Une institution du District Fédéral augmente l'estime de soi des élèves afrodescendants en travaillant sur la thématique ethnique et raciale et devient une référence de l'Ideb, avec des indices considérés comme étant excellents

ESCOLA CLASSE 47 DE CEILANDIA

La Loi 10.639/03, qui rend obligatoire la discipline “Histoire et Culture Africaine et Afrobrésilienne” dans les établissements d'enseignement, vient de compléter une dizaine d'année de vigueur. L'École-Classe Nº 47, du primaire, située dans la région administrative de Ceilândia, dans le District Fédéral dans un secteur considéré à risque, est une référence dans son implémentation.


Voilà sept ans que l' EC 47 réalise toute l'année le Projet Fierté et Conscience Noire dont le point culminant se déroule durant le mois de Novembre, à l'occasion de la célébration de la Journée Nationale de Zumbi et de la Conscience Noire.

Chaque classe débute l'année en choisissant un pays africain à étudier, à découvrir et à connaitre. Lorsque les activités en arrivent à leur comble, se tient une fête à laquelle la communauté est également invitée. Au programme, il y a la présentation des travaux réalisés, l'exposition de la Galerie africaine, le Défilé de la Beauté Noire, entre autres activités.

À la bibliothèque, les livres de littératures contemplent la diversité. Pareil pour les oeuvres didactiques et les thématiques choisies pour être travaillées tous les deux mois.

Pour réaliser le projet, la directrice Andréa Faria, les fonctionnaires et les enseigants ont également dû apprendre l'histoire de l'Afrique et des afrodescendants. Quand ils étaient de l'autre côté en tant qu'élèves, l'enseignement était encore exclusivement tourné vers la vision eurocentrique du monde et “les gens ne voient le noir que comme quelqu'un qui a été mis en esclavage, sur le poteau de torture”, rappelle l'éducatrice.

La motivation de la professionnele était de percevoir que dans un univers de près de 750 élèves dont 40% sont noirs ou métisses, il prédominait un regard triste chez les petis garçcons et les petites filles ayant entre quatre et onze ans. Selon elle, les enfants ne s'identifiaient dans l'environnement scolaire et reflétaient ce sentiment dans une faible autoestime. “Ils s'y sentaient méprisés et je voulais qu'ils se sentent partie de tout ce que nous faisions, qu'ils s'assument, s'acceptent, aiment la couleur de leur peau et de leurs cheveux – qu'ils se trouvent beaux”, affirme-t-elle.

L'expérience de l'EC 47 démontre que les initiatives personnelles font la différence en ce qui concerne l'implémentation de la Loi 10.639. “J'ai accepté la proposition de Marcos Lopes, un enseignant, pour travailler sur le thème à l'école et j'ai constaté que nous pouvions agir selon les directives de la Loi'' indique Andréa Faria, une enseignante de 23 ans.

Selon Ângela Nascimento, secrétaire des Politiques d'Actions Affirmatives du Secrétariat des Politiques de Promotion de l'Égalité Raciale (SEPPIR), l' implémentation de la Loi 10.639/03 est une partie indispensable du processus d'avancée des politiques publiques dans la promotion de pratiques de reconnaissance de la population noire pour l'incorporation de ses valeurs et de l'histoire au quotidien des écoles.

C'est pourquoi, l'attitude de professionnels comme Andréa est si importante pour l'universalisation de la mesure. Pour mettre fin aux patrons établis depuis tellement longtemps, la détermination personnelle donne une force aux politiques publiques”, estime-t-elle. Le SEPPIR est partenaire des projets qui sont menés à l'Escola-Classe 47.

La ‘Fierté et la Conscience Noire’ a transformé la communauté scolaire. “l'augmentation de l'estime de soi des élèves est visible et se reflète dans l'apprentissage. Nous sommes partis d'un Ideb (Indice de Développement de l"Éducation de Base) de 4,1 en 2005, à 6,1 en 2011, en atteignant l'objectif que nous avions pour 2020”, se réjouit  Andréa Faria. Selon les normes de classification, l'indice est considéré excellent et fait de cette école une référence.

Andéra note que parmi les enseignants et les autres fonctionnaires l'augmentation de d'attitudes comme le respect des différences et le souci d'éviter des paroles ou des attitudes pouvant être considérées comme étant racistes.

Très souvent, le racisme nait du manque de connaissance, de compréhension. Il faut ouvrir l'esprit sur la contribution des noirs dans notre formation et pour valoriser le fait que nous soyons tous afrodescendants ”, affirme Andréa, qui se déclare elle-même blanche.

Source :-http://www.seppir.gov.br/noticias/ultimas_noticias/2013

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/