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Noirs d'Amérique Latine

Textes traduits de l'Espagnol témoignant du passé et du quotidien des Noirs d'Amérique Latine et des Caraibes

19 octobre 2008

“Chibata!” raconte la vie de João Cândido, leader noir d’une révolte dans la Marine Brésilienne

Fils d’esclaves, l’histoire du marin João Cândido Felisberto (1880 - 1969), leader de la Révolte de la Chibata, prisonnier, torturé et détenu dans un hospice pour s’être battu pour être un homme libre plus de 20 ans après l’abolition de l’esclavage, est rappelée dans le livre “Chibata! João Cândido e a Revolta que abalou o Brasil” (Chibata! João Cândido et la Révolte qui secoua le Brésil).

Récemment lancée, l’œuvre écrite par Olinto Gadelha Neto et dessinée par Hemeterio, décrit par des dessins les principaux évènements de la rébellion dans la Marine Brésilienne et menée par l’amiral noir le 22 novembre 1910.

                                        Couverture du livre "Chibata! João Cândido e

                                                                   a Revolta que abalou o Brasil"

Le matelot, héros oublié pendant près d’un siècle a mis fin à l’esclavage dans la marine après avoir initié la Révolte qui a détruit sa vie, mais a permis l’amnistie de tant d’autres marins qui luttèrent à ses côtés.

98 ans plus tard, le parcours de João Cândido est raconté dans un mélange de fiction et de documents historiques. Ce livre permet de faire plus ample connaissance de l’histoire et la vie de João Cândido, héros qui fit trembler le gouvernement à peine élu à l’époque du maréchal Hermes da Fonseca.

Chibata! João Cândido e a Revolta que abalou o Brasil

Editeur: Conrad

Pages : 218

Prix: 39,90R$

Par Júlia Ramos     - Afrobras

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

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25 septembre 2008

Collection Afrique et Diaspora : Malunga Thereza Santos – histoire de la vie d’une guerrière

Les éditions de l’université Fédérale de São Carlos (EdUFSCar)  a lancé le 22 septembre le livre Malunga Thereza Santos - a história de vida de uma guerreira (Malunga Thereza Santos, histoire de la vie d’une guerrière) dont l'auteure est Thereza Santos elle même.

Le livre présente les aspects de l’histoire de sa vie: enfance

;construction de sa conscience noire; participation aux mouvements estudiantins et politiques brésiliens; exil dans des pays africains; participation aux luttes de libération de pays africains; militantisme pour la communauté noire au Brésil, en Guinée Bissau, en Angola; vie politique; discriminations subies; et théâtre et carnaval comme instruments de lutte. Autant d’expériences de vie qui l’ont transformé en guerrière noire.

Thereza Santos est une femme noire née à Rio de Janeiro dans la fin des années 1930. Elle travaille dans le monde du carnaval, est publicitaire, actrice, auteure, directrice de théâtre et professeure.


Cette œuvre présente l’histoire de la vie d’une femme noire lié à l’histoire du Brésil, de racisme, de persécution politique, de lutte, de militantisme et d’espoir dans la construction de la société brésilienne.

L’EdUFSCar, en collaboration avec le Cercle des Études Afrobrésiliennes de l’Université (Núcleo de Estudos Afro-Brasileiros) inaugure avec ce livre la Collection Afrique et Diaspora ( Coleção África e Diáspora) qui cherche à aborder des thématiques générées par les expériences et les pensées des personnes de race noire dans divers contextes socio-économiques, abordées sous diverses perspectives théoriques et méthodologiques.

Cet éditeur prétend par les œuvres publiées toucher la communauté académique, des membres du Mouvement Noir, des personnes intéressées à connaitre et à approfondir les connaissances sur la multiplicité des expériences de vie, des savoirs, de la spiritualité, des technologies, des contenus de vie produits tout au long de l’histoire de l’humanité sur le continent africain et sur les différents territoires de la diaspora.

La collection regroupera les travaux qui se concentrent sur les données et les informations relatives à la population noire, les relations ethniques et raciales et les connaissances générées, tant au sein des différentes cultures africaines de la période précoloniale à nos jours o, que dans la re-création du monde africain dans la diaspora.

Marcus Bennett - ACS/FCP/MinC

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

22 septembre 2008

Extrait de L'Amérique Latine Afro entre 1800 et 2000 (II)

Par George Reid Andrews

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

George Reid Andrews: Afro-Latinoamérica, 1800-2000 (Iberoamericana Editorial Vervuert, 2007)

Partie I

Les «réformes urbaines» de ce type ne visaient pas seulement à moderniser les infrastructures des villes, mais également à transformer leur composition raciale et sociale. Pendant le 19ème siècle les travailleurs s’étaient entassés dans des maisons et des habitations décadentes de l’époque coloniale divisées en compartiments, connues sous des noms différents dans les différents pays : conventillos en Argentine et en  Uruguay, cortiços y cabeças de porco au Brésil et solares à Cuba. Comme le boom des exportations attira un nombre croissant de migrants dans les villes de la région,  ces quartiers urbains pauvres connurent également une croissance. Leur surpopulation et les conditions sanitaires infrahumaines générèrent des taux élevés de mortalité urbaine, de délinquance et d’épidémies occasionnelles qui menacèrent toute la population des villes.

A travers toute l’Amérique Latine, ces quartiers étaient peuplés dans leur grande majorité par des Noirs et des mulâtres. À Cuba et au Brésil, ou des milliers de personnes récemment libérées essayèrent d’échapper à la récente captivité en se déplaçant dans les villes, cette tendance fut réellement intense. Plusieurs études sur les solares de La Havane établirent que 95% ou plus de ses habitants étaient Noirs et mulâtres. À Río de Janeiro, les immigrants Noirs venus de Bahia s’établirent dans le voisinage du centre de la ville près des quais, qui très vite répondit au nom de «Petite Afrique».

A mesure que ce voisinage se remplissait, d’autres immigrants bahianais construisirent la première favela de Río, un ensemble de cabanes et de baraques provisoires sur une colline située derrière le Ministère de la Guerre. Au cours du 20ème siècle, les favelas se disséminèrent dans toute la ville et devinrent un mode commun de foyer pour les pauvres, qui comme à l’époque du changement de siècle étaient en majorité afrobrésiliens.

Ce fut en grande partie pour éloigner la pauvreté et la négritude du centre de la ville que le gouvernement fédéral allait démolir et reconstruire une grande partie du centre Urbain de Río au début de la décennie 1900, expulsant les habitants des cortiços dans des quartiers suburbains éloignés et sales autour de la ligne de chemin de fer, au nord de la ville. Les résidents du centre Urbain contrattaquèrent avec la Révolte du Vaccin (Revuelta de la Vacuna), une semaine de troubles urbains en 1904. La cause immédiate de la rébellion fut une campagne gouvernementale visant à faire vacciner toute la population contre la variole, dans laquelle les fonctionnaires du gouvernement entraient dans les foyers de la classe ouvrière souvent sans permission et inoculaient tous les membres de la famille.

Les familles pauvres réagirent avec furie contre cette intrusion agressive dans leurs maisons et protestèrent également à cause de la destruction des quartiers du périmètre urbain, qui leur avaient offert des logements accessibles proches de leur lieu de travail. Beaucoup, et peut être  la majorité des personnes qui allaient intervenir dans les perturbations étaient afrobrésiliennes. Alors qu’on amenait l’un des manifestants en prison, celui-ci cria en direction de la foule qu’il se battait pour «démontrer au gouvernement qu’il ne peut pas piétiner le peuple avec ses bottes... de temps en temps, il est bon que la négraille démontre qu’elle sait mourir comme un homme !».

Les troupes fédérales et la Police réprimèrent de suite la Révolte du Vaccin, et le gouvernement alla de l’avant avec son programme de rénovation urbaine. Cependant, en derniers recours, la capacité des gouvernements latino-américains à reconstruire leurs centres urbains fut limitée. Même si quelques villes pauvres furent détruites, la majorité resta en place, constituant le foyer non seulement des problèmes de la vie urbaine, mais également celui de ces joies. Dans toutes les villes de l’Amérique Latine Africaine, une de ces joies fut la création d’une vibrante culture populaire basée sur le fait africain, qui avait commencé à prendre forme pendant l’esclavage et qui à présent —comme conséquence de la liberté, des migrations et de l’urbanisation accélérée — allait fleurir et donna lieu à des éléments nouveaux et créatifs. Cette floraison était surtout visible (et audible) dans la musique et la danse. Même à  Buenos Aires et à Montevideo, où la population Noire était largement surpassée par le flux d’immigrants européens, la musique et les pas du candombe—d’origine africaine— s’incorporèrent aux nouveaux styles musicaux, la milonga et le tango, qui dominaient dans  les bars et les salles de danse. Et au Brésil et à Cuba où les Noirs et les mulâtres formaient soit la majorité de la population (pour le premier) ou la minorité la plus large (pour le deuxième), et où les africains avaient continué à arriver en nombre important jusqu’au milieu du 19ème siècle, la musique et la danse populaire continuèrent d’être de base africaine.

À Cuba, les deux genres principaux de cette musique étaient la rumba et le son. Les deux furent développés par des musiciens Afro-Cubains au cours de la première moitié du 19ème siècle, la rumba dans les provinces occidentales de La Havane et de Matanzas, le son dans celle située à l’est. À la fin du 19ème et au début du 20ème siècle, les musiciens de l’est se déplacèrent vers La Havane ou le son rencontra une audience importante et réceptive dans les quartiers des ouvriers de la ville.

Un processus similaire avait lieu simultanément à Río de Janeiro, où les musiciens et les percussionnistes en provenance de Bahia s’unirent avec les musiciens cariocas (nés à Río) pour créer un style de musique et de danse complètement nouveau, la samba. La samba brésilienne et la rumba cubaine ont des origines communes dans les religions d’origine africaine: la rumba dérivait en partie des rythmes et de la musique de la santería et des abakuá, et la samba du candomblé bahianais mélangé à la macumba carioca. Le résultat fut que les deux styles ont des éléments assez communs : leur rythme insistant 2/4; la manière de chanter en appelant et en répondant sur une base de «batteries» de percussion; et l’agilité des danseurs au niveau des genoux, des hanches et de la partie supérieure du corps, combinées avec un pas rapide et complexe.

Ils se ressemblent également du fait que les élites cubaines et brésiliennes s’opposèrent à ces styles et les repoussèrent, en voyant en eux l’antithèse de la civilisation et du progrès européen qu’ils essayaient d’imposer dans leurs sociétés si difficiles à gouverner. La civilisation et la modernité se basaient sur l’ordre, la rationalité, la discipline et le contrôle. Pour les élites de la fin du siècle, ces danses, et en général la culture de base africaine représentaient la négation de ces valeurs. Se faisant l’écho du racisme scientifique de l’époque, les élites et les autorités de l’État invoquèrent constamment la supposée dichotomie entre civilisation européenne et la barbarie africaine, et se positionnèrent en faveur de la suppression de la culture populaire d’origine africaine dans toutes ses manifestations.

George Reid Andrews: Afro-Latinoamérica, 1800-2000 (Iberoamericana Editorial Vervuert, 2007)

    NOM 

George Reid Andrews

George Reid Andrews

CURRICULUM 

Professeur d'Histoire Latinoaméricaine et directeur du Département d’Histoire de l’Université de Pittsburgh (EE UU). Parmi ses publications antérieures se distinguent Los afroargentinos de Buenos Aires, 1800-1900 et Negros e blancos en São Paulo, Brasil, 1888-1988 

http://www.ojosdepapel.com/Index.aspx?article=2748

04 septembre 2008

"Pivetim - um romance proibidão"de Délcio Teobaldo primé au Brésil


(03/09/2008 - 12:26)

"Pivetim - um romance proibidão", de l’écrivain Délcio Teobaldo,
remporte le prix de la littérature enfantine -juvénile

Un livre racontant l’histoire d’un gamin de la rue de race noire a remporté le Barco a Vapor, plus grand prix brésilien de la littérature infantile et juvénile.

Écrit par le journaliste Délcio Teobaldo, le livre intitulé Pivetim - um romance proibidão raconte la réalité des enfants de la rue, majoritairement noirs.

Délcio a écrit le livre en même temps qu’il effectuait une enquête sur la vie de l’écrivain Machado de Assis. En parcourant le cheminement de l’enfance de Machado, l’écrivain est entré en contact avec plusieurs gamins de la rue. À partir de son observation, il a écrit le livre, en étant attentif aux questions sociales et raciales."La question raciale n’est pas implicite , elle est explicite, car il ( Pivetim) est noir. La majorité des enfants de la rue sont noirs", dit-il.

L’écrivain n’espérait pas être primé : "C’est seulement depuis que j’ai remporté ce prix que j’ai relu le livre ", raconte-t-il. En plus, Délcio a surpris les organisateurs du pric, car il s’était inscris en utilisant le pseudonyme Nadir Serra. "Ils pensaient que c’était une femme d’une quelconque ONG, une assistante sociale. Ils pensaient qu’il était impossible pour n journaliste d’avoir cette vision ", dit-il.

Dès à présent, Délcio espère que le livre gagnera plus de visibilité et sensibilisera les lecteurs.»Si Pivetim réussit à sensibiliser quelqu’un pour que plutôt que de fermer la vite de sa voiture, il donne une chance à l’enfant de la rue, le monde pourra être un peu meilleur", affirme-t-il.

Le prix Barco a Vapor de Littérature Infantile et Juvénile est promu par la Fondation SM. Les livres inscrits doivent être inédits et faire partie de l’une des quatre séries de la collection : lecteur débutant (6 à 7 ans), intermédiaire (8 et 9 ans), confirmé (10 et 11 ans) et critique (12 et 13 ans). Le prix a été remis le 26 août au Sesc Vila Mariana à São Paulo. L’écrivain Délcio Teobaldo a reçu le trophée Barco a Vapor et la somme de 30 000  Réals Brésiliens (environ 17 000 Dollars US). 

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.palmares.gov.br/003/00301009.jsp?ttCD_CHAVE=1526

Posté par guyzoducamer à 21:07 - Livre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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01 septembre 2008

Une biographie de Marcus Garvey pour les petits

Nacion.com

Le livre a été édité en Jamaïque et sera distribué dans le pays dès cette semaine

  La version a été traduite par l’écrivaine costaricaine Shirley Campbell

CAMILA SCHUMACHER | cschumacher@nacion.com

Lorsque Marcus Garvey arriva au Costa Rica pour la première fois, il n’était qu’un immigrant de plus, difficile à distinguer des centaines de milliers de jamaïcains anonymes contractés par la United Fruit Company.

Onze années plus tard, lorsqu’il foula Limón pour la deuxième fois, il était devenu le leader le plus populaire des Amériques.

Entretemps, il avait créé l’Universal Negro Improvement Association (UNIA), une filiale des infirmières afrodescendantes, une compagnie de bateaux et des dizaines de journaux dans les pages desquels il diffusait sa philosophie panafricaine qui prit racine dans la population.

De nos jours, les idéaux et le combat pour les droits humains de Garvey sont reconnus à travers le monde et maintenant, un nouveau livre vise à les  faire connaitre aux petits enfants et jeunes costaricains.

Nacion.com

Marcus Garvey , biographie illustrée éditée en Espagnol, en anglais et en français a été présenté il y a quelques mois à la Jamaica’s House, la maison du gouverneur général et représentante de la reine d’Angleterre sur cette île caribéenne.

A partir de cette semaine, on pourra se procurer le livre dans plusieurs locaux de la Librairie Internationale (Librería Internacional) de notre pays.

De fait,  Shirley Campbell, écrivaine afro costaricaine était chargée de la traduction vers l’Espagnol de l’œuvre. Hier, Campbell a modéré les activités de lancement qui se sont tenues à l’Université Nationale et auxquelles ont participé entre autres Olivia Grave, ministre de l’Information, de la Culture, de la Jeunesse et des Sports de la Jamaïque.

Ce soir, l’événement se répétera à Terramall et le lendemain Journée du Noir, le livre sera présenté officiellement à la Black Star Line, dans la ville de Limón.

Le lieu de cérémonie n’a pas été choisi par hasard puisque cet édifice fut le principal siège à Limon de l’Unia, après sa construction en 1922.

Cette grande salle portait tout d’abord le nom de Liberty Hall et il abritait les réunions politiques et les rencontres sociales et sportives. Son surnom populaire est dû à la ligne de bateaux que Garvey fonda pour transporter des milliers de Noirs américains vers l’Afrique : un rêve qui en resta un.

En classe. Au delà des cérémonies officielles, le grand souhait des éditeurs est de faire que cette biographie de Garvey atteigne les écoles et les collèges. “Même s’il existe beaucoup de livres qui décrivent la vie, l’œuvre et la pensée de Garvey, aucun n’avait été pensé et écrit pour les enfants et les jeunes. Ici, les mentions dans les livres de textes sont peu nombreuses et les maîtresse ne savent pas bien que faire de ce qu’elles trouvent dans le curriculum et qui doit promouvoir la culture afrocostaricaine dans leurs classes pendant le mois d’Août ”, indique Campbell.

Le livre recueille des citations et reproduit des documents historiques ; raconte la vie de Garvey comme s’il s’agissait d’un conte. Ses pages comptent de nombreuses illustrations, grandes et toute en couleur. En le feuilletant, même les enfants qui ne savent pas lire pourront connaitre son histoire.

Traduit de l’espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.nacion.com/ln_ee/2008/agosto/30/aldea1681661.html

27 août 2008

Mbundo Malungo Mundele : Histoire du Mouvement Afro uruguayen et ses alternatives de développement

Ce livre de Romero Jorge Rodríguez raconte la complexe et suggestive histoire des afro-uruguayens depuis l’arrivée de leurs ancêtres à Montevideo en 1608. Structuré en de brefs chapitres, il constitue une excellente référence sur des événements spécifiques, et il offre une vision encyclopédique de l’expérience afro-uruguayenne. Mouvements socio politiques, revues, institutions éducatives et traditions culturelles des noirs sont exposés dans cet ouvrage, mettant en lumière de nombreux leaders non reconnus et leur rôle important dans leur communauté.

Une analyse très brève de l’histoire africaine constitue le cadre d’un plus large débat.

Rodriguez aborde sa matière tel un académicien passionné par l’histoire afro uruguayenne et un participant actif dans ses épisodes les plus contemporains.

Malgré cette participation directe, l’auteur présente une perspective équilibrée, parfois critique des luttes internes des afro uruguayens sur la question des classes, qui fit par exemple surgir les distinctions dans la communauté noire entre le statut d’un respectable « Mr noir (negro usted) » et celui d’un résolument malheureux « petit nègre (negro ché) » récemment traitées dans un documentaire argentin.

Bien que le livre soit rempli de références historiques et culturelles, la majeure partie du texte est centrée sur les mouvements politiques afro uruguayens. Selon Rodriguez, ces derniers commencèrent en 1872 avec le Mouvement Noir d’ Uruguay, lequel fut suivi par plusieurs vagues de candidatures politiques et la fondation de

La Maison

de la Race (Casa de la Raza), un centre culturel qui se dédiait aux contributions importantes des descendants africains en Uruguay. A la fin des années 40, le cercle des Artistes intellectuels et journalistes noirs vit le jour afin de promouvoir les moyens de transmission et l’expression culturelle afro uruguayenne. Plusieurs de ces structures ont disparu, mais furent essentielles à leur époque afin de consolider l’idée d’une identité afro uruguayenne et servirent de ciment à beaucoup d’avancées politiques significatives acquises ces dernières années.

Les derniers chapitres du livre sont dédiés à la situation contemporaine des afro uruguayens, incluant la fondation de Mundo Afro, en 1989 qui exposa devant le monde entier les brèches socio économiques et la discrimination en Uruguay. Le fait de documenter les inégalités socio économiques dans le pays a contribué énormément au développement de politiques qui combattent ces inégalités, et a suscité un intérêt croissant pour l’histoire et la culture des afro uruguayens.

Les annexes incluent plus de détails sur les avancées politiques, du point de vue racial ainsi que les réussites dans le système éducatif et les programmes communautaires spécifiques. Bien que fréquemment, l’auteur Romero Rodriguez fut et reste au centre de l’action, il donne peu d’importance à son rôle personnel pourtant significatif et attribue les succès décrits aux groupes contemporains de la société civile de même qu’à une longue histoire d’activisme afro uruguayen qui a débuté il y a des siècles.

Judith Morrison, directrice régionale de l’IAF pour l’Amérique du Sud et la Caraïbe

Traduit de l’Espagnol par Diana Bernadotte

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10 août 2008

Musique et sexe dans Nochebuena negra de Juan Pablo Sojo

“Nochebuena negra”, de Juan Pablo Sojo

Par Maimouna Sankhé Adebowale

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

En tant que grand investigateur des cultures afrovénézuéliennes, il a mérité le surnom de  “père de l’afrovénézualité”. Il est l’une des figures les plus représentatives du négrisme dans la littérature hispano-américaine et il a su explorer des thèmes aussi remarquables et originaux que les croyances et les coutumes de ses compatriotes noirs de Barlovento.

Cet éminent chercheur vénézuélien est Juan Pablo Sojo. Né à  Curiepe (état de Miranda) le  23 décembre 1908, il est mort le 8 octobre 1948. Il est l’auteur de romans et de contes comme  Nochebuena negra (1943, 1968, 1972, 1976, 1997), Sambarambulé y Hereque, entre autres. Cependant, une grande partie de son oeuvre est restée inédite et disparue. Il était autodidacte, apothicaire, romancier, conteur, poète,  chercheur, journaliste, musicien et folkloriste.

Dans sa nouvelle Nochebuena negra la musique revêt un caractère aphrodisiaque qui réveille l’appétit sexuel des hommes et des femmes. De plus, les instruments de musique sont humanisés et comparés dans le cas suivant à un couple d’êtres humains en plein acte sexuel :

“Le furruco( sorte de tambour) gémissant, en plein orgasme  de nouveau prenait du volume à l’appel de sa partenaire, la tambora gloussante et insatiable; il résonnait en violentant les secousses des femmes, et en réveillant en les hommes le désir  qui pendait à leurs lèvres comme celui qui pendait aux seins et aux sexes des femmes ”.1

Il est extrêmement difficile d’analyser Nochebuena negra en passant par delà l’érotisme qui en fin de compte, devient le terrain où débouche n’importe quelle action. Dans toutes les cérémonies qu’organisent les personnages du roman,  on entrevoit un aspect érotique. Tous les recoins sont convertibles en scènes sexe: sous les arbres, derrière la cuisine, dans les espaces fermés et dans ceux ouverts, mais toujours avec la complicité provocatrice des rythmes musicaux.

Après la mort du noir Vivian Blanco, Carmen Ramona et l’indienne Luisa Sinza lui organisent une veillé funèbre. À ce rite est présente Teodora qui, avec ses danses sensuelles réussit à séduire le majordome Luis Pantoja et par conséquent, ils se donnent rendez-vous dans la cuisine:

“...sans faire de bruit, il alla attendre Teodora à l’endroit convenu: derrière la cuisine. Elle arrive peu après, et là, en l’appuyant sur le tucutuco, souleva sa jupe hâtivement et la posséda  totalement au son de la tambora et du furruco en chaleur”.2

Dans Nochebuena negra, les personnages ont une relation profonde avec la musique, en plus présente autant physiquement que spirituellement dans tous ses actes. Le noir  Morocoto, avant de violer Coínta, entendait d’abord les voix du Mina qui lui chuchotant de posséder la fille. C’est comme si la musique ne réveillait pas seulement l’appétit sexuel, mais qu’en plus, elle exhortait le noir à commettre son acte sexuel. Mais le sexe, quand il n’et pas consenti est un péché qui se paie cher. La fille violée raconte ce qui s’est passé à sa tante Iginia qui jure vengeance: “¡Negro singón!... ¡No vaj a podé comé por tu mano!... ¡Dios s’tá arriba! (Nègre obsédé sexuel!…tu ne mangeras plus avec tes mains…Dieu est au ciel)”.3

La fête de  San Juan semble être la nuit de la culmination des désirs sexuels de tous. La grande voix de l’ancêtre réussit à faire que les noirs, les blancs, les mulâtres et les indiens dansent avec excitation au rythme du tambour. Une fois de plus, la musique réunit les races et en même temps, sert de stimulant de leurs désirs sexuels.

Le sexe, la musique et la nature sont si étroitement liés dans Nochebuena negra qu’on dirait qu’il existe une complicité entre eux: la musique réchauffe le corps des auditeurs et ravive leur appétit, la nature abrite en secret la rencontre sexuelle qui se tient souvent à l’air libre. Lino Bembetoyo et Altagracia se donnent rendez-vous dans le champ de maïs, le ma majordome Luis Pantoja et la noire Teodora le font derrière la cuisine, tandis que le noir Coromoto viole Coínta au fleuve.

Juan Pablo Sojo était musicien et en tant que tel, il était normal que la musique occupe un place primordiale dans son oeuvre, une place qu’il serait intéressant d’examiner de manière exhaustive dans nos futures études.

Il est également l’auteur des livres suivants: Tierras del Estado Miranda; sobre la ruta de los cacahuales (1938) y Temas y apuntes afrovenezolanos (1943, 1986). Il est co-auteur de  Folklore y cultura. Ensayos (1950), El Estado Miranda. Su tierra y sus hombres (1959), Antología de cuentistas y pintores venezolanos (1976), Estudios del folklore venezolano (1986) y La fiesta de la tradición: 1948. Cantos y danzas de Venezuela (1998).

Notes

  1. Sojo, Juan Pablo: Nochebuena negra, Monte Ávila Editores, Caracas, 1972. p. 124.

  2. Ídem. p. 128.

  3. Nochebuena negra, op. cit. p. 256.

http://www.letralia.com/189/articulo04.htm

28 juillet 2008

Extrait de L'Amérique Latine Afro entre 1800 et 2000 (I)

Par George Reid Andrews

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

George Reid Andrews: Afro-Latinoamérica, 1800-2000 (Iberoamericana Editorial Vervuert, 2007)

George Reid Andrews: Afro-Latinoamérica, 1800-2000 (Iberoamericana Editorial Vervuert, 2007)

Dans ce livre, la première histoire de la diaspora africaine en Amérique Latine de 1800 au 21ème siècle,  George Reid Andrews synthétise l’histoire des afrodescendants dans l’ensemble des pays latino-américains, du Mexique aux Caraïbes jusqu’en Argentine. Il examine la manière dont les peuples africains qui arrivèrent dans la région et leurs descendants réalisèrent la transition de l’esclavage à la liberté et de quelle manière ils contribuèrent à la formation des nouvelles nations et sociétés de la région. Recherchant la liberté, l’égalité et la citoyenneté, les afro latino-américains se mobilisèrent dans les unités militaires, les partis politiques, les organisations civiques, les syndicats, les cultes religieux et d’autres mouvements sociaux, politiques et culturels. Ces mouvements  impulsèrent un processus de réforme social et de démocratisation politique qui a défini le développement historique de l’Amérique Latine au cours des 200 dernières années. Il s’agit là d’un livre indispensable pour toute personne intéressée par l’histoire et le futur de l’Amérique Latine, par l’esclavage et par la diaspora africaine.

«UNE MEILLEURE TRANSFUSION SANGUINE»: LE BLANCHISSEMENT, 1880-1930

Entre 1800 ET 1900 Les afro latino-américains transformèrent les  termes de leur participation dans la vie nationale et en le faisant, ils aidèrent à construire les nations et les sociétés du 19ème siècle. Leurs luttes pour la citoyenneté et pour le progrès économique et social se poursuivirent et se projetèrent au 20ème siècle, mais dans des conditions structurelles nouvelles et différentes.

La première de ces conditions était économique : le «boom des exportations» au cours du changement de siècle. À mesure que l’Europe Occidentale et les États-Unis entraient dans la Seconde Révolution Industrielle et que leurs populations vivaient un processus d’urbanisation croissante, leurs demandes en matière première et en produits alimentaires latino-américains augmentèrent également. Viande et céréales d’Argentine et d’Uruguay; sucre des Caraïbes; café du Brésil, de Colombie et d’Amérique Centrale; caoutchouc du Brésil; pétrole du Mexique et du Venezuela... Ces autres produits et d’autres étaient consommés dans les pays industrialisés en plus grande quantité que jamais auparavant. Entre 1870 et 1912, la valeur annuelle des exportations latino-américaines quintupla presque, passant de 344 millions de dollars à 1,6 milliards de dollars. En 1912, six pays latino-américains —Argentine, Chili, Costa Rica, Cuba, Porto Rico et Uruguay— exportaient plus de biens par habitants que les États-Unis.

Un second changement important fut politique et s’opéra suite au boom de l’exportation. Renforcés par les revenus tirés des taxes perçues du commerce d’exportation, les gouvernements nationaux furent dès lors capables de mettre fin aux guerres civiles et d’imposer l’autorité centrale sur leurs sociétés. Bien que ces gouvernements exercèrent le pouvoir par le biais d’élections frauduleuses et contrôlées (comme en Argentine et en Colombie), de dictatures (Venezuela), ou grâce à une combinaison des deux (au Mexique), gouvernèrent aux noms de quelques élites nationales enrichies et renforcées dans leur pouvoir par le commerce d’exportation. Même au Brésil où le régime monarchique avait amené l’ordre et la stabilité depuis  1840, les planteurs de café étaient mécontents de l’abolition. Recherchant une plus grande présence sur la scène politique nationale, ils s’allièrent en 1889 avec différents officiers militaires pour renverser la monarchie et la remplacer par un Nouveau régime républicain, dominé par les intérêts des propriétaires terriens.

S’appuyant financièrement sur la richesse générée par l’exportation, ces régimes oligarchiques n’avaient plus besoin de faire des concessions aux anciens esclaves et aux Noirs libres qui demandaient la liberté, la terre et les droits citoyens. Ils ne résilièrent pas les lois anti-castes et d’émancipation de la période indépendantiste, et certains continuèrent même à invoquer l’égalité raciale comme l’une des vertus cardinales de la vie républicaine. Mais, à mesure que le pouvoir se déplaça des mouvements «populaires» de la moitié du siècle aux élites exportatrices, les engagements officiels sur l’égalitarisme racial perdirent également leur force, sapés dans leurs bases par le troisième changement important de l’époque du boom de l’exportation: l’arrivée d’un nouveau corpus de pensée raciale légitimé par le prestige et le pouvoir de la science européenne et nord-américaine.

Ce furent les années du racisme scientifique et du darwinisme social en Europe et en Amérique du Nord, de la ségrégation (Jim Crow) dans le sud des États-Unis et les débuts de l’Apartheid en Afrique du Sud. À une époque où le commerce florissant de l’exportation resserrait les liens de l’Amérique Latine avec l’Europe et les États-Unis, ces courants internationaux de pensée et de pratique raciste ne pouvaient pas passer inaperçus en Amérique Latine. Le racisme scientifique fut rapidement adopté par les élites de la fin du 19ème et des débuts du 20ème siècle, plongées dans l’affrontement du défi de la manière de transformer leurs nations «en retard» et sous-développées en républiques modernes et «civilisées». Cette transformation, conclurent-ils, ne devrait plus être simplement politique ou économique, elle devait également être raciale. Pour être civilisée, l’Amérique Latine devait redevenir blanche.

LA GUERRE CONTRE LA NEGRITUDE

Dans tous les pays de la région, les intellectuels, les politiciens et les élites des États luttèrent contre le problème de l’héritage racial latino-américain.

En tant que croyants convaincus du déterminisme racial, ils ne doutaient pas du fait que la trajectoire historique des individus, des nations et des peuples était déterminée de manière irrémissible par leurs origines raciales. Les trouvailles de la science européenne ne pouvaient pas être réfutées, à plus forte raison lorsque ces trouvailles se confondaient avec les croyances inamovibles des élites latino-américaines. Après 300 ans d’esclavage colonial et de Régime de Castes, ils croyaient fermement à l’infériorité innée de leurs compatriotes Noirs, indigènes, métisses et mulâtres. De quelle manière pouvaient-ils vaincre cet héritage, et comment créer les conditions sociales et culturelles nécessaires pour entrer dans le concert des nations «civilisées» avec un avenir de progrès?

La réponse latino-américaine à ce dilemme fut un effort intense, visionnaire et finalement chimérique pour s’auto transformer, en partant de sociétés racialement mixtes et à prédominance non blanches pour devenir des «républiques blanches», peuplées d’européens et de leurs descendants. «Le Venezuela n’a pas de salut à moins qu’il ne se résolve à atteindre la condition de pays blanc. Telle est la clé du futur», proclamait l’intellectuel vénézuélien Rufino Blanco Fombona en 1912. «Nous sommes à deux pas de la jungle à cause de nos Noirs et de nos indiens... une grande partie de notre pays est mulâtre, métisse, et zambo, avec tous les défauts que [le philosophe britannique Herbert] Spencer a reconnu à l’hybridation; nous devons transférer du sang régénérateur [blanc] dans ses veines».

Les élites cubaines pensaient en des termes presque identiques. «On peut constater le danger qu’il y a pour la race Blanche si le courant migratoire  [européen] s’arrête», prévenait le  Diario de la Marina en 1900, «et la nécessité de l’impulser à un niveau beaucoup plus important que jusqu’à présent afin d’écarter définitivement le dit danger». Le jeune intellectuel Fernando Ortiz, qui se distingua plus tard par ses recherches en histoire et en culture afrocubaine commença sa carrière par des appels passionnés à l’immigration Blanche. «La race est peut-être l’aspect le plus fondamental que nous devons considérer concernant l’immigrant», affirmait-il en 1906. Et étant donné que  «la race noire» s’était avérée «plus délinquante que la blanche située dans une position sociale identique... l’immigration blanche est celle qu’il faut favoriser». Cette immigration injectera  «dans le sang de notre peuple les globules rouges que nous vole l’anémie tropicale et [sèmera] en nous les  germes d’énergie, de progrès, de vie qui  en fin, que semblent être aujourd’hui le patrimoine des peuples plus froids».

Les législateurs de l’État de  São Paulo perçurent également cette question en termes de sang. Dans son exhortation à ses collègues pour l’utilisation des fonds afin de subventionner l’immigration européenne, le législateur (et planteur de café) Bento de Paula e Souza affirmait qu’ «il faut inoculer un nouveau sang dans nos veines, car le notre est déjà dilué», ce à quoi ses auditeurs répondirent positivement : «une meilleure transfusion sanguine». Même quelques intellectuels afrobrésiliens tels que  Raimundo Nina Rodrigues et Francisco José de Oliveira Vianna firent la promotion de la nouvelle orthodoxie. Tout en reconnaissant que «nous connaissons des hommes Noirs ou de couleur au mérite indubitable et créanciers estimables et respectable», Rodrigues concluait que «ce fait ne doit entraver la reconnaissance de cette vérité: que jusqu’à présent, les Noirs n’ont pas pu se constituer en peuples civilisés ». C’était la raison pour laquelle le pays devait être reconstruit par le biais de l’immigration européenne, un processus qu’Oliveira Vianna documenta dans un rapport connu et influent à l’époque, sur «L’Évolution Raciale», et qui fut publié comme partie du recensement national de 1920.

Cependant, l’immigration n’était que le premier pas pour blanchir et européiser les sociétés latino-américaines. Elles ne devaient pas seulement être blanchies racialement et démographiquement, elles devaient également l’être culturellement et esthétiquement. Une forme prise par le blanchissement fut la transformation physique des plus grandes villes de la région, dont les centres urbains furent détruits et reconstruits dans le style européen moderne. Les ruelles coloniales étroites furent démolies pour construire d’énormes boulevards. Des infrastructures modernes furent installées, telles que des égouts et les canalisations d’eau courante, des réseaux électriques et des lignes de tramway et de métro. Les édifices coloniaux d’un et de deux étages furent démolis et remplacés par des édifices à plusieurs niveaux avec des locaux commerciaux et plusieurs appartements avec des locaux commerciaux dans le style de Paris et de Londres.

George Reid Andrews: Afro-Latinoamérica, 1800-2000 (Iberoamericana Editorial Vervuert, 2007)

    NOM 

George Reid Andrews

George Reid Andrews

CURRICULUM 

Professeur d'Histoire Latinoaméricaine et directeur du Département d’Histoire de l’Université de Pittsburgh (EE UU). Parmi ses publications antérieures se distinguent Los afroargentinos de Buenos Aires, 1800-1900 et Negros e blancos en São Paulo, Brasil, 1888-1988 

http://www.ojosdepapel.com/Index.aspx?article=2748

03 janvier 2008

Littérature afro-brésilienne : Cadernos Negro, 3 décennies de résistance

Revista RAIZ.

Lancement à São Paulo de l’anthologie littéraire.

Par Elizandra Souza

Traduction de Guy Everard Mbarga


C’est dans une atmosphère d’intense mobilisation politique qu’en 1978 survient la première édition de Antologia Cadernos Negros (Anthologie Cahiers Noirs). La publication est née du besoin de rendre  les noirs visibles, de le rendre acteur de sa propre histoire. Le projet initial était celui des écrivains Cuti et Hugo Ferreira.

Depuis 1983, la publication annuelle des Cadernos Negros est mise en œuvre par le groupe Quilombhoje avec la collaboration de divers écrivains et poètes. Cette importante anthologie de la production littéraire afro-brésilienne est actuellement entretenue par le couple d’écrivains Marcio Barbosa et Esmeralda Ribeiro.

Pour l’écrivain Cuti, ces 30 années représentent beaucoup d’efforts et de don de soi, de transpiration et de beaucoup, beaucoup d’écrits.   “Nous les noirs nous devons avoir de la perspective, faire des choses qui durent, qui dépassent les générations et qui puissent réellement servir d’école pour les nombreuses personnes qui ont la volonté de faire de la littérature et c’est ainsi que nous encourageons les grands écrivains du futur et ceux qui sont déjà connus.”

Les auteurs qui participent à cette édition sont: Ademiro Alves (Sacolinha), Luiz Carlos de Oliveira, Allan da Rosa, Márcio Barbosa, Conceição Evaristo, Mel Adún, Cristiane Sobral, Michel da Silva, Cuti, Miriam Alves, Décio Vieira, Oubí Inaê Kibuko, Edson Robson, Raquel de Almeida, Elizandra, Rosário Ngunza, Esmeralda Ribeiro, Ruimar Batista da Costa, Helton Fesan, Sergio Silva, Henrique Cunha, Sidney de Paula, Lande Onawale et Zula Gibi.

http://revistaraiz.uol.com.br/portal/index.php?option=com_content&task=view&id=860&Itemid=184


www.quilombhoje.com.br 

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13 octobre 2007

Livre : la sagesse transmise au Brésil par l’Afrique à travers des contes

La sagesse africaine racontée en six histoires qui évoquent la création du monde er des dieux africains

Couverture du Livre

Il y a très longtemps, le Brésil a accueilli de nombreux hommes et femmes qui furent capturés à divers endroits de l'Afrique et mis en esclavage. L'histoires de leurs peuples, les secrets de leur religion , leurs façons de faire les choses étaient racontées par les ainés aux plus jeunes, ils parlèrent de leurs dieux, de leurs mystères, de leur sagesse. Et les vieilles légendes continuèrent à être racontées.

Les six histoires de ce livre témoignent de la sagesse transmise au Brésil par l'Afrique. Elles parlent de la création du monde et de certains dieux africains.

Seis pequenos contos africanos sobre a criação do mundo e do homem (Six petits contes africains sur la création du monde et de l'homme)*.
Auteur:Raul Lody
Editeur: Pallas
* (Le livre est disponible seulement en portugais)

Traduit du Portugais Par guy Everard Mbarga

http://www.mundonegro.com.br/noticias2/?editorialID=3&noticiaID=906

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