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Noirs d'Amérique Latine

Textes traduits de l'Espagnol témoignant du passé et du quotidien des Noirs d'Amérique Latine et des Caraibes

19 août 2008

Portrait de Mussum, un musicien AfroBrésilien

Antônio Carlos Bernardes Gomes (Rio de Janeiro, 7 avril 1941 — São Paulo, 29 juillet

1994), plus connu sous le nom de Mussum, était un musicien et humoriste brésilien à succès, membre du groupe humoristique Os Trapalhões.

Mussum était issu d’une famille pauvre des favelas cariocas (Rio de Janeiro). Il étudia pendant neuf années dans un collège interne où il allait obtenir un diplôme d’ajusteur mécanique.

Il fit partie des forces armées pendant huit ans et dans le même temps il en profita pour participer à la Caravane Culturelle de Musique Brésilienne de Carlos Machado. Il était musicien et sambiste, et a appartenu au groupe Os Originais do Samba, dans lequel il allait atteindre une certaine renommée, et voyagea dans plusieurs pays. Il était connu à l’époque sous le nom de "Mumú da Mangueira".

C’est à cette époque qu’on l’invita à participer à un show à la télévision, Os Trapalhões. Au départ, il refusa l’invitation et se justifia en affirmant que les hommes ne devaient pas se peindre la tête, comme les acteurs avaient l’habitude de le faire. Cependant, en 1969, son ami Manfried Santanna (Dedé Santana) allait réussir à le convaincre, et Mussum commença à intégrer le programme qui le rendit célèbre.

Mussum est mort en 1994, suite à une transplantation du cœur qu’il ne supporta pas, et il fut enterré à São Paulo. Il laissa derrière lui 27 films avec Os Trapalhões, en plus de vingt années de présence à la télévision, au cours desquelles allait être immortalisée sa façon particulière d’accentuer les terminaisons en "is" ou "évis".

Traduit du Porutgais par Guy Everard Mbarga

(Source: Wikipedia)

http://www.castingblack.com.br/?secao=15561&categoria=32307&id_noticia=52310

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05 août 2008

NELSON ESTUPIÑAN BASS, écrivain Afro-équatorien de renom

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Le grand écrivain afroéquatorien est né à Esmeraldas (Súa) le 12 septembre 1912. Il a fait ses études primaires dans sa ville natale et le secondaire à l’Institut National Mejía ou il a obtenu un diplôme de comptable en 1932. Il enseignera et exercera dans les services bancaires dans la province.

Conteur, poète, journaliste et professeur. Prix National Eugenio Espejo pour l’ensemble de son œuvre. Il est l’un des représentants les plus importants des négritudes en Équateur et plusieurs de ses nouvelles évoquent et recréent ce monde. Le critique nord américain Henry J. Richards affirmait : «Franchement, soutenir avec raison que les contributions de Estupiñán Bass au récit le place à l’avant-garde des nouvellistes hispano-américains d’aujourd’hui… L’auteur a réussi à produire une nouvelle historique en accord avec les normes établies pour ce genre, l’incarnation du héros mythique dans l’un des personnages et l’énonciation de l’idéologie révolutionnaire."

OEUVRES LITTÉRAIRES Nouvelles: Cuando los gayacanes florecían (Quito, 1954); El paraíso (Quito, 1958); El último río (Quito, 1966); Senderos brillantes (Quito, 1974); Las puertas del verano (Quito, 1978); Toque de queda (Guayaquil, 1978); Bajo el cielo nublado (Quito, 1981); Al norte de Dios (Quito, 1994). Poesía: Canto negro por la luz (Quito, 1956); Timarán y cuabú (Quito, 1956); Las huellas digitales (Quito, 1971); Las tres carabelas (Portoviejo, 1973); El desempate (1980). Essais et chroniques: Luces que titilan: guía de la vieja Esmeraldas (Esmeraldas, 1977); Viaje alrededor de la poesía negra (Quito, 1982); Desde un balcón volado (Quito, 1992); El Crepúsculo (1983);  1993 Los canarios pintaron el aire amarillo (nouvelle).

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.centroafroecuatoriano.com/

30 mars 2008

Piedad Cordoba, combattante politique afrocolombienne

Piedad Córdoba a été réélue trois fois au Sénat. Son image politique se renforce malgré le fait qu'elle a dû affronter les quatre derniers présidents de la Colombie, les narcotrafiquants et les paramilitaires.

Par Esaúd Urrutia Noél

Le 20 juillet dernier, au milieu du tohu-bohu de représentants et des sénateurs qui tendaient la main pour le saluer alors qu’il s’apprêtait à lancer la période des sessions législatives du Parlement, le président Álvaro Uribe Vélez s'est retrouvé face à la sénatrice Piedad Córdoba Ruiz dans les installations du Congrès National.
Le président a salué son opposante la plus acharnée d’un baiser sur la joue. Ce geste d'Uribe, qui a été l’objet de nombreux commentaires et qui a inspiré les traits des caricaturistes de la presse nationale est devenu,  sans intention apparente, le préambule d'un épisode plus aimable dans la relation  tumultueuse entre la  parlementaire et le président.

Natifs tous les deux d'Antioquia, les avatars de la vie politique les ont mené sur des chemins différents, après des débuts harmonieux il y a plus de deux décennies, lorsque les deux politiciens aujourd'hui  chevronnés  parcouraient la Vallée Aburrá, en tant que militants du Parti Libéral.
 


—Dites-leur que cet homme deviendra Président de Colombie dans quelques années —, demanda Piedad Córdoba au traducteur en montrant  Uribe Vélez, qui souhaitait la bienvenue avec elle à des membres du Congrès Américain invités d'un concours international organisé par la sénatrice libérale à l’Hôtel Intercontinental de Medellín, en 1997.
—Dites-leur  que cette dame est mon chef politique—, ajouta Uribe Vélez.

Les deux libéraux étaient très loin d'imaginer qu'un jour ils emprunteraient des chemins séparés par l'abîme des idées, par la façon de concevoir la politique.  Une distance qui semblait insurmontable après l’accession d’Uribe Vélez, en 2002  à la présidence du pays comme l'avait prévu  Piedad Córdoba,  pas au sein de son parti, mais plutôt en tant que leader d'un mouvement politique qui même s'il allait recevoir le soutien des nombreuses expressions du libéralisme allait également recevoir celui décisif des groupes paramilitaires, comme l'a dénoncé la sénatrice à divers endroits du pays et à l'étranger. Pendant les quatre premières années d’Uribe à la Casa de Nariño, Piedad Córdoba s'érigea en l'une de ses opposantes les plus fortes. Ses critiques redoublèrent, et débat après débat au Congrès, elle brandissait des chiffres et des témoignages qui démentaient les rapports du Gouvernement sur les progrès de l'Économie, la Sécurité démocratique et la réduction du chômage.


Et pendant la campagne pour le second mandat d'Uribe, tandis que le pays était ébranlé par les accusations portées contre le Département Administratif de la Sécurité de l’État, DAS, pour ses liens avec les groupes paramilitaires et le narcotrafic, Piedad redoublait d’efforts dans sa croisade avec la fougue de son atavisme africain.

“Je doute beaucoup que ce Président, qui s’est investi de toute puissance et qui sait tout n’a pas idée du dinosaure qu’il a dans son gouvernement. Je demande au Président de se défaire de son aspiration à la réélection”, déclara-t-elle énergiquement devant une foule de journalistes.
 


Habituée à se battre dans les espaces les plus hostiles d’un territoire où la valeur des êtres humains se mesure encore à la tonalité de leur peau, Piedad Córdoba a appris à parler en face, sans peur. À dire les choses comme sa conscience les lui dicte. 


Sa franchise légendaire lui a valu la reconnaissance de ses amis et des ses détracteurs, mais ils ne sont pas peu nombreux ceux qui la taxent également de querelleuse impénitente. Ainsi, alors que pour plus de 70% du pays parler négativement de la gestion d’Uribe Vélez était presqu’une hérésie, Piedad Córdoba disait partout où elle le voulait qu'il s'agissait d'un gouvernement paramilitaire et illégitime ; que le Congrès devait être dissous car plusieurs de ses collègues, avec les votes desquels le Président avait été élu, n’étaient que des marionnettes du para militarisme. 

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En compagnie de Dany Glover 


Sa voix et ses  fortes déclarations ne s’arrêtèrent même pas lorsqu’en 2005, le Conseil annula les votes  de plusieurs conseils dans différentes régions du pays et qu’après le recomptage des suffrages, Piedad Córdoba fut dépossédée de son accréditation de parlementaire de la République. Elle attribua la perte de son cumul à la pression paramilitaire et à l’ancien ministre Fernando Londoño qu’elle avait acculé à plusieurs reprises lors de ses débats au Congrès. 

“J'ai des ennemis puissants, comme les paramilitaires et comme l'ancien ministre Fernando Londoño Hoyos, qui ont fait même l’impossible pour que cela arrive”, déclara-t-elle au journaliste  Camilo García de Actualidad Colombiana lors d’une interview. 


Pendant cette conjoncture,  Daniel Coronell, le prestigieux  chroniqueur de la revue Semana écrivit ceci sur Piedad Córdoba:
“Elle parle devant celui qui veut l'écouter, quand ils ne l'écoutent pas, elle crie, et quand ils ne font pas non plus cas (d'elle)malgré ses cris, elle marche ou elle danse pour défendre les pauvres, les marginaux, ces ignorés qui semblent importer moins que jamais.

”Capable d’immenses sacrifices et de nager à contre courant de manière indéfinie, cette mulâtresse  s’est inventée une nouvelle façon de faire de la politique.  Elle  a réussi à se défaire du samperisme, et aujourd’hui, elle est peut-être la critique  la plus féroce de l’ancien président qu’elle a tant défendu”, écrivit  Daniel Coronell.
Après sa sortie du Congrès, elle créa le mouvement politique  Poder Ciudadano Siglo XXI - un bras dissident au sein du Parti Libéral dont le travail est axé sur les Droits Humains, l’environnement  et l’équité sociale avec pour but de construire une Colombie inclusive - travaillant depuis sans arrêt  au sein du Parlement qu’elle a retrouvé en 2006.
 

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Avec Raphael Correa, Président de l'Équateur

et Yolanda Pulencio, mère d'Ingrid Betancourt
Piedad Córdoba a toujours été à contre-courant. Avec une vocation suicidaire et sans calculs politiques. Elle a également livré des batailles épiques contre  César Gaviria, contre Ernesto Samper et contre Andrés Pastrana, les trois hommes qui ont précédé Uribe à la Casa de Nariño. Elle a affronté les paramilitaires, les narcotrafiquants, les guérilleros, des hommes d’affaires ... Comment peut-on survivre, physiquement et politiquement quand on a autant et de si puissants adversaires ?

L'accord humanitaire

Le 15 août 2007, 25 jours après le baiser au Capitolio Nacional, le président Álvaro Uribe sollicita  Piedad Córdoba pour qu'elle accepte le rôle de facilitatrice de l'accord humanitaire pour faire avancer la libération des otages des Farc. 

Dix jours plus tôt, devant les caméras de télévision de l’émission Aló Presidente, la parlementaire avait demandé la médiation d’Hugo Chávez pour la paix en Colombie et en passant lui demanda de l’aide pour la construction d’un aqueduc à Quibdó, la capitale du département du Chocó. 


Cette demande de la sénatrice, vue et entendue pas des millions de téléspectateurs et rediffusée à profusion par les médias colombiens déchaina une autre de ces tempêtes politiques auxquelles Piedad Córdoba a habitué le pays. Mais Uribe allait encore plus surprendre lorsqu’il autorisa la médiation du Président vénézuélien en vue de l’accord humanitaire. 


Dès lors, la parlementaire débuta une activité frénétique, assumant son rôle avec dévouement et multiplia les voyages à Caracas. Elle a pénétré en la forêt colombienne et a rencontré le chef guérillero Raúl Reyes le 17 septembre dernier. De la jungle, elle est revenue  pleine d’optimisme, avec une vidéo de sa conversation enregistrée avec le rebelle et avec une lettre de Manuel Marulanda, le plus grand leader des Farc, adressée à Hugo Chávez.


Dix huit jours plus tard,  Piedad se rendait dans une prison du Texas aux États-Unis où elle rencontra  Anayibe Rojas, alias Sonia, membre des Farc extradée pour narcotrafic. Au cours de cette visite,  guérrillera fit part à la facilitatrice sa volonté de s’exclure de la liste de 498 guérilleros demandés par les Farc en échange des otages  si cela aidait à concrétiser l’accord humanitaire, soit la même disposition manifestée par  Ricardo Palmera, alias Simón Trinidad, l’autre  guérillero extradé aux États-Unis qu’elle avait rencontré dans un tribunal fédéral de Washington 31 octobre dernier. 


Piedad Córdoba s’est également rendue en France ou elle et le président Chávez ont rencontré le président de ce pays Nicolás Sarkozy avec lesquels ils ont échangées sur les avancées du processus et les idées du Président vénézuélien pour obtenir la libération des otages.


Tout semblait aller bien. Les possibilités d’aboutir à un accord humanitaire étaient de plus en plus évidentes. Jusque dans la soirée du mercredi 21 novembre, lorsque le Président colombien décida de mettre fin unilatéralement à la médiation que son homologue vénézuélien  Hugo Chávez, et la sénatrice Piedad Córdoba menaien entre le Gouvernement colombien et les Farc pour la recherche de l’accord humanitaire. 


Selon un communiqué de la Casa de Nariño, “la sénatrice Piedad Córdoba a appelé le commandant de l’Armée, le Général Mario Montoya, et lui a demandé un rendez-vous et par la suite, elle a passé le téléphone au président du  Venezuela, Hugo Chávez, qui a posé des questions au général Montoya sur les otages des  Farc”.
Selon le Gouvernement colombien qui avait déjà exprimé son malaise à cause du manque de discrétion  de Chávez dans le processus, il s’agissait là de la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Chávez, qui est souvent imprédictible, cette fois répondit par un communiqué sobre, acceptant les termes diplomatiques de la décision du président Uribe.  Piedad Córdoba en fit de même, elle qui depuis qu’elle assume le rôle de médiatrice avait adopté une attitude moins impétueuse.
 


Mais Chávez ne résista pas finalement. Fidèle à son style, trois jours plus tard, il affirma que son homologue colombien l’avait trahi en l’écartant de son rôle de médiateur dans la recherche d’un accord sur les otages, ce qui selon lui mettait en difficulté les relations bilatérales. Quelques heures plus tard, Piedad Córdoba lui apportait une preuve de vie attendue que lui avaient remis les Farc: une vidéo sur laquelle apparait le capitaine Guillermo Solórzano, commandant de la Police de Florida , Valle, enlevé en juin dernier.

Les débuts

Piedad Córdoba n’a pas eu la vie facile. Et elle l’est devenue encore moins lorsqu’elle a décidé de devenir un leader, dans un pays où les passions politiques génèrent les formes d’intolérance les plus perverses. On l’a insulté, on l’a vitupéré, on l’a agressé dans des restaurants, dans des aéroports, dans des centres commerciaux. Elle a été séquestrée et on a même mis sa tête à prix  pour faire barrage à sa profusion d’idées. 


Mais Piedad est restée debout. Elle a appris à être forte dès son enfance à Medellín où elle est née le  25 janvier 1955. Son père  Zabulón Córdoba, un enseignant du Choco qui a déménagé dans la capitale Antioquia à la recherche d’une vie meilleure, forma une famille avec Esneda Ruiz, une compatriote de pure souche. Ils durent se retrancher dans un quartier de Medellín duquel de nombreux voisins  voulaient les expulser parce qu’ils étaient noirs et parce que naturellement, du fait de cette condition, ils étaient des messagers de mauvais présages. 

Elle a aussi débuté la politique en territoires difficiles: dans les communes de  Medellín, où aux côtés du leader politique William Jaramillo elle a commencé à laisser entrevoir ce caractère au fer forgé, qu’elle incarne lorsqu’elle défend ses idées et les intérêts des minorités en Colombie. 


En 1984 elle occupa sa première charge publique : contrôleur adjoint Municipal de la capitale d’Antioquia. Deux ans plus tard, lorsque  William Jaramillo arriva à la  Mairie de Medellín, il la nomma secrétaire privée,  en quelque sorte son bras droit au sein de l’administration. L’avenir politique de  Piedad Córdoba commençait à se bâtir. 


En 1994 elle fut élue sénatrice et réélue à trois reprises au Sénat, car, même si elle ne dispose pas d’une machine politique, elle a été favorisé par le vote d’opinion  de ceux qui croient que sa voix est importante au Congrès. Ce n’est pas pour rien que le magazine   Semana l’a placé parmi les 50 personnes les plus influentes du pays. 

De pensée libérale, progressiste, elle n’a pas seulement assumé  la cause des invalides, des millions de pauvres et de misérables qui vivent pauvrement dans les localités urbaines et rurales du pays, mais elle a également été un  porte drapeau  de la lutte pour l’équité et l’inclusion des afrocolombiens et des indigènes; des gays, lesbiennes et des transsexuels.


Sur sa route, Piedad Córdoba a gagné l’antipathie de beaucoup; la critique d’analystes honnêtes et d’autres, qui, sans la force de l’argument l’appellent ‘La Negra’, avec cet accent  qu’adoptent certains colombiens pour saper l’estime de soi des afrodescendants. Mais ni le débat, ni le niveau de la critique rusée n’ont pu faire plier sa personnalité faite au béton armé. 


Dans la matinée  du dimanche 25 novembre lors de l’émission radiophonique Colombia Universal, la sénatrice avait confessé au journaliste  Erwin Hoyos que le jour précédent elle avait reçu une notification selon laquelle la Cour Suprême de Justice avait ouvert un procès pour association délictuelle et pour trahison la patrie , faisant suite à une dénonciation pour les déclarations de  Piedad Córdoba à México en mars de 2006, lorsqu’il y a quelques mois elle avait déclaré que les pays latinoaméricains devaient rompre leurs relations avec la Colombie, en alléguant que le mandat d’Uribe est illégitime.


Cette procédure juridique que devra affronter la parlementaire n’aboutira certainement à rien comme prévient un analyste politique pour qui il doit s’agir encore une fois des manœuvres machiavéliques orchestrées par   José Obdulio Gaviria, le conseiller présidentiel. 


Entre-temps,  ils sont nombreux les colombiens qui serrent les rangs autour de la parlementaire aguerrie venue d’Antiquoia à laquelle les sondages commencent à sourire, comme le dernier de la firme Invamer Gallup publié le 23 novembre dernier l’a démontré, dans lequel elle a progressé de 9 points, avec une image favorable à 42% tandis que l’image défavorable passait de 38 à 32 %. 


De leur côté, les afrocolombiens qui n’ont pas encore trouvé une figure politique les regroupant autour d’un grand projet politique commencent à voir en Piedad Córdoba cette figure éminente qu’ils ont tant attendu. Au point où beaucoup affirment que le véritable  recensement des noirs se fera le jour où la parlementaire aura sa photo plaquée sur  une carte de candidats à la présidentielle 

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

Source : www.revistaebano.com

”Elle a le caractère qui manque à la majorité des hommes  —poursuit Coronell—. Enlevée par  Carlos Castaño, elle lui cria assassin dans sa face, sans se laisser impressionner.  Comme si elle était née pour attendre ce coup, seulement couverte par l’armure de sa vérité. En se défaisant de la peur intérieure, mais sans montrer un seul signe de faiblesse. Elle s’est assise pour fumer, en pensant à ses enfants et en attentant l’inévitable. Mais son heure n’avait pas sonné. Incroyablement Castaño la libéra alors, qui la tenait entre ses griffes, …
…”Ce n’est pas la seule fois qu’elle a échappé à la mort. Dotée d’un courage singulier, elle a l’habitude d’aller vers le danger de front quand tout le monde s’éloigne à grande vitesse. C'est pourquoi , de temps en temps, on essaye de lui veut l'intimider, selon l'explication l’explication officielle sur les conjurations faites contre sa vie…

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14 février 2008

Juan Pablo Sojo: créateur de l’Afrovénézualité

Publié le 23/12/2007

Alors que l’on fête le centenaire de cet insigne écrivain, la petite ville de Curiepe a créé un comité de célébration du centenaire de sa naissance et dès le mois de novembre a commencé à se souvenir de lui avec une série de conférences autour de son œuvre.

Il y a un siècle naissait le pionnier des études afrovénézuéliennes Juan Pablo Sojo. C’était le 23 décembre de l’année 1907 que le célèbre écrivain avec sa plume et sa sensibilité fit naitre et ouvrit le chemin, peut être inconsciemment, de la reconnaissance d’un des segments les plus importants de la diversité culturelle vénézuélienne comme l’est l’africanité.

Il s’inspira de son père le vieux (viejo) Juan Pablo Sojo, qui fut écrivain, collectionneur de traditions populaires d’origine africaine à Curiepe, et se laissa en même temps envelopper par le voile historique de ce Curiepe qui avait toujours lutté, dès sa fondation pour la revendication de sa fierté d’origine africaine, puisqu’il fut le premier village fondé par des africains et leurs descendants en condition de liberté au cours du 18ème siècle.

“Nochebuena negra”, de Juan Pablo Sojo

C’est dans ce contexte qu’il s’inspira de ses traditions pour écrire sa plus grande œuvre littéraire connue sous le nom de Noche Buena Negra ( Réveillon nègre), une nouvelle qu’il écrivit à l’âge de 22 ans et qui aborde les manifestations culturelles de Curiepe, du Mampulorio et du Sambarambule aux fêtes de Saint Pascal Bailon et Saint Jean Baptiste (San  Pascual Bailón y San Juan Bautista), mais également la spiritualité et le la révélation de l’exploitation à laquelle furent soumis de nombreux descendants d’africains par les propriétaires.

Mais Juan Pablo Sojo fut également essayiste et chercheur. En 1943 il écrivit son livre Temas y Apuntes Afrovenezolanos, dans lequel il inventa le terme afrovénézuélien, ce qui dément les intellectuels racistes autant de gauche que de droite qui affirment que les luttes afrovénézuéliennes sont une mode que nous avons récemment inventée sous l’influence afro-américaine.

Il s’agit d’une preuve historique laissée par Sojo, qui il y a plus d’un demi siècle parlait des afrovénézuéliens. Sojo a également écrit plus de cent articles sur la situation politique, sociale et culturelle de notre Barlovento. Des journaux tels que El Nacional, La Esfera, El País, et les revues Shell et El Farol ont recueillis ces beaux articles et essais qui l’ont même conduit à remporter des prix littéraires.

En ce centenaire de la naissance de cet insigne écrivain, la petite ville de Curiepe a créé un comité de célébration du centenaire et dès le mois de novembre, on a commencé à se souvenir de lui par le biais d’une série de conférences autour de son œuvre.

Casimira Monasterio, Rodolfo, Luisín, Horacio de même que des proches de Sojo ont revendiqué, avec ou sans soutien officiel le long parcours de ce natif de Barlovento qui lors de son passage en ce monde a laissé une marque profonde. Et un siècle après sa naissance, il n’a pas été oubliée, générations après générations, même si ni les écoles de Barlovento, ni celles de l’État de Miranda et encore moins les écoles nationales ne connaissent ses œuvres, une erreur qui doit être corrigée à l’occasion de ce centenaire.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.diariolavoz.net/seccion.asp?pid=18&sid=438&notid=246908

31 décembre 2007

Ximena Viáfara, une éducatrice afrocolombienne en Afrique

Elle fera un voyage en Guinée ou elle mettra en pratique sa méthode d'éducation basée sur la tradition orale.

Ximena Andrea Viáfara Mina, une enseignante du préscolaire et lauréate d'un concours passera le Noel prochain à mille kilomètres de sa terre natale. Elle voyagera en Guinée - Bissau, un petit pays d'Afrique isolé, à la recherche d'un rêve qu'elle a caressé pendant les 28 années de sa vie.

Les invitations répétées de ses frères John, joueur de l'équipe de Southampton en Angleterre et de Jaime Andrés, qui joue au volley-ball en Turquie n'ont pas réussi à la faire abandonner ses plans en allant habiter avec l'un d'eux en Europe.

Elle sent que son esprit ne peut trouver l'équilibre nécessaire que si elle se rend en mission sur la terre de ses ancêtres et met son grain de sable dans la formation des petits guinéens.

Même la possibilité de poursuivre sa brillante carrière en tant qu'enseignante ne l'a pas séduite, peu après avoir reçu un prix Secrétariat à l'Éducation de Valle, celui de gagnante du Concours des Enseignants réservé aux écoles qui accueillent des afro colombiens.

La fille de José Viáfara et de María Mina a appris de ses grands-parents Hercilia et Prudencio, de simples paysans que, par le biais de l'oralité, à travers la narration de contes, ils avaient l'habitude d'enseigner aux petits de leur village.

Ximena s'est nourrie de cette pédagogie ancestrale et l'a appliqué de façon remarquable comme étudiante avec les enfants de la région nord de Jamundí, à Puente Vélez, et pendant les quatre dernières années à l'école Alfonso López Pumarejo, à Robles, Valle del Cauca.

Ximena a obtenue un diplôme en Éducation Préscolaire, encouragée par la nécessité de sauvegarder le savoir ancestral en le transmettant aux enfants. Lorsqu'elle a été invitée en Afrique pour effectuer un travail similaire, elle n'a pas hésité un seul instant à accepter.

http://www.revistaebano.com/pages/comunidad.html

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

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17 décembre 2007

Ivete Sacramento, première femme noire rectrice d’université au brésil et militante du mouvement noir

“L’université doit être un lieu de production de connaissance qui bénéficie à toute la population ”

 

Ivette Sacramento
Première rectrice noire au Brésil, en huit ans de gestion de l’Université de l’État de Bahia, Ivete a augmenté le nombre de cours offerts, les faisant passer de 46 à 89 et a créé le Programme Intensif  de Graduation des Professeurs. Elle a également ouvert les portes de l’université à la communauté et renforcé les sections de l’université à l’intérieur de l’État.

Élue en 1998 pour la plus haute charge administrative de l’Université de l’État de Bahia (Uneb), elle a été réélue en 2002, avec 75% des votes, et a passé le relais en fin 2005 à son successeur. En huit ans de gestion, l’originaire de Salvador âgée de 54 ans a augmenté le nombre de cours offerts de 46 à 89 et a créé le Programme Intensif de Graduation des Professeurs, qui a déjà qualifié 6 milles professeurs du réseau d’état. E mais: elle a ouvert les portes de l’université à la communauté par le biais de cours d’extension de l’alphabétisation des jeunes et des adultes, a renforcé les sections de l’intérieur de l’État en a inauguré d’autres. “L’Uneb est présente dans 24 villes. J’ai toujours vu l’éducation comme une manière de transformer la société”, dit-elle.

Au delà de la reconnaissance en tant qu’éducatrice, Ivete est également admirée pour son militantisme contre la discrimination raciale. “J’ai implanté les quotas pour les noirs en 2003, à une époque où on commençait à discuter du sujet”, dit-elle fièrement, elle qui est l’une des fondatrices du Mouvement Noir Unifié de Bahia. Ivette donne actuellement des cours et travaille en tant que conseillère dans les régions intérieures de l’État pour l’implantation des disciplines de l’histoire et de la culture afro brésilienne dans le curriculum scolaire.

Le racisme en débat partout au Brésil 

Fotos: Paulo André

Le sénateur Paulo Paim

Les actions affirmatives sont des mesures qui visent l’inclusion sociale des noirs et des afrodescendants, principalement dans le marché du travail et dans l’enseignement supérieur. Actuellement, ces mesures sont en discussion au niveau national, comme le Statut de l’Égalité  et le Système des Quotas. Le Statut de l’Égalité Raciale, projet de loi du sénateur Paulo Paim qui compte 85 articles sera voté en 2007 à la Chambre des Députés. Ces derniers temps, plusieurs intellectuels se sont manifestés en faveur et contre le Statut. L’un des points les plus questionnés dans le statut est la présence de moins de 20% d’acteurs et de figurants afro-brésiliens dans les émissions et les publicités de la télévision, et l’auto déclaration concernant la race ou la couleur sur divers documents.

 
    Humberto Adami
“Le statut de l’Égalité Raciale va dans le sens de combattre le racisme. Les gens ont le droit de se manifester contre les quotas, mais ils ne présentent aucune alternative de solution, pois il est important de proposer tout type d’alternative!”, souligne un membre du Conseil de l’Institut Afro-Bréilien d’Enseignement Supérieur et président de l’Institut de la Plaidoirie Raciale et Environnementale (Instituto da Advocacia Racial e Ambiental, IARA), Humberto Adami.

Pour l’ancienne rectrice de l’Université de Bahia (1998-2005), Ivete Sacramento, le Statut de l’Égalité Raciale doit être approuvé d’urgence pour l’inclusion sociale des afrodescendants. Dans une entrevue à ce magazine lors du dernier événement d “Afrobras”, le sénateur José Sarney va plus loin: “je crois que malgré toutes les incompréhensions qu’elles peuvent avoir, on doit commencer à exiger le programme des quotas. On ne peut pas rester dans cette inertie qui consiste à voir le pays hésiter sur les plus pauvres, et les plus pauvres sont noirs, et sont ceux qui ont plus de demande du point de vue de la santé et de l’emploi. La plupart des analphabètes sont noirs. On ne peut pas rester dans cette position consistant à nous résigner et pour en finir avec tout cela, nous devons avoir des actions affirmatives.”.

Les difficultés liées à l’inclusion sociale sont grandes et peuvent être observées à travers les données statistiques qui indiquent que montrent que 2% des noirs ont fait des études supérieures au complet, selon le recensement de l’année 2000 de l’Institut Brésilien de Géographie et de Statistique ( Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística,IBGE).

“L’Université de Bahia utilise  le concept d’auto déclaration de la race pour son examen d'entrée. Il y a six ans, les gens niaient leur ascendance ; après l’adoption des quotas, le fait d’être afrodescendant est devenu possible. Aujourd’hui, les gens s’auto déclarent, et cela représente une victoire”, souligne l’ancienne rectrice de l’UNEB, Ivete Sacramento. Selon l’avocat Humberto Adami, la Confédération Nationale des Établissements d’Enseignement (Confenen) a déclenché une action directe d’inconstitutionnalité de la loi des quotas 4151 au Tribunal Suprême Fédéral. Cette loi prévoit les quotas raciaux pour les noirs et les métisses dans les Universités d’État du Rio de Janeiro. “Nous avons lancé le processus avec  16 organisations du mouvement noir contre le racisme de couleur qui est une forme d’intervention contre le processus d’inconstitutionnalité. Par la suite, cinq entités religieuses de matrices africaines nous ont rejoint”, explique-t-il.

“Nous devons lutter pour que d’autres mesures soit effectivement adoptées et se joignent à l’égalité raciale. J’ai été la seule rectrice noire de l’UNEB, un fait qui prouve une inégalité due au manque d’opportunité ”, analyse l’ancienne rectrice Ivete Sacramento.

Une enquête en  2005 de l’Institut Ethos relatif au Profil Social, Racial et de Genre des 500 plus Grandes Entreprises et Leurs Actions Affirmatives révèle que 26,4% des noirs occupent des postes fonctionnels et 3,4% des postes de direction.

Selon l’avocat Humberto Adami, “des actions civiques publiques sont appliquées par le Ministère Public du Travail contre les banques pour absence de fonctionnaires noirs. D’ici un mois, le Ministère Public poursuivra en justice d’autres banques des autres régions du Brésil, sauf Brasília.”

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.ueg.br/especial_2007-11-20_04.htm

La grande aspiration d’IVETE SACRAMENTO dans sa jeunesse était de devenir professeur dans les régions intérieures de l’état Bahia, comme sa mère et ses tantes. “J’ai grandi en écoutant leurs histoires: elles prenaient les canots, se déplaçaient à dos d’âne pour aller donner des cours dans les régions les plus éloignées”, dit-elle. “Je voulais également être une exploratrice de l’éducation.” La fillette a couru après son rêve et est allée loin: Ivete est la première femme noire brésilienne à être devenue rectrice d’une université.

10 décembre 2007

10 afrobrésiliens racontent leurs parcours vers la réussite professionnelle

PAR SILVANA REGINA INÁCIO 

Se battre et croire sont des mots qui doivent faire partie de la vie de celui ou celle qui veut réussir et atteindre ses objectifs. Aujourd’hui, les noirs brillent dans plusieurs domaines et gagnent des espaces, démontrant ainsi que le talent n’est pas uniquement  réservé aux professionnels de la musique, de la dramaturgie ou des sports. raça brasil présente 10 professionnels  ayant bien réussi, des exemples qui démontrent qu’une bonne partie de la réussite dépend des études, le dévouement et de la bonne volonté 

"FOTOS MARCELLO GARCIAJe suis né à Rio de Janeiro, dans le quartier de Méier. Je suis parti de là à 16 ans, et je suis allé à l’école d’Aéronautique de Sargento à Guaratinguetá, à l’intérieur de São Paulo. J’ai fait une formation en Ingénierie à l’Université de Taubaté et j’ai fait une post-graduation en Administration d’entreprises au  Fecap, entre autres cours. Je suis tout le temps en train de me remettre à la page. Mais mon enfance n’a pas été du tout facile. En plus d’être divorcés, mon père buvait. J’ai commencé à travailler à 14 ans. Ma mère, originaire de  alagoas, dit toujours que les études sont l’unique porte de sortie vers une vie meilleure. Elle fut mon exemple de persévérance et de force de volonté. A 45 ans, elle s’est résolue investir dans elle-même et dans son avenir. Elle est retournée aux études, elle est allée à la Faculté d’Assistance Sociale et a travaillé à l’INSS, elle est pétillante et elle est aujourd’hui retraitée. Tout cela est un motif de grande fierté et prouve qu’il n y a pas d’âge pour courir après ses rêves et ses objectifs. Au cours de ma carrière professionnelle, j’ai participé à la construction de l’Aéroport de Guarulhos et j’ai été  directeur des Ouvrages de la Municipalité de Guarulhos. Actuellement, je suis président de l’Asseag (Associação dos Engenheiros, Arquitetos e Agrônomos do Município de Guarulhos – Association des Ingénieurs, Architectes et des Agronomes de la Municipalité de Guarulhos) et je dirige ma propre entreprise."
JORGE M. DA SILVA SANTOS, 57 ans, ingénieur civil
 

"Je ne suis jamais resté là à penser comment j’allais payer mes études. Ma préoccupation a toujours été d’améliorer mes connaissances et de me cultiver. Après avoir commencé les cours, je trouvais la solution pour payer. J’ai commencé à travailler à 15 ans et ma mère m’a toujours encouragé à étudier. J’ai suivi une formation en comptabilité et je suis diplômé de troisième cycle en Administration Comptable et Financière de la FAAP et j’ai obtenu un MBA en Gestion Commerciale d’Entreprises. Mais à la base j’ai été dans des collèges publics au sud de Glicério, à São Paulo. Dire qu’il n’existe pas de discrimination serait faire de la démagogie, mais j’ai toujours dépassé cela par mon professionnalisme et  ma capacité. Je suis administrateur général de la comptabilité des neuf entreprises qui font partie du groupe bancaire  Société Générale Brésil et dans ce cadre, je me rends à New-York au moins une fois par an. J’envisage de fréquenter deux autres facultés et de faire une spécialisation aux États-Unis qui pourra m’habiliter à travailler dans mon domaine n’ importe où dans le monde. Ma réussite ne dépend pas de tiers, mais bien uniquement et exclusivement de moi."

NELSON EDGAR LEITE, 40 ans, comptable 

FOTO PAULO PEREIRA"Fille d’une couturière et modéliste, j’ai toujours rêvé de travailler dans le secteur de la mode. Ma mère a travaillé avec des stylistes célèbres tels que Reinaldo Lourenço, ce qui ne faisait qu’augmenter seulement ma volonté. Mon père est mort quand j’avais 13 ans. Une chose qu’il disait toujours et que  je n’ai jamais oublié c’est que les noirs pour bien réussir doivent être dignes, courageux et beaucoup étudier.

Mon père a été un exemple pour moi. N’ayant pas été dans les conditions d’étudier dans sa jeunesse, il a pris des cours à la faculté d’Administration après s’être marié et après avoir eu des enfants. Grâce à une bourse de 70% d’une entreprise dans laquelle j’ai travaillé, j’ai réussi à faire ma première faculté dans le secteur de la Mode, mais quand j’ai essayé de travailler avec cela, je me suis rendue compte que c’était très difficile et qu’il fallait faire des cours de spécialisation dans d’autres pays, ce que je n’avais malheureusement pas les moyens de faire. C’est alors que j’ai décidé de changer de domaine et de passer un nouveau concours d’entrée à l’Université, et cette fois, j’ai réussi à entrer à l’USP, une des universités les concourues du Brésil, en Administration d’Entreprises. Aujourd’hui, je suis cadre dans une banque, ce qui était également un rêve d’enfance. L’éducation est la base de tout dans la vie de chaque personne."

GLÁUCIA HELENA JERONYMO, 35 ans, cadre de banque 

"FOTO DIVULGAÇÃOJe suis né à Araçuaí, no Vale do Jequitinhonha. J’ai connu une enfance très pauvre : j’ai perdu mon père alors que j’étais encore un bébé et je suis devenu orphelin de mère à 5 ans. J’ai été élevée par une famille riche pour laquelle ma mère travaillait en tant que domestique. J’ai dû arrêter les études pour aider aux travaux domestiques et j’ai seulement repris à l’adolescence. La famille qui m’élevait n’a pas aimé. Je suis arrivé à Rio de Janeiro il y a 20 ans. Je venais pour travailler dans la maison d’une amie, mais elle est rentrée plus tard à Minas Gerais. Moi j’ai dit que je ne rentrerais que la tête haute. Je voulais faire une formation en Journalisme, en Pédagogie ou en Nutrition, mais j’ai fini par choisir Hôtellerie. J’ai été vendeuse d’assurances, baby-sitter et domestique, jusqu’à commencer à travailler avec de grand chefs comme José Hugo Celdônio et les français Pierre Landry et Dominique Oudin, tous les deux au Le Saint Honoré. Rien n’est facile dans la vie, mais nous devons croire. Je suis sorti d’un coin perdu de l’intérieur pour arriver dans une ville comme Rio de Janeiro et j’ai réussi. Je suis chef exécutif de l’un des restaurants dont on parle le plus dans la ville."
ANA RIBEIRO, 40 ans, chef au sommet d’une carrière de réussites de Vale Jequitinhonha au Monde

"J’ai eu une enfance difficile. A 13 ans, j’étais ouvrière dans un atelier de couture. Par la suite j’ai travaillé dans une banque entre autres choses. J’ai une formation en Psychologie même si je n’ai jamais travaillé dans le domaine. J’ai toujours couru après mes rêves et mes objectifs. Des fois, j’occupais deux emplois. Je suis l’ainée d’une famille de sept enfants et j’ai réussi à obtenir une partie de ce j’ai à force de volonté et beaucoup de travail. De nos jours, les jeunes ont tout plus facilement. Avant, c’était plus difficile. Je gère avec mon mari et mes frères sept boutiques d’informatique au centre de São Paulo, et une fabrique de bijou de pacotille qui exporte en Amérique Latine. Je ne suis jamais descendu du ciel. Il faut courir derrière ses rêves et ses objectifs et se battre assez. Il n y a pas de réussite sans efforts."
ESTER BOTELHO, 46 ans, femme d’affaires

"A 41 ans, je me considère comme un homme ayant fait de nombreuses conquêtes. Je suis de Blumenau. Fils d’un mécanicien et d’une employée de maison. J’ai quatre frères. J’ai juste fait l’enseignement collégial, mais j’ai investi dans de nombreux cours. Je voulais avoir plus de connaissances et je ne me suis jamais laissé abattre par les préjugés. Parce que je suis né sur une terre de culture et de coutumes allemandes. Ma mère nous a toujours appris à ne pas nous offusquer, mais à savoir nous tenir dans n’importe quel environnement, car être pauvre n’est pas une honte. Ce qui est honteux, c’est de ne pas avoir de volonté d’apprendre. A 14 ans, j’étais déjà emballeur. J’ai également été mannequin, coordinateur d’événements... Aujourd’hui, je suis chef adjoint du Cérémonial. Notre équipe est responsable des normes du cérémonial public et des voyages du président de la République. J’ai visité plusieurs pays et j’ai reçu des décorations internationales en Espagne, en Argentine, en France et en Guinée-Bissau. Au Brésil, j’ai reçu comme distinction la décoration Santos Dumont de l’Armée de l’Air Brésilienne de l’Ordre du Branco au grade de Commandeur et l’Imposition de la Décoration de l’Ordre du Mérite Naval au grade d’Officier du Quadro Suplementar."
MARCOS CÉSAR LAGUNA, 41 ans, de Santa Catarina au Palais du Planalto
 

"FOTO DIVULGAÇÃOJ’ai découvert ma vocation à 17 ans, quand j’ai fait un cours technique de cuisine au Senac. Mais j’ai appris les premiers trucs  truques culinaires avec ma mère. De là à ici, ce qui était seulement une vocation est devenu un style de vie. Par l’intermédiaire d’un cousin– également chef cuisinier – je suis allé travailler en Belgique, peu après avoir terminé le cours. J’ai connu les plus grandes difficultés de ma vie là-bas, mais j’ai beaucoup appris. Je travaillais pour manger. Mais, pour un carioca né dans la banlieue de la ville et fils d’une mère célibataire, j’ai réussi à vaincre tous les obstacles, j’ai acquis de l’expérience et la reconnaissance professionnelles. J’ai déjà reçu de nombreux prix pour mes performances et j’ai été cité par la journaliste Danusia Bárbara, dans le Guia Restaurantes do Rio 2004, comme chef compétent et créatif. Étudier n’est jamais de trop. Il y a à peu près quatre ans, j’ai fait une formation en Histoire. Cependant, ma passion c’est la cuisine."
RENATO VICENTE, 40 ans, chef exécutif des cuisines et des restaurants d’un réseau d’hôtels
 

"JFOTOS MARCELLO GARCIA’ai une formation en Communication sociale avec des compétences en Journalisme de PUC de São Paulo. J’ai fait une maitrise et un doctorat au programme de post graduation en Intégration de l’Amérique Latine et Communication et Culture de l’Université de São Paulo. Je suis né à São Paulo ou j’ai toujours vécu. Mon enfance a été bonne, mais difficile. Je vivais avec mes tantes, dans des conditions très précaires, mais dignes. Ma mère était employée d’une maison familiale et des fois elle venait à la maison les fins de semaines. Nous étions très pauvres et mes tantes se démenaient pour que nous soyons dignes. J’ai commencé à travailler à 10 ans dans un kiosque à journaux et je n’ai jamais arrêté de travailler et d’étudier. J’ai toujours en ma possession un dictionnaire que j’avais reçu du propriétaire du kiosque, Anísio, avec la dédicace suivante: Que ce dictionnaire serve à éclairer ton esprit. Aujourd’hui, je suis directeur dans le secteur de la Communication Sociale de l’Université de São Paulo. Mais je crois qu’il y a beaucoup à faire pour une société avec plus d’opportunités et pour nous assurer un avenir d’égalité et d’équité sociale pour les afrodescendants
JUAREZ T. DE PAULA XAVIER, 49 ans, journaliste
 

"L’opportunité est un espace que peu de personne occupent, mais si vous en avez une, battez-vous avec force. J’ai été le premier noir à faire une formation en Technologie et Médias Digitaux à la Pontifícia Universidade Católica de São Paulo et j’ai investi dans divers cours de langues. Je parle anglais, français et espagnol. Ma carrière professionnelle a débuté à Santos, ma ville natale, mais je suis passé dans plusieurs entreprises jusqu’à trouver ma place. Les études sont fondamentales dans la recherche de la réussite et de la reconnaissance professionnelle. J’ai déjà travaillé dans de grandes entreprisses du secteur informatique. Aujourd’hui, je dirige ma propre entreprise et je travaille dans le secteur du en tant que directeur et producteur de campagnes et d’événements de marques ou pour des destinations. La majorité de nos clients sont des consulats ou des ambassades. Je suis comblé professionnellement, mais je veux encore plus me spécialiser et dans le futur enseigner le Design dans les facultés tournées vers la population afro, de manière à ainsi porter un peu de ma connaissance et de mes rêves à tous."
LUIZ ANTÔNIO TIBIRIÇÁ, 38 ans, le premier afrobrésilien formé en Technologie et Médias Digitaux de la PUC São Paulo

"FOTO ARQUIVO PESSOALJe suis née à Rio de Janeiro. Et j’ai des parents merveilleux. Mon père a eu une formation en Administration des Entreprises et ma mère est comptable. Je dis souvent qu’il peut y avoir une enfance plus riche que la mienne, mais en trouver une de plus heureuse serait bien difficile. Je suis une fille unique et dont l’avenir a été très planifié par mes parents. Malgré cela, dès ma petite enfance, ils me racontaient les difficultés qu’ils avaient eu pour étudier, et celles que mes grands-parents ont eu durant une bonne partie de leur vie. Ces conversations qu’on a eues très tôt m’ont permis de prendre conscience de l’effort de mes parents et de mes grands parents, qui ont produit en bout de ligne de meilleures opportunités pour moi. Je valorise tout cela et j’ai conscience de l’importance que cela a et de mon rôle social. Leur effort dans le passé me donne l’opportunité d’étudier dans de bons collèges et de me former dans une faculté fédérale en Ingénierie de Production dans une faculté fédérale en Ingénierie de Production. Je travaille dans mon domaine à H. Stern, ce qui est déjà une bonne raison de célébrer. Je sais que j’ai beaucoup à faire et à apprendre, mais je suis sur le bon chemin."
FERNANDA DAMÁSIO G. DA SILVA, 22 ans, ingénieure de production
 

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://racabrasil.uol.com.br/Edicoes/113/artigo57748-2.asp

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04 décembre 2007

Témoignage : le professeur Carlos Moore raconte le Mouvement Noir Cubain

S. Paulo – Un vieux combattant antiraciste, accusé de subversion raciale par le régime cubain, le professeur Carlos Moore, 65 ans, a été le protagoniste d’une scène chargée d’émotion lorsqu’il a raconté son parcours durant la période de la révolution.

J’ai même fui du pays protégé par les Ambassades africaines. Et après, j’ai vécu l’exil en Égypte, en France, au Nigéria, au Sénégal, en Jamaïque, en Guadeloupe, à Trinidad et Tobago...’, a-t-il raconté, la voix à peine audible à cause des larmes.

La scène a eu lieu durant le Séminaire International d’Actions Affirmatives ( Seminário Internacional de Ações Afirmativas) organisé par la Coordination Spéciale des Affaires de la Population Noire ( Coordenadoria Especial de Assuntos da População Negra) de la Préfecture de São Paulo la semaine dernière.

À la réponse à une question sur la situation raciale de Cuba, Moore, qui vit à Salvador/BA, a fait un historique du Mouvement Noir cubain, racontant que, après avoir activement participé à la guerre d’indépendance contre l’Espagne, les noirs furent interdits de participation à l’Exécutif, à la police et même exclus des écoles publiques. Ils représentaient alors 64% de la population de l’Île.


C’était la première fois, en sept ans de vie au Brésil que Moore acceptait d’évoquer la question raciale à Cuba. “Je devais donner une vraie réponse à un camarade qui m’a posé une question et je ne pouvais pas me défiler. J’ai accepté la responsabilité de ce que je suis en train de dire”, a-t-il affirmé.

Le crime de subversion raciale n’existe pas dans la législation cubaine, pourtant le régime l’applique systématiquement, soumettant les accusés à des peines variant entre 10 et 15 ans de prison.

Moore a vécu aux côtés et travaillé pour la sécurité et en tant que traducteur de Malcom X, le leader noir nord-américain durant la dernière période de sa vie, à partir de novembre 1964. Malcom est mort en 1965.

Génocide

Traduit du Portugais par Guy everard Mbarga

Source : afropress.com




Selon Moore, le dirigeant, probablement âgé de 72 ans (il n’en n’est pas certain) assez affaibli et vit encore en mauvaise santé, mais il a été détruit psychologiquement.

Moore a également indiqué qu'avec la chute de l'union Soviétique, L’État cubain a reconsidéré la question raciale et lui à 34 ans a retrouvé le droit de se déclarer cubain après l'avoir perdu. “C’est seulement à 34 ans que Fidel Castro m’a permis de rentrer à condition que je ne parle pas de racisme et je ne peux pas rester plus de 42 jours dans mon pays”, a-t-il ajouté.

Malgré cela, Moore est plus optimiste depuis que Raul Castro, le frère de Fidel, occupe le pouvoir suite à l'éloignement de Fidel à la santé fléchissante “Après 48 ans de répression, concernant ce sujet, on prend une nouvelle direction avec Raul Castro. Le régime accepte désormais de discuter le thème du racisme, mais, seulement dans le cadre du Parti Communiste qui représente seulement 5% des cubains”. On n'ose pas discuter de ce sujet dans la société.”
À la fin, encore ému et sous les applaudissements, Moore s'est excusé. “Il m’arrive quelque chose qui ne m’est jamais arrivé. La mémoire de ce qui s’est passé a réussi à me perturber”.
Actuellement, la population noire de Cuba est estimée entre 62% et 64% de la population du pays.

Selon Moore, après leur participation active aux luttes d’indépendance vis-à vis de l’Espagne en 1912, les noirs cubains s’organisèrent au sein du Parti Indépendantiste ( Partido Independentista), le premier parti politique des noirs de l’Île, étant victimes d’un véritable génocide dans lequel de 12 à 15000 d’entre eux furent simplement assassinés. “Toute la classe moyenne noire cubaine fut massacrée”, a-t-il ajouté.

À la fin des années 40, après la deuxième Guerre Mondiale, le Mouvement Noir resurgit à Cuba avec Juan José Betancourt Bencomo. Durant la période de la Révolution, en 1959, la population noire était estimée à environ 45 à 48% de la population du pays.

Buena Vista

En 1959, les “Sociétés de Couleur ” (“Sociedades de Color”), comme on appelait les clubs noirs comme le Buena Vista Social Club (décri dans le film de Ray Cooder), furent simplement dissous et leurs sièges détruits. “C’étaient des sociétés noires cubaines qui furent interdites. Buena Vista Social Club était l’une d’elles. Il y en avait près de 500. Fidel estima qu’il s’agissait de mouvements racistes. Et il refusa de rencontrer les dirigeants noirs”, raconte-t-il.

Selon Moore, à l’époque, Betancourt publia une lettre ouverte qui en résumé disait : “Nous les respectons en tant que nationalistes et révolutionnaires. Mais qu’ils ne viennent pas nous dire ce qu’ils entendent par le racisme et la discrimination à Cuba”. “La Doctrine Nègre : comment vaincre le Racisme Institutionnel ”, une plateforme de 332 pages qui proposait la déroute du racisme date également de la même époque.

Tous les dirigeants furent emprisonnés. Ceux qui n’étaient pas en prison devaient s’enfuir. Les clubs noirs furent fermés. À Cuba, il était interdit de parler du génocide de 1912”.

Révolution

Dans les premières années de la Révolution, le Mouvement Noir renait avec Waltério Carbonell. “Carbonell fût anéanti dans un Hôpital Psychiatrique. Moi même j’ai fui du pays, protégé par les ambassades africaines. Après 28 jours dans une prison, accusé de subversion raciale, j’avais alors 19 ans, et j’étais convaincu que j’allais être exécuté. Moi ainsi que d’autres dirigeants nous étions montrés comme les portes paroles du nouveau racisme nègre, envoyés devant les Tribunaux. On m’obligea à faire une déclaration dans laquelle je confessais que j’étais fautif en parlant de racisme, car je ne connaissais pas Cuba et que je confondais Cuba avec les USA”, a-t-il ajouté.

29 octobre 2007

João Cândido, l’ "Almiral Noir", leader de la Révolte de la Chibata

Par Oscar Henrique Cardoso. 

Une traduction de Guy Everard Mbarga

João Cândido Felisberto (Encruzilhada do Sul, 1880 - Rio de Janeiro, 6 de Décembre 1969) né dans la Province du Rio Grande do Sul d’alors, fils de João Cândido Felisberto et Inácia Felisberto, s’engagea dans la Marine du Brésil en 1894, alors qu’il n’a que 13 ans et effectue son premier voyage en tant que Apprenti Marin. Ainsi débutait l’histoire d’un héros noir brésilien, leader de la  Révolte de la Chibata en 1910.


Chibata (fouet) et punition:

En 1908, pour accompagner la fin de la construction de navires de guerre commandés par le gouvernement brésilien, João Cândido se rend en Angleterre, où il prend connaissance d’un mouvement mené par les marins britanniques entre 1903 et 1906, qui revendiquaient de meilleures conditions de travail. Parmi les marins insatisfaits des bas salaires, de la mauvaise alimentation et, principalement, des châtiments corporels dégradants, le climat de tension monta.

L’usage du fouet comme punition dans l’Armée avait déjà été aboli par l’un des premiers actes du régime républicain. Cependant, le châtiment cruel  continuait d’être appliqué dans les faits, selon le bon vouloir des officiers. Dans un contingent à majorité noir, des centaines de marins continuaient d’avoir leurs corps déchirés par le fouet, comme à l’époque de l’esclavage.

La Révolte:
Les élections présidentielles de 1910 - bien que remportées par le Marechal Hermes da Fonseca le candidat  situationniste - exprimèrent le mécontentement de la société par rapport au gouvernement en place. Le candidat de l’opposition, Rui Barbosa, réalisa une intense campagne électorale, suscitant l’espoir de changements.  Le 16 novembre 1910, un jour après la prise de ses fonctions par le Marechal Hermes, le matelot Marcelino Rodrigues de Menezes fut puni de 250 coups de fouet, selon les journaux de l’époque, appliqués devant tout l’équipage du Navire de Guerre Minas Gerais.

Le 22 novembre 1910, João Cândido déclencha la Révolte dite de da Chibata, prenant le commandement du Navire Minas Gerais (capitaine de Marine), plaidant l’abolition des châtiments corporels dans la Marine de Guerre du Brésil , lorsqu’il fut surnommé à l’époque par la presse  Almirante Negro (L’Amiral noir). Pendant quatre jours, les navires de guerre de  São Paulo, Bahia, Minas Gerais et Deodoro pointèrent leurs canons sur la capitale Fédérale. Dans l’ultimatum adressé au Président  Hermes da Fonseca, les marins déclaraient : "Nous, marins, citoyens brésiliens et républicains ne pouvons plus supporter l’esclavage dans la Marine brésilienne ".

Malgré le fait que la rébellion avait pris fin suite à l’engagement du gouvernement fédéral d’abolir l’usage de la  chibata dans la Marine et d’accorder l’amnistie aux  insurgés, João Cândido et les autres impliqués furent détenus.

Peu de temps après, l’éclosion d’un nouveau soulèvement des marins,  cette fois dans le cantonnement de l’ ilha das Cobras, à Rio de Janeiro, fut réprimée par les autorités. Malgré le fait qu’il s’était déclaré opposé à un nouveau soulèvement des marins en décembre 1910, João Cândido fut exclu de la  Marine, accusé d’avoir soutenu les rebelles. En Avril  1911, il sera détenu à l’Hôpital des Aliénés,  à titre de dément et d’indigent. Il sera libéré en 1912, absous des accusations avec ses compagnons. Banni de la Marine, il allait subir d’importantes privations, une vie précaire, travaillant comme docker et déchargeant des poissons à la Praça XV, au centre de  Rio de Janeiro.

Vie privée, persécution et mort:


Sa vie personnelle fut profondément marquée par le suicide de  sa seconde épouse  (1928). Accusé de subversion, il est de nouveau détenu en1930. En 1933, il adhère à l’Action Intégraliste Brésilienne, un mouvement nationaliste fondé en  1932 par l’écrivain  Plínio Salgado, réussissant à devenir le leader du  foyer intégraliste de Gamboa, à Rio de Janeiro. Dans une entrevue enregistrée en 1968, João Cândido déclara conserver son amitié pour Plínio Salgado, ainsi que sa fierté d’avoir été  intégraliste.

En 1959, il retourna dans le sud du Pays pour recevoir un hommage , mais la cérémonie fut annulée suite à une intervention de la Marine du Brésil. Discriminé et persécuté jusqu’à la fin de sa vie, il mourut du cancer à l’Hôpital  Getúlio Vargas, à Rio de Janeiro, pauvre et  dans l’oubli à 89 ans .

Les compositeurs  João Bosco et Aldir Blanc ont honoré sa mémoire dans la samba O mestre-sala dos mares. En octobre 2005, le Député nationaliste  Elimar Máximo Damasceno (PRONA/SP) présente un projet de loi  n. 5874/05, demandant l’inscription du nom de  João Cândido dans le Livre des Héros de la Patrie qui se trouve au Panthéon de la Liberté et de la Démocratie à la Place dos Três Poderes(Place des Trois Pouvoirs), à Brasília - DF.

http://www.palmares.gov.br/005/00502001.jsp?ttCD_CHAVE=340

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07 septembre 2007

Piedad Cordoba, sénatrice et leader politique afrocolombienne

PIEDAD CORDOBA RUIZ

Sénatrice de la République

2006-2010