Traduit de l’espagnol par Guy everard Mbarga 

Veracruz, 12 Jun (Notimex).- La population afrodescendante au Mexique est l'objet d'une discrimination et d'une stigmatisation constante qui s'est traduite par des stéréotypes qui sont loin de la réalité, et cette problématique, que l'on observe dans le monde entier réside dans la méconnaissance de l'histoire.

Pour les anthropologues, autant la méconnaissance de l'histoire que la négation et l'absence de reconnaissance de l'héritage africain des communautés noires ne changeront que par le biais de la re-éducation qui permet que les peuples métis assument leur héritage ethnique triple.
 

C'est ce qu'ont indiqué les spécialistes mexicains et étrangers au début des journées académiques du Congrès International Diaspora, Nation et Différence : Populations d'origine africaine au Mexique et en Amérique Centrale qui se tenait au Port de  Veracruz où on a mis l’accent sur le racisme dont a souffert historiquement ce secteur de la population qui au Mexique dépasse les 12% de la population totale.

A ce sujet, Maria Elisa Velázquez, sociologue de l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) a indiqué que dans le cas du Mexique, où les gens pensent que ce type de population n'existe pas, le thème de la discrimination contre les gens de peau noire est un "tantinet inconscient", 


"En général, les gens disent: il n y a pas de noir au Mexique, les noirs viennent de Cuba ou du Brésil. Cela provient d'une méconnaissance de notre passé ethnique et cela se reflète dans certaines attitudes d'intolérance envers les afrodescendants au sujet desquels on a créé des stéréotypes caricaturaux, car on pense qu'ils ne font pas partie de notre société", indique-t-elle.

Une autre chercheuse de la Direction d'Ethnologie et d'Anthropologie Sociale (DEAS) affirme que le problème de la discrimination au Mexique est difficile à quantifier, surtout parce qu'il n y a pas de dénonciations liées à ce type d’agression.

"Par exemple, à la Commission National pour Prévenir la Discrimination (Comisión Nacional para Prevenir la Discriminación - Conapred), ils ne reçoivent pas de dénonciations concrètes, ce n'est pas pareil dans le cas des indigènes", indique-t-elle.

Au cours de ce forum académique organisé par l'INAH, à travers la Coordination Nationale d'Anthropologie, Velázquez a signalé que le racisme est  également une négation et une ignorance de ce que nous sommes.


L’événement regroupe près de 120 spécialistes d'Amérique Centrale, de France, du Sénégal, du Canada, des États-Unis et du Mexique pour une réflexion des points de vue historique et anthropologiques sur les populations d'origine africaine en Europe et en Amérique.


Historiquement, l'arrivée des populations africaines en Amérique, et en particulier au Mexique s'est faite dans le cadre de la main d'œuvre esclave.

Même si durant la Colonie, le thème de l'intolérance vis-à-vis de ce secteur de population ne fut pas si notable, la majorité des esclaves ont chaque fois réussi à obtenir leur liberté et  à occuper des postes de premier ordre au sein de la société de la Nouvelle Espagne.

Cependant, c'est à partir du 19ème siècle que ce préjugé commença à s'accentuer, face à la série de mouvements abolitionnistes de l'esclavage qui surgirent dans le monde, et plus tard au 20ème siècle avec les Indépendances en Amérique.

"La discrimination est un héritage historique qui a défini les cultures africaines comme étant inférieures, et cela s'est transmis comme un legs. Aujourd'hui, ce problème a également à voir avec des problèmes économiques", précise la sociologue.

Elle indique qu'il est indispensable de faire un travail de récupération de cette histoire oubliée sur ce qu'on appelle la  "troisième origine", c'est-à-dire, l'africaine, qui avec l'indigène et l'espagnole ont donné naissance à la société mexicaine multiethnique actuelle.


Pour sa part, Quince Duncan, consultant de l'Institut Interaméricain de Droits Humains  a affirmé que historiquement, on a rendus la population afrodescendante invisible, une manière de nier son existence, étant donné que même au sein de cette population on ne s'assume pas comme afrdescendant malgré la présence de tous les traits phénotypiques de l'africain.


"Le problème est que nous avons tous été éduqués à la même école, où on nous a enseigné qu'il n y a pas de noirs. C'est une mauvaise éducation que l'on a hérité sur des centaines d'années, ce que j’appelle un "racisme résiduel", qui est le produit d'un héritage que nous pratiquons très souvent sans en être conscients ".

Lors de ce Congrès International, Duncan a établi que le problème du racisme ne pourra être dépassé tant que les peuples d'Amérique ne se reconnaitront pas eux-mêmes et ne mettront pas de côté ce complexe et ce sous-développement mental.

Le costaricien qui est également écrivain a annoncé qu'au sein de l’Organisation des États Américains (OEA), on est en train de négocier une convention contre le racisme. Elle sera présentée dans les prochaines semaines et si elle est approuvée, cela représentera une grande avancée dans l'attention portée à ce problème.

Le Congrès International qui prendra fin ce 13 juin (il y a une semaine) est soutenu par l’Université nationale Autonome du Mexique; le Centre de Recherche et d'Études Supérieures en Anthropologie Sociale (Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropología Social); le Centre d'Études Mexicaines et CentroAméricaines ( Centro de Estudios Mexicanos y Centroamericanos), et l' Institut de Recherche pour le Développement.
 

2008-06-12 08:29 EST 

http://noticias.aol.com/articulos/_a/se-discrimina-y-estigmatiza-en-mexico-a/n20080612083509990002