12 mai 2007

José do Patrocínio, abolitionniste afro-brésilien

José do Patrocínio (1853-1905)

José Carlos do Patrocínio est né à Campos, dans l'état de Rio de Janeiro le 9 octobre 1853. Il était le fils du père João Carlos Monteiro, qui a acquis une notoriété en tant qu'orateur sacré de la chapelle impériale, membre de la maçonnerie, conseiller et député de sa ville. Sa mère s'appelait Justina Maria do Espírito Santo et était l'une des 92 esclaves du père João Carlos. A 14 ans, après avoir fait son école primaire, il part pour Rio de Janeiro, ou il travaille comme casseur de pierre à la Santa Casa de Misericórdia pour payer ses études de pharmacie. Mais sa véritable vocation était celle du journalisme. En 1875, il commence à écrire dans le journal satirique Os Ferrões et travaille pour les publications les plus importantes du pays. En 1881, avec l'argent emprunté à son beau-père, sogro, il achète le journal Gazeta da Tarde, initiant par ce biais la bataille de l'abolitionnisme. En mai de 1883, il fonde la Confédération Abolitionniste (Confederação Abolicionista) et rédige son manifeste, également signé par André Rebouças et Aristides Lobo. Par le biais de la Confédération, il faisait la promotion de débats publics sur la fin de l'esclavage en plus de soutenir les fuites d'esclaves. Il épousa Maria Henriqueta de Sena, sa compagne de toute la vie. Il a eu un fils, également journaliste, José Carlos Patrocínio Filho. Zeca, comme il était connu, a écrit le premier scénario du cinéma brésilien. José do Patrocínio est mort de la tuberculose le 30 janvier 1905 à l'âge de 51 ans.

Traduit du portugais par Guy Everard Mbarga

http://racabrasil.uol.com.br/edicoes/97/artigo16405-1.asp

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BENKOS BIOHO, Nègre marron afrocolombien

L’histoire raconte qu’il naît dans la région de Biohó, Guinée Bissau, en Afrique de l’ouest. Il fut un monarque très habile, connu comme le Roi de l’ Arcabuco(1).

Las grandes ‘cositas... Il est capturé par l’entrepreneur Portugais Pedro Gómez Reynel et vendu en tant qu’esclave à l’Espagnol Alonso del Campo en 1596 à Carthagène. Il est placé en tant que rameur sur le fleuve Magdalena. L’embarcation dans laquelle il voyage sombre et il s’échappe. Il est de nouveau capturé et redevient rameur. Vers 1599 il s’échappe de nouveau et s’enfonce dans terres marécageuses, loin de Carthagène et met sur pied une grande armée. Il réussit à dominer toutes les montagnes de la Sierra María dans le Département de Bolívar. Son rêve était de prendre Carthagène et de partir de là pour retourner en Afrique.

Selon des témoignages historiques, il n’a jamais pu être dominé ni vaincu. En 1605 Benkos Biohó et le Gouverneur de Carthagène, Suazo signent un traité de paix qui reconnaît l’autonomie du Palenque de la Matuna. Un soir de relâchement, Benkos est surpris par la garde de la muraille. Il est fait prisonnier. Le 16 mars 1621, Benkos est démembré sur le port de Carthagène.

Les populations parlent des pouvoirs magiques qu’il utilisa à son profit et pour son peuple. Il ne se reposait pas, allant et venant de terres en terres pour mener sa campagne active de libération. Il combattait pour les droits à la vie, à la terre, à la culture, à la liberté et à la paix des africains et de leurs descendants.

Dans les Palenques qu’il gouvernait, il était le maître de la guerre et de la paix, de la justice et du travail. Il ne prêta pas attention et ne se laissa pas non plus entraîner par les propositions des gouvernants coloniaux qui essayaient de lui faire déposer les armes dans le combat qu’il menait contre eux, pour les diriger contre d’autres leaders du peuple même, trahissant ainsi le combat des marrons.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

Arcabuco : Forêt profonde couverte d’une végétation impénétrable

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06 avril 2007

José Leonardo Chirino, un marron précurseur du socialisme ?

BBC Mundo, Caracas

En mai  1795 dans l’ouest du Venezuela, un "zambo(1) libre" a pris la tête d’une insurrection d’esclaves considérée comme le premier mouvement indépendantiste du pays.

À tel point que lors du bicentenaire de ce soulèvement, José Leonardo Chirino a réussi à "entrer" de façon symbolique dans le Panthéon National à Caracas, aux côtés de Simón Bolívar et des autres Pères de la Patrie.

Aujourd’hui Chirino est l’objet d’un débat politique très actuel au sujet de la construction de ce qu’on appelle le "socialisme bolivarien" impulsé par le président Hugo Chávez, au point que certains le considèrent comme l’un des premiers "socialistes" vénézuéliens.

José Leonardo Chirino était le fils d’un esclave et d’une indienne, raison pour laquelle il jouissait de sa liberté. Il travaillait au service de la famille Tellería de Coro, une ville de la côte ouest du Vénézuela. À cette époque, il voyagea dans le Saint Domingue français, futur Haïti et dans l’île voisine de Curaçao.

Là-bas, il  s’informa de la révolution française et des luttes de la population esclave qui allait plus tard obtenir établissement d’une "république noire", en faisant de Haïti le premier pays indépendant de l’Amérique Latine en 1804.

Jugé et démembré

Ce contexte semble avoir influencé la sphère personnelle de Chirino dont l’épouse et les enfants eux étaient esclaves, propriété de propriétaires d’haciendas de la région.

En mai 1795, il lança l’insurrection qui obtint un succès initial en occupant plusieurs haciendas des montages du sud de Coro, mais qui ne put finalement pas s’emparer de la ville.

La supériorité militaire des miliciens de la colonie fut fatale pour les insurgés dont une centaine allaient mourir. Chirino fut emmené à Caracas pour y être jugé. Il fut accusé de trahison au Roi et condamné à mort. Son corps démembré fut exhibé à divers endroits du pays

"Le premier élément de base pour l’insurrection se trouve dans le désir de liberté. Ils voulaient éliminer l’esclavage", a indiqué à BBC Mundo la professeure Fulvia Polanco, présidente de l’Association Culturelle José Leonardo Chirino et membre de la Red Afrovenezolana (Réseau Afrovénézuélien).

Monumento a José Leonardo Chirino

Le "premier" socialiste

Pour Polanco, il y a là des éléments qui expriment le fait que le mouvement était revendicatif dans le cadre social et économique et non une rébellion contre l’autorité du Roi.

"José Leonardo incarne les valeurs de liberté, d’équité, de solidarité, car il ne s’est pas battu pour des intentions personnelles ni personnalistes, il l’a fait pour un collectif", explique la professeure Polanco, qui a expliqué à BBC Mundo la stratégie qui consiste à porter ce message aux enfants à travers du système éducatif.

Selon Polanco, ses valeurs démontrent qu’au "Venezuela, il y a une racine de ce qu’est le socialisme".

D’autres ne pensent pas que ce lien puisse être établi, comme Guillermo de León Calles, chroniqueur, historien et auteur d’une œuvre théâtrale inspirée des  événements menés par Chirino.

"Il n’avait pas le temps. Le socialisme utopique autant que le socialisme scientifique appartiennent au 19ème siècle et lui il appartient au 18ème siècle. Je pense qu’il ne pouvait pas être informé sur l’utopie (socialiste), celle de (Henri) de Saint-Simon, ou (Charles) Fourier ou Robert Owen"(2).

Revendication

L’insurrection de Chirino n’est pas seulement une histoire de patrie. Elle sert également aux groupes défendant les droits des afrovénézuéliens dans leur travail de sauvegarde de l’héritage nègre dans la société vénézuélienne.

Une partie de ce travail est en train d’être réalisé dans les écoles, comme l’a indiqué à BBC Mundo Reina Álvarez, du Réseau Afrovénézuéliens et membre de la commission présidentielle qui cherche à éliminer la discrimination raciale dans le système éducatif.

"L’idée est que nos garçons et nos filles n’aient pas honte de la terre qui les a vu naître, qu’ils n’aient pas honte de leur chevelure, qu’ils n’aient pas honte de leur culture  ", affirme Álvarez.

Certains sociologues et anthropologues affirment que, du fait de  son fort métissage, la société vénézuélienne n’a pas connu de manifestations de discrimination que l’on peut voir dans d’autres pays du continent.

Le concept même de "l’afrovénézuélien" peut s’avérer être un fait nouveau pour de nombreux vénézuéliens, pas très habitués au langage politiquement correct.

"Au jour d’aujourd’hui, on semble continuer de se délester de ses motifs pour lesquels José Leonardo s’est soulevé et que nous voyons de la même façon, mais qui dans leur essence avaient le même fond", répond Reina Álvarez.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://news.bbc.co.uk/hi/spanish/specials/2007/esclavitud/newsid_6474000/6474479.stm

1 - Zambo : Métisse fils d’un noir et d’une indienne

2 - José Leonardo Chirino a mené son insurrection dès 1795, et les utopistes socialistes sont nés et morts aux années suivantes : Saint-Simon (1760-1825),

Owen (1771-1858), Fourier (1772-1837). Chacun pourrait juger du commentaire de Guillermo de León Calles.

José Leonardo Chirino

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Le Roi Nègre Miguel, esclave rebelle

Juan Marguch

José Gabriel Condorcanqui (Túpac Amaru) (1738-1781) ne fut pas le premier ni le seul à se soulever contre la domination et l’exploitation des espagnols en Amérique. Le cacique péruvien a prolongé dans le temps une constante historique qui  débute au  16ème siècle et s’étend, puis s’amplifie tout au long des siècles, au point d’aboutir à la libération au 19ème siècle. De fait, Condorcanqui a pris le nom du vrai Túpac Amaru, dernier souverain  inca (1571-1572), qui a mené une révolte armée contre les conquistadors hispaniques  et qui par le biais d’une guerre de guérilleros va étendre la libération des régions andines, jusqu’à ce que le Vice-roi du  Pérou Francisco de Toledo envoie une puissante expédition armée qui allait mettre fin à la rébellion avec la mort de Túpac Amaru (1572), dernier empereur inca.

Cependant, même avant le premier  Túpac, il y eut une autre grande insurrection menée par des esclaves africains. Une image fossoyée des noirs chassés comme des bêtes en Afrique et déportés dans le Nouveau Monde pour être exploités jusqu’à la mort a été propagée. Cette image est celle d’une résignation face à ce destin cruel. Il n y a cependant rien de plus loin de la réalité. Les africains ne se sont jamais résignés face à un avatar supposément inéluctable. Bien au  contraire.  Malgré les répressions sauvages des espagnols, qui réprimaient grandement la plus petite tentative de révolte contre les conditions inhumaines auxquelles étaient soumis les esclaves, les noirs se soulevèrent plusieurs fois pour revendiquer la dignité de leur condition humaine.

La première grande révolte éclata en 1533 dans les mines de  Buría sur le territoire actuel du Venezuela. La sous-alimentation, les journées de travail interminables dans les  mines, le traitement impitoyable des gardes espagnols, la terrible mortalité résultant de l’exploitation même des femmes, des personnes âgées et des enfants ont peu à peu créé le climat de rébellion.  Il ne manquait plus alors  qu’émerge un leader qui allait prendre la tête du soulèvement. Ils le trouvèrent en un jeune messianique, le Nègre Miguel, également mentionné dans l’historiographie vénézuélienne comme San Miguel (Saint Miguel), car il est encore vénéré comme un saint quatre siècles après son épopée dans des régions peuplées par les descendants des premiers esclaves,.


Lorsque l’or fut découvert dans ce qu’on croyait être la première veine du mythique  Eldorado, le besoin d’une main d’œuvre esclave se fit sentir et en 1532 un grand contingent d’africains fut déporté de Puerto Rico. Parmi eux se trouvait  Miguel, qui depuis son adolescence avait démontré un inébranlable amour-propre, malgré les flagellations et les pièges avec lesquelles les maîtres tentaient  de faire fléchir leur esprit.

L’exploitation atroce à laquelle il fut soumis à la  Real de Minas de San Felipe de Burías fit le reste. Il supporta très peu les châtiments et les vexations, et quelques mois seulement après son arrivée au gisement, dans lequel il avait été intégré dès 1533, il réunissait un petit groupe d’esclaves avec lesquelles il allait s’échapper. Les Espagnols initièrent une chasse qui ne donna aucun résultat; et ils ne réussirent pas à obtenir de l’information leur permettant de s’orienter jusqu’au refuge des évadés,  même pas en soumettant à la torture les esclaves qui n’avaient pas pu s’enfuir.

De toute façon, il ne fut pas nécessaire qu’ils aillent à leur recherche, car Miguel démontra une plus grande audace que l’auraient imaginé ses exploiteurs. Il attaqua la Real de Minas par surprise, régla ses comptes avec les gardes vésaniques, en faisant assassiner certains d’entre eux, il collecta des armes et des munitions et s’enfuit en emportant également avec lui des dizaines d’esclaves qui s’ajoutèrent aux rebelles. Les indiens qui souffraient aussi de la violence de l’exploitation s’ajoutèrent aux noirs africains, et petit à petit le caudillo rebelle étendit ainsi sa domination sur une importante région montagneuse. Ses réduits, dénommés palenques étaient semblables aux  quilombos établis de leur côté par les esclaves noirs du Brésil. Ou aux cumbes qui allaient jaillir des décennies plus tard au Venezuela. Ils étaient situés dans des lieux pratiquement inaccessibles ; leurs défenses pouvaient s’effectuer avec des forces réduites et permettaient d’exécuter des embuscades sanglantes.

Renforcé dans sa position, Miguel décida de se proclamer roi et couronna Guiomar, son épouse en tant que reine. Il fit quelque chose de plus : il créa une église qui fusionnait l’animisme africain à la religion catholique et désigna son propre évêque. Les missionnaires espagnols se plaignirent contre ce noir démoniaque qui était en train d’aller trop loin dans le défi qu’il lançait à Christ et à Felipe II. L’instigation du clergé n’était pas vraiment nécessaire, puisqu’il était suffisant pour mobiliser les forces espagnoles le fait intolérable que l’extraction de l’or avait diminué de façon importante depuis le soulèvement du Nègre Miguel.

Le règne défiant de Miguel et Guiomar et de l’évêque de son église dura deux ans. Cela ne pouvait plus durer, car c’était un mauvais exemple qui pouvait se propager dans d’autres communautés d’indiens et de noirs. Le roi africain ne se contentait pas de rester dans son réduit, mais il  mais il avait parfaitement compris la nécessité de la propagande armée (comme on le proclamait en Argentine de années plomb des années 70 du siècle passé, comme s’il s’agissait d’une découverte géniale du marxisme-léninisme ou de son versant guevariste). Les incursions contre les établissements espagnols s’intensifièrent et devinrent plus fréquents au point de perturber totalement les extractions minières et les activités agricoles. Miguel était en train de créer un double problème  politique et économique aux conquistadors espagnols.

Évidemment, le militantisme féminin dans les organisations guérilleros n’est pas non plus une création du 20ème siècle. La reine Guiomar et des dizaines de femmes se battaient coude à coude avec leurs maris. Elles combattirent en les soutenant par dizaines et démontrèrent qu’elles possédaient autant de valeur et d’audace que leurs hommes. Les femmes qui ne combattaient pas restaient dans l’arrière-garde pratiquant des rituels magiques et chantaient pour renforcer le courage des guerriers (L’imagination de Alejo Carpentier et d’autres auteurs de ce qu’on appelle le "boom" littéraire latino-américain du siècle passé n’a pas eu besoin d’être encore plus activée; la lecture attentive de l’histoire de l’Amérique Latine fut suffisante).

Des ordres drastiques arrivèrent de l’Espagne. Il fallait que cela prenne fin. Le Nègre Miguel ne connaissait pas les instructions envoyées par la Corte, décida de lancer un défi plus grand en attaquant la ville Nueva Segovia de Barquisimeto qui venait d’être créé. Ce fut une terrible erreur stratégique, car la garnison espagnole avait été renforcée par c des contingents venus de la ville voisine de El Tocuyo. Les rebelles noirs furent décimés.

Le capitaine Diego García Paredes se dit un plaisir d’égorger Miguel, tandis que d’autres capitaines décapitaient les principaux collaborateurs du caudillo noir qui n’étaient pas morts sur le champ de bataille. Les africains et les indiens survivants eurent les tendons des pieds, la narine et les oreilles coupés, avant d’être bafoués et en signe d’avertissement à ceux qui essayeraient de défier une nouvelle fois le pouvoir espagnol. Guiomar fut emprisonnée et soumise à des tortures et d’autres formes de sévices qui causèrent sa mort des mois après la défaite de Barquisimeto.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.lavoz.com.ar/suplementos/temas/07/03/25/nota.asp?nota_id=55979

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24 mars 2007

Benedita da Silva --- Mini Biographie

La vie de  Benedita da Silva est un exemple de foi et de détermination fondées sur l’auto-estime de celle qui connait l’importance (l’extension) de sa propre valeur et de celle de sa race.

Des qualités qui, en plus d’une capacité innée à faire de la politique qu’elle a perfectionnée par des années d’expérience, sont les grandes armes avec lesquelles Benedita a dessiné une trajectoire politique rare. Elle avait pourtant tout pour connaitre un autre destin. Qui aurait pu, en fin de compte, oser parier sur la réussite future de cette fille noire née le 11 mars 1942 dans la  favela de Praia do Pinto à Rio de Janeiro – Brésil ?

À l’âge de 40 ans, elle fait une formation en Études Sociales et en Services Sociaux. En 1982, elle devient la première femme noire à siéger au sein du Conseil Municipal de la ville de Rio de janeiro. Et elle ne s’arrêta pas là.

Elle fut élue Députée Fédérale à deux reprises. Au cours de son premier mandat, dans le cadre de la réforme de la Constituion du Brésil, Benedita da Silva a obtenu le droit pour les prisonnières de rester avec leurs enfants pendant la durée de l’allaitement.

En tant que Députée Fédérale, elle a été l’auteure de 84 projets de lois de grande importance pour la population. Son action a permis d’ écrire l’histoire récente du pays.

En 1994, Benedita da Silva est élue par un nombre de votes significatif (2.248.861 votes). Elle est la première femme noire à entrer au Sénat Fédéral, le plus haut niveau du Pouvoir Législatif brésilien.  Quelques années plus tard,  Benedita quittera le Sénat pour briguer le poste de Gouverneur de l’État de Rio de janeiro, dans le cadre d’une alliance politique inédite réunissant tous les partis progressistes du pays.

Élue Vice-Gouverneur de l’État de Rio de Janeiro, elle mena tous les projets sociaux du gouvernement. En 2002, suite à la démission du gouverneur d’alors,  Benedita da Silva prend la tête de l’ Exécutif, devenant ainsi la première femme noire gouverneur d’un État (au Brésil).

En 2003,  nommée par le Président Luís Inácio Lula da Silva, elle occupe le portefeuille du Ministère de l’Assistance Sociale.

- Actuellement, elle travaille à  la création de la Fondation BENEDITA DA SILVA qui a pour objectif de promouvoir l’inclusion sociale des familles en partenariat avec les institutions publiques et privées.

- Invitée par le Gouverneur élu  Sérgio Cabral à occuper le portefeuille de l’Action(*) Sociale et des Droits Humains, Benedita da Silva a accepté le challenge et se prépare à faire la preuve que sa sensibilité sociale, son expérience politique et administrative peuvent contribuer au succès des programmes sociaux .

(*) Si son blog utilise l’expression Action Sociale , le site du gouvernement de Rio de Janeiro utilise le libellé Assistance Sociale (Sécrétaire d’État à l’Assistance Sociale et aux Droits Humains – SEASDH)

Traduite du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://beneblog.wordpress.com/biografia/

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17 mars 2007

Abdias do Nascimento célèbre leader Afrobrésilien fête ses 93 ans

Abdias do Nascimento

Par: la Rédaction - Source: Afropress - 15/3/2007

Rio – Abdias do Nascimento, écrivain, poète, dramaturge et plus grand leader noir brésilien encore en vie et qui jouit d’une bonne santé et d’une disposition sans cesse renouvelée célèbre ses 93 ans ce jeudi 14 mars, Abdias fut également le premier député noir au niveau fédéral à consacrer son mandat à la lutte contre le racisme et sénateur de la république pour le Rio de Janeiro, élu pour le compte du PDT de Leonel Brizola.


Né en 1914, année de la première grande Guerre à  Franca, S. Paulo, il est le second fils de  Dona Josina, pâtissière, et d’un père, musicien et  cordonnier et petit fils d’esclaves africains.

Abdias a très vite pris conscience du racisme lui qui a  de nombreuses fois vu sa mère combattre des  offenses racistes. Le leader afrobrésilien a ainsi l’habitude de raconter  que la première leçon qu’il a apprise de la défense du peuple afro-brésilien a eu lieu lorsque encore enfant, il a vu sa mère se porter à la défense  d’un  gamin noir et orphelin qu’une femme blanche était en train de battre dans la rue.


En 1944, il crée le Théâtre Expérimental du Noir (TEN-), qui en plus d’aborder l’esthétique et l’identité de la culture afrobrésilienne a assuré la formation des premiers acteurs noirs de théâtres au Brésil. C’est également avec le TEN qu’il organise la Convention Nationale du Noir en 1945/1946 qui propose à l’Assemblée Nationale Constituante de 1946, l’inclusion de politiques publiques destinées à la population noire ainsi que la discrimination raciale comme crime de lèse patrie.

Il en résulte une approbation par le Parlement brésilien de la Loi Afonso Arinos, qui ne définissait le racisme que comme une contravention, situation qui ne changea qu’avec la Constitution de 1988. Toujours sous l’égide du TEN, Abdias organisa le Premier Congrès du Noir Brésilien en 1950.

À la suite des persécutions perpétrées par le régime militaire, Abdias doit s’exiler aux États-unis en 1968 ou il est conférencier et professeur. De son exil, il participe à la création du PDT (Parti Démocratique Travailliste). De retour au Brésil, il est mène la création du Secrétariat du Mouvement Noir du PDT en 1981.

Député Fédéral  (1983/1987), et sénateur de la République (1991, 1996/1999), il fut par la suite nommé Secrétaire de la Défense et de la Promotion des populations Afro-Brésiliennes de l’État de Rio de Janeiro (1991/1994) par  Brizola. Plus tard, en 1999, il occupe en tant que titulaire- fondateur la chaire du Secrétariat des Droits Humains et de la Citoyenneté du Gouvernement de l’État du Rio de Janeiro. En 2004, son nom fait partie de ceux des candidats au Prix Nobel de  la Paix.

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Lors du Carnaval de cette année Abdias, marié à l’historienne  Elisa Larkin Nascimento a reçu un hommage de la part de l’École (de samba) Porto da Pedra, qui a évoqué la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud en présentant pour le clou de son défilé une parade en carrosse.
La Rédaction de Afropress rend hommage à celui qui symbolise le mieux la résistance du peuple noir à l’oppression, aux humiliations et au racisme.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Source Afropress.com

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02 mars 2007

Belky Arizala : Top Modèle et Businesswoman afrocolombienne

Même si elle a réussi à triompher dans la mode, Belky Arizala n'est pas top modèle chaque jour. Faites connaissance avec la femme d'affaires, et surtout la femme aux idées claires.

Par Carlos Vallejo

Belky Arizala pénètre dans son bureau, encore plus belle à voir que les photos accrochées sur les murs. Même si chacune d'elle est chargée d'une beauté distincte, on ne peut les comparer avec le fait de la voir entrer, serrer les mains fermement, son regard droit dans vos yeux et le sourire enchanteur.

Enchanteur car, au lieu d'être un geste vide caractéristique de nombreux mannequins et reines (de beauté), il démontre une sincérité  réaffirmée lorsqu'elle reprend son air sérieux pour répondre à chaque question. Et c'est peut être pour cela, pour cette attention portée par son regard fixe et les rides fermes sur son front et sur les sourcils, pour cette absence du recours facile au sourire que ses réponses sont loin du répertoire commun.

"Des fois, on dit que je suis une leader pour les communautés afrocolombiennes. Mais je suis simplement une personne qui, au lieu de se plaindre éternellement des difficultés qu'implique la couleur de ma peau, a décidé de travailler et de faire les choses, et quand j'ai l'opportunité, je dis ce que je pense ".

Si elle s'était contentée de se plaindre, elle n'aurait par exemple rien fait lorsqu'elle n'avait pas pu accomplir son rêve de devenir reine de beauté en 1996. Car, à cette époque à Cúcuta,dans le département qui l'a vu naître le 8 mars 1978, les paramètres de beauté n'admettaient pas une représentante noire au concours de la Señorita Colombia (Miss Colombie) elle occupa donc la deuxième place de Miss Cúcuta 1996 - 1997.

"Ce ne fut pas un moment traumatisant. J'étais triste que le rêve ne se réalise pas, mais j'avais l'envie de penser à d'autres rêves. J'ai donc accepté l'échec, sans trop de douleurs, et j'ai décidé de suivre la voie du mannequinât. Je ne pouvais pas baisser les bras".

Et elle n'a pas baissé les bras. Grâce à cette force qui lui avait permis de voir en la fin d'un rêve la possibilité d'autres rêves qu'elle commença très vite à configurer son avenir. L'année suivante, âgée d'à peine 19 ans, elle obtenait déjà un diplôme en administration des banques de l'école Polytechnique Bolivarienne et occupait la deuxième place du prestigieux concours Top Model Colombia, ce qui lui permit d'intégrer de plein pied le monde du mannequinât.

Aujourd'hui, alors qu'elle a dix années à la tête de l'Agence Reinas y Modelos Belky Arizala, elle est devenue une référence pour les communautés afrocolombiennes, même si elle ne le croit et ne le prétend pas.

Le calme ne prend place dans sa routine quotidienne que durant de brefs moments. Des instants durant lesquels, assise face à son bureau elle se laisse tomber sur le dossier du fauteuil, soupire et pince ses sourcils entre l'index et le pouce. On dirait qu'elle va rester là, comme si elle voulait que ce jour ne soit pas qu'à 16 heures mais plutôt proche de la nuit. Comme si elle voulait que ce soit le lendemain pour remercier Dieu une nouvelle fois, car selon elle, "personne ne sait quand il va fermer les yeux pour s'endormir et ne jamais les rouvrir ".

Un moment de quiétude qui prend fin lorsqu'une beauté aussi noire qu'imposante pénètre dans le bureau. Elle a la peau délicate et le geste innocent. Sa voix et sa posture montrent la fatigue engendrée par le cours qui vient de prendre fin il y a quelques  minutes.

"C'est mademoiselle Valle", indique Belky tout en lui faisant la bise sur la joue. "Elle se prépare avec moi pour le concours Miss Colombia".

Comme beaucoup d'autres. Belky prépare également des reines de beauté telles que Cesar et Caldas, attirées par le fait qu'une des filles préparées par elle l'année précédente, Valerie Domínguez Tarud, la Miss Atlantique, est devenue Miss Colombie, deuxième dauphine à Miss Univers et l'une des dix finalistes de ce concours."Ce sont des réussites importantes. Et on parle là d'une entreprise qui a pris son envol il  y a deux ans à peine. Je me sens fière et j'ai le sentiment que ce que je pensais il y a des années était bien avisé. "

Le parcours n'a pas été facile. Il a d'abord fallu pour elle de se positionner sur le marché, défilant au début sans se faire payer. La reconnaissance en tant que Top Modèle international est venue plus tard, car elle a trouvé à l'extérieur, à Mexico, l'opportunité de briller. Les unes des revues et les participations à des clips d'artistes reconnus tels que Alejandro Sanz firent sensation au pays à l'époque. "C'était dur, car les médias en Colombie pensent en général  que ce qui est afrocolombien n'a pas de valeur commerciale ".

Cette conscience qu'elle a des difficultés rencontrées par les afrocolombiennes dans ce milieu, et l'assurance que sa trajectoire fait d'elle "une boite à surprises", l'ont poussé à créer une entreprise dédiée à la préparation des top modèles et des reines (de beauté).

"Quand j'étais encore à l'université, je pensais utiliser mes études pour faire quelque chose lié à ce sujet. L'opportunité s'est présentée de constater que face au manque d'opportunités offertes aux mannequins noirs par les académies, il fallait des espaces dans lesquelles les portes leur seraient ouvertes ".

Cette agence lui appartient. Un espace qui, sans prétendre être uniquement réservé aux mannequins noirs, est devenu la solution pour beaucoup d'entre elles et eux que Belky elle-même dit avoir vu venir les larmes aux yeux car elles ne sont pas acceptées dans les académies."C'est triste que cela arrive. Les afrocolombiens devraient être considérés comme égaux à tous les autres. Mais ce n'est pas ce qui se passe, nous devons clairement avoir conscience que c'est nous-mêmes qui devons commencer à nous sentir égaux aux autres ".Elle est ainsi, qui affirme, avec raison que "l'âme n'a pas de couleur".

Le portable sonne ; c'est l'appel qu'elle attendait. Celui qui confirme le défilé auquel elle est invitée ce soir et pour lequel elle doit aller acheter des bas.

."J'aimerais savoir si je peux emmener les filles que je suis en train de préparer et leur permettre à l'occasion de mieux comprendre le concept du podium", dit-elle. Elle attend la réponse un long moment.

  Le podium de Belky Arizala est célèbre. En plus de la signification que revêt le fait que la miss Colombia Valerie Domínguez Tarud, qu'elle avait préparée, fut distinguée en tant que dauphine lors du concours Miss Univers, beaucoup sont d'accord pour dire que Belky a l'un des meilleurs podiums du pays. Et lorsqu'on lui pose la question à ce sujet, sa réponse est claire:

"Sur le podium, il faut tout donner. C'est comme entrer sur un terrain de football ou à une réunion du Congrès : tout le monde va regarder. Il faut donc le faire de cette manière. C'est ce que j'aime le plus".

Et c'est pour cette raison qu'elle continue de le faire. Mais il est évident pour elle, et ce depuis départ, qu'elle ne pouvait pas se consacrer uniquement à cela. La certitude comme elle le dit que "ma beauté n'allait pas être éternelle " explique les motivations qui l'ont poussé à monter son agence et une boutique il y a quatre ans en compagnie de sa sœur Sulma Arizala.

C'est pour cette raison que malgré les moments de gloire qu'elle a connu, elle affirme ne pas être blasée. "C'est mieux de faire les choses tranquillement. C'est justement le fait que l'objectif soit de passer à la télé et d'apparaître dans les magazines qui rend ce travail passager. Car, une autre puis encore une autre apparaîtra toujours. C'est pour cela que je suis tranquille, et je mène mes affaires sans m'éloigner de tout ce que j'apprécie dans le monde du mannequinât ".

La voix à l'autre bout du fil lui répond par l'affirmative. Elle répond à son tour qu'elle est ravie d'utiliser ce moyen pour la formation. "Malgré ce que pensent ceux qui croient que c'est facile, il faut être très fort pour bien s'en sortir dans ce métier. C'est pourquoi j'enseigne toujours que pour rentrer dans ce combat d'énergies renforcée, il faut montrer clairement ce qu'on veut être. C'est cette attitude qu'il faut avoir sur le podium: force et détermination".

Dans la vie également. Ainsi, lorsqu'elle se rend compte qu'il va bientôt être cinq heures et qu'elle se rappelle qu'elle doit être présente pour les essayages du défilé à six heures, alors qu'elle n'a pas encore acheté les bas noirs dont elle a besoin, elle se lève et en quelques secondes, se met une veste et une écharpe noire, des lunettes, et prend un sac à main.

Sans laisser le temps d'être surpris qu'elle n'ait pas pris des heures entières pour se préparer à  sortir, elle prend la porte. Elle parait encore plus grande et plus belle, et on devine d'avance que la scène sera sienne. Et que, après cela, elle retournera à la vie, car comme elle le dit:"Je ne suis pas mannequin tout le temps. J'ai également d'autres facettes aussi importantes pour moi comme mon entreprise et surtout ma vie".

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

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02 janvier 2007

"Martina Carillo, négresse afroéquatorienne source de liberté"

LA LUTTE POUR LES DROITS HUMAINS À LA CONCEPCIÓN (1778)  XVIIIème SIÈCLE 

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Au cours des siècles qu'a duré l'esclavage, il y eut dans la Vallée del Chota et dans le Bassin du fleuve Mira, divers actes de résistance et de tentatives de rébellion. Les haciendas dans lesquelles vivaient les esclaves noirs après l'expulsion des Jésuites, (1767), étaient devenues les propriétés de l'État qui les dirigeait par le biais d'administrateurs.

En fin janvier 1778, trois couples d'esclaves, qui travaillaient dans l'hacienda de La Concepción, s'échappèrent pour se rendre à Quito et présenter au Président une série de plaintes au sujet des mauvais traitements qu'ils subissaient de la par de l'administrateur Francisco Arrecoechea. 

Trois éléments semblent dignes d'intérêt dans cette expédition chez le président":

1.      La conscience d'avoir des droits et la valeur ( le courage ) que cela représentait de les revendiquer.

2.    Le fait de se présenter non pas comme des rebelles isolés, mais comme une Commission envoyée par tous les esclaves.

3.    La présence des épouses qui indiquait le degré de dignité et de force que la femme noire avait acquis.

Le chef de la Commission s'appelait Pedro Lucumí, et parmi les femmes se trouvait Martina Carrillo.

Les plaintes que la Commission présenta au président José Dibuja, furent les suivantes:

1.      Les esclaves recevaient moins de nourriture que ce que la Loi exigeait, d'où l'alimentation était nettement insuffisante.

2.    La rénovation du vestiaire n'était pas réalisée à temps.

3.    On obligeait les esclaves à travailler les dimanches, jusqu'à midi, leur enlevant du temps de repos et qu'ils pouvaient consacrer au travail dans leurs petites fermes (contrairement à la coutume établie depuis le temps des Jésuites).

4.    Les esclaves recevaient des châtiments trop rigoureux et injustifiés, étant donné qu'ils exécutaient bien leurs tâches.

Le Président Dibuja, les reçut et les écouta, puisqu'il considérait que les esclaves avaient le droit de recourir à l'autorité supérieure. De plus, il pensait qu'il ne fallait pas trop maltraiter les esclaves pour éviter de plus grandes rebellions.

Dibuja décida d'envoyer un nouvel administrateur, du nom de Andrés Fernández, chargé de remplacer l'actuel administrateur et d'enquêter sur les accusations présentées par les esclaves.

Lorsque les esclaves retournèrent à La Concepción, ils furent durement châtiés : Lucumí reçut 500 coups de fouet car il était le chef de la Commission ; Martina en recevait 300 qui lui ouvrirent la poitrine et la mirent dans un si mauvais état que le prêtre dût avoir recours aux saintes huiles; il en fut de même pour tous les membres de la Commission, de telle sorte que ils ne pouvaient même pas retourner au travail 15 jours après.

Le nouvel administrateur, qui arriva trois mois plus tard, put encore s'apercevoir des châtiments infligés, malgré les ordres donnés par le Président  d'y mettre fin. 

Bien que Arrecochea essaya de justifier ses agissements, après avoir parlé avec les majordomes et suite à de nombreux autres témoignages, le nouvel administrateur décida d'envoyer son prédécesseur à la prison royale de Quito.

À Quito, il allait subir un procès et fut condamné à une amende de 100 pesos à reverser à l'État et d'une autre du même montant pour les esclaves qui avaient été victimes de sa cruauté.

Les trois noires et les trois noirs restèrent esclaves, mais ils avaient réussi à améliorer les conditions de vie de tous et de toutes les camarades tout en établissant un précédent:

a)      La possibilité pour les esclaves de faire respecter leurs droits et de faire reconnaître leur dignité;

b)      Le pouvoir de recevoir une compensation financière pour les préjudices de la part de ceux dont ils avaient été victimes.

La Graine d'une vie meilleure avait été semée parmi les esclaves de La Concepción, une graine qui durant les décennies suivantes allait produire ses fruits et particulièrement dans la famille de Martina Carrillo, d'où allait surgir un autre grand champion des droits du noir, son fils Francisco Carrillo. 

Traduit de l'Espagnol par Guy everard Mbarga

http://www.centroafroecuatoriano.com/content/view/92/57/

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17 décembre 2006

Luis Alberto Moore, premier général afrocolombien de l’histoire

10 décembre 2006

Luis Alberto Moore Perea , à droite


L’officier de Police Luis Alberto Moore Perea a légèrement levé la tête, observé le ciel bleu, diaphane,  exhibé un léger sourire et regardé avec fierté le président Álvaro Uribe Vélez. Le chef de l’État s’est approché de lui, l’a félicité et a posé sur sa poitrine la première étoile de Brigadier Général.


Celui qui était jusqu’à ce jeudi colonel et actuel commandant de la Police de Cali, âgé de 45 ans, 1,90 m, devient dès cet instant le premier général noir de l’histoire de la Colombie.


Il y a très longtemps de cela, Moore voulait être médecin. Cependant, une conversation qu’il a alors avec un ami d’enfance le fait changer d’avis. Il oublie son idée de passer le reste de sa vie dans les hôpitaux et change son destin pour servir la communauté d’une autre manière: engoncé dans un unifrome de police. Cette décision prise il y a une trentaine d’années a été applaudie ce jour par toute la Force Publique. Et pour une bonne raison : Moore est le premier homme issu de la communauté afrocolombienne à devenir général de la République.

Il est entré à l’École des Cadets Général Santander de la Police Nationale en 1975, à l’insu de sa famille. “J’avais pris plusieurs cours de médecine à la Javeriana, mais je n’aimais pas ça, raconte t-il. Je me suis alors présenté à la Police, et c’est seulement lorsque j’ai réussi les examens d’admission que j’en ai parlé à ma famille. C’est la seule fois que j’ai vu mon père en larmes ”. Il avais 17 ans et était le troisième enfant issu du mariage d’une avocate, ex gouverneur du Chocó, et d’un mathématicien de Santa Marta. Ses frères s’étaient inscrits à des cours de droit, médecine et d’odontologie et sa famille s’attendait par conséquent  à ce qu’il opte pour des études menant à une carrière qu’ils considéraient ‘conventionnelle’.

Luis Alberto était le seul noir parmi les  63 élèves de sa promotion et le seul dans toute l’école. “Ma mère qui ne souhaitait pas que j’aille à cette École a même parlé au Directeur de la Police de l’époque pour qu’il me renvoie, mais quand ils m’ont demandé si je voulais rester, j’ai évidemment répondu oui. ”, rappelle t-il. Malgré l’opposition de sa famille, Moore continua dans la Police et se distingua comme l’un des meilleurs de sa promotion.


En 1977 il sort sous-lieutenant et est affecté à Tolima et Caldas. Malgré le fait que certaines personnes lui disaient que la couleur de sa peau était l’assurance pour lui d’être un perdant, Moore ne sentit jamais que cela était un obstacle qui l’empêcherait d’atteindre ses objectifs. “Certaines personnes de ma culture me disaient que nous n’avions pas les mêmes chances que les autres, dit Moore. Mais, j’ai toujours été convaincu que des fois, on utilise cet argument pour ne pas lutter pour ce qu’on veut ”.

Sans prêter attention aux préjugés, et certain qu’un travail bien fait est la meilleure carte de visite, Moore a fait irruption sur un terrain qu’aucun homme de son groupe ethnique n’avait foulé. En 1981, il fut l’un des neuf officiers de la Police sélectionnés pour faire partie du premier cours des pilotes d’hélicoptère de cette institution. À l’époque, Moore était le seul pilote noir de la Police et des Forces Armées. “Durant mon cours, mes compagnons m’appelaient ‘manchita”(la petite tache, la petite souillure, la petite salissure).

Il se distingua très vite comme l’un des meilleurs pilotes, et allait recevoir de nombreuses décorations et félicitations pour son travail. L’un de celles à laquelle il pense le plus est celle qu’il a obtenu pour son rôle durant la prise du Palais de Justice en novembre 1985, quand il devait esquiver les balles des guérilleros du M-19 pour déposer les membres des forces spéciales sur le toit de l’édifice. En tant que pilote, il a effectué des missions allant de l’aide au sauvetage lors de catastrophes naturelles -comme l’avalanche de Armero- au soutien des troupes au combat contre la guérilla et aux offensives menées contre cette dernière dans différentes régions de Colombie. Il fut également chargé  d’initier, à la fin des années 80, les opérations d’enfumage contre les cultures illicites dans le pays.

Même s’il a vu plusieurs de ses camarades mourir à la guerre contre les narco trafiquants et la subversion, il affirme  avoir senti la mort proche de lui à une seule occasion. C’était, en 1986, alors qu’il rentrait d’une mission contre les narco trafiquants dans le sud de Santander. L’hélicoptère Bell 212 qu’il commandait a subi une avarie au niveau des turbines et est tombé au sol. Il a miraculeusement survécu, mais resta hors de combat pendant huit mois suite aux graves blessures subies à la colonne vertébrale.


Moore fut commandant d’hélicoptère pendant 16 années et durant ce temps, il fut reconnu comme l’un des instructeurs les plus respectés de la nouvelle génération de pilotes. Même sil affirme que tout au long de sa carrière, il a pensé à plusieurs reprises à ‘jeter l’éponge', il n’hésite pas à reconnaître que c’est sa famille, celle là même qui s’était opposée à son choix de devenir policier, qui lui donna les forces pour continuer dans l’institution dans les moments difficiles. En octobre 2000 Moore a encore atteint un palier qu’aucun homme de sa communauté n’avait atteint : il est monté au grade de colonel.

Après être monté en grade, il quitta le monde des hélicoptères et fut nommé à la Police Métropolitaine de Bogotá. Puis il devint sous commandant du département de Police de Cundinamarca. Comme une reconnaissance pour une carrière réussie, il est alors nommé attaché de Police à l’ambassade de Colombie à Londres. Puis, de retour, il occupe le poste de responsable de la sécurité à Cali.

Moore affirme que durant les trois décennies qu’il compte dans la Police, la couleur de sa peau n’a jamais été un motif pour se sentir discriminé ou pour recevoir un traitement différent de celui de ses compagnons. Cependant, en devenant le premier général dans l’histoire de la Colombie, tous les projecteurs se sont dirigés ce jeudi vers lui, qui est déjà rentré dans les pages de l’histoire de Colombie.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.piedadcordoba.net/ipw-web/portal/cms/modules.php?name=News&file=article&sid=1757

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26 novembre 2006

Zumbi do Palmares

De notre envoyé spécial à Muge (Portugal)


La comtesse de Schonborn, 65, née Graziela de Cadaval, et connue parmi les chercheurs et ''chasseurs'' de documents comme la gardienne des archives de la  marquise de Cadaval, sa mère.

Ce sont près de 5.000 livres et ensemble de documents réunis au cours des six derniers siècles et conservés à Muge situé à 80 kilomètres de Lisbonne.

Des années plus tard, des dizaines de documents furent dérobés par
un ''chercheur déguisé en paralytique dans une chaise roulante ' '. Depuis lors, seuls les personnes invitées par la comtesse et sous la surveillance de cette dernière scrutent les manuscrits inventoriés par l’État.

(Aureliano Biancarelli)

Parmi ses documents, se trouveraient deux précieuses lettres qui permettent d’imaginer Zumbi alors qu’il n’était qu’un petit garçon. Elles furent écrites par le père Antonio de Melo en 1696 et 1698, alors que la nouvelle de la mort de Zumbi. Les lettres, non retrouvées par la comtesse, furent copiées en 1978 à la demande de l’historien gaucho Décio Freitas.

Melo, qui était curé à Pernambuco, raconte que en 1655 il avait reçu un ''petit qui n’avait que quelques jours '' dont il devait prendre soin, enlevé à des noirs fugitifs.

Il fut baptisé du nom de Francisco et éduqué par le père. Le gamin ''démontra un génie jamais imaginé au sein de la race noire '', écrivait Melo. ''À ses dix ans, il connaissait déjà tout le latin de base nécessaire et son portugais évoluait très bien.''

En 1670, à 15 ans, Francisco disparut en laissant une note au père dans laquelle il annonçait qu’il s’enfuyait pour Palmares. Melo raconte que, des années après, le roi Zumbi allait lui rendre visite à trois reprises.

À l’époque des lettres en question, le président du Conseil Ultramarin était Nuno Pereira Álvares de Melo, qui fut le premier Duc de Cadaval, et pour cette raison, les documents allaient être conservés par la famille.

Au cours du temps, une partie des archives des Cadavais s’est perdu. À la fin du 17ième siècle, un incendie détruisait le palais de la famille. Par la suite, avec l’invasion napoléonienne, de nombreux documents furent envoyés au Brésil.

En 1964, les familles allaient se partager ce qui restait des archives. La moitié resta à la comtesse et le reste fut attribué au duc de Cadaval. Et ces dernières années, on observe des ventes aux enchères de (ce genre de)documents. 

Traduit du portugais par Guy Everard Mbarga

http://www1.folha.uol.com.br/fol/brasil500/zumbi_13.htm

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