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Noirs d'Amérique Latine

Textes traduits témoignant du passé et du quotidien des Afrodescendants des Amériques et des Caraibes

16 avril 2009

Luis Antonio 'El Negro' Robles, un illustre académicien Afrocolombien

Couverture du Livre de Fredy González Zubiría

Par: Ángela V. Mosquera 

Washington, DC - USA

Né à  Camarones Guajira le 24 octobre 1849, 'El Negro' Robles a eu une carrière  publique pleine de succès, après avoir été diplômé en jurisprudence au Colegio Mayor de Nuestra Señora del Rosario: il fut ainsi député et  président de Magdalena, ministre,  directeur national du libéralisme, seul membre du congrès pour son parti – élu par Antioquia en 1892 et 1894.

Il enseigna le Droit, écrivit dans des journaux, publia des livres et fut recteur de l'Université Républicaine. Une vie riche qui se figea dans la jeunesse avant l’âge de 50 ans.

Un fait marquant se produisit un certain jour au cours du 19ème siècle. La scène est le lieu où se tiennent les séances de la Chambre de Représentants à Bogotá.

Les protagonistes sont Luis Antonio Robles et un autre parlementaire. Ce dernier,  influencé par son racisme lamentable, voit entrer Robles et s’écrie : "L'enceinte s'est obscurcie!" L’homme originaire de Guajiro, en véritable maître de la réplique et l'art oratoire lui répond : "Je ne suis pas coupable d'être noir : la nuit a imprimé sa cape sur mon épiderme. Mais les os de mes ancêtres blanchissent encore sous les voûtes de Cartagena, parce qu’ils ont donné la liberté à de nombreux blancs tel que vous à l'esprit noir . "

Le 18 octobre  1899 débute la Guerre des Mille Jours (Guerra de los Mil Días), l'un des chapitres les plus tristes et sanglants de la violente histoire colombienne.

Vingt-six jours auparavant, le 22 septembre de la même année, Luis Antonio Robles Suárez, dont les registres historiques se souviennent plutôt sous le nom de  "El Negro' Robles" mourrait à un âge précoce.

Robles était un brillant homme politique, de ceux qui ne croyaient pas  à Machiavel, un illustre avocat, un patriote à toute épreuve, un prestigieux académicien, un prodigieux orateur, et tout compte fait un homme dévoué ayant la foi du charbonnier, défendant ses valeurs et  principes à tout prix.

" El Negro " allait obtenir un diplôme d’avocat du Colegio Mayor del Rosario en 1872 et quatre ans plus tard en 1876, à l'âge de 27 ans,  il fut élu représentant à la chambre.

Il était  un stratège politique remarquable, un orateur qui faisait même trembler les fondations des auditoriums où il se présentait et un académicien consacré.

Il occupa des fonctions importantes comme Directeur de l’'Instruction Publique de l'État Souverain de Magdalena;  Secrétaire au trésor (équivalent au ministre des Finances) sous la présidence d'Aquiles Parra; président de Magdalena en 1878;  commissaire de  Guajira en 1884, représentant à la chambre pour Antioquia en 1892 sous la présidence de Rafael Núñez et la vice-présidence de Miguel Antonio Caro, une période particulièrement difficile durant laquelle il dut affronter l’adversité du fait qu’il était le seul noir et le seul libéral pendant cette période constitutionnelle  (effectivement, il s’agissait d’une adversité, pire, un stigmate double).

De sa facette d’académicien, il faut souligner qu'il fut le recteur fondateur de l'Université Républicaine (aujourd'hui Université Libre), et directeur de l'Université Centrale de Managua au Nicaragua (1895), dans la période durant laquelle il fut exilé en Amérique centrale.

En affirmant que les peuples indigènes sont égaux à tous les autres peuples et en reconnaissant dans le même temps le droit à la différence pour  tous les peuples, en se considérant eux-mêmes différents et devant être comme tels  "Tous Les AfroColombiens peuvent laisser une trace dans l'histoire, en accomplissant et en fortifiant l'identité des peuples Afro dans le pays, nous pouvons marquer l’ histoire, il suffit de se battre pour ce que nous voulons".

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.barulegazette.com/barûle_gazette_-_personajes_afrocolombianos_-_luis_antonio_%27el_negro%27_robles.htm

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17 mars 2009

Luz Marina Riascos Femme d’affaires et ex mannequin afrocolombienne

Luz Marina Riascos est l'une des femmes les plus importantes dans le monde de la mode et de la beauté à Antioquia. Elle est la directrice d'une des agences de renom de cette région de la Colombie et a même participé à une téléréalité.


La spécialité de Luz Marina, c'est le monde de la beauté, du glamour et de l'image. Elle y est comme un poisson dans l'eau. On peut d'ailleurs le constater en explorant son Cv : elle est à la fois créatrice de mode, chorégraphe, maquilleuse professionnelle et préparatrice de modèles et de reines de beauté.


On peut également y lire : “Enseignante  dans un établissement de cosmétologie à Medellín dans les domaines du glamour, du conseil en image et de la bienséance”.
Luz Marina Riascos a 36 ans. Née à Popayán et elle est actuellement directrice générale d'une agence, à la fois école de mannequins et spa, une des plus importantes de la région d’Antiquoia où elle coordonne la préparation et la projection des tops modèle au niveau national ou international.

En plus, sa société prépare des activités de mode, réalise des publicités pour la télé et ses mannequins et les clients peuvent profiter de tous les services d'un spa et des meilleurs soins de beauté.
Nous préparons les petits garçons et les petites filles, à partir de cinq ans, sur le podium, le glamour, les bonnes manières, le comportement social, la photographie, le maquillage et le comportement. Les mannequins de notre agence participent à différentes campagnes publicitaires importantes dans toute la Colombie”, affirme-t-elle.

Quand on fait le compte, voilà maintenant 21 ans que  Luz Marina est dans le monde de la mode. Elle y est entrée quand elle avait  14 ans, comme Top Modèle, une carrière qu'elle a suivie pendant 10 ans. Elle est par la suite devenue instructrice, chorégraphe et a étudié le design de mode à Cali.

En 2000, elle a quittée cet emploi
pour se consacrer pleinement à son agence de mannequins. Elle est aujourd’hui l'une des femmes les plus respectées dans ce domaine à Antioquia. À tel point q'uelle a été choisie pour participer à une téléréalité parmi  4500 colombiens: tout un honneur. “L'expérience de la téléréalité a été à la fois difficile, amusante, et angoissante.  Après avoir représenté ma race, j'ai ressenti de la fierté d'avoir joué un bon rôle ”, dit-elle.


Ses journées commencent très tôt. Elle se réveille. À 6 h 30, elle dépose sa fille au collège et rentre à la maison. À 9 h 00, elle entre à l'agence pour organiser l'agenda de la journée qu'elle passe entre les rendez-vous avec les clients, les réunions pour l'embauche  des top modèles, et les salles de classe puisqu’elle  est également enseignante.

Il lui reste du temps pour programmer les castings, les productions photographiques,  le conseil en image. Elle vit à mille à l’heure. Et la nuit venue, elle ne souhaite qu’une seule chose : se reposer.

Dans ses passe-temps, entre autres elle  é
coute la salsa, particulièrement Gilberto Santa Rosa, lit, va au cinéma, fait les courses, travaille, participe à presque tous les événements sociaux auxquels elle est invitée, étant donné que les relations publiques sont fondamentales dans son travail.

Elle voyage, sort manger dans un bon restaurant, partage ses moments de plaisir avec sa fille et son fiancé, Carlos. Évidemment, ce qu’elle aime le plus dans la vie, c’est dormir.

Luz Marina a un rêve, ou mieux, un engagement. Elle en parle avec ses propres mots : “J’aimerais être plus partie prenante dans tout ce qui se passe dans le mouvement afro, qui grandit à pas de géant en Colombie et avec une crédibilité respectable. Je souhaite connaitre et interagir avec ses membres, je veux apporter mon aide”.

Traduit de l'espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.revistaebano.com/pages/nuestra_gente.html

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08 mars 2009

Portrait : Professeur Kabengele Munanga

Il est professeur titulaire du Département d’Anthropologie de l’Université de São Paulo et l’auteur de divers travaux dans le domaine de l’anthropologie noire africaine et afrobrésilienne.

Parmi ses publications, se distinguent : “Os Basanga de Shaba” (1986); “Negritude” (1988), “Estratégias e Políticas de Combate à Discriminação Racial“ (1996) et “Rediscutindo a Mestiçagem no Brasil” (1999). Il faut également rappeler que Kabengele a également encadré l’œuvre “Superando o Racismo na Escola, publiée par le MEC”.

Les thématiques dans lesquels Kabengele Munanga est spécialisé comprennent les relations raciales et interethniques entre noirs et blancs au Brésil, au-delà des processus politiques et culturels en Afrique.

Kabengele, érudit et chercheur infatigable de la thématique noire au Brésil rappelle qu’un racisme caractérisé par le silence criminel et par le faux mythe de la démocratie raciale empêche la conscientisation et la nécessaire mobilisation de la population. Selon lui, la solution doit être trouvée ensemble, “en recherchant les stratégies politiques et économiques qui visent le bien de tous”.

Pour le professeur Dr. Dagoberto José Fonseca de l’ NUPE, “ Kabengele vient du Congo qui fut important pour le Brésil dans les 15 ème et 16 ème siècles avec le trafic des esclaves. Kabengele est une `bibliothèque vivante` sur les thèmes liés à la culture africaine et brésilienne”.


Né dans l’ancien Zaire en 1942, Kabengele fut le premier anthropologue formé dans ce qui était l’Université Officielle du Congo en sciences Sociales (Anthropologie Sociale et Culturelle).La même année de l’obtention de son diplôme, il recevait une bourse du gouvernement belge comme chercheur du Musée Royal de l’Afrique Centrale à Tervuren et comme étudiant du programme de post-graduation de l’Université Catholique de Louvain en Belgique.

La bourse fut interrompue en 1971 pour des questions politiques avant la conclusion de son doctorat.

En Juillet 1975 il voyage au Brésil avec une bourse de l’USP, afin de poursuivre ses études. Il défend sa thèse en 1977 et rentre la même année dans son pays, mais ne réussit pas à y rester longtemps. Il retourne au Brésil en 1979 pour travailler à l’Université Fédérale du Rio Grande do Norte et en 1980 il lance la seconde phase de sa carrière à l’USP.

En 2002, le gouvernement brésilien accorde à Kabengele Munanga le diplôme de son admission à l’Ordre du Mérite Culturel en tant que Commandeur.

Traduit du Portugais par Guy Eberard Mbarga

http://www.ongfonte.com.br/personalidades.php?acao=detalhes&id=243

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02 mars 2009

Sheila S. Walker : “Obama est le président de toute la diaspora africaine”

Sheila S. Walker parcourt le monde pour développer du matériel éducatif sur les descendants des africains éparpillés sur le monde. Elle a laissé la tranquillité de la chaire d’université pour raconter l’histoire complète de la continuité de la culture africaine.

Sheila S. Walker exhale la vitalité et la joie. Sa force et son engagement ethnique l’ont conduit à parcourir le monde, caméra à l’épaule, en faisant des recherches sur la diaspora africaine sur les cinq continents.

Une fois, elle avait lu qu’il y avait des Afroindiens. Elle décida de voyager dans les états de Gujarat, Andhra Pradesh et de Karnataka, où se concentrent le plus grand nombre d’hindous, descendants d’Africains.

À Gujarat, elle fut surprise par la présence d’un saint abyssinien, Babagor, et d’un instrument musical, la balunga, le même que l’on joue au Brésil, mais que les sud américains appellent birimbao.

C’est un phénomène qui m’intéresse, la continuité de la culture de l’Afrique pour d’autres phénomènes du monde et les ressemblances. Une dynamique qui devait se reproduire pour la rencontre entre africains. À présent, j’aimerais savoir si cet instrument appartient à la zone bantouphone de l’Afrique Centrale et d’Afrique du Sud”, explique l’anthropologue.

Avec l’entêtement propres aux universitaires de métier, Sheila souhaite rendre visible toutes ces communautés, montrer qu’elles existent, que beaucoup d’entre elles ont quitté leur terre sans le vouloir, et d’autres pas tellement. Car, selon ses explications, il y eut ceux qui partirent volontairement avec le commerce arabe, par la Mer Rouge et avec le commerce chrétien par l’Océan Indien.

Son intérêt pour le thème de ses ancêtres nait également en voyant comment dans son pays, les gens sont surpris en apprenant qu’il y a des noirs à d’autres endroits du monde.

Dans un film sur le Brésil du nom de ‘Bahía, África en las Américas’, les afroaméricains ont été surpris de savoir qu’il y avait des afrodescendants au Brésil, mais ils ont perçu les ressemblances : ‘Ah!, eux aussi mangent des doliques à œil noir (haricot à œil noir); ils mangent aussi les quimbombó (Gombo). Dans leurs manifestations religieuses, des Orishas, on trouve les mêmes saints que ceux de l’Église Baptiste’”, explique-t-elle.

Elle ajoute que les gens ont perçu les mêmes manières de manifester la spiritualité, qu’elles n’étaient pas seulement propres aux afroaméricains, mais que dans des pays comme le Brésil, il se passait la même chose.

Aux États-Unis, nous ne connaissons pas le reste de la diaspora, mais il n y a aucun endroit où l’on connait le reste de la diaspora”, conclue Sheila.

Quand on l’interroge sur la situation actuelle des afrodescendants sur le continent, elle affirme que ceux-ci arrivèrent dans les Amériques de manière involontaire pour faire le travail d’autres personnes et pour enrichir d’autres personnes.

Comme résultat de quatre cent ans de travail gratuit pour d’autres personnes, nous nous retrouvons dans une situation défavorable. Nous sommes exclus, la discrimination raciale est présente dans toute l’Amérique. Aux États-Unis, nous avons plus de possibilités que dans le reste du monde, car nous luttons depuis un siècle contre la discrimination raciale”.

Selon elle, la ségrégation a imposé la nécessité d’avoir des intellectuels Noirs dès le début du siècle, car ils avaient leurs universités pour se former. “De plus, nous n’avions aucun espoir. En Amérique Latine, semble-t-il, il y a de l’espoir : nous sommes tous brésiliens, nous sommes tous colombiens. Dans notre cas, on savait qu’il n y avait pas d’égalité, tout était écrit : toilettes pour blancs, toilette pour noirs. Nous pouvons être tous égaux en tant qu’humains, mais pas en tant que citoyens”.

Grâce aux luttes dans les 50 dernières années, tout a changé–Admet-elle-  . La lutte a commencé avant, de manière très systématique: “Avant, nous n’avions pas accès aux meilleures universités, sauf un ou deux afroaméricains, de manière symbolique. À présent, toutes les meilleures universités ont des départements d’études africaines et afroaméricaine. Nous faisons désormais partie de la vie intellectuelle”.

Quand des gens comme Sheila sont arrivés à l’Université, avec deux ou trois afroaméricains, ils ont decide de s’organiser et de demander plus: “Nous sommes ici, mais pas dans les livres, ni dans les cours. Nous voulons des cours qui parlent de nous, nous voulons des professeurs afrodescendants, nous voulons plus d’étudiants, nous voulons un département, une maison de la culture à nous. Nous avons alors demandé, encore et encore. Puis nous avons exigé. Nous avons fait des exigences non négociables et nous avons obtenu ce que nous voulions”.

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PROFIL

Nom:
Sheila S. Walker.

Études:
Diplômée en Sciences Politiques de Bryn Mawr College; Maitrise et Doctorat en Anthropologie de l’Université de Chicago. Cours d’Anthropologie Africaine, Université de la Sorbone, Paris.

Activités:
Directrice du Programme Mondial Diaspora Africaine

Trajectoire:
Professeure d’Anthropologie à Spelman College, à Atlanta, Georgie; Professeure d’Anthropologie et Directrice du Centre d’Études Africaines et Afroaméricaines à l’Université du Texas à Austin.
Elle a organisé la conférence : La Diaspora Africaine et le Monde Moderne parainnée par l’Université du Texas et l’ Unesco à Austin au Texas, en février 1996, et a fait partie du comité organisateur du Premier Sommet des Chefs d’États d’Afrique et de Leaders Afroaméricains en Côte d’Ivoire en avril 1991.

Publications:
African Roots/ American Cultures: Africa in the creation of the Americas (2001); The Religious Revolution in the Ivory Coast: The Prophet Harris and the Harrist Church : (1983); et  African Christianity : Patterns of Religious Continuity (1979).

La politique

Jusqu’à l’avènement de Barack Obama dans l’univers politique, la politique n’intéressait pas Sheila, car elle estimait qu’elle n’avait rien à voir avec, qu’aucun politicien ne pouvait faire partie de sa famille.

Aujourd’hui, j’adore le phénomène Obama. J’aime sa politique, elle me semble être honnête et comme dit son épouse, Michelle, c’est la première fois que j’ai confiance au peuple américain. J’ai visité quatre pays africains en février, et tout le monde voulait des nouvelles d’Obama. Il est le président des africains, de toute la diaspora”.

En tant qu’étudiante de l’Université de Bryn Mawr, située dans la banlieue de Philadelphie et considérée comme appartenant à l’élite Blanche des États-Unis, Sheila S, Walker se voyait comme la ‘touche de couleur’ dans cet espace universitaire.

C’est cette même université qui lui donna la chance d’étudier à la Sorbonne à Paris, France, et la possibilité de passer un été au Cameroun, en Afrique Centrale, alors qu’elle n’avait que 19 ans au milieu des années soixante.

Elle fit la rencontre d’une Afrique merveilleuse, très différente de celle qu’elle avait vu à la télévision, malgré le fait qu’elle ne se rendit pas dans la capitale, mais dans une ville du centre-ouest du nom de Foumban, où réside le peuple Bamoun dont l’une des particularités est le développement d’une culture urbaine aux valeurs exceptionnelles.

Beaucoup des produits artisanaux et agricoles de l’Ouest du Cameroun sont fabriqués et sont transportés à partir de Foumban, située aux limites d’une région montagneuse, avec des grandes plantations de café, de cacao et de tabac.

Sheila visita un musée d’art, qui fut dans le passé la résidence des rois Bamoun et un palais du 18ème siècle, un des plus beaux et des plus richement décorés d’Afrique.

Ce n’était pas une société quelconque, elle avait un roi, deux palais, un musée, un peuple très fier de sa culture. Grâce à la famille Njoya, que j’ai rencontré là-bas, je peux être ce que je suis aujourd’hui ”, pense-t-elle.

Los Njoya enregistrent avec fierté sur leur arbre généalogique la présence d’un roi, qui en 1910 créa l’écriture Shumon dans sa langue, car il souhaitait écrire des livres dans sa propre langue.

Identités

La Jeune qui s’était rendue à Paris pour étudier l’Anthropologie Africaine passait de Spécialiste en Sciences Politiques à Proto-anthropologue. C’est à ce moment qu’elle se rendit compte qu’elle pouvait voyager comme elle le souhaitait, sans que personne ne lui dise ce qu’elle pouvait dire ou ne pas dire.

Sheila S. Walker, qui possède une maitrise et un doctorat en Anthropologie de l’Université de Chicago, a mené le développement de matériels éducatifs de diffusion internationale sur les afrodescendants en tant que directrice exécutive d’Afrodiáspora, une organisation sans but lucratif.

Elle est arrivée avec beaucoup d’illusions au Spelman College, une université pour femmes afroaméricaines à Atlanta, mais avec le temps, elle a senti qu’elle prêchait dans un désert, qu’elle perdait son temps.

C’était ma première fois dans une université afroaméricaine. Une fois, je suis allé aux Émirats Arabes Unis et j’ai montré une photo à mes étudiantes. Je leur ai demandé qui était le frère de Brooklyn et qui était l’arabe. Personne dans la classe ne sut me dire qui était qui. J’ai senti qu’il serait mieux de vraiment enseigner. J’ai donc commencé à filmer la diaspora”.

Elle commença en Équateur, se rendit à Esmeraldas et quelqu’un lui parla de la fête de San Martín de Porres. “Ce fut la première fête pour ce saint que je découvrais. Cela me sembla être une bonne manière de débuter une série de documentaires sur la diaspora. Par la suite, nous sommes allés au nord d’Esmeraldas, où nous avons fait la connaissance de merveilleuses communautés des fleuves. Je suis allé à Quibdó, Chocó en Colombie. J’ai participé à la Fiesta de San Pacho. Nous voulons montrer que nous nous divertissons plus que tout le monde, malgré notre histoire triste, que nous avons le droit de le faire. Nous inspirons de la jalousie ”.

Sheila souhaite également parler de la technologie que les africains ont emmené en Amérique. Elle souligne, par exemple le fait qu’en Colombie, la technologie minière provenait de l’Afrique Occidentale, du peuple Mina. Elle souhaite de plus montrer les contributions écologiques, intellectuelles de l’Afrique dans la création des Amériques.

Il y a une phrase que j’adore, écrite dans un livre sur le Brésil colonial. Les portugais disaient à Oro Prieto, la deuxième ville la plus riche des Amériques, que la présence des africains dans les mines amenait la chance. Je me demande bien si c’était de la chance ou le savoir  ?”.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.revistaebano.com/pages/internacional.html

10 février 2009

Portrait : Charles Anderson, père de l'Aviation Noire

Charles Anderson est né le 9 Février 1907. Il était un pilote-aviateur Africain-Américain.

Anderson and The First Lady (1941)

Originaire de Bridgeport, Pennsylvanie, il était le fils de Janie et de Iverson Anderson, originaires de  Bryn Mawr, Pennsylvanie. Le jeune Anderson adorait les avions et commença à voler dès six ans. Puisque la majorité des instructeurs de vol à cette époque ne prenaient pas d’élèves Noirs, il fit son apprentissage tout seul à 22 ans en volant sur un vieil appareil acheté avec ses économies et grâce à des emprunts auprès de ses amis et de ses proches. Il obtient une licence privée de pilote en 1929 et une licence commerciale en 1932.


Les deux années qui suivent,  Anderson réalise plusieurs vols long courrier historiques en compagnie de son ami le Dr. Albert E. Forsythe. Ensemble, ils font le premier vol transcontinental réalisé par des pilotes Noirs, partant de  Atlantic City via New Jersey et  Los Angeles, en aller retour sans l’aide des phares d’atterrissage, parachutes, de radios, ou d’instruments de vols à l’aveugle. La plus grande partie de leur voyage se réalisa en lisant un simple plan de vol.. La parie d’aventuriers effectua également un vol long courrier vers le Canada et plus tard  et organisa plus tard le Pan American Goodwill Tour de la Caraïbes dans leur avion  "The Spirit of Booker T. Washington. (L’Esprit de Booker T. Washington)". Au cours de cette excursion d’île en île, ils effectuèrent le tout premier vol d’un avion terrestre de Miami aux Bahamas et il prit fin à Trinidad.

Les vols longue distance de Anderson-Forsythe attirèrent l’attention du monde entier et contribua largement à populariser l’aviation dans la Communauté Noire. En 1940 Anderson fut engagé par le Tuskegee Institute en tant qu’Instructeur de vol avec pour mission de développer un programme d’entrainement-de formation pour l’école. Tuskegee était l’un des Six Universités Noires faisant partie du Civilian Pilot Training Program (Programmes de Formation des Pilotes Civils) établi par l’Autorité Aéronautique Civile (Civil Aeronautics Authority) en 1939 pour mettre à disposition un groupe de pilotes civils dans les situations urgentes de guerre. À l’époque, Anderson était le seul Aviateur Noir aux États-Unis disposant d’une licence commerciale.


La Première Dame Eleanor Roosevelt porta une attention particulière au programme de vol de Tuskegee et visita l’école le 19 Avril 1941. Pendant son séjour, elle demanda au Chef Anderson si les Noirs pouvaient réellement piloter un avion. Il l’invita à faire un tour autour du terrain pour le vérifier. Leur vol de 40 minutes contribua grandement à faire avancer la cause de l’Aviation Noire, conduisant finalement à la création de la "Tuskegee Experiment" et de la Tuskegee Airmen durant la Seconde Guerre Mondiale. Anderson était le plus grand conseiller de ce programme.

Anderson, l’un des tout derniers pionniers de l’Aviation en Amérique est mort le 13 Avril 1996 à son domicile après avoir longtemps combattu le cancer. Considéré comme le père de l’Aviation Noire, Charles Alfred "Chief” Anderson était un résident du Tuskegee Institute en Alabama âgé de 56 ans au moment de sa mort.

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga

Source : http://www.aaregistry.com/detail.php?id=2780

Référence:
Tuskegee Institute
National Historic Site
1212 West Montgomery Rd.
Tuskegee Institute, AL 36088


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19 août 2008

Portrait de Mussum, un musicien AfroBrésilien

Antônio Carlos Bernardes Gomes (Rio de Janeiro, 7 avril 1941 — São Paulo, 29 juillet

1994), plus connu sous le nom de Mussum, était un musicien et humoriste brésilien à succès, membre du groupe humoristique Os Trapalhões.

Mussum était issu d’une famille pauvre des favelas cariocas (Rio de Janeiro). Il étudia pendant neuf années dans un collège interne où il allait obtenir un diplôme d’ajusteur mécanique.

Il fit partie des forces armées pendant huit ans et dans le même temps il en profita pour participer à la Caravane Culturelle de Musique Brésilienne de Carlos Machado. Il était musicien et sambiste, et a appartenu au groupe Os Originais do Samba, dans lequel il allait atteindre une certaine renommée, et voyagea dans plusieurs pays. Il était connu à l’époque sous le nom de "Mumú da Mangueira".

C’est à cette époque qu’on l’invita à participer à un show à la télévision, Os Trapalhões. Au départ, il refusa l’invitation et se justifia en affirmant que les hommes ne devaient pas se peindre la tête, comme les acteurs avaient l’habitude de le faire. Cependant, en 1969, son ami Manfried Santanna (Dedé Santana) allait réussir à le convaincre, et Mussum commença à intégrer le programme qui le rendit célèbre.

Mussum est mort en 1994, suite à une transplantation du cœur qu’il ne supporta pas, et il fut enterré à São Paulo. Il laissa derrière lui 27 films avec Os Trapalhões, en plus de vingt années de présence à la télévision, au cours desquelles allait être immortalisée sa façon particulière d’accentuer les terminaisons en "is" ou "évis".

Traduit du Porutgais par Guy Everard Mbarga

(Source: Wikipedia)

http://www.castingblack.com.br/?secao=15561&categoria=32307&id_noticia=52310

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05 août 2008

NELSON ESTUPIÑAN BASS, écrivain Afro-équatorien de renom

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Le grand écrivain afroéquatorien est né à Esmeraldas (Súa) le 12 septembre 1912. Il a fait ses études primaires dans sa ville natale et le secondaire à l’Institut National Mejía ou il a obtenu un diplôme de comptable en 1932. Il enseignera et exercera dans les services bancaires dans la province.

Conteur, poète, journaliste et professeur. Prix National Eugenio Espejo pour l’ensemble de son œuvre. Il est l’un des représentants les plus importants des négritudes en Équateur et plusieurs de ses nouvelles évoquent et recréent ce monde. Le critique nord américain Henry J. Richards affirmait : «Franchement, soutenir avec raison que les contributions de Estupiñán Bass au récit le place à l’avant-garde des nouvellistes hispano-américains d’aujourd’hui… L’auteur a réussi à produire une nouvelle historique en accord avec les normes établies pour ce genre, l’incarnation du héros mythique dans l’un des personnages et l’énonciation de l’idéologie révolutionnaire."

OEUVRES LITTÉRAIRES Nouvelles: Cuando los gayacanes florecían (Quito, 1954); El paraíso (Quito, 1958); El último río (Quito, 1966); Senderos brillantes (Quito, 1974); Las puertas del verano (Quito, 1978); Toque de queda (Guayaquil, 1978); Bajo el cielo nublado (Quito, 1981); Al norte de Dios (Quito, 1994). Poesía: Canto negro por la luz (Quito, 1956); Timarán y cuabú (Quito, 1956); Las huellas digitales (Quito, 1971); Las tres carabelas (Portoviejo, 1973); El desempate (1980). Essais et chroniques: Luces que titilan: guía de la vieja Esmeraldas (Esmeraldas, 1977); Viaje alrededor de la poesía negra (Quito, 1982); Desde un balcón volado (Quito, 1992); El Crepúsculo (1983);  1993 Los canarios pintaron el aire amarillo (nouvelle).

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.centroafroecuatoriano.com/

30 mars 2008

Piedad Cordoba, combattante politique afrocolombienne

Piedad Córdoba a été réélue trois fois au Sénat. Son image politique se renforce malgré le fait qu'elle a dû affronter les quatre derniers présidents de la Colombie, les narcotrafiquants et les paramilitaires.

Par Esaúd Urrutia Noél

Le 20 juillet dernier, au milieu du tohu-bohu de représentants et des sénateurs qui tendaient la main pour le saluer alors qu’il s’apprêtait à lancer la période des sessions législatives du Parlement, le président Álvaro Uribe Vélez s'est retrouvé face à la sénatrice Piedad Córdoba Ruiz dans les installations du Congrès National.
Le président a salué son opposante la plus acharnée d’un baiser sur la joue. Ce geste d'Uribe, qui a été l’objet de nombreux commentaires et qui a inspiré les traits des caricaturistes de la presse nationale est devenu,  sans intention apparente, le préambule d'un épisode plus aimable dans la relation  tumultueuse entre la  parlementaire et le président.

Natifs tous les deux d'Antioquia, les avatars de la vie politique les ont mené sur des chemins différents, après des débuts harmonieux il y a plus de deux décennies, lorsque les deux politiciens aujourd'hui  chevronnés  parcouraient la Vallée Aburrá, en tant que militants du Parti Libéral.
 


—Dites-leur que cet homme deviendra Président de Colombie dans quelques années —, demanda Piedad Córdoba au traducteur en montrant  Uribe Vélez, qui souhaitait la bienvenue avec elle à des membres du Congrès Américain invités d'un concours international organisé par la sénatrice libérale à l’Hôtel Intercontinental de Medellín, en 1997.
—Dites-leur  que cette dame est mon chef politique—, ajouta Uribe Vélez.

Les deux libéraux étaient très loin d'imaginer qu'un jour ils emprunteraient des chemins séparés par l'abîme des idées, par la façon de concevoir la politique.  Une distance qui semblait insurmontable après l’accession d’Uribe Vélez, en 2002  à la présidence du pays comme l'avait prévu  Piedad Córdoba,  pas au sein de son parti, mais plutôt en tant que leader d'un mouvement politique qui même s'il allait recevoir le soutien des nombreuses expressions du libéralisme allait également recevoir celui décisif des groupes paramilitaires, comme l'a dénoncé la sénatrice à divers endroits du pays et à l'étranger. Pendant les quatre premières années d’Uribe à la Casa de Nariño, Piedad Córdoba s'érigea en l'une de ses opposantes les plus fortes. Ses critiques redoublèrent, et débat après débat au Congrès, elle brandissait des chiffres et des témoignages qui démentaient les rapports du Gouvernement sur les progrès de l'Économie, la Sécurité démocratique et la réduction du chômage.


Et pendant la campagne pour le second mandat d'Uribe, tandis que le pays était ébranlé par les accusations portées contre le Département Administratif de la Sécurité de l’État, DAS, pour ses liens avec les groupes paramilitaires et le narcotrafic, Piedad redoublait d’efforts dans sa croisade avec la fougue de son atavisme africain.

“Je doute beaucoup que ce Président, qui s’est investi de toute puissance et qui sait tout n’a pas idée du dinosaure qu’il a dans son gouvernement. Je demande au Président de se défaire de son aspiration à la réélection”, déclara-t-elle énergiquement devant une foule de journalistes.
 


Habituée à se battre dans les espaces les plus hostiles d’un territoire où la valeur des êtres humains se mesure encore à la tonalité de leur peau, Piedad Córdoba a appris à parler en face, sans peur. À dire les choses comme sa conscience les lui dicte. 


Sa franchise légendaire lui a valu la reconnaissance de ses amis et des ses détracteurs, mais ils ne sont pas peu nombreux ceux qui la taxent également de querelleuse impénitente. Ainsi, alors que pour plus de 70% du pays parler négativement de la gestion d’Uribe Vélez était presqu’une hérésie, Piedad Córdoba disait partout où elle le voulait qu'il s'agissait d'un gouvernement paramilitaire et illégitime ; que le Congrès devait être dissous car plusieurs de ses collègues, avec les votes desquels le Président avait été élu, n’étaient que des marionnettes du para militarisme. 

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En compagnie de Dany Glover 


Sa voix et ses  fortes déclarations ne s’arrêtèrent même pas lorsqu’en 2005, le Conseil annula les votes  de plusieurs conseils dans différentes régions du pays et qu’après le recomptage des suffrages, Piedad Córdoba fut dépossédée de son accréditation de parlementaire de la République. Elle attribua la perte de son cumul à la pression paramilitaire et à l’ancien ministre Fernando Londoño qu’elle avait acculé à plusieurs reprises lors de ses débats au Congrès. 

“J'ai des ennemis puissants, comme les paramilitaires et comme l'ancien ministre Fernando Londoño Hoyos, qui ont fait même l’impossible pour que cela arrive”, déclara-t-elle au journaliste  Camilo García de Actualidad Colombiana lors d’une interview. 


Pendant cette conjoncture,  Daniel Coronell, le prestigieux  chroniqueur de la revue Semana écrivit ceci sur Piedad Córdoba:
“Elle parle devant celui qui veut l'écouter, quand ils ne l'écoutent pas, elle crie, et quand ils ne font pas non plus cas (d'elle)malgré ses cris, elle marche ou elle danse pour défendre les pauvres, les marginaux, ces ignorés qui semblent importer moins que jamais.

”Capable d’immenses sacrifices et de nager à contre courant de manière indéfinie, cette mulâtresse  s’est inventée une nouvelle façon de faire de la politique.  Elle  a réussi à se défaire du samperisme, et aujourd’hui, elle est peut-être la critique  la plus féroce de l’ancien président qu’elle a tant défendu”, écrivit  Daniel Coronell.
Après sa sortie du Congrès, elle créa le mouvement politique  Poder Ciudadano Siglo XXI - un bras dissident au sein du Parti Libéral dont le travail est axé sur les Droits Humains, l’environnement  et l’équité sociale avec pour but de construire une Colombie inclusive - travaillant depuis sans arrêt  au sein du Parlement qu’elle a retrouvé en 2006.
 

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Avec Raphael Correa, Président de l'Équateur

et Yolanda Pulencio, mère d'Ingrid Betancourt
Piedad Córdoba a toujours été à contre-courant. Avec une vocation suicidaire et sans calculs politiques. Elle a également livré des batailles épiques contre  César Gaviria, contre Ernesto Samper et contre Andrés Pastrana, les trois hommes qui ont précédé Uribe à la Casa de Nariño. Elle a affronté les paramilitaires, les narcotrafiquants, les guérilleros, des hommes d’affaires ... Comment peut-on survivre, physiquement et politiquement quand on a autant et de si puissants adversaires ?

L'accord humanitaire

Le 15 août 2007, 25 jours après le baiser au Capitolio Nacional, le président Álvaro Uribe sollicita  Piedad Córdoba pour qu'elle accepte le rôle de facilitatrice de l'accord humanitaire pour faire avancer la libération des otages des Farc. 

Dix jours plus tôt, devant les caméras de télévision de l’émission Aló Presidente, la parlementaire avait demandé la médiation d’Hugo Chávez pour la paix en Colombie et en passant lui demanda de l’aide pour la construction d’un aqueduc à Quibdó, la capitale du département du Chocó. 


Cette demande de la sénatrice, vue et entendue pas des millions de téléspectateurs et rediffusée à profusion par les médias colombiens déchaina une autre de ces tempêtes politiques auxquelles Piedad Córdoba a habitué le pays. Mais Uribe allait encore plus surprendre lorsqu’il autorisa la médiation du Président vénézuélien en vue de l’accord humanitaire. 


Dès lors, la parlementaire débuta une activité frénétique, assumant son rôle avec dévouement et multiplia les voyages à Caracas. Elle a pénétré en la forêt colombienne et a rencontré le chef guérillero Raúl Reyes le 17 septembre dernier. De la jungle, elle est revenue  pleine d’optimisme, avec une vidéo de sa conversation enregistrée avec le rebelle et avec une lettre de Manuel Marulanda, le plus grand leader des Farc, adressée à Hugo Chávez.


Dix huit jours plus tard,  Piedad se rendait dans une prison du Texas aux États-Unis où elle rencontra  Anayibe Rojas, alias Sonia, membre des Farc extradée pour narcotrafic. Au cours de cette visite,  guérrillera fit part à la facilitatrice sa volonté de s’exclure de la liste de 498 guérilleros demandés par les Farc en échange des otages  si cela aidait à concrétiser l’accord humanitaire, soit la même disposition manifestée par  Ricardo Palmera, alias Simón Trinidad, l’autre  guérillero extradé aux États-Unis qu’elle avait rencontré dans un tribunal fédéral de Washington 31 octobre dernier. 


Piedad Córdoba s’est également rendue en France ou elle et le président Chávez ont rencontré le président de ce pays Nicolás Sarkozy avec lesquels ils ont échangées sur les avancées du processus et les idées du Président vénézuélien pour obtenir la libération des otages.


Tout semblait aller bien. Les possibilités d’aboutir à un accord humanitaire étaient de plus en plus évidentes. Jusque dans la soirée du mercredi 21 novembre, lorsque le Président colombien décida de mettre fin unilatéralement à la médiation que son homologue vénézuélien  Hugo Chávez, et la sénatrice Piedad Córdoba menaien entre le Gouvernement colombien et les Farc pour la recherche de l’accord humanitaire. 


Selon un communiqué de la Casa de Nariño, “la sénatrice Piedad Córdoba a appelé le commandant de l’Armée, le Général Mario Montoya, et lui a demandé un rendez-vous et par la suite, elle a passé le téléphone au président du  Venezuela, Hugo Chávez, qui a posé des questions au général Montoya sur les otages des  Farc”.
Selon le Gouvernement colombien qui avait déjà exprimé son malaise à cause du manque de discrétion  de Chávez dans le processus, il s’agissait là de la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Chávez, qui est souvent imprédictible, cette fois répondit par un communiqué sobre, acceptant les termes diplomatiques de la décision du président Uribe.  Piedad Córdoba en fit de même, elle qui depuis qu’elle assume le rôle de médiatrice avait adopté une attitude moins impétueuse.
 


Mais Chávez ne résista pas finalement. Fidèle à son style, trois jours plus tard, il affirma que son homologue colombien l’avait trahi en l’écartant de son rôle de médiateur dans la recherche d’un accord sur les otages, ce qui selon lui mettait en difficulté les relations bilatérales. Quelques heures plus tard, Piedad Córdoba lui apportait une preuve de vie attendue que lui avaient remis les Farc: une vidéo sur laquelle apparait le capitaine Guillermo Solórzano, commandant de la Police de Florida , Valle, enlevé en juin dernier.

Les débuts

Piedad Córdoba n’a pas eu la vie facile. Et elle l’est devenue encore moins lorsqu’elle a décidé de devenir un leader, dans un pays où les passions politiques génèrent les formes d’intolérance les plus perverses. On l’a insulté, on l’a vitupéré, on l’a agressé dans des restaurants, dans des aéroports, dans des centres commerciaux. Elle a été séquestrée et on a même mis sa tête à prix  pour faire barrage à sa profusion d’idées. 


Mais Piedad est restée debout. Elle a appris à être forte dès son enfance à Medellín où elle est née le  25 janvier 1955. Son père  Zabulón Córdoba, un enseignant du Choco qui a déménagé dans la capitale Antioquia à la recherche d’une vie meilleure, forma une famille avec Esneda Ruiz, une compatriote de pure souche. Ils durent se retrancher dans un quartier de Medellín duquel de nombreux voisins  voulaient les expulser parce qu’ils étaient noirs et parce que naturellement, du fait de cette condition, ils étaient des messagers de mauvais présages. 

Elle a aussi débuté la politique en territoires difficiles: dans les communes de  Medellín, où aux côtés du leader politique William Jaramillo elle a commencé à laisser entrevoir ce caractère au fer forgé, qu’elle incarne lorsqu’elle défend ses idées et les intérêts des minorités en Colombie. 


En 1984 elle occupa sa première charge publique : contrôleur adjoint Municipal de la capitale d’Antioquia. Deux ans plus tard, lorsque  William Jaramillo arriva à la  Mairie de Medellín, il la nomma secrétaire privée,  en quelque sorte son bras droit au sein de l’administration. L’avenir politique de  Piedad Córdoba commençait à se bâtir. 


En 1994 elle fut élue sénatrice et réélue à trois reprises au Sénat, car, même si elle ne dispose pas d’une machine politique, elle a été favorisé par le vote d’opinion  de ceux qui croient que sa voix est importante au Congrès. Ce n’est pas pour rien que le magazine   Semana l’a placé parmi les 50 personnes les plus influentes du pays. 

De pensée libérale, progressiste, elle n’a pas seulement assumé  la cause des invalides, des millions de pauvres et de misérables qui vivent pauvrement dans les localités urbaines et rurales du pays, mais elle a également été un  porte drapeau  de la lutte pour l’équité et l’inclusion des afrocolombiens et des indigènes; des gays, lesbiennes et des transsexuels.


Sur sa route, Piedad Córdoba a gagné l’antipathie de beaucoup; la critique d’analystes honnêtes et d’autres, qui, sans la force de l’argument l’appellent ‘La Negra’, avec cet accent  qu’adoptent certains colombiens pour saper l’estime de soi des afrodescendants. Mais ni le débat, ni le niveau de la critique rusée n’ont pu faire plier sa personnalité faite au béton armé. 


Dans la matinée  du dimanche 25 novembre lors de l’émission radiophonique Colombia Universal, la sénatrice avait confessé au journaliste  Erwin Hoyos que le jour précédent elle avait reçu une notification selon laquelle la Cour Suprême de Justice avait ouvert un procès pour association délictuelle et pour trahison la patrie , faisant suite à une dénonciation pour les déclarations de  Piedad Córdoba à México en mars de 2006, lorsqu’il y a quelques mois elle avait déclaré que les pays latinoaméricains devaient rompre leurs relations avec la Colombie, en alléguant que le mandat d’Uribe est illégitime.


Cette procédure juridique que devra affronter la parlementaire n’aboutira certainement à rien comme prévient un analyste politique pour qui il doit s’agir encore une fois des manœuvres machiavéliques orchestrées par   José Obdulio Gaviria, le conseiller présidentiel. 


Entre-temps,  ils sont nombreux les colombiens qui serrent les rangs autour de la parlementaire aguerrie venue d’Antiquoia à laquelle les sondages commencent à sourire, comme le dernier de la firme Invamer Gallup publié le 23 novembre dernier l’a démontré, dans lequel elle a progressé de 9 points, avec une image favorable à 42% tandis que l’image défavorable passait de 38 à 32 %. 


De leur côté, les afrocolombiens qui n’ont pas encore trouvé une figure politique les regroupant autour d’un grand projet politique commencent à voir en Piedad Córdoba cette figure éminente qu’ils ont tant attendu. Au point où beaucoup affirment que le véritable  recensement des noirs se fera le jour où la parlementaire aura sa photo plaquée sur  une carte de candidats à la présidentielle 

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

Source : www.revistaebano.com

”Elle a le caractère qui manque à la majorité des hommes  —poursuit Coronell—. Enlevée par  Carlos Castaño, elle lui cria assassin dans sa face, sans se laisser impressionner.  Comme si elle était née pour attendre ce coup, seulement couverte par l’armure de sa vérité. En se défaisant de la peur intérieure, mais sans montrer un seul signe de faiblesse. Elle s’est assise pour fumer, en pensant à ses enfants et en attentant l’inévitable. Mais son heure n’avait pas sonné. Incroyablement Castaño la libéra alors, qui la tenait entre ses griffes, …
…”Ce n’est pas la seule fois qu’elle a échappé à la mort. Dotée d’un courage singulier, elle a l’habitude d’aller vers le danger de front quand tout le monde s’éloigne à grande vitesse. C'est pourquoi , de temps en temps, on essaye de lui veut l'intimider, selon l'explication l’explication officielle sur les conjurations faites contre sa vie…

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14 février 2008

Juan Pablo Sojo: créateur de l’Afrovénézualité

Publié le 23/12/2007

Alors que l’on fête le centenaire de cet insigne écrivain, la petite ville de Curiepe a créé un comité de célébration du centenaire de sa naissance et dès le mois de novembre a commencé à se souvenir de lui avec une série de conférences autour de son œuvre.

Il y a un siècle naissait le pionnier des études afrovénézuéliennes Juan Pablo Sojo. C’était le 23 décembre de l’année 1907 que le célèbre écrivain avec sa plume et sa sensibilité fit naitre et ouvrit le chemin, peut être inconsciemment, de la reconnaissance d’un des segments les plus importants de la diversité culturelle vénézuélienne comme l’est l’africanité.

Il s’inspira de son père le vieux (viejo) Juan Pablo Sojo, qui fut écrivain, collectionneur de traditions populaires d’origine africaine à Curiepe, et se laissa en même temps envelopper par le voile historique de ce Curiepe qui avait toujours lutté, dès sa fondation pour la revendication de sa fierté d’origine africaine, puisqu’il fut le premier village fondé par des africains et leurs descendants en condition de liberté au cours du 18ème siècle.

“Nochebuena negra”, de Juan Pablo Sojo

C’est dans ce contexte qu’il s’inspira de ses traditions pour écrire sa plus grande œuvre littéraire connue sous le nom de Noche Buena Negra ( Réveillon nègre), une nouvelle qu’il écrivit à l’âge de 22 ans et qui aborde les manifestations culturelles de Curiepe, du Mampulorio et du Sambarambule aux fêtes de Saint Pascal Bailon et Saint Jean Baptiste (San  Pascual Bailón y San Juan Bautista), mais également la spiritualité et le la révélation de l’exploitation à laquelle furent soumis de nombreux descendants d’africains par les propriétaires.

Mais Juan Pablo Sojo fut également essayiste et chercheur. En 1943 il écrivit son livre Temas y Apuntes Afrovenezolanos, dans lequel il inventa le terme afrovénézuélien, ce qui dément les intellectuels racistes autant de gauche que de droite qui affirment que les luttes afrovénézuéliennes sont une mode que nous avons récemment inventée sous l’influence afro-américaine.

Il s’agit d’une preuve historique laissée par Sojo, qui il y a plus d’un demi siècle parlait des afrovénézuéliens. Sojo a également écrit plus de cent articles sur la situation politique, sociale et culturelle de notre Barlovento. Des journaux tels que El Nacional, La Esfera, El País, et les revues Shell et El Farol ont recueillis ces beaux articles et essais qui l’ont même conduit à remporter des prix littéraires.

En ce centenaire de la naissance de cet insigne écrivain, la petite ville de Curiepe a créé un comité de célébration du centenaire et dès le mois de novembre, on a commencé à se souvenir de lui par le biais d’une série de conférences autour de son œuvre.

Casimira Monasterio, Rodolfo, Luisín, Horacio de même que des proches de Sojo ont revendiqué, avec ou sans soutien officiel le long parcours de ce natif de Barlovento qui lors de son passage en ce monde a laissé une marque profonde. Et un siècle après sa naissance, il n’a pas été oubliée, générations après générations, même si ni les écoles de Barlovento, ni celles de l’État de Miranda et encore moins les écoles nationales ne connaissent ses œuvres, une erreur qui doit être corrigée à l’occasion de ce centenaire.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.diariolavoz.net/seccion.asp?pid=18&sid=438&notid=246908

31 décembre 2007

Ximena Viáfara, une éducatrice afrocolombienne en Afrique

Elle fera un voyage en Guinée ou elle mettra en pratique sa méthode d'éducation basée sur la tradition orale.

Ximena Andrea Viáfara Mina, une enseignante du préscolaire et lauréate d'un concours passera le Noel prochain à mille kilomètres de sa terre natale. Elle voyagera en Guinée - Bissau, un petit pays d'Afrique isolé, à la recherche d'un rêve qu'elle a caressé pendant les 28 années de sa vie.

Les invitations répétées de ses frères John, joueur de l'équipe de Southampton en Angleterre et de Jaime Andrés, qui joue au volley-ball en Turquie n'ont pas réussi à la faire abandonner ses plans en allant habiter avec l'un d'eux en Europe.

Elle sent que son esprit ne peut trouver l'équilibre nécessaire que si elle se rend en mission sur la terre de ses ancêtres et met son grain de sable dans la formation des petits guinéens.

Même la possibilité de poursuivre sa brillante carrière en tant qu'enseignante ne l'a pas séduite, peu après avoir reçu un prix Secrétariat à l'Éducation de Valle, celui de gagnante du Concours des Enseignants réservé aux écoles qui accueillent des afro colombiens.

La fille de José Viáfara et de María Mina a appris de ses grands-parents Hercilia et Prudencio, de simples paysans que, par le biais de l'oralité, à travers la narration de contes, ils avaient l'habitude d'enseigner aux petits de leur village.

Ximena s'est nourrie de cette pédagogie ancestrale et l'a appliqué de façon remarquable comme étudiante avec les enfants de la région nord de Jamundí, à Puente Vélez, et pendant les quatre dernières années à l'école Alfonso López Pumarejo, à Robles, Valle del Cauca.

Ximena a obtenue un diplôme en Éducation Préscolaire, encouragée par la nécessité de sauvegarder le savoir ancestral en le transmettant aux enfants. Lorsqu'elle a été invitée en Afrique pour effectuer un travail similaire, elle n'a pas hésité un seul instant à accepter.

http://www.revistaebano.com/pages/comunidad.html

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

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