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Noirs d'Amérique Latine

Textes traduits de l'Espagnol témoignant du passé et du quotidien des Noirs d'Amérique Latine et des Caraibes

29 juillet 2008

Projet du Gouvernement Lula pour créer l’université luso-afro-brésilienne

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Le président Luiz Inácio Lula da Silva a déposé au Congrès National le projet de loi qui crée l’Université Fédérale de l’Intégration Luso-Afro-Brésilienne (Unilab). Selon la proposition du gouvernement, l’Université aura son siège dans la ville de Redenção (CE) et sera principalement axé sur l’intégration du Brésil et des pays d’Afrique, particulièrement ceux membres de la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP) et aura pour but le développement régional et les échanges mutuels.

Selon le projet, l’ Unilab sera basé sur la coopération internationale, avec des échanges de professionnels et l’établissement d’accords avec les institutions de la CPLP. Les cours mettront l’emphase sur les secteurs d’intérêts mutuels comme la formation des professeurs, le développement agraire, la gestion, la santé publique entre autres.

Selon le MEC, des cours de santé, de physique, de biologie, de technologie, de technologie, d’administration et d’agronomie, soit des secteurs d’intérêts pour les pays africains seront offerts. Les étrangers étudieront au Brésil et également dans les pôles installés dans les nations de la CPLP (Angola, Cap Vert, Guinée-Bissau, Mozambique, Portugal, São Tomé et Principe et Timor Leste).

Les ressources de l’Université proviendront de dotations de l’União, qui soutient les entités publiques ou privées, de rémunération pour les services fournis et des accords avec des organismes nationaux et internationaux. Le projet de loi propose également la création des postes de recteur et de vice-recteur, de 150 professeurs et de 208 techniciens d’administration.

Pour garantir les objectifs de l’Unilab, le corps professoral devra être formé par le biais d’une sélection ouverte à tous les pays de la région. La sélection des étudiants suivra la même règle. On prévoit que le premier concours d’entrée à l’Université se produise au cours du deuxième semestre de l’année 2009. Mais, avant cela, le projet de création de l’Unilab doit être approuvé au niveau Législatif.

http://www.palmares.gov.br/003/00301009.jsp?ttCD_CHAVE=1430

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31 mai 2008

Éducation Brésil : Des livres pour rappeler l'importance des noirs brésiliens

(30/05/2008 - 10:39) 

Les écoles publiques du Brésil ne peuvent pas faire l’écho du préjugé racial parmi les jeunes. Dans un grand nombre d’écoles, ce qui se passe c’est qu’il y a une omission sur l’importance de la culture noire dans la composition de la société. "Le préjugé racial n’est pas un problème des noirs, c’est un problème du Brésil. C’est un problème qui doit être combattu par tous les brésiliens". L’affirmation est du secrétaire à l’Éducation Permanente, l’Alphabétisation et la Diversité André Lázaro, faite lundi dernier (26 mai) lors du lancement de quatre nouveaux produits antiracistes du Ministère de l’Éducation.

A partir de ce mois, tous les secrétariats municipaux et d’État de l’éducation recevront de livres et un jeu pédagogique accompagné du manuel de l’enseignant et de l’élève. L’objectif suivi est que les produits puissent préciser la contribution des noirs dans la culture brésilienne et garantir que les écoles publiques brésiliennes soient des espaces de combat du préjugé. "Le Brésil ne se reconnait pas comme un pays raciste, ce qui est un obstacle important dans le combat pour l’égalité", indique Lázaro. Selon le secrétaire, le premier pas pour faire face au préjugé racial au Brésil est de reconnaitre la dimension du problème.

Au Brésil, il est commun de ne reconnaitre que les conséquences de l’esclavage. Cette vision, selon Lázaro ne reconnait pas les contributions des noirs tout au long de l’histoire. "Ils ont été des agents civilisateurs du pays. Ils ont apporté des technologies agricoles et métallurgiques que nous méconnaissions et cela doit être expliqué " a souligné le secrétaire.

Pour la chercheure et réalisatrice des publications Glória Moura, le pays n’a toujours pas reconnu son identité. "Si nous nions au rôle du noir son importance, nous sommes alors face à un pays ayant une identité incomplète", a estimé la chercheure pour laquelle l’édition des deux livres est la réalisation d’un rêve. "Depuis 1987, nous travaillons pour rendre ce jour possible", a expliqué celle qui a regroupé les histoires des quilombos de divers états brésiliens.

Le premier tirage des publications est déjà en train d’être livré dans les écoles. Le deuxième, en phase de production doit être prêt dans les trois prochains mois. Deux produits sont destinés de préférence aux écoles quilombolas - o jogo Yoté et le livre Estórias Quilombolas. Les œuvres sont destinées aux professeurs et aux élèves de l’école primaire et secondaire. Le jeu fournit des images de personnages noirs célèbres du Brésil comme Chiquinha Gonzaga, Mãe Menininha et João do Pulo. Genre de jeu de dames, le divertissement fonctionne également comme une reconnaissance des noirs qui furent importants dans la constitution de la société brésilienne. De fait, le joueur ne peut 'manger' le pion du collègue que s’il raconte l’histoire du personnage. Un livret pour les petits –qui raconte l’histoire de deux personnages --accompagne chaque jeu, ainsi qu’un autre pour l’enseignant.

Traduit du portugais par Guy everard Mbarga

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05 mai 2008

Les bahianais (en majorité noirs)ont un faible QI selon un professeur de l'Ufba

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Par: Redaction - Source: Afropress - 1/5/2008

Salvador – Les déclarations du coordinateur du Cours de Médecine de l’Université Fédérale de Bahia (UFBA), Antonio Dantas, 69 ans qui a attribué les mauvais résultats  des étudiants de la Faculté à l’Enade (ils ont obtenu la note de 2), au “faible QI des bahianais”, continue de provoquer la révolte, particulièrement des leaders noirs pour lesquels ces affirmations représentent le racisme explicite contre les noirs et leur culture.

Depuis Nina Rodrigues – le médecin bahianais directeur et l’un des fondateurs de la Faculté de Médecine de Bahia, et le chef de file le  plus illustre du racisme scientifique– aucune personnalité publique importante n’avait fait des déclarations de ce genre.

Selon le président d’Olodum, João Jorge Rodrigues, Dantas a visé les bahianais, mais ce qu’il voulait atteindre ce sont les noirs et leur culture. “L’Olodum a été attaqué par lui lors d’une entrevue à la radio du fait qu’il s’agit d’un symbole du mouvement noir Brésilien et qui lutte en faveur des politiques d’actions affirmative à Bahia et au Brésil avec d’autres entités et personnes. En réalité il voulait transmettre un message des racistes aux militants antiracistes et il a choisi quelque chose qui représente notre pouvoir symbolique, l’Olodum”, affirme João Jorge. Il ajoute que l’entité enverra une en son nom plainte au Ministère Public de Bahia contre Dantas.

Dans ses déclarations, Dantas a affirmé que  “le bahianais joue au berimbau car il n’a qu’une seule corde” pour illustrer le QI supposément faible des bahianais. “S’il avait plus de cordes, il n’y arriverait pas”, avait-il affirmé, en ajoutant qu’il y a des exceptions à la règle.

Le gouverneur Jaques Wagner (PT) a attribué les déclarations, a “une irruption d’imbécilité" de la part du coordinateur. Le recteur de l’UFBA, Naomar Almeida Filho a réclamé le congédiement de Dantas de son poste de coordinateur du collège du cours de Médecine, ce qui dépend à présent de la congrégation de la faculté qui se réunira dans les prochains jours pour discuter de ce sujet.

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03 mai 2008

Un étudiant afrobrésilien bénéficiaire des quotas réagit à des propos racistes

Luisa Torreão
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Contre tous les préjugés, Ronden Nunes de Jesus, 22 ans effectue le 6ème semestre du cours de médecine de l’Université Fédérale de Bahia (Ufba) et effectue un stage à la Fondation Oswaldo Cruz (Fiocruz) liée au Ministère de la Santé.

Élève de l’école publique, il fut l’un des premiers bénéficiaires des quotas pour afrodescendants à entrer à la faculté en 2005. Bahianais de naissance et de cœur, Ronden est issu d’une famille à faible revenu et avait fait la une des nouvelles à la période du concours d’entrée à l’université (vestibular), alors qu’il travaillait avec sa mère dans un lave auto. Jusqu’à présent, il vit avec elle et son plus jeune frère dans le quartier de Cajazeiras.

Ronden a eu un “choc” en rentrant à l’Ufba, du fait de la différence au niveau de l’établissement et de la densité des sujets.

“J’ai eu de la difficulté au premier semestre, mais je me suis adapté et par la suite j’ai remonté la pente et je me suis adapté”, dit-il. Aujourd’hui, il trouve le cours simple, mais il reconnait qu’un engagement total est nécessaire et que les étudiants bénéficiant de quotas ne réussissent pas toujours, car ils doivent également occuper un emploi.

“Il devrait exister un programme de soutien aux bénéficiaires des quotas. Je vois beaucoup de camarades qui ont de la difficulté”, estime-t-elle. Disposant d’une bourse de Fiocruz où il effectue une recherche sur l’hépatite C, il est l’un des rares qui réussissent à ne pas s’écarter des études et à être encore en contact avec la pratique.

Le jeune homme raconte qu’il n’a jamais subi le préjugé dans le cours et que s’il y a une différence entre lui et les autres étudiants non bénéficiaires des quotas, elle est seulement financière.

Du point de vue de la performance académique, il se sent égal aux autres. C’est la raison pour laquelle, lorsqu’il a appris les déclarations du coordinateur du collège de médecine Antônio Natalino Dantas, il les a simplement considérés comme étant racistes. “C’est totalement absurde”, dit-il. Pour Ronden, la faculté est bonne et la performance des étudiants s’approche de l’excellence. Concernant l’Enad qui est un examen obligatoire, l’étudiant croit qu’il est possible qu’il y ait eu un boycott qui a conduit à une faible moyenne pour ce cours.


Au sujet des critiques sur le QI des populations de Bahia, Ronden les réfute en indiquant que “le bahianais a une très grande créativité. Malgré les inégalités sociale et le manque d’opportunités finissent par empêcher que l’on explore son véritable potentiel”.

http://www.atarde.com.br/vestibular/noticia.jsf?id=875847

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30 avril 2008

Le recteur de l’Unipalmares, université pour Afrobrésiliens invité aux Usa

Bas de page

Le recteur de l’université de la Citoyenneté Zumbi dos Palmares, José Vicente, est l’invité d’honneur du Higher Educacion Summit for Global Development, une conférence mondiale sur l’éducation supérieure qui se tient à Washington D.C (États-Unis) ces 29 et 30 avril. L’événement a pour but de présenter les expériences innovantes des universités de divers pays.

Pour le recteur “c’est un moment important pour l’ Unipalmares et pour le Brésil en général, car le projet sera présenté devant des professionnels et des spécialistes du domaine de l’éducation du monde entier”.

L’Unipalmares partagera son expérience de réussites dans laquelle, au delà de l’éducation,  l’inclusion au marché du travail est également une préoccupation constante de ses dirigeants et des entreprises partenaires du projet.

30%  des près de 1800 étudiants de l’Unipalmares sont inscrits dans des programmes avec stages, un nombre qui exprime bien la spécificité de cette institution d’enseignement supérieur unique en son genre.

http://unipalmares.edu.br/index.php?option=com_content&task=view&id=380&Itemid

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27 avril 2008

Débats sur l’enseignement de la culture afrobrésilienne

Les bonnes expériences de l’application de la Loi nº 10.639 – qui traite de l’inclusion de l’histoire et de la culture afro-brésiliennes dans les contenus scolaires – ont servi de base à l’élaboration d’un Plan National présentant des stratégies d’orientation pour l’application de la législation dans l’ensemble des écoles du pays. La Loi nº 10.639 a changé la Loi de Directive et de Bases (Lei de Diretrizes e Bases - LDB) et a déterminé que la thématique afro-brésilienne soit incluse de façon obligatoire dans les curriculums des réseaux d’enseignement des écoles publiques et privées de l’enseignement primaire et moyen.

Pour discuter de l’élaboration du plan national, la secrétaire de l’Éducation Continue, de l’Alphabétisation et de la Diversité (Secad/MEC) organisera six rencontres – appelées Dialogues Régionaux – Application des changements de la LDB – dans les cinq régions du pays. Le premier se tiendra les 9 et 10 avril à Belém.

Au delà de la LDB, les rencontres ont également permis de débattre sur la formation initiale et continue des professeurs – qualifiés pour l’enseignement de la thématique ethnico-raciale – et la production de matériel didactique traitant de ce sujet. "Le MEC a déjà formé près de 10500 professeurs et produit 18 livres axés sur la thématique ethnico-raciale", a indiqué Leonor. Même si selon la coordinatrice il y a près de 2 millions de professeurs dans le réseau, beaucoup ne sont pas qualifiés pour inclure la thématique afro-brésilienne au contenu disciplinaire.

La coordinatrice a expliqué que les états et les municipalités qui désirent recevoir le soutien fédéral pour la formation des professeurs et recevoir du matériel sur la thématique ethnico raciale peuvent introduire une demande auprès du Plan d’Actions Articulées (PAR). Le PAR oriente les actions en vue d’améliorer la qualité de l’éducation de base des personnes qui participent au Plan de Développement de l’Éducation (PDE).

Lei – La Loi nº 10.639 établit que l’enseignement de la culture et de l’histoire afro-brésiliennes et spécifie que l’étude de l’histoire de l’Afrique et des africains, la loi des noirs du Brésil, la culture noire brésilienne et le rôle du noir dans la formation de la société nationale doit être privilégié.

Elle détermine également que de tels contenus doivent être administrés dans le cadre de l’ensemble du curriculum scolaire, particulièrement dans le domaine de l’éducation artistique, littéraire et de l’histoire brésiliennes.

Traduit du Portugais par Guy Everard mbarga 

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15 mars 2008

Graduation historique à l'Université pour afrobrésiliens Unipalmares

Inês Ulhôa - FCP/MinC

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Le Président Lula parrain de la première promotion des étudiants formés en Administration de l’Université Zumbi dos Palmares

Impossible de ne pas se souvenir des paroles de Martin Luther King: "J’ai fait un rêve". Larmes et sourires, dans un mélange d’émotion et de bonheur du devoir accompli ont marqué la remise de diplômes de la première université d’Amérique Latine qui garantit  l’inclusion d’étudiant presque tous afrodescendants. Il s’agit d’un rêve qui se réalise. Un rêve partagé avec des parents, des amis, des autorités, de personnalités politiques et des artistes entre autres, qui se sont réunis avec la certitude qu’à cet instant ils étaient témoins d’une étape de la lutte historique pour l’égalité des droits et des chances pour les noirs au Brésil.

Le gymnase Ibirapuera à São Paulo n’était que célébration. À commencer par la présence des maîtres de cérémonie Isabel Filardis et Simoninha, qui ont diffusé un climat de cordialité, de fraternité et de grande joie.

Le président Lula s’est montré très honoré par l’invitation qui lui a été faite d'être le parrain de la promotion. Selon lui, cette remise de diplôme  -- à 126 étudiants, dont 110 noirs (87%)—démontre que le Brésil commence à changer. Dans une critique voilée du préjugé racial encore présent et du manque d’espace pour les afrodescendants dans la société brésilienne, Lula a affirmé qu’il y a peu de noirs avocats ou médecins, et qu’il a même eu des problèmes lorsqu’il a désigné un noir comme ministre du STF (Tribunal Fédéral Suprême) .


Pour le président, il est important que la presse brésilienne note cette importante conquête des étudiants noirs. "Le Brésil n’est pas que ce monde de criminalité que l’on voit à la télévision. Il y a d’autres  grandes choses réalisées par des noirs et des pauvres dans ce pays, mais qui ne disposent pas de l’espace nécessaire", indique-t-il.

À chaque parole qui renvoyait à la victoire conquise, les applaudissements s’intensifiaient. Ce fut le cas lorsque l’acteur Milton Gonçalves a fait son discours d’hommage. Assez ému, l’acteur a rappelé la trajectoire de la lutte de la race noire. "Une bataille qui perdure depuis des siècles", a-t-il indiqué, en racontant la terreur de ceux qu’on a apporté au Brésil, enchainés les uns aux autres.

Milton, un acteur ayant joué dans de nombreux  films et novelas n’a pu retenir son émotion. La voix tremblante et les yeux embués de larmes, a déclaré que ce moment était l’un des pluas marquants de sa vie: "J'ai cherché en moi le discours le plus viscéral et la moindre émotion  que l’on puisse avoir en voyant ces jeunes visages plein d'espoirs, mais quelque mots ont remplacé ce que représente la fierté d'une race".

La chanteuse Sandra de Sá a animé la fête, elle s'est promenée en chantant entre les personnes présentes dans le gymnase, portant sa forte voix vers chacun, pour montrer sa satisfaction et la force de ces  jeunes vainqueurs. Martinho da Vila sans accompagnement, a chanté en exaltant la liberté.

L'ancienne gouverneure de Rio de Janeiro, Benedita da Silva, partenaire de première heure de l' Unipalmares, également marraine de la promotion, a déclaré être face à une nouvelle réalité et un avenir prometteur. D'après elle, les enquêtes montrent que seulement  2% de noirs se trouvent dans les universités brésiliennes. L'ancien gouverneur de São Paulo, Geraldo Alckimin a également été choisi comme parrain pour son soutien à la construction de l'Unipalmares.

Pour le ministre Edson Santos, du Secrétariat Spécial de l'Égalité Raciale, a dívida que la société brésilienne a envers les noirs n'a pas encore été payée. "Presque 120 ans après la fin de l'esclavage, les noirs occupent toujours les lugares desprivilegiados dans la société brésilienne."

"La couleur de l'université est en train de changer" a déclaré le ministre de l'Éducation Fernando Hadas. Selon lui, les politiques de quotas dans les universités publique et l'octroi de obourses pour que les étudiants ayant de faible revenus puissent intégrer les universités privées ont contribué au changement social, économique et politique du Brésil.

L'importance de l'événement a permis de réunir plusieurs personnalités politiques, des autorités et des hommes d'affaires. Parmi les autorités présentes se trouvaient le gouverneur de São Paulo, José Serra (PSDB), le préfet  Gilberto Kassab (DEM), le sénateur  José Sarney (PMDB-AP), en plus de Lula et de six ministres: Fernando Haddad (Éducation), Edson Santos (Égalité Raciale ), Márcio Fortes (Villes ), Miguel Jorge (Dévelloppement), Orlando Silva (Sports) et Luiz Marinho (Previdência). Étaient également présents les sénateurs Cristovam Buarque (PDT) et Eduardo Suplicy (PT), ainsi que le minitre du  STF Carlos Ayres de Brito.

Unipalmares a été créée 2003 et est le fruit de l'action de l' ONG Afrobras.  En 2007, l'institution a initié un cours de Droit.

Le président de la Fondation Culturelle Palmares, Zulu Araújo, qui représentait le ministre  Gilberto Gil au cours de la cérémonie a rendu hommahe au recteur José Vicente pour l'initiative et pour les étudiants formése . Selon lui, il s'agit d'une conquête qui garantit à ses jeunes la dignité qu'ils méritent.

http://www.palmares.gov.br/

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19 janvier 2008

Éducation au Brésil : L'Afrique méconnue

HÉRCULES BARROS

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Foto:Fernanda Capibaribe

Presque cinq ans après son entrée en vigueur, la loi qui a rendu obligatoire l’enseignement de l’histoire de l’Afrique et de la culture afrobrésilienne dans l’éducation de base reste encore dans les tiroirs. L’application d’une politique spécifique pour la formation des professeurs et la production de matériel didactique prévue dans la Loi 10.639 avance à pas lents. La Secrétaire de l’Éducation Continue, l’Alphabétisation et la Diversité (Secad) du Ministère de l’Éducation (MEC) reconnait la non application de la législation et envisage pour 2010 le début d’une inversion du déficit pédagogique actuel. À ce sujet, seul un groupe réduit d’initiés dans le monde académique a accès à l’image d’un continent qui durant la période médiévale connaissait  des techniques de construction avancées, des empires, avait la maitrise de l’écriture et possédait même des universités.


Cette réalité faisait partie de l’Afrique avant l’arrivée des européens, mais elle est méconnue des élèves dans les écoles du pays. Dans les salles de classe prédomine le stéréotype de tribus primitives et des noirs mis en esclavage, en plus de manifestations culturelles limitées à la pratique du candomblé et de la capoeira. “C’est comme les pays qui n’associent le Brésil qu’à la samba, à la mulâtresse et au football ”, se lamente le professeur d’histoire de l’Afrique Anderson Ribeiro Oliva, de l’Université Fédérale du Recôncavo à Bahia.

Dans la thèse de doctorat Leçons sur l’Afrique (Lições sobre a África) défendue cette année à l’ Université de Brasília (UnB), Oliva fait une lecture comparative entre les représentations des africains et du continent noir dans l’imaginaire occidental. “L’image de l’Afrique du passé et celle des esclaves et la contemporaine est établie comme meurtie par la guerre, la misère et la maladie ”, explique l'historienne. “Il existe encore l’impression exotique formée par les savanes et les safaris ”, complète-t-elle. Oliva fait également apparaitre le même stéréotype dans l’analyse de la manière dont les noirs sont dépeints dans la littérature et dans les média.
Selon le chercheur, la loi n’a suscité que des expériences ponctuelles. La coordinnatrice générale de Diversité et Inclusion Éducationnelle de la Secad, Leonor Franco de Araújo, allègue que la première difficulté dans l’application de la loi est la propre constrcution culturelle raciste de la société, également intrinsèque dans les universités. “Les universités devraient travailler sur cette question dans la formation initiale des professeurs. Ce n’est pas ce qui se passe”, révèle-t-elle.
Retard
Selon l'évaluation du coordinateur du  Centre d'Études Afro-Brésiliennes (Núcleos de Estudos Afro-Brasileiros - Neab) de l'UnB, Nelson Inocêncio, rien ne justifie que l’on attribue la responsabilité du manque de professeurs et du matériel didactique aux universités. Pour Inocêncio, une série de facteurs contribuent au retard de l’enseignement de l’histoire et de la culture  afro-bésiliens. “Les éditeurs n’investissent pas dans des publications sur le sujet et les états et les municipalités  ne prennent pas en charge la qualification des professeurs”, détaille-t-il . La loi n’a pas changé la réalité de la professeure Marizeth Ribeiro. Elle doit toujours explorer pour offrir aux élèves de l'école primaire ( 1ère à  4ième  série) de l'École Classe 16 de Gama un cours différencié . “Je leur enseigne ce qui m’a été refusé en tant qu’élève et  pendant la faculté”, dit-elle. Malgré l’effort de la professeure, la première représentation que les élèves font de l’Afrique est celle de l’esclavage et de la misère. “Les livres d’histoire ont très peu changé le portrait de la réalité”, se lamente-t-elle. Pour ses classes, Marizeth parcourt les publications de la Fondation Palmares et du MEC. “Je dois aller au delà d’un matériel qui devrait être distribué par toutes les écoles”, indique-t-elle.
Selon la coordinatrice du Secad, 21 publications spécifiques sont à la disposition des établissements d’enseignement supérieur depuis 2003, mais le contenu n’est pas présent dans les curriculums des cours de licence et de pédagogie. “Les universités ne veulent pas assumer cette thématique comme étant importante pour la formation des professeurs ”, affirme-t-elle. Selon Leonor, les préparations des éducateurs pour aborder le sujet sont réduites  à des  actions stratégiques isolées. “On ne pas passer la vie entière à faire de la formation continue pour un sujet qui est inscris aujourd'hui dans la Loi des Directives (LDB - Lei de Diretrizes e Base)”, dit-il.
Investissements
Pour rattraper le temps perdu, le ministère travaille sur un programme national d’élargissement de l’application  de la loi prévu en 2008. Le MEC investira également R$ 5 millions dans les 67 Neab éparpillés dans les universités brésiliennes. Par le biais du Programme d’Actions Affirmatives pour la Population Noire ( Programa de Ações Afirmativas para a População Negra - Uniafro), les centres recevront des financements pour augmenter la formation des professeurs et l’élaboration du matériel didactique.
“On espère qu'au plus tard en  2010, les gens auront une production significative de matériel pour les écoles  ”, prévoit-t-il.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.irohin.org.br/onl/clip.php?sec=clip&id=2842

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06 janvier 2008

Afrobrésiliens et éducation : Un historique des luttes et conquêtes récentes

La science aux 18ème et 19ème siècles considérait que les blancs possédaient une capacité intellectuelle supérieure. Après venaient les indiens et enfin les noirs. Certaines études affirmaient que les noirs se situaient en dessous des singes. "Quelque soit le niveau des talents des noirs, il n’est pas à la mesure à la mesure de leurs droits", Thomas Jefferson (1743-1826), homme politique américain.
Gustavo Lourenção
1948 – Une des expériences des mobilisations de noirs les plus significatives fut le journal Quilombo, édité à Rio de Janeiro. L’édition numéro 0 de la première année contenait l’affirmation suivante : "De nos jours, la pression contre l’éducation du noir a (sic) considérablement diminué, mais on est d’accords sur le fait qu’on est encore loin de l’idéal".

1949 – 1er Congrès du Noir Brésilien ( Congresso do Negro Brasileiro). Sujets abordés : survies religieuses et folklorique; formes de lutte (capoeira de Angola, batuque, pernada); langues (nagô, gegê, langue d’Angola et du Congo, les langues parlées pendant les années d’esclavages).
Années 50 – Début des premières études sur les préjugés et stéréotypes raciaux dans les livres didactiques au Brésil.

Années 60 et 70 – Les militaires officialisèrent l’idéologie de la démocratie raciale et les militants qui osaient défier ce mythe étaient accusés d’imitateurs des activistes américains qui luttaient pour les droits civiques. Le mythe de la démocratie raciale persiste jusqu’à présent

Années 80 – Reprise des études sur les préjugés et les stéréotypes raciaux dans les livres didactiques. Les résultats des recherches montrent une dépréciation des personnages noirs, associée à une valorisation des blancs.

1984 - À São Paulo, la Commission de l’Éducation du Conseil de Participation et de Développement de la Communauté Noire (Comissão de Educação do Conselho de Participação e Desenvolvimento da Comunidade Negra) et le Groupe de Travail pour les Affaires Afro-Brésiliennes ( Grupo de Trabalho para Assuntos Afro-Brasileiros) font la promotion de discussions avec des professeurs de divers secteurs sur les nécessités de réviser le curriculum et d’introduire les contenus non discriminatoires.

1985 – La commémoration du 13 mai est questionnée par la Commission par le biais d’affiches   envoyées à des écoles de l’état de São Paulo. Le matériel exaltait également la date du 20  novembre comme date de commémoration de la conscience noire.

1986 - Bahia implanta la matière Introduction aux Études Africaines dans les cours d’Enseignement Fondamental et Moyen (Primaire, et secondaire) de certaines écoles publiques répondant ainsi à une vieille revendication du mouvement noir.

1996 – Parmi les critères de validation des livres didactiques achetés et distribués pour le Programme National du Livre Didactique (Programa Nacional do Livro Didático - PNLD) furent inclus ceux spécifiques aux questions raciales.

1998 – Inclusion de la Pluralité Culturelle parmi les thèmes transversaux dans les Paramètres Curriculaires Nationaux.

2003 – Publication de la Loi no10.639 qui rend obligatoire l’enseignement de l’Histoire de l’Afrique et des Afro-brésiliens dans l’enseignement Fondamental (Primaire et collège) et Moyen (Lycée).

Traduction de Guy Everad Mbarga


Sources: estudos e pesquisas de Benilda Regina Paiva de Brito e Fúlvia Rosemberg

http://revistaescola.abril.com.br/edicoes/0177/aberto/mt_242379.shtml#topo

02 janvier 2008

Éducation : L’histoire afro-brésilienne reste peu enseignée dans les écoles

La Loi de 2003 qui inclut la promotion de l’égalité raciale dans le curriculum obligatoire de l’enseignement de base a été oubliée.

Simone Iwasso

Traduction de Guy Everard Mbarga

En janvier 2003, le gouvernement fédéral a approuvé une loi, la 10.639 qui rend obligatoire l’enseignement de l’Histoire et de la Culture Afro-brésilienne dans le curriculum de l’éducation de base dans le public et le privé. À l’époque, les organisations qui défendaient la promotion de l’égalité raciale avaient célébré cet événement. Quatre ans ont passé et ces mêmes organisations manifestent à présent leur préoccupation et montrent un certain pessimisme. La raison étant que en dehors de quelques exceptions éparses dans le pays, les élèves dans les écoles n’apprennent toujours pas les notions d’histoire et encore moins sur l’influence de la culture emmenée d’Afrique au Brésil.

Une enquête réalisée par Ação Educativa (Action Éducative) en partenariat avec des organisations démontre que, même s’ils n’ont pas reçu le contenu visé par la loi sur le thème - 47% des étudiants affirment vouloir apprendre l’histoire de l’Afrique. Lorsqu’on leur pose la question, ils manifestent des perceptions assez différentes sur l’existence ou non du racisme, mais ils réalisent l’importance du travail en faveur d’une égalité raciale effective.

Cependant, quand on écoute les enseignants, ils mettent un avant deux problèmes: 96% d’entre eux affirment vouloir enseigner ces contenus en classe, considérant que le thème est très important, mais ils disent qu’ils ne sont pas préparés, puisque l’histoire et la culture afrobrésiliennes ne font pas partie de la formation traditionnelle des professeurs. Le thème ne fait pas encore partie des cours offerts par les secrétariats et concernant le matériel didactique, son offre est encore insuffisante à l’école – malgré l’existence d’un matériel diversifié disponible sur le marché éditorial.

Les directeurs et les coordinateurs manifestent également leur intérêt: 37% d’entre eux déclarent que l’étude de l’histoire africaine est importante pour la compréhension de l’histoire même du Brésil.

“Concernant l’application  de la loi, l’enquête a confirmé ce à quoi on s’attendait, à savoir le manque d’initiative pour une véritable application. Ce qui nous a surpris c’est l’expectative que démontrent les enfants pour apprendre à ce sujet”, indique Analu Souza, consultante lors de l’enquête. “Malheureusement, beaucoup de choses d’origines africaines sont encore vues sous l’angle du préjugé : les masques qui sont un art associé aux démons, les manifestations religieuses mal vues. Et les élèves veulent mieux comprendre cela.”, affirme-t-elle, en se lamentant du fait que la loi est restée sur le papier.

Alexandre Battibugli

Le Ministère de l’Éducation(MEC) est conscient du problème, mais ses actions sont perçues comme peu efficientes par les organisations. Le mois dernier, Le Secrétariat de l’Éducation Continue, de l’Alphabétisation et la Diversité ( Secretaria de Educação Continuada, Alfabetização e Diversidade) a réalisé avec l’Organisation  des Nations Unies pour l’Éducation, la Sciences et la Culture (Unesco) un atelier pour élaborer des stratégies. Un document d’orientations pour les réseaux d’enseignement doit être bientôt publié.

L’enquête a été réalisée entre août 2005 et juillet 2006. 492 personnes furent interrogées, parmi lesquelles des élèves, des professeurs et des parents de 15 écoles de l’éducation infantile et de l’enseignement fondamental (de base) des villes de São Paulo, Belo Horizonte et de Salvador.
Le travail a été effectué en partenariat avec Instituto C&A, le Centro de Estudos das Relações de Trabalho e Desigualdades (Ceert) et Educação e Profissionalização para a Igualdade Racial (Ceafro).

INITIATIVES


Bien que l’enquête démontre l’absence de l’application générale, elle a réussi à identifier la manière dont surgissent les bonnes pratiques dans le domaine : dans  72% des cas, l’idée vient de l’enseignant lui même. C’est lui qui donne le cours ou acquiert le matériel à son propre compte et commence à créer des programmes avec ses élèves - soit par le biais du théâtre, de livres d’histoire, de discussions de groupe.

De plus, des données du Centre d’Études des Relations de Travail et des Inégalités (Centro de Estudos das Relações de Trabalho e Desigualdades , Ceert) qui organise annuellement un concours pour les professeurs présentant les meilleurs travaux dans le domaine, démontre qu’il existe une proportion égale de professeurs blancs et  noirs qui s’adonnent à la promotion de projets sur l’égalité raciale.

Ils réussissent ainsi tout seuls à aboutir à l’esprit de la loi : privilégier l’étude de l’histoire de l’Afrique et des africains, la trajectoire des noirs au Brésil, la culture noire brésilienne et les noirs dans la formation de la société. Tout cela, en plus de l’enseignement de la littérature par exemple ou de l’histoire.

“Les enfants arrivent à l’école en connaissant Branca de Neve, la Bela Adormecida, mais ils ne connaissent aucun personnage noire”, raconte Fátima Graminha, professeure de l’enseignement infantile du CEU Aricanduva, dans la région est de São Paulo. En compagnie d’une autre enseignante, elle a mis en place un projet qui travaille sur l’égalité raciale avec ses élèves.
Leur initiative a remporté un prix l’an dernier.

Elle raconte qu’après des histoires, des dessins et des discussions avec les enfants, elles ont commencé à changer leurs comportements (des élèves).

“La majorité des élèves de ma classe sont noirs. Mais, entre eux, quand ils se disputent, ils s’insultent macaques, sans être conscients de ce qu’ils disent, ils répètent ce qu’ils entendent par ci par là”, dit-elle. Un autre fait que l’enseignante avait l’habitude de percevoir était le manque d’identité des enfants. “Vous leur demandez de faire un autoportrait, un dessin, et les filles se dessinaient en blondes, avec des cheveux lisses, et blanches”, raconte-t-elle.

Un autre grand problème qui touche principalement les enfants vivant dans les quartiers périphériques est celui des conflits religieux : “Beaucoup d’entre eux sont évangéliques ou vivent dans des quartiers où le nombre d’évangéliques est important. Ils entendent donc que l’umbanda ou le candomblé sont des manifestations du diable, on leur apprend à dénigrer les adeptes de la religion ”, indique l’enseignante.

Ce genre de message est également travaillé en salle de classe, pour que les enfants apprennent à respecter les diversités religieuses et les camarades de classe qui sont d’autres religions, en évitant les insultes et des manifestations de préjugé.

“Nous avons perçus tout cela et nous avons décidé de travailler à la sauvegarde de l’identité de ces enfants, de l’histoire familiale en racontant l’histoire des peuples qui sont venus d’Afrique au Brésil en tant qu’esclaves et la manière dont ils ont influencé notre culture ”, explique-t-elle.

FORMATION

Le Musée Afro Brasil situé au Parc Ibirapuera à São Paulo a constitué l’un des points d’appui – et une source d’information – pour les professeurs. Les deux enseignantes ont participé à une formation offerte par l’institution aux Professeurs. “L’enfant noir ne fréquente pas encore la même école que l’enfant blanc, et c’est seulement avec l’information que l’on améliorera cette situation”, indique Ana Lúcia Lopes, coordinatrice du Cercle Éducatif du musée.

La demande pour le cours, selon elle a été grande, attirant des professeurs de divers secteurs municipaux de l’intérieur. “Les modules sont séparés: histoire, culture, religion, technologie, et durent toute l’année en utilisant comme base une grande partie du matériel appartenant au musée”, dit-elle. Le cours cherche des partenaires pour pouvoir être offert l’année prochaine.

En plus de cela, le cercle a produit un matériel didactique, vendu dans certains réseaux, autant pour l’usage des enseignants que celui des élèves. “
Ici, nous avons toute l’histoire du noir au Brésil. Nous montrons l’esclavage, la contribution technologique des esclaves africains, les manifestations religieuses, et certaines personnalités, dit-elle. L’objectif final, selon elle est de démythifier l’idée qu’il n ya pas de racisme, et à partir de l’acceptation de sa présence commencer à le combattre.

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