11 janvier 2012

Le Festival Kamba Kua pour la survie de la culture afroparaguayenne Assomption, 9 janvier (EFE) .- La culture africaine tente de

 

Assomption, 9 janvier (EFE) .- La culture africaine tente de survivre au Paraguay avec l'incorporation du chant et du chœur dans le candombe qu’interprète depuis des décennies la communauté originaire de ce continent la plus ancienne dans le pays sud-américain.


kamaba"Avant, on interprétait la danse au  rythme des tambours, mais aujourd'hui le groupe  chante la musique afro-latino en faisant des chœurs et du  théâtre," indique à Efe Lazaro Medina,  directeur du groupe Ballet Traditionnel Kamba Kua.


Même si les afrodescendants du Paraguay sont dispersés dans plusieurs communautés non loin d'Asunción, celle de "Kamba Kua" est plus visible et son festival de musique et de danse en l’honneur du roi mage noir est une tradition, car il regroupe des  artistes bien connus.

Medina fait référence ici à la vocalisation introduite par la chanteuse  paraguayenne Mariví Vargas lors de la 21ème édition du Festival Kamba Kua qui s'est tenue le week-end dernier devant des milliers de personnes.

La communauté Kamba Kua (refuge de noirs en guarani) est située sur à la limite séparant Fernando de la Mora et San Lorenzo dans la banlieue d'Asuncion, et est la plus représentative des anciens esclaves qui avaient intégré  la garde menée en exil par le héros Uruguayen José Artigas (1764-1850).

"Le ballet en tant que groupe a une histoire de 30 ans, mais aujourd'hui nous fêtons 21 ans de ce festival, la grande fête Kamba, et si nous en sommes là, c’est que les gens sont intéressés et participent", indique  Medina,  membre d'une saga famille, qui a pris la relève de l’organisation de l’événement avec le temps.

Lazaro est le fils de Santiago Medina, qui, malgré ses 93 ans prend part à la fête dans un fauteuil roulant, et qui est l’oncle de plusieurs jeunes qui participent au ballet "pour –dit-il- conserver cette tradition que nous qualifions d’afroparaguayenne."

kamba1"J’espère pouvoir vivre encore plusieurs années pour continuer à participer à la célébration de mes origines ", déclare le nonagénaire à Efe en rappelant qu'il n'y avait rien de plus important que la célébration de Saint Baltasar à l’époque où il appartenait au ballet.

Le groupe est composé d’une trentaine d'adultes, mais font également partie du spectacle des dizaines de jeunes et d’enfants qui avant de monter sur la scène doivent passer par une école de danse qui canalise l’apprentissage familial.

"Nous nous battons pour la préservation de la culture, en enseignant aux enfants, aux jeunes pour qu'ils puissent continuer à maintenir cette tradition, de manière à empêcher qu’ils subissent la discrimination", affirme  Lazaro Medina, en soulignant que le chant "va si bien " au groupe qu'il dirige.

Pour sa part, Mariví Vargas, dont le groupe ajoute également la guitare et le cajón au spectacle, explique que l'idée de cette fusion "est de contribuer  à la visibilité de la culture afroparaguayenne", en ajoutant des mesures de la galopa, un rythme local, ou de la musique créole péruvienne qu’elle joue lors de ses concerts en solo.

La chanteuse a au départ composé deux chansons avec le Kamba Kua, mais le répertoire en commun est passé à quinze titres après que les Nations Unies (ONU) ont déclaré 2011 comme Année Internationale des Afrodescendants.

Un extrait de l'émission "Negritud de Colores" a été diffusé en 2011, année du Bicentenaire de l'Indépendance du Paraguay, dans le cadre d'une tournée promotionnelle à  l'intérieur du pays, mais sa présentation officielle est programmée pour la fête des Rois.

"C'est en quelque sorte un concert didactique, où les gens peuvent apprécier la culture afroparaguenne, afrolatinoaméricaine", déclare Vargas, qui conclut en disant qu’elle adore  les  "Kamba Kua" qui la motivent à  "chanter ou faire des chœurs."

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

 

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14 décembre 2011

Les cicatrices de l'esclavage en Amérique Centrale

ScienceDaily 

 

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La diaspora des afrodescendants au Mexique et en Amérique Centrale prend de nombreuses formes, comme le reflètent les noms utilisés pour les désigner tels que  Noirs Coloniaux, Afro-Antillais, Garifuna.  Les statuts et les niveaux de reconnaissance sociale et d'intégration sont très divers et cela distingue les pays de cette région de ceux du reste du continent Latino-Américain. Des chercheurs de l'IRD et leurs partenaires (1) impliqués dans les programmes AFRODESC et EURESCL (2) étudient la construction historique de ces communautés, qui se sont développées de vagues successives de migrations et de leurs identités.

 Trois cents ans d'esclavage, du  16ème siècle au 19ème siècle, ont laissé leurs cicatrices. Après l'abolition, il y a eu l’exclusion, qui a amené les descendants d'esclaves à migrer vers les grands centres d'emploi autour de couronne des Caraïbes. Ils représentent désormais une seconde diaspora et font l’expérience de l'inégalité et de la stigmatisation persistantes. À la différence du Brésil et de la Colombie, symboles de multiculturalisme, la "question noire" au Mexique et en Amérique centrale n'a pas attiré un fort intérêt des politiciens et des chercheurs.

 

 Du 16ème siècle à la fin du 19ème siècle, les bateaux négriers ont sillonné l’océan Atlantique au service du commerce triangulaire entre l'Europe, l'Afrique et les Amériques. Ce commerce d'esclaves a déporté des millions d'Africains à travers l'Atlantique. L’abolition progressive de l'esclavage au cours du 19ème  siècle a émancipé des hommes et libéré les consciences. Cependant, 300 ans de traite négrière ont laissé des cicatrices encore visibles aujourd'hui. 

 

Ces événements traumatisants ont fortement façonné la construction historique et l'évolution contemporaine des sociétés dans lesquelles prévalent l'inégalité et l'exclusion, comme en Amérique Latine. Le statut social de l'Atlantique Noir, le terme utilisé pour cette diaspora des Afrodescendants est une question centrale dans le débat politique, dans un contexte de racisme et de discrimination persistants et de questions de métissage interracial, de multiculturalisme et d'identité. 

 Allant au-delà des sentiments de culpabilités des sociétés occidentales, les chercheurs de l'IRD et leurs partenaires (1) impliqués dans le AFRODESC et programmes EURESCL (2) étudient comment l'esclavage et son abolition ont marqué les nations présentes, la reconnaissance des communautés noires et les politiques mises en œuvre dans chaque pays.

 L’exemple déterminé par le Brésil et la Colombie

 Depuis les années 1980, deux pays ont attiré toute l'attention des chercheurs sur le multiculturalisme en Amérique Latine: le Brésil et la Colombie (3). Ces états sont comme des laboratoires du multiculturalisme, qui expérimentent des changements sociaux et politiques d'envergure au cours du 20ème siècle. Plus récemment, en s'inspirant de ces modèles, d'autres pays Latino-Américains comme l'Équateur, ont commencé à mettre en place des mesures pour une intégration plus poussée et l'accès aux ressources et aux services (comme la terre, l'éducation et les emplois). D'autres, comme la Bolivie, ont même introduit des changements encore plus radicaux.

 En Amérique centrale: une situation plus complexe

 Par contre, les situations dans l'isthme du Mexique et d'Amérique Centrale sont caractéristiquement différentes. Le débat a longtemps été dominé par les problématiques concernant les populations indiennes autochtones. Mais, même il y a quelques années les communautés d'afrodescendants n'avaient toujours pas de présence politique réelle. Par ailleurs, ces pays ne cadrent pas avec les schémas classiques de recherche et d'analyse des chercheurs -allant de la négation des Afrodescendants en passant par la négligence de  leur reconnaissance. Même liés par une histoire régionale commune, ils présentent une image hétérogène complexe découlant de fortes spécificités nationales.

 Une seconde diaspora

 Jusqu'à présent, cette grande diversité de situations et  l'immobilisme relatif des politiciens signifiaient que ce qu'on appelle la "question noire" n'avait pas stimulé un grand effort de la recherche internationale. L'équipe de recherche portent désormais toute son attention sur une   une communauté appelée la "seconde diaspora," qui n'est plus seulement liée à la traite négrière et à la colonisation, mais plus récente, et provenant d'une deuxième vague de migration économique.

 Après l'abolition, même si les descendants d'esclaves étaient désormais émancipés, le plus souvent ils n'avaient pas accès à la terre ou aux emplois. De la fin du 19ème siècle et jusqu'à la moitié du 20ème  siècle, ils allaient  migrer des îles (Jamaïque, Barbade, Cuba, Haïti, Martinique, Guadeloupe, etc.) mais aussi de la partie continentale (Belize, Honduras) de partout dans les Caraïbes pour travailler dans les plantations de bananes, pour la construction du canal de Panama, en foresterie ou dans la construction ferroviaire.

 Ces  secteurs d'emploi importants ont été fortement développés au Mexique et en Amérique centrale du fait de l'influence capitaliste des États-Unis dès la fin du 19ème siècle, qui ont peu à peu remplacé les puissances coloniales européennes. Plus récemment, cette diaspora est devenue davantage impliquée dans l'industrie touristique, comme force de travail mais aussi pour promouvoir la valeur d'une culture afro-caribéenne.

 Divers degrés de reconnaissance et de statut

 Les premiers à arriver, les descendants des esclaves ou les hommes noirs libres associés à la colonisation, appelés les Coloniales Negros, font désormais partie des sociétés locales, avec des identités et des niveaux d'intégration économiques différents dépendant de l'histoire nationale particulière.

  Cependant, pour les migrants économiques des alentours des 19ème -20ème  siècles, également connus sous le nom d'Afro-Antillais, des problèmes spécifiques de  citoyenneté se posent encore. Enfin, le Garifuna, une communauté transnationale (4) qui descend des populations indigènes et des communautés noires, représentent un cas particulier. Leur statut est ambigu, et ils se considèrent comme les seuls Noirs du continent américain à n'avoir jamais connu l'esclavage. En fait, ils sont une proportion des descendants des rescapés d'un  naufrage de navires négriers. Cette diaspora se rallie désormais autour d'une patrimonialisation de sa culture et DE son histoire.

 Les Noirs Coloniaux, les Afro Antillais, les Garifuna et d'autres communautés: les projets d'AFRODESC et d'EURESCL ont relevé ces multiples diasporas au Mexique et en Amérique centrale, nées des rivalités coloniales européennes et du capitalisme américain du 19ème siècle. Mais pour ces communautés, bien que l'esclavage est devenu une référence parmi d'autres, elle reste l'une des bases fondamentales d'identité et continue de leur nuire à travers le racisme et l'exclusion dont elles font l'expérience.

 Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

 

(1) Ces études ont été menées par le Centre d'Études Mexicaines et Centraméricaines (CEMCA), l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH), le Centre de Recherche sur l'Amérique Latine et la Caraibe (CIALC) de l'Université Nationale Autonome de México (UNAM), le Centre de Recherches et d'Études Supérieures en anthropologie sociale (CIESAS) à Mexico, Université de Cartagena en Colombie, CNRS, Université de Nice, Université Paris Diderot et le Centre international de Recherche sur l'Esclavage (CIRESC).

 

(2) AFRODESC -- Afrodescendants et esclavages : domination, identification et héritages dans les Amériques (15ème-21ème siècles) et EURESCL -- 'Slave Trade, Slavery, Abolitions and their Legacies in European Histories and Identities'

 

(3) Voir les programmes 'Identités, migrations et urbanisation des populations afrocolombiennes' (Univalle-IRD, Colombia, 1997-2000), 'Identités et mobilités' (CIESAS-ICANH-IRD, 2002-2006) and 'Identités métisses, catégories métisses' (Universidad de Cartagena -- Observatorio del Caribe Colombiano -- IRD, 2004-2007)

 

(4) Aujourd'hui, les Garifuna vivent au Belize, au Honduras, au Guatemala, au Nicaragua et aux États-Unis.

 

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10 décembre 2011

À la recherche de l'empreinte des afrodescendants à El Salvador



| PAR REDACCIÓN DIARIO LA PÁGINA
Le procureur pour la Défense des Droits Humains et le Secrétariat de la Culture, 
avec le soutien des Nations Unies ont réalisé l'événement“Presencia de afrodescendientes
en El Salvador: retos para la construcción de la diversidad cultural” ( "Présence des
afrodescendants à El Salvador: Défis pour la construction de la diversité culturelle)".



salvador1
 
Pendant l'événement, Carmen Rosa Villa, représentante régionale du Bureau du 
HautCommissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme du Bureau Régional
pour l'AmériqueCentrale a fait une présentation sur le multiculturalisme et les droits
  humains.WolfgangLopez Effenberger du Secrétariat à la Culture, également présent
comme conférencier a analysé la présence afrodescendante dans la littérature 
salvadorienne, en particulierdans le conte“Punce negroideque se quería cheliar”,
tiré de Cuentos de Cipotesécrit par Salvador Salazar Arrue (Salarrué)en 1945.
De plus, Maria Elba Herrera et africainHerbert Erquicia ont disserté sur son héritage et
son patrimoine culturel au Salvador. Une exposition identifiant la présence et la contribution
de ce groupe de population dans le pays a été inaugurée.Cette activité se dérouledans le cadre
 de l'Année internationale des Afrodescendantsdéclarée par l'Assemblée généraledes Nations
 Unies le 10 Décembre 2010, Journée des droits   humains.

 L'événement qui s'est tenu ce 8 Décembre soutient également des revendications comme des
 actionsaffirmatives en faveur des droits humains.Partout dans le monde, et pour commémorer 
cette année,on a encouragé l'intégration des personnes afrodescendantes dans les aspects politiques,
 économiques, sociaux et culturels de la société, et les actions ont été mises en place afin
de promouvoir une plus grande connaissance et un plus grand respect de la diversité de
  leur patrimoine et de leur culture.
"Cette année internationale nous offre l'occasion spéciale de redoubler les efforts en 
vue de combattre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et les formes 
connexes d'intolérance qui affectent les afrodescendants de partout", a déclaré Navi Pillay,
 Haut Commissaire aux Droitsde l'Homme de l'ONU.Lors du recensement de la population
 de 2007, environ 7.000 Salvadoriens et salvadoriennes se sont identifiés comme afrodscendants.

Il y a un an, le Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale a reconnu
que El Salvador avait une opportunité historique de reconnaître l'existence et les droits de cette
population, et particulièrement pour éliminer la discrimination raciale et il a pressé l'État
Salvadorien à accepter sa multiculturalité et d'adopter dans sa législation une définition de
la discrimination raciale selon le droit international des droits humains.

 Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
 
http://www.lapagina.com.sv/cultura/59634/2011/12/10/En-busca-de-la-huella-de-afrodescendientes-en-El-Salvador
 
 

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06 décembre 2011

Juan de Dios Mosquera : "la Colombie ressemble à son équipe de football, et non à son Gouvernement de blancs."

 

En Amérique latine et dans les Caraïbes, il y a 150 millions de personnes de descendance africaine. Le colonialisme dans l'exercice du pouvoir et le racisme régnant dans la société maintiennent  25% des Latino-Américains et Caribéens dans la pauvreté et l'exclusion. Une nouvelle forme d'esclavage sans les chaines.  Nous avons échangé avec  deux leaders de la Colombie et de  l'Équateur.

afroPar Paco Gómez Nadal

L'Institut d'Études Politiques pour l'Amérique Latine et l’Afrique (Instituto de Estudios Políticos para América Latina y África - IEPALA) a récemment présenté un travail  monumental: l'Atlas des Afrodescendants en  Amérique Latine (Atlas de Afrodescendientes en América Latina). Une radiographie écrite et cartographiée  de l’histoire honteuse de l’esclavage et de la triste réalité contemporaine de l'exclusion.

L'Atlas est important car il rend visible une population dont on sait peu de choses. Les recensements ne spécifient pas, dans la majeure partie des cas, combien il y a  d’afrodescendants, et par conséquent, on ne connait pas bien leur situation. Un rapport du PNUD et du Secrétariat Général ibéroaméricain, reconnait que  " l'invisibilité [des afrodescendant ] ne se réduit pas seulement  à des variables numériques, mais s'étend à des modes de vie, des coutumes, des rites, des contributions artistiques, scientifiques, culturelles et idéologiques".


Otramérica a profité de la semaine de sensibilisation sur la situation des Afrodescendants organisée par l’IEPALA pour parler en profondeur  avec deux leaders des mouvements afrodescendants en  Colombie et en Equateur.

 

Colombie… football ou politique?

Juan de Dios Mosquera, directeur national du Mouvement pour les Droits Humains des Communautés Aafrocolombiennes (Movimiento por los Derechos Humanos de las Comunidades Afrocolombianas - Cimarron), est catégorique lorsqu’il dénonce le fait que dans son pays, la Colombie, rien n'a changé " la mentalité coloniale persiste et ce sont  les descendants des esclavagistes qui détiennent le pouvoir. "


atlasDans l’interview vidéo que nous diffusons, Mosuerra   parle de l'exclusion dans tous les secteurs en Colombie (gouvernement, entreprise privée, éducation ...) et n’épargne personne : les créoles, la coopération internationale, l'Église catholique ... Pour le mouvement Cimarrón , les afrodescendants  sont condamnés tant qu’ils ne seront pas  "ciblés par des politiques", tant que l’éducation ne sera pas renforcée, tant que la porte de la participation politique réelle ne sera pas ouverte, et tant que le pays ne sera pas décolonisé.

La réalité est que les  besoins de base de 80% des Afrocolombiens ne sont pas satisfaits et  76% d’entre eux vivent dans la pauvreté (Becerra et Buffa, 2006). Et il ne sont pas peu nombreux, puisqu’on estime qu’entre 19 et 21% des Colombiens sont afrodescendant , mais ils ne sont représentés par ce pourcentage dans aucune instance. Mosquera affirme donc dans ce sens que "la Colombie ressemble[concernant le poids des afrodescendants ] à son équipe de football, et non à son Gouvernement de blancs." Mais la société colombienne préfère rester dans les clichés : "Le noir est bon pour la culture, le sport et le sexe, telles sont ses limites." Ces préjugés et une éducation essentiellement coloniale ont démobilisé de manière permanente les afrodescendants  et fait qu’ils se  "se satisfont  de l'aumône." La route vers le "développement humain des afrodescendants " requiert "des politiques publiques claires, un soutien ciblé et des  réparations, car autant le  gouvernement colombien que les  Européens doivent accepter et réparer les dommages profonds causés à nos peuples."

 

Le discours volé

En Équateur, les choses ne vont pas mieux. Même si,  comme le dit Edizon León, spécialiste du Centro Ecuatoriano de Desarrollo y Estadios Alternativos (CEDEAL)  que la reconnait que «la légalité» du pays a reconnu  depuis 1998 l'existence des afroéquatoriens, la volonté politique concernant les minorités demeure bornée.

Et on reparle de football. "Quand l'Équateur a réussi à se qualifier au Mondial pour la première fois en 2002,  la plupart des joueurs étaient afrodescendants et c’est de là qu’a commencé à changer la perception négative et raciste des Équatoriens envers nous." La " folklorisation" du fait afrodescendant est générale en  Amérique Latine, le respect de son histoire, de son patrimoine et de sa contribution à la construction des républiques indépendantes est nul.

La population afroéquatorienne dépasse le million de personnes et représente presque  8% de la population de l'Équateur. La plupart vivent dans la région d'Esmeraldas, à la frontière de la Colombie.


León croit que le moment est critique. D'une part, parce que "le gouvernement a pris toutes les revendications des mouvements africains et autochtones et les a incorporées dans la nouvelle Constitution, mais il n'y a pas de réelle volonté de les exécuter." Edizon León estime que c’est un pas en avant, mais aussi un piège car, le pouvoir coopte des leaders, fait du chantage et menace. La participation se fait  par décret en Équateur.


"Certains leaders afrodescendants ont crû au conte." Si, selon le chercheur social, le  gouvernement a fragmenté le mouvement indigène et a criminalisé les critiques, avec les afrodescendants, les choses sont quelque peu différentes.


"Plus d'aide nous parvient, mais il n’y a pas de reconnaissance des questions de fond, comme l’est le droit au territoire."


León insiste sur le fait que la situation est critique à Esmeraldas. "Si, avant nous étions considérés comme un refuge  pour le repos des guérilleros et des paramilitaires, le conflit se déroule désormais pleinement  dans notre région." Mais en plus, le gouvernement pousse les populations au déplacement puisqu’il veut encourager à Esmeraldas les mégaprojets agroalimentaires qui se heurtent fortement à la gestion traditionnelle du territoire par les afro-équatoriens.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

 http://otramerica.com/temas/la-hora-de-los-afrodescendientes/723

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27 novembre 2011

Sur 10% d'afrouruguayens, aucun dans tout le pays n'est parlementaire ni directeur d'école secondaire

Sur 10% d'afrouruguayens, aucun dans tout le pays n'est parlementaire ni directeur d'école secondaire

MONTEVIDEO, Uruguay (UPI) -- L'Uruguay est un pays raciste comme semblent le démontrere la série de témoignages et d'artciles de presse qui abordent le thème de la discrimination raciale que subit la population afrodescendante .

afrouruguayosIls ne jouent pas aux sports d' "élite", une grande partie de la société uruguayenne s'identifie et jouit du produit de la culture des afrodescendants . Ils représentent 10% de la population, mais on ne retrouve pas 10% d'entre eux parmi les universitaires, ni chez les membres du parlement. À l'école et au lycée ils se sentent discriminés, et un seul d'entre eux à réussi à occuper une fonction gouvernementale. La majorité d'entre eux a pour eux destinés les emplois les moins qualifiés, ils gagnent moins que la population non afrodescenante. Ce sont là quelques exemples donnés par le journal La República du 27 novembre. 

En Uruguay, malgré le fait que l'abolition de l,esclaavage ait eu lieu très tôt, certaines choses n'ont pas changé. Même s'ils sont 10% de la population uruguayenne, la représentativité ne se voit pas dans les fonctions de pouvoir. Le quota politique exigé par la communauté afro concerne aujourd'hui les femmes. Les 10% d'afrodescendants ne sont pas reflétés  sur les 120 législateurs du pays. De leur ensemble, aucun n'est afrodescendant.Il n y a pas non plus 10% d' universitaires, de professeurs, d'ambassadeurs afrodescendants. Cependant, presque la moitié du personnel policier et domestique s'identifie comme afrodescendants, selon l' INE.

Carmen Lepre, professeure de langue espagnole à la Faculté des Humanités et des Sciences de l'Éducation indique qu' "il y 'a une série de facteurs qui indiquent la discrimination quand on dit à une personne qu'elle est noire qui est noire,morena ou afrodescendante,puisqu'un blanc, on ne l'appelle pas  'blanc'". Elle estime qu' "il y a un problème dans l'inclusion des groupes minoritaires qui sont intégrés par ceux qui n'appartiennent pas au groupe considéré comme celui représentant  la 'normalité'".

Inspectrice de la langue espagnole, elle a de plus indiqué à La República qu'elle visite  " beaucoup de lycées, et je n'ai pas vu un grand nombre de professeurs noir, non seulement dans la matière que j'enseigne, mais de manière général ". Pour le Secondaire, il est indiqué que même si les enseignants noirs ne sont pas comptabilisés, on reconnait qu'il n'y a aucun directeur afrodescendant dans tout le pays.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

http://espanol.upi.com/Noticias-destacadas/2011/11/27/En-Uruguay-slo-los-blancos-progresan/UPI-50041322394239/
LATAM: Reportage (drm)

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23 novembre 2011

Negra & Beautiful : défis uniques des Afrolatinas

 

Par Damarys Ocana - Latina.com

Les ironies frustrantes qui vont avec le fait d’être Afro-Latina frappent Yuly Marshall avec une régularité étonnante: Au travail dans un hôpital de Miami, les patients hispaniques de la technicienne en radiologie d'origine cubaine supposent en général qu'elle est Africaine-Américaine, et lui demandent : "Où avez-vous appris à parler l'espagnol comme ça? " ett expriment leur surprise, et même leur scepticisme – à l’idée  qu’elle soit vraiment Latina. D'autres fois, ses collègues Latinos dénigrent les Africains-Américains devant elle avec des phrases comme: “Qu’est ce qu’on peut  attendre des Noirs?" et puis se retournent vers elle et lui disent, comme pour la complimenter : "Mais tu n'es pas comme ça. Tu es des nôtres. "

afrolatinaLorsque Marshall évoque les problèmes raciaux avec des collègues Africains Américains, ils lui disent souvent qu’elle n’a aucune véritable idée de ce que c’est que d’être noir. Pourtant, il y a quelques années, quand Marshall sortait avec un Latino noir de peau plus claire, les parents de l’homme lui ont demandé de rompre à cause de sa peau foncée. "Ils lui ont dit de trouver une fille blanche afin de adelantar la raza ", affirme Marshall, en utilisant une expression qui signifie quelque chose comme «faire avancer la race» en se mariant avec une personne au teint plus clair pour reproduire des enfants plus clairs de peau que soi-même.


"Parfois, je me demande quand est-ce que ça va prendre fin?
", indique  Marshall, qui est âgée de 31 ans. "Mais j'aime ma couleur de peau. Dieu m'a créé ainsi, et je suis tout aussi bonne que n'importe qui d’autre. "

Selon les militants  et les spécialistes Afro-Latinos, ce sentiment sain de fierté et de conscience de soi est peut-être en hausse chez les jeunes Afro-Latino américains, malgré le type de racisme voilé, l'ignorance et de déni -de la part des Latinos et des non-Latinos aussi - qui peut transformer le quotidien en un défi pour Marshall et pour d'autres.

Une partie de l’explication est peut-être qu’il y a plus que jamais des afroLatinas ayant un profil de carrière de haut niveau que dans le passé -Dont Zoe Saldana, Lauren Vélez, Dania Ramirez, La La Anthony, Arlenis Sosa, Joan Smalls et Soledad O’Brien - et elles parlent haut et fort de leur patrimoine et de leur race. "En tant que Latina, je pense que nous devrions être très fiers de notre patrimoine", a déclaré Zoe Saldana. "On a tendance à rechercher des racines européennes et à rejeter celles autochtones et africaines, et c’est dégoûtant. Être Latino signifie être le mélange d’un tout. Je ne veux pas que mon peuple soit dans la précarité, et qu'il adore ce que nous sommes parce que c'est beau. "

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Zoe Saldana

Les AfroLatinas dans leur vie quotidienne se connectent les unes aux autres comme jamais auparavant, grâce à des groupes sociaux et à but non lucratif sur les campus universitaires de même que sur les sites de réseautage social. Sur Facebook, où il existe de nombreux groupes sur l'identité AfroLatina qui se targuent de compter des centaines de membres, même la page d'un documentaire jamais encore diffusé intitulé Afrolatinos: The Untaught Story compte quelques 1240 'j’aime' et attire d'intenses débats.

Et puis il y a des événements comme la conférence de trois jours en Novembre à New York, intitulée AfroLatin@ Now! Strategies for Visibility and Action organisée par un organisme à but non lucratif AfroLatin@ Forum avec El Museo del Barrio, la City University de New York et le prestigieux Schomburg Center for Research in Black Culture.  Au moment où l'on mettait sous presse, on tablait sur la présence de plus de 500 personnes.

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Joan Smalls

"Les gens s’identifient de plus en plus comme afro-latinos", explique Miriam Jimenez Roman qui a édité The AfroLatin@ Reader: History and Culture in the United States, une collection d'essais écrits par des écrivains afro-latinos ayant récemment remporté l’American Book Award. "Ils sont désormais conscients qu’une telle identité est possible."

Si cela semble étrange que certaines jeunes Latinas ne savent pas que c'est correct d'être noire et Latina, c'est à cause du déluge de messages contradictoires qu’elles reçoivent.

Sur les Africains esclavisés emmenés dans le Nouveau Monde dont on estime le nombre à 11 millions, dès la fin des années 1400 aux années 1860, la plupart furent destinés à  l'Amérique Latine et les Caraïbes, avec seulement quelques 645.000 qui se sont retrouvés aux États-Unis. "Alors quand on parle de la négritude, on parle en fait vraiment de l’Amérique Latine", affirme Jiménez.

Pourtant, alors que l'influence musicale et culinaire Africaine sur la culture Latino est souvent célébrée, l'expérience Afro-Latino dans plusieurs pays d'Amérique Latine a souvent été mise sous silence. En République Dominicaine, par exemple, le gouvernement a encouragé à un moment donné les Noirs à utiliser le terme “Indien“ au lieu de 'noir' pour se décrire, en partie comme une façon de se distancer de leurs voisins haïtiens. Le Mexique n’a reconnu officiellement son important patrimoine d'ADN Africain que récemment, même si son deuxième président était Afro-Mexicain et qu’à un moment donné, le nombre d’esclaves dépassait celui de leurs maîtres espagnols.

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Lauren Velez de la série  "Dexter"

De nombreux pays latino-américains ont moins insisté sur la race pour une autre raison, selon Arlene Davila, Ph.D., professeur d'anthropologie de l'Uuniversité de New York  "L'identité nationale était supposée éclipser l'identité raciale," dit-elle, soi-disant pour rendre tout le monde égal. On a amené les Latinos noirs à penser que le fait de claironner leur race les rendait moins Cubains, par exemple, même si en réalité, le pouvoir politique et économique appartenait aux citoyens de peau claire.


Les immigrants apportent  ce bagage avec eux aux États-Unis, et en acquièrent davantage lorsqu'ils sont exposés aux relations raciales Américaine - qui ont tendance à être en des termes noir et blanc crus, avec peu de place pour de possibles identités Afro-Latinos . "Beaucoup d'enfants grandissent dans des foyers où ils vivent cette vie latino qui est très fondamentalement blanche, car vous avez des parents qui amènent avec eux des préjugés négatifs au sujet des Africains Américains", explique Yvette Modestin, directrice de l'organisation à but non lucratif  Encuentro Diaspora Afro basée à Boston. Pour se différencier selon Modestin : "Leurs parents s'accrochent à leur Latinité à tout prix, s'imaginant qu'ils rendent les choses plus faciles pour leurs enfants. Et ce n'est pas le cas. Ils rendent les choses plus difficiles. "

 Malgré les Latinas ayant un profil de carrière élevé qui réussissent à Hollywood et dans d'autres industries, ce qui empire les choses c'est que l'on voit rarement des Latinas noires dans des films jouant de Latinas noires (beaucoup d'actrices Noires Latinas jouent des Africaines Américaines à l'écran) et dans les publicités, qui dépeignent généralement les Latinos comme ayant une nuance de peau marron claire. Selon Modestin, cela a pour effet de créer chez les Afro-Latino est la création un "monde très schizophrénique" dans lequel beaucoup ne sont pas compris ou sont rejetés.


Lors des ateliers que Modestin organise  pour les Afro-Latinos des collèges et lycées, les enfants sont invités à marcher autour de la salle tandis que Modestin leur pose des questions sur eux, y compris leur composition raciale. "Depuis toutes les années que je fais  cela, il n'y a jamais eu un moment  je n'ai pas eu devant moi une jeune afro-latina qui s'arrête de marcher quand on lui demande si  elle est de descendance africaine ", explique Modestin. "C'est 'je ne sais pas", même si l'enfant est  visiblement de descendance africaine. "

 L'inspiration pour le programme provient de la propre expérience de  Modestin qui s'ajustait à la vie aux États-Unis alors qu'elle venait d'arriver à la Northeastern University en provenance directe de son pays natal, le Panama. "Je venais d'une famille fortement et fièrement  afro-panaméennes et une fois ici, d'autres Latinos m'ont absolument rejetée", dit-elle. "Je me suis dit, "Il faut qu'on en parle . "


afrolatina_soledad

La journaliste Soledad O'Brien de CNN

 

Elle a commencé à parler dans les universités, puis elle a fondé Encuentro, un lieu où les Afro-Latinos et d’autres de descendance Africaine pouvaient explorer et célébrer leurs origines. Le mois dernier, elle a parlé devant le Congressional Black Caucus des défis que les Afro-Latinos affrontent et des alliances qui peuvent être façonnées entre les Latino et les Africains Américains. Actuellement dans la quarantaine, Modestin porte les cheveux naturels et se pare souvent de vêtements Africains et Afropanaméens – en partie dit-elle, comme une manière de remettre en question les préconceptions des Latinos sur ce qu’est être une Latina.

 Elle affirme tout de même  "Il ya des jours où c'est plus facile de ne pas dire que je suis panaméenne, car ainsi, je n’ai pas à m'expliquer. Et ces jours-là, ma tête me fait mal, j'ai mal au ventre, parce que dans ces moments je ne me déploie pas telle que je suis dans mon ensemble. "

 Marshall n'a jamais vécu un moment où elle ne s’est pas sentie totalement Afro-Latina. Ses parents s’en sont assurés. “Ils m'ont élevé en disant:" La couleur ce n’est que la couleur. Vous êtes ni plus ni moins que quiconque " , dit-elle. “Vous ne regardez pas la couleur, vous regardez la personne telle qu’elle est de l’intérieur." C’est ce que je fais. "Et c'est exactement ce que beaucoup comme elle commencent également à faire".

Traduit de l'anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

 http://www.latina.com/lifestyle/our-issues/negra-beautiful-unique-challenges-faced-afro-latinas

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Riches Afrobrésiliens et racisme

Siège de la Central Globo de Produção dans la Zone Ouest de Rio de Janeiro. Studio G. L'acteur Lázaro Ramos, vedette de la telenovela Insensato coração se repose sur un sofa. Il est vêtu élégamment, avec une touche informelle: chemise bleue, montre argentée, mocassins noirs. Maquillage, lumières, caméras. André Guler - personnage joué par Lazaro entre en action. Il se lève. Il regarde Bob Fisher - joué par Petrônio Gontijo. Et il parle, en esquissant un sourire malicieux : "Cette femme est une vraie bombe, hummmm." Un Beto raffiné - veste beige, yeux bleus - éclate de rire. "André Guler, tu es un monstre. Une autre femme pour ta collection? ". André sourit. Il sait qu’il est l'un des hommes les plus convoités du pays: un riche et beau designer. Il est au sommet du monde.

lazaroAndré Guler pourrait n’être qu’un personnage de plus. Un prototype du triomphateur qui remplit les feuilletons brésiliens depuis la nuit des temps. Mais un détail le transforme en quelque chose d'inédit: il est noir. Noir et prospère. Dans les années soixante, les actrices noires interprétaient des rôles d’esclaves ou de domestiques. En 1984, le baiser entre les acteurs Marcos Paulo (un blanc) et Zézé Mota (une noire) dans Corpo a Corpo provoqua une commotion nationale. André Guler est noir. Et très riche. Pour la première fois, le dandy le plus plus influent du quotidien brésilienl – celui du feuilleton de 21h 00-ne correspond pas à l'idéal blanc de descendance européenne.

Un détail dans la carrière de Lázaro Ramos, un des principaux acteurs du pays, explique l'évolution de la question raciale. En 2003, il a joué le rôle d’un autre André, dans El hombre que copiaba, un pauvre homme qui falsifiait les billets avec une photocopieuse. Noir = pauvre. Noir = voleur. Un personnage à la limite marginal. Jusqu'à tout récemment, dans la réelle-fiction brésilienne, les noirs ne réussissaient que dans les secteurs qui leur étaient réservés: le football et la musique. Qu’est ce qui a changé pour qu’émerge quelqu'un comme André Guler? Est-ce un reflet de la nouvelle réalité socioéconomique? Lázaro affirme que "quelque chose a changé." Les chiffres renforcent la théorie de l’ascension sociale des Noirs et des métisses (comme se définissent dans le recensement au Brésil les métisses d’un noir et d’une autre ethnie).

En 1999, seuls 7% des Noirs étudiaient à l'université, en 2009 ils étaient 28%. Le taux de croissance des revenus de la population noire entre 1998 et 2008, selon la Fondation Getulio Vargas, a été le triple de ce que l’on notait chez les Blancs. Actuellement, 53,5% des Noirs appartiennent à la classe moyenne. Et 14% du 1 % des plus riches de la population sont noirs (presque le double par rapport à 1999). Le Brésil, dernier pays dans les Amériques à avoir aboli l'esclavage (1888), a-t-il finalement atteint la démocratie raciale que Gilberto Freire, le sociologue du métissage, idéalisa dans Casa-Grande & Senzala en 1933?

Ascension. Monde réel, le Brésil au ras-du-sol, centre historique de São Paulo. Solange Aparecida -51 ans, quatre enfants, sourit comme une star de cinéma, au siège de l’ONG Educafro. Deux journalistes l’interviewent pour un bulletin d'information en prime time. Ce n’est pas pour rien: en quelques années, elle est passée du statut de mère au foyer dans un quartier pauvre à célèbre chef. " Ce fut un processus difficile. J'ai étudié la cuisine à Morumbi (quartier riche), entourée de filles élitistes qui me critiquaient parce que je suis noire ", affirme Solange. Elle a très vite trouvé du travail comme cuisinière pour une famille riche. Son rêve l’attend désormais au prochain carrefour : elle sera le chef d'un nouvel hôtel à São Paulo. Solange a été la première personne au Brésil à avoir bénéficié du programme de bourses ProUni du gouvernement Lula, qui offrait des avantages fiscaux aux universités privées qui acceptent un noir, un amérindien ou des pauvres. "Il a changé ma vie. Pour moi, Lula a été hyper important ", dit Solange.

Quand elle parle, le moine franciscain David Frei, celui qui a transformé Educafro en un navire amiral de la lutte raciale, sourit fièrement. " Le Brésil est en train de grandir. Les blancs et les Noirs commencent à comprendre l'importance de la diversité" , dit-il. Bien sûr, le prêtre militant ajoute sans faire de mystères: " Au Brésil, il y a encore beaucoup de racisme." Mais il reconnait les progrès. Il parle de Lula. De la Loi, 10 639 de 2003 qui a inclus dans les écoles une matière sur l'influence historique de l'Afrique. Il évoque le Secrétariat spécial des politiques de Promotion de l’Égalité Raciale (Seppir) que Lula a créé. Et il met l'accent sur la politique des quotas dans les universités publiques de la loi 3627 qui depuis 2004, réserve un pourcentage minimum de places aux étudiants noirs ou indiens. "C'est une justice historique. Plus de la moitié des Brésiliens se considèrent comme noirs ou métisses. Il y a dix ans presque qu’aucun noir n’allait à l’université. Maintenant, il y en a des centaines de milliers. Cent soixante-deux universités publiques ont adopté des politiques de quotas. Ils sont temporaires, mais nécessaires" , déclare Frei David avec véhémence.

ricos_brasilCependant, les quotas, inspirés par la politique de discrimination positive des États-Unis dans les années soixante, ont provoqué une véritable tempête. Un ouragan anti-quotas a déferlé au Congrès. Dans les médias. Dans les rues. On a recueilli des signatures pour que le Tribunal Suprême Fédéral les invalide. Les blagues sur les étudiants inscrits par leur biais s'appréciaient à la hausse. Pourquoi y eut-il tant de rejet? Frei David parle d'une expérience qu'ils ont réalisée dans une crèche avec des fillettes de 4 ans. Ils ont mis au sol des poupées blanches et des poupées noires. " Aucune ne voulait les noires!"affirme-t-il. Il affûte alors sa langue. Il tire sur tout. Sur le lobby culturel. Sur la publicité qui utilise uniquement des modèles blancs. Sur la différence de revenus entre Blancs et Noirs. " Le blanc pauvre d’une favela est moins discriminé que le noir. Après 388 années, le Brésil a libéré ses esclaves, mais n'a rien fait pour les intégrer", nuance-t-il.

Marginalisation Séculaire. Exploitation. Le discours de David Frei est imprégné d'un ressentiment historique à digestion lente. Mais parsemé d'optimisme. Peut-être pour cela, il écoute avec tant de passion une dream team de noirs émergents réunis au siège d'Educafro. La plupart ont bénéficié des bourses que l’ONG offre dans les universités. Ana Rita Carvalho a cessé d'être une femme au foyer pour étudier à l'Université Pontificale Catholique de Rio de Janeiro. Leandro Dias, un jeune gaillard de 22 ans, a décroché un poste de cadre junior à la Banque Santander après avoir étudié la pédagogie. Mais peut-être Douglas Alexandre Ferreira, 21 ans, représente le mieux l’ascension des Noirs au Brésil, lui qui est entré à l'université sélecte de Sao Paulo (USP) grâce au système des quotas.

Du dernier étage de l’historique édifice Banespa, avec la jungle urbaine de Sao Paulo à ses pieds, Douglas médite sur sa carrière. En plus d'étudier à l'USP, il travaille au Tribunal de Justice de l'État de São Paulo. Il vit dans un quartier pauvre, Parque Savoy City, mais il côtoie les membres de l'élite blanche. " Ça a été important que Lula nomme pour la première fois un noir (Joaquim Barbosa) comme ministre du Tribunal Suprême Fédéral", explique t-il. Même s'il considère comme indéniable l'ascension de la la population noire, Douglas estime qu'il existe un "racisme voilé." Il parle de ses parents. De comment lorsqu'ils "voyagent en avion au Brésil, on les reçoit bizarrement ." Il mentionne les offres d'emploi dans les annonces classées qui demandaient une " bonne présentation" (être blanc). Nous avons des problèmes, dit-il, "même pour prononcer le mot noir." Au Brésil, le mot noir peut devenir offensant. On l'adoucit souvent en utilisant neguinho. Le mot preto (noir, littéralement) est beaucoup plus dur. Encore une fois, le diminutif l'arrange. Le "preta preta, Pretinha" de la chanson de Novos Bahiaos fut un hit du tropicalisme. Preto est par contre utilisé, comme une arme de dénonciation, comme avec le musicien Ivo Meirelles dans Tà faltando Preto na Televisão (il manque des noirs à la télé). Afrodescendente (Afrodescendant) se consolide dans les cercles politiquement corrects. Même si, ce qui est frappant c'est le fait que l'on utilise davantage l'euphémisme moreno.

- Je veux devenir président. Je peux le faire.

Douglas commence soudainement à parler de Martin Luther King. De Barack Obama. "Je vais être le premier président noir du Brésil", précise-t-il. Ce que Douglas ne sait pas c'est que le Brésil a déjà eu un président afrodescendant. Nilo Peçanha qui a occupé ses fonctions en 1909, était né dans une favela et participa intensément à la campagne pour l'abolition de l'esclavage en 1888. Cependant, il a passé à l'histoire comme blanc.Comme noir pâle. Les peintres dépeignaient Nilo Peçanha comme presque blanc. À peine Barack Obama arrivait au pouvoir dans la dernière ligne droite de l'ère Lula, le Brésil a commencé à réclamer la négritude de Nilo Peçanha, "le premier président noir d'Amérique."

Les hommes d'affaires. Gil Santos-57 Ans , directeur et partenaire fondateur de Negocias Ltda - incarne le modèle du self-made man. De la personne humble qui a évolué en travaillant avec ténacité. Et plus que cela : il est un exemple pour tous les afrodescendants. "Nous agissons dans le marché financier, du télémarketing à la rechercher de crédits internationaux", dit-il. Gil a grandi en entendant les commentaires ironiques de ses compagnons de banque : "Si quelqu'un évolue dans cette banque, ce sera moi, qui ait les yeux bleus."Gil, une fois à l'apogée de sa réussite, ne renie pas ses origines modestes. "Je revendique toujours mon héritage afro. Curieusement, on traite le noir riche comme un blanc", explique Gil, entrevoyant un détail important: le racisme au Brésil a une teinte économique. Le racisme déguisé en classisme. Ou vice-versa.

Peut-être est-ce pour cela qu'il est si difficile de trouver des entrepreneurs noirs. Gil Marcos est une minorité. "De plus, la plupart ne veulent pas apparaitre dans un reportage comportant des éléments raciaux " explique Mauricio Pestana, directeur du magazine Raça. Le magazine a tenté d'interviewer Benedito Cesar Luciano, directeur de la boutique Fram Capital. Sans succès. De même pour Vinicius Pastana, un publiciste, qui vit dans le luxueux condominium d'Alphaville. Avec d'autres personnages, le rendez-vous s'est terminé en queue de poisson. Ou en excuse de dernière minute. Ce fut le cas avec Douglas Alexandre, le "futur président du Brésil." Avec Leonardo, le futur cadre de la Santander. Ou Viviane Barros Smith, qui étudie en diplomatie à Rio de Janeiro. Avec beaucoup d'autres encore. Au dernier moment, quelque chose les faisait reculer. D'autres parlaient, mais ne voulaient pas de photos.

La population noire a-t-elle des problèmes d'estime de soi? Pourquoi est il si difficile de parler de questions raciales avec les principaux concernés? Le dandy conquérant de ses riches dames Lázaro Ramos normalisera-t-il la situation? Daniel Neves, jeune travailleur aux ressources humaines de la Banque de Santander, fournit quelques réponses sans le prétendre. Il admire Lázaro Ramos. Il est fier d'être noir. Et il est en train de construire un rêve: "Briser le pont entre les classes sociales". Son collègue à la banque, Ricardo Carvalho, qui se déplace en fauteuil roulant à cause d'une balle qu'il a reçue, affirme qu'il ne perçoit pas "s'il ya vraiment beaucoup de racisme, peut-être parce que la plupart de mes amis sont blancs." Il explique que son ascension dans la banque a été lente, mais innarêtable et il est satisfait.

De la tranchée du pessimisme, surgit la voix d'Emmanuel Araujo, qui a révolutionné la Pinacoteca de l'État de São Paulo et dirige le Musée Afro-Brésilien. "Être noir, c'est toujours un stigmate. L'intégration ne dépend pas des noirs, mais des Blancs. Pourtant, beaucoup n'ont pas assimilé que ce musée afro se trouve dans ce bâtiment d'Oscar Niemeyer, par exemple", affirme Emmanuel. Il parle d'exclusion, de ségrégation. 16% seulement des habitants des banlieues riches de São Paulo sont noirs, selon le livre Racismo a la brasileña d'Edward Telles. Dans la zone sud de Rio de Janeiro, ville comptant plus d'afrodescendants, c'est pire , soit 15%. "Lázaro Ramos? Son profil est irréel. Il n y a pas de designers noirs" , dit Emmanuel.

Intellectuels. De la barricade de l'optimisme / du changement parle Ligia Ferreira, professeure à l'Université Fédérale de São Paulo. Elle a grandi dans un quartier pauvre. Elle écoutait le gospel et les slogans black power de son oncle. Et elle a été victime de discrimination. Adolescente, un jour, on l'a fait "monter par l'ascenseur des employés chez une amie." À la poursuite du rêve de sa mère, une couturière qui rêvait d'être Coco Chanel, Ligia est allée étudier en France. Elle est revenue avec un doctorat en linguistique de l'Université de la Sorbonne. Dans la cinquantaine, pouvait se vanter de la vie qu'elle mène. Elle profite de sa réussite académique, s'habille chic, commande le respect. "Il y a plus d'estime de soi chez les afrodescendants qu'il y a vingt ans. L'accès à l'éducation, grâce aux quotas, a aidé ", indique Ligia. Elle ne nie cependant pas les inégalités. "Il y a encore beaucoup à faire" dit-elle.Ligia fouille dans le passé pour expliquer cela . Et elle en sort la figure de Machado de Assis, écrivain le plus important du Brésil, fondateur de l'Académie brésilienne des Lettres. "Il était petit-fils d'esclaves, mais n'a jamais revendiqué qu'il était un mulâtre. Il occultait sa race", poursuit Ligia. Un noir de plus traité par l'histoire comme un blanc.


Le Brésil est-il vraiment le pays du métissage que l'on pense qu'il est ? Exite-t-il la démocratie raciale made in Gilberto Freyre? Ligia Ferreira rigole. Elle le nie. Elle continue de parler d'histoire. De la manière dont l'Estado Novo - la dictature populiste de Getulio Vargas proche du fascisme -a construit le nationalisme brésilien en embrassant ce qui le différenciait de l'Europe : le mélange des races. Dans les années vingt, cependant, primait la thèse de la suprématie blanche. Les lettres secrètes polémiques de l'écrivain Monteiro Lobato, l'un des pères intellectuels du Brésil, ont récemment été mises à jour. "Un pays de métis dans lequel le blanc n'a pas la force d'organiser un Ku Klux Klan est un pays perdu", écrivait-il en 1928.

Même Gilberto Freyre, avant d'inventer la thèse du pays de métissage, admirait le Ku Klux Klan dans ses lettres privées, publiées dans un livre récent de Leandro Narloch. Si José Vasconcelos revendiquait en 1925 la "race cosmique" et le métissage comme un signe d'identité du Mexique, Gilberto Freyre a créé peu après le concept de "démocratie raciale". "C'est faux: au Brésil nous n'avons jamais eu une démocratie raciale, juste une démocratie religieuse. Un jour, nous l'aurons effectivement! "affirme Ligia.

pretaSans-gêne et conclusion. Existe-t-il vraiment un alter ego de Lazaro Ramos dans la vie réelle? Le racisme subtil au Brésil est-il en voie d'extinction? À entendre Preta Nascimento sur la terrasse de l'hôtel exclusif Unique São Paulo , le racisme est bien sûr invisible. Preta, qui prononce son nom (noire) avec fierté, après une vie comme mannequin à New York et en Allemagne est entrée sur le marché du luxe. "J'ai aidé à apporter au Brésil les principales marques de luxe. J'ai gagné beaucoup d'argent", dit-elle. Elle marche avec confiance. Distribue les accolades. Même pas un soupçon de complexe d'infériorité. Bien au contraire. La vie lui sourit. Elle dirige un studio de design de mode.Elle est la coordonnatrice du Salon Casa Moda de l'Hôtel Unique. Elle a une centaine de plans. Mille. Un million. "Mon truc c'est le business" , précise-t-elle. La question raciale la préoccupe-t-elle? Non. Cependant, Preta, en utilisant son argument infaillible se révèle. Tout un traité sociologique qui résume des siècles d'histoire. "J'ai été adoptée par une femme blanche, élevée comme une blanche, j'ai de bonnes manières."

Le racisme voilé est-il en train de prendre fin au Brésil? L'ascencsion sociale des noirs est-elle imparable? Peut-être.Bien sûr, certaines personnes ont fui par méfiance ce reportage. Mais à la fin, quand il n'y a plus ni temps ni espace, surgissent des personnages métaphore qui résument le nouveau Brésil. Ils sortent du placard / e-mail. Ils veulent parler. Comme Janderson Rodrigues, qui vient de finir un Master en génie aéronautique et mécanique au prestigieux Instituto Tecnológico de Aeronautica (ITA). "Je construis des capteurs pour les fusées et les satellites. Mes parents sont pauvres. Ma mère est analphabète. Et je suis fier d'être l'un des rares afrodescendats de l'ITA", dit-il. Il apparait des héroines comme Ana-Lucia Maria qui, après beaucoup d'effort a grimpé jusqu'à la direction de Petrobras.

Mais peut-être la réponse est au niveau du sol. Dans le Brésil qui se reflète-et-se-cherche dans le feuilleton de 21 heures. Dans les rues. Dans les coins dépourvus du glamour de la télévision. Dans un studio de design du centre de Rio de Janeiro.Ricardo Campos, un mulâtre de 34 ans, pourrait être André Guler. Le profil existe. Il n'est pas irréaliste. Ricardo est plus formel. Père de famille. Et n'est pas aussi riche qu'André Guler. Mais c'est un designer à succès. Son entreprise, Ideia Café a développé des projets pour Petrobras ou pour l'Agence Nationale du Pétrole (ANP), parmi beaucoup d'etceteras. Dans son studio, près de l'Académie Brésilienne des Lettres fondé par le mulâtre Machado de Assis, Ricardo montre avec enthousiasme son travail. Sites Internet, blogs, objets. Il est fier de son travail. Le racisme? "Je connais peu de designers , mais ceux que je connais sont très bons ", dit-il. Il n'a aucun doute: l'avenir est prometteur. Le monde change, dit-il, "et les gens, aussi." Il se limite à parler d'estime de soi: "Les Noirs doivent tout simplement croire qu'ils peuvent réussir." Le Brésil est en train de changer.

Entre les murs semblent résonner une phrase de Lázaro Ramos, se répercutant dans l'histoire récente du Brésil, comme 'il s'agissait du début d'un nouveau livre écrit collectivement, le "Noir comme synonyme de pauvre, de footballeur ou de chanteur? Ça suffit. Parce que les clichés sont utiles jusqu'à la page deux, non? .... "

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com


http://www.lavanguardia.com/magazine/20111118/54238289561/negro-rico-y-con-estatus.html

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31 octobre 2011

Les AfroLatinos partout présents demeurent pourtant invisibles

 

 Luttes avec l'image de soi, une assimilation qui reflète l'expérience Noire américaine


Par Cynthia Griffin, Special pour NNPA de Our Weekly –
 

 blackL'an dernier au cours d'une discussion sur l'augmentation du nombre d'Africains Américains dans la Major League Baseball, le voltigeur de centre des Angels, Torii Hunter dans une interview accordée à USA Today a qualifié les joueurs Latino de peau foncée d' "imposteurs" et a déclaré qu'ils ne sont pas Noirs.

Les déclarations de Hunter mettent le doigt sur un problème qui explique en partie pourquoi la spécialiste Miriam Jimenez Roman organise une conférence de trois jours intitulée “Afro Latinos Now! Strategies for Visibility and Action,” du 3 au 5 novembre à New York qui constituera le plus gros effort du genre réalisé par son organisation, The AfroLatin@ Forum.

"C'est la première fois que nous réalisons un événement d'une telle envergure où nous discutons spécifiquement des AfroLatinos. Nous allons regarder la situation sur le terrain et là où nous voulons être, et il y aura un fort accent sur les jeunes, surtout ceux qui sont dans leurs années de collège. "

Jimenez Roman indique que la confusion démontrée par Hunter au sujet de la connexion entre les Africains nés en Amérique Latine et ceux nés aux États-Unis est particulièrement aigue pour les Afrolainos de 11 à 15 ans installés aux États-Unis. Dans le contexte d'une société raciste comme celle de l'Amérique, ils ne se battent pas seulement pour comprendre ce qu'ils ressentent par rapport à eux-mêmes, mais aussi sur la manière dont ils sont liés aux autres, particulièrement avec les Africains Américains.

Il y a des millions d'Afrolatinos en Amérique, qui vivent leur vie dans un contexte essentiellement "Noir", mais ils s'identifient comme blancs, à cause de la stigmatisation perçue dans le fait d'être africain américain, affirme Jimenez Roman qui est venue sur la Côte Ouest l'an dernier pour la promotion de son nouveau livre "Afro-Latino Reader", coédité avec Juan Flores. La publication de 584 pages, qui est née des notes que les deux professeurs rassemblaient toujours pour les cours qu'ils donnaient, explore les personnes afrodescendantes de l'Amérique Latine et des Caraïbes.


afrolatinos"Dans la communauté Latino, nous avons tendance à ne pas parler de race, c'est de mauvais goût d'évoquer la race et le racisme. Cela renvoie à l'idée de se plaindre. Si vous en faites une grosse affaire, vous devenez le problème, et on dit que vous jouez la carte raciale ", explique Jimenez Roman, qui est d'origine afroportoricaine, et qui a noté que lors des événements associés au livre, les Africains Américains étaient beaucoup plus réceptifs au lecteur que ne l'étaient les AfroLatinos.

Elle attribue cela à une dichotomie sur la race que de nombreux Afrolatinos expérimentent dans leurs pays d'origine.

"Il y a l'idée que la culture Latino est Métis et européenne et indienne, et les Noirs n'en font pas partie", indique la professeur, qui donne des cours sur la Race et l'Ethnicité, au sujet de la manière dont de nombreux pays Latino-américains s'identifient. En fait, les Latinos descendants d'Africains sont dans de nombreux pays depuis au moins 200 ans.

S'ils reconnaissent leurs citoyens noirs, Jimenez Roman affirme que les responsables diront "ils vivent tous sur la côte."

"Cela les isole. Ou en Bolivie, par exemple, il y a des communautés noires dans les montagnes. Ils sont totalement isolés et ignorés. "

Mais en réalité, les Afrolatinos se trouvent partout en Amérique Latine tout comme ils sont États-Unis, affirme la dirigeante du Forum AfroLatin @.

À Los Angeles, il y a une grande communauté de Garifunas et de nombreux AfroMexicains à Pasadena.

On retrouve principalement les Garifunas en Amérique centrale le long de la côte Caraïbe du Belize, du Guatemala, du Nicaragua et du Honduras, et ils sont des descendants d'esclaves naufragés qui se sont mariés avec les Indiens caraïbes sur l'île de Saint-Vincent.

Autant les Britanniques que les Français ont tenté de coloniser l'île, mais ils ont d'abord été repoussés par les habitants. Cependant, en 1796, les Britanniques ont été victorieux en prenant le contrôle et en expédiant les Caraïbes noirs à Roatan, une île au large de la côte du Honduras. Environ seulement 2500 d'entre eux ont survécu au voyage.

Comme l'île était trop petite et infertile pour supporter leur population, les Garifuna, à l'origine appelés Garinagu, ont demandé aux autorités espagnoles la permission de s'établir sur le continent. New York compte la plus grande population garifuna, fortement dominée par les Honduriens, les Guatémaltèques et les Béliziens. Los Angeles se classe deuxième  et est peuplée par les Garifuna du Belize.

La Cité des Anges abrite également un nombre croissant d'AfroMexicains qui ont à la fois une place contemporaine et historique dans la ville.

Selon Alva Stevenson, coordinatrice du Department of Special Collections de l'UCLA, qui a passé les 12 dernières années à faire de la recherche et à donner des cours sur les AfroMexicains, il y avait quelques AfroMexicains en Californie dans les premiers jours précédant l’entrée de l'État dans l'Union, y compris la famille Pico.

Deux des membres les plus éminents du clan Pico, Pio et Andres étaient impliqués de très prêt dans le développement de la région et de l'État. Les deux étaient des hommes d'affaires qui ont amassé des fortunes de leurs diverses entreprises, dont un hôtel au centre de Los Angeles.

Les deux ont également servi de personnalités politiques centrales-Pio comme le dernier gouverneur mexicain de Californie et Andres en tant que membre de l'Assemblée une fois que la Californie était entrée dans l'Union. Des rappels de leur présence aujourd'hui comprennent une artère importante, Pico Boulevard, nommée en l'honneur de Pio.

Leur grand-mère paternelle, María Jacinta De La Bastida, a été inscrite dans le recensement de 1790 comme mulata.

Stevenson indique que ce qui est important à noter est que la famille Pico était originaire d'une ville au Mexique, Sinaloa, où les deux tiers des habitants sont de descendance africaine. Et ce genre de mélange n'est pas inhabituel.

"En fait, un professeur a fait une étude de l'ADN (au cours des 20 dernières années) dans le nord du Mexique et a constaté que deux tiers des personnes vivant dans la région ont des ancêtres africains," affirme Stevenson.

Sinaloa était également l'une des secteurs d'où les 44 colons mexicains qui ont contribué à fonder Los Angeles sont venus. Environ la moitié de ces pobladores, comme on les appelait, étaient d'ascendance africaine.

Les Afro Mexicains contemporains ont émigré dans la région de Pasadena. La conjoncture économique difficile a également poussé de nombreux Afromexicains plus jeunes, pour chercher du travail, à émigrer vers le nord aux États-Unis, et Stevenson affirme qu'ils ont atterri dans des endroits comme Santa Ana dans l'Orange County et la région de Raleigh-Durham, NC.

Jimenez Roman ajoute que bien que les AfroLatinos sont partout aux États-Unis, il ya des poches plus importantes dans des régions comme Bay Area en Californie, en Louisiane (aidant à la reconstruction de la Nouvelle-Orléans), en Floride, à Detroit, à Chicago, d'autres parties du Midwest et des Carolines.

"Il ya une petite communauté d'AfroMexicains qui ont traversé la frontière pour immigrer et qui travaillent actuellement dans des usines de transformation dans les Carolines
", affirme Jimenez Roman, soulignant qu'on retrouve aux États-Unis des afrodescendants de la Colombie, du Panama, du Guatemala et du Brésil.

Pour l'artiste afrobrésilien Bakari Santos, son arrivée à Los Angeles n'était qu'une escale pendant un voyage sac à dos en Europe il ya 33 ans, il a rendu visite à un ami qui est maintenant l'ambassadeur des États-Unis au Niger. Il dit en riant: "
Je suis toujours en route vers l'Europe."

"Je suis venu ici et j'avais un visa de touriste, et j'ai trouvé un emploi au consulat brésilien
", déclare Santos, qui a fini en Amérique après avoir reçu un diplôme collégial en Biologie au Brésil. "J'ai passé 10 ans avec le consulat, puis après 10 ans, j'étais fatigué de travailler pour le gouvernement."

Santos a fait appel à son penchant artistique de longue date et a commencé à se concentrer sur l'idée de gagner sa vie grâce à son art.

"Il y avait très peu de Brésiliens dans la ville à l'époque, la communauté qui m'a vraiment aidé et m'a vraiment permis de bien me lancer c'est celle des africains-américains ", se souvient Santos, qui à l'époque dans les années 60 portait encore Afro.

Santos est un exemple des types d'Afrolatinos qui immigreront généralement Amérique, déclare Jimenez Roman - classe moyenne ou supérieure ayant les ressources pour voyager. Beaucoup d'Afrolatinos sont relégués au bas de l'économie en Amérique Latine et n'ont tout simplement pas les ressources nécessaires pour faire beaucoup plus que subsister.

Ils sont souvent ignorés, ajoute la chercheuse, qui affirme que l'invisibilité suit traditionnellement ceux qui sont capables d'immigrer aux États-Unis.

C'est l'une des raisons pour lesquelles il est en fait si difficile de déterminer exactement combien d'Afrolatinos se trouvent aux États-Unis. Cela explique aussi pourquoi l'AfroLatin@ Forum a lancé un partenariat avec le Bureau du Recensement Américain afin de promouvoir une campagne qui a exhorté les AfroLatinos à cocher à la fois les cases Latinos et Noirs.

"Lors du recensement de 2000, il y a eu 3 millions de Latinos qui ont dit qu'ils sont noirs; près de 2 millions d'entre eux vivent à New York", indique Jimenez Roman.

Mais ce n'est que la pointe de l'iceberg.

Comprendre la réalité de la vie en tant qu'afroLatino dans une Amérique très Noire et Blanche signifie reconnaître et parler du fait que plus une personne est claire, plus il est probable que cet individu dise qu'il est blanc, minimise, sous-estime ou ignore même ses racines africaines.

À l'autre extrémité du spectre, il y a les AfroLatinos plus foncés, qui selon Jimenez Roman vivent souvent dans ou à côté de communautés africaines américaines, se marient avec eux et adoptent l'identité africaine américaine.

Et puis il y a une troisième réalité explorée dans un documentaire d'une heure, “The Neo-African Americans,”  ("Les néo Africains Américains ") du cinéaste d'origine Ghanéenne Kobina Aidoo qui questionne l'identification ethnique dans le contexte d'une immigration rapide, volontaire d'Afrique et des Caraïbes (et d'Amérique latine) aux États-Unis qui transforme l'histoire "africaine-américaine" . Des Somaliens au Minnesota, aux Trinidadiens à New York, aux Afrocubains à Miami, aux Nigérians dans le Maryland, le terme "africain américain" signifie quelque chose d'unique pour chacun. Mais le film pose la question de savoir si ces personnes sont considérées comme des Africains-Américains.

 Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

 http://www.ourweekly.com/issues-archive/afro-latinos-everywhere-yet-invisible

 

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02 juillet 2011

La cause des afrodescendants en Amérique Latine se renouvelle

 

Par Marta Gómez Ferrals

 

 

La Havane (PL) Dans l'Année Internationale consacrée par l’ONU aux afrodescendants d'Africains dans le monde, la  région Amérique Latine assume le devoir historique de combattre la discrimination, ouverte ou voilée, qui persiste. 


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Environ 150 millions de descendants d'africains, 30 % de la population de l'Amérique Latine et des Caraïbes souffrent des conséquences de la pauvreté et de l'exclusion disproportionnée selon un rapport du PNUD datant de Février.

 Dans un article publié à cette occasion, l'organe des Nations Unies pour le développement a précisé que le Brésil est le pays comptant le plus grand nombre d'afrodescendants de la région, et aussi celui dans lequel on observe la plus grande fracture raciale en terme de pauvreté et d'éducation.

Le témoignage de l'activiste Verónica Villagra, une uruguayenne, recueilli dans ce rapport dénonce le fait que dans son pays les afrodescendants sont pauvres en majorité et font face aux défis d'un racisme renouvelé dans ses formes d'exclusion. 

 Les informations diffusées par la presse cette année témoignent du fait qu'en Colombie, 80% des besoins fondamentaux  de ce secteur de la population demeurent insatisfaits, avec de faibles niveaux de revenu par habitant, équivalent à un tiers de la moyenne nationale.

 

En Argentine, une nation qui a très longtemps nié la présence possible de descendants d'africains, les événements historiques têtus démentent ces conclusions.

 Selon chercheur Diego Buffa  de l’Université de Cordoba, au 19ème, il y a eu d'importantes communautés d'esclaves à Tucumán, Santiago del Estero et Buenos Aires.

Selon le professeur Buffa, dans la ville de Cordoue, on retrouve des  caractéristiques qui prouvent la présence de composantes génétiques africaines, dont on a voulu effacer l'empreinte et que l'on croyait disparus au 19ème  siècle.

La discrimination contre les afrodescendants n'est malheureusement pas de nos jours un phénomène propre à  quelques pays, comme ceux cités.

 Il est présent partout où se trouvent des descendants d'Africains, même de manière subtile et masquée, même là où il y a eu de grandes réalisations sociales et où existent des programmes favorisant l'égalité et l'inclusion de tous les citoyens.

 

C'est l'un des faits sur lesquels les chercheurs et les activistes défenseurs des droits insistent aujourd'hui.

L'histoire de la région a démontré que, malgré le tournant  que signifia au 19ème siècle l'abolition de l'esclavage qui s'est produite de manière ponctuelle dans les nations du continent, le fléau de l'exclusion sociale et de la stigmatisation est resté en vigueur.

Selon les experts, après l'indépendance des métropoles gagnée par l'Amérique Latine, le modèle État-nation de type européen s'imposa, basé sur sur une domination et une culture uniques, qui ne reconnaissait pas et persécutait même la spiritualité et la culture indienne et des descendants d'Africains.

Ainsi les anciens esclaves et leurs enfants furent de nouveau placés au bas des classes sociales des nations nouvellement émergées des processus libertaires, comme des êtres de catégorie inférieure.

 Et cette injustice historique s'est produite, malgré le fait que le travail esclave fut essentiel dans le colonialiaisme, en offrant une base fondamentale pour l'économie.

Et cela s'es produit et se maintient de plus, malgré les indéniables contributions culturelles que les enfants d'Afrique et métisses n'ont jamais cessé de faire, des ingrédients indispensables de tant d'identités nationales des Amériques.

Certains chercheurs, comme le Cubain Fernando Martínez Heredia, considèrent qu'au cours des 15 dernières années est allé grandissante la perception de la persistance du racisme et le rejet de ses graves implications.

Celui qui dirige également l'Institut Cubain de Recherches Culturelles Marinillo affirme que cette vague de prise de conscience implique des groupes de plus en plus larges dans un bon nombre d'institutions.

Les paroles qui précèdent ont été prononcées à l'ouverture d'une conférence internationale à La Havane organisée dans le cadre de l'Année Internationale des Afrodescendants promue par l'ONU.

Dans cette nation antillaise où la Révolution triomphante en 1959 a apporté des changements essentiels qui ont amélioré la vie des afrodescendants, on estime cependant que le combat contre les  les manifestations sournoise du racisme qui se chevauchent, au niveau de la conscience sociale ranimée au cours des dernières années.

La volonté politique du gouvernement cubain a été diaphane à ce sujet: toute expression de la discrimination  ou d'exclusion raciale, même dans leurs formes les plus voilées, est incompatible avec le modèle de société qui se construit dans la nation et ne sera pas admise.

De nombreux experts s'accordent sur le fait que pour la bataille finale contre les préjugés raciaux, en plus de la volonté politique requise, il faut travailler aux niveaux de l'éducation et de la culture.

Ce n'est qu'ainsi que se réalisera une pratique sociale solidaire, généreuse et inclusive qui efface à jamais les préjugés conservateurs et réactionnaires qui sous-tendent le racisme.

Le Venezuela, une autre nation latino-américaine comptant une forte composante de descendants de la Mère Afrique, prépare l'approbation d'une loi organique contre le racisme, comme un exemple de l'importance accordée au problème par la nation bolivarienne.

Le pays a récemment accueilli la IVème Rencontre Internationale des Afrodescendants : Transformations Révolutionnaires en Amérique Latine et dans  les Caraïbes, avec l'aide précieuse des experts en provenance de Cuba, de l’Argentine, de Colombie, du Ghana,  du Mali, le Brésil, Saint-Vincent et les Grenadines et Trinité-et- Tobago, entre autres.

Des signes qui démontrent que la prise de conscience est réelle, alors que l’on s’engage actuellement sur la voie des actions concrètes.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga  http://guyzoducamer.afrikblog.com 

 






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21 juin 2011

À Brooklyn, un hommage aux ancêtres africains morts durant le Passage du Milieu

 

Une pluie torrentielle. La perte de la sonorisation. Rien ne pouvait décourager les âmes résistantes réunies sur la promenade de Coney Island à l’occasion de la 22ème édition annuelle de l'Hommage à Nos Ancêtres du Passage du Milieu (Annual Tribute to Our Ancestors of the Middle Passage -Célébré le 11 juin dernier-).

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Ce rassemblement a lieu tous les mois de juin à Coney Island, Brooklyn, le site où quelques-uns des tout premiers navires d’esclaves amarrait autrefois. Là, sur la promenade, les participants honorent les dizaines de millions d'Africains qui, après avoir été enlevés de leurs patries, sont morts pendant la traversée de l'Atlantique - le passage du Milieu - leurs corps jetés dans l'océan.

L'hommage a débuté par une cérémonie de libation effectuée par Mdut SeshrAnkh et Mout Nfrt Ka Raet. Puis, il y a eu une invocation au tambour, dirigée par le maître des percussions guyanais Ménès de Griot et sa troupe Shanton, accompagnés du Congo Square Drummers et de nombreux autres joueurs de tambours ancestraux.

L’Hommage aux tambours de cette année s’adressait au Dr Manning Marable, à William Daly, à Nate Dogg et d'autres ancêtres récents, avec un souvenir particulier pour la Dre Mary Umolu, membre fondatrice du People of the Sun Middle Passage Collective, qui parraine cet hommage chaque année en collaboration avec Akeem Productions et le Medgar Evers College Student Government Association.

 

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Plus tard, Medgar Evers, président du Collège William Pollard a prononcé les noms de certains des ancêtres qui ont le plus compté dans sa vie car, comme il dit, "je ne peux pas citer les noms des 13 millions et plus selon les estimations, de nos ancêtres qui ont perdu leur vie dans le Passage du Milieu, mais je peux nommer quelques-uns des noms des descendants de ceux qui ont survécu et nous ont offert l'occasion d'être où nous sommes maintenant "

 

Parmi les noms qu’il a prononcés se trouvait celui de sa mère, Betty Pollard, et son mentor, John Hope Franklin.

Pollard a conclu ses remarques en remerciant particulièrement Tony Akeem, le principal organisateur de l’hommage annuel, et les nombreux autres qui l'assistent.

Comme toujours, la cérémonie d’hommage a présenté des performances enthousiasmantes de chanteurs, percussionnistes, danseurs et artiste de spoken word, dont Grandmaster Kham, Ngomo, Osagyefo, Dupree, le Crown Heights Youth Collective et le Congo Square Drummers and Dancers.

Même si la météo détrempée du jour a humecté les vêtements des personnes présentes, elle n'a rien fait pour les décourager. Tout au moins, elle a produit exactement l’effet contraire, en accroissant l’émotion pour ce à quoi les ancêtres qui ont survécu au Passage du Milieu étaient soumis, sans protection contre le froid, l’humidité et l’extrême chaleur.

Le moment le plus dramatique de la journée s’est peut-être produit juste au moment où la chanteuse, poétesse et percussionniste Jessica a terminé son spoken word profondément significatif intitulé "Can You Love Me?" qui, a-t-elle déclaré, demande: " Peux-tu m'aimer assez pour que se mette ensemble?" A peine avait-elle prononcé ses derniers mots que le ciel s'est ouvert et un torrent d'eau s’est mis à tomber.

Cette pluie de nettoyage venant du ciel, semblait rendre la connexion encore plus forte entre les gens rassemblés là et ceux dans le monde au-delà. Alors que l'hommage se poursuivait, plusieurs personnes étaient emportées par l'enthousiasme. Parmi lesquelles Jacklene qui a dit de son expérience que " C'était une bénédiction du très haut. Nous sommes bénis par les ancêtres, et c’est tellement beau de devoir le partager avec les uns avec les autres, mais on ne peut que le faire dans le droit chemin spirituel. "

Comme le coucher du soleil approchait, Michael Manswell de Something Positive, Shanto et les autres batteurs ancestraux ont conduit les participants jusqu'au bord de l'eau où Ménès de Griot a rendu hommage aux Olodumare, aux Egunguns et aux Orishas. Ce vibrant hommage a pris fin lorsque chaque participant a déposé des fleurs pour les ancêtres dans l'océan Atlantique.

Quand les gens ont fini de rendre hommage aux ancêtres et étaient prêts à partir, ils n'ont pas tourner le dos à l'océan, mais ont continué à lui faire face en dansant à reculons jusqu'à ce qu'ils atteignent la promenade. Comme l’a expliqué Ménès, c'est un symbole qui veut dire aux ancêtres, "Nous n'avons pas oublié votre lutte et nous ne tournerons jamais le dos à la lutte. Nous pardonnerons, mais nous n'oublierons jamais ce qui s'est passé. "

 

Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/


© 2011 Community Group Newspapers

http://www.caribbeanlifenews.com/stories/2011/6/2011_06_13_donna_middle_passage.html

 

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