Caracas-. AVN.- Marizabel Blanco a été pendant plus de deux ans la responsable des relations entre le Ministère du Pouvoir Populaire pour la culture et les Communautés Afrodescendantes. Aujourd'hui, même si elle continue la lutte pour consolider les revendications de la population afrovénézuélienne, elle n'est pas d'accord sur le fait que le débat soit centré sur l'usage ou non du mot “noir”.
 
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Elle note que la population afrodescendante a été exclue pendant de nombreuses années par une discrimination voilée, extraordinaire, cachée.


Ce qui l'amène à relever la grande importance d'une Loi contre la discrimination raciale qui a pour but d'offrir des outils pour que de nombreuses personnes fassent valoir leurs droits “dans les espaces publics ou privés, dans la recherche d'un emploi, dans la reconnaissance de leur talent et de leurs capacités, et dans revendication de leurs conditions de vie ”.
 
"Le seul fait qu'ait été pensée, formulée et que l'on débatte d'une Loi contre la discrimination est un progrès ", indique-t-elle.
 
Le malaise de certaines personnes sur le sujet de cette loi selon Blanco représente simplement la crainte de l'avenir. "Une peur qui affecte des secteurs qui ont profité des avantages et qui craignent de partager le bonheur, ce bien-être".
 
Des pays comme le Brésil et l'Équateur, où des politiques publiques s'adressant à la population afrodescendantes ont été conçues sont deux modèles que va chercher Blanco pour illustrer des réussites. En ce qui concerne le Venezuela elle indique que  “Nous sommes encore des bleus”.
 
Selon elle, dans le pays “il nous faut nous concentrer sur ce qui est important” et cela tombe “dans le débat éphémère” à savoir si on doit dire noir, mulato, ou afrodescendant.  “Ce n'est pas là ce qui importe”, dit-elle.
 
Que l'on te définisse comme noir, mulâtre, zambo ou afrodescendant fait partie des choses de moindre importante, c'est superficiel, ce qui est fondamental c’est ce qui importe le plus” explique-t-elle.
 
Blanco indique que la reconnaissance comme afrodescendant est directement liée à la revendication de l'histoire et des valeurs, au fait de rendre visible une culture de même que les autres, et elle est convaincue que le fait d'assumer son ascendance africaine est une posture politique.
 
Elle explique qu'à partir de celle position, il est possible de générer des actions coordonnées des gouvernements, des groupes, des individualités, des universités, des chercheurs, pour solder la dette de groupes qui ont été historiquement discriminés à cause de leur condition ethnique.
 
Là où l'afrodescendance a été assumée comme partie de l'agenda public, des réalisations importantes ont été faites, représentation politique, charges au niveau de la direction des institutions, bénéfices pour les soins de santé, l'éducation, la reconnaissance de l'oralité, de la langue, des contributions historiques, dans la médecine, dans la gastronomie, etc”.

 

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/