KINGSTON, Jamaïque (CMC) -

Une enquête sur la violence sexuelle en Jamaïque a constaté que jusqu'à 49 pour cent des filles âgées de 15 à 17 ans ont été victimes de contrainte ou de violence sexuelle. L'étude, publiée dans l'édition du mois dernier de International Perspectives on Sexual and Reproductive Health montre également qu'un nombre important de ces filles a été soit persuadée soit forcée à participer à leur première expérience sexuelle.

Les données de l'étude, intitulée The Influence of Early Sexual Debut and Sexual Violence on Adolescent Pregnancy: A Matched Case-Control Study in Jamaica  ( l'Influence de Premières Relations Sexuelles et de la Violence Sexuelle sur la Grossesse chez les Adolescentes : une Étude Cas-Témoin en Jamaïque), ont été essentiellement tirées d’ interviews d’adolescentes, âgés de 15 à 17 ans parmi lesquelles 250 étaient enceintes et 500 autres avaient déjà eu des expériences sexuelles sans jamais être tombées enceintes.

Les résultats ont montré que 49 pour cent d'entre elles avaient signalé avoir subi la coercition ou la violence sexuelle alors que 1/3 d’entre elles déclarait  avoir été persuadées ou forcées à vivre leur première expérience sexuelle.

Les auteurs de l'étude, parmi lesquels Maxine Wedderburn, le directeur exécutif de Hope Enterprises en Jamaïque, déclarent que s‘il n’est pas plus probable pour les jeunes qui ont connu la violence sexuelle de devenir enceintes  comparativement à celles qui ne l’ont subi, les chiffres reflètent la large prédominance de la violence basée sur le genre

Les chercheurs ont également constaté que 94% des adolescentes enceintes interviewées avaient déclaré que leurs grossesses étaient involontaires.

Ces conclusions démontrent un fort besoin d’éducation supplémentaire et de services pour les jeunes en Jamaïque dans le but de réduire les taux élevés de grossesses imprévues et de la violence basée sur le genre dans le pays, ajoutent les chercheurs.

Ils préviennent que la clé pour s’atteler à ces problèmes consiste à donner plus de pouvoir aux femmes. L'étude a aussi décelé un lien significatif entre les rapports inégaux du point de vue de l’âge des partenaires et le risque de grossesse.

Comparées aux jeunes de leur âge qui n'avaient jamais été enceintes, les adolescentes qui étaient enceintes étaient plus susceptibles d’avoir eu un premier partenaire sexuel qui était plus vieux d’au moins cinq ans, indiquent les chercheurs, en ajoutant que ces adolescents ont également tendance à avoir un amour-propre faible et croient que la femme est la seule responsable de la contraception.

Les résultats de l'enquête sont semblables aux données publiées lors du lancement de la Caribbean Coalition on Women, Girls and AIDS (CCWA) à Trinité le mois dernier. Une étude avait permis de constater que la première expérience sexuelle de près de 50 pour cent des filles adolescentes avait été forcée.

Les statistiques officielles montrent que dans les pays comme Antigua et Barbuda, Haïti, la Jamaïque, Guyana, Trinité et Tobago et la République Dominicaine, une femme sur six ayant entre 15 et 24 ans est devenue sexuellement active avant 15 ans.

. Une enquête réalisée en 2000 par l'Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS) révélait qu’environ la moitié de toutes les jeunes filles déclarait que leur première relation sexuelle avait été contrainte ou forcée.

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga