Davantage de mariages célébrés dans les sanctuaires des religions afrobrésiliennes
Le Magazine Raça a publié un long reportage dans son édition de ce mois sur l'augmentation des mariages dans les espaces sacrés des religions de matrice africaine.
Le document attire l'attention sur un fait peu connu, la difficulté de la reconnaissance par les autorités des cérémonies de mariage non-chrétiennes. Même si cela ne signifie pas que les religions ne sont pas pratiquées uniquement par des descendants d'esclaves africains, statistiquement ces derniers demeurent la majorité à le faire.
Le babalorixá Kibanazambi Jorge explique que dans la culture Yoruba, originaire d'Afrique "la famille est la base fondamentale et le pilier de la société qui conditionne la prospérité de l'être humain."
Il affirme que malgré la méconnaissance de la cérémonie par la société en général, "Il existe tout un rituel pour le mariage, avec les préparatifs jusqu'à la consommation de l'union ... Dans la communauté du terreiro ... nous croyons que la bénédiction des parents, de la famille, des amis est importante pour le bonheur du couple. À travers la cérémonie / le rituel, on invoque l'énergie connue sous le nom d’ Orisha pour offrir de' bonnes choses ' au couple qui constituera la nouvelle famille, des enfants, en fait de richesses que rien n'oblige l'être humain à concéder. Les membres de la famille, les amis expriment à travers des présents offerts aux couples, des souhaits de bonheur, dans lesquels chaque objet a sa signification spécifique. "
Au Brésil, en raison du mélange des races, les coutumes et les habitudes des esclaves africains ont été modifiés par l'influence de nombreuses cultures qui forment la population. Cela inclut les questions religieuses. L’enseignement de l’Église catholique romaine a toujours dominé. On a seulement cessé de considérer le catholicisme comme religion d'État officielle après la proclamation de la République. Jusqu’alors, la validité de tout ce qui enseignait quelque chose de différent de la foi catholique romaine n'était pas reconnue officiellement.
Jorge Kibanazambi rappele que depuis la période coloniale les sacrements n’étaient acceptés que s'ils provenaient du catholicisme. La culture des gens en est restée imprégnée, et même après la permission et la reconnaissance de la Constitution fédérale de 1988, c’est toujours l'habitude de la plupart des adeptes de religions africaines de consommer le mariage et le baptême dans l'église catholique.
Les choses sont ainsi car "Beaucoup ont l'impression que c'est la seule institution qui remplit les conditions même pour effectuer de tels actes ... Mais chaque religion a ses rituels et ses cérémonies répondant à tous les besoins de ses fidèles. Et ceux d'origine africaine se sont placés dans cette catégorie. "
Marcio Marins, coordinateur de l’organisation politique Forum Paranaense des Religions de Matrice Africaine, comprend qu’il reste difficile de défaire le lien du catholicisme et de la religion africaine. "Même les babalorixás yalorixás se marient en dehors des terreiros. Cet acte nous permet de renforcer la religion de telle sorte que nous puissions reconnaître que nos origines sont africaines avec des noms différents, mais nous n’avons pas besoin de recourir à d'autres organisations religieuses pour célébrer le mariage. "
Pour Marcio, l'union matrimoniale célébrée dans le Candomblé augmente l'estime de soi de la population du terreiro et permet à plus de gens de chercher et de revendiquer leurs droits civils.
Ce n'est pas toujours facile. En 2002, Gorete Dorneles Machado est devenue veuve et a essayé de prouver la validité de son mariage avec Renato Fernando Guedes, dont la cérémonie a été organisée dans un terreiro de l'Umbanda en 1983. Gorete a demandé la pension après décès de son mari auprès de l'INSS (Institut National de Sécurité Sociale) pour mais elle a été refusée. La raison donnée était qu'elle n'avait pas une relation stable.
Lorsqu'elle a présenté un certificat de mariage délivré par la Fédération des Cultes Afro, elle a été informée qu'il n'avait aucune validité. Il a fallu recourir à la justice.
Avec le soutien du babalorixá Dyba et de son ONG CEERT (Centre d'études du Travail et des Inégalités), qui lutte pour les droits de la communauté afrodescendante, la veuve a compris qu'elle allait obtenir l'aide nécessaire. Le procès s'est tenu au 8ème Tribunal civil du TJ / RS et le résultat a été favorable à l'unanimité en faveur de Gorete.
"Ce procès serait un bon scénario de film, on a présenté une plaidoirie argumentée dans un tribunal rempli d'adeptes de religion e matrice africaine avec des atabaques, des costumes, luttant pour leurs droits. Pour la première fois le pouvoir judiciaire brésilien a reconnu la validité du mariage dans les religions d'origine africaine, affirmant que le mariage dans le terreiro a la même validité que le mariage dans la cathédrale, la mosquée, la synagogue ... ", déclare Hedio Silva Junior, directeur exécutif du CEERT et avocat de Goreteà l'époque.
Même s'il n y a aucun chiffre officiel, les associations défendant les droits des afrobrésiliens religions croient que le nombre de mariages augmente non seulement dans les terreiros, mais aussi dans les églises catholiques, qui ont commencé à faire des références au Candomblé.
Silvana Verissimo est membre du Conseil National des Droits de la Femme et adepte de la religion afro. Elle se souvient qu'en 2009, a eu lieu à São Paulo l'un des premiers mariages célébré dans un terreiro.
"Ce fut une merveilleuse expérience, le terreiro était plein de gens, même de non-adeptes de religions d'origine africaine, qui ont fait preuve de respect pour la religion et pour ses adeptes. Autant la famille de la mariée que celle du marié étaient présentes. Le mariage devient une occasion pour plus de gens de connaître le fonctionnement d'un terreiro et il permet de briser les préjugés causés par l'ignorance", dit-il.
La loi brésilienne exige que certains détails soient observés pour que la cérémonie soit reconnue:
● L'envoi des documents est valide avant ou après la cérémonie. Le délai est de 90 jours lorsque cet envoi est effectué après. Les documents doivent être remis au registre civil qui produira l'équivalence avec le mariage civil.
● À la place du juge de paix, l'union est célébrée par un prêtre de la religion. Le temple doit être régularisé, et le prêtre constitué de pouvoirs pour exercer sa fonction.
● Le terreiro doit avoir le statut et les actes, où un directoire reconnaît le prêtre comme représentant. Partant de là, même le Président de la République ne peut en nier la validité. L'état n'exige pas de formation pour les prêtres religieux, mais il doit y avoir une organisation qui le reconnaît comme autorité.
● Dans le terreiro, il doit également y avoir un registre pour l'envoi d'un certificat, qui est ensuite présenté par le couple au greffe. De plus, il faut que des témoins soient présents lors de la cérémonie.
● La forme du rituel n'est pas pertinente du point de vue juridique. Le mariage a les mêmes caractéristiques que dans les autres religions et respecte les mêmes questions de validité, et se fait entre personnes de sexes différents et non encore mariées.
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
http://www.hospitaldalma.com/2011/12/aumenta-o-numero-de-casamentos-no.html?Referencia=www.dohits.com.br
Les religions de matrice africaine victimes d'intolérance au Brésil
RIO DE JANEIRO (AP) - Rosa Cardoso est pratiquante de la religion afrobrésilienne de l'Umbanda depuis presque toutes ses 89 années d’existence, pourtant elle n'a jamais cessé de cacher sa foi au reste du monde.
La porte du temple qu’elle dirige dans un quartier de classe moyenne de Rio de Janeiro est située derrière une porte simple et délabrée et ne porte aucun signe annonçant sa présence. À l'intérieur, les fidèles rendent hommage à des images de dieux d'ascendance africaine, les Orixas, mais les portraits sont rangés discrètement derrière un treillis en bois sous un autel orné d'une image presque grandeur nature de Jésus, flanqué de Sainte-Barbara et de la Vierge Marie.
Même si environ 400.000 Brésiliens comme Cardoso sont adeptes de cette religion, ils continuent également d’affronter les préjugés qui contrastent avec l'image publique d'harmonie raciale et religieuse du pays.
L'intolérance et la franche hostilité contre l'Umbanda, et contre le Candomblé, autre grande religion d’ascendance africaine au Brésil ont récemment repris le devant de la scène alors que des militants de la liberté religieuse ont dénoncé la démolition d'une maison connue comme le berceau de l'Umbanda.
Dans le même temps, le propriétaire d'un autre temple Umbanda dans la même ville, São Gonçalo, face à la baie de Rio, se bat contre une expropriation visant à transformer sa maison en un centre sportif.
Cardoso affirme avoir appris à ne pas baisser sa garde pour se protéger contre le mépris religieux. Le pays de 190 millions reste majoritairement catholique romain, même si les congrégations pentecôtistes ont conquis des légions de convertis.
Beaucoup de personnes à Rio peuvent citer les noms de quelques Orixas, et des milliers de croyants et de sympathisants affluent sur les plages au Nouvel An vêtus de blanc pour déposer les offrandes à Iemanja, la déesse de l’Océan.
Cependant, de nombreux Brésiliens considèrent souvent l'Umbanda et le Candomblé comme de simples versions de sorcellerie inoffensive, et les croyants sont réfractaires à reconnaître publiquement qu'ils suivent ces croyances. Dans de nombreux endroits du pays, pratiquer l'Umbanda était interdit par la loi jusqu'en 1950, et au cours des trois décennies suivantes, les croyants étaient sensés s'enregistrer auprès de la police.
" Nous avions l’habitude de nous cacher dans les bois pour faire nos cérémonies" , déclare Cardoso, un soir, alors qu’une cérémonie umbanda pleine de tambours, de danses et de corps possédés se met en branle. Même maintenant, Cardoso n'ouvre pas sa maison à des inconnus sans un examen minutieux.
L’Umbanda a été créé il y a un peu plus d'un siècle, en puisant dans d'anciennes traditions comme le catholicisme, les croyances des esclaves Yoruba emmenés d'Afrique de l’ouest, de la spiritualité des groupes indigènes du Brésil et des enseignements du spiritualiste français du 19ème siècle Allan Kardec.
La religion a de nombreuses variantes, mais toutes partagent la croyance en un être suprême, Oxala, et en un panthéon d'autres divinités d’origines africaines, donc beaucoup s’identifient avec un saint catholique et avec les forces naturelles ou les éléments. Ils croient également que ces divinités, de même que d'autres esprits, peuvent entrer dans le corps des personnes ayant un don de divination pour les conseiller et interagir avec les vivants.
Une enquête de la ville menée en 2011 a trouvé 847 maisons de culte Umbanda, à Rio, même si, comme celle de Cardoso, elles sont souvent difficiles à repérer.
Au cours d’une soirée récente dans la maison de Cardoso, une jeune femme dans une longue robe blanche s’est placée sur une étoile à six branches peinte au centre de la salle, calme malgré les tambours qui battaient rapidement, les chants et la fumée d'encens épaisse qui l’entouraient.
Soudain, elle s'est effondrée au sol. Lorsqu’elle s’est relevée, elle avait le dos fortement courbé à la manière d’une très vieille personne. Ses doigts et ses orteils courbés comme dans le cas d'une arthrite, et les traits du visage tirés, la bouche plissée, les yeux louchant. Sa voix était cassée, alors qu'elle se promenait, en bénissant chacun des participants de la cérémonie.
C’était le début de la nuit des «velhos pretos», les vieux hommes noirs. Bientôt, tous les «fils» et «filles» de la maison intégraient, en concordance avec leur croyance, les esprits des vieux ancêtres noirs sages, et plus tard en offrant des conseils individuels aux dizaines de personnes assistant à la cérémonie.
La constitution post-dictature du Brésil de 1989 a consacré la liberté de tenir de telles cérémonies, mais les adeptes de l'Umbanda affirment que le dédain officiel et des préjugés intenses mettent encore leur vie et leurs sanctuaires en danger.
Selon les rapports de police, les adeptes de religions afrobrésiliennes signalent en moyenne 100 cas d'agression physique ou verbale par an à cause de leur foi rien que dans l'État de Rio de Janeiro.
Un autre rapport, qui a été soumis au Conseil des droits de l'Homme de l’Onu par un groupe de militants pour la liberté religieuse a détaillé 39 cas de discrimination à travers le pays en 2009. Ceux-ci vont du refus d'une banque de l’État du Minas Gerais d’ouvrir un compte à une association religieuse afrobrésilienne à la destruction partielle d'un temple candomblé dans l’État de Bahia. Les enquêtes pour les deux cas datant de 2008 sont toujours en cours.
"L’Umbanda a beaucoup souffert de la pression d'autres religions, ainsi que de l'État et de la police", déclare Fernando Altemeyer, un théologien à l'Université Catholique de Sao Paulo. "Il y a des éléments du catholicisme, mais ce n'est pas catholique; du spiritualisme, sans suivre exactement les croyances de Kardec. Donc, personne ne le reconnaît comme leur appartenant."
Les cas de persécution contre l'Umbanda et le Candomblé ont augmenté avec la présence et la puissance des religions pentecôtistes, affirme Altemeyer.
"Il y a toujours un discours disant vouloir " les arracher aux mains du diable ", les convertir", indique Altemeyer. "Les actions évangéliques dans ce sens sont très importantes."
Ces tensions sont remontées en surface à Sao Gonçalo, où la mairesse Aparecida Panniset, une pentecôtiste qui ne s’en cache pas, a été accusée de ne pas protéger les sites Umbanda, ou même de les détruire.
En Octobre, elle a ignoré les supplications de militants de la tolérance religieuse d'arrêter la démolition de la maison où les premiers rituels Umbanda furent organisés en 1908. Selon eux, elle a également rejeté leurs demandes de rencontre.
Panniset a par la suite poursuivi ses efforts pour raser une autre maison traditionnelle Umbanda dans la même ville. Les tracteurs ont commencé à niveler le terrain et une clôture a été construite autour de la propriété avec des signes annonçant l'arrivée d'un centre sportif, même si le permis de construire n'a pas été accordé à Sao Gonçalo et que l'affaire est pendante devant le tribunal.
La mairesse n'a pas répondu à plusieurs appels et courriels de l'Associated Press demandant ses commentaires. Les documents déposés en cour par la ville ne font pas mention d'un temple sur le terreiro, ou même de ses propriétaires. Il fait plutôt allusion à des bâtiments non spécifiés "en mauvais état de conservation" et à des " occupations illégales", et affirme que le secteur a peu de valeur immobilière. Le propriétaire Cristiano Ramos affirme qu'aucun responsable de la ville n'a jamais inspecté la propriété.
"Depuis l'esclavage, nous avons été habitués à prendre des coups et à nous taire pour survivre", déclare Ramos. "Mais cela ne signifie pas que nous ne résisterons pas. Nous sommes ici depuis tous ces siècles, et nous allons continuer. "
Ramos a hérité de la maison de son père, également prêtre Umbanda qui, en 1947, a incorporé l'esprit d'une divinité indigène, l'Indien à la Plume d’Or, qui donne son nom au temple vieux de 40 ans.
La Commission Contre l'Intolérance Religieuse, une organisation à but non lucratif basée à Rio continue de lutter pour la construction d’un musée de l'Umbanda sur le site de la première maison de culte de cette religion. Le conseil municipal de Sao Goncalo a annoncé jeudi qu'il cherchera à déclarer la propriété site historique protégé et examinera le projet de construction d'un musée à cet endroit.
" Construire le musée est un moyen de réparation et de minimiser les dégâts causés en Octobre, lorsque la maison qui fut le berceau de l'Umbanda a été démolie", affirme dans un communiqué Amarildo Aguiar, membre du conseil.
Ramos indique qu'il veut voir le musée construit, mais en même temps, il indique que l’Umbanda doit demeurer une foi vivante. Ce qui, selon lui, revient à protéger les maisons où la plus brésilienne des croyances vit.
"Je ne suis pas prêt à devenir une exposition," déclare Ramos. " Ma maison est une maison active. Nous sommes ici depuis, vivant dans notre foi avec nos Orixas, et en respectant les autres. Nous allons demander ce respect en retour. "
Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
http://newsone.com/world/associatedpress7/african-religion-under-fire-in-brazil/
Un atelier pour présenter le nouveau Winti, religion des afrodescendants du Surinam
Charles Chang (du journal De Ware Tijd) rapporte qu'au cours de ce mois, le Winti, la religion afro-surinamienne, sera présenté pour la première fois sur une plateforme publique au Suriname dans le cadre d'un atelier de trois jours au Congreshal à Paramaribo, la capitale du Suriname . Nous remercions Peter Jordens, qui a attiré notre attention sur ce sujet et a traduit le reportage original qui est en néerlandais.
L'atelier est organisé par la fondation Fiti Fu Wini qui souhaite particulièrement rejoindre les jeunes ayant entre 18 et 35. "Étant jeune moi-même, je sais que beaucoup se perd parce que les ainés transmettent des connaissances en quantité insuffisante", explique Euritha Tjan A Way, membre du conseil de Fiti Fu Win. "Par exemple, ils peuvent réaliser certains actes, sans en expliquer la raison - par exemplee placer un« bleu »[un agent blanchissant Crown Blue] pour protéger un enfant. Entre temps, les jeunes nous posent beaucoup de questions sur les procédures de notre religion et sur le sens profond derrière ses procédures. Nous voulons donc répondre à cette demande et expliquer l'approche holistique qui les sous-tendent ".
Le but de l'atelier littéralement intitulé "Le nouveau visage de Winti", qui se tiendra du 16 au 18 Septembre est double. Fiti Fu Wini veut tout d'abord présenter aux jeunes "la plus ancienne religion" au monde et deuxièmement, mettre fin à la pensée selon laquelle le Winti consiste principalement à visiter un 'bonuman '[guérisseur / prêtre] ou à organiser une ' wintiprey'[ performance de danse rituelle]. Selon l'organisation, la preuve scientifique a été faite que le premier être humain a vécu en Afrique. La relation que les fidèles du Winti ont avec l'Être suprême Anana KeduamanKeduampon est calquée sur la relation que les premiers humains avaient avec le Créateur.
Tjan A Way: "Les spécialistes du Winti ont publié plusieurs livres, mais les gens ne lisent que les sujets qui les intéressent et on ne peut pas poser de questions à un livre. Nous voulons donc impliquer les jeunes de manière interactive par le biais des présentations, de panels de discussion, de groupe de travail, de diaporamas, de danse et de récital. Le Winti est une religion et nous voulons transmettre ses vibrations positives. Quand votre vie est hors d'équilibre, les choses peuvent aller mal et vous pouvez avoir besoin de les corriger. Ne faites rien contre Anana, ne laissez pas vos talents, vos connaissances et vos capacités vous dominer, mais vivez honorablement et faites ce qu'il faut. La beauté du Winti est qu'il vous oblige à constamment vous améliorer. Ma conversion à la foi Winti a considérablement amélioré ma vie et a changé aa façon de considérer les autres êtres humains. "
"La seule chose que nous demandons aux gens, c'est de respecter la religion Winti, tout comme la religion Winti les respecte", explique TjanA Way. L'organisation demande aux participants à l'atelier de payer une petite contribution pour l'alimentation et des boissons. Après l'atelier, Fiti Fu Wini envisage de publier un volume qui permettra le retour de cette partie de l'héritage afro-surinamienne à la communauté sous la forme d'une information claire et compréhensible.
Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
http://repeatingislands.com/2011/09/06/workshop-seeks-to-present-a-new-view-of-winti/
Quatrième Colloque sur les Religions Africaine-Américaine à Cuba
Le Quatrième Colloque sur la Religion Africaine Américaine, consacré cette année à la société fraternelle Afrocubaine Abakua s'est tenue à La Havane en fin demois dernier. 
A cette occasion, et pour la première fois, une procession a été effectuée par les membres de la société, qui ont marché du site du colloque à l'Institut Cubain d'Anthropologie et a parcouru plusieurs pâtés de maisons à travers la Vieille Havane jusqu'à leur arrivée Musée Casa África.
Les discours d'ouverture du colloque ont été délivrés par le Dr. Jesus Guanche, un anthropologue de la Fondation Fernando Ortiz (une institution qui se consace à la recherche anthropologique). 
La société Abakua a été créée à Cuba comme une fraternité seccrète d'entraide. À ses débuts, la majorité de ses membres étaient des dockers noirs, principalement les negros de de nación (esclaves nés en Afrique et directement amenés d'Afrique). Cette tradition a ensuite été transmise à leurs descendants, les Noirs créoles, même si dès le 20ème siècle les hommes blancs également autorisés à rejoindre l'ordre fraternelle (une descaractéristique des sociétés Abacua était que les femmes ne sont pas admis.)
Dans les rites des sociétés abakua, l' "Ireme" (ou démons) interviennent avec pour fonction mythologique de témoigner sur l'exécution correcte de l'ensemble des rites. Pour les guider, les Ireme ont besoin d'une personne appelée "Morua," qui chante pour eux en langue efik du Nigeria.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
''La société Brésilienne discrimine tout ce qui provient de la culture noire''
New York - Macota Valdina, leader du Candomblé à Bahia, était l'une des principales invitées du Symposium “Thread of African Spirituality In The Americas Candomble – Tradition Of Brazil”. Notre correspondant, Edson Cadette, y était.
Lors du Symposium, dont l'intitulé en traduction libre en Français est "La ligne de la Spiritualité Africaine dans les Amériques - Candomblé – Tradition du Brésil”, qui s'est tenu la semaine dernière au Centre Culturel Caribéen de Harlem, la personnalité religieuse a parlé de l'expérience de cette religion à Bahia et au Brésil et de la persécution menée par les secteurs évangéliques néopentecotistes.
Macota Valdina (Valdina de Oliveira Pinto) affirme dans cet entretien que la société brésilienne est raciste et raconte la résistance des religions de matrice africaine à l'intolérance religieuse. Selon elle, "Le jour ou la société brésilienne se comprendra comme diverse, comme plurielle, et que nous les noirs sommes porteurs d'un héritage laissés par des êtres humains qui furent esclavisés, mais qui ont laissé une culture, qui ont laissé une histoire, je pense que dès lors, le Candomblé sera respecté de la même façon que les autres religions".
Ci-dessous, l'intégralité de l'entrevue accordée par Macota Valdina au correspondant de Afropress à New York.
Afropress - Pouvez-vous s'il vous plait, vous présenter aux lecteurs de Afropress, ainsi que vos origines au Brésil?
Macota Valdina - Je suis Valdina Oliveira Pinto. Mais au Brésil, à Bahia plus spécifiquement, on me connait sous le nom de Macota Valdina. Macota est un titre religieux que je porte parce que je suis du Candomblé, de la Nation Angola, et dans la communauté de Bahia, on me connait plus par ce titre, à cause des conférences que je fais et des rencontres auxquelles je participe à Bahia et à l'extérieur.
Afropress - Depuis combien de temps pratiquez-vous la religion Candomblé?
Macota Valdina - En fait , le Candomblé fait partie de ma vie depuis toute petite. Ma mère était du Candomblé. Mais j'ai été initiée adulte, dès 1975.
Afropress - Existe-t-il à Bahia un préjugé contre les religions de matrice africaine?
Macota Valdina - Pas seulement à Bahia, mais dans tout le Brésil. Parce que le Brésil est raciste. Le Brésil a une société raciste, pleine de préjugés et qui discrimine tout du moment que cela provient de la culture noire. Actuellement, nous les afrodescendants, avons conquis un certain nombre d'espaces, non seulement du point de vue culturel, dans notre histoire, mais aussi dans notre forme de spiritualité venue d'Afrique avec africains esclavisés.
Et aujourd'hui, au Brésil, nous nous battons beaucoup, depuis les années 1970, quand il y a eu cette “invasion” des protestants néopentecotistes, et nous devons nous battre contre leur intolérance. Il existe un mouvement très important dans les communautés des terreiros des religions de matrice africaine de manièere générale, non seulement du Candomblé, mais aussi de l'Umbanda, du Batuque, du Quixamba etc., dans le sens de l'affirmation, qui luttent conte le racisme et le préjugé que subit notre religiosité, notre mode de pensée. Parce que le Candomblé pour nous va au-delà d'une forme de spiritualité, c'est aussi un mode de résistance. Et on se bat aujourd'hui contre cette intolérance, non seulement à Bahia, mais dans tout le Brésil.
Afropress - L'état à Bahia protège-t-il la religion Candomblé, ou alors ses adeptes doivent se défendre eux-mêmes contre ce racisme, contre ce préjugé? L'État bahianais défend-il cette forme de religion ou non?
Macota Valdina - Écoutez, en fait, nous nous sommes toujours battus, le mouvement noir, les communautés religieuses. Aujourd'hui, c'est davatage mis en avant, nous avons obtenu le soutien des organismes publics, particulièrement à partir de l'administration du Gouvernement Lula. Ce fut une grande conquête. C'est vraiment à partir du Gouvernement Lula, qui a donné la voix, qui a donné de l'espace à toutes les expressions de religiosité noire, indigène etc. Mais la société est très raciste, la société rejette encore ces religions. La société conserve encore de l'aigreur, les gens doivent se battre pour cela. Il ne suffit pas d'avoir une loi, la volonté du gouvernement ne suffit pas, mais il faut que les gens dans la société brésilienne s'ouvrent.
Ce que je constate c'est que, au fur et à mesue qu'on occupe ces espaces, à mesure qu'on obtient la liberté dêtre ce que nous sommes, de parler etc. la société brésilienne aussi dévoile son côté raciste. Et elle montre également ses expressions du préjugé.
Afropress - Quel est le pourcentage selon vous des adeptes de la religion Candomblé au sein de la population en général et à Bahia?
Macota Valdina - C'est difficile à dire. Franchement, je ne peux pas vous donner un chiffre ou un pourcentage parce que très souvent, beaucoup de gens sont adeptes du Candomblé, mais n'assument pas la religion en public. Aujourd'hui il y a cette ouverture et les gens parlent franchement. Il n y a pas très longtemps, les gens pratiquaient le Candomblé, mais disaient qu'ils étaient catholiques. Ils ne pratiquaient pas le catholicisme. Au quotidien, ils pratiquaient le Candomblé. Cependant, on qualifiait cette pratique de catholique parce qu'il le fallait. Maintenant, les gens tiennent à affirmer leur pratique. Mais on ne peut pas perdre de vue le fait qu'il y a de nombreuses personnes influencées par le courant protestant du néopentecotisme et le courant évangélique.
Afropress - Diriez-vous donc que l'un des problèmes auquel fait face le Candomblé en tant que religion c'est celui de son acceptation par les néopentecotistes?
Macota Valdina - Principalement. Actuelllement, le plus grand problème auquel nous, adpetes du Candomblé faisons face, est celui de ce courant néopentecotiste, et de beaucoup d'afrodescendants adeptes également de cette variante ou d'autres de la religion protestante. Le problème n'est pas qu'il faut être adepte du Candomblé, ou de toute autre religion de matrice africaine parce que vous êtes afrodescendant. Mais en tant qu'afrodescendant, vous devez affirmer votre identité. Vous devez être fier de votre race. Vous devez être fier de vos histoires. Vous devez être fier de vos ancêtres. Que vous soyez catholiques, boudhiste, musulman, chrétien etc. Mais vous ne devez pas renier votre identité.
Il y a un grand danger que je perçois ces derniers temps. Et il a vraiment une aliénation des noirs qui font partie de ces églises néopentecotistes, évangéliques etc, surtout l'Église Universel du règne de Dieu. Ils renient leur culture. Il y a au Brésil, une loi pour l'apprentissage de la culture africaine et afrobrésilienne dans les écoles publiques. Et très souvent, certains parents, certains adeptes de ces religions refusent d'étudier la culture afrobrésilienne et la culture africaine. Et ils disent que ce sont les choses de Satan ou du Démon. Et c'est une très mauvaise chose.
Afropress - L'an dernier, il s'est produit un incident à Bahia impliquant une femme adepte de la religion Candomblé. Elle a été emprisonnée par la Police de l'État, et à ce que l'on sait, elle a même été jetée dans une fourmilière par les policiers pour que le démon sorte de son corps. Par la suite, elle a raconté son histoire. Elle a dit que ce qui s'est passé est malheureux. Pourriez-vous expliquer aux lecteurs d'Afropress ce qui s'est réellement passé?
Macota Valdina - Je ne sais pas. Je ne peux pas expliquer un événement auquel je n'ai pas assisté. Je n'étais pas présente et je n'ai même pas parlé avec la personne. Mais, ces expressions d'attaques, de ce type sont des faits banals que les gens subissent, n'est-ce pas? Parfois, même les évangéliques qui travaillent dans les services publics, et ce qu'on remarque dans ces attaques, c'est que les gens se prévalent de leurs positions. Et ils agissent au nom de leurs religions. En ce qui concerne le cas de cette femme, de cette Mère de Saint, qui s'est produit au sud de Bahia, à Ilhéus, je ne suis pas au courant. Je ne la connais pas personnellement, et je n'ai pas non plus de contact avec elle. Tout ce que je sais provient de la lecture de journaux. Je ne peux donc pas faire une affirmation sur quelque chose que je n'ai pas vécu de près.
Afropress - Pour quelle raison êtes-vous à New-York?
Macota Valdina - En fait je suis allée à Denver, dans le Colorado. J'ai été invité par l'Université de Denver, à travers le Département des Études ethniques pour parler du Candomblé et de la spiritualité afrobrésilienne. C'est lié aux questions ethniques et aux questions de lutte pour la justice raciale. J'étais déjà venue à New York. Et certaines personnes qui étaient à Salvador et présentes à l'une des conférences, et qui savaient que je me trouvais aux États-Unis m'ont invité au Centre Culturel Caribéen pour échanger un peu avec les gens sur ce qu'est le Candomblé.
L'importance du Candomblé, non seulement du point de vue de la religion, mais aussi pour les mouvements sociaux noirs, pour la justice sociale, environnementale, et pour parler également de l'interconnexion avec d'autres expressions de religiosité de la Diaspora -
Afropress - Pensez-vous que cette visite permettra d'apporter une meilleure connaissance sur le Candomblé aux afroaméricains, car ils n'ont pas encore une grande connaissance sur cette religion afrobrésilienne?
Macota Valdina - Certaines personnes ont une réelle connaissance sur le Candomblé. Certains qui pratiquent la religion à Cuba, comme la Santeria, le Lucumi, et le Palomaiomibi. Ils ont un peu de notion. Et certains ont même fait des cours, ils étudient un peu de cela aussi. Moi je vais simplement faire savoir, peut-être, à certaines personnes ici qui pratiquent la santeria de type Lucumi, et Palomaiomibi, que nous les afrodescendants du Brésil nous avons également cette forme de religiosité. En fait, une des formes. Je vais parler d'une de ses formes qui est ma pratique, le Candomblé.
Afropress - Que manque-t-il au Candomblé pour qu'il devienne une religion respectée dans tout le Brésil?
Macota Valdina - Ce qu'il manque c'est que la société au Brésil devienne de moins en moins raciste. Et pour moi, c'est lié à cela. Le jour où nous éradiquerons le racisme de la société brésilienne, et que les brésiliens se verront...ces brésiliens qui très souvent se croient blancs, les non noirs qui se croient blancs, verront qu'ils ne sont pas blancs. Qu'ils sont métisses. Leurs vies et leur culture contiennent une grande part de l'apport des noirs.
Dans leur vie et dans leur culture se retrouvenet également une grande part de l'apport des noirs. Donc, Le jour ou la société brésilienne se comprendra comme diverse, comme plurielle, et quenous les noirs sommes porteurs d'un héritage laissés par des êtres humains qui furent esclavisés, mais qui ont laissé une culture, qui ont laissé une histoire, je pense que dès lors, le Candomblé sera respecté de la même façon que les autres religions.
Afropress - Pouvez-vous vous adressez selon votre souhait aux lecteurs de Afropress.
Macota Valdina - Écoutez, je suis très heureuses de rencontrer un brésilien ici, de rencontrer quelqu'un d' Afropress. Je connais ce média à travers internet, par les mails que je reçois . Je crois donc qu'il est important que les gens aient cette voix à partir d'ici, ce porte parole également Pour moi, c'était une surprise, mais je suis très heureuse de pouvoir partager avec les brésiliens ce que je fais ici. Et pas en mon nom. Je ne suis pas Valdina. Je suis une brésilienne, une bahianaise, une afrobrésilienne qui est ici pour partager, qui apporte ici un morceau du Brésil.
Afropress - Merci beaucoup.
Macota Valdina - C'est moi qui vous remercie.
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
Danny Glover aux afrobrésiliens : "Nous devons transmettre la résistance aux nouvelles générations. "
Comme dans un film aux péripéties invraisemblables et intéressantes, l'acteur nord-américain Danny Glover a visité le terreiro Nation Xamba dans la banlieue d'Olinda. C'était dans la soirée de vendredi dernier, où il a pu apprendre l'histoire des lieux, un des rares quilombos urbains du pays.
Ambassadeur de l'UNICEF, l'acteur a défendu des thèmes liés à la culture noire et reçu des cadeaux de diverses institutions et artistes locaux. Photo: Tavares Helder / DP / D.A Presse
En vacances à Pernambuco où il a passé la semaine dernière, il a discrètement brisé son anonymat pour honorer la rencontre organisée par les leaders noirs de la ville. Après avoir tourné à Hollywood pendant des décennies, le célèbre acteur que l’on reconnait aisément dans son rôle aux côtés de Mel Gibson dans L'Arme fatale et dans Maverick a été accueilli avec sobriété par environ 60 artistes et représentants de la culture noire de la ville.
Danny Glover est arrivé à Xamba autour de 20h aux côtés de son épouse Eliane Cavalleiro, la présidente de l'Association brésilienne des Chercheurs Noirs. Récemment mariés, Glover et Cavalleiro ont été reçu par le babalorisha Adeildo Paraíso da Silva (Ivo de Xamba) et par la yalorisha Maria de Lourdes da Silva, ou Tia Lourdes. Avant d'entrer dans la maison, il a présenté ses respects et est entré dans le terreiro où il a écouté des chants en l’honneur de Iansã et d’Oxum.
Par la suite, il est monté au premier étage, où il a visité un mémorial de la culture noire qui met l'accent sur l'histoire du site. Peu après, pendant environ une heure, Glover a évoqué l'importance de l'engagement social pour les communautés noires.
"Il est important de motiver les institutions comme celle ci. Lorsque Dona Biu a fondé cette maison, elle savait qu'il existe un être supérieur que l’on doit consulter. En souvenir d'elle, nous pouvons découvrir de nouvelles façons d'être une communauté", a indiqué Glover. Ambassadeur de l'UNICEF, il a interprété dans sa carrière des rôles qui renvoient à la préoccupation sociale. En ce sens, son personnage le plus emblématique est celui d'Albert, dans Couleur Pourpre (1985), réalisé par Steven Spielberg. Il a également joué dans les années 80 le rôle de Mandela pour la télévision et l'année dernière, il a incarné un président humaniste dans le blockbuster 2012. Il n'a pas pris part à la cérémonie des Oscars dimanche soir, mais il a envoyé une lettre demandant à ses collègues acteurs de boycotter les vêtements d’Hugo Boss, qui menace de fermer les usines aux États-Unis pour investir dans des unités de production en Europe orientale.
Lors de la table ronde à l'occasion de laquelle il s’est exprimé, Glover a reçu des cadeaux et souvenirs: des CD des rappeurs Zé Brown et Tigers, qui appartiennent tous les deux au groupe Faces do Suburbio; le DVD Cine Favela, du projet Pé no Chão auquel prend part DJ Big; le livre Baobás de Ipojuca, de l'écrivaine Inaldete Pinheiro, le CD du groupe Korin Orisha sous la direction du professeur José Amaro du département de musique à l'UFPE.
Représentant la ville de Recife, Junior Lindivaldo a préparé un kit qui comprenait les CDs du carnaval et des produits du Centre de Culture Afro-brésilienne.
"C'était quelque chose d'exclusif, un acteur de cinéma international dans un centre de représentation spirituelle noire, qui écoute notre musique et qui goute notre nourriture. Compte tenu de l'histoire du centre, sa visite laissera des traces de génération en génération. Il serait bien que d'autres comme lui puissent venir", a déclaré Ze Brown. Percussionniste de Nação Zumbi, Gilmar Bolla 8 était également là. " C'est un moment spécial pour la communauté noire. Et pour lui aussi, qui se souviendra de la visite grâce au matériel qu'il a reçu ici."
Vera Baroni de la Société des Femmes Noires de Pernambuco, a offert à l'acteur une résolution publiée dans la Gazette officielle, indiquant qu'un site appartenant à l'église évangélique a été puni pour discrimination religieuse. De formation chrétienne, Glover a remporté un guide de Xango, «pour la lutte » selon les paroles de Ivo de Xamba. "La visite d'un acteur comme lui est l’occasion d’ouvrir les portes internationales des médias sur un sujet qui ne concerne pas seulement la religion, mais aussi la place des Noirs dans la société", a déclaré Ivo.
Déterminée à tirer le meilleur parti de la réunion, Inaldete Pinheiro a provoqué un débat sur le fait que les Noirs riches des États-Unis agissent comme mobilisateurs des pauvres, tandis qu'au Brésil, ils passent par le processus de «blanchiment». Diplômé en économie, Glover a passé en revue les épisodes importants pour l'affirmation noire aux États-Unis et s'est interrogé sur le sens des mots comme liberté, indépendance et autonomie. "En Amérique du Sud, il y a 150 millions afrodesendentes ans et 97% d'entre eux vivent dans la pauvreté, la majorité étant au Brésil. Je vois que la lutte du peuple américain se déroule également ici, pour que les noirs aient une vie meilleure. Dans certains pays, peut-être que pour des raisons politiques, ces rêves ne se réalisent pas, mais au moins le désir de liberté est dans l'âme du peuple. Nous devons transmettre cette résistance aux nouvelles générations. "
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
Le Sud est « le lieu de naissance du catholicisme des Noirs américains »
Craig Manson, un Afro-Américain né en 1954 à Jefferson (capitale du Missouri), est professeur de Droit à l’Université du Pacifique de Sacramento, la capitale de la Californie. Il y enseigne notamment le Droit administratif. Mais Craig Manson a une autre passion intellectuelle : la généalogie. Cette passion l’a amené à s’intéresser à la généalogie des Afro-Américains et à leur histoire dans le Nouveau Monde.
Dans un entretien qu’il a accordé à Catholic News Agency, et que ce d’information a publié le 5 décembre dernier (ici), Craig Manson révèle des choses fort intéressantes sur les Noirs en Amérique. Selon lui, « il existe que nombreuses preuves qui suggèrent que les premiers Noirs catholiques en Amérique furent ceux qui se trouvaient en Floride dès 1565. Ils arrivèrent avec les explorateurs espagnols. Certains étaient des esclaves, d’autres des Africains libres. Pour ceux qui étaient esclaves, nous savons que les Espagnols baptisaient leurs esclaves et les traitaient comme des êtres humains et non comme des propriétés. Les Noirs se trouvaient, comparativement, plutôt bien quand les Espagnols dominaient la Floride, par rapport, pour prendre cet exemple, à la Caroline du Sud. À la fin des années 1600, des esclaves [Noirs] des deux Carolines s’enfuirent vers la Floride où une condition pour eux d’y trouver refuge était le baptême ». Manson précise « qu’on trouve à St. Augustine [1] la trace du baptême en 1606 d’un enfant Noir . Des universitaires pensent que des baptêmes d’enfants ont eu lieu en Floride plus tôt encore, mais on n’a retrouvé aucun registre. » « Un grand nombre de Noirs catholiques ont leurs racines en Louisiane. La raison en est similaire à celle que je viens d’évoquer : les Français qui gouvernaient la Louisiane exigèrent dès le début que les esclaves soient baptisés et encouragèrent le maintien des structures familiales chez les esclaves. Ils exigeaient que les mariages d’esclaves soient sanctifiés par l’Église. En outre, les Français étaient beaucoup plus ouverts que les Britanniques sur la question des mariages interraciaux ». Quand on l’interroge sur l’intérêt que peuvent avoir toutes ses découvertes, Craig Manson dit qu’il estime que « connaître l’Histoire nous donne une signification sur le présent. Elle explique pourquoi nous sommes là et comment nous y sommes venus. Bien qu’étant moi-même catholique depuis toujours, je ne savais pas grand chose sur l’Histoire des Noirs catholiques jusqu’à il y a peu. Je pense qu’il est intéressant de savoir que tous les Noirs catholiques ne sont pas de récents convertis – un préjugé largement répandu. Ma belle-mère, par exemple, est issue d’une famille Noire dont le catholicisme remonte au moins à 1722. »Voilà qui me semble fort intéressant, et explique pourquoi j’avais envie de partager aujourd’hui cette information avec vous. 1. Ville du sud-est de la Floride sur l’Océan Atlantique, est la plus ancienne ville des États-Unis. Fondée par les Espagnols en 1565 qui la récupérèrent sur les Français qui y avaient débarqué dès 1562.
Un prêtre noir nommé évêque auxiliaire de Guayaquil
Guido Iván Minda Chalá a été désigné évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Guayaquil. Il remplacera monseigneur Aníbal Nieto qui été désigné premier évêque du Diocèse de San Jacinto de Yaguachi.
Antonio Arregui, archevêque de Guayaquil, a indiqué que lors de la visite du Pape Benoit XVI en octobre dernier, ils avaient demandé que soit nommé un évêque noir compte tenu de la forte population afrodescendante (259 mil) qui vit dans la ville.
Minda était curé de Salinas (Imbabura) et vicaire épiscopal pour le clergé. Il est né à Apuela (Imbabura) le 20 février 1960. Il a fait ses études primaires dans sa ville natale et secondaires au collège du soir Jacinto Collaguazo, à Otavalo, et au collège San Pablo, de San Pablo del Lago (1985-92).
Il a fait des études de philosophie au grand séminaire Nuestra Señora de la Esperanza de Ibarra. Il a également pris des cours de théologie à l'Université Navarra, et fut élève au collège ecclésiastique international Bidasoa à Pampelune, Espagne (1994-98). Il a obtenu une Obtuvo la licenciatura en philosophie (2002-04). Le 27 juin 1998, il fut ordonné prêtre para le Diocèse de Ibarra par Arregui.
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga
Le Candomblé et les religions afrobrésiliennes (II
Óscar Arce Ruiz
2. Les religions afrobrésiliennes.
2.1. Caractéristiques de base.

Claudi R. Cròs, dans son œuvre La civilisation afro-brésilienne, identifie trois caractéristiques essentielles de la religion afrobrésilienne:
- 1) La possession par la divinité par le biais de la transe,
- 2) le caractère personnelle de la divinité qui protège celui qui lui voue un culte durant toute la vie, et
- 3) la plasticité dans la personnification des divinités (1977: 112).
En conservant ces trois normes fondamentales, la religion africaine réinventée au Brésil suite à la diaspora s’assurait l’union formelle avec les pratiques originales.
Le mot "candomblé" provient de la fusion de mots d’origines distinctes: Candombe (d’origine bantu) et Ilé (d’origine yoruba).
Ils fusionnent durant l’époque de l’esclavage au Brésil, principalement dans la zone centre nord.
Cela est dû au fait que dans cette zone il existe une plus grande influence des groupes "nagô" (yoruba-lukumi) dans les cultes religieux, mais les premiers à arriver dans cette zone et à intégrer l'influence du jeu des tambours furent les "bantus" (angola-congo).
Quand le maître blanc demandait aux esclaves ce qu’ils étaient en train de faire lorsqu’ils chantaient et frappaient le tambour en l’honneur des divinités, ceux-ci répondaient: "Nous sommes en train de faire le candombe-ilé"; c’est-à-dire qu’ils frappaient les tambours bantus au rythme du candombe dans l’ Ilé (maison) pour les Orixás.
Concernant l’espace dédié aux célébrations liturgiques, on peut faire la différence entre cet espace sacré qui s’insère dans la ville même, au point d’être installé dans une maison ou dans une habitation quelconque de cette dernière (Río de Janeiro), et l’espace –plus large- assigné au terreiro dans l’état de Bahía.
Il est important de signaler également la relation de l’homme africain–entendu selon la conception de Sodré- avec l’espace (2002: 65).
Selon l’auteur, toutes les opérations d’accès à la connaissance de cet homme africain s’accompagnent d’une certaine conquête de l’espace.
Dans ce sens, dans certains rituels d’initiation africains, on apprend au jeune à traiter et à concevoir son propre corps comme un microcosme, un monde à échelle réduite. La même idée régit la représentation cosmologique qui existe à l’intérieur de la maison.
Dans ce contexte, les croyances et les pratiques religieuses qui voyagent au Brésil avec les esclaves africains prennent des directions différentes selon leur origine. Ainsi apparaît le candomblé pratiqué dans l’État de Bahía-, le candomblé de Angola-Congo, le candomblé de Caboclo –connu dans le sud du Brésil sous le nom de umbanda-, le candomblé jéjé ou Casa de Minas, ou le candomblé de Angola.
Il est possible de distinguer chacune de ces nations par la façon de frapper le tambour, par la musique, la langue utilisée pour les cantiques, les vêtements liturgiques ou certaines caractéristiques du rituel.
2.2. La préservation de l’identité africaine au Brésil
La solidarité née entre les captifs noirs à l’époque de l’esclavage, a facilité la naissance de nouveaux cultes capables de dépasser les vieilles divisions ethniques. Selon Bastide, “ne trouvant plus le noir dans le nouveau continent, les cadres anciens et africains de leurs mémoires collectives, il fallait se trouver – ou s’inventer- de nouveaux cadres institutionnels” (1969: 88).
Cela fut possible grâce à la plasticité de la culture africaine et grâce au concept du Ketu ou consensus. La nouvelle expérience religieuse, syncrétique par sa plasticité s’est donc révélé être comme une source de souvenir de la terre de laquelle ils furent éloignés, une source de création de nouveaux points de référence symboliques dans la nouvelle situation, tout cela régit par la nécessité de résistance à la force externe des blancs.
Il faut également tenir compte que le fait que les religions afrobrésiliennes n’ont pas de caractéristiques de messianisme–en contraste avec les religions occidentales-, laisse un espace vide qu’ont tendance à combler les relations de sociabilité . C’est ainsi que s’explique le fait que les orixás ne sont pas uniquement des entités religieuses, mais principalement des soutiens symboliques qui veillent à la continuité du groupe . C’est-à-dire qu’il s’agit de conducteurs de règles sociales.
L’agglutination des orixás dans le terreiro favorise par conséquent, la création d’un nouvel espace mythique et historique ou la fonction prévalente est celle de la conservation du patrimoine symbolique responsable d’autre part de la continuité de la cosmologie africaine au Brésil, en octroyant aux orixás le rôle de source symbolique de l’identité entre les noirs brésiliens.
Traduit de l'Esapagnol par Guy Everard Mbarga
http://www.diariosigloxxi.com/noticia.php?id=20736
Le Candomblé et les religions afrobrésiliennes (I)
Óscar Arce Ruiz
Cet article traite des dimensions spatio-temporelles de l’une des religions afro-américaines les plus étudiées: le candomblé et spécialement le candomblé de Bahía. Il débute par une brève considération générale des religions d’origine africaine que l’on retrouve au Brésil pour démontrer par la suite les aspects liés à l’altération de l’espace et du temps que le candomblé suppose et une brève relation avec les œuvres Lo sagrado y lo profano et Sobre algunas formas primitivas de clasificación (Le sacré et le profane et Sur certaines formes alternatives de classification) de Eliade, et de Durkheim et Mauss respectivement.
1. Introduction
Une religion est un système solidaire de croyances et de pratiques qui unissent dans une même communauté morale appelée Église tous ces adhérents.
C’est ainsi que Durkheim définit la religion dans son œuvre Las formas elementales de la vida religiosa (Les formes élémentaires de la vie religieuse) (1986: 29). Il établit également la distinction dichotomique entre “sacré et profane”, qui explicite la tendance humaine à la croyance en un ordre supérieur des choses.
Cette distinction, portée sur le champ spatio-temporel nous permet de rendre évidente l’expérience distincte qu’assume l’être humain en tant que être religieux face aux espaces et aux temps sacrés et aux espaces et aux temps profanes.
Ainsi, même pour l’homme profane - pour lequel l’espace est homogène et neutre (1998: 22) – il existe une série de valeurs qui dénotent un traitement de l’espace qui est très loin de l’homogénéisation ce celui-ci, et qui établit, selon les paroles de Eliade, “les lieux saints de son univers privé”.
Il est donc évident que le traitement sacré dans l’espace et le temps est lié à la nécessité d’établir un ordre dans l’existence de l’homme, qui permet de créer une réalité ordonnée qui régit le chaos dans lequel il ne pourrait pas se développer. Pour cette raison, la validité de toutes les théories mystico – religieuses se base sur le fait qu’elles ne sont pas une explication de la création et de l’ordre cosmique, mais plutôt une invention arbitraire crée pour ordonner l’expérience sociale par le biais de conventions rituelles, de la même façon que le langage ordonne la pensée par le biais des paroles.
Le cas du candomblé –et, par extension, des religions afro-américaines- présente une caractéristique dont on doit tenir compte : la séparation obligée de la terre africaine. La fracture qui survient du fait de passer d’une vie traditionnelle au système de l’esclavage suppose des crises personnelles et sociales de portée et de conditions différentes qui affectent également le champ de la religiosité qui doit trouver de nouveaux cadres de références et conquérir de nouveaux espaces pour affirmer l’identité des esclaves.

Dans cette situation, le culte nègre, caractérisé par sa plasticité doit beaucoup s’ouvrir, du fait de la situation d’hostilité externe, en recréant et en inventant de nouveaux moyens de survivance de la pensée africaine au Brésil alors que l’expression des esclaves s’américanise.
Traduit de l’Espagnol par Guy everard Mbarga


