Par Dr. Tyeese Gaines Reid

 

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

 

sant_La persistance du chômage a augmenté la tension dans de nombreux foyers noirs aux États-Unis. Les relations sont tendues. Certains ont perdu leurs maisons. La dette des particuliers augmente. La couverture d'assurance maladie fait défaut.


Les experts affirment désormais que les effets des difficultés économiques affectent également la santé mentale des enfants de ces ménages.

Les Noirs ont toujours le taux de chômage le plus élevé parmi tous les groupes ethniques - 16,1% - selon les statistiques du chômage publiées aujourd'hui 6 Mai 2011). Et bien que  les enfants de tous les milieux puissent réagir négativement au stress des parents, les enfants noirs sont particulièrement touchés.

"Les enfants sont très observateurs", indique la Dre Alfiee Breland-Noble, professeure adjointe de psychiatrie au Duke University Medical Center. "Ils s'harmonisent avec les changements d'humeur, avec les changements du ton de votre voix, si vous avez l'air fatigué et votre niveau d'énergie."

Dr Michael Pratt, professeur adjoint de clinique au Département de psychiatrie au SUNY Upstate Medical Campus confirme: "Les enfants empruntent les signaux émotionnels de leurs parents. Un parent stressé entraine un enfant stressé."

Comme les enfants, surtout les plus jeunes enfants, ne possèdent pas la maturité sémantique ou émotionnelle pour exprimer leur propre stress, il se manifeste par d'autres moyens.

"Ils vont jeter la poupée contre le mur, ou s'affirmer agressivement ", explique la Dre Breland-Noble. "Ils ne vont pas crier sur  leur mère, alors ils crient sur leur meilleur ami, ou à l'école donnera une réponse audacieuse à l'enseignant."

 

Selon la Dre Breland-Noble, les enfants un peu plus âgés peuvent présenter des signes de dépression que l'on prend souvent pour de la paresse ou des sautes d'humeur stéréotypes des adolescents. Cela inclut un sommeil significativement plus ou moins long,  l'irritabilité ou la colère et le fait de se nourrir beaucoup plus ou beaucoup moins que d'habitude. Certains enfants deviennent préoccupés par la mort. D'autres auront des comportements à risque, tels que la promiscuité sexuelle. Le chômage a d’ailleurs d'autres caractéristiques distinctes dans les ménages noirs.

 
Dans une étude menée auprès de 7.000 ménages, les enfants noirs de la classe moyenne dont les parents ont perdu leur emploi étaient trois fois plus susceptibles de différer leurs projets d’études supérieures. Certains de ces enfants sont plutôt entrés dans le marché du travail afin de soutenir financièrement le ménage, avait observé Ariel Kalil, l'auteur de l'étude et psychologue du développement à l'Université de Chicago.

Une étude plus ancienne, également réalisée par Kalil, démontrait que les enfants de mères célibataires qui sont restées au chômage pendant une période prolongée de temps développaient une faible estime de soi et étaient davantage susceptibles de décrocher de l'école. Près de la moitié de tous les ménages noirs ont une mère célibataire comme chef de famille.

Toutefois, le Dr Carl C. Bell, qui pratique depuis près de 40 ans, et occupe actuellement le poste de directeur de l’Institute for Juvenile Research de l'Université de l'Illinois à Chicago, affirme que " l’adversité n'est pas nécessairement une mauvaise chose."

Dans le cas d'un parent qui travaille, qui était distant émotionnellement et exténué  par le travail, rester à la maison en cas de chômage peut avoir des effets positifs sur les enfants. Le fait pour l'enfant de voir plus d'égalité homme-femme est également bénéfique si, par exemple, le papa est davantage aidant à la maison dans les tâches domestiques, indique la Dre Breland-Noble.

Le Dr Bell estime que la croissance post-traumatique - ou le développement émotionnel qui se produit après l'adversité - peut avoir des avantages psychologiques à long terme, et qu’elle est essentielle pour aller de l'avant dans la gestion des événements stressants. "Elle vous oblique à vous rendre compte de ce qui est vraiment important", dit-il.

Les experts sont d'accord que les enfants qui se sentent en sécurité, ont une bonne idée de qui ils sont, ont des relations solides avec les autres, et dont les parents sont résilients ont tendance à mieux gérer que les autres enfants. Les parents sont encouragés à avoir avec leurs enfanta un dialogue ouvert, selon leur âge, sur le stress et les changements de mode de vie attendus au début de la période de chômage