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En 2007, Luther Castillo faisait partie d’une équipe de docteurs formés à Cuba qui a ouvert un hôpital à Ciriboya, une communauté de Garifuna — les descendants d’Africains et d’Arawak et des indiens Caribes qui vivent sur les côtes atlantiques du Honduras.

Les choses se sont bien déroulées pendant deux années alors que l’hôpital grandissait et traitait 378 000 patients dans la région côtière appauvrie.

Puis un jour, après le coup d’état de Juin 2009 lors duquel les militaires du pays ont évincé le président démocratiquement élu Manuel Zelaya, les soldats ont défoncé les portes de l’hôpital Castillo, ont volé les  fournitures médicales et intimidé les docteurs, dont la plupart sont partis.

Castillo, ces collègues qui étaient restés et les Garifuna auxquels ils offrent des services font face au quotidien à la menace de la violence sous le gouvernement actuel ayant à sa tête l’homme d’affaires conservateur Porfirio Lobo Sosa.

Selon l’organisation des droits humains Amnesty International, au cours des six premiers mois suivant le coup d’État, il y a eu 254 violations de droits humains, parmi lesquelles des assassinats des syndicalistes ou de militants pro-démocratie, des détentions et des actes d’intimidation

La semaine dernière, Castillo et le militant des droits humains Juan Almendares ont visité Boston pour évoquer les violations de droits humains au Honduras et pour rechercher le soutien des militants américains

La force motrice derrière la militarisation du Honduras, selon Almendares, est une manœuvre des corporations et des individus fortunés pour exproprier les terres appartenant aux agriculteurs de subsistance.

Nos soldats, notre armée sont les garde du corps de l’oligarchie,” a indiqué Almendares lors de la rencontre avec des militants au City Hall. “ Ils sont les garde-corps des corporations.”

Il y a plus de 60,000 soldats et des contacteurs de sécurité privé au Honduras, selon Almendares. Cette concentration de personnel militaire, en plus des conflits latents de longue date au sujet de la terre ont contribué au taux de meurtre de 68 pour 100000 personnes.

Nous sommes désormais plus violents que le Nicaragua et le Salvador,” indique Almendares . “Mais les populations du Honduras ne sont pas violentes. Ce qui est violent, c’est le système capitaliste.”

Peut-être nulle part ailleurs au Honduras  la lutte pour la terre est plus contestée que sur la côte atlantique où la communauté Garifuna de Castillo est concentrée.

Nous sommes là depuis plus de 300 ans,” indique Castillo. “On s’est réveillé un jour et maintenant, il y a un nouveau propriétaire de cette terre. Et c’est un seul homme.”

Cet homme, Miguel Facusse Barjum — que la plupart des gens voient comme l’un des plus riches et des plus puissants hommes au  Honduras — possède des milliers of acres de terre sur lesquelles les agriculteurs de subsistance Garifuna travaillent depuis des siècles.

Le Président Zelaya avait engagé les ressources de l’État pour résoudre les conflits sur la propriété de la terre de Facusse, dont la grande majorité avait été réinvesti par les paysans. Mais, après le coup d’État, une série d’assassinats de militants en faveur de la réforme agraire a fait dérailler le mouvement.

Le rythme des meurtres et des détentions de militants a continué de façon régulière depuis le coup d’État de Juin 2009. En Janvier, un nouveau gouvernement a pris le pouvoir, après l’élection de Lobo comme président. En février, il y a eu plus de 50 détentions illégales, huit cas de torture, de enlèvement et deux viols, tous perpétrés contre des membres des résistants au coup d’État, selon des rapports.

Castillo et Almendares espèrent qu’en attirant l’attention sur la crise politique au Honduras, ils permettront de protéger les militants de persécutions supplémentaires.

Je suis un survivant de la torture,” indique Almendares, qui a été torturé par le gouvernement Hondurien de droite dans les années 80. “Je suis vivant grâce au travail solidaire des États-Unis, de l’Europe, d’Amérique Latine et de l’Afrique.”

Castillo indique que si l’administration Obama n’a pas été sensible aux appels en faveur de sanctions contre le gouvernement Hondurien, le Black Caucus du Congrès Américain a été utile.

Leur solidarité a permis de nous protéger,” dit-il.

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/