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Noirs d'Amérique Latine

Textes traduits de l'Espagnol témoignant du passé et du quotidien des Noirs d'Amérique Latine et des Caraibes

01 septembre 2008

Oh Barack Obama, délivre-nous de nos péchés !

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Pour dénigrer la trop grande propension de Barack Obama et de ses sympathisants à se présenter comme ceux qui viendront sauver l'Amérique ( We are the Ones, we’ve been waiting for, disent-ils)grâce à leur leader, la campagne du républicain John Mc Cain essaie, avec succès d’après les sondages, de dépeindre le sénateur de l'Illinois comme celui qui se prend pour Le Messie, l'Élu. Au-delà ce message de campagne à visée politique, le candidat démocrate à la présidentielle américaine pourrait pourtant véritablement devenir le sauveur de cette Amérique, en quelque sorte celui qui la délivrera de ses relations raciales malades, au moins en partie.

Libérateur d’abord des blancs qui en accordant la possibilité à un noir de présider à leur destin se délesteraient un peu de leur culpabilité ressentie vis-à-vis de ces AfroAméricains, exploités et maltraités durant l'esclavage, ségrégués avec les lois Jim Crow - notamment dans le sud - et encore grandement discriminés aujourd’hui de multiples points de vue. L’électorat blanc est d’ailleurs le seul à pouvoir vraiment donner la majorité à Barack Obama dans les urnes et son destin présidentiel dépend de lui.

Sauveur ensuite des noirs, qui pourraient obtenir un peu plus de place dans la société, espérer moins de discrimination, et en vouloir un peu moins aux blancs qui se sentent menacés depuis des siècles par leurs multiples revendications sociales, économiques et politiques.

Le libérateur enfin de ces combattants Afro-Américains des droits civils qui au contraire de Barack Obama ont toujours poursuivi un agenda principalement pour et par les noirs. Barack Obama président diviserait la poire en deux : les blancs obtiendraient un président noir qui ne menacerait pas leurs intérêts et symbole de relations raciales aux États-Unis améliorées, modernisées, pacifiées. Il les libérerait de leurs démons, de l’image de racistes invétérés qui leur colle à la peau tout en démontrant aux noirs et au reste du monde qu’ils ne sont pas si racistes et sans cœur.

Les Africains Américains auraient un des leurs à la tête du pays et seraient libérés de leurs propres démons qui poussent certains d’entre eux à en vouloir à ceux qu’ils considèrent comme frein à leurs libertés, à leur prospérité, à la bonne marche de leurs vies. Barack Obama leur permettra d’ajouter une image positive à leur peau, celle d’un noir président des États-Unis, capable de diriger la plus grande puissance actuelle du monde.

Les relations raciales aux États-Unis ont évolué en partant de l'esclavage, dans un sens où les conditions de vie des noirs se sont certes améliorées, mais n'ont jamais dans l'ensemble atteint l'égalité avec celles des blancs. On peut tout de même affirmer que davantage que par le passé, les raisons des inégalités persistantes dans ce pays sont de plus en plus sociales et de moins en moins raciales.

Ce passage de l'esclavage et de la ségrégation à la discrimination tout autant décriée que décriable et combattue ne s'est pas fait à travers le temps sans concession de part et d'autre. Les noirs ont par exemple obtenu l'abolition de l'esclavage, sans pour autant que justice, des fois si chère aux occidentaux, soit faite. Le combat pour les droits civils a connu de grandes avancées sans pour cela que les Afro-Américains se retrouvent socialement, économiquement ou encore politiquement égaux à leurs concitoyens blancs.

Si l'on considère que Barack Obama est dans la lignée des grands leaders et combattants politiques noirs qu'étaient ou que sont les Martin Luther King, Malcom X, Jesse Jackson ou encore Al Sharpton, on constate que là encore, il a fallu mettre beaucoup d'eau dans son vin.

Le discours et l'action politiques du sénateur de l’Illinois s'inscrivent plus sur le terrain social. Il veut autant améliorer les conditions de vie des Afro Américains que celles de la classe ouvrière blanche par exemple. Il s'agit là d'une différence fondamentale entre lui et ces prédécesseurs. Un peu comme si ces derniers estiment et ont estimé que seuls les noirs devaient voir progresser leur niveau social pour atteindre celui des blancs qui représente le meilleur.

Un élément crucial illustre bien cette tendance politique de Barack Obama lorsqu'on lui demande de se prononcer sur les réparations que des noirs américains réclament parce qu'ils estiment, à raison, que l'esclavage, la ségrégation et la discrimination représentent une injustice historique qui ne leur a jamais permit les mêmes chances qu’aux blancs. Il répond très subtilement et contrairement à ce qu'on a pu lire dans les médias occidentaux qui ont vite fait d'affirmer de manière triomphante qu'il était contre les réparations.

Il explique ainsi très clairement que "les meilleures réparations que l'on peut offrir ce sont des bonnes écoles dans les quartiers déshérités et des emplois pour les chômeurs" ("The best reparations we can provide are good schools in the inner city and jobs for people who are unemployed"). En fin politicien, expert en équilibrisme, il satisfait tout le monde.

Les AfroAméricains auraient des réparations, certes pas dans la forme que beaucoup pensent souhaiter et que la majorité des blancs semble ne pas vouloir, étant en quelque sorte opposés à des avantages accordés aux noirs parce qu'ils sont noirs, et ce malgré l'existence de l'Affirmative Action et du fait que beaucoup de blancs aux États-Unis ont toujours bénéficié de l'avantage de leur couleur de peau.

Justement concernant l'Affirmative Action qui bénéficie beaucoup aux noirs, Barack Obama sans s'y opposer en réclame une plus juste qui ne bénéficierait pas à ses filles par exemple issues d'une bonne famille, mais pourrait au contraire être appliquée pour un blanc qui vit dans des conditions sociales difficiles.

 

Le New York Times expliquait récemment dans un article que l'avènement du candidat démocrate annonçait la fin de l’action et de la philosophie politiques des leaders Afro-Américains telle qu'on les connait. L’auteur justifiait cela par le fait que son discours politique "racialement neutre" est la preuve de l'obsolescence de la politique telle qu’historiquement pratiquée par la majorité de ces leaders.

Pourtant, si Barack Obama est un politicien noir,  son discours politique et sa cible politique comme indiqué plus haut ne cadrent en rien avec ceux des Martin Luther King, Malcom X, Jesse Jackson, Al Sharpton, Louis Farrakhan, les Black Panthers et toutes ces organisations politiques noires historiques.

On devrait par conséquent le classer dans la politique américaine traditionnelle, dominante, blanche, incarnée par les partis démocrates et républicains, deux partis auxquels se résume la démocratie américaine. Et c'est la raison pour laquelle il est adoubé principalement par les ténors de cette politique, très majoritairement blancs. En fin de compte, malgré le refrain du changement, aux États-Unis, un noir, politicien ou non reste classé, rangé avec les siens, parce qu'il est défini d'abord par sa couleur de peau.


L'Amérique sachant être politiquement correcte, et étant une terre de paradoxes inextricables, Barack Obama président sera pourtant comme un billet de loto gagnant /gagnant : il donnerait l'illusion à chaque camp que l'autre lui a fait la plus grande des concessions, et blancs et noirs se délesteront alors d’un fardeau, comme le pécheur qui se repentit.

Guy Everard Mbarga
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21 juillet 2008

Socio economic and political independence of Afrodescendants

Guy Everard Mbarga

Translation : Armelle Mfegue

The principal problem which afrodescendants face, notably those of

Latin America

is that of racial discrimination and racism. This situation is the principal cause for the poor living conditions of afrodescendants and this is the consequence of their socio economical and political dependence. This is a vicious circle that has existed for the past centuries; Racial discrimination and racism results to unemployment, extreme poverty and political under representation, and social exclusion. All these phenomena in turn nourish racism and racial discrimination. Therefore, this is a racial problem becoming (or being at the same time) social and vice versa.

Many Latin American states have shown proof of a forced, opportunist, or true relative voluntarism. Affirmative actions which permit afrodescendant to go through a social catch up are put in place in countries where black activism and afro conscience are strong. But the end of the tunnel remains invisible for blacks.

The solution for afrodescendants  will then be to look for their social economical and political independence in view of improving their living conditions within their nations. Obviously, certain black communities in countries where Afrodescendants are minorities have succeeded in obtaining this autonomy, notably in the economical and social point of view, interacting equal to equal with other actors of the economic and social life. But the great majority lives in extreme poverty and it is for them that a true revolution should be carried on.

This tremendous upheaval is of course more difficult to achieve than it is to make the suggestion on a platform.

Socio economical and political independence does not mean that afrodescendant communities will no longer depend on the willingness of the public authorities, but that they will count more on themselves.

To arrive at that, an International Black Solidarity or Black Union could be created. Its role would be to go or act beyond geographical divisions of nations, sub continents and continents.

This International Black Solidarity will be responsible for creating many institutions, organisations and will also head or supervise and collaborate with those already existing with the same objectives. It would be like The Black United Nations or Black Union. What would be  different from the UN or the African Union is that those who will sit during its sessions could for example be volunteers who will be compensated according to their results or output after their mandate.

The idea of not having an organisation like that of the United Nations comes from the fact that , despite all it’s prestige and success, the world is not at it’s best since it’s creation in 1945……….

Also, the financial institution which could help afrodescendants create projects should not go off the beaten track by the World Bank or the IMF with the risk of attaining the same results.

The objective is that the International Black Solidarity as well as financial, social, cultural, educational institutions, etc. that will be attached do not become organisations for experts, that the black population does not perceive any effect in their daily life.

There could be institutions like

  • An organ in charge of putting in place an afro parallel educational system that will have as principal objective responsibility over the afrodescendant youths who do not have enough means to go to school or continue their studies at the university, notably those neglected by their respective nations.

  • A bank (with many branches divided into geographical regions) or all other financial system to finance across the world projects, by afrodescendant and for afrodescendants and that would function like any other bank having as goal the generation of profit to reinvest for  the cause.

  • An organ centered on the employment and entrepreuneurship that will advise afrodescendants looking for a job or who will want to create an enterprise or do business, and would follow them up

  • A judicial organisation permitting to advise and judicially support afrodescendants across the world

  • An organisation centered on insurance and eventually creating an insurance company.

  • An organ in charge of information and communication: notably in charge of informing afrodescendants on countries, towns in which they have  a higher risk of being discriminated across the world or those in which they could have more opportunities. They could publish, for example, a classification of the most dangerous countries or most welcoming countries for Africans and afrodescendants on the basis of a network of witnesses. It could be imagined in this respect, the creation of a radio, a PANAFRO television channel, translation services for a linguistic connection in terms of  information, this organ could equally serve as a means of fighting against all initiatives of the western media of disinformation and  the publication of massive and negative information aiming at giving  negative view point on Africa, Africans and Afrodescendants( an example is the case of Mugabe and his unseen coverage for shameful reasons).

  • An organ in charge of culture, tourism, and history, etc.

  • an organ in charge of political and social representation that will aim at supporting the initiatives of political and social engagements of afrodescendants within their nations.

As well as the funding of these organisations is concerned, different modes could be encouraged , notably the contributions of African states , individuals in the form of gifts or remunerated investmests. There could be, for example, the supply of the capital to the bank through the contributions of African states, afro institutional investors and individuals.

Many afro organisations already exist and are doing a great job trying to get blacks out of their precarious situation. An institution like that of the International Black Solidarity would serve to connect, gather, and unify all the other institutions after having identified and invited them.

International Black Solidarity would certainly be centered on solidarity but the objective is not to show solidarity in a charitable way, rather it means helping people help themselves, giving them tools to take responsibility over themselves. In this sense, according to their domain of activities, institutions could function in the form of patronage or pairage.

All over the World, there are afrodescendants having expertise in and so domain, who have succeeded at various levels and could become patrons of those who orientate themselves in the same domain, for example, by guiding and advising them. It would be very useful in the sense that absence of information, the difficulty in getting access to capital information could change everything in a life. The patronage or pairage could be possible in various domains, notably education, entrepreneurship, culture, and in the search of employment.

In the different institutions, management could be organised in a collective manner with a repartition of representations that could be near the following:

4 representatives for Africa, 3 for the Diaspora in Europe, 2 for South America, 1 for Central America, 3 for North America, and 2 for the Caribbean. Each of these members could be responsible for a division or sub division (employment, and entrepreneurship, justice, Human Rights, finance, communication, education, politics, culture, employment and leisure).

The above outline is just an idea that is not perfect or complete and not totally new. It would seem utopian, to some, a dream. Meanwhile, the connection between a dream and reality can be carried out for a dream does not prevent the possibility of its own achievement.

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04 juillet 2008

De l’indépendance socio-économique et politique des Afrodescendants

Par Guy Everard Mbarga 

Le problème principal auquel font face les afro descendants, notamment ceux d’Amérique Latine, est la discrimination raciale et le racisme. Cette situation est la cause principale des mauvaises conditions de vie des afro descendants, puis la conséquence de leur dépendance socio-économique et politique. On est dans un cercle vicieux qui dure depuis des siècles : le racisme et la discrimination raciale entrainent le chômage, la misère, la sous représentation politique, l’exclusion sociale. Et tous ces phénomènes à leur tour nourrissent le racisme et la discrimination raciale. Somme toute, un problème racial qui devient (ou est en même temps) social et vice-versa.

De nombreux états d’Amérique Latine font preuve d’un relatif volontarisme forcé, opportuniste ou véritable. Des actions affirmatives pour permettre aux Afro descendants d’aller vers un rattrapage social sont mises en place dans les pays où l’activisme noir et la conscience afro sont forts. Mais le bout du tunnel reste invisible pour les noirs.

La solution pour les afro descendants serait donc de rechercher leur indépendance socio-économique et politique en vue d’améliorer leurs conditions de vie au sein de leurs différentes nations. Évidemment, certaines communautés noires, dans les pays où les afro descendants sont minoritaires ont réussis à acquérir cette autonomie, notamment du point de vue économique et social, interagissant d’égal à égal avec les autres acteurs de la vie économique et sociale. Mais, la très grande majorité vit dans la misère et c’est pour elle et par elle qu’une véritable révolution doit être menée.

Cet immense bouleversement, est bien sûr beaucoup plus difficile à réaliser que le fait de le suggérer dans une tribune.

L’indépendance socio-économique et politique ne signifie pas que les communautés afro-descendantes ne dépendront plus de la bonne volonté des pouvoirs publics, mais plutôt qu’elles pourront davantage compter sur elles-mêmes.

Pour en arriver là, il faudrait notamment que soit créée une sorte d’Internationale Solidaire Noire, ou Union Noire, qui dépasserait les divisions géographiques des nations, des sous-continents, et des continents.

Cette Internationale Noire serait chargée de créer un certain nombre d’institutions, d’organisations et de les chapeauter, et de collaborer avec celles existantes dont les objectifs cadreraient avec les siens. Il s’agirait un peu des Nations Unies Noires ou de l’Union Noire. Mais à la différence de l’Union Africaine ou de l’ONU, les personnes qui y siégeraient pourraient par exemple être bénévoles et seraient récompensées selon les résultats après leur mandat.

L’idée de ne pas avoir une organisation noire du type de l’Onu vient du fait que malgré tout son prestige et ses succès, la situation mondiale n’est pas meilleure que depuis sa création en 1945…

De même, l’institution financière qui aiderait les Afro descendants à lancer des projets ne devrait pas suivre les sentiers battus par la Banque Mondiale ou le FMI, au risque d’aboutir au même résultat.

L’objectif est que l’Internationale Solidaire Noire, de même que les institutions financière, sociale culturelle, éducative, entrepreneuriales etc., qui y seraient attachées ne deviennent pas des organisations pour experts, dont les populations noires ne perçoivent aucun effet dans leur vie quotidienne.

On pourrait avoir comme institutions :

-          un organe chargé de mettre en place un système d’éducation afro parallèle qui aurait pour principal objectif de prendre en charge les jeunes Afro descendants ayant peu de moyens pour aller à l’école ou poursuivre des études supérieures, notamment ceux délaissés dans leurs nations respectives par l’État,

-          une banque (avec plusieurs branches réparties géographiquement) ou tout autre système financier (tontine par exemple) pour financer à travers le monde les projets, par les afro descendants et pour les afro descendants et qui fonctionnerait comme toute autre banque avec pour but de générer des profits à réinvestir pour la cause,

-     Un organe axé sur l’emploi et l’entreprenariat qui conseillerait les Afro descendants à la recherche d’un emploi ou voulant créer une entreprise ou entrer en affaires et les accompagnerait,

-          une organisation juridique permettant de conseiller et de soutenir juridiquement les afro descendants à travers le monde,

-          Un organisme de conseil axé sur les assurances et éventuellement une compagnie d’assurance,

-          Un organe chargé de l’information et de la communication : notamment chargé d’informer les afro descendants sur les pays, les villes dans lesquels ils risquent d’être discriminés à travers le monde ou alors dans lesquels ils auraient le plus d’opportunités. Il publierait par exemple un classement des pays les plus dangereux ou les plus accueillants pour les Africains et les Afro descendants sur la base d’un réseau de témoins. On pourrait également imaginer dans ce cadre la création d’une radio, d’une chaine de télévision PANAFRO, des services de traduction pour une connexion linguistique. En terme d’information, cet organe pourrait également servir de contre poids fort servant à contrer toutes les initiatives des médias occidentaux de désinformation et de publication d’information massive et négative visant à faire adopter leur point de vue dénigrant sur l’Afrique, les Africains et les Afrodescendants (exemple de l’affaire Mugabe et de sa couverture inédite pour des raisons inavouées).

-          Un organe chargé de la culture, du tourisme, de l’histoire etc.…

-          Un organe en charge de la représentation politique et sociale qui viserait à soutenir les initiatives d’engagement politique et social des Afrodescendants au sein de leurs nations.

-         

Concernant le financement de tous ces organismes, divers modes pourraient être encouragés, notamment des cotisations des États Africains, des individus, sous forme de dons ou d’investissements rémunérés. On pourrait ainsi par exemple alimenter le capital de la banque par le biais de cotisations des États Africains, d’investisseurs Afros institutionnels et individuels.

De nombreuses organisations afro existent déjà et font un travail formidable visant à sortir les noirs de situations précaires. Une institution comme l’Internationale Solidaire Noire servirait à connecter,   rassembler, unifier, raccorder toutes les autres après les avoir identifié et invité.

L’internationale Solidaire serait certes axée sur la solidarité, mais le but n’est pas d’être solidaire de façon charitable. Il s’agit plutôt d’aider les gens à s’aider, leur donner les outils pour se prendre en charge. Dans ce sens, les institutions selon leur domaine d’activité pourraient fonctionner sous la forme de parrainage ou de pairage.

Il existe dans le monde entier des afrodescendants ayant une expertise dans tel ou tel domaine, qui ont réussis à plusieurs niveaux et qui peuvent parrainer d’autres qui s’orientent dans le même domaine, par exemple en les guidant, en les conseillant. Ce serait d’une très grande utilité, dans la mesure où des fois, l’absence d’information, la difficulté d’accès à une information capitale peut tout changer dans une vie. Le parrainage ou le pairage serait possible dans plusieurs domaines, notamment l’éducation, l’entreprenariat, la culture, dans la recherche d’emploi.

Dans les différentes institutions, la direction pourrait être organisée de manière collégiale, avec une répartition des représentations qui pourrait être proche de la suivante : 4 représentants pour l’Afrique, 3 pour la diaspora en Europe, 2 pour l’Amérique du Sud, 1 pour l’Amérique Centrale, 3 pour l’Amérique du Nord, 2 pour les Caraïbes. Chacun des membres de la direction pourrait être chargé d’une des divisions ou sous division (Emploi et Entreprenariat, Justice et Droits Humains, Finance, Communication, Éducation, Emploi, politique, Culture et Loisirs).

L’ébauche ci-dessus n’est qu’une idée lancée qui ne prétend pas être parfaite ni complète et encore moins tout à fait nouvelle. Elle semblera utopique à certains, un rêve. Cependant, la connexion entre rêve et réalité peut s’effectuer, car le rêve n’empêche pas la possibilité de sa propre réalisation.

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06 juin 2008

The socio economical and political dependence of Afro descendents



By Guy Everard Mbarga
 

 

Translation: Armelle Mfegue 

  The principal problem afro descendents in America (Hispanic, iberic, Anglo- saxon) and the rest of the world are confronted with is the same in Africa . The economic and financial dependence and powerlessness and its principal corollary which is poverty, unemployment, social exclusion, etc.........

There are obviously differences in the historical constructions and actual manifestations of this phenomenon according to whether someone is an African in Africa , an afro Colombian, or an Afro-American. It could be confirmed that the number one problem faced by afro descendents is rather that of the racism and racial discrimination they have been subjected to since the time of slavery.

There is however a debate between those who feel that the problem of blacks is first and foremost social (blacks living difficult social situations like other ordinary citizen), and those who think that the problem is rather racial (blacks living difficult social situations because they are black).

In fact, these are two faces of a same and unique reality. All depends on how it is approached. Nobody can deny the existence of great discrimination and racism against blacks of South America, Central America and those of North America. The only importance in this debate (racial or social problem) is centered in the choice of policy put in place to correct the situation: anti-discriminatory and corrective policies of racial inequalities (affirmative action, quotas in public universities for example), or usual social and economical policies in a society where racial discrimination is minor or inexistent (due to the fact of an inexistent diversity) aimed at reducing unemployment or increasing the purchasing power.

In most cases elsewhere, both policies are applied, and even when there is just one, it is when the political power (executive, legislative, judiciary) decides not to pay particular attention to the disastrous economic and social reality that a specific ethnic group is going through.

The majority of Latin American countries for example find themselves in between the worst and better of those who do not act to those who put in place corrective policies.
And among the latter, can be distinguished those who do a lot ( and even make a lot of noise) but produce little results in terms of improving the living conditions of afro descendents and on the contrary, those who act least but are more efficient.
 

Like they say in football, only the results count ; and to follow effectiveness, whether we support the thesis of racial problem or that of the socio economical problem, in contradiction with the percentage they represent, the realities for blacks in the Americas
are as follows;

- The unemployment rates are far higher for afro descendents than the general average;


-Their general income is very often inexistent or very low;


-Their political representation is very often low or inexistent;
 

- The public investments are too often low or inexistent in zones predominantly populated by afro descendents; 

- Afro descendents are often tenants rather than landlords of their apartments or land on which they live or exploit;


-The percentage of afro descendent men in prison is often much higher than the average;


-A much greater number of afro descendent women or men occupy jobs as servants, security guards, or other jobs of low income, and which are tedious and dangerous;

-Their image is often more associated with negative and ridiculous values, they are often subjected to denigration;


-Blacks are often under represented or not represented at all on public television and on the media in general;


-Most often, they fight to obtain citizen recognition equal to that of others;


-Their historical contributions to the construction of their nation are most often ignored;

In brief, as far as employment, education, public attention, image, citizenship, political
representation, etc. are concerned, afro descendants depend on the "will" of other rather than theirs;

My opinion is that afro descendents of America first of all search for better living conditions, like other citizens. At a pinch, racism that has no effect on their level and their living conditions will not bother them at all. In other words, if the percentage of employment, political and social representation, public investment in their favour, their presence in schools, and universities, incomes, the situation relative to apartment or territory property, the imprisonment rate, etc were equally, equitably, proportionally relative to the general situation, it would not have been spoken about as a racial problem
and afro descendents would not have lived it that way.
 


Racism alone is not a drama. It is when, like in a great majority of cases, it is accompanied by discrimination and leads to miserable living conditions that it becomes one.
The only solution for racism and racial discrimination not to have any effect on a great majority of afro descendents, notably Latin America is that they obtain an economic, financial and even if not necessarily, a  political independence. The example of the success of other communities and their descendents in the world in the economic view point is an example to follow. These communities by their economic and financial independence are invisible as a problem.

Better still, the manifestations and positive aspects of their lives are sufficiently more visible than their negative aspects. 

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04 juin 2008

Breaking the walls of the Afrodescendant's solitudes



By Guy Everard Mbarga

Translation : Armelle Mfegue

To express the differences that divide anglophones and francophones in Canada, we have the habit of using the expression "two solitudes". The Afro-descendants of Latin American of African slaves’ descendants whose official languages are Portuguese and Spanish mainly represent an even greater solitude to be found within the Black World.

The specialized websites that address historical themes or topics related to Afrodescendants of Latin America are either scarce or too specialized and anchored on folklore, which is principally published in Spanish or Portuguese. The unavailability or extreme scarcity of everyday matters (of) such afrodescendants in other languages, such as French, constitutes a barrier, a wall that prevents reconnection, sharing, and exchange. The language is a barrier that prevents access to the daily reality or the history of the other. And this is particularly true for the African francophone or afrodescendant vis-à-vis the Latin American Afrodescendant, of which we are specifically talking about here.

Latin American Afrodescendants speak mostly Portuguese and Spanish and can not communicate automatically with the majority of Africans for example (or French or English speaking Caribbean) who speak mainly English and French. We can easily substantiate this by analyzing and comparing the official languages in the two continents and the proportion of people who speak them.
 


The languages of settlers and European slavers have not only been the vehicle used to make us ingurgitate a culture that is not ours, they are also, in our days, the origin of the solitudes of afrodescendants, that is; this linguistic isolation, political and cultural partitioning- more or less important-that characterizes every community of the African Diaspora, and particularly that of Iberian America. This is also the case in Africa where the realities of Francophones are far from preoccupying the Anglophones. This partitioning, boosted by differences in language, has an impact not only in terms of access of one to the information about the other, but also from the viewpoint of the exchange or the social, touristic, political, economic, cultural, and educational connexion, to name a few.


Initiatives are therefore to be implemented on both sides (by Africans and their Diaspora) to enable African descendants and Africans to broaden their horizons in terms of references like themselves, which would be a source of pride, and models. This is only possible if we open the linguistic padlock that makes them invisible, non-existent for others.

The role of communicators, journalists, translators, linguists here is paramount. They are the ones who can create this interest at the grassroots level (and not only experts). It is in this sense that the initiative of the blog of blacks in Latin America was born two years ago. It is through the translation of Spanish and Portuguese articles to French that we provide varied historical information and news, mainly (but not exclusively) to French-speaking Afrodescendants, about Latin American afrodescendants. Time has helped realize that a great interest exists, from the general public and also from many intellectuals. However, this initiative will continue to grow, and is just one grain of sand among millions of others.


The collaboration, beginning with Caoba, an online magazine, falls within this perspective. Each of us, African, afrodescendant of the Diaspora who embrace the same ideal shared within the Black World, has his share to be done.
 

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03 juin 2008

Martin Luther King and our dreams for the afrodescendant communities

By Guy Everard Mbarga

Translation from French : Armelle Mfegue

This April 4, we celebrate the anniversary of the death of Martin Luther King, Afro-American leader of the Movement of Civil Rights for his brothers of the same color. His story is famous, and we will not narrate it again. We must celebrate this day
while thinking of our dreams for a future of genuine brotherhood between Africans and their descendants in the world.

MLK's dream is realized gradually, though with difficulties. We have an opportunity this 4th of April to share ours, and I take this opportunity to discuss mine. Those of a supporter of rapprochement with afrodescendants in the world, especially those in Latin America.

I dream of an Africa as a whole, celebrating the Month of the Afrodescendant, the African Diaspora issued of slavery.


I dream of the day when each Afodescendant, descendant of a slave will need no visa to travel on the Earth of its ancestors.

I dream of the day when Africa as a whole will show its financial, political, human solidarity with Haiti, the first independent black state.

I dream of the day when the great heroes , heroines, the great afrodescendant leaders of Latin America will be celebrated in Africa, Zumbi dos Palmares, Alonso de Illescas, Mondongo Ambrosio, Juan Pablo Sojo, Adalberto Camargo, Gaspar Yanga, King Miguel, Benkhos Bioho, Makandal, José Luis Chirino, Epsy Campbell, Luis Alberto Moore, Dessalines, Nanny, Piedad Cordoba, Sebastian Lemba, Queen Guiomar, Ursula Conga, Francisco Congo, Cudjoe, Cuffy, Julien Fédon, Andresote, Lorenzo Mombo , Toussaint Louverture…

I dream of the day when in every country of Africa, there will be a Secretariat of State or a Ministry in charge of relations with afrodescendants.

I dream of the day when curricula and courses on the African Diaspora will be available in countries in Africa to African students, college students and academics.

I dream of the day when the Athletic games of Africa and its diaspora will emerge.

I dream of the day when each Afrodescendant, slave descendant will be an african godfather or godmother , a kind of " symbolic" brother, sister, mother or aunt from whom he or she was separated once . A framework to find one's self.

I dream of the day when there will be in each african country The Statue of the Unknown Slave.

I dream of the day when the annual photo album of Faces of the Afrodescendance will be published.

I dream of the day when every African capital will have a museum devoted to the history of afrodescendant communities scattered in the Americas;

I dream of the day trips of cultural exchanges will be organized in schools, colleges and universities, in African communities of afrodescendants of the Americas;



I dream of the day when the walls separating the African solitudes and afrodescendants will fall.

Version française

Version espagnole

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27 mai 2008

De la dépendance socio-économique et politique des afrodescendants

Par Guy Everard Mbarga

Le problème principal auquel sont confrontés les Afrodescendants en Amérique (Hispanique, ibérique, anglo-saxonne) et dans le reste du monde est le même qu’ils rencontrent en Afrique : la dépendance et l’impuissance économique et financière et ses principales corollaires que sont la pauvreté, le chômage, l’exclusion sociale…

Il y a évidemment des différences dans les constructions historiques et dans les manifestations actuelles de ce phénomènes selon qu’on est par exemple un Africain en Afrique, un Afrocolombien ou encore un Afroaméricain. On pourrait de même affirmer que le problème numéro un rencontré par les Afrodescendants est plutôt celui du racisme et de la discrimination raciale qu’ils subissent depuis l’époque de l’esclavage.

Un débat existe d’ailleurs entre ceux qui estiment que le problème des noirs est d’abord social (des noirs vivant des situations sociales difficiles comme tous les citoyens) et ceux qui pensent qu’il est tout d’abord racial (des noirs vivant des situations sociales difficiles parce qu’ils sont noirs). Il s’agit en fait des deux faces d’une même et seule réalité. Tout dépend ici de l’angle par lequel on l’aborde. Personne ne peut nier qu’il existe une grande discrimination et du racisme contre les noirs de l’Amérique du Sud en passant par l’Amérique Centrale jusqu’en Amérique du Nord.

La seule importance dans ce débat (problème racial ou social) réside dans le choix des politiques mises en place pour corriger la situation : des politiques antidiscriminatoires et correctrices des inégalités raciales (Affirmative Action, quotas dans les universités publiques par exemple), ou des politiques sociales et économiques habituelles dans une société où la discrimination raciale est mineure ou inexistante (du fait de l’inexistence d’une diversité) visant à réduire le chômage ou à augmenter le pouvoir d’achat.

Dans la plupart des cas d’ailleurs, les deux types de politiques sont appliquées, et lorsqu’il n y en a qu’un seul qui l’est, c’est quand le pouvoir politique (exécutif, législatif et judiciaire) décide de n’accorder aucune attention particulière à la réalité économique et sociale désastreuse que vit un groupe ethnique spécifique.

La majorité des pays d’Amérique Latine par exemple se trouvent entre le pire et le mieux, de ceux qui n’agissent pas à ceux qui mettent en place des politiques  correctrices.

Et parmi ces derniers on distingue encore ceux qui font beaucoup (même beaucoup de bruit), mais ont peu de résultat en terme d’amélioration des conditions de vie des afrodescendants,  et au contraire ceux qui agissent moins, mais de façon plus efficace.

Comme on dit pourtant en football, seul le résultat compte. Et pour aller dans le sens de l’efficacité, que l’on soutienne la thèse du problème racial ou du problème social-économique, en contradiction avec le pourcentage qu’ils représentent, les réalités sont les suivantes pour les noirs des Amériques:

-          les taux de chômage sont de loin plus élevés chez les afrodescendants que la moyenne générale,

-          leur revenu en général est très souvent de loin inférieur à la moyenne,

-          leur représentation politique  est souvent inexistante ou très faible,

-          les investissements publics sont très souvent faibles ou inexistants dans les zones peuplées en majorité par les afrodescendants,

-          le pourcentage d’entre eux fréquentant les écoles, collèges, lycées et universités est très faible par rapport à la moyenne générale,

-          les afrodescendants sont souvent locataires plutôt que propriétaires de leur logement ou des terres qu’ils habitent ou exploitent,

-          le pourcentage d’hommes afrodescendants en prison est souvent beaucoup plus élevé que la moyenne,

-          un nombre beaucoup plus élevé de femmes afrodescendantes occupent des emplois de domestiques, de gardiens de sécurité ou d’autres à faible revenu, pénibles ou dangereux,

-          leur image est souvent plus associée à des valeurs négatives, ridicules ; elle est souvent sujette au dénigrement,

-          les noirs sont souvent sous ou non représentés à la télévision publique et dans les média en général,

-          très souvent ils luttent pour obtenir une reconnaissance citoyenne égale à celle des autres

-     leur contribution historique à la construction de la nation est très souvent ignorée…

En somme, des points de vue de l’emploi, l’éducation, l’attention publique, l’image, la citoyenneté, la représentation politique etc., les afrodescendants dépendent d’une bonne volonté autre que la leur.

À mon avis, les afrodescendants en Amérique cherchent tout d’abord à vivre des conditions plus agréables, comme les autres citoyens. À la rigueur, un racisme sans effet sur leur niveau et leur condition de vie ne les gênerait pas plus qu’autre chose. En d’autres termes, si les pourcentages d’emploi, la représentation politique et sociale, les investissements publics en leur faveurs, leur présence dans les écoles, collèges et universités, les revenus, la situation par rapport à la propriété de logement ou des territoires, le taux d’incarcération etc. étaient égaux, équitables, proportionnels par rapport à la situation générale, on n’en parlerait pas comme d’un problème racial et les afrodescendants ne le vivraient pas ainsi.

Le racisme tout seul ne serait donc pas dramatique. C’est lorsque, comme dans la très grande majorité des cas il s’accompagne de discrimination et entraine des conditions de vie misérables qu’il le devient.

La seule solution pour que le racisme et la discrimination raciale n’ait plus aucun effet sur la grande majorité des afrodescendants, notamment en Amérique Latine est que ces derniers obtiennent une indépendance économique, financière et dans une certaine mesure politique. L’exemple de la réussite d’autres communautés et de leurs descendants dans le monde du point de vue économique et financier est un exemple à suivre. Ces communautés, du fait de leur indépendance économique et financière sont invisibles en tant que problème. Ou encore, les manifestations et les aspects positifs de leurs vies sont largement plus visibles que les aspects négatifs. 

Guy Mbarga 

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04 avril 2008

Martin Luther King et nos rêves pour l'Afrodescendance

Par Guy Everard Mbarga

Ce 4 avril, on célèbre la date anniversaire du décès de Martin Luther King, leader afro-américain, chef de file du Mouvement des Droits Civiques pour ses frères de même couleur.Son histoire est célèbre, et nous n’allons pas la raconter de nouveau. Nous devons par contre célébrer cette date en pensant à nos rêves d’un futur de véritable fraternité entre les africains et leurs descendants dans le monde.

Le rêve de MLK se réalise peu à peu, même difficilement. Nous avons l’occasion en ce 4 avril de partager les nôtres, et j’en profite pour évoquer les miens. Ceux d’un partisan du rapprochement avec les afrodescendants du monde entier, et particulièrement ceux d’Amérique Latine.

Je rêve d’une Afrique entière, célébrant Le Mois de l’Afrodescendant, de la Diaspora Africaine issue de l’esclavage.

Je rêve du jour où chaque Afodescendant, descendant d’esclave n’aura besoin d’aucun visa pour se rendre sur la Terre de ses ancêtres.

Je rêve du jour où l’Afrique toute entière manifestera sa solidarité financière, politique, humaine avec Haïtim le premier État noir indépendant.

Je rêve du jour où les grands héros et les grandes héroïnes, les grands leaders  afrodescendant/es d’Amérique Latine seront célébrés en Afrique, les Zumbi dos Palmares, Alonso de Illescas, Ambrosio Mondongo, Juan Pablo Sojo, Adalberto Camargo, Gaspar Yanga, le Roi Miguel, Benkhos Bioho, Makandal, José Luis Chirino, Epsy Campbell, Luis Alberto Moore, Dessalines, Nanny, Piedad Cordoba, Sebastian Lemba, Reine Guiomar, Ursula Conga, Francisco Congo, Cudjoe, Cuffy, Julien Fédon, Andresote, Lorenzo Mombo, Toussaint Louverture…

Je rêve du jour où dans chaque pays d’Afrique, il y aura un secrétariat d’État ou un Ministère en charge des relations avec les afrodescendants.

Je rêve du jour où des programmes d’études et des cours sur la Diaspora Africaine seront offerts dans les pays d’Afrique aux élèves, aux collégiens et aux universitaires africains.

Je rêve du jour où les Jeux Sportifs de l’Afrique et de sa Diaspora verront le jour.

Je rêve du jour où chaque Afrodescendant/e, descendant/e d’esclave aura un parrain ou une marraine africain/e, sorte de frère, de sœur, de mère ou de tante symbolique duquel ou de laquelle il ou elle fut séparé/e autrefois.  Un cadre pour se retrouver.

Je rêve du jour où sera élevée dans chaque pays Africain  La Statue de l’Esclave Inconnu,

Je rêve du jour où sera édité l’album photographique annuel des visages de l’Afrodescendance ;

Je rêve du jour où chaque capitale africaine aura son Musée consacré à l’Histoire des communautés afrodescendantes parsemées dans les Amériques ;

Je rêve du jour où des voyages culturels d’échanges seront organisés au niveau scolaire, collégial et universitaire, d’africains dans les communautés afrodescendantes des Amériques ;

Je rêve du jour où les murs séparant les solitudes africaines et afrodescendantes tomberont.

Version Espagnole sur caoba.org

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22 mars 2008

Briser les murs des solitudes de l’Afrodescendance

Par  Guy Everard Mbarga

En 2004 à Amiens

Pour exprimer les différences qui divisent les anglophones et les francophones au Canada, on a l’habitude d’utiliser l’expression "les deux solitudes".  Les Afrodescendants d’Amérique Latine descendants des esclaves africains qui ont pour langue officielle le portugais et l’Espagnol principalement, représentent une et même plusieurs des solitudes que l’on trouve au sein du Monde Noir.

Les sites internet spécialisés qui abordent des thèmes historiques ou d’actualité liés aux Afrodescendants d’Amérique Latine sont soit rares, soit trop spécialisés et ancrés sur le folklore, ou encore présentent des informations majoritairement et uniquement publiées en Espagnol ou en Portugais. L’indisponibilité ou l’extrême rareté des sujets de la vie quotidienne de ces afrodescendants dans la langue de l’autre, par exemple le français, constitue une barrière, un mur qui empêche la (re)connexion, le partage, l’échange. La langue de l’un est la barrière qui l’empêche d’accéder au quotidien ou à l’histoire de l’autre. Et ceci est particulièrement vrai pour l’Africain ou l’afrodescendant francophone vis-à-vis de l’Afrodescendant d’Amérique Latine dont nous parlons spécifiquement ici.

Ces derniers qui parlent majoritairement le portugais et l’Espagnol  ne peuvent par conséquent pas se croiser automatiquement avec la majorité des africains par exemple (ou des antillais francophones ou anglophones) qui parlent principalement l’Anglais et le Français. On peut aisément faire ce constat en analysant et en comparant les langues officielles dans les deux continents et la proportion de la population qui les parle.

Les langues des colons et des esclavagistes européens n’ont donc pas seulement été le véhicule pour nous transmettre et essayer de nous faire ingurgiter une culture qui n’est pas la nôtre. Elles sont également de nos jours à l’origine des solitudes afrodescendantes, c’est-à-dire cet isolement, ce cloisonnement linguistique, politique, culturel, plus ou moins important qui caractérise chaque communauté de la diaspora africaine, et particulièrement celle d’Amérique Ibérique. C’est d’ailleurs également le cas en Afrique même où les réalités des francophones sont loin de toujours préoccuper les anglophones. Ce cloisonnement, boosté par les différences de langue a non seulement un impact au niveau de l’accès de l’un à l’information au sujet de l’autre, mais également du point de vue de l’échange ou de la connexion sociale, touristique, politique, économique, culturelle, éducationnelle, etc.

Des initiatives sont donc à mettre en œuvre, de part et d’autres (par les africains et leur diaspora) pour permettre aux afrodescendants et aux africains d’élargir leur horizon en termes de références qui leur ressemblent, qui seraient une source de fierté, des modèles. Cela n’est possible que si l’on ouvre le cadenas linguistique qui rend les uns invisibles, inexistants pour les autres.

Le rôle des communicateurs, journalistes, traducteurs, linguistes est ici primordial. Ce sont eux qui peuvent créer cet intérêt au niveau des populations (et non seulement des experts). C’est dans ce sens qu’est née l’initiative depuis deux ans du blog des Noirs d’Amérique Latine. Il s’agit, par le biais de traductions d’articles de l’Espagnol et du Portugais vers le français de mettre à la disposition principalement (mais pas exclusivement) des afrodescendants francophones des informations historiques et d’actualité de tout ordre sur les afrodescendants d’Amérique Latine. Le temps a permis de se rendre compte qu’un grand intérêt existe, du grand public et de nombreux intellectuels. Cependant, cette initiative qui va se poursuivre et grandir n’est qu’un grain de sable parmi des millions d’autres grains de sable de possibilités.

La collaboration qui débute avec la revue en ligne Caoba rentre dans cette perspective.  Chacun de nous, africain, afrodescendant de la diaspora qui partage le même idéal d’échange au sein du Monde Noir a sa part à faire.

Version Espagnole sur caoba.org

Posté par guyzoducamer à 18:39 - À mon avis... - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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