afroUn groupe de 16 journalistes de l’Équateur, du Panama, et de Colombie avons été sélectionnés par la Fondation de Nouveau Journalisme Ibéroaméricain (Fundación de Nuevo Periodismo Iberomericano – FNPI) pour un voyage à Cartagena de Indias pour réaliser un travail journalistique multimédia sur la population afrodescendante et faire connaitre la réalité des communautés noires dans différentes villes de ces trois pays Un phénomène intéressant se produit lorsqu’on entend le mot “negro” ou “moreno”.

La majorité des gens relient ces mots aux stéréotypes négatifs, ils pensent à des personnes qui vivent en marge de la société ou se consacrent à jouer au football. Mais saviez-vous qu’en Amérique Latine, on estime à 150 millions le nombre d’afrodescendants. Les histoires qu’il y a derrière le peuple afro sont uniques. L’atelier de journalisme digital qui s’est réalisé à Cartagena, un des ports esclavagistes les plus importants d’Amérique pendant la période coloniale, a constitué une occasion pour un groupe de journalistes de faire entendre la voix des communautés noires et celles-ci ont pu démontrer la valeur de leurs coutumes, de leurs traditions, de leurs histoires et de leurs expressions culturelles, c’est-à-dire, d’apporter un petit grain de sable pour mettre fin à l’invisibilité dont ils souffrent depuis des siècles.

L’équipe sélectionnée a commencé ses journées par une étape virtuelle au cours de laquelle ils ont réalisé de travaux de reportage sur chaque pays, avec différents acteurs des communautés noires de l’Équateur, du Panama et de la Colombie qui luttent de manière anonyme pour la construction de leurs nations et pour l’inclusion dans leurs communautés. Les participants aux ateliers ont voyagé à Cartagena où les travaux ont été organisés pendant 10 jours. Sous la direction des professeurs Steffen Leidel de la DW-AKADEMIE (radio nationale allemande) et Martha Ruiz, éditrice du magazine colombien Semana; l’équipe a affiné ses histoires et a fait des reportages à Cartagena. On constate que là-bas, les communautés noires luttent pour maintenir leurs racines en vigueur, qu’il existe un équilibre entre les pratiques culturelles afros et latines, mais le plus important est que l’on retrouve de nombreuses coïncidences avec les histoires et les processus qui se développent dans chacun de nos pays.

Le résultat de ce travail journalistique sans précédents dans la région a permis d’identifier que malgré les difficultés et les conditionnements, nos pays prennent enfin conscience de la présence des afrodescendants et leur précieuse contribution à la construction de notre identité. Nous vous invitons à visiter le lien http://www.somosafro.com pour prendre connaissance de cette vision de nos communautés afros. L’histoire des afros de Cuenca dans le multimédia.

Une exposition afro des expressions gastronomiques, artisanale, artistique, picturale et littéraire, peut être appréciée au restaurant El Encocao et les Menestras du noir Jo, situés dans la ville de Cuenca. Boris Bennet et Yomaira Bolaños sont des jeunes afroéquatoriens, étudiants en psychologie clinique et de parents originaires d’Esmeraldas, et qui sont nés à Cuenca. À travers la nourriture, l’art, la musique, et la littérature, la famille Bennet, dont font partie sa mère et sa sœur et dont Boris est le chef, cherche à renforcer la culture noire dans une ville où elle reste invisible.

Du matin au soir, les habitants de Cuenca peuvent admirer et profiter de la richesse afrodescendante qui contribue au développement d’une ville, reconnue comme patrimoine historique de l’humanité et avec un héritage espagnol et indigène forts. Avec Boris et Yomaira, on a fait voyage à travers l’histoire des afrodescendants à Cuenca. Les familles Bennet et Bolaños, avec leur restaurants, rendent hommage aux valeurs culturelles et raciales, qui en plus d’être, sont fondamentalement équatoriens.

Traduit de l’espagnol par Guy Everard Mbarga  http://guyzoducamer.afrikblog.com