Assomption, 9 janvier (EFE) .- La culture africaine tente de survivre au Paraguay avec l'incorporation du chant et du chœur dans le candombe qu’interprète depuis des décennies la communauté originaire de ce continent la plus ancienne dans le pays sud-américain.


kamaba"Avant, on interprétait la danse au  rythme des tambours, mais aujourd'hui le groupe  chante la musique afro-latino en faisant des chœurs et du  théâtre," indique à Efe Lazaro Medina,  directeur du groupe Ballet Traditionnel Kamba Kua.


Même si les afrodescendants du Paraguay sont dispersés dans plusieurs communautés non loin d'Asunción, celle de "Kamba Kua" est plus visible et son festival de musique et de danse en l’honneur du roi mage noir est une tradition, car il regroupe des  artistes bien connus.

Medina fait référence ici à la vocalisation introduite par la chanteuse  paraguayenne Mariví Vargas lors de la 21ème édition du Festival Kamba Kua qui s'est tenue le week-end dernier devant des milliers de personnes.

La communauté Kamba Kua (refuge de noirs en guarani) est située sur à la limite séparant Fernando de la Mora et San Lorenzo dans la banlieue d'Asuncion, et est la plus représentative des anciens esclaves qui avaient intégré  la garde menée en exil par le héros Uruguayen José Artigas (1764-1850).

"Le ballet en tant que groupe a une histoire de 30 ans, mais aujourd'hui nous fêtons 21 ans de ce festival, la grande fête Kamba, et si nous en sommes là, c’est que les gens sont intéressés et participent", indique  Medina,  membre d'une saga famille, qui a pris la relève de l’organisation de l’événement avec le temps.

Lazaro est le fils de Santiago Medina, qui, malgré ses 93 ans prend part à la fête dans un fauteuil roulant, et qui est l’oncle de plusieurs jeunes qui participent au ballet "pour –dit-il- conserver cette tradition que nous qualifions d’afroparaguayenne."

kamba1"J’espère pouvoir vivre encore plusieurs années pour continuer à participer à la célébration de mes origines ", déclare le nonagénaire à Efe en rappelant qu'il n'y avait rien de plus important que la célébration de Saint Baltasar à l’époque où il appartenait au ballet.

Le groupe est composé d’une trentaine d'adultes, mais font également partie du spectacle des dizaines de jeunes et d’enfants qui avant de monter sur la scène doivent passer par une école de danse qui canalise l’apprentissage familial.

"Nous nous battons pour la préservation de la culture, en enseignant aux enfants, aux jeunes pour qu'ils puissent continuer à maintenir cette tradition, de manière à empêcher qu’ils subissent la discrimination", affirme  Lazaro Medina, en soulignant que le chant "va si bien " au groupe qu'il dirige.

Pour sa part, Mariví Vargas, dont le groupe ajoute également la guitare et le cajón au spectacle, explique que l'idée de cette fusion "est de contribuer  à la visibilité de la culture afroparaguayenne", en ajoutant des mesures de la galopa, un rythme local, ou de la musique créole péruvienne qu’elle joue lors de ses concerts en solo.

La chanteuse a au départ composé deux chansons avec le Kamba Kua, mais le répertoire en commun est passé à quinze titres après que les Nations Unies (ONU) ont déclaré 2011 comme Année Internationale des Afrodescendants.

Un extrait de l'émission "Negritud de Colores" a été diffusé en 2011, année du Bicentenaire de l'Indépendance du Paraguay, dans le cadre d'une tournée promotionnelle à  l'intérieur du pays, mais sa présentation officielle est programmée pour la fête des Rois.

"C'est en quelque sorte un concert didactique, où les gens peuvent apprécier la culture afroparaguenne, afrolatinoaméricaine", déclare Vargas, qui conclut en disant qu’elle adore  les  "Kamba Kua" qui la motivent à  "chanter ou faire des chœurs."

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com