Écrit par le Réseau des Femmes Afrolatinoaméricaine , afrocaribéenne et de la Diaspora (Red de Mujeres afrolatinoamericana, afrocaribeña y de la Diáspora)

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga  http://guyzoducamer.afrikblog.com/

panama

Êtes-vous noir ou afrodescendant? Cette question sera posée à tous les panaméens résidents et étrangers le dimanche 16 mai de cette année 2010, lorsque les fonctionnaires et les recenseurs de l’Institut de la Statistique et du Recensement (INEC) visiteront l’ensemble des maisons et des résidences pour réaliser le “décompte” de l’ensemble de la population de la République du Panama, sous la thématique “el Canal ampliamos y en el 2010 todos contamos”.

Cette question est spécifique et de grande importance pour les membres de la communauté afropanaméenne, car ce sera la première fois, depuis le Recensement de 1940, que l’on indiquera, pour rendre ainsi visible par le biais de l’auto-identification le nombre que nous sommes réellement. C’est le moment de Restituer notre Droit à l’Identité et à la Culture, un droit inaliénable pour toute personne; et, ainsi, nous rendons justice à nos ancêtres.

La réponse aura une importance vitale pour les décideurs politiques et économiques (Gouvernement National et institutions de la Coopération Internationale) du point de vue de la pertinence de reconnaitre les contributions des hommes et des femmes afrodescendantes dans la construction de l’identité nationale; de même que pour la formulation de l’investissement technique, économique et politique visant à corriger les situations d’iniquités et d’exclusion.

L’histoire panaméenne indique l’arrivée de ce groupe humain à deux occasions, pour former la communauté afropanaméenne, leurs descendants. La première, celle qui descend des premiers ayant grandement pris part à la conquête et à la colonisation de l’Isthme de Panamá, connus comme les conquistadors africains, les colonisateurs africains, les africains “esclavisés”, les africains rebelles ou “marrons”, les africains mulâtres commerçants, etc., qui s’établirent, principalement à Nombre de Dios, tout au long de Camino Real, à Portobelo, Chagres, au long de Camino de Cruces, de Palenque, à Santa María La Antigua del Darién, et dans l’Archipel de Las Perlas.

Et la deuxième, celle qui descend de ceux qui sont venus des Antilles, les deuxièmes ayant grandement contribué à l’économie de la Grande Colombie et de la République dans la construction du Chemin de Fer du de Panamá, les plantations bananières de Bocas del Toro, la construction du Canal de Panamá, la formation de la République des années 1910 en 1930, les victimes des lois qui prirent fin avec la Constitution de 1940.

Les résultats des Recensements de 1940 indiquaient que nous constituons le groupe racial le plus important : Total de Population 622,576. Total par groupe racial : Blancs = 68,897 (12%); Noirs = 82,871 (15%); Métisses = 406,814 (72%); Indigènes = 55,987 (9%); et autres = 8,007 (1%).

Par conséquent, on peut conclure que dans ce pays, la population est en majorité noire et métisse. Cependant, cette question raciale a été éliminée dans les Recensements suivants, ce qui nous a rendu invisibles pendant 60 (soixante) ans. Pourquoi en serait-il ainsi? Les Recensements des États-Unis d’Amérique ont conservé l’identité raciale. Notre tâche consiste à modifier les politiques publiques pour l’inclusion, la participation citoyenne et l’élimination de la discrimination.

Nous devons montrer le pays avec les factions de notre diversité ethnique, à travers des spots publicitaires. Afro-Descendants, Disons oui au Recensement 2010! Vive le Panamá!