23 novembre 2011

Negra & Beautiful : défis uniques des Afrolatinas

 

Par Damarys Ocana - Latina.com

Les ironies frustrantes qui vont avec le fait d’être Afro-Latina frappent Yuly Marshall avec une régularité étonnante: Au travail dans un hôpital de Miami, les patients hispaniques de la technicienne en radiologie d'origine cubaine supposent en général qu'elle est Africaine-Américaine, et lui demandent : "Où avez-vous appris à parler l'espagnol comme ça? " ett expriment leur surprise, et même leur scepticisme – à l’idée  qu’elle soit vraiment Latina. D'autres fois, ses collègues Latinos dénigrent les Africains-Américains devant elle avec des phrases comme: “Qu’est ce qu’on peut  attendre des Noirs?" et puis se retournent vers elle et lui disent, comme pour la complimenter : "Mais tu n'es pas comme ça. Tu es des nôtres. "

afrolatinaLorsque Marshall évoque les problèmes raciaux avec des collègues Africains Américains, ils lui disent souvent qu’elle n’a aucune véritable idée de ce que c’est que d’être noir. Pourtant, il y a quelques années, quand Marshall sortait avec un Latino noir de peau plus claire, les parents de l’homme lui ont demandé de rompre à cause de sa peau foncée. "Ils lui ont dit de trouver une fille blanche afin de adelantar la raza ", affirme Marshall, en utilisant une expression qui signifie quelque chose comme «faire avancer la race» en se mariant avec une personne au teint plus clair pour reproduire des enfants plus clairs de peau que soi-même.


"Parfois, je me demande quand est-ce que ça va prendre fin?
", indique  Marshall, qui est âgée de 31 ans. "Mais j'aime ma couleur de peau. Dieu m'a créé ainsi, et je suis tout aussi bonne que n'importe qui d’autre. "

Selon les militants  et les spécialistes Afro-Latinos, ce sentiment sain de fierté et de conscience de soi est peut-être en hausse chez les jeunes Afro-Latino américains, malgré le type de racisme voilé, l'ignorance et de déni -de la part des Latinos et des non-Latinos aussi - qui peut transformer le quotidien en un défi pour Marshall et pour d'autres.

Une partie de l’explication est peut-être qu’il y a plus que jamais des afroLatinas ayant un profil de carrière de haut niveau que dans le passé -Dont Zoe Saldana, Lauren Vélez, Dania Ramirez, La La Anthony, Arlenis Sosa, Joan Smalls et Soledad O’Brien - et elles parlent haut et fort de leur patrimoine et de leur race. "En tant que Latina, je pense que nous devrions être très fiers de notre patrimoine", a déclaré Zoe Saldana. "On a tendance à rechercher des racines européennes et à rejeter celles autochtones et africaines, et c’est dégoûtant. Être Latino signifie être le mélange d’un tout. Je ne veux pas que mon peuple soit dans la précarité, et qu'il adore ce que nous sommes parce que c'est beau. "

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Zoe Saldana

Les AfroLatinas dans leur vie quotidienne se connectent les unes aux autres comme jamais auparavant, grâce à des groupes sociaux et à but non lucratif sur les campus universitaires de même que sur les sites de réseautage social. Sur Facebook, où il existe de nombreux groupes sur l'identité AfroLatina qui se targuent de compter des centaines de membres, même la page d'un documentaire jamais encore diffusé intitulé Afrolatinos: The Untaught Story compte quelques 1240 'j’aime' et attire d'intenses débats.

Et puis il y a des événements comme la conférence de trois jours en Novembre à New York, intitulée AfroLatin@ Now! Strategies for Visibility and Action organisée par un organisme à but non lucratif AfroLatin@ Forum avec El Museo del Barrio, la City University de New York et le prestigieux Schomburg Center for Research in Black Culture.  Au moment où l'on mettait sous presse, on tablait sur la présence de plus de 500 personnes.

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Joan Smalls

"Les gens s’identifient de plus en plus comme afro-latinos", explique Miriam Jimenez Roman qui a édité The AfroLatin@ Reader: History and Culture in the United States, une collection d'essais écrits par des écrivains afro-latinos ayant récemment remporté l’American Book Award. "Ils sont désormais conscients qu’une telle identité est possible."

Si cela semble étrange que certaines jeunes Latinas ne savent pas que c'est correct d'être noire et Latina, c'est à cause du déluge de messages contradictoires qu’elles reçoivent.

Sur les Africains esclavisés emmenés dans le Nouveau Monde dont on estime le nombre à 11 millions, dès la fin des années 1400 aux années 1860, la plupart furent destinés à  l'Amérique Latine et les Caraïbes, avec seulement quelques 645.000 qui se sont retrouvés aux États-Unis. "Alors quand on parle de la négritude, on parle en fait vraiment de l’Amérique Latine", affirme Jiménez.

Pourtant, alors que l'influence musicale et culinaire Africaine sur la culture Latino est souvent célébrée, l'expérience Afro-Latino dans plusieurs pays d'Amérique Latine a souvent été mise sous silence. En République Dominicaine, par exemple, le gouvernement a encouragé à un moment donné les Noirs à utiliser le terme “Indien“ au lieu de 'noir' pour se décrire, en partie comme une façon de se distancer de leurs voisins haïtiens. Le Mexique n’a reconnu officiellement son important patrimoine d'ADN Africain que récemment, même si son deuxième président était Afro-Mexicain et qu’à un moment donné, le nombre d’esclaves dépassait celui de leurs maîtres espagnols.

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Lauren Velez de la série  "Dexter"

De nombreux pays latino-américains ont moins insisté sur la race pour une autre raison, selon Arlene Davila, Ph.D., professeur d'anthropologie de l'Uuniversité de New York  "L'identité nationale était supposée éclipser l'identité raciale," dit-elle, soi-disant pour rendre tout le monde égal. On a amené les Latinos noirs à penser que le fait de claironner leur race les rendait moins Cubains, par exemple, même si en réalité, le pouvoir politique et économique appartenait aux citoyens de peau claire.


Les immigrants apportent  ce bagage avec eux aux États-Unis, et en acquièrent davantage lorsqu'ils sont exposés aux relations raciales Américaine - qui ont tendance à être en des termes noir et blanc crus, avec peu de place pour de possibles identités Afro-Latinos . "Beaucoup d'enfants grandissent dans des foyers où ils vivent cette vie latino qui est très fondamentalement blanche, car vous avez des parents qui amènent avec eux des préjugés négatifs au sujet des Africains Américains", explique Yvette Modestin, directrice de l'organisation à but non lucratif  Encuentro Diaspora Afro basée à Boston. Pour se différencier selon Modestin : "Leurs parents s'accrochent à leur Latinité à tout prix, s'imaginant qu'ils rendent les choses plus faciles pour leurs enfants. Et ce n'est pas le cas. Ils rendent les choses plus difficiles. "

 Malgré les Latinas ayant un profil de carrière élevé qui réussissent à Hollywood et dans d'autres industries, ce qui empire les choses c'est que l'on voit rarement des Latinas noires dans des films jouant de Latinas noires (beaucoup d'actrices Noires Latinas jouent des Africaines Américaines à l'écran) et dans les publicités, qui dépeignent généralement les Latinos comme ayant une nuance de peau marron claire. Selon Modestin, cela a pour effet de créer chez les Afro-Latino est la création un "monde très schizophrénique" dans lequel beaucoup ne sont pas compris ou sont rejetés.


Lors des ateliers que Modestin organise  pour les Afro-Latinos des collèges et lycées, les enfants sont invités à marcher autour de la salle tandis que Modestin leur pose des questions sur eux, y compris leur composition raciale. "Depuis toutes les années que je fais  cela, il n'y a jamais eu un moment  je n'ai pas eu devant moi une jeune afro-latina qui s'arrête de marcher quand on lui demande si  elle est de descendance africaine ", explique Modestin. "C'est 'je ne sais pas", même si l'enfant est  visiblement de descendance africaine. "

 L'inspiration pour le programme provient de la propre expérience de  Modestin qui s'ajustait à la vie aux États-Unis alors qu'elle venait d'arriver à la Northeastern University en provenance directe de son pays natal, le Panama. "Je venais d'une famille fortement et fièrement  afro-panaméennes et une fois ici, d'autres Latinos m'ont absolument rejetée", dit-elle. "Je me suis dit, "Il faut qu'on en parle . "


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La journaliste Soledad O'Brien de CNN

 

Elle a commencé à parler dans les universités, puis elle a fondé Encuentro, un lieu où les Afro-Latinos et d’autres de descendance Africaine pouvaient explorer et célébrer leurs origines. Le mois dernier, elle a parlé devant le Congressional Black Caucus des défis que les Afro-Latinos affrontent et des alliances qui peuvent être façonnées entre les Latino et les Africains Américains. Actuellement dans la quarantaine, Modestin porte les cheveux naturels et se pare souvent de vêtements Africains et Afropanaméens – en partie dit-elle, comme une manière de remettre en question les préconceptions des Latinos sur ce qu’est être une Latina.

 Elle affirme tout de même  "Il ya des jours où c'est plus facile de ne pas dire que je suis panaméenne, car ainsi, je n’ai pas à m'expliquer. Et ces jours-là, ma tête me fait mal, j'ai mal au ventre, parce que dans ces moments je ne me déploie pas telle que je suis dans mon ensemble. "

 Marshall n'a jamais vécu un moment où elle ne s’est pas sentie totalement Afro-Latina. Ses parents s’en sont assurés. “Ils m'ont élevé en disant:" La couleur ce n’est que la couleur. Vous êtes ni plus ni moins que quiconque " , dit-elle. “Vous ne regardez pas la couleur, vous regardez la personne telle qu’elle est de l’intérieur." C’est ce que je fais. "Et c'est exactement ce que beaucoup comme elle commencent également à faire".

Traduit de l'anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

 http://www.latina.com/lifestyle/our-issues/negra-beautiful-unique-challenges-faced-afro-latinas

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31 octobre 2011

Les AfroLatinos partout présents demeurent pourtant invisibles

 

 Luttes avec l'image de soi, une assimilation qui reflète l'expérience Noire américaine


Par Cynthia Griffin, Special pour NNPA de Our Weekly –
 

 blackL'an dernier au cours d'une discussion sur l'augmentation du nombre d'Africains Américains dans la Major League Baseball, le voltigeur de centre des Angels, Torii Hunter dans une interview accordée à USA Today a qualifié les joueurs Latino de peau foncée d' "imposteurs" et a déclaré qu'ils ne sont pas Noirs.

Les déclarations de Hunter mettent le doigt sur un problème qui explique en partie pourquoi la spécialiste Miriam Jimenez Roman organise une conférence de trois jours intitulée “Afro Latinos Now! Strategies for Visibility and Action,” du 3 au 5 novembre à New York qui constituera le plus gros effort du genre réalisé par son organisation, The AfroLatin@ Forum.

"C'est la première fois que nous réalisons un événement d'une telle envergure où nous discutons spécifiquement des AfroLatinos. Nous allons regarder la situation sur le terrain et là où nous voulons être, et il y aura un fort accent sur les jeunes, surtout ceux qui sont dans leurs années de collège. "

Jimenez Roman indique que la confusion démontrée par Hunter au sujet de la connexion entre les Africains nés en Amérique Latine et ceux nés aux États-Unis est particulièrement aigue pour les Afrolainos de 11 à 15 ans installés aux États-Unis. Dans le contexte d'une société raciste comme celle de l'Amérique, ils ne se battent pas seulement pour comprendre ce qu'ils ressentent par rapport à eux-mêmes, mais aussi sur la manière dont ils sont liés aux autres, particulièrement avec les Africains Américains.

Il y a des millions d'Afrolatinos en Amérique, qui vivent leur vie dans un contexte essentiellement "Noir", mais ils s'identifient comme blancs, à cause de la stigmatisation perçue dans le fait d'être africain américain, affirme Jimenez Roman qui est venue sur la Côte Ouest l'an dernier pour la promotion de son nouveau livre "Afro-Latino Reader", coédité avec Juan Flores. La publication de 584 pages, qui est née des notes que les deux professeurs rassemblaient toujours pour les cours qu'ils donnaient, explore les personnes afrodescendantes de l'Amérique Latine et des Caraïbes.


afrolatinos"Dans la communauté Latino, nous avons tendance à ne pas parler de race, c'est de mauvais goût d'évoquer la race et le racisme. Cela renvoie à l'idée de se plaindre. Si vous en faites une grosse affaire, vous devenez le problème, et on dit que vous jouez la carte raciale ", explique Jimenez Roman, qui est d'origine afroportoricaine, et qui a noté que lors des événements associés au livre, les Africains Américains étaient beaucoup plus réceptifs au lecteur que ne l'étaient les AfroLatinos.

Elle attribue cela à une dichotomie sur la race que de nombreux Afrolatinos expérimentent dans leurs pays d'origine.

"Il y a l'idée que la culture Latino est Métis et européenne et indienne, et les Noirs n'en font pas partie", indique la professeur, qui donne des cours sur la Race et l'Ethnicité, au sujet de la manière dont de nombreux pays Latino-américains s'identifient. En fait, les Latinos descendants d'Africains sont dans de nombreux pays depuis au moins 200 ans.

S'ils reconnaissent leurs citoyens noirs, Jimenez Roman affirme que les responsables diront "ils vivent tous sur la côte."

"Cela les isole. Ou en Bolivie, par exemple, il y a des communautés noires dans les montagnes. Ils sont totalement isolés et ignorés. "

Mais en réalité, les Afrolatinos se trouvent partout en Amérique Latine tout comme ils sont États-Unis, affirme la dirigeante du Forum AfroLatin @.

À Los Angeles, il y a une grande communauté de Garifunas et de nombreux AfroMexicains à Pasadena.

On retrouve principalement les Garifunas en Amérique centrale le long de la côte Caraïbe du Belize, du Guatemala, du Nicaragua et du Honduras, et ils sont des descendants d'esclaves naufragés qui se sont mariés avec les Indiens caraïbes sur l'île de Saint-Vincent.

Autant les Britanniques que les Français ont tenté de coloniser l'île, mais ils ont d'abord été repoussés par les habitants. Cependant, en 1796, les Britanniques ont été victorieux en prenant le contrôle et en expédiant les Caraïbes noirs à Roatan, une île au large de la côte du Honduras. Environ seulement 2500 d'entre eux ont survécu au voyage.

Comme l'île était trop petite et infertile pour supporter leur population, les Garifuna, à l'origine appelés Garinagu, ont demandé aux autorités espagnoles la permission de s'établir sur le continent. New York compte la plus grande population garifuna, fortement dominée par les Honduriens, les Guatémaltèques et les Béliziens. Los Angeles se classe deuxième  et est peuplée par les Garifuna du Belize.

La Cité des Anges abrite également un nombre croissant d'AfroMexicains qui ont à la fois une place contemporaine et historique dans la ville.

Selon Alva Stevenson, coordinatrice du Department of Special Collections de l'UCLA, qui a passé les 12 dernières années à faire de la recherche et à donner des cours sur les AfroMexicains, il y avait quelques AfroMexicains en Californie dans les premiers jours précédant l’entrée de l'État dans l'Union, y compris la famille Pico.

Deux des membres les plus éminents du clan Pico, Pio et Andres étaient impliqués de très prêt dans le développement de la région et de l'État. Les deux étaient des hommes d'affaires qui ont amassé des fortunes de leurs diverses entreprises, dont un hôtel au centre de Los Angeles.

Les deux ont également servi de personnalités politiques centrales-Pio comme le dernier gouverneur mexicain de Californie et Andres en tant que membre de l'Assemblée une fois que la Californie était entrée dans l'Union. Des rappels de leur présence aujourd'hui comprennent une artère importante, Pico Boulevard, nommée en l'honneur de Pio.

Leur grand-mère paternelle, María Jacinta De La Bastida, a été inscrite dans le recensement de 1790 comme mulata.

Stevenson indique que ce qui est important à noter est que la famille Pico était originaire d'une ville au Mexique, Sinaloa, où les deux tiers des habitants sont de descendance africaine. Et ce genre de mélange n'est pas inhabituel.

"En fait, un professeur a fait une étude de l'ADN (au cours des 20 dernières années) dans le nord du Mexique et a constaté que deux tiers des personnes vivant dans la région ont des ancêtres africains," affirme Stevenson.

Sinaloa était également l'une des secteurs d'où les 44 colons mexicains qui ont contribué à fonder Los Angeles sont venus. Environ la moitié de ces pobladores, comme on les appelait, étaient d'ascendance africaine.

Les Afro Mexicains contemporains ont émigré dans la région de Pasadena. La conjoncture économique difficile a également poussé de nombreux Afromexicains plus jeunes, pour chercher du travail, à émigrer vers le nord aux États-Unis, et Stevenson affirme qu'ils ont atterri dans des endroits comme Santa Ana dans l'Orange County et la région de Raleigh-Durham, NC.

Jimenez Roman ajoute que bien que les AfroLatinos sont partout aux États-Unis, il ya des poches plus importantes dans des régions comme Bay Area en Californie, en Louisiane (aidant à la reconstruction de la Nouvelle-Orléans), en Floride, à Detroit, à Chicago, d'autres parties du Midwest et des Carolines.

"Il ya une petite communauté d'AfroMexicains qui ont traversé la frontière pour immigrer et qui travaillent actuellement dans des usines de transformation dans les Carolines
", affirme Jimenez Roman, soulignant qu'on retrouve aux États-Unis des afrodescendants de la Colombie, du Panama, du Guatemala et du Brésil.

Pour l'artiste afrobrésilien Bakari Santos, son arrivée à Los Angeles n'était qu'une escale pendant un voyage sac à dos en Europe il ya 33 ans, il a rendu visite à un ami qui est maintenant l'ambassadeur des États-Unis au Niger. Il dit en riant: "
Je suis toujours en route vers l'Europe."

"Je suis venu ici et j'avais un visa de touriste, et j'ai trouvé un emploi au consulat brésilien
", déclare Santos, qui a fini en Amérique après avoir reçu un diplôme collégial en Biologie au Brésil. "J'ai passé 10 ans avec le consulat, puis après 10 ans, j'étais fatigué de travailler pour le gouvernement."

Santos a fait appel à son penchant artistique de longue date et a commencé à se concentrer sur l'idée de gagner sa vie grâce à son art.

"Il y avait très peu de Brésiliens dans la ville à l'époque, la communauté qui m'a vraiment aidé et m'a vraiment permis de bien me lancer c'est celle des africains-américains ", se souvient Santos, qui à l'époque dans les années 60 portait encore Afro.

Santos est un exemple des types d'Afrolatinos qui immigreront généralement Amérique, déclare Jimenez Roman - classe moyenne ou supérieure ayant les ressources pour voyager. Beaucoup d'Afrolatinos sont relégués au bas de l'économie en Amérique Latine et n'ont tout simplement pas les ressources nécessaires pour faire beaucoup plus que subsister.

Ils sont souvent ignorés, ajoute la chercheuse, qui affirme que l'invisibilité suit traditionnellement ceux qui sont capables d'immigrer aux États-Unis.

C'est l'une des raisons pour lesquelles il est en fait si difficile de déterminer exactement combien d'Afrolatinos se trouvent aux États-Unis. Cela explique aussi pourquoi l'AfroLatin@ Forum a lancé un partenariat avec le Bureau du Recensement Américain afin de promouvoir une campagne qui a exhorté les AfroLatinos à cocher à la fois les cases Latinos et Noirs.

"Lors du recensement de 2000, il y a eu 3 millions de Latinos qui ont dit qu'ils sont noirs; près de 2 millions d'entre eux vivent à New York", indique Jimenez Roman.

Mais ce n'est que la pointe de l'iceberg.

Comprendre la réalité de la vie en tant qu'afroLatino dans une Amérique très Noire et Blanche signifie reconnaître et parler du fait que plus une personne est claire, plus il est probable que cet individu dise qu'il est blanc, minimise, sous-estime ou ignore même ses racines africaines.

À l'autre extrémité du spectre, il y a les AfroLatinos plus foncés, qui selon Jimenez Roman vivent souvent dans ou à côté de communautés africaines américaines, se marient avec eux et adoptent l'identité africaine américaine.

Et puis il y a une troisième réalité explorée dans un documentaire d'une heure, “The Neo-African Americans,”  ("Les néo Africains Américains ") du cinéaste d'origine Ghanéenne Kobina Aidoo qui questionne l'identification ethnique dans le contexte d'une immigration rapide, volontaire d'Afrique et des Caraïbes (et d'Amérique latine) aux États-Unis qui transforme l'histoire "africaine-américaine" . Des Somaliens au Minnesota, aux Trinidadiens à New York, aux Afrocubains à Miami, aux Nigérians dans le Maryland, le terme "africain américain" signifie quelque chose d'unique pour chacun. Mais le film pose la question de savoir si ces personnes sont considérées comme des Africains-Américains.

 Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

 http://www.ourweekly.com/issues-archive/afro-latinos-everywhere-yet-invisible

 

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14 juillet 2011

Melissa De Soussa, actrice afropanaméenne : "Tous les latinos ne ressemblent pas à des blancs"

Par Lee Hernandez 

L'actrice panaméenne Melissa De Soussa, mieux connue pour son rôle de la contrôlante Shelby dans la comédie romantique The Best Man (1999) a révélé en exclusivité à Latina.com qu'elle est en négociations  pour jouer dans la suite à la com-rom. "On parle de faire une suite à The Best Man!", a révélé De Soussa . " Je suis impatiente de le faire!"

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L'actrice de 43 ans affirme la suite lui demanderait de reprendre son rôle. "C'est exquis! J'ai hâte!" déclare De Soussa. Même si la plupart des fans voient Shelby comme un antagoniste, De Soussa affirme qu'elle ne considère pas le rôle de cette façon. " Je ne la vois pas comme la femme la plus terrible au monde", dit-elle en riant. "Mais ce que j'aime, c'est que les gens se souviennent le nom du personnage et quand ils m'approchent dans la rue, ils m'appellent Shelby." De Soussa ajoute que les hommes et les femmes ont des sentiments différents vis-à-vis du personnage. " Il y a des femmes qui viennent m'approchent et disent," Je t'aime, tu es exactement comme moi! " dit-elle. " Les gars me regardent du genre méfiant- ils me regardent et disent" voilà les problèmes qui arrivent ", car ils pensent que je suis comme Shelby," dit-elle.

 De Sousa affirme que le fait d’avoir un rôle principal dans The Best Man comme seule Latina dans une distribution entièrement noire a fait qu'elle soit cataloguée dans des rôles pour Noirs à Hollywood. " Parce que j’étais impliqué dans The Best Man et je ne jouais pas le rôle d'une  Latina- un peu comme  Zoe Saldana a joué une fille noire dans Guess Who - ce qui arrivait en quelque sorte à cause de la couleur de ma peau", explique De Soussa. " On m’auditionnait toujours pour des rôles de noire. "

Mais De Soussa voulait également jouer des rôles de  Latina, elle a donc parlé à son agent à l'époque. "J'ai dit à mon agent, 'vous savez quoi? Je suis Latina et je devrais me présenter pour des trucs pour lesquels Rosario [Dawson] se présente. Mon agent m'a répondu:' Vous jouez des rôles de noire,' et j'ai dit 'Bon, avez-vous regardé mon nom de famille?', indique  Melissa en riant. "J'ai dû me battre pour le faire."

 De Soussa va finalement réalisé son souhait! Elle jouera une Latina dans la nouvelle série de BET, Reed Between the Lines (qui débute à l'automne), et dit que le fait de représenter les afroLatinas à la télévision est important pour elle. "Il y a des gens qui viennent vers moi et me disent 'merci de représenter les Afrolatinas - et il m'est venu à l’esprit que cela a réellement un sens pour les gens  qui me ressemblent", explique De Soussa. "Dès que je m'en suis rendue compte, j'ai eu l'impression que c'était ma mission de jouer de pareils rôles et de faire comprendre aux gens que tous les Latinos ne ressemblent pas à des blancs-nous ne sortons pas d'un unique moule", dit-elle.

De Soussa affirme qu'elle est heureuse de voir le succès des Afrolatinas à Hollywood, surtout en ce qui concerne de Zoe Saldana, avec laquelle est partage la vedette dans le film indie, Constellation (2005). "En fait, j'ai joué la sœur Zoé dans un film et je suis très fière d'elle", explique De Soussa. "Elle est belle et talentueuse - J'aurais simplement souhaité qu'il y ait plus [d'AfroLatinas]", dit-elle. "J'en veux plus, plus, plus et plus encore!"

Pourtant, De Soussa dit qu'il ya davantage d'opportunités pour les AfroLatinas qu'il n'y en a jamais eu. "Vous savez à Hollywood, c'est une affaire de cycles", explique-t-elle. "Quand Slumdog Millionaire est sorti, on a commencé à voir plus d'indiens dans les spectacles. Lorsque Rosie Perez avait la côte, on voulait auditionner  toutes les Latinas. Donc, c'est une question de cycles. Mais je pense vraiment que les Latinos font leur marque et c'est beaucoup plus fréquent que ce ne l'était dans le passé ", dit-elle.

 

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga  http://guyzoducamer.afrikblog.com 

 

 http://www.latina.com/entertainment/buzz/exclusive-melissa-de-soussa-afro-latinas-hollywood-all-latinos-dont-look-white

 

 

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22 avril 2011

Entrevue de Henry Louis Gates, Jr. à propos de son émission Black in Latin America



Gates parle de son nouveau projet dans cette interview tirée du site de PBS.

Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

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Tout d'abord, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur ce projet?

Je l'ai conçu ce comme série documentaire en trois parties qui imitent les modèles du commerce triangulaire. Il y a eu une série sur l'Afrique intitulé Wonders of the African World en 1999. Et puis il y a eu une série sur l'Amérique Noire intitulée America Behind the Color Line en 2004. Et puis, la troisième partie du commerce triangulaire était, bien sûr, l'Amérique du Sud et les Caraïbes. Le commerce triangulaire concernait l'Afrique, l'Amérique du Sud, et la partie continentale des États-Unis et l'Europe. Telle en était ma conception. Je pense à cela depuis avant 1999. Mais les deux premières parties étaient plus faciles à faire financer. Tout le monde connait les Noirs d'Afrique, tout le monde connaît la communauté noire américaine. Mais, étonnamment, et c'est pourquoi la série est si importante, peu de gens savent à quel point l'Amérique du Sud est «noire». Donc, sur tout ce que j'ai fait, c'était la partie la plus difficile à faire financer et c'est l'une des plus enrichissantes, car elle est tellement contre-intuitif, elle est toute pleine de surprises. Et j'en suis vraiment très excité.

Et selon vous, pourquoi y a t-il un manque de connaissances sur les populations noires en Amérique latine?

Eh bien, chose incroyable, il y a eu 11,2 millions d'Africains que nous pouvons compter comme ayant survécus au Passage du Milieu et qui ont débarqué dans le Nouveau Monde, et de ces 11,2 millions d'euros, seulement 450.000 sont venus aux États-Unis. C'est incroyable. Tout le reste est allé au sud de Miami en quelque sorte. Le Brésil a reçu près de 5 millions d'Africains. Cela reflète en partie notre ignorance en tant qu'Américains qui ne savent pas grand chose sur le reste du monde. Mais c'est aussi en partie la responsabilité des pays d'Amérique du Sud eux-mêmes - dont chacun a connu une période de blanchissement. Dans la période de cent années entre 1872 et 1975, le Brésil a reçu 5.435.735 immigrants venus d'Europe et du Moyen-Orient et ce fut une politique consciente après 1850 visant à «blanchir» le Brésil qui est tellement un pays noir. Le Brésil est la deuxième nation noire  au monde. Le Brésil possède la deuxième plus grande population noire - le noir étant défini comme les personnes d'ascendance africaine tel que nous le définissons dans ce pays. Ils viennent juste après le Nigéria. Mais personne ne le sait. Ce sont donc ces deux raisons, les pays qui eux-mêmes ont connu de longues périodes d’embarras à cause de l'ampleur de leur négritude et la deuxième, c'est notre propre ignorance. C'est la raison pour laquelle cette série est si importante. Elle vise à éduquer les Américains, les Européens et le reste du monde, mais il a également pour but d'éduquer les gens en Amérique du Sud. Et dans chacun de ces pays, il existe une campagne politique contre le racisme, les actions affirmatives, et pour leur droit à exister là où ce n'est pas le cas, dans les catégories de recensement. Par exemple, au Mexique et au Pérou, ils se battent pour le droit d'être identifié comme noirs. Comme en France, beaucoup de gens dans ces pays pensaient que si l'on met cette identité sociale dans le recensement, cela renforce le racisme. Mais le faire empêche aussi les gens de s'organiser autour de la race alors qu'ils sont victimes de discrimination raciale. C'est un paradoxe. Et c'est fascinant de voir ce qui est similaire et ce qui est dissemblable dans chacun de ces pays.

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Pour l'émission Black In Latin America, vous avez visité Haïti, la République dominicaine, Cuba, le Brésil, le Mexique et le Pérou. Quels ont été les critères pour se concentrer sur ces six pays en particulier?

Eh bien, on devait choisir un pays qui reflète de manière assez spectaculaire l'histoire de la traite négrière. Les plus grands pays comptant les plus fortes populations noires sont le Brésil et le Venezuela. C'était donc une des catégories. Nous avons divisé l'ensemble des pays en catégories. On ne disposait que de quatre heures. On ne pouvait donc pas faire tous les pays des Caraïbes et d'Amérique du Sud. On devait ressortir des critères. Donc la première catégorie c'était la taille. Le Brésil est le plus grand pays d'Amérique du Sud et il est de langue portugaise, et il était par conséquent intéressant. Deuxièmement, on voulait faire quelque chose de représentatif pour la Caraïbe.

Haïti venait juste de vivre un tremblement de terre, et était beaucoup dans les nouvelles. Chaque soir pendant des mois je regardais Anderson Cooper parler du tremblement de terre. Mais jamais Anderson Cooper ou quelqu'un d'autre n'a parlé de l'histoire d'Haïti. Ils parlaient du vaudou comme s'il s'agissait de superstitions lunatiques plutôt que de l'une des plus anciennes religions du monde. La plupart des journalistes n'ont rien écris d'extraordinaire sur l'histoire la révolution. Et personne n'a parlé du fait qu'il s'agit de la partie ouest d'une île avec un autre pays, la République dominicaine, et que les deux pays ont créé leurs identités ensemble et en opposition l'un à l'autre. Alors, c'est comme Jacob et Esaü, le Yin et le Yang. Ils sont deux sur cette île, séparée par une rivière, et ce sont des pays très différents. L'un est espagnol, catholique et blanc, comme il aime à le dire. L'autre est africain, noir et adepte du Vaudou. Donc, nous allons commencer la diffusion de la série avec l'émission sur Haïti et la République dominicaine.

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Cuba c’est un coup sûr. Tout le monde veut savoir ce qui se passe à Cuba. Et Fidel Castro, deux ans après  sa révolution en 1959 a annoncé que le racisme avait été éliminé à Cuba. Et Cuba a reçu environ 800.000 esclaves - beaucoup plus que les États-Unis. Il y a donc une fascination à propos de Cuba: Notre plus proche voisin. C'est la ville jumelle de Miami. À quel point Cuba est-elle noire? Le racisme existe-t-il à Cuba? La révolution, qui a apporté de bons résultats en santé et en éducation pour les pauvres, a-t-elle éliminé le racisme? Ce sont les questions auxquelles nous répondons. On peut deviner la réponse puisque le titre de l'épisode c'est la prochaine révolution cubaine.

Et puis enfin, le Mexique et le Pérou. Si La Havane est la ville jumelle de Miami, le Mexique est notre pays jumeaux. Personne ne songe au Mexique et au Pérou comme des pays de noirs. Mais le Mexique et le Pérou ont reçu ensemble 700.000 Africains dans le cadre de la traite négrière. La côte d'Acapulco était une ville de noirs dans les années 1870. Et la côte de Veracruz, dans le golfe du Mexique et la Costa Chica, au sud d'Acapulco sont des terres de noirs traditionnels. Et la surprise : Barack Obama est-il le premier président noir dans le Nouveau Monde? Pas du tout. Ce fut  Vicente Guerrero en 1829, un mulâtre, tout comme Barack Obama. Premier président du Mexique.

Tous ces pays ont des choses curieuses en rapport avec cette histoire cachée. La République dominicaine dit: "Nous sommes noirs derrière les oreilles." Et au Mexique, "il ya une grand-mère noire dans le placard." Ils savent que depuis des années, ils font des mariages interraciaux depuis longtemps. Mais si on faisait un test ADN de chaque mexicain, beaucoup d'entre eux auraient un peu de noir en eux.

La série révèle l'ampleur du rôle de l'histoire dans la formation du concept de race d'une nation. Même si chacun des pays que vous avez visités possède son histoire distincte, avez-vous trouvé quelques points communs entre ces six pays du point de vue de la race?

Oui, chaque pays, excepté Haïti est passé par une période de blanchissement, durant laquelle voulaient effacer ou enterrer ou faire fondre  leurs racines noires. Chacun a donc connu une période de célébration de son patrimoine culturel, mais dans le cadre d'un mélange multiculturel et dans ce mélange multiculturel, la négritude est en quelque sorte diluée, mélangée. Ainsi, le Mexique, le Brésil voulaient que leur culture nationale soit "noirâtre" - vraiment brune, un beau mélange brun. Et finalement, j'ai découvert que, dans chacune de ces sociétés les gens qui se trouvent au plus bas sont ceux qui ont la peau la plus foncée et des traits physiques africains les plus marqués. En d'autres termes, la pauvreté dans chacun de ces pays a été socialement construite comme étant noire. La classe supérieure au Brésil est virtuellement totalement blanche, un petit groupe de noirs se trouve dans le haut de la classe moyenne. Et c'est vrai au Pérou, en République dominicaine. Évidemment, Haïti est une exception parce que c'est un pays de mulâtres et de Noirs, mais il ya eu une longue tension entre les mulâtres et les Noirs en Haïti. Donc, même Haïti a ses problèmes raciaux.

Selon vous, si vous avez visité d'autres pays en Amérique latine, auriez-vous perçu les mêmes points communs?

Oui. Encore une fois, ces pays sont représentatifs. Typique. Et je pense qu'ils caractérisent l'expérience d'ensemble. J'espère qu'on obtiendra les fonds pour faire une autre série.

En quoi selon vous, l'expérience raciale diffère-t- elle dans les pays d'Amérique Latine par rapport aux États-Unis?

Alors que nous avons des noirs et des blancs ou peut-être des noirs, des blancs, des mulâtres comme catégorie raciales traditionnelles en Amérique, le Brésil compte de 136 sortes de noirs. Le Mexique en compte 16. Haïti 98. Les catégories de couleurs sont une drogue en Amérique latine. Je trouve cela fascinant. C'est très difficile pour les Américains, en particulier les Afro-Américains de comprendre ou de compatir. Mais ce sont de vraies catégories. En Amérique, une goutte de sang d’un ancêtre noir fait de vous un noir. Au Brésil, c'est presque comme si une goutte de sang d'un ancêtre blanc vous rend blanc. La couleur et la race sont définies de manière remarquablement différente dans chacun de ces pays, plus proches les uns des autres qu'avec les États-Unis. Nous sommes le seul pays à avoir la règle de la goutte de sang. Le seul. Et c'est à cause du pourcentage de viol et de harcèlement sexuel des femmes noires par les hommes blancs pendant l'esclavage et les propriétaires blancs voulaient s'assurer que les enfants nés de ces liaisons demeurent leurs propriétés.

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Et ce qui est étonnant, c'est qu'ils ont de la suite dans les idées. Je pense à la scène au Brésil où un groupe d'hommes a énuméré les différentes classifications raciales qui décrivent leur couleur de peau.

C'est comme s'ils avaient un outil à mesurer la couleur. "Oh lui il est Caboclo." J'ai bien rigolé. Ça été une scène brillante. Je l'ai organisé, j'ai dit à l'équipe de juste me suivre. Et nous avons marché dans le marché et je demandais aux gens de quelle couleur j'étais et on a eu beaucoup de réponses, et on choisi la meilleure. Mais le meilleur, c'est avec ces gars quand on met les mains dans le cercle. Et puis, ils ont tous dit "je suis noir, je suis noir", puis j'ai dit: "Non, vraiment, vous êtes de quelle race?" Et ils ont dit "Je suis Cabocla, il est Moreno." C'était génial.

Pouvez-vous évoquer quelques évènements au cours de la production de la série que vous avez trouvé particulièrement forts?

Eh bien, il y en a eu beaucoup. De découvrir que les gens en Amérique latine adoraient deux saints noirs depuis les années 1600. Ce fut étonnant. de découvrir que le premier Barack Obama du Nouveau Monde était un Mexicain, Vicente Guerrero. Apprendre que l'Armée d'Indépendance cubaine était composée de plus de 50% de noirs et que deux de ses leaders étaient des généraux noirs dont Antonio Maceo. Mais je pense que la personne la plus émouvante que j'ai rencontré c'est un prêtre catholique, le Père Glyn Jemmott qui travaille dans la Costa Chica au Sud d'Acapulco, sur le Pacifique dans la région la plus peuplée de noirs du Mexique. C’est un Trinidadien. Il est prêtre de paroisse depuis 25 ans. Et c'est un homme noir. Et son but est d'amener les gens au ciel. Et pour les aider à comprendre qu'ils sont noirs et que c'est une bonne chose. Et c'est un homme humble. Il le fait pour l'amour de Dieu et l'humanité. J'ai trouvé que c'était une expérience profondément spirituelle d'interagir avec lui.

Lequel de ces pays voulez-vous le plus revisiter et pour quelle raison?

Je les aime tous. C'est comme une mère et ses enfants. Je veux repartir dans chacun d'eux. Mais j'ai été particulièrement fasciné par Cuba. Cuba, c'est comme aller sur une toute autre planète. C'est tellement différent mais tellement semblable aux États-Unis, à Miami. C'est comme un double. C’est l'image dans le miroir. Et je ne doute pas, qu'une fois que Cuba sera devenue démocratique ce sera la destination touristique préférée des Américains. Les gens attendent tous la démocratie et le capitalisme pour venir et j'espère que cela se produira très bientôt. Je veux dire que je souhaite que Fidel Castro se réveille un jour et décide qu'il veut être le George Washington de son pays et qu'il institue la règle d'une personne, un vote, et qu'il ouvre le pays.

http://www.pbs.org/wnet/black-in-latin-america/featured/haiti-the-dominican-republic-an-island-divided-watch-full-episode/165/

 

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20 mars 2011

De la discrimination raciale à Porto Rico

 

 Il s'agit là de l'éternel débat consistant à définir qui nous sommes et à nous demander si la discrimination raciale existe à Porto Rico. Tel est l'axe central du document  The Afro-Latin@ Reader présenté récemment au campus universitaire de Mayagüez (RUM) à l'Université de Puerto Rico (UPR). La proposition de ses auteurs, les Docteurs Miriam Jiménez et Juan Flores, est de démontrer que ce phénomène ne se limite pas qu’aux États-Unis.

 


jimenezLa présentation de ce document, défini comme un recueil d'essais abordant jusqu’au domaine musical et qui trace la trajectoire des Afrolatinos, surtout aux États-Unis, représente une collection produite par les deux campus de l'UPR et de trois départements, selon les indications de la Dre Lissette Rolón, du Département des sciences humaines du RUM, modératrice de l'événement. Au cours de celui-ci, sont également intervenus en compagnie des rédacteurs, les Drs Juan Otero Garabís, du Département d'études hispaniques du campus de Río Piedras et Jocelyn A. Vargas Geliga, du département d'anglais du RUM. 

"Grâce à sa vaste collection d'écrits et de quelques photographies, The Afro-Latin@ Reader illustre ou commente l'expérience de la migration des afrodescendants Latinos aux États-Unis", selon Otero Garabís. Il explique que le texte rassemble des essais qui documentent l'histoire des afrodescendants amenés par la colonisation espagnole et française dès ses débuts au 16ème siècle.


Suite au recensement de 2000 qui a vu moins de dix pour cent de la population de l'île s’identifier comme noire ou mulâtre, discuter de ce qui définit les Portoricains semble revêtir une plus grande importance encore. 

"C’est non seulement un excellent ouvrage pour l'enseignement dans le curriculum des études Latino et latino-américaines, mais c’est aussi un document indispensable pour la compréhension de l'expérience afro dans la culture latine en général et des États-Unis en particulier, et évidemment, celle de Porto Rico"  indique Otero Garabís . 

Pour sa part, la Docteure Géliga a défini l'anthologie comme nécessaire et urgente, composée d’essais et de témoignages dont le fil conducteur se trouve dans le verset: Grandmother speak to me and tell me of African things , (Grand-mère me parle et me dit des choses sur l’Afrique) du poème African Things de Víctor Hernández Cruz. La professeure lie son expérience en tant que femme noire et Portoricaine à celles contenues dans la publication. 

"C'est une dénonciation difficile du racisme, de la discrimination et de la marginalisation qu’ont subi les Afrolatinos sur plusieurs siècles et qui ont laissé une marque indélébile qui nous salit les mains et la conscience au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture du livre", décare Geliga . 

"Nous sommes cependant mis au défi d'évaluer la contribution que cette tranche offre le domaine émergent des études afro-portoricaine
," ajoute-t-elle.

 
Concernant ce qui a motivé la publication, la professeure Jimenez a expliqué que son désir d'enquêter sur la thématique est surgi suite à une interview réalisée par Isabelo Zenón Cruz  alors qu’elle était étudiante en échange au Campus de l’UPR à Rio Piedras. A cette occasion, elle a remarqué que l'auteur de Narciso descubre su trasero: el negro en la cultura puertorriqueña, utilisait indistinctement les concepts de  noir et de noir  portoricain. Par la suite et en collaboration avec le Dr Juan Flores, ils réalisaient l'anthologie The Afro-latino @ Reader qui recueille les résultats d'années de recherche sur le sujet. 

Pour les éditeurs, le texte est une invitation au débat pour savoir si le racisme existe sur l'île, dans l'espoir d’amener le changement nécessaire. 

"À Porto Rico ce n’est pas si différent. Ici encore la même chose se produit. Aux États-Unis, les noirs Latinos sont mieux formés et ont un niveau scolaire beaucoup plus élevé que les Latinos en général, mais ils ont aussi le niveau de chômage le plus élevé. Les études révèlent que la couleur détermine toujours les possibilités d'emploi, d'éducation, de vie sociale ... " indique-t-il. 

Par conséquent, Otero Garabís précise que  "le livre ne dit pas tout, il ouvre des portes, il montre les voies à suivre, des pistes par lesquelles on peut poursuivre les études sur les minorités et les migrations vers les États-Unis, principalement celle des latinos." 

 traduit de l'Espagnol par guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

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28 mai 2010

Les afrodescendants d’Amérique Latine demandent le soutien de l’Union Européenne

Noticias EFE

Budapest, 26 may (EFE).- Les organisations afrodescendantes d’Amérique Latine ont demandé à l’Union Européenne (UE) et d’autres organismes internationaux cessent de les considérer comme une minorité dans leurs stratégies de développement.

afrolatinosLos afrodescendants d’Amérique Latine "doivent être sortis de ce statut d’ 'autres minorités'", puisque "nous sommes 150 millions, soit 30% de la population totale. Nous ne sommes pas une minorité", a indiqué le péruvien Oswaldo Bilbao, Directeur Exécutif du Centre de Développement Ethnique (CEDET) dans un entretien avec Efe à  Budapest.

Bilbao prend part à une conférence du Groupe International pour les Droits des Minorités organisée dans la capitale hongroise sur "Le rôle des minorités et des peuples indigènes dans la coopération pour le développement".

"Nous demandons à l’Union Européenne (UE) et à d’autres multinationales une stratégie centrée sur les afrodescendants, en tant que peuple, en tant que peuples autonomes, sujets de droits différents des populations indigènes", a indiqué pour sa part Joeal Campbell, du Centre de Droits Humains, Citoyens et Autonomiques (CEDEHCA) du Nicaragua.

L’activiste a rappelé à Efe que l’UE investit actuellement dans l’éducation en Amérique Latine.

Cependant, il estime que les fonds qui arrivent "ne sont pas bien répartis. C’est à dire: l’UE assigne 80% de la coopération aux États et 20% à la société civile".

"Les choses devraient être plus équitables", car c’est la société civile qui surveille "l’utilisation des fonds et dénonce la corruption dans les pays", a ajouté Campbell.

Il a indiqué que l’ONU a approuvé la désignation de l’année 2011 comme année des afrodescendants et il a signalé qu’une déclaration de ces peuples est en cours d’élaboration dans laquelle on trouvera des informations sur leur identité, leurs droits fondamentaux et leurs particularités.

Lors de la conférence organisée à Budapest ont pris part des délégués des ONGs de 10 pays d’Amérique Latine, Asie et d’Afrique. EFE

Traduit de l’espagnol par Guy Everard Mbarga  http://guyzoducamer.afrikblog.com/

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24 mai 2010

Rencontre Ibéroaméricaine des Ministres de la Culture pour un Agenda Afrodescendant dans les Amériques

Alejandro Gómez 

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

afroBrasilia, 23 mai (PL) L’élaboration d’un plan de politiques publiques pour l’égalité raciales constitue l’objectif principal de la deuxième Rencontre Ibéroaméricaine des Ministres de la Culture pour un Agenda Afrodescendant dans les Amériques (Encuentro Iberoamericano de Ministros de Cultura para una Agenda Afrodescendiente en las Américas).

  Programmé du 25 (Journée de l’Afrique) au 28 de ce mois à Salvador, capitale de l’État brésilien de Bahía, la deuxième Rencontre Afro-latino, de son nom synthétisé élaborera ces actions par le biais de projets et de propositions de coopération entre les 20 pays d’Amérique Latine et des Caraïbes participants.

Le journal Bahía JÁ précise que l’événement - organisé par le ministère de la Culture par l’intermédiaire de la Fondation Culturelle Palmares- constitue un engagement pris en  2008 la de la première rencontre qui s’est déroulée à Cartagena en Colombie.

Il souligne que la Déclaration de Cartagena, dénommée Agenda Afrodescendant dans les Amériques a contribué à créer de nouveaux horizons dans le programme multilatéral de coopération dans le domaine de la culture et a été déterminant pour que l’Organisation des Nations Unies déclare l’année 2011 Année de l’Afrodescendance.

En plus des ministres de la Culture, à l’invitation de Salvador seront également présents les organismes internationaux comme l’Organisation des Pays Ibéroaméricains, l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) et l’organisation Internationale des Migrations.

Le journal de l’État brésilien indique que parallèlement au rendez-vous ministériel aura lieu une Rencontre de Penseurs qui convoquera des agents politiques, sociaux et des spécialistes de différentes sphères de la culture noire d’Amérique Latine et la Caraïbe.

Des ateliers de percussion et des activités artistiques feront également partie de la deuxième Rencontre Afro-latino, tandis que l’une des nouveautés de la rencontre sera la présentation de l’Observatoire Afro-latino, un échange virtuel (par internet) de contenus sur les cultures des communautés afrolatines et caribéennes.

Créé par la Fondation Culturelle Palmares, ce projet vise à partager les idées et les propositions de pensées sur la question noire dans la région et prétend être en élaboration permanente avec l’aide de tous ceux qui sont engagés dans la lutte pour la reconnaissance de la contribution africaine à la construction des sociétés.

Les données officielles indiquent qu’en Amérique Latine et des Caraïbes se concentre actuellement une population de 150 millions d’afrodescendants et la diaspora africaine dans la région représente près de 30% de la population totale.

Cependant, selon Bahía JÁ existe un délaissement généralisé d’un groupe qui représente de nombreux siècles de contribution culturelle matérielle, immatérielle et symbolique.

arc/ale

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13 juillet 2009

Série documentaire sur les Afrodescendants d'Amérique Latine

Afro

Afro-Latinos "La historia que nunca nos contaron*" est une série documentaire pour la télévision produite de manière indépendante par Creador Pictures, LLC. Le programme illustrera l'histoire et célébrera la riche culture des populations d’ascendance Africaine.

Le documentaire couvre l'histoire, partant de la manière dont les esclaves ont été amenés en Amérique Centrale et du Sud et de la période durant laquelle cela s’est produit, en passant par les sujets relatifs à l'identité dans la communauté espagnole d'aujourd'hui. On estime à environ 200 millions le nombre d’Afrodescendants en Amérique latine, mais la majorité d’entre eux ne détiennent ni pouvoir politique, ni pouvoir économique.

Ce documentaire nous amène à connaître les Afrolatinos qui se trouvent dans les nations de langue espagnole et portugaise. Il renseignera également les personnes désinformées et conduira, nous l’espérons - à des changements sociaux dans toute Amérique Latine.

La série documentaire débute avec le trafic des esclaves vers les années 1500 et rappellera les Marrons  et leurs communautés de palenques. Il couvrira la théorie polémique de la présence africaine en Amérique préhispanique.

Elle se poursuit en analysant la proximité et les différences religieuses entre l'Église Catholique et les pratiques  Yoruba et le Vaudou. On en apprend également de ces cérémonies religieuses et sacrées à travers la danse et la musique. Le tambour est par exemple un instrument très spécial utilisé dans la musique latine aujourd’hui, mais  combien des personnes connaissent son histoire ? Le documentaire aura aussi un segment consacré à la gastronomie Afrolatine, qui montrera l'influence Africaine sur la vie des Latinos.

On retrouve encore des dialectes Africains mélangés à l'Espagnol dans des endroits comme San Basilio de Palenque, et nous avons même découvert un dictionnaire de mots espagnols d'origine Africaine. L'identité sera un segment spécial étant donné qu'il concerne des millions d'Afrolatinos au niveau mondial. Nous interviewons des personnes des États-Unis à l'Argentine sur des sujets tels que "les bons cheveux, les mauvais cheveux”, les mariages interraciaux et encore plus, beaucoup plus.

L'un des chapitres les plus importants du documentaire est celui qui traite des sujets sociaux qui affectent les communautés Afrolatines. Nos producteurs n’ont pas seulement documenté les problèmes, ils ont de plus vécu dans les communautés pour obtenir une information de première main sur leur situation.

Nous avons constaté que dans la majorité des pays, il y a un manque de soutien du gouvernement, peut être à cause de la discrimination ou simplement à cause de la corruption, mais ce documentaire va plus loin pour relater la réalité.

Nous espérons qu’il permettra de rendre les frères et sœurs Afrodescendants visibles aux yeux des hommes politiques et de la société en général. Réalisons des changements pour nos populations, et que justice et égalité soient établies.

* Afrolatinos, l'histoire qu'on ne nous a jamais raconté. Série documentaire

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.afrolatinos.tv/

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09 juillet 2009

Afrolatinos : l'histoire cachée

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Marché  - Choco - Colombie

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San Lorenzo - Equateur

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Photos issues de la série documentaire : Los Afrolatinos : La historia que nunca nos contaron (Afrolatinos, l'histoire qu'on ne nous a jamais raconté)...

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http://www.afrolatinos.tv/

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26 avril 2009

Le Privilège Blanc en Amérique Latine

Par Dedrick Muhammad et Aisha Brown

Aisha Brown - Fondatrice du  Projet Global Awareness et Associé du Programme Racial Wealth Divide de Institute for Policy Studies

Click to download Dedrick Muhammad’s photo in press qualityDedrick Muhammad - Coordinateur de Racial Wealth Divide Project de Institute for Policy Studies

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga

http://www.ips-dc.org/

"Usted quien es ... Gánese el baloto para que se cambie el color."

Un agent de police du métro a une fois chuchoté au leader afrocolombien,  Carlos Rosero, membre fondateur du Processus des Communautés Noires (PCN)."Pour qui te prends-tu ?... Va gagner un billet de loto et change ta couleur". 

Cet incident, plutôt que d’être une manifestation isolée de racisme en Amérique latine, nous donne un aperçu, un reflet de la manière dont le privilège Blanc prédomine en Amérique latine.

L'Amérique latine a une longue histoire de privilège Blanc et de suprématie Blanche liée à ses  racines politiques , l’application américaine des lois  Jim Crow dans le Canal de Panama, la dictature dominicaine brutale qui a effacé la présence africaine de son histoire et de sa culture, le massacre de centaines de milliers les Mayas indigènes au Guatemala et le blanqueamiento (blanchissement) en  Argentine (Amérique du Sud) où le gouvernement a activement recruté des émigrants Européens dans le pays pour  "blanchir " la société , dont les populations indigène et Africaine étaient importante.

Dans ses implications sociales, le privilège Blanc a pénétré dans le parlé quotidien de l'Amérique latine : "pelo malo" contre "pelo bueno" (les bons cheveux contre les mauvais cheveux), Negrita , à la fois comme une insulte que comme "une expression d’affection" pour les Latinos ayant des  "traits plus foncés," et interpellant  l’un et l’autre par notre race ou notre teint : morena, trigueña, indio, zambo.

Le 31 mars 2009, le Grupo Afro Descendiente a parrainé une discussion intitulée Le Privilège Blanc en Amérique latine : Mythes et  Réalités dans le cadre de la Semaine de Conscience du Privilège Blanc.

Le panel comprenait des indigènes du Pérou et du Guatemala, un afrodescendant de Cuba, une Métisse du Mexique et un immigrant africain de la Côte-d'Ivoire. Chaque invité a raconté son histoire personnelle, fait des réflexions sur son expérience du privilège Blanc en Amérique latine.

Ce dont on se rend compte, c’est que le privilège Blanc a commencé et a été renforcé dans la société par le biais de la manipulation socio-économique, les plaisanteries/stéréotypes culturels et le paternalisme souvent appliqué par l'Église catholique et plus récemment le par mouvement Évangélique.

Dans chaque pays en Amérique latine, on constatera que les gens de couleur sont souvent les plus pauvres, les moins éduqués, et ceux disposant de moins de pouvoir et le moins d’engagement politique dans la société.

Même si les niveaux d’intégration sont élevés en  Amérique latine, la ségrégation intense persiste. Les populations descendantes d’indigènes et Afrodescendantes vivent souvent  à part dans les communautés quelque peu isolées du courant dominant.

Ce phénomène prévaut  partout en Amérique du Sud et Centrale chez  les garifuna et d'autres indigènes Latino-américains. Par exemple, le Nicaragua est pratiquement divisé en deux pays par la forêt tropicale humide : l'Ouest surtout habité par les Blancs et l'Est peuplé surtout par les gens de couleur.

Cette ségrégation est accentuée par l’absence des Afrodescendants et des Indigènes à la télévision latino-américaine . L’image des populations  de couleur dans les média Latinos est rare. Sabado Gigante, l’émission de variété la plus populaire de toute  l'Amérique latine est le meilleur  exemple de ce phénomène. À l'exception occasionnelle du reggaeton ou de l'artiste bachata et/ou d’un joueur de football, les gens de couleur sont largement exclus en tant qu’acteurs et même dans l'audience de cette émission populaire.

Le racisme intériorisé des Latino-américains a mené notre communauté à nier ou à rejeter son  héritage africain et/ou indigène. Cette pratique renforce davantage l'idéalisation des Blancs dans notre société.

Ce qui complique davantage la question du  privilège Blanc pour les Latinos c’est le fait de vivre un type de hiérarchisation raciale différent dans nos  patries. L'identité Latino est pratiquement devenue une catégorie raciale dans ce pays.

Si vous ne cadrez pas avec les perceptions américaines du Noir, du Blanc ou de l’asiatique (oui il y a des Latinos asiatiques) vous êtes désignés comme "Latino".

Dans la suprématie Blanche Américaine qui suit la règle de la goutte, une goutte de sang Noire ou Indigène ou n'importe quels signes visibles de ces ascendances exclurait des individus du privilège blanc et condamnerait à une incapacité électorale.

La règle de la goutte de sang était presque en sens inverse en Amérique latine; une goutte de sang européen ou des caractéristiques visibles d'ascendance européenne permettaient d’accéder à  un certain degré du privilège Blanc et de richesse, en aidant  à ouvrir la porte pour certaines personnes de couleur en Amérique latine pour faire partie de l'élite Blanche du pays.

Comme dans beaucoup de sociétés capitalistes, l'argent peut acheter le privilège, mais en Amérique latine il peut aussi acheter votre Blancheur. Pendant des générations les Latino-américains ont payé pour changer leur race sur leurs cartes d'identité.

Acheter sa Blancheur a historiquement été une pratique commune pour beaucoup de Latinos Afrodescendants.

Pourtant cette pratique n'a pas défié la suprématie blanche, elle a  plutôt créé un créneau pour accéder au  privilège blanc.

Notre débat sur le privilège Blanc et des caractéristiques raciales diverses de nos communautés nous a permis de voir que bien que les ordres socio-économiques suprématistes Blancs de nos patries sont différents de ceux que l’on trouve aux États-Unis, la déconstruction du privilège Blanc est quelque chose de nécessaire partout dans les Amériques.

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