Equipo de Coordinación Regional: Ivette Modestin, Estados Unidos; Elizabeth Suárez, Uruguay; Cecília Costa Rica; Nirva

Camacho, Venezuela; Sonia Viveros, Ecuador; Ana Irma, Moreno, Panamá; Ann Mac Kinley,

              Rivera, Puerto Rico; dos delegadas de Brasil por definir.Foto Shirlene Green.

Foto Shirlene Green

Par Ivette Modestin

Traduit de l’Anglais par Guy everard Mbarga

Comme c’est de tradition pour la Rencontre Diaspora Afro et le Réseau des femmes

Afrodescendantes / Réseau des Femmes Afro ( Encuentro Diaspora Afro and Network

of Afrodescendent

Women/Red de Mujeres Afro), je vais partager avec vous notre plus récent voyage à

Belize.

Ces  Réflexions sont écrites dans un esprit de partage et de construction de liens. Celle-ci

vous parvient alors que nous célébrons le mois de l’Héritage Hispanique durant lequel la

voix Afro-Latino est grandement exclue dans cette société.

Comme l’écrivait Christopher Rodriguez récemment, "Je souhaite encourager les Afrolatinos

à penser à ce qui constituerait leur contribution à l’éducation de nos gens, de servir en

tant que pont entre les Latinos et les Africains Américains et souligner les points communs

de nos héritages aux États-Unis et dans le reste des Amériques."

Belize est le pays d’Amérique Centrale où l’on retrouve un peu de la Caraïbe! Cela peut sembler

faire cliché de le répéter une nouvelle fois, mais à Belize, j’ai eu l’impression d’être comme chez

moi. C’est si extraordinaire même pour moi de voir à quel point nous sommes véritablement liés.

Je suis arrivée à l’Aéroport International et je devais rendre un petit charter jusqu’à ma destination

finale, Dandriga. J’ai ressenti chaque chose dans ce petit charter.  Je pensais être brave au début en profitant du paysage, puis je me suis retrouvé en train de fermer mes yeux et de chanter des louanges

à Yemaya alors que nous survolions l’espace ouvert de la belle eau de l’océan.

Dangriga est le district, la capitale et le centre culturel des Garifuna  (un peuple ayant des Ancêtres Amérindiens et Africains). La population est en grande partie constituée par un mélange de Garifuna

et de Créoles. La présence Créole /Caribéenne est visible et fortement ressentie dans les voix des habitants.

Nous avons reçu la bienvenue de la part de notre formidable hôte, une femme que j’admire

véritablement, Mme Phyllis Cayetano. Elle est l’incarnation de la force, de la grâce et de

l’engagement.

Être à ses côtés c’est se sentir  responsable et en paix. Il y a une telle clarté dans ses objectifs.

Ce voyage avait pour but d’amener plus de femmes de Belize à faire partie du Réseau des

Femmes Afro (Network/Red de Mujeres Afro. C’était l’occasion pour les femmes du

Nicaragua, du Costa

Rica, du Panama et de la Diaspora de partager leurs racines Caribéennes communes.

Il s’agissait là de la première rencontre/atelier organisée complètement en Anglais, (je

pourrais aussi ajouter le Créole) en Amérique Centrale.

Le Pelican Beach Resort était l’expression totale de l’AMOUR de la nature. Le paysage

créait de l’harmonie dans toute chose. Les palmiers bougeaient comme dans une danse.

Les arbres et l’eau nous donnaient l’impression que tous nos problèmes et toutes nos

inquiétudes allaient être dissipés par les bénédictions naturelles de cette terre.

Quand la réunion a débuté, je me suis approchée de Dorotea, la Coordinatrice Générale

du Réseau pour lui dire que nous devions peut-être faire une activité brise-glace. Puis je

me suis retenue en me disant, je suis avec des femmes Caribéennes, l’amour, on l’a dans

notre peau.

Aucune gêne ne flotta jamais dans l’air. Une fois que nous avions travaillé ensemble, la

connexion se fit encore plus forte que grâce à n’importe quelle activité brise-glace.

Dorotea indiqua alors que l’énergie qui nous entourait était en train de faire le travail.

Chacune de nous jeta un coup d’œil au mouvement élégant des eaux.

Comme c’est le cas partout où je voyage, je suis allé courir. Cette habitude rend les

autres nerveux, mais je me sens toujours en sécurité, et des fois plus en sécurité que

lorsque je fais un jogging dans les rues de Boston. Tout le monde me saluait d’un

"bonjour madame". Que c’est agréable et réconfortant de savoir que cette affection

et ce respect authentiques restent présents parmi nos gens. Ces gestes me

rappelèrent ma propre éducation. Je n’avais le droit d’appeler personne ne

faisant pas partie de mes amis proches par son prénom. C’était soit tata ou

Madame ou Monsieur.

Après mon jogging, je rejoignais certaines des femmes pour une baignade matinale.

On ne se préoccupait pas de la fantaisie de nos maillots de bain ou de toute chose

qui serait à la mode. Il était juste question du pur plaisir d’être trempée dans l’eau

chaude et rafraîchissante. Quoi de mieux pour nettoyer l’esprit et l’âme?

Je me retrouvais en train de rentrer dans l’eau totalement habillée. Nous nous

sommes assises à partager des histoires sur nos différentes éducations Caribéennes.

Cette activité allait par la suite devenir notre rituel matinal. Nos chambres se

trouvaient à moins de 20 pieds de l’Océan. Je m’endormais donc sans problème

chaque jour aux sons et à la profondeur d’Olokun.

La première journée débuta par un petit-déjeuner t chez Mme Phyllis et M. Roy.

C’était un vrai petit déjeuner Créole Garifuna. Avec, poisson, manioc, pain et le

meilleur jus de mangue que je n’ai jamais goûté! Belize était chaude, de cette

chaleur Caribéenne par laquelle tout prend sa propre forme, y compris mon "Afro".

J’étais surprise de me sentir bien autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les mots

Créoles me confortèrent. Je n’avais pas à faire semblant parler à la "ricaine"

comme on dit chez nous car dans ma langue résonnait la fierté. Cela ramena

dans ma mémoire l’époque où on nous disait qu’on devait parler le bon Anglais

quand le  gringo était à côté.

Ce fut un moment de fascination et une occasion d’apprentissage. La manière

dont les gens de  Dangriga, Belize trouvaient de la fierté dans cette langue, non

seulement parlée, mais écrite.

Les rencontres et les ateliers nourrissaient notre esprit intellectuel. On rassemble

de nouvelles manières créatives de réaliser un travail avec des Femmes Noires.

Comme le programme POWA, dans lequel Michele est très impliquée, et qui

distribue des préservatifs dans la communauté. La manière dont les générations

se transmettent la langue, la danse de la communauté Garifuna et Créole. Cela

nourrit également l’âme spirituelle. On se sent en paix avec soi même, son but

dans la vie et sa direction.

Nous n’avons pas passé de temps à nous demander pour quelle raison nous

sommes liées, sur ce que nous gagnons à faire partie du Réseau. Cela va au

delà de tout bénéfice matériel. Cela se comprend, parce que nous sommes des

femmes Noires et telle est notre  lien commun. Comme je l’ai indiqué lors de

ma présentation pour la Diaspora, les femmes Noires sont victimes d’attaques

en ce moment et l’ont toujours été. Lorsque nous nous exprimons clairement,

que nous sommes intelligentes et fortes, nous sommes catégorisées comme

agressives et dures. Pendant ces réunions, nous prenons soin les unes des autres

et nous nous formons les unes les autres à devenir nous-mêmes.

Lors des ateliers, l’accent était mis sur des problèmes tels que le VIH/SIDA,

l’éducation sexuelle, la justice reproductive, l’identité, le développement du

leadership, la politique et la conscience culturelle.

La présentatrice pour Belize était Mme  Flores qui est une légende à Dangriga

et à  Belize pour son travail dans la communauté et la responsabilisation des

femmes. Elle agit avec tant de sagesse et de connaissance. Lorsqu’elle a

commencé à parler, la salle est devenue silencieuse alors qu’on écoutait

chacun de ses mots. Elle parla de l’importance qu’il y a à faire que les jeunes

s’impliquent, le besoin pour les femmes de travailler ensemble et les hauts et

les bas de l’engagement politique.

Mme Flores évoqua son travail spirituel. " Nous sommes des êtres spirituels,

nous ne pouvons pas nous séparer de l’esprit. Nous devons manifester de

l’altruisme pour le bien être de nos organisations. Nous devons être éclairées

dans la recherche de quelque chose de plus profond,"indiqua-t-elle

Ingrid du Costa Rica nous a informés de la manière dont l’organisation Projecto

Caribe donne l’occasion aux gens de Limon de s’impliquer dans les problèmes

fonciers et de droit. L’un des points historiques qu’elle partagea fut l’époque où

les gens de Limon qui sont en grande majorité Noirs ne pouvaient pas voyager

en dehors de cette région.

Zeda fit la présentation pour le Nicaragua. Elle parla du projet relativement nouveau

qu’elle dirige, le projet  OMAN dans la communauté côtière de Bluefiels. Les

thèmes sur lesquels le projet met l’accent sont la pauvreté et la marginalisation.

Les formations et les présentations portent sur l’histoire, l’identité et le genre.

Ils mènent actuellement un projet centré sur les filles qui a une émission radio

hebdomadaire.

Les réunions/ateliers prenaient fin en chansons et en danses d’un groupe

Garifuna Local et avec certaines chansons et contes de la culture Créoles

qu’animait  Mme Mryna.

J’ai demandé à  Mme Phyllis de nous faire connaître les noms et l’histoire de

ces danses. La première danse c’était le 'Hungu-hungu' – à moitié sacrée,

utilisée lors de rituels et des occasions à moitié formelle,  en mémoire des

ancêtres. La deuxième c’était le 'Combination' – qui utilisait le  'hungu-hungu'

et le 'punta' qui est une sorte de danse sensuelle pour faire la cour, à pas rapide

et très énergique.

Ils ont également fait le  Chumba – une danse mimée dans laquelle ils  dépeignent

chacune des activités quotidiennes des gens d’ici telles que la pêche, l’agriculture

ainsi que leurs souffrances.

La danse principale était Le  Juanaragua / John Kunu qui est une danse que l’on

fait principalement durant les fêtes de Noël et qui  dépeint les pas et la parade du

'Maître' quand il dirigeait la plantation. C’est une danse que seuls les hommes

exécutent, même si récemment quelques jeunes femmes ont commencé à le faire

également.

Les rubans roses et verts sont utilisés pour le jour de Noël, mais le Jour de l’an,

ils utilisent des  rubans noirs. La célébration Créole de la soirée allait être animée

par Mme Mryna qui allait nous raconter des contes Caribéens à travers des chansons.

Elle est membre du Conseil Créole (Kriol Council) qui travaille à préserver la

culture Créole à Belize. Un soir, lors du dîner,  Madame Myrna  s’est mise à

chanter des chansons Caribéennes. Nous connaissions toutes une  des chansons

qu’elle chantait et je l’aimais quand j’étais une petite fille à Rainbow city.

Ça donnait ceci : brown girl in the ring cha la la la la, brown girl in the ring

cha la la lal la, she look like a sugar in a plum.

Nous avons fait un voyage à Hopkins, une communauté Garifuna connue pour

son paysage de pêche et  d’agrumes. Nos hôtes étaient le frère et la belle sœur

de Mme  Phyllis.

Le repas fut préparé par Terese, une femme prenant part au Projet Belfuna

(Belfuna Project).

Belfuna est un regroupement de femmes à la fois Bélizienne et Garifuna pour

créer des opportunités économiques et responsabiliser les femmes de la

communauté. Elles  sont présentes depuis environ quinze années et ont

récemment reçu des financements pour créer des espaces dans lesquelles

elles feront de la cuisine et des activités culturelles.

Nous avons fait un autre arrêt alors que nous nous enfoncions plus dans 

Hopkins pour voir des articles vendus par un groupe de femmes Maya.

Elles parlaient Créole et venaient de Big Falls Kriol.

C’était encore là une autre grande situation d’apprentissage, car je m’attendais

à ce qu’elles parlent l’Espagnol, mais elles parlaient la langue Maya et le Créole.

J’ai eu la chance d’engager une plus longue discussion avec Mr. Roy qui est

considéré comme un expert de la culture  Garifuna, mais qui a également une

grande connaissance de la culture Créole et des questions raciales et identitaires

chez les Afrodescendants.

Nous avons passée notre dernière soirée à Dangriga à la Célébration Culturelle

du Dimanche.

C’est une façon pour la communauté de célébrer à travers la danse, le spoken work,

le Punta Rock et responsabiliser les jeunes pour qu’ils s’impliquent dans les arts.

Avant d’arriver à Belize, j’avais déjà ressenti la connexion à travers les sons d’Andy Palacio.

J’ai à présent eu l’opportunité de voir cette communauté et je suis tombée amoureuse

de la beauté des Béliziens. Depuis mon retour, il m’arrive d’aller chercher le silence du

tôt matin

J’espère que vous prendrez tous le temps d’en apprendre plus sur Belize et que nous

n’utiliserons pas juste ce mois mais chacune des occasions que nous avons pour

partager et célébrer notre riche histoire.

http://www.mujeresafro.org/