afroecLe coordinateur local du Projet Mirada Negra explique de quelle manière la ségrégation affecte Guayaquil.


En 1998, la Constitution de la République d’Équateur reconnait pour la première fois le peuple afroéquatorien, et l’an dernier ont été implémentées des lois dans le Code Pénal pour punir les délits haineux.

Cependant, Martín Macías, coordinateur local du Projet Mirada Negra de Cooperazione Internazionale (Coopi) financé par l’Union Européenne, explique que la ségrégation et le racisme sont des problèmes structurels dans la société équatorienne et détermine quelles sont les erreurs qui renforcent la ségrégation et certains orientations pour l’éradiquer.

Estimez-vous que la ségrégation demeure un problème auquel les équatoriens font face dans notre ville?

La ségrégation sociale a produit des changements structurels au sein de l’administration publique, car il existe la culture de la peur subjective. Aujourd’hui, les villes grandissent de manière accélérée, et donc les secteurs nord, nord-ouest, sud et sud-ouest sont des espaces dans lesquels il faut compléter toute une structure socioéconomique, politique et culturelle, dans laquelle on peut avoir cette population à cet endroit ségrégué, avec tous les services apparemment fondamentaux. Dans cette mesure, je considère que la ville est en trait de croitre de façon à exclure, car elle prive de citoyenneté ceux qui vivent au sud-ouest, les empêche de jouir de tout le développement structurel que connait la ville.

Pourquoi isole-t-on les citoyens afrodescendants dans certains secteurs de la ville?

Il existe un racisme structurel, on perçoit un racisme sournois dans les villes. Par conséquent, les plus grands lieux d’établissements afroéquatoriens se trouvent dans toute la partie sud, près des rivages et dans les lieux d’invasions de logement illégaux.  On isole cette population parce qu’on l’a caractérisé de manière négative. On suppose que la population afroéquatorienne est la plus délinquante parce ce qu’elle est la plus pauvre. Si on les maintient à l’écart, nous aurons une ville apparemment tranquille pour le tourisme.

C’est un des résultats de la ségrégation raciale, créer des zones “sauvages”, disons le ainsi, et des zones “civilisées”. Les dernières sont dans le cadre de la régénération urbaine, dans les citadelles privées exclusives dans ce sens.

 
À long terme, de quelle manière cela affecte la société?   

Je considère que la ségrégation sociale n’est pas la meilleure option pour de meilleures relations entre les êtres humains dans une communauté. Si l’on doit implémenter des politiques publiques qui vont dans le sens de la prévention de la délinquance, de la peur subjective de la société, il faut intégrer à la société les êtres humains qui se considèrent différents des autres. Nous sommes entrain de perdre la culture du contact avec l’autre, ce contact qui nous permet de nous voir de manière différente et de nous apprécier dans une ville. La ville doit potentialiser cette structure ethnique qui a cette richesse culturelle

Pourquoi l’idée selon laquelle le "blanchissement" améliore le statut reste en vigueur? Et dans quelles régions ce critère est plus plus présent?    

Le “blanchissement” de la population afro se produit à cause de la discrimination et au fort préjugé racial qui existe contre les afroéquatoriens: si on voit qu’un blanc métisse a plus  e chances parce qu’il a un ton de peau plus blanc que le notre, évidemment, la tendance de la citoyenneté qui va grandissante sera de se blanchir pour se sentir comme faisant partie d’une autre culture, mais non fier de ce que l’on est. Dans notre tête, ça crée un éventail d’opportunités qui n’existent pas, on reste le même. Le fait de blanchir ne t’enlève pas tes racines, et ne te donnera pas non plus les opportunités que tu poursuis.La seule chose que cela va te permettre c’est de changer ton statut social, et ta vie c’est le développement intellectuel, grâce à l’éducation que tu reçois.  De manière générale, je considère qu’il y aurait 15% de la population noire qui passe au “blanchissement. Je ne peux pas spécifier un secteur, car je pense que la discrimination provoque cela et se produit au niveau national.

Pourquoi la ségrégation trouve-t-elle un refuge chez différents groupes?

La ségrégation affecte tous les secteurs. Du moment qu’on te considère comme faisant partie du groupe marginalisé, tu es ségrégué dans l’Éducation, la  Religion et la Culture. Tout est limité, à moins que ton statut social change. Je ne veux pas dire que si je change de maison, tout changera. Si je suis pauvre et que je  n’ai pas les possibilités des classe moyenne et plus hautes, la ségrégation va me poursuivre.  Cela changera quand les gouvernements et la démocratie agiront de manière équitable avec un concept de citoyenneté, pour le bien de nos mandants.

Quelles mesures politiques doivent être implémentées pour changer ces paradigmes?

Il y a des changements structurels qui se produisent dans le pays, et il y a de nouvelles lois de réorganisation territoriale.  Si cela se poursuit, il y aura une avancée au niveau local et on espère que les bénéfices sociaux seront plus équitables. Les municipalités sont en train de changer leur façon de planifier la ville et de l’intégrer, et c’est intéressant. Générer des politiques d’inclusion sociale et le civisme permettront de minimiser le problème de la discrimination et il est aussi important de réaliser des campagnes de masse sur l’inclusion sociale et sur les valeurs. Les gens qui vivent au sud à l’intérieur de leur propre environnement ne ressentent pas la ségrégation, mais si 50 noirs sortent à  Guayaquil, logiquement, ils vont ressentir la discrimination, car les gens ont des préjugés. Il faut détruire ce paradigme, car il faut intégrer pour connaitre notre véritable problématique en tant qu’êtres humains, dont les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits en plus du non respect de nos droits.   

Quels changements dans l’Éducation faciliteront que l’on laisse les préjugés derrière nous?

On parle d’une nouvelle politique inclusive en Éducation. L’Éducation Ethnique qui a été proposée par les afroéquatoriens espère produire des changements de connaissances historiques et des caractéristiques de la population afro. Dans les livres d’éducation de base, les caractéristiques que l’on donne aux afroéquatoriens sont minimales et discriminatoires. On fait allusion au fait qu’il est dit que ce qui nous caractérise principalement c’est d’être des footballeurs, maîtresses  de maison ou agriculteurs. C’est raciste et exclusif ; il faut voir l’afroéquatorien dans le cadre de l’éducation comme un potentiel dans les sciences et les technologies.  On doit faire la promotion de l’équité dans le  développement mental, physique et social.

Par Rossana Naveda Jama

Traduit de l'Espagnol Par Guy Everard  Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

Martín Macías, 37 ans, est Sociologue à l’Université de Guayaquil et Technologue en Gouvernance et Gestion Politique de l’Université Catholique Santiago de Guayaquil.

Entre 2002 et 2004 il a été le promoteur social du Projet de Développement Communautaire de la Fondation Cane (Proyecto de Desarrollo Comunitario de la Fundación CANE).
En 2006  il a collaboré en tant que consultant avec 12 Organisations Noires du Nord d’ Esmeraldas dans un projet avec WWF, CEIBA et CANE.   

En 2008, il fut assistant à la coordination à Esmeraldas dans le cadre du projet Intégration locale des réfugiés à la Frontière Nord.