naissance de ces rythmes comprend une longue liste de noms, d’enregistrements, de dates ... et dans le cas de l'union de la musique populaire cubaine et du jazz, ce fut un processus complexe de transculturation qui reste aujourd’hui l’objet d’un débat entre les universitaires et les spécialistes du sujet.

D’entrée de jeu, on sait que les deux courants musicaux ont dérivé de ce que l’on connait aujourd’hui comme le jazz afrocubain et qu’ils ont un ancêtre commun: l'Afrique. L'arrivée des esclaves provenant du continent noir a marqué à jamais le destin de l'Amérique et demeure incontournable. Dans le cas de Cuba et du jazz, les migrations sont les artisans de tout un mouvement artistique qui a commencé à prendre forme dès la fin du 19ième siècle, lorsque les premiers musiciens américains sont arrivés à Cuba et vice versa. Dans son livre Raíces del jazz latino, le journaliste Leonardo Acosta rappelle par exemple l'histoire d'un musicien de blues américain qui a voyagé pour la première fois sur l’l'île en 1898 et qui fut si enchanté  par ses plages qu’il changea son nom et prit celui de Santiago, en allusion à la ville au sud-est.

Jelly Roll Morton, qui s’autoproclame “créateur du jazz”, disait souvent que ce genre provenait d’ "Italie, de France, d'Espagne, de Cuba et de ma propre invention." Un hybride qui inquiète encore la majorité des puristes, même si plusieurs enquêtes ont montré que l'influence latine dans la musique américaine est indéniable.

W.C. Handy, que beaucoup décrivent comme le père du blues, visita l'île alors que sa carrière de compositeur débutait à peine et emporta une copie de son hymne national, que son groupe adapta par la suite.

On connait aussi l'existence de Manuel Perez, un cornettiste cubain qui s’installa en 1890 à la Nouvelle-Orléans, où il créa un ensemble de jazz nommé Imperial Band.

Les coïncidences entre les deux pays sont étonnantes, de telle sorte que dans les années 20, il y avait déjà deux groupes de jazz dans les provinces de la plus grande des Antilles. Les premières rencontres entre les musiciens cubains et américains se produisirent dans les hôtels, les cabarets, les boites de nuit et les casinos de La Havane. Pendant les années qui suivirent, l’essor des communications accéléra l'entrée du swing dans l’île et les noms des grands chefs d'orchestre tels que Duke Ellington, Fletcher Henderson, Benny Goodman eurent une influence sur les artistes locaux. Ce fut un processus qui dura assez longtemps et aboutit à ce que la plupart des spécialistes considèrent comme la naissance du jazz afrocubain.

Le pionnier de ce genre est le clarinettiste et compositeur Mario Bauza, qui déménagea de La Havane à New York en 1930. Harlem, le quartier où il s'installa, en plus d'être le centre des meilleurs spectacles musicaux de la ville était un paradis pour les musiciens noirs qui ne se sentaient pas discriminés, contrairement à ce qui se passait à Cuba à l'époque. C'est ainsi qu’après avoir été membre de certains orchestres, Bauzá fonda avec son beau-frère, le chanteur Frank Grillo "Machito" le groupe Los Afro-Cubans, un paradigme de la musique latine qui révolutionna la manière de faire le jazz et auquel aujourd’hui Chucho fait penser avec son nouveau groupe. Pendant son séjour dans la Grosse Pomme, le clarinettiste se lia d'amitié avec plusieurs musiciens américains et à la fin des 40, il proposa au trompettiste Dizzy Gillespie, un natif de la Caroline du Sud et un précurseur du style be-bop, d’engager le percussionniste cubain Chano Pozo.

Certains font observer que la rencontre de deux personnages a mis la touche finale au jazz et à la musique cubaine populaire. Pozo faisait vibrer le sol avec sa manière de jouer les congas, tandis que Gillespie soufflait la trompette avec frénésie. Ils s’entendaient très bien sur scène et c’est ce qui explique que le percussionniste disait souvent que si aucun des deux ne comprenait la langue de l'autre, tous deux parlaient "africain".

Pendant la période où ils travaillèrent ensemble, ils ont créé un style qui est connu sous le nom ‘cubop’ et beaucoup se demandent encore ce que serait devenu ce genre si Pozo n’avait pas été assassiné en 1948, à peine un an après sa rencontre avec Dizzy.

Dès lors, les associations entre cubains et gringos devinrent de plus en plus récurrentes. Les années 50 furent décisives pour la consolidation de jazz sur l'île, mais le tournant allait survenir lorsque Fidel Castro et ses rebelles renversèrent le dictateur Fulgencio Batista en 1959. La révolution ne tarda pas à taxer le jazz de produit de l'impérialisme, ce qui poussa plusieurs musiciens à choisir l'exil. Un an plus tard, Bebo s’installa en Suède et il n’est plus revenu depuis lors. Son fils par contre est resté, car comme il l’a dit à plusieurs reprises, Cuba est sa principale source d'inspiration. Il ne parle presque jamais de politique avec son père, mais jusqu’à présent, beaucoup se souviennent encore que Chucho fut l'un des signataires de la lettre que les artistes et intellectuels écrivirent pour soutenir Castro, lorsque la presse internationale critiqua durement l'arrestation de 75 opposants au gouvernement en 2003.

Malgré toutes les difficultés causées à l'île par l’embargo – une des choses les plus difficiles pour les artistes fut d’obtenir des nouveautés discographiques - Chucho a réussi à faire définitivement décoller le jazz cubain dans les années 70. Après avoir participé à différents groupes, le pianiste créa Irakere en 1973, un groupe avec lequel il a joué dans les festivals les plus prestigieux au monde.

Le musicien avait emmené le public à jeter son regard sur Cuba,  ce qui explique que quelques années après sa fondation, un bateau de croisière arriva sur ses côtes avec à son bord des légendes du jazz comme Gillespie, le saxophoniste Stan Getz, le pianiste Earl Hines et même le guitariste Ry Cooder, tous impatients de connaître La Havane.

C'est alors que la compagnie de disques Columbia Records invita Irakaere à participer au Newport Jazz Festival 78, même si aucune entreprise nord américaine n’avait été en contact avec des musiciens cubains. Dans un geste sans précédent, le groupe se présenta aux États-Unis dans la salle du Carnegie Hall à New York, où l'événement eut lieu à cette occasion.

C’est justement là qu’il rencontra de nouveau son père, qu’il ne voyait pas depuis son départ pour Stockholm. Et même s’ils vivent toujours dans des endroits séparés - Bebo vit désormais à Malaga, en Espagne et Chucho à La Havane - c’est comme si le piano était une extension de leurs corps. Tous les deux respirent la musique et aucun n’ose confirmer avec certitude la phrase du chanteur Benny Moré, qui avait un jour dit à Bebo, après avoir vu son fils en action, "Écoute, ce petit jouera mieux que toi." Chucho ne croit pas en cette prophétie, mais les chiffres sont là pour établir la réussite de sa carrière : il a enregistré 87 albums et a reçu sept Grammy Awards. Il a en outre un doctorat "Honoris Causa" de l'Université de Victoria au Canada, et il ya quelques années, il a reçu les clefs de la Nouvelle-Orléans, une distinction qui honore le lien puissant qui a toujours existé et persistera entre Cuba et le jazz.

Source : http://www.revistaarcadia.com

Par: María Paula Laguna

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01 septembre 2010

Laurence Prescott, spécialiste de la poésie afrocolombienne invite les afrodescendants au voyage

Par Stephanie Claytor* pour ColordeColombia

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

prescottPrescott, un pionnier aux États-Unis dans  les études sur la poésie des auteurs Colombiens noirs et grand ami de Manuel Zapata Olivella a eu un entretien avec la jeune journaliste Stéphanie Claytor à la Foire du Livre.


Bogota, Colombie. Lors de la 23ième Foire internationale du Livre qui s’est déroulée récemment, le Dr Laurence Prescott, professeur de Littérature Hispanique et Afro-latine à l'Université d'État de Pennsylvanie, a évoqué deux célèbres poètes afro-colombiens: Jorge Artel et Candelario Obeso.


Prescott a raconté à l'auditoire les voyages de ces poètes dans les pays des Caraïbes et des Amériques. Des observations suite à leurs voyages, les poètes ont pris connaissance de la vie de la population noire dans les Amériques au cours des XIXe et XXe siècles. Parmi leurs œuvres, on retrouve Cantos populares de mi tierra (Chants populaires de ma terre,  Obeso, 1877) et Tambores en la Noche (Tambours dans la Nuit, Artel, 1940).

Prescott avait entendu parler de ces poètes lors de ses propres voyages. Pendant ses études à l'Université de l'Indiana, Prescott a assisté à des conférences de Manuel Zapata Olivella, un autre écrivain afrocolombien célèbre, qui a écrit Chambacu, Corral de Negros, entre autres œuvres.

Prescott se fascina pour les œuvres de Zapata lorsqu’il apprit qu’il y avait des noirs comme lui qui vivaient en Colombie. Il se mit en contact Zapata qui l'aida à publier son premier article sur la population afrocolombienne dans ce pays.

Cette expérience et l’échange culturel a permis à Prescott faire une demande et d’obtenir  le Fulbright-Hays Fellowship en 1975 pour faire une recherche sur les écrivains afrocolombiens parmi lesquels Obeso, Zapata, et Artel.

Après deux ans de recherches dans de vieux livres de poètes, tout en faisant connaissance avec certains et leurs familles et en voyageant à travers la Colombie, l'Amérique Latine et l’Europe, Prescott a écrit son œuvre Candelario Obeso y la iniciación de la poesía negra en Colombia (1985), (Candelario Obeso et l'initiation de la poésie noire en Colombie ) qui lui a permis de recevoir son doctorat de l'Université de l'Indiana.

En 2000, il écrit le livre Sin odios ni temores: Jorge Artel y la lucha por la expresión literaria negra en Colombia.(Sans haine ni peurs: Jorge Artel et la lutte pour l'expression littéraire noire en Colombie).

Dans son exposé au Salon du Livre, Prescott a utilisé les expériences d’Artel et d’Obeso comme exemple pour démontrer pourquoi il est important que plus de jeunes afrodescendants voyagent.

"Voyage rime avec changement. C’est l’occasion d'apprendre quelque chose de nouveau, de vivre de nouvelles expériences et de rencontrer de nouvelles personnes. Cela agrandis votre connaissance du monde", déclare Prescott. "On est capable de s’identifier aux autres, de se libérer des limites de son propre environnement."

Dans un sens, Prescott suggère que celui qui voyage perçoit davantage l’humanité des autres personnes et leurs similitudes et sera moins enclin à se focaliser sur les différences des autres.

Selon le gouvernement américain, seulement 28% de la population de votre pays détient un passeport. En considérant que le pourcentage d'Afro-Américains qui détiennent  un passeport est beaucoup plus faible et que le reste de la population afrodescendante dans les Amériques doit avoir de l’argent mis de côté pour obtenir un visa de voyage - ce qui est très souvent impossible-  il semble que Prescott soit dans le vrai a un bon point.

Nous, les noirs et les Afro-descendants, nous devons trouver un moyen, comme nos modèles, de voyager davantage. Cela permettrait un échange culturel et un meilleur développement de nos communautés.

Stephanie Claytor est journaliste diplômée de la Syracuse University et du programme Fulbright ETA à Bogotá. Spécialement pour Color de Colombia

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19 mai 2010

Sonia Pierre et le racisme en République Dominicaine

Espacinsular

Traduit de l’espagnol par Guy Everard Mbarga  http://guyzoducamer.afrikblog.com/

PierreCe soir, j’ai eu l’occasion d’interviewer Sonia Pierre. Dans le passé, nos communications s’étaient faites par téléphone et je dois confesser que c’est une rencontre que j’attendais avec anxiété pour le courage et l’engagement qu’a tant de fois démontré cette femme extraordinaire ; mais surtout, pour cette cause à peine connu à laquelle elle a consacré sa vie : mettre fin à la marginalisation et au racisme dont souffrent les haïtiens, et les dominicains descendants d’haïtiens en République Dominicaine.

Grande, vêtue d’une veste, d’une chemise blanche et d’un foulard attaché autour du cou, Sonia Pierre donne une certaine impression de distance, de fatigue. Elle semble dépassée par les nombreuses reconnaissances qu’elle a reçu ces derniers temps et par l’agenda marathonien qui l’a emmené de manière fugace à Madrid. La plus importante de ces reconnaissances, le Prix International de la “Femme de Courage”, lui a été remise en mars dernier par Michelle Obama et Hillary Clinton.

On est reconnaissant pour les prix internationaux”, confesse Sonia, qui a déjà reçu le prestigieux prix Robert F. Kennedy des Droits Humains en 2006 et dont le nom résonne pour le Nobel de la Paix. “Mais ce que j’aimerais le plus, c’est d’être reconnue en République Dominicaine. Cela voudrait dire que nous avançons dans notre cause”.

De la rencontre avec la première dame et la secrétaire d’États des États-Unis, ressortent quelques paroles que Michelle Obama a dédié à un groupe de femmes qui avaient assisté à la cérémonie de remise du prix: “Si Sonia Pierre a pu protester et exiger de meilleures conditions pour les travailleurs immigrants à l’âge de 13 ans, un fait pour lequel elle a été arrêtée, alors aucune  de vous n’est trop jeune pour faire une différence”.

Une fois que nous commençons l’interview enregistrée par RNE, la présidente du Mouvement des Femmes Dominicano - Haïtiennes (MUDHA), elle met de côté la fatigue, le trouble provoqué par la succession de vols qu’elle a effectué cette semaine, et elle se livre à une conversation profonde, franche et calme. Une conversation qui l’amène à rappeler – se souvenir des ces temps passés, d’initiation à la poigne aux Droits Humains, mentionnés par Michelle Obama.

Lorsque j’était petite fille, nous ne sortions presque jamais du  batey pour aller dans le village. Un jour, je suis allé dans la maison d’un petit garçon et j’ai vu pour la première fois une salle de bain. Ces différences que je découvrais peu à peu m’inquiétaient depuis toute petite. Pour pouvoir avoir des livres, il fallait faire les devoirs de la fille du majordome, qui était un leader du batey. Cela ne me plaisait pas non plus de voir que les coupeurs de canne qui venaient d’arriver devaient dormir dans la cour; ni la situation de la femme, qui était une propriété de l’homme. Avec le temps, je me suis dit que je ne pouvais pas être complice de ma propre exploitation”.

Le batey est un logement ne réunissant pas les conditions minimums pour être habité, lié traditionnellement à la culture et à la récolte de la cane à sucre. 80% de ses habitants vivent dans la pauvreté extrême. Ils sont en majorité afrodescendants : des immigrants venus d’Haïti pour réaliser ce travail hyper dur et mal payé en République Dominicaine, ou des dominicains d’ascendance haïtienne.

Deux documentaires rendent compte de la réalité de ces établissements: El precio del azúcar de Bill Haney, et Los niños del azúcar d’Amy Serrano. On estime à plus de 400 le nombre de bateys dans le pays.

Travail que Sonia Pierre a fait par la suite pour les bateys –programmes de santé, d’éducation, de défense des droits humains et d’assistance légale – lui a causé. Des problèmes extrêmement négatifs, comme nous le verrons dans une prochaine entrée du blog. Par les biais de subtilités légales, on a tenté de la priver de la nationalité dominicaine, dont elle jouit parce qu’elle est née sur cette terre, par le  jus soli, et ainsi l’expulser de son propre pays.

Un viol moral et légal, une violation flagrante des droits fondamentaux, dont souffrent également aujourd’hui des milliers de dominicains dont les parents sont arrivés d’Haïti à cause de dirigeants politiques qui n’ont aucune honte à promettre la fermeté contre ce qu’ils appellent le "problème haïtien".

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30 mars 2010

Gregory Meeks, allié afroaméricain des afrocolombiens au Congrès Américain

MEEKS

Lors de sa première visite en Colombie, Gregory Meeks voyagea dans le Chocó et visita une école d’enfants déplacés par le conflit armé du pays.

Il s’aperçut alors que les limitations de la population étaient beaucoup plus profondes que ce qu’il imaginait, mais il  vit quelque chose dans les yeux de cette enfance combattive.

C’était un éclat, le rêve de meilleures conditions et  la volonté de lutter pour celles-ci.

Cette lueur rappela à Meeks une de ses idoles : le juge de la Cour Suprême des États-Unis Thurgood Marshall, que le  représentant nord-américain reconnait, comme une des plus grandes influences de sa vie, de même que ses parents.

Thurgood Marshall s’est efforcé sans cesse d’obtenir l’égalité pour les  afroaméricains dans le système légal états-unien”, rappelle  Gregory Meeks.

Le membre du Congrès pensait que si les enfants afrocolombiens étaient encadrés par un système éducatif caractérisé par l’équité et offrant les mêmes opportunités à tous, sans qu’importe la race et l’origine sociale,  ces âmes si jeunes pouvaient devenir les futurs leaders de leur race, du pays et du monde.

Gregory Meeks se vit lui-même à travers les enfants du Choco. Il replongea dans les souvenirs de son enfance modeste, mais le poids de la nostalgie ne le plongea pas  dans la tristesse.

Meeks reconnait qu’il a eu la merveilleuse opportunité de s’éduquer et que, grâce à cela, il a pu se distinguer dans sa vie politique.

Le représentant se souvient de ses années à l’École de Droit d’Howard, à Washington DC, comme des plus heureuses de son existence. Cette expérience, reconnaît-il, lui a donné de nombreux outils qui lui ont servi par la suite dans son travail pour la société.

De ses années universitaires, il se souvient avec beaucoup d’admiration d’un camarade de classe, Alvin Pittman, qui est l’un des meilleurs avocats en droit du travail des États-Unis.

Après avoir obtenu son diplôme en Droit, il est devenu Substitut du Procureur de la République du District de Washington. Ce travail fut très enrichissant: “j’ai pu aller chercher la liberté d’individus qui étaient innocents et m’assurer que ceux qui causaient des dommages à la société soient mis en prison”, affirme Meeks.

Après son poste de Substitut du Procureur, il occupa des fonctions permettant de menere des investigations sur le trafic des drogues et la corruption politique. Mais il affirme qu’il s’est lancé dans la voie politique alors qu’il travaillait comme leader communautaire dans le très connu secteur du Queens, à New-York.

Pendant ses années comme leader communautaire dans le Queens, Meeks a travaillé pour obtenir de meilleurs soins dans le système de santé new-yorkais et pour assurer la construction d’espaces de vie dignes pour les personnes.

MEEKSSSon leadership fut reconnu par des nombreuses personnes et ceux qui connaissaient son travail communautaire lui demandèrent de se lancer dans la course pour un poste vacant à l’Assemblée.

C’est ainsi que Gregory Meeks allait devenir Juge Superviseur dudit organisme et assura la surveillance du système de compensation des travailleurs nord-américains.

De nouveau, ses supporters lui demandèrent de chercher à obtenir un poste au Congrès des États-Unis, et  Meeks remplaça le politicien Floyd Flake. Il est représentant depuis onze ans.

Tout au long de ces années, Gregory Meeks a gagné la reconnaissance et le respect de ses collègues républicains et démocrates de même que de ceux qu’il représente, en se distinguant comme un leader efficace, ayant le sens commun ; et comme un homme pragmatique et d’une très grande intelligence.

Un groupe d’afrocolombiens formé par Óscar Gamboa, Luis Gilberto Murillo et Robert Asprilla, le contactèrent un jour contacté Meeks et lui demandèrent de mener une révision des politiques du gouvernement américain en faveur des communautés noires en  Colombie, durant la période de l’application du Plan Colombie.

Ce groupe d’afrocolombiens sollicita l’intervention de Meeks pour trouver un équilibre entre les ressources que le Plan destinait à la guerre et celles de l’investissement social. Cette demande suivie par le représentant a obtenu  une augmentation de 35% des ressources du Plan Colombie destinées aux communautés vulnérables.

Comme résultat de l’interaction avec ses leaders afrocolombiens, Meeks a également mené un travail d’incidence auprès du Gouvernement Colombien qui s’est traduit par une plus grande présence des membres de la Communauté Noire dans les hautes fonctions et dignités de l’État.

En août 2005, Gregory Meeks visita pour la première fois la Colombie, invité par  Murillo, Gamboa et Asprilla, pour constater de ses propres yeux la réalité de la population afrocolombienne.

J’ai dit à  Robert Asprilla qu’à ce moment, je ne souhaitais pas rencontrer le Gouvernement, ni voir les beaux sites touristiques. Je veux voir le vrai peuple de Colombie. Ils m’ont donc emmené à Buenaventura,  Tumaco et dans le Chocó. Ce qui est arrivé en fait, c’est que je suis véritablement tombé amoureux de la Colombie. Lorsque je les ai regardés dans les yeux, j’ai vu en eux mon propre reflet. Quand j’ai parlé aux jeunes et aux enfants, je n’arrivais pas à cesser de penser à ma propre vie”,  se souvient Meeks, en faisant allusion à son enfance aux États-Unis, lorsque les opportunités pour les noirs étaient bien rares.

Cependant, lors de ce premier parcours à travers la Colombie, le représentant demanda au président  Álvaro Uribe Vélez de créer une commission intersectorielle pour l’Avancement de la Communauté Afrocolombienne.

Sa recommandation fut acceptée Met par l’intermédiaire du Décret 4181 du 29 octobre

2007, cette commission commença un travail ardu sous la présidence de  Francisco Santos, vice président de la  Colombie et sous l’administration d’Óscar Gamboa, à l’époque directeur exécutif de l’Association Nationale des Municipalités à Populations afrodescendantes, Amunafro.

Meeks est devenu le porte parole de la Colombie au Congrès des États-Unis, travaillant avec le soutien d’autres membres du Black Caucus, composé de 43 membres afroaméricains du Congrès. Ce qui explique pourquoi aujourd’hui, au Congrès et dans les Gouvernement de son pays, lorsque le sujet est la Colombie, il est la première autorité consultée. Son rôle déterminant dans la création du projet de loi qui autorisa le déblocage de 45 millions de dollars destinés à des projets productifs pour la population afrocolombienne.

Gregory Meeks est retourné en Colombie en Octobre dernier, à l’invitation de l’Université Santiago de Cali, Amunafro, la Mairie de Cali et le magazine  Ébano Latinoamérica, avec pour but de continuer d’aller plus loin dans les thématiques liées aux afrocolombiens et à d’autres secteurs de la Colombie qui peuvent aider à faire avancer les recommandations de la Commission Intersectorielle.

Lors de cette visite,  Meeks a été décoré de la Médaille d’Or de l’Université Santiago de Cali, qui est la plus haute reconnaissance que l’établissement fait à un illustre diplômé ou toute personnalité régionale ou nationale, pour sa contribution académique, sa responsabilité sociale et son travail pour l’amélioration de la qualité de vie de chaque être humain. C’est la première fois que cette distinction est remise à une personnalité internationale qui a apporté son appui inconditionnel à la communauté afrocolombienne.

Le parlementaire américain reconnait que son travail en Colombie est gratifiant grâce au soutien des organisations afros solidement constituées. Il reconnait qu’il existe une infrastructure sociale et des leaders civils courageux qui facilitent le contact avec la population et sont fondamentaux dans le développement de projets qui impliquent cette dernière. Grâce à ces leaders et organisations, selon  Meeks, la coopération entre les États-Unis et la Colombie ont des résultats tangibles.

Les bourses Martin Luther King et Fulbright constituent l’une des réussites les plus importantes de cette aide. Meeks les considère comme le grand pont vers une éducation de qualité pour les afrocolombiens.

Le représentant affirme que dans un monde globalisé, l’apprentissage d’une autre langue et le contact avec des personnes d’autres nationalités, à travers  le milieu académique, sont fondamentaux pour former les futurs leaders de la Colombie et du monde.

On ne sait jamais quel rôle on jouera dans l’avenir –a indiqué Meeks à un groupe d’étudiants noirs à Cali–. Ce que nous savons certainement, c’est qu’il n y a aucune limite. En travaillant ensemble, avec intelligence, vous pouvez construire de meilleurs lendemains, rendre la Colombie meilleure pour les afrodescendants et pour toutes les personnes”.

_BANOTraduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

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10 mars 2010

“Être afrodescendante est un privilège de Dieu”

AFRO

Denny profite de certains espaces pour raconter des histoires culturelles à ses élèves. Photo Cristian Mercado

Par Pedro Plata Acevedo - www.elheraldo.com.co

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

Dans une salle d’école froide de Bogota, Denny Lloreda une fillette de 10 ans originaire du Choco est réprimandée et obtient de mauvaises notes, parce que, plutôt que de parler des paysages gris de la capitale, elle évoque le vert de la forêt, le plumage des oiseaux et les odeurs captivantes de son Bagadó natal, où elle vivait dans le bonheur il y a à peine quelques mois. Avec le temps, cet événement n’allait constituer que l’un de ces moments durant lesquels, inexplicablement, elle allait aller à contrecourant des personnes autour d’elle pour défendre sa culture.

37 ans plus tard, elle est de retour dans une école à mille lieux de son environnement de fillette, mais cette fois, elle est directrice. Chaque pore de sa peau respire la culture afrodescendante, et la froideur de Bogota s’est transformée en chaleur à Barranquilla.

Arriver là où elle est aujourd’hui n’a en rien été facile. “Quand je suis entrée à l'Université Javeriana de Bogota, dans ma faculté, nous n’étions que trois afrocolombiens , et on avait donc l’habitude d’être discriminés, mais cette situation, plutôt que de nous abaisser me remplissait d’énergie et me faisait rêver de projets visant à revendiquer ma race ”, raconte la rectrice du Collège ethnoéducatif Paulino Salgado‘ Batata ’, situé au 21B – numéro 75 - 93, dans le quartier Nueva Colombia.

Mais les difficultés ne provenaient pas seulement de l’extérieur. Alors qu’elle avançait dans son projet d’école dans la ville, elle se rendit compte que les afrodescendants du Pacifique et ceux des Palenque étaient divisés. “Il y avait un éloignement qui faisait beaucoup de dommages. Heureusement, cette situation a changé. ”

Denny a également dû faire face au refus de certains afrodescendants qui avaient mis de côté la culture de leurs ancêtres. Un exemple clair fut la baisse de l’usage du Bantu, car de nombreux parents préféraient ne pas l’enseigner à leurs enfants pour ne pas être discriminés. Heureusement, affirme Lloreda, les choses se sont améliorées, car une des activités des élèves de  Batata’ consiste à demander à leurs parents certains mots de cette langue.

Vers l'avenir. Lorsqu'on pose des questions sur elle à  Barranquilla, les gens la décrivent comme une battante qui, même si elle vit loin de son travail, a apporté sa contribution à cette communauté en quête d'une vie meilleure.

Je suis fière des réalisations au cours des trois années que j’ai passé à l’école. Nous avons réussi à améliorer l’aspect physique et le pavage de la rue autour de l'établissement, en plus de l'arrivée d'un professeur américain, qui donne des cours d'anglais, grâce à un accord ", dit-elle.

Cette femme, mariée il y a 14 ans avec l'avocat Martin Renteria, manque de temps pour réaliser tous les objectifs qu’elle se fixe, car en plus de l’école, elle dirige une fondation dans laquelle elle forme des afrodescendants démunis.

Nous devons renforcer notre identité,  réaliser des laboratoires éducatifs et renforcer l’emploi des trois langues -- bantu, en espagnol et  anglais chez nos étudiants," regrette Denny après avoir chanté une comptine que ses élèves lui ont demandé de leur apprendre. Puis elle sourit, de ce sourire brillant qui n’appartient qu’aux personnes afrodescendantes et dont elle est fière.

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