02 janvier 2008
Mábel Lorena Lara Dinas , journaliste afrocolombienne de Telepacífico
En s’appuyant sur un effort constant en terme de créativité, la journaliste Mábel Lorena Lara Dinas a consolidé sa position dans la conduite et dans la direction de l’émission recueillant le plus d’audience de Telepacífico.
En juillet 2005, Mábel Lorena Lara Dinas a fait un pas important dans sa carrière professionnelle, qui l’a placée devant le public colombien et étranger lorsqu’elle a pris la tête de la présentation de l’émission la plus harmonieuse de la chaine Telepacífico.
Après trois années passées à la présentation de Nuestra Herencia (Notre Héritage), une émission de contenu folklorique, sur les coutumes et sur la culture afrocolombiennes, la communicatrice originaire de Cauca a atteint l’un de ses plus grands rêves en devenant l’image institutionnelle du Canal du Soleil (El Canal del Sol).
Critique, audacieuse et réflexive, Mábel Lorena n’a pas laissé sa beauté s’imposer sur le contenu, démythifiant ainsi grâce à son travail et ses efforts, multipliés depuis qu’elle présente l’émission Espejo Contigo, le vieux préjugé colombien qui qualifie les belles femmes de creuses et superficielles.
La journaliste n’a pas mis de limite à sa carrière. Alors que de nombreuses jeunes de son âge passent leur temps à remplir leurs vies d’activités capricieuses, elle fait le pari de la formation constante pour offrir un produit de qualité aux milliers de téléspectateurs qui regardent son émission chaque jour.
Sa vie se déroule à mille à l’heure. Alors qu’elle débutait la présentation de l’émission qu’elle dirige, elle a fait une spécialisation en Gestion Sociale à l’Université Javeriana et a acceptée le défi de devenir enseignante à l’Université Santiago de Cali.
Cependant, au milieu de la clameur de son activité quotidienne, elle s’arrange pour cultiver son autre passion : la musique qu’elle savoure avec délectation, spécialement s’il s’agit de Caetano Veloso ou de Mayte Martín. Les ainés l’attendrissent et elle pleure facilement, car si de sa mère elle a hérité de la rigueur et de la mystique d’une maîtresse consacrée, elle a par contre reçu du côté paternel le caractère sensible de ces ancêtres.
Même si elle est heureuse du travail qu’elle réalise à Telepacífico, elle n’écarte pas la possibilité d’aller sur une des chaines de télé les plus syntones en Colombie, pour présenter les nouvelles, faire du reportage et, en passant, commencer à combler le manque d’afrocolombiens dans les espaces de télévision les plus implantés au pays.
“Il manque des noirs sur ces chaines, pour générer des processus d’identité, des personnes capables de contribuer à la dynamique d’un média commercial”, indique la journaliste qui rêve d’un espace régional, sans limitations qui répond aux intérêts en terme d’informations de la population du Cauca, de Chocó et Nariño…
Mábel s’arrête dans ses réflexions pour préciser que ces concepts obéissent à sa vision en tant que journaliste, et elle insiste pour dire que Telepacífico répond au rêve qu’elle a d’être quelqu’un, sans arrêter d’être elle-même. “Je ne suis pas une reine de beauté, je ne mesure pas 1,80m… Cette chaine, parce qu’elle est publique, me permet de montrer qui je suis, d’où je viens, à travers les contenus que je dirige ”.
Tout n’a pas été rose depuis son arrivée sur la chaine régionale dirigée par l’historien Germán Patiño, peut-être l’un des intellectuels qui connait le mieux la culture du Pacifique. Sa présence dans une émission ayant une audience aussi importante a entrainé de la méfiance et de la jalousie, qu’elle a pu supporter grâce au travail et à son intelligence, et par le biais d’un journalisme sérieux et profond.
Elle est restée dans une ligne qui aborde les sujets touchant à la réalité locale et régionale, et c’est pour cette raison qu’elle s’identifie à sa chaine, qui essaie d’avancer dans ce sens malgré ses ressources limitées.
En tant que femme afrodescendante, elle est attachée aux initiatives visant à améliorer les conditions de vie des autres afrodescendants et exprime son optimisme quand aux succès possibles par l’intermédiaire de la Bancada de Congresistas Afrocolombianos (Caucus de Parlementaires Afrocolomiens).
“Nos leaders ont besoin de formation. Ils doivent tourner leur regard sur les gens. Le problème se trouve dans le fait qu’on élit très rarement les meilleurs, alors qu’on a des gens prêts et disposés à travailler pour le collectif. D’un autre côté, il manque d’équité dans le gouvernement. C’est un combat que doivent mener nos parlementaires.”
Entretemps –pense Mábel avec force– attachée à la défense des intérêts collectifs, le combat doit être individuel, en gravissant des positions pour servir de référents positifs pour ceux qui attendent qu’on leur montre la voie.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga
http://www.revistaebano.com/pages/television.html


Elle n’hésite pas à défendre sa conception de ce que doit être la télévision régionale, de laquelle elle demande une plus grande originalité, pour qu’elle ne devienne pas une copie de la télévision nationale. “La solution réside dans le fait de parier sur les langages et les identités. Je fais partie de ce processus, de cette tentative de faire quelque chose de différent. Mais nous pouvons avancer dans la mesure où nous sensibilisons l’entreprise privée pour qu’elle investisse également dans la région ”. Quand elle parle de politique, Mábel a recours aux mêmes arguments et applaudit les décisions qui déterminent des alternatives différentes, quand on lui demande le rôle des médias dans les processus électoraux.
31 décembre 2007
93% de présentateurs de la télévision publique sont blancs au Brésil
Le pourcentage de journalistes travaillant devant les caméras de la TVE (Rio), de TV Cultura (SP) et de TV Nacional (DF) obéit au patron suivant : 93,3% sont blancs ou euro descendants; 5,5%, noirs (noirs + métisses) afrodescendants et 1,2% descendants d’amérindiens. On note également une sous représentation thématique de la communauté noire dans la programmation de ces émissions. Cette donnée fait partie de la recherche Onde está o Negro na TV Pública? (La place du noir dans la Télévision Publique) réalisée par la Fondation Culturelle Palmares. Cet aspect fut l’un de ceux débattus durant le séminaire TV Pública, Ação Afirmativa e Direitos Humanos (La Télévision Publique, l’Action Affirmative et les Droits Humains) qui s’est tenu le 11 décembre dernier à l’auditorium du Syndicat des Journalistes Professionnels de la Ville de Rio de Janeiro, et organisé par la Commission des Journalistes pour l’Égalité Raciale (Cojira-Rio).
Pour Délcio Teobaldo, journaliste de la TVE et professeur d’université, il est important que des femmes noires et des hommes noirs apparaissent devant les écrans, mais également, et plus particulièrement dans la production des programmes diffusés. “C’est important, car ces professionnels peuvent influencer le contenu de ce qui est transmis aux téléspectateurs”, affirme-t-il.
Le président du Syndicat des Artistes et des Techniciens de Spectacles et des Divertissements de Rio de Janeiro (Sated), Jorge Coutinho a révélé qu’au cours d’une réunion récente avec les dirigeants de TV Globo durant laquelle la question salariale fut débattue pendant six heures de suite, il a abordé le problème de l’insertion des noirs et de leurs communautés dans la programmation de l’émetteur.
Le communicateur Marcio Gualberto, coordinateur du Collectif des Entités Noires (Coletivo de Entidades Negras) dans le Rio de Janeiro et éditeur du blog Palavra Sinistra a fait remarquer qu’il est faut créer des stratégies pour les femmes et les hommes noirs puissent se former pour affronter le marché du travail dans cette période de digitalisation de la télévision et de la radio au Brésil. Coutinho est allé dans le même sens et a ajouté qu’il s’agit de l’une des préoccupations de son administration au Sated.
Gualberto a également critiqué la façon de choisir la composition du Conseil d’Administration de Empresa Brasil de Comunicação (EBC), même s’il reconnait que les conseillers choisis ont une représentativité dans leurs champs d’action. “La société civile organisée devrait être entendue par le gouvernement fédéral avant toute définition sur le mode de constitution du Conseil d’Administration”, souligne-t-il.
La coordination de la table de conférences était à la charge de la journaliste Angélica Basthi, membre de la Cojira et conseillère de l’organisation non gouvernementale Justiça Global. Elle a rappelé que le Brésil a activement participé en 2001 à la Conférence Internationale de la lutte contre le Racisme organisée par l’ONU à Durban, en Afrique du Sud. “En signant le document final de cette rencontre officielle, il (le Brésil) s’est engagé à mettre en œuvre toutes ses résolutions, y compris la promotion de la communauté noire dans la communication sociale et sur le marché du travail”, a-t-elle observé.
Le journaliste Carlos Alberto de Oliveira, ou Caó, conseiller de l’Association Brésilienne de Presse (Associação Brasileira de Imprensa, (ABI), a affirmé que ce qu’on appelle la Télévision Publique doit avoir comme finalité principale de contribuer à l’organisation et à la mobilisation de l’opinion publique brésilienne pour mener le pays à une institution dans laquelle on vit une véritable égalité raciale. “Sans cela, si rien n’est fait, il n y aura pas de Brésil, il n y aura pas de civilisation qui puisse commencer et se terminer ”, affirme Caó, ex-président du Syndicat des Journalistes Professionnels de Rio et auteur de la loi qui criminalise le racisme au Brésil depuis 1989.
Le séminaire a été enregistré en vidéo par une équipe de TV Rocinha, représentée par le producteur Lindemberg Silva, et une autre de la Centrale Unique des Favelas (Central Única de Favelas, Cufa), représentée par les producteurs Carlos Saci et Clécio Gomes. Un documentaire institutionnel de Antes das palestras foi exibido o documentário institucional da TV Rocinha.
L’événement a reçu le soutien de la Commission d’État de Lutte contre la Discrimination Raciale de la Centrale Unique des Travailleurs du Rio de Janeiro (Comissão Estadual de Combate à Discriminação Racial da Central Única dos Trabalhadores do Rio de Janeiro,CECDR/CUT-RJ), representée par son coordinnateur Cláudio Vovô.
Source: Syndicat des Journalistes
Traduit du Portugais par Guy everard Mbarga
http://www.irohin.org.br/onl/new.php?sec=news&id=2540
18 août 2006
Brésil :TV da Gente, première chaîne afro cherche appui politique
REPORTER: Augusto Castro
Une chaîne de télévision brésilienne conçue et dirigée par des professionnels noirs. Telle a été l’idée défendue ce lundi 15 août par le chanteur et présentateur télé João de Paula Neto, plus connu sous le nom de Netinho de Paula, ex-vocaliste du groupe de pagode Negritude Júnior.
Netinho a été reçu en début de soirée en audience par le président du Sénat, Renan Calheiros, en présence du président de la Chambre des Députés, Aldo Rebelo. Le chanteur a demandé l’appui politique pour que la chaine TV da Gente, lancée en 2005 obtienne une consolidation à l’échelle nationale.

Netinho de Paula au centre
- Je suis venu ici pour faire ce qu’ont jadis fait les grands leaders qui possèdent les médias au Brésil: demander l’appui politique pour que ce projet puisse grandir, puisqu’il s’agit là du fruit d’une aspiration du mouvement noir – affirme Netinho. De l’avis du présentateur, autant Aldo que Renan "ont adoré le projet" et ont indiqué que l’initiative est bonne pour la démocratie. Netinho a déclaré que la programmation des émissions est novatrice et diversifiée et qu’elle comprend des programmes tournés vers les enfants, le public féminin et des émissions de sport par exemple. Initialement, l’objectif est de retransmettre le signal de TV au niveau national par le biais des principales compagnies de télé opérant sur le câble (propriétés du Groupe Abril et du Réseau Globo, souligne le présentateur). Netinho estime que l’appui politique est essentiel pour que cet objectif se réalise.
Il défend l’idée d’une télé faite et dirigée prioritairement par des noirs, affirmant qu’ "il manque un brin pigmentation parmi les professionnels qui travaillent sur nos chaines de télévision ". Le présentateur a garanti que le métissage et la diversité seront valorisés par l’émetteur, plutôt que "la ségrégation et la discrimination".
- C’est la télé des gens, la première télé au Brésil faite et dirigée par des noirs. En fait, ce n’est pas une chaine qui s’adresse uniquement aux noirs, elle est faite pour l’ensemble du peuple brésilien. Mais il s’agit de la première dont la direction et la conception seront l’œuvre de noirs - a indiqué Netinho à la presse à sa sortie du cabinet de Renan Calheiros.
Le présentateur a également indiqué qu’il a abordé avec Renan et Aldo le thème des actions affirmatives, et particulièrement des quotas dans les universités publiques.
Selon Netinho , les quotas seraient un" mal nécessaire, quelque chose qui doit être imposé, car le bon sens fait défaut ".
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga
http://www.palmares.gov.br/
