90% des étudiants de l’Université afrobrésilienne Zumbi dos Palmares proviennent des classes sociales défavorisées
Regiane de Oliveira (roliveira@brasileconomico.com.br)
Avec le soutien de Bradesco, Carrefour, Mercedes, Ford et Nestlé, l’institution innove en diffusant les valeurs de la négritude.
Le terme innovation sociale n’est pas nouveau - certains disent qu'il date de l'époque de la création de l'idée même de l'état comme une des premières tentatives de la société organisée de répondre à ses besoins en exploitant les ressources naturelles.
Et il n'existe pas de consensus sur sa définition, même si, généralement, il veut dire l’ensemble des stratégies, des concepts et des organisations qui répondent aux besoins sociaux, qu'il s'agisse des conditions de travail, d'éducation ou de développement communautaire.
Dans ce format, peu d'institutions jouent aussi bien le rôle d’innovateur social que la Faculté Zumbi dos Palmares.
Créé en 2003 suite aux travaux d'un groupe de professionnels libéraux de classe moyenne, préoccupés par la question de l'inclusion des jeunes noirs dans la société, l'établissement d’enseignement réunit aujourd'hui de nombreux supporters et sponsors.
Ce sont de grands noms comme Bradesco, Carrefour, Mercedes, Ford et Nestlé, qui voient dans le modèle créé par Zumbi une porte de sortie honorable pour régler la dette historique qu’a la société par rapport à la population noire.
Son recteur, José Vicente, avocat spécialisé en relations internationales, titulaire d’un doctorat en éducation, raconte qu’au départ, d'autres alternatives ont été discutées, telles que l'ouverture d'un cours préparatoire pré-universitaire.
"Le problème est que, après les huit premiers mois de ce projet, nous avons compris que compte tenu de l’écart entre l'éducation reçue par nos étudiants et celle reçue par leurs concurrents, nous trainerions beaucoup avant de réussir à les conduire vers des facultés réputées", dit-il. Ce fut au début de 2000 quand il a été fondé l'Institut Afrobrésilien de l'Enseignement Supérieur (Afrobras), qui soutient l’université.
Les militants n'ont pas renoncé. Par le biais de l'Institut, ils sont allés à la recherche de bourses pour les étudiants de l'école, ce qui a permis à plus de mille jeunes d’en bénéficier. Partant de là, la route pour devenir une institution d'enseignement supérieur est devenue plus claire: "Si nous avions la capacité à gérer mille boursiers, pourquoi ne pas investir dans une école de qualité" rappelle Vicente.
Zumbi dos Palmares est la première faculté au pays idéalisée pour les noirs, mettant un accent sur la culture, l'histoire et les valeurs de la négritude - 90% des étudiants s’auto-déclarent noirs. C’est également le premier établissement qui a inscrit dans son programme de base l'engagement de l’implantation de la loi 10.639/2003 qui a institué comme étant obligatoire l'enseignement de l’histoire de l’Afrique et Afrobrésilienne à tous les niveaux d’enseignement.
L'institution offre actuellement des cours en gestion, en droit (reconnu par l'OAB - Ordre des Avocats du Brésil), en technologie des transports Terrestres et en pédagogie et ne travaille qu’avec des frais mensuels d’environ 300 $ - ce qui garantit un équilibre minimal à l'institution, en plus des contributions corporatives et publiques, comme l'espace occupée par l’établissement qui a été cédé par la ville de Sao Paulo.
La première promotion est sortie en 2007 et avait pour parrain le président de la République de l’époque, Luiz Inacio Lula da Silva. En 2008, ce fut au tour de Fernando Henrique donner leur appui à l'institution en parrainant sa deuxième promotion en d’administrateurs.
"Une bonne publicité de notre cause est également partie de la stratégie", souligne Vicente, qui a aujourd'hui 1700 étudiants dans ses cinq cours. Et beaucoup de ces étudiants - 50% du total - ont déjà un emploi garanti dans les entreprises partenaires de la faculté, assure le recteur, qui a des plans ambitieux pour étendre l'offre de cours.
Vicente a pour objectif d'ouvrir de nouveaux cours dans les domaines de l'énergie, des infrastructures, de la logistique et du transport. "Nous voulons nous concentrer sur des domaines dans lesquels le Brésil aura besoin de nombreuses ressources dans les années à venir", dit-il.
Il ajoute que malgré des initiatives gouvernementales comme le Programa Ciências sem Fronteiras (Programme Science Sans Frontières), lancé en juillet de l’an dernier par le gouvernement fédéral, il demeure difficile pour les étudiants pauvres d’entrer dans le secteur de la recherche.
Le programme vise à promouvoir la consolidation, l'expansion et l'internationalisation de la science et de la technologie, de l'innovation et de la compétitivité brésilienne par l'échange d’étudiants universitaire et postuniversitaires et de la mobilité internationale, et il prévoit l'octroi d'un maximum de 75 000 en bourses quatre ans.
"Seulement, pour obtenir ces bourses, l'étudiant doit avoir 600 points à l’Enem, en plus de l'anglais, des critères que les étudiants pauvres ne remplissent pas. Ce n’est pas là promouvoir l'inclusion", dit-il. "Maintenant, imaginez si 10% de ces bourses étaient destinées à des étudiants noirs? Pourrait alors se former dans quelques années une nouvelle génération d'intellectuels."
Les rêves de Vicente sont en droite ligne des débats sur la question du mythe de la démocratie sociale au Brésil. "Le Brésil doit comprendre que le racisme produit des inégalités, et ce n’est qu’en combattant le racisme que nous allons inverser cette situation", dit-il.
Et le travail consiste à créer un cercle vertueux: une lutte sans répit, encourager la formation professionnelle de la communauté noire, lutter pour conquérir davantage de places universitaires, créer un important contingent d'hommes et de femmes préoccupés par les inégalités et l'exclusion au sein de la société brésilienne, capable de mobiliser les efforts et les ressources afin de multiplier l'effet de ce changement. Et dans ce processus, l'innovation c’est penser que "sans éducation, pas de liberté."
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Plus d'enfants afroéquatoriens dans les écoles
Les enfants afroéquatoriens ont pris part à une rencontre nationale des peuples indigènes et afros.
Yulisa Mairón a 11 ans. Elle vit à Esmeraldas avec ses parents. Sa mère est femme au foyer et son père travaille comme pêcheur. Même si le revenu mensuel dont dispose le foyer n'est pas significatif, la fillette affirme que la priorité de son père a toujours été d'investir dans l'éducation.
Mairón va à l'école grâce à une bourse et ses deux autres frères le font dans un collège public de leur province. Nancy Escobar (27 ans), qui travaille comme facilitatrice communautaire de l'Infa, reconnait l'effort consenti par le ménage Mairón-Ortiz. "Les parents sont conscient du fait que seule l'éducation permettra que leurs enfants aient une meilleure qualité de vie ".
Quand elle rentre d el'école, Yulisa aide sa mère pour certaines taches de la maison, rien de compliqué. Mais quand elle a terminé, elle fait ses devoirs.
Miguel Montoya (12 ans), comme Mairón, est arrivé à Quito pour prendre part à la Première RencontreNationale de l'Enfant et de l'Adolescent Indigène eet Afroéquatorien Pour Nos Droits (I Encuentro Nacional de la Niñez y Adolescencia Indígena y Afroecuatoriana por Nuestros Derechos). Le petit a fait une demande aux autorités. "Nous voulons que éducation soit universelle et que chacun de nous en ait droit ", a-t-il indiqué.
La présidente des Organisations et des Groupes Noirs de Pichincha Orfa Reinoso a indiqué que l'intérêt pour les organisations qui défendent les droits des afrodscendants est que les enfants et les jeunes se forment. "Sinon, il n y a aucune opportunités. Une des brèches les plus grandes de de marginalisation à laquelle a fait face la population afrodescendante est le manque d'opportunité s pour l'accès à une éducation de qualité et dans un environnement chaleureux ", dit-elle.
Reinoso ajoute que c'est peut-être dans les écoles et dans les crèche et garderies que l'on respecte le moins la diversité. "Dans de nombreuses institutions d'enseignement, les maitresses n'ont pas de méthodologie inclusive et cela fait qu'il existe toujours une discrimination ethnique. Dans une étude menée par le Plan Plurinational, il a été déterminé que 68% de la population équatorienne est raciste. C'est incroyable en plein 21ème siècle que ces pratiques continuent ", indique-t-elle.
Accès à l'éducation
Selon le recensement réalisé par l'Institut National des Statistiques et des Recensements (Instituto Nacional de Estadísticas y Censos -INEC) en novembre dernier, le taux net de fréquentation scolaire des afroéquatoriens aux âges compris entre 5 et 14 ans est de 91,6%, de 15 à 17 ans il est de 66,3%; de 18 à 24 ans, il est de 38% et de 25 et plus est de 34,7%.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Premier diplôme de l'Institut de Recherches Stratégiques sur l'Afrique et sa Diaspora en Octobre
À la mi Octobre débutera la formation des premiers diplômés de l'Institut de Recherches Stratégiques sur l'Afrique et Sa Diaspora (Instituto de Investigaciones Estratégicas sobre África y su Diáspora) dont l'objectif est d'impulser et de renforcer la réflexion, la formation et la compréhension de l'Afrique dans ses multiples réalités et son héritage à l'humanité exprimé par sa diaspora en Amérique, au Vénézuela et dans le monde.
Cette information a été donnée par le Ministre Adjoint des Relations Extérieurs pour l'Afrique, Reinaldo Bolívar, qui a de plus précisé que la "la Formation des Diplomés en Savoirs Africains " a pour objectif général "de former des africanistes capables d'intervenir comme chercheurs et chercheuses, des étudiants, des multiplicatrices et des multiplicateurs dans les domaines stratégiques et prioritaires de l'Afrique et de l'Amérique du Sud, habiles dans la conception d'activités, de plans, de projets et de programmes permettant d'approfondir et de diffuser le patrimoine historico-culturel commun, en vue d'enrichir les processus d'intégration Sud-Sud ".
En évoquant les thématiques qui seront abordées dans le cadre de cette formation diplomante, il a indiqué qu'elles comprennent divers domaines de la connsaissance comme l'histoire, la géographie, l'économie, la sociologie, la philosophie, les relations internationales, les sciences politiques, le droit international, l'anthropologie, la science et la technologie, l'art, la culture et la religion.
Le Ministre Adjoint Reinaldo Bolívar a souligné que ce diplôme est le premier de son genre dicté au Venezuela, ce qui représente un grand défi pour l'Institut, qui dès sa conception s'est proposé de travailler sur la base des schémas de hauts niveaux de qualité et de l'excellence éducative.
Par Janite Fuentes
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Échanges entre universités noires américaine et l'afrobrésilienne Zumbi dos Palmares
La Secrétaire Adjointe pour les Droits civils du Département de l'Éducation des États-Unis, Russlynn Ali et des recteurs américains ont rend visite à l'Université Zumbi dos Palmares. La Faculté Zumbi dos Palmares a reçu le 29 août dernier, la visite de la secrétaire adjointe aux Droits Civils du Département de l'Éducation des États-Unis d'Amérique, Russlynn Ali. Cette dernière était à la tête d'une délégation des recteurs des universités noires historiques venue prendre part à des réunions relatives aux programmes d'échange et autres partenariats avec les institutions brésiliennes. Dans un discours bref, la Secrétaire a souligné les différences cruciales entre les politiques d'inclusion des Noirs au Brésil et aux États-Unis.
Dans ce sens, il faut rappeler que la Cour suprême nord américaine ne permet pas les quotas raciaux comme ceux existant au Brésil, mais considère qu'il est constitutionnel que les universités prennent en compte la race comme un facteur pour sélectionner ses étudiants.
"Il n'est pas permis d'utiliser les quotas aux Etats-Unis, mais nous voulons tout de même savoir comment cela fonctionne ici au Brésil. Nous voulons comprendre comment le processus d'inclusion des noirs fonctionne au Brésil pour pouvoir savoir comment renforcer les relations dans le domaine de l'éducation entre les deux pays ", a déclaré Ali.
La secrétaire a également souligné la croissance inspirante de l'université Zumbi dos Palmares au cours des 7 dernières années et a souligné l'esprit de leadership du Recteur Jose Vicente. "Je me sens très inspiré par le travail réalisé ici. Passer de 200 à 1800 étudiants, en si peu de temps est un miracle. Notre visite d'aujourd'hui marque le début d'un partenariat. Je vous donne aujourd'hui ma parole et mon engagement que je ferai tout ce qui est possible pour que cela se produise. Jose Vicente est un leader à la tête d'un travail incroyable et prometteur ", a déclaré Ali.
Le recteur de la Faculté Zumbi dos Palmares, José Vicente, a suggéré à la secrétaire une coopération académique plus importante avec des échanges avec les universités noires historiques et une plus grande participation entreprises américaines dans le recrutement de stagiaires afrodescendants pour leur offrir des opportunités sur le marché du travail.
A la clôture de la réunion avec les étudiants, à laquelle ont pris part les recteurs des Universités de Louisiane, de Floride, de la Morgan et de Caroline du Nord, la secrétaire nord américaine a indiqué qu'elle envisage de développer la coopération universitaire, intellectuelle et l'échange des étudiants avec la Faculté Zumbi dos Palmares.
"La présence de la secrétaire et de la délégation des recteurs a été importante pour Zumbi dos Palmares, non seulement parce que c'est l'Année de l'Afrodescendant, institué par l'ONU, mais pour la reconnaissance internationale de notre travail qui est d'apporter le changement par l'éducation", a déclaré le recteur Jose Vicente.
Accords de coopération universitaire
Lors de la réunion entre les présidents des universités noires historiques, le directeur académique de Zumbi, le professeur. Dr Hédio Silva et les coordonnateurs des cours de l'institution, de nombreuses idées ont surgi visant à formater le partenariat d'échanges.
Tout le monde est tombé d'accord sur le fait qu'au départ les échanges de cours accordés soient de courte durée, comme des cours d'été, pour une durée d'un mois.
Les recteurs américains se sont montrés très intéressés par le cours de Transport Terrestre et par une expérience et une meilleure compréhension du travail que réalise la Faculté de Pédagogie par le biais du Centre de Recherche des Relations Ethniques et Raciales (Núcleo de Pesquisa das Relações Etnicorracionais - NEPRE) dans les communautés quilombolas.
Le coordonnateur du cours d'Administration de l'Université Zumbi dos Palmares, le professeur. Ms. Marcio Juliano a souligné l'importance des cours dans le domaines des politiques publiques, et a également noté que la faculté développe actuellement un Projet Ethanol dans le nord-est du Brésil et dans un endroit à définir aux États-Unis.
Le recteur de la Morgan State University, le Dr M'bare N'Gom, a également suggéré que des échanges de professeurs soient effectués.
Pour définir dans les faits le format de ce partenariat, les deux parties vont établir une ébauche de sa mise en oeuvre, les règles ayant déjà été définies, et le Dr. Hédio sera le contact pour conclure l'accord avec Meldon Hollis du Département d'Etat à Washington, et spécialiste des questions de diversité, qui représentait le groupe des recteurs internationaux.
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
http://news.afrobras.org.br/index.php?option=com_content&view=article&id=1293:um-exemplo-para-o-brasil&catid=34:noticias&Itemid=55
Programme scolaire, relations raciales et culture afrobrésilienne
L’éducation scolaire au Brésil demeure régulée par une tradition européenne qui valorise l'érudition, une culture livresque qui cadre peu avec notre réalité. Le programme de l'éducation de base a maintenu une vision monoculturelle et eurocentrique, en écartant les nombreuses cultures présentes dans la société brésilienne, principalement la culture de tradition orale.
L'acte d'éduquer à l'école publique n’a pas atteint l'objectif de procurer aux gens une vision plus englobante du monde dans lequel ils vivent, tout à fait au contraire, il suit le modèle de "l'éducation bancaire" dans lequel les connaissances sont déposées une à une, qui contribuent peu à une formation citoyenne. Dans ce modèle d'éducation, les connaissances acquises (lecture, calcul, les dates historiques) sont toujours considérées comme plus importantes que les connaissances senties (musiques, danses, histoires, contes, légendes et les discussions).
Le programme scolaire comme forme d'organisation des connaissances scolaires, a dans son contenu l'intentionnalité, et pour cette raison, doit être ouvert aux interactions et à la créativité des agents et acteurs internes et externes de l’environnement scolaire. Le programme étant une organisation / institution qui exprime les intérêts du groupe qui l’a choisi, il est nécessaire de comprendre, dans le processus d'enseignement-apprentissage les sujets qui favorisent les dialogues ayant des connexions avec la réalité sociale de l'apprenant. Dans l'élaboration de propositions pédagogiques et de programmes scolaires, nous devons considérer les conceptions inhérentes aux groupes présents dans l'école, en identifiant leurs spécificités.
En ce qui concerne le curriculum occulte, les pratiques quotidiennes des personnes qui composent l’institution -enseignants, directeurs et coordinateurs pédagogiques – doivent être prises en considération, elles qui apportent leurs valeurs et leurs attributs moraux, leurs attitudes esthétiques et différents langages qui reflètent le monde extérieur au milieu scolaire, et qui se concrétisent en son sein. Très souvent, ces pratiques permettent l'institutionnalisation de préjugés et de discrimination raciale.
Le mouvement noir revendique la révision du curriculum aux différents niveaux de l’éducation formelle depuis des années. Cette revendication est devenue la loi et a été cadrée dans les lignes directrices du programme national pour l’Éducation des relations raciales et pour l’enseignement de l'histoire et de la culture afro-brésilienne et africaine ( Diretrizes Curriculares Nacionais para a Educação das Relações Raciais e para o Ensino da História e da Cultura Afro-brasileira e Africana). Cependant, c'est dans la loi, mais pas dans les coutumes. Construire une pratique pédagogique qui met en valeur le noir comme un sujet actif dans la construction de notre société est un des grands défis auquel on fait face.
Il est donc urgent que ces professionnels prennent conscience des valeurs socioculturelles apportées par les apprenants et que soit institué un programme à même de recréer leurs histoires en intégrant les savoirs académiques et, en cela, d'interagir dans la formation de citoyens conscients et capables d’affronter les inégalités, de briser les pièges des préjugés, en garantissant un espace de participation et la conquête de droits dans la lutte contre les exclusions.
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Encourager l'enseignement de la culture afrobrésilienne comme l'exige la loi
Luiza Bairros: la loi ne peut pas dépendre de la volonté individuelle des secrétariats de l'Éducation.
La Ministre du Secrétariat de la Promotion de l'Égalité Raciale rattaché à la Présidence, Luiza Bairros, a plaidé jeudi dernier pour que le Ministère de l'Éducation (MEC) s'engage pour laconformité de la Loi 10.639/03, qui exige que les écoles primaires offrent des cours sur l'histoire et la culture afrobrésiliennes comme un critère pour l'évaluation des écoles. "Il n'existe aucun facteur inducteur fort à ce jour pour l'application des lois, et l'inclure comme critère d'évaluation de l'enseignement serait extrêmement important", a-t-elle affirmé lors d'une audience publique organisée par le Comité sur l'Éducation et la Culture.
La formation des enseignants, en particulier ceux du primaire constitue une autre mesure nécessaire pour assurer l'application de la loi, selon la ministre . "C'est par ces professionnels que se créent les conditions pour que les contenus afrobrésiliens atteignent les écoles", airme-t-elle. Selon Luiza Bairros, à ce jour, 26 000 enseignants ont reçu une formation continue sur le sujet.
Échanges
Un de ceux qui ont fait la demande de l'audience, le député Luiz Alberto (PT-BA) a cependant affirmé que les universités brésiliennes ne sont pas prêtes à former des enseignants capables de travailler sur la culture d'origine africaine. Le parlementaire a suggéré que le gouvernement utilise les différents accords de coopération technique signés avec les pays africains pour promouvoir l'échange de connaissances avec ce continent. "L'Université Fédérale d'Intégration luso-afro-brésilienne (Unilab) pourrait également devenir un centre de production de connaissances sur la culture africaine dont le reste du pays serait irradié", a-t-il dit.
Pour le député-Izalci (PR-DF), la formation du corps enseignant constitue également la plus grande difficulté dans l'application de la loi. "Quand il s'agit de contenus transverssaux -comme les questions fiscales, la citoyenneté, l'éducation financière, qui ne sont pas rattachées à un sujet précis - il ya des difficultés pour leur mise en œuvre dans les écoles", a-t-il expliqué. Étant donné qu'il s'agit d'un problème complexe, le député estime que la lutte contre le racisme doit impliquer d'autres institutions comme les médias"qui influencent grandement la société."
Alternatives
L'auteur de la demande de la tenue du débat, Rép Fonteles Nazaréen (PT-PI) a également plaidé pour la démocratisation des médias " qui sont des concessions publiques et uiqui violent les droits humains de façon permanente." Le parlementaire a de même encouragé les mouvements sociaux à utiliser les médias alternatifs. "Nous devons nous connecter avec les blogueurs, plus ouverts au débat, pour provoquer les universités, qui sont lentes aux transformations urgentes", a-t-il indiqué.
Luiza Bairros a souligné que le MEC a récemment lancé en partenariat avec l'UNESCO, huit volumes sur l'histoire générale de l'Afrique, qui peuvent être accessibles sur Internet. D'après elle, il y a eu plus de 35.000 téléchargements de contenu, "ce qui prouve la demande pour ce type de matériel de soutien ."
Autonomie
Même avec l'intérêt croissant sur le sujet, la ministre proteste du fait que la loi n'est pas appliquée. Elle l'explique principalement par le niveau élevé d'autonomie des États et des municipalités d'organisation des systèmes d'éducation. "Cela m'exaspère, la loi ne peut pas être à la merci des Secrétariat à l' Éducation", s'est-elle indigné.
Le Coordinateur Général de l'Éducation pour les Relations Ethniques-raciales du Ministère de l'Education, Antonio Mario Ferreira, a reconnu que même si la mise en œuvre de la loi est une priorité du département, il y a vraiment des difficultés pour son application. Selon lui, l'étude en cours menée par la chercheuse Nilma Gomes montre que moins de 5% des écoles respectent la législation. Les établissements qui font la promotion de la loi sont ceux dont les gestionnaires sont impliqués pour dans la" cause raciale", a-t-il ajouté.
Luiz Alberto affirme que l'application de la loi dépend de l'engagement effectif de l'État. Le législateur a même déploré l'absence du Ministre de l'Education, Fernando Haddad, dans le débat. "Contrairement à ce que beaucoup pensent, cette loi n'a pas été faite pour la population noire, mais pour aider à affirmer la diversité brésilienne".
Reportage - Maria Neves
Edition - Marcelo Oliveira
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
Grâce aux quotas, le nombre d'Afrobrésiliens augmente dans les universités privées
Dix ans après l'implantation des premières lois sur les quotas dans le pays - dans le Rio de Janeiro et le Rio Grande do Sul - au moins 23% des places dans les universités publiques sont réservées à l'action affirmative. Ces statistiques proviennent d'une étude du Groupe d'Étude Multidisciplinaire des Actions Affirmatives (de l'Université de l'État de Rio de Janeiro). Cela représente près de 54000 places. Toutefois, ce sont les institutions privées qui ont été les principales responsables de l'augmentation de la proportion de Noirs et des métisses dans l'enseignement supérieur.

Les données compilées par la Folha à partir de l'Enquête Nationale des Ménages de l'IBGE montrent que, dans l'enseignement supérieur, la proportion de ceux qui s'auto-déclarent noirs et métisses est passée de 21% à 35% de 2001 à 2009.
Dans l'enseignement supérieur public, l'augmentation a été de 69%, passant de 314000 à 530000. Au privé, la croissance a été de 264%, passant de 447 000 à 1,6 millions.
Dans l'ensemble de la population, la proportion de ces groupes est passée de 46% à 51%.
Le sociologue Simon Schwartzman, président de Instituto de Estudos do Trabalho e Sociedade(l'Institut des Études du Travail et de la Société), souligne que l'augmentation de la proportion des Noirs et des métisses s'était déjà produite dans l'enseignement secondaire en raison de l'expansion des inscriptions dans ce secteur.
"Dans le cas de l'enseignement supérieur, comme c'est le secteur privé qui a le plus grandi, c'est aussi là que l'on a observé la plus forte augmentation des Noirs et des Métisses", dit-il.
Parmi les 98 universités publiques du pays, 70 ont adopté une action affirmative, selon l'étude de l'UERJ.
Un de ces places a été occupée par Mariana Ribeiro qui a récemment obtenu son diplôme de médcine à l'UERJ à l'âge de 27 ans. "Dans mon groupe, je n'ai pas vu de grandes disparités entre ceux qui sont passés par les quotas et les autres", dit-elle.
"C'est un processus qui prend du temps. Corriger tout par la politique des quotas est difficile, mais c'est mieux que ce qu'on avait avant, c'est-à-dire rien", explique João Feres, un des auteurs de l'étude.
Aujourd'hui, au moins 18 universités publiques ont formé des bénéficiares des quotas. Sept d'entre eux ont fait des évaluations.
À l'UNB et dans les universités d'État du Rio de Janeiro, de Bahia et de Londrina, les étudiants bénéficiaires de quotas ont obtenu des résultats presque égaux à ceux qui n'en bénéficient pas.
Dans l'Université fédérale de Juiz de Fora (en science et en technologie) et l'Université d'État de Montes Claros, les bénéficiaires quotas ont mieux performé.
À l'Université fédérale de Bahia, ils ont réalisé davantage de progrès que les autres pendant les cours.
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
"Black is beautiful" : pourquoi 'noir' et 'beau' demeurent- ils contradictoires?
Par abagond
traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
La réflexion qui suit est basée en grande partie sur le chapitre quatre de "Brainwashed" (2010) de Tom Burrell.
Malgré le concept "black is beautiful", en vogue dans les années 1960 et 1970, les Noirs continuent d'emprunter une conception blanchie de la beauté: peau claire, cheveux longs et qui flottent, lèvres minces, nez fin, etc
Lorsque Kiri Davis a effectué la célèbre expérience de la poupée Clark des années 1940 chez les filles noires à Harlem en 2006, elle a trouvé que peu de choses avaient changé au cours des 60 dernières années: la plupart des filles noires trouvaient toujours que les poupées blanches étaient plus jolies que les noires - même si la couleur de peau était la seule différence physique entre elles.
Il n'y a absolument rien de mal dans les aspects physiques naturels des noirs. Mais les Noirs ont subi un lavage de cerveau visant à leur faire croire le contraire :
- par plusieurs siècles d'esclavage,
- à travers la télévision, les magazines et la publicité - et même de leurs propres familles.
Par exemple: Comment une fille peut-elle être fière de ses cheveux naturels si elle ne voit jamais sa mère porter les siens dans un tel style? Qu'est-elle donc sensée penser?
Et ce ne sont pas seulement les médias blancs qui envoient ce message - les médias noirs en font de même. Il suffit par exemple de visionner certains vidéoclips de hip-hop. Ou encore de regarder les cheveux des principales chanteuses Noires. En cette semaine de juin 2011 dans les hits parades de R & B, on retrouve Kelly Rowland, Marsha Ambrosius, Jill Scott, Nicki Minaj, Kelly Price, Keri Hilson, Rihanna et Ledisi. Seules trois d'entre elles portent habituellement leurs cheveux dans un style naturel.
Les cheveux deviennent un sujet brulant, car si la chirurgie esthétique est hors de la portée de la plupart des noirs, ce n'est pas le cas d'un pot de défrisage à 15 dollars $ . De toutes les choses qui différencient les noirs des personnes de race blanche, les cheveux sont les plus faciles à changer. Les Noirs en Amérique dépensent tout de même près d'un milliard de dollars par an en chirurgie plastique.
Dans les années 1960 et 1970 il y a eu, pendant environ dix ans, le concept général du ''black is beautiful". Avec l'Afro et tout. Mais cela n'a pas duré: les personnes âgées n'ont jamais adhéré ; et les plus jeunes, tôt ou tard, ont dû gagner leur vie, ce qui pour la plupart signifiait travailler pour un employeur blanc et ne pas trop faire peur aux blancs ou ne pas les mettre mal à l'aise.
À court terme, il est plus facile de se conformer pour préserver l'harmonie, de ne pas faire de vagues, d'aller dans le sens du vent des conceptions blanchies de la beauté. Mais à long terme, le prix à payer est élevé, car cela perpétue non seulement les idées de la beauté selon les blancs, mais aussi celle selon laquelle le blanc représente ce qui est "normal" et meilleur.
Alors, quelle est la solution? Changez ce que vous pouvez, c'est-à-dire les messages que vous envoyez et ceux que vous recevez. Bref, pratiquez la contre-propagande:
-En étant l'exemple de la beauté naturelle pour d'autres Noirs, pour les Blancs, et notamment pour vos enfants.
- En n'abreuvant pas votre tête de stéréotypes.
- En voyant quel genre d'idées sur la beauté noire sortent de votre bouche sans y penser, plutôt que'' ugly, black bitch'', pourquoi pas "charmante soeur"?
La saga de Chico Rei, Roi Congo esclave au brésil racontée aux enfants
Dans les cales d'un navire négrier, un roi détrôné arrive au Brésil. Mais la condition d’esclave, dans l'ancienne Vila Rica (Ouro Preto acuel), ne l'empêche de régner de nouveau. Chico Rei, comme tel qu’il resta connu, libéra son peuple de la férocité des maîtres, construisit une nouvelle fortune et devint un personnage important dans le Minas Gerais et dans l'imaginaire de la culture populaire brésilienne. Le livre A história de Chico Rei: um rei africano no Brasil (L'histoire de Chico Rei, un roi africain au Brésil ) publié par les Éditions SM, est une occasion pour les jeunes lecteurs de connaitre l'histoire du combat et de la solidarité de ce brave personnage.
L’œuvre est écrite et illustrée par Béatrice Tanaka, auteure primée de livres pour enfants, qui a passé son adolescence dans le Minas Gerais. Décrivant fidèlement le Brésil colonial, Béatrice traduit la saga de ce roi du Congo amené au Brésil dans une prose rythmée et fluide, qui rappelle l’oralité d’un conte. Le livre est complété par un poème de Cecilia Meireles dédié aux héros noir, en plus des paroles de samba-enredo de Acadêmicos do Salgueiro de 1964 - année où le roi a été honoré par cette école lors du Carnaval de Rio. On y trouve aussi un texte autobiographique dans lequel l’auteure raconte comment elle a appris l’histoire de Chico Rei, le tout agrémenté par des dessins qu’elle a réalisé dans les années 50.
Indiqué pour les lecteurs fluides (à partir de 10/11 ans), l'histoire du Roi Chico amène l'enfant à explorer la réalité du Brésil à l'époque coloniale à travers un personnage emblématique et montre les racines de la culture brésilienne, en décrivant les congadas, les écoles de samba et les instruments de percussions qui, plus tard se mélangeront aux rythmes portugais, en créant des styles de musique différents. Donnant vie à l'action, Béatrice explore les couleurs et les tonalités des illustrations, en construisant de véritables récits imagées qui combleront le regard du lecteur, et le plongeront dans une œuvre qui allie plaisir de la lecture et connaissance de l'Histoire.
A propos de l'auteure et l'illustratrice - Béatrice Tanaka est née en 1932 dans la ville de Czernowitz, qui appartenant alors à la Roumanie et qui fait maintenant partie de l’Ukraine. Au Brésil, depuis 1947, elle est costumière et scénographe primée par la Biennale de Sao Paulo (1961) et auteure et illustratrice de plus de quarante livres. Elle a déjà reçu à deux reprises le prix décerné aux cinquante plus beaux titres publié chaque année en France (50 Beaux Livres de l'Année).
Titre: A história de Chico Rei: um rei africano no Brasil Auteur: Béatrice Tanaka
Illustrations: Béatrice Tanaka
Nombre de pages: 64
Format: 27,5 x 20,5 cm
Prix: 31 $
Indication: Lecteur fluide (à partir de 10/11 ans)
ISBN: 978-85-7675-597-5
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Valoriser les afrocolombiens et leur culture par l’éducation ethnique
Écrit par Lilian Arelly García
"Aucune institution dans le pays ne va changer votre imaginaire et la possibilité de comprendre la réalité Afro si l’école ne change pas". Telle est la prémisse qui depuis 2009 motive le développement du projet ‘Dignification des afrodescendants et de leur culture à travers l'éducation ethnique Afro en Colombie. ’ (‘Dignificación de los y las afrodescendientes y de su cultura a través de la Afroetnoeducación en Colombia’)
Maria Isabel Mena García
Initiative qui vise à rendre la population afrocolombienne visible en faisant la promotion de la Chaire des Études Afrocolombiennes CEA comme stratégie de développement ethnique et culturel et facilitant les actions affirmatives qui éliminent la discrimination raciale et le racisme tant structurel qu’institutionnel existant en Colombie. 2011 a
Maria Isabel Mena García, coordinatrice du projet mentionné était à Popayán il y a quelques jours pour diriger des ateliers et partager les conclusions de l'étude avec les enseignants et les étudiants.
Dans un entretien avec El Libéral, elle a expliqué que la proposition a reçu le soutien de l’Agence de Coopération Espagnole (AECID) par le biais du programme de développement pour les populations afrodescendantes en association avec le Secrétariat à l’Éducation du District et que l’objectif de sa tournée est de partager les expériences d’éducation ethniques pour renforcer les actions politiques, pédagogiques et sociales qui encouragent le processus d’inclusion, de visibilité et de développement de la population afrodescendante dans le milieu scolaire.
Elle affirme que l'étude réalisée à Bogota a démontré la persistance du racisme structurel dans le système éducatif.
"L’étude a permis de mettre en évidence que les plus grandes victimes du racisme et de la discrimination raciale sont les enfants afros, ce qui met en plus grand danger leur identité ethnique et raciale que pour d’autres groupes sociaux en situation de vulnérabilité ; que la présence de la Chaire des Études Afrocolombiennes n’est pas formelle dans la structure des Projets Éducatifs Institutionnels (PEI) dans les établissements scolaires et que les enseignants n’assument pas une position en faveur du changement et qu’au contraire, ils favorisent les stéréotypes relatifs au fait que les étudiants afrodescendants ne se distinguent que dans des activités comme la danse, la gastronomie, la musique et l'éducation physique ", déclare l'historienne de l'Université de Valle.
Par conséquent, elle insiste sur le fait qu’il est nécessaire de parler de race et de mettre cette thématique dans le programme, en faisant valoir que "l'école est le territoire où l'être humain a la possibilité de se transformer, de penser" et que si l’on ne débat pas de la différence ethnique, on n’arrivera pas à régler le problème.
"Bogotá servira d’exemple à d’autres régions pour qu’on commence à penser de nouveau.
Elle a ainsi invité les secrétariats d’éducation et les établissements de formation à générer des processus autour de la diversité ethnique et la chaire des études afrocolombiennes. Enfin, elle a recommandé aux enseignants de s’initier à cette thématique en appelant les étudiants afro par leur nom et par conséquent en éliminant des mots comme negrito’, ‘morochito’ ou ‘cuscús et d’encourager le développement académique sans que leur descendance importe.
Traduit de l'Espagnol Par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com







