23 février 2009
Tiers Français, Français entiers

Autant le savoir tout de suite, ce n’est pas le conflit social actuel qui touche la Guadeloupe avec ses grèves qui sera traité ici en tant que tel, car la presse l’a déjà analysé de long en large. De plus, cet événement n’est que la goutte d’eau qui essaye de faire déborder le vase.
Plusieurs questions y relatives se posent simplement, étant donné que la situation des populations d’origine africaine à travers le monde interpelle l’Africain que je suis. Des questions touchant aux problématiques plus profondes, comme celle de la dépendance sociale, économique et politique de la majorité de la population des Antilles Françaises.
Les Guadeloupéens sont-ils des Français à part entière ou des Tiers Français en sachant qu’un tiers est une personne étrangère? De part leurs identités et leurs origines multiples, partagées entre l’Europe, l’Afrique, l’Inde et l’Amérique entre autre, le Guadeloupéen n’a rien à voir avec le Marseillais, le Breton, le Parisien ou le Picard typique. Et l’État Français le traite en fonction de cela. En France on se plaint que les Dom et les Tom sont des terres de fonctionnaires avantagés, pour lesquels l’État dépense des sommes faramineuses. Comme quoi, les Antillais ne rapportent rien à la France.
On aurait pourtant pu ne serait-ce que penser au fait qu’il s’agit de territoires qui permettent à la France d’avoir une présence stratégique dans les Amériques, très utile pour un pays impérialiste. Ou encore qu’il s’agit d’une destination touristique qui rapporte d’immenses devises à de grands groupes Français (de métropole) du tourisme. Il est vrai que ce sont les Antilles, territoire et non les Antillais, à majorité noirs, qui dans ces deux exemples serviraient à la France.
Les populations noires, comme en République Dominicaine servent par exemple en majorité, à recevoir le touriste occidental avec le sourire, à occuper les postes de subalternes, à travailler dans les grandes sociétés dirigées par les békés associés à des blancs métropolitains.
D’un côté on a donc les politiciens Français et les médias Français qui font tout pour faire croire, à raison ou à tort, que la France garde ses Antilles par charité chrétienne, et que ses populations devraient la remercier plutôt que de manifester et de se révolter. De l’autre côté, il y a les Antillais qui se sentent lésés (Eux pourtant assistés?), des tiers Français.
La deuxième question se pose alors : les Antilles Françaises sont elles mieux au sein de la France ou doivent-elles devenir indépendantes?
Certains Guadeloupéens et Martiniquais qui sont contre une indépendance de la France utilisent souvent l’argument valable du risque de se retrouver comme Haïti ou comme des pays Africains dont l’Indépendance n’aurait fait qu’empirer les choses.
Ceux qui sont pour l’Indépendance sont soit aveuglés par leur grande envie de se libérer définitivement de l’oppression séculaire de l’ancienne métropole esclavagiste et du maitre esclave aujourd’hui patron exploiteur, ne voyant pas les grandes difficultés de tout ordre qui peuvent les attendre. Soit, ils en sont conscients et sont prêts à accepter le sacrifice pour que les générations futures d’Antillais soient véritablement autonomes, indépendantes et jouissent un jour d’une identité et d’une nationalité entières.
Aujourd’hui, la France, qui cantonne les Antillais aux Antilles à une catégorie d’emplois, se frustre non seulement de la force de travail, de la capacité d’entreprendre, de la force créative, autre que manuelle et peu intellectuelle des Guadeloupéens et des Martiniquais noirs, comme le Brésil et les pays d’Amérique Latine le font avec la majorité des Afrodescendants que ces Nations discriminent, ou comme les États-Unis le font en grande partie avec les Africains Américains en ne leur laissant pas la possibilité d’exprimer leurs talents dans les conditions optimales.
Dans tous ces pays et dans d’autres, c’est le règne de la croyance quasi scientifique selon laquelle chaque fois qu’on discrimine un noir, qu’on place devant lui des barrières, qu’on refuse à un Afrodescendant les mêmes chances dans la société, dans l’entreprenariat, dans les sciences, en politique etc., cela permet aux autres, surtout aux blancs de conserver leur place.
Pourquoi ne pas alors se débarrasser d’un territoire que l’on se plaint de subventionner à grand frais ? Peut-être aussi pour ne pas abandonner les békés qui sont des Guadeloupéens eux aussi, en plus des deux raisons éventuelles citées plus haut?
Nicolas Sarkozy aime se vanter d’être un réformateur. Le président Français sait si facilement se mêler de la politique Canadienne, quand il s’agit par exemple de qualifier les souverainistes québécois de sectaires. Il devrait pour prouver son courage politique avoir justement le même courage que le Canada a eu en permettant au Québec d’organiser un référendum relativement à sa souveraineté il y a quelques années. Et donner l’occasion aux Guadeloupéens et autres Martiniquais de dire clairement ce qu’ils veulent : rester des Tiers Français dans la France ou devenir Indépendants.
Mais les premiers concernés par un changement qui serait de cette envergure, ce sont les Antillais eux-mêmes, qui devraient alors eux-aussi faire preuve d’un immense courage pour dire clairement ce qu’ils veulent et pousser la France à leur donner l’occasion de s’exprimer dans ce sens.
Guy Everard Mbarga
20 janvier 2009
Quand le rêve de M L King se réalisera

Ce mardi 20 janvier 2009, Barack Hussein Obama, fils d’un Kényan et d’une blanche américaine du Kansas devient le 44ème Président des États-Unis, le premier président noir de la première puissance mondiale. Une journée historique, mémorable et incroyable.
Surtout lorsque l’on se souvient que le 28 août 1963, Martin Luther King délivrait son célèbre discours ' I have a dream' sur les marches du Lincoln Memorial à Washington. Un discours dans lequel il affirmait que 100 années après l’abolition de l’esclavage aux États-Unis, les noirs n’étaient toujours pas libres, qu’ils continuaient de vivre la ségrégation, la discrimination. Que les noirs continuaient de vivre dans la pauvreté, entourés d’un vaste océan de prospérité matérielle. Bref, en 1963, le leader AfroAméricain, combattant des Droits Civils dressait le portrait d’une Amérique divisée, dans laquelle les noirs étaient des citoyens américains entièrement à part de tous les points de vue. Les choses ont-elles vraiment changé depuis ce jour là?
Ce lundi 19 janvier 2009, cette Amérique célébrait le Martin Luther King Day, jour férié aux États-Unis depuis 1966. Et bien évidemment, compte tenu de l’élection historique du premier noir à la présidence américaine, la fête du révérend de l’Alabama a une importance particulière cette année. Beaucoup estiment que le sénateur de l’Illinois a réalisé son rêve.
Martin Luther King évoquait aussi dans son discours ce rêve d’une Amérique plus juste pour tous, Noirs, Blancs etc. Et il est vrai que depuis 1963, beaucoup d’avancées ont été réalisées. Des points de vue politique, économique, et social, les Noirs Américains ont pu vivre une amélioration dans leur quotidien, dans leur niveau de vie. Mais sont-ils devenus libres, plus libres à présent que le président des États-Unis est de la même race qu’eux? Sont-ils devenus plus libres par le seul fait que des électeurs à majorité blancs ont voté pour Barack Obama?
Dans la bouche de Martin Luther, le mot ''libre'' pour moi et je crois pour lui signifiait débarrassé de toute barrière, de toutes ses chaines qui empêche le noir américain de jouir de la totalité de son potentiel, de se réaliser en tant qu’être humain sans toujours être obligé de mener sa vie dans la promiscuité de son espace, dont la taille, la forme, le contenu, l’évolution ou la stagnation est décidé(e) par un autre.
On peut effectivement reconnaitre la forte valeur du symbole du premier président noir, soupçonner et imaginer la grande volonté de dépassement et de changement qui a amené les américains à surprendre le monde entier lors de cette élection. Mais peut-on dire que l’Amérique est aujourd’hui autant juste avec chacun de ces citoyens noirs qu’elle l’est avec les autres?
Mon but ici n’est pas de citer toutes les injustices dont souffrent les noirs aux États-Unis, mais de descendre un peu du nuage euphorique et utopique animé par les médias principalement et qui nous laisse croire que le monde, du moins aux États-Unis est devenu un paradis terrestre en ce qui concerne les relations raciales. Non, la discrimination n’a pas pris fin, les noirs américains n’ont toujours pas droits aux soins de santé de la même manière que leurs concitoyens, ils ne sont pas encore égaux devant la justice, leur accès à l’emploi et au logement décents, à l’éducation, à la culture, à la science…reste faible en quantité et en qualité.
Ce mardi 20 janvier 2009, jour de l’investiture de Barack Obama, Martin Luther King est certes heureux. Mais il sait que les États-Unis principalement, mais aussi l’Amérique Latine et l’Europe n’ont pas encore réalisé son rêve d’égalité pour tous. Il sait que le chemin vers la réalisation totale de ce rêve est encore long, que ses frères de race sans se plaindre, sans toujours trouver en les autres les sources de leurs malheurs, devront continuer de se battre pour que dans sa tombe un jour, lorsque son rêve sera réalisé il se repose enfin en disant : ' I had a dream…and it’s come true' *.
* J’avais un rêve, et il s’est enfin réalisé.
18 janvier 2009
Entretien avec Guy Everard Mbarga par Raphaël ADJOBI
Entretien avec Guy Everard M’barga
Auteur du blog
Afin de permettre aux uns et aux autres de mieux connaître des blogueurs africains ou afrodescendants dont les travaux retiennent mon attention, j’ai décidé d’ouvrir une rubrique « Entretien ». Mon premier invité est Guy Everard M’barga, Camerounais, auteur du blog « Noirs d’Amérique Latine ». Merci à Mouélé Kibaya de m’avoir suggéré l’idée.
1. Derrière le blog « Noirs d'Amérique Latine », qui est Guy Everard Mbarga dans le quotidien ?

J’exerce le métier d’enseignant à Montréal où je vis avec mon épouse et ma fille. Je suis très passionné par la diaspora africaine issue de l’esclavage en Amérique Latine particulièrement, et ayant fait des études en Langues Étrangères, j’en profite pour emmener d’autres, Africains ou afrodescendants francophones principalement, à jeter un œil sur les Afrodescendants d’Amérique Latine dont on parle si peu.
2. Quel intérêt les Africains peuvent-ils tirer des actualités des Noirs d'Amérique Latine que vous traduisez ?
Les intérêts sont multiples, à la fois culturel, spirituel, intellectuel, historique, social, politique et même économique. Nous sommes dans un monde où l’information, avec en plus Internet, permet une plus grande ouverture au monde, à d’autres horizons, à d’autres rêves. Prenons simplement les points de vue intellectuel, culturel, spirituel et historique, il est fort intéressant pour un Africain, un noir de connaître le vécu historique et présent des Afrodescendants. Pourquoi en tant qu’Africain je me préoccuperais plus du sort de telle population au Moyen Orient plutôt que de celui de personnes qui me ressemblent en Amérique Latine. Les télénovelas d’Amérique Latine sont populaires en Afrique, mais à part celles qui parlent de l’esclavage, il y en a très peu qui abordent les problèmes spécifiques vécus par les populations d’ascendance Africaine qui y vivent, soit environ 150 000 000 de personnes. Le blog des Noirs d’Amérique Latine essaie de rendre accessible en Français d’autres informations sur ses populations. L’objectif est en fait de briser le mur linguistique qui existe et qui empêche aux Africains en Afrique d’accéder à cette information. Lorsque les moyens me le permettront, je pense avec d’autres créer un site d’information totalement axé sur cette thématique. Personnellement, avant de m’y intéresser, je savais très peu de choses sur cette population. Mais quand on va en profondeur, ne serait-ce que du point de vue culturel, on en sort avec un plus. En résumé, l’information publiée sur le blog est une première étape pour susciter un intérêt qui me semble à priori naturel. Après, c’est à chacun d’aller plus loin, en décidant par exemple de voyager dans ces pays, d’y aller étudier, de créer des liens culturels, économiques, académiques etc. Au niveau du continent, l’Afrique brille en Amérique grâce à ces afrodescendants et à leurs contributions apportées de l’Afrique et adaptées là-bas. De la même manière que malgré l’image négative de l’Afrique, un grand nombre d’Afrodescendants d’Amérique revendiquent avec fierté leurs origines, les Africains peuvent tirer ne serait-ce que de la fierté pour les multiples accomplissements de cette diaspora dans ce continent. Mon avis est que l’Afrique aurait beaucoup à gagner en (re)créant des liens avec cette diaspora, en la valorisant, en lui octroyant des avantages en Afrique, en la privilégiant par rapport à toute autre population non africaine ou afrodescendante.
3. Vous êtes totalement absent de la communication entre les blogueurs africains. Même les commentaires ne vous font pas réagir ; sauf quand ils viennent du continent américain. Est-ce un choix délibéré ?
Je suis plutôt quelqu’un d’assez discret en général. Si je ne communique pas avec d’autres blogueurs, c’est simplement parce que je ne suis pas sollicité et puis, il faut que ce soit utile. J’essaie de laisser mon travail et les traductions que je mets en ligne communiquer en quelque sorte le message que je souhaite faire passer en tant que blogueur. Concernant les réponses aux commentaires, mon observation des blogs en général me laisse constater que les auteurs ne réagissent pas toujours aux commentaires, et très souvent quand ils le font, c’est pour censurer ou pour avertir. Mon rôle selon moi est de mettre à la disposition des lecteurs intéressés des informations traduites vers le Français et qui sont à priori inaccessibles dans cette langue. La plupart des lecteurs se contentent de lire, d’autres prennent le temps de réagir. Si les gens s’adressent directement à moi ou posent des questions auxquelles je peux répondre, je le fais sans problème. Mais il arrive par exemple que les gens ne se rendent même pas compte que je fais des traductions d’articles et dans leurs commentaires, ils me posent des questions comme s’ils s’adressaient à une personne dont on parle dans l’article. En bref, le choix n’est pas délibéré, c’est juste une façon de faire qui ne résulte pas d’une réflexion stratégique.
4. Quelle idée avez-vous des blogs en général et en particulier ceux tenus par les Africains ?
C’est une question assez difficile, parce que je ne veux pas paraître prétentieux. Le blog que j’anime par exemple ne ressemble en rien à la majorité de ceux qui existent. La plupart des blogs sont liés à l’actualité en général, celle que l’on retrouve dans les grands médias. Les blogueurs ne font qu’ajouter leur opinion. Mais on a l’impression de retrouver la même chose un peu partout. Très sincèrement, je trouve qu’il y a un peu de saturation au niveau des blogs en général. Ils sont très rares les blogs dans lesquels on retrouve une certaine originalité dans le contenu, une thématique qui sort de l’ordinaire. En toute modestie, je suis bien heureux de constater que le mien est radicalement différent à tout point de vue. J’ai vraiment l’impression de ne pas faire la même chose que les autres, je donne très peu d’opinions savantes par exemple. Je pense en bref que les meilleurs blogs sont ceux qui sont originaux, qui traitent de sujets qui ne sont pas les plus populaires, ces sujets là qui font la une de la plupart des grands médias au niveau mondial ou en Afrique par exemple. Je ne veux restreindre la liberté d’être blogueur d’aucun africain, mais je pense que quitte à ce qu’il y en ait plein, il faudrait qu’ils trouvent des formules plus originales pour que ce ne soit pas rébarbatif.
5. Les articles que vous traduisez parlent beaucoup de « la diversité » comme en France. Le besoin d'une plus grande représentation de la minorité afrodescendante dans les paysages social et politique incite-t-il les Latinoaméricains à valoriser la part héritée de l’Afrique ou à vouloir la gommer par une quelconque forme « d’intégration » ?
La question nécessite vraiment l’analyse d’un spécialiste, ce que je ne prétends pas être. Mais, mes observations suite à mes nombreuses lectures me laissent penser subjectivement qu’on retrouve les deux attitudes. Mais, vous savez, quoiqu’il arrive, on a beau vouloir s’intégrer, il y a toujours quelque chose qui fait que vous êtes différent des autres. Malgré les siècles de présence des noirs en Amérique en général, on en est encore à parler de leur intégration. Simplement parce qu’ils dépendent des autres, de la place que les autres veulent bien leur laisser. Le combat que les noirs mènent aujourd’hui pour se faire une place égale à celle des autres ethnies présentes dans les pays d’Amérique est le même que les premiers esclaves ont mené. C’est dire que malgré la fin de l’esclavage, ils sont toujours à la recherche d’une certaine liberté, ce mot signifiant pour moi le fait de ne pas dépendre totalement de la bonne volonté des autres groupes ethniques du point de vue de l’éducation, de l’emploi, de la place dans la société, du développement économique, académique, intellectuel, culturel et politique. Le problème de leur représentation est assez complexe, et strictement de ce point de vue, ils n’ont pas nécessairement besoin de revendiquer leurs origines africaines. Mais ce qu’on observe c’est qu’il existe de plus en plus de communautés d’afrodescendants qui se regroupent en revendiquant leur statut de minorité afrodescendante, spécifique et qui nécessite une attention particulière des états pour leur permettre de goûter à un mieux être en général. Je dirais qu’actuellement, il est beaucoup mieux en Amérique Latine de revendiquer que l’on est Afrodescendant que de vouloir le cacher ou le gommer. Mais quelque soit l’époque, un grand nombre d’Afrodescendants ont toujours revendiqué haut et fort leur part héritée de l’Afrique.
Entretien réalisé par
Raphaël ADJOBI
http://raphael.afrikblog.com/archives/2009/01/14/12086235.html
09 novembre 2008
Obama et les Afro-Américains peuvent aussi remercier Bush !

Par Guy Everard Mbarga
Barack Obama, le Président Élu des États-Unis d’Amérique remplacera George Walker Bush que les américains en grande majorité et le reste de la planète se réjouit de voir bientôt quitter la Maison Blanche.
Un sondage réalisé en août 2008 auprès des américains indiquait que 41% d’entre eux trouvent que l’actuel dirigeant de la première puissance mondiale est dans l’histoire le pire président des États Unis. Autant dire qu’il ne laissera pas de bons souvenirs auprès de ces concitoyens, ni dans le reste du monde.
Mais, si l’on regarde les choses dans une perspective plus spécifique, plus particulière, du point de vue des afro-américains et des noirs en général, deux gestes politiques, de Georges Bush marqueront tout de même l’histoire de façon très positive : les deux nominations au sein de son administration à des postes stratégiques au niveau mondial de deux afro-américains. Tout d’abord la nomination de l’afro-américain Colin Powell au poste de Secrétaire d’État qu’il occupa entre 2001 et 2005 avant de démissionner.
Et deuxièmement, celle de Condoleezza Rice qui fut sa Conseillère à la Sécurité nationale entre 2001 et 2005 , avant d’être nommée également Secrétaire d'État, seulement la deuxième femme à occuper ce poste. Le magazine américain Forbes l’a classée deux années de suite (2004-2005) la femme la plus puissante du monde.
Le secrétaire d’État aux États-Unis est le poste de plus haut rang dans le Cabinet et celui ou celle qui l’occupe est le principal conseiller en politique étrangère du président selon le site Internet du Département d’État américain.
Le Département d’État Américain, dirigé donc par le Secrétaire d’État est en quelque sorte la cheville ouvrière de la politique étrangère américaine et a un impact immense sur le reste du monde, mais également notamment sur l’économie américaine.

On juge mieux de l’importance de ces deux postes quand on connaît le manque de visibilité politique dont bénéficient les noirs et les Afrodescendants vivant en dehors de l’Afrique et principalement dans les pays occidentaux. Les doigts de deux mains suffisent pour compter le nombre de ministres noirs en Europe par exemple.
Or on sait que la prospérité de ces populations noires dépend également de leur intégration, c’est-à-dire de leur engagement dans le système politique et de leur prise en considération par ce même système. Cette intégration se faisant par le haut ou par le bas.
L’exemple tout frais de l’implication sans précédent des électeurs noirs dans le vote en faveur de Barack Obama à la présidence est là pour témoigner du fait que plus une population se sent concernée par le processus politique, plus elle y participe.
Les Afro-Américains voyant un des leurs tout prêt d’occuper la Présidence américaine, actuellement la position de pouvoir la plus importante, la plus prestigieuse sur la planète se sont mobilisés pour l’aider à y parvenir.
À un autre niveau, de voir Colin Powell et Condoleezza Rica occuper des postes de prestige dans leur pays pendant 8 ans environ a à coup sûr eu un impact positif sur les afro-américains dans de nombreux domaines.
En fin de compte, l’actuel Président américain, Georges Walker Bush rentrera aussi dans l’histoire comme celui qui a permis à Condoleezza Rice et à Colin Powell, d’occuper les postes les plus prestigieux* jamais occupés par un noir dans tous les pays occidentaux. Avant la présidence de Barack Obama bien sûr…Et on pourrait sans risque de se tromper affirmer que le texan, un républicain, a contribué à préparer le terrain au Sénateur de l’Illinois.
Seul bémol à tout cela pour les deux premiers, leurs images respectives sont associées à la période de la politique étrangère de cow-boy des années Bush qui a justifié le grand désamour entre les États-Unis d’une part et une bonne partie des autres pays du monde d’autre part.
- Classement des personnalités politiques noires les plus prestigieuses de l'histoire en Occident :
1 – Barack Obama, Président des États-Unis
2- Condoleeza Rice – Colin Powell : Secrétaire d’État Américain
3 - Koffi Annan : Secrétaire général de l’Onu
4 – Michaelle Jean : Gouverneure Générale, Canada
01 septembre 2008
Oh Barack Obama, délivre-nous de nos péchés !
21 juillet 2008
Socio economic and political independence of Afrodescendants
Guy Everard Mbarga
Translation : Armelle Mfegue
The principal problem which afrodescendants face, notably those of Latin America
Many Latin American states have shown proof of a forced, opportunist, or true relative voluntarism. Affirmative actions which permit afrodescendant to go through a social catch up are put in place in countries where black activism and afro conscience are strong. But the end of the tunnel remains invisible for blacks.
The solution for afrodescendants will then be to look for their social economical and political independence in view of improving their living conditions within their nations. Obviously, certain black communities in countries where Afrodescendants are minorities have succeeded in obtaining this autonomy, notably in the economical and social point of view, interacting equal to equal with other actors of the economic and social life. But the great majority lives in extreme poverty and it is for them that a true revolution should be carried on.
This tremendous upheaval is of course more difficult to achieve than it is to make the suggestion on a platform.
Socio economical and political independence does not mean that afrodescendant communities will no longer depend on the willingness of the public authorities, but that they will count more on themselves.
To arrive at that, an International Black Solidarity or Black Union could be created. Its role would be to go or act beyond geographical divisions of nations, sub continents and continents.
This International Black Solidarity will be responsible for creating many institutions, organisations and will also head or supervise and collaborate with those already existing with the same objectives. It would be like The Black United Nations or Black Union. What would be different from the UN or the African Union is that those who will sit during its sessions could for example be volunteers who will be compensated according to their results or output after their mandate.
The idea of not having an organisation like that of the United Nations comes from the fact that , despite all it’s prestige and success, the world is not at it’s best since it’s creation in 1945……….
Also, the financial institution which could help afrodescendants create projects should not go off the beaten track by the World Bank or the IMF with the risk of attaining the same results.
The objective is that the International Black Solidarity as well as financial, social, cultural, educational institutions, etc. that will be attached do not become organisations for experts, that the black population does not perceive any effect in their daily life.
There could be institutions like
- An organ in charge of putting in place an afro parallel educational system that will have as principal objective responsibility over the afrodescendant youths who do not have enough means to go to school or continue their studies at the university, notably those neglected by their respective nations.
- A bank (with many branches divided into geographical regions) or all other financial system to finance across the world projects, by afrodescendant and for afrodescendants and that would function like any other bank having as goal the generation of profit to reinvest for the cause.
- An organ centered on the employment and entrepreuneurship that will advise afrodescendants looking for a job or who will want to create an enterprise or do business, and would follow them up
- A judicial organisation permitting to advise and judicially support afrodescendants across the world
- An organisation centered on insurance and eventually creating an insurance company.
- An organ in charge of information and communication: notably in charge of informing afrodescendants on countries, towns in which they have a higher risk of being discriminated across the world or those in which they could have more opportunities. They could publish, for example, a classification of the most dangerous countries or most welcoming countries for Africans and afrodescendants on the basis of a network of witnesses. It could be imagined in this respect, the creation of a radio, a PANAFRO television channel, translation services for a linguistic connection in terms of information, this organ could equally serve as a means of fighting against all initiatives of the western media of disinformation and the publication of massive and negative information aiming at giving negative view point on Africa, Africans and Afrodescendants( an example is the case of Mugabe and his unseen coverage for shameful reasons).
- An organ in charge of culture, tourism, and history, etc.
- an organ in charge of political and social representation that will aim at supporting the initiatives of political and social engagements of afrodescendants within their nations.
As well as the funding of these organisations is concerned, different modes could be encouraged , notably the contributions of African states , individuals in the form of gifts or remunerated investmests. There could be, for example, the supply of the capital to the bank through the contributions of African states, afro institutional investors and individuals.
Many afro organisations already exist and are doing a great job trying to get blacks out of their precarious situation. An institution like that of the International Black Solidarity would serve to connect, gather, and unify all the other institutions after having identified and invited them.
International Black Solidarity would certainly be centered on solidarity but the objective is not to show solidarity in a charitable way, rather it means helping people help themselves, giving them tools to take responsibility over themselves. In this sense, according to their domain of activities, institutions could function in the form of patronage or pairage.
All over the World, there are afrodescendants having expertise in and so domain, who have succeeded at various levels and could become patrons of those who orientate themselves in the same domain, for example, by guiding and advising them. It would be very useful in the sense that absence of information, the difficulty in getting access to capital information could change everything in a life. The patronage or pairage could be possible in various domains, notably education, entrepreneurship, culture, and in the search of employment.
In the different institutions, management could be organised in a collective manner with a repartition of representations that could be near the following:
4 representatives for Africa, 3 for the Diaspora in Europe, 2 for South America, 1 for Central America, 3 for North America, and 2 for the Caribbean. Each of these members could be responsible for a division or sub division (employment, and entrepreneurship, justice, Human Rights, finance, communication, education, politics, culture, employment and leisure).
The above outline is just an idea that is not perfect or complete and not totally new. It would seem utopian, to some, a dream. Meanwhile, the connection between a dream and reality can be carried out for a dream does not prevent the possibility of its own achievement.
04 juillet 2008
De l’indépendance socio-économique et politique des Afrodescendants
Par Guy Everard Mbarga

Le problème principal auquel font face les afro descendants, notamment ceux d’Amérique Latine, est la discrimination raciale et le racisme. Cette situation est la cause principale des mauvaises conditions de vie des afro descendants, puis la conséquence de leur dépendance socio-économique et politique. On est dans un cercle vicieux qui dure depuis des siècles : le racisme et la discrimination raciale entrainent le chômage, la misère, la sous représentation politique, l’exclusion sociale. Et tous ces phénomènes à leur tour nourrissent le racisme et la discrimination raciale. Somme toute, un problème racial qui devient (ou est en même temps) social et vice-versa.
De nombreux états d’Amérique Latine font preuve d’un relatif volontarisme forcé, opportuniste ou véritable. Des actions affirmatives pour permettre aux Afro descendants d’aller vers un rattrapage social sont mises en place dans les pays où l’activisme noir et la conscience afro sont forts. Mais le bout du tunnel reste invisible pour les noirs.
La solution pour les afro descendants serait donc de rechercher leur indépendance socio-économique et politique en vue d’améliorer leurs conditions de vie au sein de leurs différentes nations. Évidemment, certaines communautés noires, dans les pays où les afro descendants sont minoritaires ont réussis à acquérir cette autonomie, notamment du point de vue économique et social, interagissant d’égal à égal avec les autres acteurs de la vie économique et sociale. Mais, la très grande majorité vit dans la misère et c’est pour elle et par elle qu’une véritable révolution doit être menée.
Cet immense bouleversement, est bien sûr beaucoup plus difficile à réaliser que le fait de le suggérer dans une tribune.
L’indépendance socio-économique et politique ne signifie pas que les communautés afro-descendantes ne dépendront plus de la bonne volonté des pouvoirs publics, mais plutôt qu’elles pourront davantage compter sur elles-mêmes.
Pour en arriver là, il faudrait notamment que soit créée une sorte d’Internationale Solidaire Noire, ou Union Noire, qui dépasserait les divisions géographiques des nations, des sous-continents, et des continents.
Cette Internationale Noire serait chargée de créer un certain nombre d’institutions, d’organisations et de les chapeauter, et de collaborer avec celles existantes dont les objectifs cadreraient avec les siens. Il s’agirait un peu des Nations Unies Noires ou de l’Union Noire. Mais à la différence de l’Union Africaine ou de l’ONU, les personnes qui y siégeraient pourraient par exemple être bénévoles et seraient récompensées selon les résultats après leur mandat.
L’idée de ne pas avoir une organisation noire du type de l’Onu vient du fait que malgré tout son prestige et ses succès, la situation mondiale n’est pas meilleure que depuis sa création en 1945…
De même, l’institution financière qui aiderait les Afro descendants à lancer des projets ne devrait pas suivre les sentiers battus par la Banque Mondiale ou le FMI, au risque d’aboutir au même résultat.
L’objectif est que l’Internationale Solidaire Noire, de même que les institutions financière, sociale culturelle, éducative, entrepreneuriales etc., qui y seraient attachées ne deviennent pas des organisations pour experts, dont les populations noires ne perçoivent aucun effet dans leur vie quotidienne.
On pourrait avoir comme institutions :
- un organe chargé de mettre en place un système d’éducation afro parallèle qui aurait pour principal objectif de prendre en charge les jeunes Afro descendants ayant peu de moyens pour aller à l’école ou poursuivre des études supérieures, notamment ceux délaissés dans leurs nations respectives par l’État,
- une banque (avec plusieurs branches réparties géographiquement) ou tout autre système financier (tontine par exemple) pour financer à travers le monde les projets, par les afro descendants et pour les afro descendants et qui fonctionnerait comme toute autre banque avec pour but de générer des profits à réinvestir pour la cause,
- Un organe axé sur l’emploi et l’entreprenariat qui conseillerait les Afro descendants à la recherche d’un emploi ou voulant créer une entreprise ou entrer en affaires et les accompagnerait,
- une organisation juridique permettant de conseiller et de soutenir juridiquement les afro descendants à travers le monde,
- Un organisme de conseil axé sur les assurances et éventuellement une compagnie d’assurance,
- Un organe chargé de l’information et de la communication : notamment chargé d’informer les afro descendants sur les pays, les villes dans lesquels ils risquent d’être discriminés à travers le monde ou alors dans lesquels ils auraient le plus d’opportunités. Il publierait par exemple un classement des pays les plus dangereux ou les plus accueillants pour les Africains et les Afro descendants sur la base d’un réseau de témoins. On pourrait également imaginer dans ce cadre la création d’une radio, d’une chaine de télévision PANAFRO, des services de traduction pour une connexion linguistique. En terme d’information, cet organe pourrait également servir de contre poids fort servant à contrer toutes les initiatives des médias occidentaux de désinformation et de publication d’information massive et négative visant à faire adopter leur point de vue dénigrant sur l’Afrique, les Africains et les Afrodescendants (exemple de l’affaire Mugabe et de sa couverture inédite pour des raisons inavouées).
- Un organe chargé de la culture, du tourisme, de l’histoire etc.…
- Un organe en charge de la représentation politique et sociale qui viserait à soutenir les initiatives d’engagement politique et social des Afrodescendants au sein de leurs nations.
-
Concernant le financement de tous ces organismes, divers modes pourraient être encouragés, notamment des cotisations des États Africains, des individus, sous forme de dons ou d’investissements rémunérés. On pourrait ainsi par exemple alimenter le capital de la banque par le biais de cotisations des États Africains, d’investisseurs Afros institutionnels et individuels.
De nombreuses organisations afro existent déjà et font un travail formidable visant à sortir les noirs de situations précaires. Une institution comme l’Internationale Solidaire Noire servirait à connecter, rassembler, unifier, raccorder toutes les autres après les avoir identifié et invité.
L’internationale Solidaire serait certes axée sur la solidarité, mais le but n’est pas d’être solidaire de façon charitable. Il s’agit plutôt d’aider les gens à s’aider, leur donner les outils pour se prendre en charge. Dans ce sens, les institutions selon leur domaine d’activité pourraient fonctionner sous la forme de parrainage ou de pairage.
Il existe dans le monde entier des afrodescendants ayant une expertise dans tel ou tel domaine, qui ont réussis à plusieurs niveaux et qui peuvent parrainer d’autres qui s’orientent dans le même domaine, par exemple en les guidant, en les conseillant. Ce serait d’une très grande utilité, dans la mesure où des fois, l’absence d’information, la difficulté d’accès à une information capitale peut tout changer dans une vie. Le parrainage ou le pairage serait possible dans plusieurs domaines, notamment l’éducation, l’entreprenariat, la culture, dans la recherche d’emploi.
Dans les différentes institutions, la direction pourrait être organisée de manière collégiale, avec une répartition des représentations qui pourrait être proche de la suivante : 4 représentants pour l’Afrique, 3 pour la diaspora en Europe, 2 pour l’Amérique du Sud, 1 pour l’Amérique Centrale, 3 pour l’Amérique du Nord, 2 pour les Caraïbes. Chacun des membres de la direction pourrait être chargé d’une des divisions ou sous division (Emploi et Entreprenariat, Justice et Droits Humains, Finance, Communication, Éducation, Emploi, politique, Culture et Loisirs).
L’ébauche ci-dessus n’est qu’une idée lancée qui ne prétend pas être parfaite ni complète et encore moins tout à fait nouvelle. Elle semblera utopique à certains, un rêve. Cependant, la connexion entre rêve et réalité peut s’effectuer, car le rêve n’empêche pas la possibilité de sa propre réalisation.
06 juin 2008
The socio economical and political dependence of Afro descendents
By Guy Everard Mbarga
Translation: Armelle Mfegue
The principal problem afro descendents in America (Hispanic, iberic, Anglo- saxon) and the rest of the world are confronted with is the same in Africa . The economic and financial dependence and powerlessness and its principal corollary which is poverty, unemployment, social exclusion, etc.........
There are obviously differences in the historical constructions and actual manifestations of this phenomenon according to whether someone is an African in Africa , an afro Colombian, or an Afro-American. It could be confirmed that the number one problem faced by afro descendents is rather that of the racism and racial discrimination they have been subjected to since the time of slavery.
There is however a debate between those who feel that the problem of blacks is first and foremost social (blacks living difficult social situations like other ordinary citizen), and those who think that the problem is rather racial (blacks living difficult social situations because they are black).
In fact, these are two faces of a same and unique reality. All depends on how it is approached. Nobody can deny the existence of great discrimination and racism against blacks of South America, Central America and those of North America. The only importance in this debate (racial or social problem) is centered in the choice of policy put in place to correct the situation: anti-discriminatory and corrective policies of racial inequalities (affirmative action, quotas in public universities for example), or usual social and economical policies in a society where racial discrimination is minor or inexistent (due to the fact of an inexistent diversity) aimed at reducing unemployment or increasing the purchasing power.
In most cases elsewhere, both policies are applied, and even when there is just one, it is when the political power (executive, legislative, judiciary) decides not to pay particular attention to the disastrous economic and social reality that a specific ethnic group is going through.
The majority of Latin American countries for example find themselves in between the worst and better of those who do not act to those who put in place corrective policies.
And among the latter, can be distinguished those who do a lot ( and even make a lot of noise) but produce little results in terms of improving the living conditions of afro descendents and on the contrary, those who act least but are more efficient.
Like they say in football, only the results count ; and to follow effectiveness, whether we support the thesis of racial problem or that of the socio economical problem, in contradiction with the percentage they represent, the realities for blacks in the Americas
are as follows;
- The unemployment rates are far higher for afro descendents than the general average;
-Their general income is very often inexistent or very low;
-Their political representation is very often low or inexistent;
- The public investments are too often low or inexistent in zones predominantly populated by afro descendents;
- Afro descendents are often tenants rather than landlords of their apartments or land on which they live or exploit;
-The percentage of afro descendent men in prison is often much higher than the average;
-A much greater number of afro descendent women or men occupy jobs as servants, security guards, or other jobs of low income, and which are tedious and dangerous;
-Their image is often more associated with negative and ridiculous values, they are often subjected to denigration;
-Blacks are often under represented or not represented at all on public television and on the media in general;
-Most often, they fight to obtain citizen recognition equal to that of others;
-Their historical contributions to the construction of their nation are most often ignored;
In brief, as far as employment, education, public attention, image, citizenship, political
representation, etc. are concerned, afro descendants depend on the "will" of other rather than theirs;
My opinion is that afro descendents of America first of all search for better living conditions, like other citizens. At a pinch, racism that has no effect on their level and their living conditions will not bother them at all. In other words, if the percentage of employment, political and social representation, public investment in their favour, their presence in schools, and universities, incomes, the situation relative to apartment or territory property, the imprisonment rate, etc were equally, equitably, proportionally relative to the general situation, it would not have been spoken about as a racial problem
and afro descendents would not have lived it that way.
Racism alone is not a drama. It is when, like in a great majority of cases, it is accompanied by discrimination and leads to miserable living conditions that it becomes one.
The only solution for racism and racial discrimination not to have any effect on a great majority of afro descendents, notably Latin America is that they obtain an economic, financial and even if not necessarily, a political independence. The example of the success of other communities and their descendents in the world in the economic view point is an example to follow. These communities by their economic and financial independence are invisible as a problem.
Better still, the manifestations and positive aspects of their lives are sufficiently more visible than their negative aspects.
04 juin 2008
Breaking the walls of the Afrodescendant's solitudes
By Guy Everard Mbarga
Translation : Armelle Mfegue
To express the differences that divide anglophones and francophones in Canada, we have the habit of using the expression "two solitudes". The Afro-descendants of Latin American of African slaves’ descendants whose official languages are Portuguese and Spanish mainly represent an even greater solitude to be found within the Black World.
The specialized websites that address historical themes or topics related to Afrodescendants of Latin America are either scarce or too specialized and anchored on folklore, which is principally published in Spanish or Portuguese. The unavailability or extreme scarcity of everyday matters (of) such afrodescendants in other languages, such as French, constitutes a barrier, a wall that prevents reconnection, sharing, and exchange. The language is a barrier that prevents access to the daily reality or the history of the other. And this is particularly true for the African francophone or afrodescendant vis-à-vis the Latin American Afrodescendant, of which we are specifically talking about here.
Latin American Afrodescendants speak mostly Portuguese and Spanish and can not communicate automatically with the majority of Africans for example (or French or English speaking Caribbean) who speak mainly English and French. We can easily substantiate this by analyzing and comparing the official languages in the two continents and the proportion of people who speak them.
The languages of settlers and European slavers have not only been the vehicle used to make us ingurgitate a culture that is not ours, they are also, in our days, the origin of the solitudes of afrodescendants, that is; this linguistic isolation, political and cultural partitioning- more or less important-that characterizes every community of the African Diaspora, and particularly that of Iberian America. This is also the case in Africa where the realities of Francophones are far from preoccupying the Anglophones. This partitioning, boosted by differences in language, has an impact not only in terms of access of one to the information about the other, but also from the viewpoint of the exchange or the social, touristic, political, economic, cultural, and educational connexion, to name a few.
Initiatives are therefore to be implemented on both sides (by Africans and their Diaspora) to enable African descendants and Africans to broaden their horizons in terms of references like themselves, which would be a source of pride, and models. This is only possible if we open the linguistic padlock that makes them invisible, non-existent for others.
The role of communicators, journalists, translators, linguists here is paramount. They are the ones who can create this interest at the grassroots level (and not only experts). It is in this sense that the initiative of the blog of blacks in Latin America was born two years ago. It is through the translation of Spanish and Portuguese articles to French that we provide varied historical information and news, mainly (but not exclusively) to French-speaking Afrodescendants, about Latin American afrodescendants. Time has helped realize that a great interest exists, from the general public and also from many intellectuals. However, this initiative will continue to grow, and is just one grain of sand among millions of others.
The collaboration, beginning with Caoba, an online magazine, falls within this perspective. Each of us, African, afrodescendant of the Diaspora who embrace the same ideal shared within the Black World, has his share to be done.
03 juin 2008
Martin Luther King and our dreams for the afrodescendant communities
By Guy Everard Mbarga
Translation from French : Armelle Mfegue
This April 4, we celebrate the anniversary of the death of Martin Luther King, Afro-American leader of the Movement of Civil Rights for his brothers of the same color. His story is famous, and we will not narrate it again. We must celebrate this day
while thinking of our dreams for a future of genuine brotherhood between Africans and their descendants in the world.
MLK's dream is realized gradually, though with difficulties. We have an opportunity this 4th of April to share ours, and I take this opportunity to discuss mine. Those of a supporter of rapprochement with afrodescendants in the world, especially those in Latin America.
I dream of an Africa as a whole, celebrating the Month of the Afrodescendant, the African Diaspora issued of slavery.
I dream of the day when each Afodescendant, descendant of a slave will need no visa to travel on the Earth of its ancestors.
I dream of the day when Africa as a whole will show its financial, political, human solidarity with Haiti, the first independent black state.
I dream of the day when the great heroes , heroines, the great afrodescendant leaders of Latin America will be celebrated in Africa, Zumbi dos Palmares, Alonso de Illescas, Mondongo Ambrosio, Juan Pablo Sojo, Adalberto Camargo, Gaspar Yanga, King Miguel, Benkhos Bioho, Makandal, José Luis Chirino, Epsy Campbell, Luis Alberto Moore, Dessalines, Nanny, Piedad Cordoba, Sebastian Lemba, Queen Guiomar, Ursula Conga, Francisco Congo, Cudjoe, Cuffy, Julien Fédon, Andresote, Lorenzo Mombo , Toussaint Louverture…
I dream of the day when in every country of Africa, there will be a Secretariat of State or a Ministry in charge of relations with afrodescendants.
I dream of the day when curricula and courses on the African Diaspora will be available in countries in Africa to African students, college students and academics.
I dream of the day when the Athletic games of Africa and its diaspora will emerge.
I dream of the day when each Afrodescendant, slave descendant will be an african godfather or godmother , a kind of " symbolic" brother, sister, mother or aunt from whom he or she was separated once . A framework to find one's self.
I dream of the day when there will be in each african country The Statue of the Unknown Slave.
I dream of the day when the annual photo album of Faces of the Afrodescendance will be published.
I dream of the day when every African capital will have a museum devoted to the history of afrodescendant communities scattered in the Americas;
I dream of the day trips of cultural exchanges will be organized in schools, colleges and universities, in African communities of afrodescendants of the Americas;
…
I dream of the day when the walls separating the African solitudes and afrodescendants will fall.


