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Noirs d'Amérique Latine

Textes traduits de l'Espagnol témoignant du passé et du quotidien des Noirs d'Amérique Latine et des Caraibes

04 septembre 2008

Obama : « Chavez est une menace maîtrisable »

Si es elegido, iniciará un diálogo con Cuba y Venezuela

Publié dans La Nacion en juin dernier

Barcak Obama est arrivé sans précipitation et totalement convaincu qu’il peut devenir le premier président afro-américain dans l’histoire des Etats-Unis.

Le candidat démocrate donne toujours l’impression d’être imperturbable, pondéré et de réfléchir à tout une fraction de seconde de plus que le reste des politiciens avant de parler. Il y a des politiciens qui occultent leurs faiblesses et essayent de paraître plus forts qu’ils ne le sont. Obama n’en fait pas partie. Il accepte sa vulnérabilité. C’est cette qualité qui lui permet de se lier aux gens et aux électeurs, en particulier aux plus jeunes.

“Il y a un lien naturel entre les Etats-Unis et l’Amérique Latine » dit-il lors d’une interview dans laquelle il promet, s’il est élu président, d’entamer un dialogue avec Cuba et le Vénézuela, les « ennemis » des Etats-Unis, et considère qu’Hugo Chavez est « une menace, mais une menace maîtrisable ».

Lorsqu’on lui demande si son épouse Michelle pense qu’il court un quelconque danger durant la campagne électorale, il reconnait sans aucune hésitation l’influence qu’elle a sur lui. « Evidemment, je pense qu’en premier lieu, elle m’aurait freiné dans cette course à la présidence », dit-il. « Je pense que nous avions tous des inquiétudes au départ, mais je crois aussi que la protection des Services Secrets est excellente. "

L’objectif de cette entrevue de 20 minutes avec le candidat était de voir tout ce qu’il savait des hispaniques aux Etats-Unis et sur l’Amérique Latine. Et il a sans aucun doute accompli sa tâche.

Obama n’a jamais voyagé en Amérique Latine en 46 ans d’existence. Il ne soutient pas le Traité de Libre Échange que négocient les Etats-Unis et

la Colombie.

Et

peut être qu’il suspendrait ou renégocierait le traité commercial qui existe depuis 1994 avec le Mexique. Mais sa politique extérieure pour la région va bien plus loin.

“Quand la guerre en Irak prendra fin, nous pourrons à nouveau nous concentrer [sur l’Amérique Latine] ", souligne t-il. Il allait par la suite citer une longue liste d’action qu’il voulait mener pour ne pas oublier la région (Comme l’a fait l’actuel président George W.Bush dès le 11 septembre 2001)

Les actions qu’Obama (président) mènerait en Amérique Latine : “J’entamerais le dialogue avec nos ennemis de Cuba et du Venezuela…j’annulerais les restrictions de voyage de ceux qui ont de la famille à Cuba…Je veux m’allier à des pays comme le Brésil pour chercher des sources d’énergie moins polluantes …J’ai approuvé le Traité de Libre Échange avec le Pérou, mais je m’oppose à celui de

la Colombie

jusqu’à ce que j’ai la preuve qu’ils ne tuent pas là bas des leaders syndicaux…il faut cesser ce genre d’activités paramilitaires. »

Et Hugo Chavez? Est-il une menace pour la sécurité nationale des Etats Unis et du reste du continent?

-Oui, je crois qu’il est une menace, mais une menace maîtrisable. Nous savons, par exemple, qu’il a pu être impliqué dans le soutien aux FARC (Forces armées révolutionnaires colombiennes) et avoir porté préjudice à un pays voisin. Ce n’est pas le genre de voisins que nous voulons….Je crois qu’il est important, à travers l’Organisation des Etats d’Amérique (OEA) ou des Nations Unies (ONU) d’initier des sanctions indiquant que ce type de comportement  est inacceptable. Ce que j’ai dit est que nous devons utiliser une diplomatie avec le Venezuela …et avec tous les pays du monde.

Malgré le fait que ses déclarations concernant le Venezuela et Cuba, (“Je doute que Fidel ait rédigé son éditorial le plus récent…je crois qu’il est trop malade pour le faire) ont été très médiatisées, c’est en premier lieu la relation avec le Mexique qu’il veut réparer.

« Il est très important de se rapprocher du gouvernement mexicain, à l’opposé de l’administration Bush, pour découvrir ce dont ils ont besoin de l’autre côté de la frontière afin de promouvoir le développement économique et la création d’emplois », commente t-il. Plus d’emplois là bas signifie moins de sans-papiers venant aux Etats-Unis.

Pour l’année en cours, plus de 1000 personnes au Mexique ont trouvé la mort à cause de la guerre entre les cartels de la drogue. Obama le sait et croit que la consommation aux Etats-Unis fait aussi partie du problème. « Je ne légaliserait pas la marijuana », dit-il. « Mais je pense que nous devons réduire la quantité de drogue aux Etats-Unis », ajoute t-il.

La sénatrice Hilary Clinton a obtenu plus de votes de latinos que lui durant les primaires dans les 50 Etats et Porto Rico. Certains pensent que cela est dû à la tension qui, durant des décennies, a existé entre afro-américains et latinos. Mais d’autres notent l’effort insignifiant, inefficace et improvisé de la campagne d’Obama vis-à-vis des électeurs hispaniques.

“Je crois que cela est lié uniquement au fait que les latinos me connaissent moins que la sénatrice Clinton », dit-il en guise d’explication. Ils ne savent pas, ajoute t-il, qu’il a travaillé avec la communauté latino de Chicago, qu’il a soutenu les efforts de légalisation des sans papiers et d’amélioration des programmes éducatifs. Mais ce que beaucoup d’entre eux savent, c’est qu’en tant que sénateur, il a voté en faveur de la construction d’un mur de 1000km sur la frontière avec le Mexique.

Si vous devenez président, arrêterez vous la construction du mur?

-Je veux savoir tout d’abord ce qui fonctionne…

-Mais un mur, cela fonctionne?

-Je ne le sais pas encore.

-Mais vous avez déjà voté en faveur de la construction du mur

C’est bien vrai. J’ai voté pour commencer la construction du mur à certains endroits de la frontière. Je crois qu’il y a des zones où c’est très judicieux et  où il peut sauver des vies, si l’on empêche que des gens traversent des zones désertiques très dangereuses. (Environ 400 personnes meurent chaque année sur cette frontière)

Un autre sujet qu’il examinerait aussi en tant que président devrait être celui des rafles et du rapatriement des sans papiers. « Je ne crois pas qu’appréhender une mère, la séparer de son enfant et la rapatrier sans en mesurer les conséquences, soit la méthode nord-américaine de faire les choses », dit-il.

Obama n’a pas voulu s’engager, comme le proposa Clinton, à envoyer une réforme du système migratoire au Congrès durant ses 100 premiers jours à

la Maison

Blanche.

Il a déclaré que ce n’était pas réaliste alors qu’il devait résoudre en premier lieu la guerre en Irak et la crise économique actuelle. Cependant, affirma-t-il: « Ce que je peux garantir, c’est une proposition de réforme migratoire au cours de la première année ».

Obama a étudié l’espagnol à l’école secondaire et durant deux ans à l’université. « Avant, mon espagnol était bon », reconnait-il. Mais maintenant il l’a presque totalement oublié. « Yo hablo un poquito español, pero no es very good», s’est-il alors risqué à dire dans les deux langues.

Au cours d’un récent discours sur Cuba, il prononça seulement le mot « liberté » en Espagnol. Et, à l’aide d’un prompteur, il vient de tourner une publicité pour Porto Rico.

Dans ses présentations, il a l’habitude de ressortir cette phrase de César Chavez et Dolores Huerta (fondateurs de Asociación Nacional de Trabajadores del Campo) : « Oui c’est possible ». Mais il est conscient que prononcer quelques mots dans un mauvais Espagnol n’est pas suffisant pour gagner les 10 millions d’électeurs latinos lors des élections présidentielles de novembre et la bonne volonté de 550 millions de latino américains.

Et pour tenter de démontrer qu’il serait un président d’actions et non de paroles, il souhaite effectuer très vite son premier voyage en Amérique Latine.

“J’aimerais beaucoup y aller…avant novembre”, affirme t-il.

Ce seraient ses premiers pas en Amérique du Sud

Par Jorge Ramos
Pour

LA NACION

Traduit de l'espagnol par Diana Bernadotte

http://noticias.mx.yahoo.com/s/11062008/76/n-world-1020775-obama-quot-ch-amenaza-manejable-quot.html

26 juillet 2008

Europe et Obamamania : détrompez vous !

Guy Everard Mbarga 

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La fin de la tournée du candidat Démocrate Barack Obama en Europe, est l’occasion d’analyser le succès et l’engouement qu’il suscite auprès des populations et de certains dirigeants politiques de ce continent. En effet, comme le montre un sondage récent, si les populations européennes étaient substituées aux populations américaines, Barack Obama remporterait très haut la main l’élection présidentielle de Novembre aux États-Unis.

On peut s’interroger sur la pertinence de sondages réalisés à l’étranger sur des questions relatives à une décision souveraine d’un autre pays. Que savent réellement les Européens sur Barack Obama? Ne le voient-ils pas à travers le prisme de la politique dans leurs pays respectifs, c’est-à-dire en considérant ce qui constituerait leur intérêt s’il était élu plutôt que celui du pays qu’il servirait en tant que Président? 

Il est bien plus facile de plébisciter comme Président des États-Unis un Barack Obama, jeune politicien noir ayant gravi les échelons à grande vitesse dans une société divisée du point de vue racial, mais dans laquelle le rêve et la réalisation de ses rêves est possible pour tout un chacun. 

Il y a à fort à parier que les Français ou les Allemands par exemple ne prendraient pas  le risque d’un Obama président dans leur propre pays. Et principalement à cause de sa couleur de peau. Un Nicolas Sarkozy en France, fils d’immigré est certes devenu Président, mais il y a deux différences fondamentales avec Barack Obama. La première étant le fait que l'actuel Président Français est blanc, comme tout autre Français de souche.

Et la deuxième différence, non moins fondamentale étant que l'actuel Président français a pris beaucoup plus de temps que Barack Obama pour se retrouver proche de la Présidence qu’il a finalement conquis après plus de trois décennies dans l’arène politique. Barack Obama pour sa part est présent dans le monde politique seulement depuis 1996 soit un peu plus que dix ans. L’ascension de Nicolas Sarkozy a donc été plus lente, mais reste dans la moyenne de celle des autres hommes politiques français devenus chef d’état. Si les hommes politiques blancs en France prennent une trentaine d’années pour devenir Président, qu’en serait-il d’un noir? 

L'idée de suggérer par le biais d’un sondage  que les Européens pouvaient choisir le Président américain est assez amusante, fantasmagorique. On pourrait aller un peu plus loin dans l'hypothétique en imaginant que les Européens devaient choisir un Président pour l'Europe. Voteraient-ils un Obama? Et y aurait-il même ne serait-ce qu'un seul candidat viable ayant son profil, c'est-à-dire un afrodescendant ayant connu une ascension fulgurante dans la sphère politique et susceptible de présider l'Europe ou un des pays faisant partie de ce Continent? J'aurais tendance à répondre par la négative. Dans la réalité, les Européens aiment Obama de loin, Président des autres.

Toby Harnden, éditeur américain du Daily Telegraph indiquait au journal en ligne américain Politico que c’était comme si le très populaire Obama avait été “conçu par un comité d’Européens” chargés de créer le candidat Américain idéal à la présidence.

Il est l’idéal des Européens pour les États-Unis, et surtout dans l’intérêt des mêmes Européens. C'est un peu comme Zidane ou Yannick Noah, des personnalités préférées des Français... du moment et seulement du moment où ils sont des anciens sportifs ou des musiciens qui n'ont aucun pouvoir de décision sur leur quotidien. C'est aussi comme vouloir un George Weah Président du Libéria du moment qu'on n'est pas Libérien et que ses capacités ou ses incapacités n'auront de l'effet que sur d’autres.

En passant, on peut tout de même comprendre cette Europe qui malgré ses relations séculaires, même en grande partie mauvaises avec l’Afrique n’arrive pas, par exemple en France à faire une place aux Noirs Français, égale à celle des blancs dans sa société. Il ne lui reste donc plus, disons peut-être par  frustration ou par humanisme, à souhaiter et à espérer que les autres fassent chez eux ce qu’elle ne fait pas chez elle. Mais c’est de bonne guerre.

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La parenthèse étant fermée, on peut dire que la politique d'un Président Américain et de son administration a toujours un impact dans le reste du monde, mais il est aussi vrai que ce sont d'abord les américains qui gouteront à ses bonnes ou à ses mauvaises décisions. Et heureusement que pour cette raison, ce sont bien eux-mêmes qui choisissent leur dirigeant. On n'est quand même pas en Afrique ou encore au Moyen-Orient et particulièrement en Palestine où l'on veut imposer l'idéal de démocratie, pourvu que les dirigeants élus démocratiquement soient en accointance avec ces pays qui s'autoproclament La Communauté Internationale. 

Les Européens aiment le candidat Démocrate parce qu'ils espèrent que sa politique sera moins unilatérale et plus coopérative avec l'Europe, plus en concordance avec l'Amérique idéale pour les Européens, incarnée par le Président Obama. 

Mais, Barack Obama Président n'aura plus seulement à donner des discours rassembleurs, à dire ce que les gens veulent entendre comme ses adversaires lui reprochent. Il devra cette fois par son action trancher, contenter certains et mécontenter d'autres. Ce sera dans l'intérêt des américains, et rien ne dit qu'il se conjuguera à celui des Européens.

Et les déçus seront beaucoup plus nombreux que les doigts d'une main. Aux États-Unis d'abord, à commencer par exemple par un certain nombre d’Afro-américains qui comprendront qu'un noir Président ne signifie pas la fin de la discrimination raciale et des difficultés économiques et sociales pour eux, mais qui verront peut-être un changement dans les mentalités, un bon de dix ans dans l'amélioration des relations avec leurs compatriotes blancs. Les américains dans leur ensemble ne pourront s'en prendre qu'à eux-mêmes ou se féliciter. Les Européens quant à eux pourraient bien vite redescendre sur terre également. 

Allez, si Obama est élu en Novembre prochain, qu'il est de nouveau candidat en 2012 et que les Européens plébiscitent toujours l'actuel sénateur de l'Illinois, le doute ne sera peut-être plus permis sur cette Love Affair avec le sénateur afro-américain. Et on y croira alors totalement lorsque notre idéal, à nous autres Africains et Afrodescedants se réalisera avec l’émergence de nombreux Barack Obama, c’est-à-dire des décideurs politiques au sein de l’Europe même.

24 juillet 2008

Anecdotes sur Barack Obama en tournée internationale

1 - Will Smith, est il le Barack Obama de Hollywood?

Ou alors Barack Obama est le Will Smith de la Politique? Le magazine Forbes rapporte que le natif de Philadelphie âgé de 39 ans est maintenant officiellement l’acteur le mieux payé de Hollywood.

Smith a engrangé $80 million l’an dernier selon Forbes. "Fréquemment surnommé le plus grand travailleur à Hollywood, Smith a prouvé que quelque soit le genre - --science fiction ou thriller (Warner Bros.' Je suis une légende) ou drame familial (Sony : À la poursuite du bonheur) —il est capable d’assurer l’audience," indique le magazine. Comme Barack Obama en politique, Will Smith est le Number One actuellement à Hollywwod.

2 - Obama vend plus de gadgets que Mc Cain

John McCain est à la traine derrière Barack Obama dans la course à la Maison Blanche – au moins dans les ventes de T-shirts, badges, casquettes de baseball et d’autres produits de campagne.

"Tout le monde veut du Obama," affirme un vendeur sur le trottoir dont le stand est rempli de T-Shirt et d’autres vêtements d’Obama et de Mc Cain.

"Nous vendons 70% de produits d’obama – beaucoup plus que ceux de McCain," affirme le vendeur qui souhaite rester anonyme.

Les casquettes brodées de Baseball d’Obama sont au milieu du stand, l’absence de l’équivalent pour Mc Cain est frappante.

"Je ne pense pas que notre grossiste fait des casquettes de baseball McCain baseball," affirme le vendeur.

Sur le site web de Café Press sur lequel les utilisateurs créent et vendent des produits pour exprimer leur passion politique, les vêtements Obama représentent 66% des ventes au courant de la semaine débutant le 13 juillet; ceux estampillés McCain kits14% des ventes dans la même semaine.

3 - "Le camp MC Cain est frustré,"

C’est ce qu’indiquait George Stephanopoulos, le correspondent senior à Washington d’ABC News lors de l’émission "Good Morning America" de mardi dernier.

"Je pense que le Sénateur McCain et son équipe essayeront de contrer [le voyage d’Obama ] plus tard en accordant plus d’interviews et suggèrent même qu’il y aura en quelque sorte une surprise prévue cette semaine. La surprise en question est que John McCain va annoncer [son colistier]".

4–Le prix du pétrole augmente à cause d’obama…selon Mc Cain

La tournée d’Obama dont l’ampleur de la couverture aux États-unis et à l’étranger est inédite pour un candidat à la Maison Blanche fait quelques jaloux. Notamment le candidat républicain et son équipe qui font et disent tout ce qui est possible pour attirer un peu d’attention.

Par exemple que Barack Obama est à blâmer pour la hausse des prix du Pétrole. C’est en effet ce que laisse entendre une publicité de la campagne de MC Cain. On aurait pourtant pensé que le prix de l’essence qui augmente était lié à la guerre, aux SUVs, à l’OPEP, à la spéculation et à la demande globale. Le plus amusant dans tout cela c’est que la même campagne MC Cain attribue la baisse des prix de l’essence qui a cours ces derniers jours au Président Bush.

5– Obama la Pop Star

Pendant sa tournée de 5 jours au Moyen-Orient et en Europe, le candidat Présomptif Démocrate est accompagné par un entourage qui ferait pâlir d’envie n’importe quelle pop-star.

Une douzaine de conseillers en politique étrangère de haut rang l’accompagnent également ou font un travail de terrain avant son arrivée dans chaque pays. À ce groupe s’ajoute un contingent de près d’une dizaine d’aides qui se déplacent toujours avec lui parmi lesquels le Directeur de campagne David Axelrod et le Directeur de la communication Robert Gibbs, ainsi que des membres de son staff trop nombreux pour les compter.

6 – Obama, pas encore Président

- De la méga couverture médiatique aux tête-à-tête avec les chefs de d’état, le voyage ressemblait déjà à celui de l’hôte de la Maison Blanche. L’envergure du staff qui accompagne rajoute simplement à l’aura d’un président en devenir. Mardi, ses assistants ont essayé d’invoquer les règles et les traditions de la Maison Blanche en requérant que les journalistes ne divulguent pas les noms des conseillers qui effectuaient le briefing pour la presse. Les journalistes leur ont rappelé à deux reprises qu’ils n’étaient pas à la Maison Blanche et que Obama n’était pas président.

7 –Pas de vêtements vert en Israël et en Jordanie

Une interdiction de porter des vêtements de couleur verte par la campagne d’Obama urant la visite du candidat en Israël et en Jordanie a créé une grande perplexité parmi les observateurs du Moyen Orient.

Dans un mémo distribué aux journalistes décrit comme “un certain nombre de lignes de conduite que nous envoyons à l’équipe avant le départ pour le Moyen Orient,” un membre de cette équipe qui précède Obama,  Peter Newell a cité un certain nombre de règles pour la Jordanie et Israël.

Règle numéro 1 : “Ne portez pas le vert.”

8 - Barack Obama et les symboles

Le candidat afroaméricain à la Présidence américaine a fait ses premiers pas sur la scène internationale mardi à l’ombre des Temples d’Hercule à  Amman en Jordanie, faisant montre d’une audace marquée, ou comme diraient ses adversaires politiques avec un manque d’humilité. Dominant les maisons et les minarets blanchis par le soleil de la capitale jordanienne, Obama a décrit de manière solennelle sa vision de la paix dans la région devant un arrière plan apparemment choisi pour suggérer aux États-Unis et à l’étranger un président en puissance, jeune et dynamique. Un autre exemple du flair de l’équipe d’Obama en termes d’imagerie politique.

9– Le Roi Abdallah chauffeur de Barack Obama

Après le banquet offert par le Roi Abdullah au Palais Beit Al Urdan le Sénateur Barack Obama s’est rendu à l’aéroport d’Amman avec le Roi.

Abdullah a conduit lui même - Obama étant sur le siège passager avant–une Mercedes 600 couleur argent aux vitres fumées.

Le Roi a filé sur le tarmac avant de faire un arrêt brusque juste à quelques mètres de l’un des agents des services secrets du Sénateur Obama pré positionné. Le souverain Jordanien avait d’ailleurs interrompu ses vacances pour venir recevoir le sénateur de l’illinois.

10- Shimon Peres souhaite un grand président des États-Unis…

La  tournée au Moyen Orient et en Europe de Barack Obama financée par sa campagne vise à rassurer les électeurs sceptiques sur sa capacité d’être commandant en chef. Le président israélien Shimon Peres qui a dit que son plus grand souhait était un  "grand président des États-Unis. C’est là la plus grande promesse pour nous et pour le reste du monde" lui a réservé un accueil chaleureux et inhabituel.Barack Obama and photographers in Amman, Jordan

11 – Obama le snob à l’affiche

Christoph von Marschall, le chef du bureau de Washington du journal allemand basé à Berlin le Der Tagesspiegel, a écrit dans le numéro de dimanche du Washington Post sur le “le sale petit secret” de la campagne Obama: son snobisme envers la presse étrangère.

Mais cela n’a pas empêché l’encre de couler à son sujet. Le visage de Barack Obama est en couverture de nombreux journaux et de magazines à travers le monde en même temps de nombreux journalistes affluent dans les capitales étrangères pour couvrir la tournée du candidat présomptif démocrate à la Présidence américaine de 5 jours et dans 5 pays après les passages en Afghanistan et en Iraq.

12 – Obama, candidat idéal pour les européens

Toby Harnden, éditeur américain du Daily Telegraph a indiqué à Politico que c’était comme si le très largement populaire Obama avait été “conçu par un comité d’Européens” chargés de créer le candidat Américain idéal à la présidence. “C’est comme s’il n y avait aucune autre information en Allemagne que la visite d’Obama,” affirme Cordula Meyer, un correspondant de Der Speigel basé à Londres.

13 - Merkel: Obama est  “bien équipé ” pour la Présidence

La chancelière allemande a fait l’éloge du sénateur de l’Illinois lors d’un Conférence de Presse à Berlin ce mercredi.

“Je dirais qu’il est bien équipé — physiquement, mentalement et politiquement,” ajoutant qu’elle ne “résisterait pas” au style tout à l’opposé de Bush de Barack Obama.

Merkel a également dit qu’elle n’assistera pas au discours d’Obama jeudi à  Berlin, avant d’ajouter : “J’allumerai peut-être la télé.”

14 - Obama, le Général Romain, conquérant de la Gaule

“La presse allemande, vue de Berlin, se comporte comme si l’élection d’Obama est courue d’avance,” affirme Josef Joffe, éditeur du Die Zeit, un hebdomadaire allemand. “Il est célébré comme un général Romain victorieux qui est de retour après avoir conquis la Gaule ou autre chose.”

obama

15 - Le Labour Party et le phénomène Obama

Barack Obama rencontrera Tony Blair,  Gordon Brown et David Cameron lors de sa visite à Londres cette semaine. Des activistes au sein du parti de l’actuel Premier Ministre, estiment que la visite du sénateur de l’Illinois  devrait inciter le Labour Party à repenser son message et son style en totalité.

Avant sa rencontre avec Brown, Obama s’entretiendra avec Tony Blair pour évoquer les changements climatiques et la situation au Moyen Orient, deux domaines dans lesquels l’ancien Premier Ministre anglais reste très actif. Certains Blairistes affirment que le candidat démocrate considère l’opportunité de se faire photographier avec Blair comme étant plus important pour sa campagne présidentielle qu’une longue conversation avec Gordon Brown.

Obama a également surpris certains officiels Britanniques en choisissant de donner son discours majeur sur le futur des relations entre l’Amérique et l’Europe à Berlin. Aucun évènement aussi grandiose n’est prévu à Londres, même pas une presse de conférence conjointe avec le Premier Ministre Brown.

16 – A Londres, une couverture médiatique immense attend Obama

“En fait, chaque petite chose qu’il fera sera épié au microscope par la Presse Britannique—particulièrement à Londres, mais également ailleurs,” selon Toby Harnden du Daily Telegraph ajoutant qu’ Obama aura certainement une couverture 10 fois plus importante que celle reçue par Mc Cain lors de sa visite à Londres en Mai, et il s’agit là d’une “estimation prudente,”.

Le langage corporel d’Obama sera étudié sous le prisme de la politique Britannique, comment se passeront ses rencontres et comment il saluera le Premier Ministre actuel Gordon Brown, et l’ancien Tony Blair, ainsi que le leader du Parti Conservateur David Cameron. Puisque ces rencontres seront privées, le public s’entassera probablement dans la rue lors de la mini conférence de presse de samedi devant le 10 Downing Street—caméras de téléphones pointés par-dessus les reporters. David Munk, rédacteur du Guardian à l’étranger estime qu’il existe un “vrai facteur de fascination” parmi les lecteurs qui ont vu Obama à la télé et auront à présent l’occasion de le voir en personne.

17 – Quelques blagues amusantes sur Obama

"C’est un grand jour pour Barack Obama: Il a réussi à collecter 32 millions de Dollars le mois dernier...Il les a trouvé entre les coussins du canapé d’Oprah."
— Craig Ferguson, “The Late, Late Show”


"Que font de nombreux supporteurs d’Obama pour changer une ampoule?
"Rien, VOUS êtes le changement."
— Mark Katz


"Barack Obama est très préoccupé par la menace globale posée par la fonte des glaces dans le Pole Sud. Il a donc trouvé une solution : des négociations directes avec l’Antarctique.."
— Howard Mortman

(Fondateur du site web satirique
ExtremeMortman.com.)

“Pourquoi Obama a traversé la route?
“Barack Obama: Je n’ai pas traversé la route. Ma position est restée consistante depuis le début de cette campagne et si vous pensez que j’ai traversé la route, c’est que vous ne m’avez pas écouté.”
— Andy Borowitz


"À New York, les groupes Catholiques ont forcé une galerie d’art à fermer les portes d’une exposition dune image longue de six pieds de Jésus en chocolat. Autrement dit, Barack Obama, comme les démocrates l’appellent."
—Bill Maher

(Cité par Daniel Kurtzman, le site humoristique de About.com,
http://politicalhumor.about.com)

“Le dernier sondage Bloomberg montre que Obama a une avance de 15 points sur John McCain. Il s’agit là d’une grande avance. Il est en tête chez les hommes, les femmes  les jeunes, les minorités— En fait, la seule chose où McCain le bat c’est dans les dépôts de calcium.”
— Jimmy Kimmel


Compilé, fouillé et traduit par Guy everard Mbarga

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22 juin 2008

Barack et les noirs Latino-Américains

Texte traduit de l'Espagnol par Guy everard Mbarga

Le racisme dont souffrent les 150 millions de noirs en Amérique Latine et dans les Caraïbes persiste malgré une batterie de traités internationaux, de proclamation et de dénonciations.

À présent vient s’ajouter un élément clé symbolique qui pourrait faire la différence : la candidature du démocrate Barack Obama à la présidence des États-Unis.


S'il remportait les élections de novembre, comme le prédisent certains sondages, Obama passerait à l'histoire comme le symbole de l'ascension politique des noirs dans le monde. Quelque chose de semblable s'est déjà produit en Amérique Latine avec une autre minorité, celle des indigènes, qui occupent actuellement une présidence et d'autres positions de pouvoir, des situations impensables il y a quelques décennies.


Même si aucune enquête n’indique quelle est l'opinion et les attentes des noirs de cette région par rapport à Obama, certaines autorités locales afrodescendantes ont déclaré à titre individuel que sa victoire serait un signal  encourageant pour ses frères de race.
Le démocrate Obama a évité des discours radicaux contre le racisme dont souffrent des millions (de noirs), car cela ne semble pas être utile pour obtenir des votes. Cependant, l’évidence de la persistance de la discrimination  dans son pays est accablante.


Le taux de pauvreté des Noirs aux États-Unis où ils représentent 12,3% de la population est trois fois plus élevé que celui des blancs, et le taux de chômage est le double. Les études indiquent qu’il y a dans ce pays deux fois plus de probabilités de mourir d’accident, d’homicide ou de maladie pour les afrodescendants que pour les blancs.

Dans les pays d’Amérique Latine et de

la Caraïbe

où les Noirs représentent 30% des habitants, la situation est encore pire. Aux très rares postes de responsabilité politique et dans les entreprises qu’ils occupent s’ajoutent des chiffres de marginalisation qui sont indiscutables.
On estime que 90% d’entre eux sont pauvres, ont un accès aux emplois moins rémunérés et présentent les niveaux d’éducation très faibles.

La population afro latine et afro caribéenne a une “forte densité, mais peu de résonnance”, en plus d’être grandement discriminée, indique une enquête de

la Commission

Économique pour l’Amérique Latine et

la Caraïbe

(Comisión Económica para América Latina y el Caribe).


La plus grande partie des Noirs latino-américains se concentre au Brésil et au Venezuela.


Dans le premier pays, la population blanche est 2,5 fois plus riche que la noire, en Colombie 80% des afrodescendants vivent dans la pauvreté extrême et à Cuba, ils vivent dans les pires habitations et occupent les emplois les moins rémunérés.


Dans l’île caribéenne où la justice et l’égalité ont pendant des décennies constitué le fondement du discours officiel, le racisme reste présent et s’est même intensifié au cours de la dernière décennie, reconnait une étude de l’Académie des Sciences de ce pays.


À la différence des indigènes qui au cours des dernières années ont conquis des espaces politiques importants, les noirs, qui les dépassent largement en nombre ont peu de pouvoir, des organisations atomisées et leur situation reçoit moins d’attention. S’il existe effectivement des traités, des engagements et des programmes sociaux visant à faire disparaitre leur exclusion, beaucoup d’entre eux restent théoriques.


Durant la domination coloniale européenne en Amérique Latine et dans les caraïbes, les noirs occupèrent le niveau le plus bas de la pyramide sociale. Cette hiérarchisation, qui plaçait les blancs au sommet reste présente dans une plus ou moindre mesure, en plus des préjugés sur leur infériorité raciale présumée.


Mais la présence politique d'Obama, qui est e fils d'un père Kenyan et d’une mère blanche de l'État du Kansas pourrait être un  stimulant pour certains changements en dehors des États-unis. Et ce, malgré les réticences que le candidat a provoqué au sein de la communauté noire de son pays.

Parmi les activistes américains, on se demande si Obama est “suffisamment noir”ou non. Certains radicaux questionnent son ascendance maternelle et son discours tolérant et inclusif sur les thématiques raciales.


Pour ne pas éloigner les votants, le candidat s'est démarqué de son pasteur et leader spirituel, Jeremiah Wright, selon lequel les États-unis sont dirigés par des principes racistes.

Obama a le charisme et tient un discours de rénovation générale et générationnel qui dépasse le fait de sa négritude. Mais malgré cela, son accession potentielle à

la Présidence

représentera un des coups symboliques les plus durs contre le racisme dont souffrent des milliers de noirs dans le monde et en Amérique Latine.

http://www.exonline.com.mx/diario/columna/244988

20 juin 2008

Barack Obama vu par un noir colombien

Daniel Mera

Daniel Mera

Par Daniel Mera
EL TIEMPO / CASA DE AMÉRICA
20 février 2008

Traduit de l'espagnol par Guy Everard Mbarga

Quelles leçons peuvent tirer la société colombienne et les citoyens Noirs de ce pays du phénomène Obama?

Aux États-Unis, les afroaméricains représentent 12% de la population; l’abolition de l’esclavage a mené à la guerre civile entre 1862 et1865; il y a eu ségrégation raciale et un mouvement des droits civils qui l’a éliminé ; il y a deux Amériques noires: la prospère et la pauvre, et l’identité raciale est très forte, ce qui rend possible le pouvoir politique et dans une bonne mesure, le pouvoir économique (via la consommation).

En Colombie, les afrocolombiens représentent 10% de la population (et peut-être 15% avec un meilleur recensement et plus d’auto reconnaissance); l’abolition de l’esclavage a eu lieu en 1851, car Bolívar n’a pas pu imposer en 1821 sa promesse de liberté pour la guerre d’indépendance. Il  n y a pas eu de ségrégation raciale et nous avons eu le premier ministre noir en 1876; au lieu du conflit racial , nous avons entretenu jusqu’en 1991 l’idée d’une nation métisse, qui ignorait les noirs; l’identité ethnique est moyenne et les pouvoirs politique et économique concomitants sont faibles; la classe moyenne noire, qui représente 20% commence à peine à faire de l’activisme en faveur de la majorité pauvre.

Les expériences nationales ont été différentes: dans la plus grande partie de l’histoire, il était mieux d’être noir en Colombie qu’aux États-Unis. Cependant, dans certaines bibliothèques publiques, on voit des affiches de de Martin Luther King et de Malcolm X, et non pas de l’Amiral Padilla ou de Luis Antonio Robles.

Barack Obama arrive à la bonne heure pour capturer l’imagination politique des sociétés ayant des minorités noires.

La première leçon est pour la société colombienne. Obama est possible parce qu’il existe un "rêve américain", un idéal supérieur commun de justice et de liberté à la portée de tous, par le biais du travail et la bonne gouvernance. Obama gagne parce qu’il représente un nouveau leadership pour le rêve américain. Nous autres nous avons quelques idées pour le rêve colombien, sans la volonté collective nécessaire atteindre la civilisation et dans le combat, terminer de définir qui nous sommes et ce que nous voulons être.

Les autres grandes leçons d’Obama seront facilement assimilées par la grande majorité des colombiens noirs. Le "Oui, on peut le faire" d’Obama est né d’un "Oui, je peux le faire" alors qu’il semblait impossible qu’il puisse regrouper une "nouvelle majorité nationale". Accepter les règles du jeu les plus exigeantes, sans se plaindre. Obama n’a pas demandé que l’on le juge avec des règles différentes.

Croire fermement en un destin partagé, sans rappeler les blessures du passé. Les blancs qui votent pour Obama savent qu’ils peuvent lui faire confiance. Être disposés à faire passer l’intérêt national avant celui du groupe ethnique. Les 80 % d’afroaméricains qui votent pour Obama savent qu’il ne parviendrait pas au pouvoir pour gouverner sur la base de critères ethniques. Ils savent également qui est l’un des leurs, et pour cette raison, Obama n’a pas eu à utiliser sa couleur.

La couleur se remarque, et bien sûr, il n’y pense pas toute la journée. Peut-être, quand il rentre à la maison le soir, avec l’insecticide pour fourmi que Michelle son épouse lui a demandé d’acheter.

Daniel Mera est membre de l’équipe dirigeante de la Fondation Color de Colombia (Fundación Color de Colombia)

Journaliste de la Revue Semana 

http://rafaelguarin.blogspot.com/2008/02/recomendado_22.html

19 juin 2008

L’ascension de Barack Obama vue par les noirs de France

Par MICHAEL KIMMELMAN du New-York-Times

The rapper Youssoupha, part of a generation in France that is rediscovering “négritude.”

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga 

PARIS — Lorsqu’on a demandé l’autre jour à Youssoupha, un rappeur noir à quoi il pensait, un sourire a envahi son visage. “À Barack Obama,” avait-il répondu. “Obama nous dit que tout est possible.” 

Une nouvelle conscience noire est en train d’émerger en France, dernièrement accélérée principalement par le candidat  présomptif Démocrate à la présidence des États-Unis. Un article du Monde d’il y a quelques jours décrivait la manière dont Mr. Obama est “en train de susciter de grands espoirs ” parmi les noirs d’ici. Même voir le mot “noir” dans un journal français était encore toute une surprise jusqu’à récemment.

Pendant ce temps, le week-end dernier, 60 voitures ont été brûlées et  50 jeunes se sont bagarrés avec les policiers et les pompiers, blessant certains d’entre eux dans la banlieue pauvre de Vitry-le-François où vivent des minorités et située dans la région de la Marne au nord-est de la France. 

Les américains qui débattent sur les relations raciales depuis la naissance de leur République pourraient trouver difficile de saisir à quel point la race, comme la religion reste un sujet tabou en France. Alors que Barack Obama parle du fait qu’il mène une campagne qui transcende la race, un nombre croissant de Français noirs revendiquent en effet le contraire.

Ayant toujours pensé qu’elle était plus illuminée de ce point de vue qu'une Amérique déchirée par les conflits, la France se retrouve face à la perspective qu'elle est désormais en retard. Des incidents tels que ceux qui ont eu lieu au courant de la semaine nous rappellent les émeutes qui avaient explosé dans toute la France il y a trois ans. Depuis qu’elle a aboli l’esclavage il y a 160 ans, la France s’est officiellement déclarée daltonienne du point de vue de la race — mais en voyant  Barack Obama, une nouvelle génération de Français noirs affirme qu’il est grand temps qu’il y ait justement ici le genre de débats francs qui ont précédé la nomination d’un candidat noir de premier plan. 

Cette conscience noire se reflète non seulement dans les conversations quotidiennes, mais  également par une culture naissante dans les livres et la musique de jeunes français noirs comme Youssoupha, un jeune homme joyeux et au sourire carnassier âgé de 28 ans, que ses parents ont envoyé du Congo lorsqu’il avait 10 ans pour faire des études. Il a été élevé par une tante qui travaillait à la cafétéria d'une école dans une banlieue pauvre et les conseillers d'orientation lui avaient dit de ne pas être trop ambitieux. Plutôt que de suivre leurs conseils, il allait obtenir une maitrise à la Sorbonne.

Puis, comme de nombreux noirs ayant fait de brillantes études, il s’est trouvé face à un mur en béton. “Je me suis retrouvé à travailler dans des fast-foods avec des gens ayant l’équivalent de 15 années d’études,” se rappelle-t-il. 

Il s’est donc tourné vers le rap, par frustration autant que pour toute autre raison, trouvant son inspiration dans la  “négritude,” une idéologie de la fierté noire conçue à Paris dans les années 20 et 30 par  Aimé Césaire,  le poète français et politicien Martiniquais, et  Léopold Sédar Senghor, le poète devenu  premier président du Sénégal. Sa philosophie, comme l’avait une fois définie Sartre était une sorte de  “racisme antiraciste,” la célébration d’un héritage noir commun. 

La négritude et Césaire sont de retour. Lorsque ce dernier est mort en Avril dernier à l’âge de 94 ans, ses funérailles à Fort-de-France en Martinique ont été diffusées en direct à la télévision Française. Le président Français Nicolas Sarkozy, et son adversaire  Ségolène Royal y ont tous les deux participé. Il y a tout juste trois ans, Nicholas Sarkozy, en tant que chef de la droite et pas encore président avait soutenu une loi (abrogée après de nombreuses protestations) qui obligeait les écoles Françaises à enseigner les aspects “positifs” de la colonisation. L’année suivante, Césaire refusa de rencontrer Sarkozy. Et à présent, ce dernier était en déplacement dans l’ancienne colonie Française (…) pour rendre hommage au poète  champion de la négritude. 

Cela dit, en tant que pays, la France envoie à l’extérieur des messages assurément ambigus. “La négritude est un concept dont ils ne veulent tout simplement pas entendre parler,” dit Youssoupha dans  “Rendons à  Césaire”, un titre de son tout dernier album intitulé “À Chaque Frère” (“To Each Brother”). Il existe même un magazine  régulier à la télévision publique Française, “Citoyens Visibles,” présenté par une jeune actrice, Hafsia Herzi, qui célèbre des artistes Français d'origine étrangère.

Dans le même temps, il est illégal pour le gouvernement de mener des enquêtes officielles basé sur la race. Par conséquent, personne ne sait à coup sûr combien de noirs il y a en France. Des estimations varient entre 3 et 5 millions sur une population de plus de 61 millions d’habitants.

Pouvez-vous imaginer les dirigeants Français disant, ‘eh bien, nous n’en sommes pas certains, la population Française est peut-être de  65 millions d’habitants, ou peut-être de  30 millions’?” demandait un Patrick Lozès quelque peu exaspéré, créateur du  Cran, une organisation noire mise en place il n y a pas si longtemps et dont l’un des objectifs est de faire ce que le gouvernement ne fait pas, c’est-à-dire rassembler les statistiques.

Quand il s’est assis pour une discussion le dernier matin, les deux premiers mots qu’il a prononcés étaient  Barack et Obama. “L’idée derrière le fait de ne pas catégoriser les gens par leur race est évidemment bonne ; nous voulons bien croire à l’idéal républicain,” dit-il. “Mais en réalité, nous sommes aveugles en France, non pas aveugles du point de vue racial, mais plutôt du point de vue de l’information, et le simple fait de dire que les gens sont égaux ne les rend pas égaux.”

Il cite quelques chiffres patents: un seul noir représentant la France continentale à l’Assemblée Nationale sur un total de 555 membres ; aucun sénateur Français (noir) en métropole sur environ 300; quelques maires seulement sur environ 36000, et aucun dans les banlieues pauvres de Paris. 

À cela il faut ajouter le constat du Cran selon lequel le pourcentage de noirs en France détenant un diplôme universitaire est de 55, comparativement à 37 % pour la population générale. Mais le nombre de noirs qui se retrouvent coincés dans la classe ouvrière est de 45% contre une moyenne nationale de 34%.

C’est de l’hypocrisie totale,” indique Léonora Miano, une auteure noire de 37 ans, originaire du Cameroun dont le dernier roman  “Tels des Astres Éteints” (“Like Extinguished Stars”) parle des relations raciales telles que perçues par trois immigrants noirs.

Pour moi, c'était vraiment bizarre quand je suis arrivé ici il y a 17 ans de découvrir que les gens ici n'utilisaient jamais le mot race,” déclare-t-elle en prenant un café au Café Beaubourg. À l'extérieur, des immigrants Africains sont en train de vendre des lunettes de soleil à des touristes. “L'universalisme Français, l'ensemble de l'idéal républicain Français suggère que si tu adoptes les valeurs Françaises, la langue Française, la race n'existe pas par conséquent et ce ne sera pas un problème si tu es noir. Mais c'en est évidemment un. Il faut donc qu'il y ait une conversation, et on y arrive peu à peu : il ne s'agit pas d'une conversation  sur la culpabilité ou l'histoire, mais sur le présent. 

La condition noire: Essai sur une minorité Française” de Pap N’Diaye, un historien de 40 ans de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales est un autre nouveau livre dont on parle beaucoup ici. “Nous sommes témoins de la renaissance du mouvement de la négritude,”  indiquait récemment Mr. N’Diaye. 

La montée en popularité de Barack Obama parmi les noirs Français découle en partie de l’espoir que son ascension  “mettra en lumière notre manque de diversité et mettra la pression sur les politiciens Français qui disent qu'ils le soutiennent pour ouvrir un peu plus l'espace politique aux minorités,” indiquait Mr. N’Diaye. “Du point de vue de la race, nous sommes en France au niveau où nous étions il y a 40 ans du point de vue du sexe.” 

Il revient un peu sur l’histoire: La décolonisation Française pendant les années 1960 a peu après mis en veilleuse le mouvement original de la négritude, en même temps qu'elle a inspiré une  vague d'immigrants de la Caraïbe à venir ici pour occuper des emplois de fonctionnaires peu qualifiés. De l'Afrique Sub-saharienne, une autre vague de travailleurs a gravité vers l'industrie privée. Les deux populations n'ont pas beaucoup communiqué.

Mais leurs enfants, élevés ici ont grandi ensemble. “Le fait de découvrir la discrimination ensemble,” comme dit Mr. N’Diaye, a forgé un lien par lequel la négritude est en train de renaitre. 

Le point tournant fut les émeutes dans les banlieues Françaises pauvres il y a trois ans. Parmi les conséquences culturelles qui les ont suivis : Aimé Césaire “a commencé à être redécouvert par les jeunes qui trouvèrent dans son travail des choses qui s’apparentent à la situation actuelle,”  déclare Mr. N’Diaye. 

Youssoupha est l’un de ces jeunes. Il était en train de boire un Coca récemment au Top Kafé, un restaurant Tex-Mex juif à Créteil où il vit, non loin de Paris. Tout près de lui, deux serveurs en Kippa étaient assis sous des affiches poussiéreuses de Las Vegas et du Rabbin Menachem M. Schneerson, visionnant un match de Rafael Nadal. Un groupe de jeunes Arabes étaient en train de fumer à l'extérieur. Dans des endroits modestes comme ceux-ci, la France peut paraître remarquablement harmonieuse.

Césaire est présent dans les paroles de mes chansons et j'ai été  peinée quand les gens ont mal interprété ce que j’ai écris comme étant anti-blanc, car la négritude c’est l’affirmation de nos racines noires communes,” affirme Youssoupha.

Léonora Miano, la nouvelliste abonde dans le même sens. “Il n’existe rien de tel qu’une ‘communauté ’ noire en Francejusqu'à présenten partie parce que nous avons des histoires si différentes,” dit-elle. “Une immigrante malienne et une camerounaise voient le monde de manières complètement différentes. On ne devrait pas non plus penser que le racisme n’existe pas entre les noirs en France, entre les Antillais et les Africains. Il est bien présent. Mais en fin de compte, nous somme tous noirs face à la discrimination.” 

Puis elle sourit : “Dommage que j’aie oublié de porter mon T-shirt d’Obama.” 

Cédric Martigny/Opale

Léonora Miano, born in Cameroon, is the author of a recent novel about race relations.

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16 juin 2008

Tribune : Obama et LE RÊVE du King

Par Carlos Heitor Cony

Traduction du Portugais : Guy Everard Mbarga

RIO DE JANEIRO – Je comprends l’euphorie provoquée par la candidature de Barack Obama à Présidence des États-Unis pour le Parti Démocrate, mais je n’y prends pas part. Je ne pense pas que le gouvernement de la nation la plus puissante au monde soit plus sympathique du fait d’avoir à sa tête un noir aux idées libérales et dont la biographie est intéressante, et à ce que l’on sait digne de respect.

Le facteur racial ne devrait pas compter. Il y a eu des blancs comme Hitler et Staline, des jaunes comme Mao, des noirs tels que Idi Amin Dada et François Duvalier, et tous furent des dictateurs sanguinaires. La couleur ne devrait pas être prise comme un outil de mesure de la valeur, pour le bien ou pour le mal.

Cependant, je ne suis pas antipathique à l’idée qu’une grande nation - dans laquelle il y a seulement 40 ans, il lui était possible de ne pas pouvoir s’assoir sur les mêmes bancs qu’un blanc dans un autobus - soit gouvernée par un noir.

Avec une ascendance africaine et un background non-chrétien (?), dans un pays où 80% des personnes sont chrétiennes, il ne pourrait pas utiliser les toilettes publiques destinées aux  "Wasp" – les blancs, anglo-saxons et protestants. Ses enfants ne pourraient pas fréquenter les meilleures écoles et universités.


Dans ce cas particulier, le choix d’Obama doit être salué non pas du fait qu’il est un candidat meilleur que les autres, mais parce qu’il est le symbole du dépassement d’un préjugé racial injustifiable qui a perduré jusqu’à la fin des années 60 du siècle dernier.

Dans son fameux discours "I have a dream",  Martin Luther King rêvait d’une société égalitaire et juste, sans discrimination raciale. Non pas nécessairement d’un gouvernement présidé par un noir. Malgré cela, il fut assassiné par la haine d’un fou furieux blanc.


Le choix de Barack Obama souligne un changement immense et salutable dans la société nord-américaine. Mais en aucun cas une garantie qu’il sera un meilleur président que les autres.

Source: Folha de S. Paulo, 12 juin 2008

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Barack Obama tel que perçu dans le melting-pot racial brésilien

Par Stephanie Beasley

Presumptive Democratic presidential nominee Senator Barack Obama (D-IL) pauses during a Chicago 2016 Olympics rally in Chicago June 6, 2008. REUTERS/John Gress

Traduction vers le français: Guy Everard Mbarga

SAO PAULO (Reuters) – La campagne de Barack Obama pour la présidence américaine a généré un immense intérêt au Brésil, un pays dont l’héritage africain est un élément important de son identité, mais dans lequel un grand nombre de noirs continuent de se battre pour évoluer dans la société.

Le candidat démocrate Obama deviendrait le premier président Africain américain des Etats-Unis s’il venait à battre le Républicain John McCain lors de l’élection de novembre.

L’ascension d’Obama a fait l’objet d’un débat passionné au Brésil, que ce soit dans les réfectoires des étudiants ou dans les colonnes de journaux. Son portrait était à la page couverture du magazine Veja – un hebdomadaire brésilien de premier plan - de cette semaine,  accompagné d’un reportage.

"Obama ressemble à mon père," déclarait le chanteur  Caetano Veloso dans une entrevue accordée au journal  Folha de Sao Paulo. "C’est un mulâtre qui ressemble à