Ulises de la Cruz, héros bienfaiteur des afroéquatoriens de Piquiucho
Par Sarah Sturdey
02 Mar 2009
Même si le défenseur de Reading, Ulises de la Cruz vit à 7000 miles de son lieu de naissance, il n'a pas oublié ses racines. Il a grandi dans la Vallée du Chota en Équateur et dépense ses revenus en reconstruisant cette communauté appauvrie.
Le village poussiéreux et délabré de Piquiucho est perché sur le côté de l’autoroute Pan-Américaine niché en hauteur dans les Andes, à environ trois heures de voiture au nord de Quito, vers la frontière colombienne.
Les 700 villageois AfroÉquatoriens vivent dans la pauvreté. La communauté noire de l’Équateur descend des esclaves et représente environ 6% de la population. Pourtant, la moitié de l’équipe nationale lors de la Coupe du Monde en 2002 et en 2006 venait de cette communauté qui est comme un petit morceau d’Afrique.
De la Cruz gagne environ 600 000 Livres Sterlings par an, une belle somme, mais qui reste en dessous de la moyenne des salaires en Premier League. Il vit dans un appartement modeste de Reading et possède également une maison jumelée à Birmingham, datant de l’époque où il jouait à Aston Villa.
Plusieurs fois par semaine il renvoie de l'argent au village de son enfance. Il se souvient du travail routinier et fatigant que constituait le fait de devoir porter de l'eau du Rio Chota lorsqu’il était petit garçon. Après que l'Équateur ait atteint la phase finale de la Coupe du Monde pour la première fois en 2002, il a dépensé ses récompenses financières, non pas pour des voitures rapides ou pour une grande nouvelle maison. Il les a plutôt consacrées à la construction d’un système d’approvisionnement en eau fraiche, avec 18 kilomètres de tuyaux et un système de traitement des eaux pour Piquiucho.
Il a utilisé l'argent gagné suite à la participation de l'Équateur à la Coupe du Monde en Allemagne l'été dernier- qui s’est terminée par une défaite 0-1 contre l’ Angleterre en huitième de finale - pour construire un centre sportif et communautaire les Andes en toile de fond. Il espère pouvoir retourner plus tard dans l’année pour son ouverture officielle.
Au cours des six dernières saisons, au cours desquelles il a joué pour Hibernian, Villa et actuellement Reading, il a envoyé des centaines de milliers de Livres (Sterlings) aux 200 familles du village. Il a déjà remis un centre médical sur pied, dont il paie le docteur, le dentiste et l’infirmière.
Sur un poster affiché dans la Clinique, il sourit et porte l’équipement d’Aston Villa. Un mur est couvert avec des coupures de presse du héros local. Mais avec une fille de deux ans en Angleterre, l'éducation reste sa priorité.
"Je veux offrir des opportunités aux enfants de Piquiucho bien au-delà du terrain de football," dit-il. "Actuellement, ils n'ont rien. Je veux montrer qu'en étudiant ils peuvent s'aider eux-mêmes à échapper à la pauvreté. Le football n'est pas le seul moyen."
L’homme de 32 ans paie le petit déjeuner et le déjeuner de 100 élèves chaque jour. Il a fourni des centaines de livres et financé un nouveau toit pour l’école, un terrain de jeu et une crèche. Sa mère, Edita, le tient informé des besoins d’argent par secteur, et ils ont embauché quelqu'un pour diriger la 'Ulises de la Cruz Foundation'. "Les sports et le centre communautaire c’est pour l’avenir ", déclare Edita.
Il projette pour la suite de construire 40 maisons. "À la fin de la saison, il ne fonce pas vers les plages, il va plutôt voir comment sa Fondation marche. " Jorbita Borja vit avec sa famille élargie de 12 personnes dans une baraque improvisée de deux pièces.
"Ulises fait le travail du gouvernement. Nous avons maintenant de l’eau courante, mes cinq enfants n’attrapent plus des maladies fongiques à cause de l'eau sale, mais ça reste difficile. Mon mari gagne environ 5 dollars (£2.50) par jour en travaillant dans les champs. Nous sommes extrêmement reconnaissants à Ulises, mais le gouvernement nous a ignorés,"dit-elle.
" La ministre du tourisme du gouvernement, Maria Isabel Salvador, est consciente que De la Cruz conscient et ses coéquipiers ont mis la nation sur la carte. "L'équipe a aidé à améliorer l'amour propre du pays, après une crise morale et politique qui a duré plus de 20 ans. Ils ont constitué un grand capital pour le pays. Mais depuis qu’ils sont arrivés ici, les Afroéquatoriens ont été négligés. "
Dans un pays où la pauvreté touche 70% de la population, les gens espèrent des réformes sociales du nouveau Président, le septième en 10 ans. Rafael Correa a promis d’immenses changements pour les pauvres.
Le meilleur ami de De la Cruz c’est Agustin Delgado, qui a joué dans le passé à Southampton. Ils ont grandi ensemble. Il y a six ans Delgado, qui joue désormais en Équateur a mis sur pied une académie de football à Juncal, un village voisin de Piquiucho. Chaque matin 250 élèves doivent étudier avant de jouer au football l'après-midi. Avec les tee-shirts enveloppant leurs têtes pour les protéger du soleil, ils se pratiquent sur les terrains vagues. La terre est dure et caillouteuse, mais c’est justement pour cette raison que le directeur technique, Jose Carcelan, croit que les joueurs ont plus de volonté. "C'est non seulement du football," dit-il. "Il s'agit de les faire grandir en tant qu’individus, qu’ils apprennent à la dure. Ils sont plus déterminés. Onze anciens élèves jouent pour deux des équipes équatoriennes les plus importantes."
Exceptionnellement, il y a plus des footballeurs internationaux par kilomètre carré nés dans la Vallée Chota que nulle part ailleurs au monde. Eric Manasse, un agent de football basé aux États-Unis a été le premier à mettre joueurs équatoriens sur la vitrine internationale. Il affirme que "le fait de grandir et de jouer en "altitude les a vraiment aidé. Surtout quand l’Équateur a besoin de se qualifier Coupe du Monde et qu’ils jouent à domicile."
De La Cruz a juste fait quelques apparitions avec Reading, depuis qu’il les a rejoint en Août, et bien qu'il soit prévu qu’il joue face à Manchester United pour la FA Cup ce samedi, il sait que le temps est court dans le foot de haut niveau. Mais il est satisfait : "Quand j’arrêterais le football j'aurai laissé un héritage pour les gens de Piquiucho. Ils se rendront compte, en étudiant, que leurs rêves peuvent se réaliser et qu’ils peuvent laisser la pauvreté derrière eux."
Sarah Sturdey est une reporter de la BBC
Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga
Isiah Nicholas, célèbre peintre Garifuna de Belize

PUNTA I (La Punta est l'une des danses Garifuna)
Art + Culture + Idées = Isiah Nicholas. Isiah est le fils de Benjamin Nicholas. Benjamin est l'un des principaux artistes de Belize. Il est le chroniqueur de l'histoire et de la culture des Garifuna Indiens.

DUGU-The Healing Ceremony
Les Garinagu (pluriel de Garifuna) sont les descendants d'esclaves Africains et de femmes Indiennes Caraïbes qui furent défaits pas les Britanniques en Mars 1797. Ils furent alors déportés sur les côtes du Nicaragua, du Honduras, du Guatemala et de Belize en Amérique Centrale.
Isiah est né le 30 juillet dans le beau pays de Belize. Il fait de la peinture et du dessin depuis l'école primaire.

HUDUT TIME (Le Hudut est l'un des mets favoris des Garifuna)
À huit ans, Isiah a réalisé sa première peinture à l'huile sur toile. Cette peinture sera vendue à un collectionneur d'art du Minnesota.
Les peintures d'Isiah comme celles de son père dépeignent l'histoire, le quotidien, et la culture des Garinagu ; de la pêche à l'agriculture, en passant par les séances de guérison et des rites de deuil. La réputation des toiles des Nicholas a peu à peu grandi à Belize et à l'étranger et elles ont reçu de nombreuses récompenses.

Benjamin Nicholas(Dangriga, Belize)
Isiah NicholasAujourd'hui, les toiles du père et du fils se retrouvent à dans le monde entier, dans les maisons, les banques, les bureaux, les musées, etc.
Des dignitaires de haut rang qui visitent Belize tels que la Reine d'Angleterre, le Pape et les Présidents reçoivent en cadeau des peintures des Nicholas soit des mains du Premier Ministre du Belize ou de celles des ministres.
Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga
Les contributions musicales des afromexicains
Publié le 31 juillet 2008
L’ethnologue Ethel Correa affirmait en juillet dernier que la population d’afromexicains, originaire de l’Ouest de l’Afrique et arrivés ici en tant qu’esclaves à partir du 16ème siècle se distingue par sa contribution à la culture, particulièrement la musique à travers ce que nous connaissons comme les fandangos.
Dans une entrevue exclusive à Notimex, réalisée dans le cadre du dialogue “Los Afromexicanos”, Correa indiquait : “Par exemple, tout ce qui se danse à Veracruz, Michoacán et La Huasteca, cette population a laissé des choses importantes, et fait des contributions importantes à la culture mexicaine”.
De même, elle a indiqué que plus spécifiquement dans la zone de la Costa Chica de Oaxaca, cela est plus notable car il y a un génotype très marqué dans la population et c’est par conséquent à cet endroit qu’on peut percevoir cette influence avec plus de clarté.
Elle a souligné qu’actuellement, les descendants des Africains se trouvent dans l’ensemble du pays, mais qu’il y a des régions plus marquées, comme Veracruz, où l’on peut les voir physiquement, même si dans la région de la Costa Chica de Oaxaca, c’est encore plus marqué.
“Actuellement, les descendants de ce qu’on appelle les afromexicains, sont des paysans qui cultivent le haricot, le maïs et le piment, comme tout autre groupe de paysans Mexicains et ils cultivent également des mangues, la papaye, la fleur de Jamaïque et la noix de coco pour la vente ”, a-t-elle indiqué.
De plus, selon elle, certaines communautés se consacrent à la pêche, les hommes et les femmes travaillant, les premiers faisant la pêche et les femmes préparant le poisson qui sera vendu. La population est arrivée au Mexique à partir du 16ème siècle en tant qu’esclave pour travailler dans les mines, les plantations de sucre et dans les fermes de bétail.
Cette population arrive au pays, car il y a une baisse démographique de la population indigène. Il y a donc un besoin énorme de main d’œuvre qui commence donc à arriver, esclave, en majorité de l’Ouest de l’Afrique.
Cependant, à la fin du 17ème siècle cette migration des esclaves déplacés se réduit, car la population indigène commence à augmenter, et le besoin de main d’œuvre esclave disparait.
La spécialiste a expliqué qu’environ 200 000 africains arrivèrent au pays, qu’ils se mélangèrent beaucoup avec la population indigène et espagnole, ce qui donna les fameuses castes, c’est-à-dire les mulâtres.
Correa a indiqué qu’il y a encore un grand besoin de recherches sur les afromexicains arrivés au Mexique, car ils ont non seulement apporté la musique ou travaillé dans les mines et l’agriculture, mais également dans d’autres aspects dans la majorité des états de la République Mexicaine.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga
http://mx.entertainment.yahoo.com/31072008/7/entertainment-afromexicanos-hicieron-aportaciones-m-sica.html
Notimex
Carnaval Nègre des Enfants 2009 - SAN LUIS DE CAÑETE, Pérou
Date: Samedi 28 février. Lieu: Collège de Varones de San Luis. Organisateur : Agrupación Renacer Negro

CAÑETE – PERÚ
Située au Kilomètre 144 de la Panamericana Sur, à environ deux heures de Lima, Cañete est une région agricole pleine de richesse et de couleur. Les plantations de cane à sucre et de coton de la zone furent celles qui furent le plus grand usage de la main d’œuvre esclave, transformant Cañete en l’un des centres de la traite des esclaves amenés d’Afrique, qui a débuté au Pérou pendant la Colonie. Les esclaves ont également apporté avec eux le patrimoine culturel propre à la race noire, qui malgré les mauvais traitements et les misères qu’elle a dû supporter (les tunnels et les cellules sont là pour en témoigner), a su établir et créer ce qui constitue aujourd’hui un ingrédient essentiel de notre musique et de notre folklore. Beaucoup des héritiers de cette culture afroaméricaine se trouvent aujourd’hui dans les localités de San Luis et San Vicente de Cañete.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga
http://caneteartenegro.blogspot.com/

Reconnu comme un élément clef de la formation de la culture afropéruvienne, SAN LUIS DE CAÑETE fut créé par l’arrivée des esclaves du Sénégal, de la Guinée, du Congo et de l’Angola transportés pour travailler dans les propriétés agricoles aux 17ème et au 18èmes siècles. Établi comme district en 1871, San Luis dépend des les semences agricoles. Il comprend les hameaux de Arona, La Quebrada, Casablanca, La Huaca et Santa Bárbara. Ses Saints patrons sont San Luis et Santa Efigenia. Ses habitants se caractérisent par leur hospitalité et leur joie. La ville est située à 6 Km au nord de Cañete.
‘Children should learn about Africa year-round’
By Patricia Thangaraj
Children should be taught about Africa throughout the year and not just once a year during African Heritage Month in February.
This is according to Judith Gill, Head of the General Studies Department at St. Leonard’s Boys’ School, who was speaking at the Zone 5 Schools African Month Exhibition at her school
yesterday.
She noted that one of the ways this can be done is to implement elements of Africa into the regular, day-to-day school curriculum. Gill highlighted that activities such as reading African novels in English Literature; using African images in Art class; learning about the great African scientists and what they invented in Science classes; learning about African scholars and their beliefs in General Studies; and learning about the history of various African countries are all ways students can be taught about Africa and African culture.
“We have to stop behaving as if history began with Columbus and acknowledge the past greatness of African surgeons, scientists and other professionals,” said Gill, who gained most of her knowledge in this area from Tempu Nefertari of the Pan-African Commission and Thelma Gill-Barnette.
Additionally, she stated that it is especially important for children of African descent to learn about the history of this continent, because you cannot move forward unless you know about where you came from.
“If you do not know about your history, then how can your learn from past mistakes?” Gill asked.
She also quoted Jamaican pan-Africanist, orator, journalist and entrepreneur, Marcus Garvey, to support her point: “A man without history is like a tree without roots.”
Unfortunately, she said, since this is something that has not been done on a wide scale level in the schools, it will take “a lot of work”. However, it would be well worth it because it will lead to a greater understanding and appreciation of African culture and a greater knowledge of African history, apart from the negativity of slavery, Gill stated.
Approximately 11 primary and secondary schools took part in the exhibition and show. These schools were: Eagle Hall Primary, Eden Lodge Primary, Grazettes Primary, Hindsbury Primary, Hill Top Primary, Wesley Hall Primary, West Terrace Primary, Westbury Primary and St. Leonard’s Boys’.
The celebrations included exhibitions on the Trans-Atlantic Slave Trade, African art, clothes and materials and African and African-American leaders, as well as songs, dance and drama honouring Mother Africa.
http://www.barbadosadvocate.com/newsitem.asp?more=local&NewsID=1829
Le premier Iraquien noir candidat à des élections
Par QASSIM ABDUL-ZAHRA –
BASRA, Iraq (AP) — Il se surnomme lui-même le "Obama Irakien " et espère avoir la même veine que le Président Barack Obama en devenant le premier Irakien noir à remporter une élection. Salah al-Rekhayis vit dans une ville au Sud-ouest de Basra du nom de Zubayr, et avec l’aide de son manager de campagne qui n’est autre que sa sœur et de son frère, il a collé des pancartes invitant les citoyens à voter en sa faveur lors de l’élection provinciale de ce Samedi. Il marche dans les rues négligées de sa ville, se penchant pour saluer les enfants avec un large sourire, et un espoir chaleureux pour lui, confiant en sa grande ambition de remporter l’un des 35 sièges en jeu à Basra. Al-Rekhayis est l’un des deux millions d’Irakiens environ ayant des racines africaines — et l’un des quelques 800 vivant dans sa ville. Selon al-Rekhayis, les noirs n’ont jamais eu le droit de se présenter à aucune élection en Iraq ou même d’occuper des postes de pouvoir important que ce soit au niveau politique ou dans des entreprises du pays. Jusqu’à présent. "C’est à cause d’Obama que j’ai décidé de me porter candidat. Nous avons tous les deux des racines africaines," indique al-Rekhayis. "Nous n’avons jamais eu les mêmes opportunités que les autres Iraquiens dans le passé, mais Obama m’a inciter à me lancer après qu’il ait pris la tête du pays le plus puissant au monde.»
Al-Rekhayis, un employé municipal affirme qu’il n’avait pas l’argent pour mener une campagne totale. Sa maison — un espace de trois chambres décrépi avec très peu d’équipements et une photo de Barack et de Michelle Obama dans le salon— a été transformé en un bureau de campagne improvisé. Il dit qu’ils ont été si impressionnés par la campagne d’Obama et sa victoire qu’il a créé un petit parti du nom de Mouvement des Iraquiens Libres et il s’est présenté sous sa bannière. Il dit qu’ils ont déjà créé une liste de candidats noirs potentiels pour poser leurs candidatures aux prochaines élections iraquiennes. "Quand nous avons su qu’Obama était noir en le voyant à la télé, nous avons commence à suivre les infos à son sujet avec attention," déclare al-Rekhayis. "Nous avons fait la fête lorsqu’il a remporté les élections."
Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://www.google.com/hostednews/ap/article/ALeqM5gldTVMweazYGFI9mvIH5IC4tQpWwD9611KCO0 | |
Afroargentins : Chronique d’une résistance annoncée
Par Juan Pablo Suaqué
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga
La deuxième moitié du 19ème siècle marque en Argentine le début d’un projet de pays dans lequel nos ancêtres n’étaient pas inclus. Ce projet était basé sur un idéal blanc, cimenté forgé à l’image des puissances européennes. C’est dans ce contexte que l’histoire officielle construisit l’oubli des afroargentins en nous condamnant au silence,
Cependant, nos ancêtres continuèrent leurs différentes organisations (parmi elles, les nations), grâce auxquelles nous conservons les pratiques culturelles qui nous identifient en tant qu’afrodescendants argentins d’origine coloniale. On retrouve parmi elles le candombe argentin (dans sa version Buenos Aires), différente et antérieure à la version de Montevideo.
C’est dans ce cadre social adverse que nous nous sommes retirés de la pratique du candombe de la scène publique, en la cultivant uniquement dans le cercle familial, les plus âgés étant responsables de le transmettre aux plus jeunes générations, dans une promesse de continuité.
Ainsi, nous les jeunes et les plus anciens afroargentins d’origine coloniale avons décidé de redonner le prestige au candombe - que nous ne devons jamais abandonner- sur la place publique. C’est ainsi qu’en l’honneur de l’héritage des anciennes nations, nous nous sommes organisés pour la conservation, la transmission et à présent l’exposition de notre culture. Dans ce sens, nous avons créé en 2006 le groupe Bakongo et en 2008 la Comparse de Carnaval et l’Association Misibamba. Communauté Afroargentine de Buenos Aires.
Même si avec autant de savoir, ils ont parlé de notre mort et de notre disparition comme un fait accompli, nous allons désormais parler nous-mêmes. Nous voulons annoncer que le candombe argentin vit en nous et avec lui nos ancêtres ; qu’il est latent dans notre peau saignante d’injustice, en nos pieds -les mêmes qui les ont fait marché vers les guerres de l’infamie-, dans nos regards pleins de joie et d’exil forcé , en nos tambours et en nos corps, en nos esprits…il vit pour l’éternité.
Juan Pablo Suaqué: Présidente de l’Association Misibamba. Communité Afroargentine de Buenos Aires http://bakongocandombeafroargentino.blogspot.com
bakongocandome@gmail.com
http://www.revistaquilombo.com.ar/revistas/43/q43.htm
La communauté méconnue des Afro chiliens

Cristian Baez, de Lumbanga
La vallée d’Azapa à Arica abrite encore les descendants d’esclaves africains qui arrivèrent en Amérique durant la Colonie. A cela s’ajoute la venue à Santiago d’afrodescendants latino américains qui ont décidé de s’établir dans le pays, de se marier à des chiliens et de donner naissance à une nouvelle race : les « afromapus ».
Bemba. Mondongo. Lampa. Rumba, zamba, mambo. L’arrivée des esclaves noirs en Amérique s’accompagna aussi de celle de leur langue. Le quimbundo, langue la plus parlée d’Afrique centrale influença plusieurs mots de l’espagnol de la vice-royauté. Ces mots résonnèrent à un moment à Arica où les noirs libres s’établirent dans les vallées fertiles une fois l’esclavage aboli.
A la fin de la guerre du Pacifique, et après le début la campagne de “chilénisation d’Arica”, on considéra que tous ces mots étaient étroitement liés au Pérou. On commença alors à les éliminer ou à les supprimer de la langue. Ainsi la « lampa » devint « pala » et le « mondongo », la guatita.
Arica fut à une époque, l’un des ports dans lesquels accostaient des navires remplis d’esclaves provenant du Congo, d’Angola et du Mozambique. De là-bas, ils étaient conduits sur les plantations de coton, aujourd’hui inexistantes qui nécessitaient leur main d’œuvre et dans les mines de la région. Certains arrivaient même jusqu’à Potosí en Bolivie.
Cristian Baez Lazcano, leader de l’association des Afrodescendants “Lumbanga”, raconte que le travail que fournissait ce groupe humain était une telle réussite, qu’au 16ème siècle même, on installa des pépinières d’esclaves à Azapa. On s’assurait qu’un étalon grand et sain veillait à perpétuer l’espèce avec des femmes fertiles.
Au fil des années et malgré la longue période d’esclavage, beaucoup de noirs commencèrent à se lier sentimentalement à des autochtones et eurent des descendants. C’était l’apogée de la vice-royauté, et le mélange d’indigène et de noir fut connu sous l’appellation négative de “mulato”/ mulâtre, mot qui dérive de mulet, cet animal de transport qui est un mélange de cheval et de l’âne.
La robustesse de la race originaire d’Afrique leur permirent de résister aux maladies qui touchèrent autant les conquistadors que les autochtones. Paludisme et malaria avaient raison des blancs et les noirs étaient employés à les soigner ou à les enterrer puisqu’ils n’étaient pas contaminables.
L’intérêt pour cette facette peu connue de l’Histoire du Chili date de longtemps chez les chercheurs. De fait en 1957 l’historien Gonzalo Vial présenta une étude intitulée « L’africain dans le royaume du Chili » (El africano en el reino de Chile) comme thème de mémoire pour l’obtention de son diplôme.
Combien en reste t-il ?
Selon des chiffres officiels, avant la guerre qui opposa le Chili au Pérou, la population noire dans la ville d’Arica dépassait 57%, alors que dans la Vallée d’Azapa, ils atteignaient même 95%.
. Après que ce territoire devint chilien, les habitants commencèrent à se blanchir car être noir à 100% ne leur facilitait pas la vie. Aujourd’hui on ne connait pas leur nombre.
D’après Cristián Báez, chilien afrodescendant, ses ancêtres, même libérés de l’esclavage étaient aussi discriminés. « Tout ce qui était noir était relié au Pérou. Même moi dont les traits ne sont pas si négroïdes, parfois les gens me demandent si je suis péruvien ou bolivien », dit-il.
“Lumbanga”, l’association que dirige Cristián, signifie « quartier de noirs », et était le nom que l’on donnait au secteur d’Arica où vivaient des gens de couleur. Cette appellation a également disparu du langage chilien.
Le nom du maître
Lorsque les grandes exploitations agricoles d’Arica commencèrent à accorder la liberté à leurs esclaves noirs, par reconnaissance, les affranchis prirent le nom de leur « maître ».
C’est ainsi que de la parcelle de terre d’Antonio de Los Rios, est née la famille Rios. Apparaissent aussi les familles Baluarte, Albarracin, Bravo et Zavala.
Cependant, d’autres étaient nommés en fonction de ce qu’était leur situation (d’esclaves). C’est ainsi qu’apparurent par exemple les Corbacho qui signifie « fouet d’esclaves ».
L’ancienne hacienda des Rios, partagée en petites parcelles entre ses nouveaux propriétaires, se situe à présent au 6ème km de la route qui mène à Azapa. Durant la guerre entre le Chili et le Pérou, le maître de la plantation, Juan Rios, alors habitant du Pérou, la céda à un ami chinois pour que ce dernier l’administre, tandis que lui abandonnait le territoire. Quelques temps après, il revint à Arica, prit la nationalité chilienne et récupéra sa terre.
Francisca Rios de Sanchez, l’une des onze enfants de Juan, est aujourd’hui la propriétaire de ce terrain fertile, rempli d’olives qui permettent de faire vivre la famille.
Sur sa chevelure grisâtre et crépue, elle porte un foulard, et a la peau sombre et les yeux couleur d’olive. A première vue, on pourrait penser qu’elle vient de la Caraïbe ou des Antilles. Mais sa façon de parler n’est pas très différente de celle de n’importe quel habitant de Santiago.
Âgée de 76 ans, Francisca fait partie dudit Conseil des Anciens, constitué des Afrodescendants les plus âgés, lesquels se chargent de rassembler toutes les traditions de leurs ancêtres. Leurs souvenirs ont permis de reconstruire des lieux et de sauvegarder des célébrations issues des siècles passés.
C’est de là qu’est née ladite « route des esclaves », allée touristique qui part précisément de la plantation des Rios pour se terminer à San Miguel d’Azapa, et montre les petites cases de terre cuite et les instruments utilisés pour la récolte du coton.
Dans l’allée, on trouve aussi la maison des Lopez Baluarte, où l’on conserve la Très Sainte Croix de Mai (Cruz de Mayo), ancienne idole des afro-chiliens, que ses dévots conduisent en procession. Comme le faisaient leurs grands parents, ils lui offrent les récoltes de l’année, pour que ces dernières soient fructueuses.
Tout récemment, les associations d’afro descendants chiliens –tels Lumbanga, Chile negro et Arica Negro- ont entamé des négociations pour obtenir une meilleure reconnaissance de la part du pays. Un recensement est prévu en 2010, afin de pouvoir comptabiliser tous les afro descendants chiliens, de sorte que le gouvernement sache qu’ils ne sont pas peu nombreux.
Bien que jeunes, certains sont déjà de grandes figures de la télé.
Maria Eugénie est chilienne. A 18 ans, elle a connu un danseur nigérian dans une discothèque, ils tombèrent amoureux et cela fait 9 ans maintenant qu’ils sont ensembles. Ils ont aujourd’hui trois enfants. Tous aux traits africains, tous chiliens, tous égéries publicitaires à la télévision.
Henry, l’aîné, âgé de 8 ans, a participé il y a deux ans à un spot publicitaire pour une chaîne de magasins dans laquelle cinq enfants montraient “le meilleur des 5 continents”. Ses deux autres frères ont suivi son chemin, même si c’est pour des publicités de produits du marché étranger.
Maria Eugenia, la mère, raconte que les gens s’arrêtent toujours pour les regarder dans la rue, et que bien qu’ils soient aussi chiliens que n’importe qui, on remarque une différence. « Cela devient bien vite incommodant parce que les gens sont peu soucieux. Il arrive que des inconnus passent et les touchent en pleine rue et, évidemment que parfois ça gêne ».
Malgré tout, elle reconnaît n'avoir jamais ressenti de discrimination envers ses enfants, et elle essaie de comprendre quelque peu l’étonnement des gens. « En fin de compte, l’on doit comprendre que ce n’est rien d’autre que de la curiosité », souligne t-elle.
Traduit de l’Espagnol par Diana Bernadotte
Les afrodescendants au Mexique : Processus de construction identitaire…
Processus de construction identitaire, conditions de vie et discrimination Une étude comparative des communautés.
Par Rebecca Dominguez/ Monica Maccise/ Florence Leze, Alberto Romero, Jorge Tello
Objectifs : Analyser les processus de construction identitaire, les conditions de vie, et la discrimination. Réaliser une étude comparative des communautés d’afrodescendants au Mexique.
Méthodologie :
Tous les pays d’Amérique Latine incluent dans leurs recensements des références aux peuples indigènes (questions associées à l’auto-identification ou à la langue). Par contre, lorsqu’il s’agit d’identifier et de comptabiliser les populations afrodescendantes, deux types de difficultés apparaissent : d’une part, c’est seulement au Brésil et à Cuba que dans les recensements des questions sont posées sur les traits physiques (race et couleur). Dans d’autres pays comme le Costa Rica, l’Équateur, le Guatemala et le Honduras, on applique le critère de ‘‘ groupe ethnique’’ qui permet d’identifier les afrodescendants. D’autre part, lorsque les recensements enquêtent sur la variable race/couleur, les réponses varient en fonction de la conscience que l’interviewé a de sa négritude. Prenant en compte ces difficultés, on estime que la population d’afrodescendants en Amérique Latine est comprise entre 120 et 150 millions de personnes, ce qui correspond à 30% de la population totale. Au Mexique, on estimait la population afromexicaine à environ 450 000 personnes pendant les années 90.
Hypothèse :
L’hypothèse centrale qui guide cette recherche est que l’expérience de vie de l’habitant afrodescendant est qualitativement et quantitativement différente de celle des autres groupes sociaux, parce qu’il possède une culture distincte, et par conséquent, les phénomènes complexes comme la pauvreté, la discrimination et l’interaction sociale entre autres doivent être étudiés non pas en des termes absolus, mais relatifs répondant à cette spécificité qui les détermine avec des modalités dans des contextes différents. Il faut également tenir compte du fait que ce sont les expériences historiques de l’ethnicité, de même que les régions dans laquelle ils se trouvent qui détermineront leurs diverses modalités dans les contextes distincts du Mexique.
Enquêtes de Référence :
Enquête sur les populations afrodescendantes au Mexique : Oaxaca, Guerrero, Veracruz.
Enquête réalisée par le Service de Recherche Appliquée et d’Opinion de l’Institut de Recherches Juridiques de l’UNAM (Área de Investigación Aplicada y Opinión del instituto de Investigaciones Jurídicas de la UNAM) pour le Conseil National pour la Prévention de la Discrimination. 497 questionnaires individuels effectifs ont été réalisés dans les domiciles auprès de personnes âgées de 15 ans et plus dans diverses communautés des états de Oaxaca, Guerrero et Veracruz. Un échantillon de type probabiliste, stratifié, à plusieurs phases et avec une probabilité proportionnelle à la taille de la localité a été conçu.
Résultats Obtenus :
À partir de cette enquête, il s’est avéré que pour surmonter les inégalités, les gouvernements doivent ‘‘formuler des politiques dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi et de la propriété de la terre qui permettent un accès effectif aux droits économiques, sociaux et culturels.
Pour orienter ces politiques, un point de départ important est l’amélioration des instruments de collecte de données – recensements et enquête de foyers – par l’inclusion d’une série de questions standardisées sur l’ethnie.
Surmonter la discrimination ethnique-raciale rentre dans le travail de construction d’une opinion de citoyenneté pour accéder aux conditions de respect de leurs droits collectifs et améliorer leurs conditions de vie.
Comment surmonter la discrimination ethnique-raciale et penser l’intégration en Amérique Latine et dans les Caraïbes?
La discrimination et l’exclusion sont un processus historique et dynamique qui peut être réorienté par l’État et les politiques publiques dans un sens qui permet d’atteindre les conditions de base d’équité pour les afrodescendants, inspiré par la dynamique propre des ces groupes, par leurs possibilités et leur potentiel d’auto-développement et par leur logique et leurs connaissances.
Conclusions
Au Mexique, on ne dispose pas de critères pour capter les afrodescendants. Le manque de données relatives à leur nombre exact, à leur situation économique et sociale et à leur expérience de la discrimination dans des pays comme le Mexique a des conséquences importantes: il empêche la formulation de politiques publiques ou de programmes visant à améliorer leur condition économique et sociale.
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga
http://www.waporcolonia.com/abstracts/63-dominguez-otros.pdf
…
La CONAMUNE, une organisation de femmes AfroÉquatoriennes
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Les femmes afrodescendantes d’Amérique Latine et de la Caraïbe forment une population d’environ 80 millions de personnes. Compte tenu de ce chiffre, on pourrait penser qu’il est difficile de les dissimuler, pourtant elles ont été rendues systématiquement invisibles dans l’histoire pendant des siècles. Et même de nos jours, les pays qui envisagent des politiques publiques dans lesquelles sont considérées les conditions, les besoins et les caractéristiques spécifiques des femmes noires sont rares. De fait, jusqu’à présent, de nombreux pays ne disposent pas de recensement avec des données statistiques classées par catégories ethnico raciales. Étant donné que la majorité des pays d’Amérique Latine et de la Caraïbe ont des constitutions ou des lois interdisant la discrimination raciale ou de genre, le racisme se manifeste à travers les préjugés, la négation des racines culturelles de leur passé africain et les formes sociales de discrimination. Les femmes noires ont joué un rôle dans la gestation du mouvement féministe latino-américain, peut-être pas dans le nombre, mais à coup sûr dans le militantisme. C’est là qu’est né l’espace de réflexion et d’analyse de la question ethnique et raciale qui a eu un résultat concret avec la création de la Maison de l’Identité de Femme Afro (Casa por la Identidad de la Mujer Afro), en 1989 en République Dominicaine. Actuellement, dans toute l’Amérique Latine et la Caraïbe, de nombreuses organisations de femmes noires ont vu le jour devant la nécessité d’ouvrir des espaces dans les sociétés. Tel est le cas de la Coordination Nationale des Femmes noires en Équateur (Coordinadora Nacional de Mujeres negras en el Ecuador - CONAMUNE), organisation de la société civile née en 1999 et dont l’objectif est de générer, de soutenir et d’impulser la consolidation de l’unité des femmes noires, en renforçant la formation politique et le développement productif individuels. La CONAMUNE, contribue à l’éducation, la formation, la participation politique et au développement productif de la Femme Noire, et cherche à renforcer son potentiel, et ainsi démontrer ses capacité dans divers secteurs pour contribuer au développement du peuple noir dans sa façon d’être particulière. La CONAMUNE est présente dans les 10 provinces suivantes: Esmeraldas, Guayas, Los Ríos, El oro, Carchi, Imbabura, Pichincha, Pastaza, Sucumbíos et Orellana. Les membres de cette organisation sont convaincues que par la formation et le développement économique et par leur participation active, les femmes noires réussiront à faire que chacune d’elle prenne conscience et définisse le rôle qu’elle souhaite jouer et doit remplir dans la société. Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga |









