Zuleica Romay, Prix Casa de las Américas défend les politiques contre le racisme
La cubaine Zuleica Romay, Prix Casa de las Américas 2012 dans la catégorie extraordinaire d’Études sur la présence noire en Amérique et dans les Caraïbes contemporains, a plaidé pour la nécessité de politiques culturelles visant à lutter contre les stéréotypes et les conduites racistes de nos jours.
Après avoir reçu le Prix, l'auteure de Elogio de la altea o las paradojas de la racialidad ( que l'on pourrait traduire par Éloge du bounty où les paradoxes de la racialité .) a affirmé à Prensa Latina que la réalisation de cette œuvre lui a permis de constater la reproduction de préjugés raciaux à travers des processus sociaux et culturels qui se déploient souvent de manière occulte.
"J'ai essayé de comprendre pourquoi, malgré le processus de transformation sociale de la Révolution cubaine, des stéréotypes infériorisant survivent –dit-elle –car je pense que la systématisation de nos expériences à travers les sciences sociales bénéficiera à tous les latino-américains et à tous les caribéens'', explique la chercheuse.
Romay - présidente de l’Institut Cubain du Livre - a indiqué qu'il ne s'agit pas d'une autobiographie, même si l'oeuvre raconte des anecdotes personnelles afin de soutenir sa thèse: ''Je pense que sur ces questions, sur lesquelles la société cherche des réponses à ses problématiques les plus complexes, on ne peut se passer de l'échange ", dit-elle.
Elle a assuré que pour écrire le texte, elle a dû se nourrir du plus grand nombre possible de systématisations: Histoire de Cuba et les classiques de la pensée sociale de l'île, en particulier l'anthropologue Fernando Ortiz, mais aussi les réflexions venues d'autres zones hémisphériques (Brésil, Colombie, Pérou , Mexique ...) et des rapports d'organisations internationales.
La spécialiste - qui a qualifié le Prix Casa de las Américas de plus important de sa courte carrière littéraire - a indiqué à la presse son envie de percer les dénominateurs communs qui conditionnent les manifestations de préjugés et de discrimination raciale en Amérique Latine et dans les Caraïbes.
Avec ce livre, qu'elle a passé quatre ans à écrire, dont presque une année à partager avec des Cubains incroyables de tous les âges et niveaux sociaux - dit-elle - elle aspire à apporter une petite contribution dans la lutte menée depuis le triomphe révolutionnaire à Cuba en 1959 pour la pleine égalité et la justice sociale.
Elle a par ailleurs révélé l'énigme du titre de son ouvrage: altea était une sorte de bonbons(fruit confit) recouvert de chocolat avec de la crème blanche à l'intérieur, très populaire à Cuba dans les années 80 du siècle dernier.
''Mes collègues boursiers (institut pré-universitaire) me surnommait altea parce qu'ils disaient que j'étais noire à l'extérieur et blanche à l'intérieur, quelque chose qui me faisait rire au départ, mais pas tant que ça par la suite ", rappelle-t-elle.
''À l'âge adulte, et avec les études, j'ai compris que ce surnom reflète l'existence et la reproduction d'un préjugé dans la société'', a conclu Romay.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
http://www.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&task=view&id=472121&Itemid=1
Livre :'Hijas de Muntú', profils de femmes noires célèbres en Amérique Latine
L'apparition de la cubaine Omara Portuondo, le sens profond de la poésie de la colombienne Mary Grueso, la vie de Celia Cruz ou le rôle de Goyo, du groupe Choc Quib Town, sont quelques unes des histoires de femmes afrodescendantes que le livre Hijas del Muntú (Les filles du Muntu) qui regroupe les profils de femmes noires lationoaméricaines a pris le pari de raconter. Ses auteures María Mercedes Jaramillo et Lucía Ortíz, Docteures en Littérature l'évoque ici :
Y a t'il un facteur commun entre ses 'Filles du Muntú'?
Le genre, la race et la classe ont marqué l'expérience vitale des femmes afrodescendantes, des conditions qui sont des barrières qui les ont empêché de se développer de manière équitable dans la société latinoaméricaine. Celles qui apparaissent dans ce volume ont lutté pour améliorer leurs propres conditions de vie, celles de leurs familles et de leurs communautés.
Elles sont l'exemple des luttes menées par de nombreuses femmes dans différents domaines du travail humain. Par leur travail économique, social, culturel, politique ou artistique, elles ont payé le prix fort. Certaines sont mortes dans la lutte, d'autres se sont retrouvées seules ou abandonnées par leur effort persistant pour acquérir un espace symétrique dans les médias racistes et classistes qui les entourent. Il y a un regard critique sur la société dans laquelle elles se trouvent...C'est avant tout, une reconnaissance du travail de la femme qui a contribué au développement économique, social, politique et culturel du continent. La société en général et les élites en particulier profitent de leur travail, du temps qu'elles consacrent par leur travail pour autrui.
À qui s'adresse ce livre ?
Il s'adresse à un large public, bien au-delà des chercheurs spécialisés dans les études latinomaméricaines. La majorité des essais sont accessibles aux étudiants qui comment leur éducation supérieure et aux éducateurs. Nous espérons que le livre facilitera l'entrée dans une thématique qui doit être incluse dans les programmmes des institutions éducatives.
Existe-t-il une féminité noire ?
Nous pensons que la féminité n'a pas de race, nous les femmes nous partageons des valeurs, des désirs, des vertus et des défauts. Les biographies en sont une preuve.
Quelles particularités ont les afrodescendantes de ce pays ?
Comme les autres afrodescendantes, elles affrontent des problèmes similaires dès leur arrivée sur le continent américain, à cause de l'horrible héritage de l'esclavage qui a renforcé le racisme dans nos sociétés et a insensibilisé les esclavagistes et leurs descendants face à la souffrance des africains et a nié l'hisoire et leur participation en tant que citoyens à notre société. Goyo, la vocaliste de Choc Quib Town, est à la fois protagoniste et promotrice du rap dans le Chocó.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
http://www.eltiempo.com/cultura/libros/ARTICULO-WEB-NEW_NOTA_INTERIOR-10976027.html
'Hijas del Muntú' / 643 pages $ 39.000
catégorie: Géographie et histoire
année d'édition : 2011
Langue: Espagnol
ISBN: 978-958-30-3794-8
Présentation d'un dictionnaire Garifuna-Espagnol de 10 000 mots
TEGUCIGALPA.-
Le dictionnaire "Lila Garífuna" avec pour auteur l'hondurien Salvador Suazo a été présenté au Centre Culturel Espagnol à Tegucigalpa.
Le volume contient près de 10 000 mots ordonés en forme systématique.
La présentation par l'auteur de l'exemplaire écrit dans la modalité Garifuna- Espagnol et Espagnol-Garifuna a eu lieu le 18 octobre dernier.Étaient également présents le Ministre du Secrétariat des Peuples Indigènes et AfroHonduriens, SEDINAFROH, Luis Green; du Directeur du CCET , Álvaro Ortega et du directeur du Centre Culturel Garinagu, Crisanto Meléndez.
Le volume de 772 pages est le produit de l'effort et du travail réalisé par Suazo depuis plus de trois décennies avec le soutien de garifunas qui parlent la langue authentique.Salvador Suazo, qui a fait des études en éducation et en administration d'entreprises est originaire de Cusuna, lriona, Colón et membre honoraire de l'Académie de Géographie et d'Histoire du Honduras.
Dans son discours , le professionnel a indiqué que "cet héritage constitue le véhicule pour la conservation de la culture et l'instrument de soutien, tant pour les éducateurs, que pour les écoliers et la population garífuna´´.
Le texte contient près de 10 000 mots ordonnés de manière systématique et dans l'alphabet de cette langue.
Le dictionnaire, une initiative de l'écrivain qui est dans le monde littéraire depuis 1991 aidera à renforcer le Programme d'Éducation Interculturel Bilingue ( Programa de Educación Intercultural Bilingüe EIB) mis en place par le Secrétariat de l'Éducation Publique, SEP, dans les centres éducatifs des communautés noires du pays.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Des voix de la négritude en littérature
Freddy Avilés
L'esclavage et ses séquelles que sont la marginalisation, la discrimination et la pauvreté de l'homme noir ont été dépeints de différentes manières dans la littérature.
Les lettres ont été une expression de rejet du système. Aux États-Unis, l’ouvrage La Case de l'oncle Tom, publié en 1852 par une femme blanche du nom de Harriet Beecher Stowe, alors que l’esclavage dans ce pays connaissait sa pleine apogée a servi à dénoncer l'exploitation sauvage à laquelle était soumis le noir dans les plantations de coton du sud profond.
Elle a réussi ainsi à soulever des vagues de protestation dans les secteurs progressistes de son pays. Le président américain Abraham Lincoln lui-même faisait référence à l'auteure comme celle qui avait allumé la mèche de la guerre civile qui allait ravager le pays tout entier.
Mais si l’œuvre de Beecher Stowe a réussi à ébranler la société de l'époque, ce furent les noirs eux-mêmes et leurs écrivains qui continuèrent à dénoncer les stigmates de la ségrégation raciale, en signalant que l'abolition de l'esclavage n'avait pas éradiqué ses conséquences en plein 20ème siècle.
Des auteurs comme James Baldwin racontent le Harlem noir de New York, où ses personnages affrontent par la rébellion la culture blanche et la société nord-américaine, en récurant leurs fausses valeurs. On le voit dans Un autre pays (1962) et Juste au-dessus de ma tête (1979).
Le Prix Nobel de Littérature 1993, Toni Morrison, une combattante pour les droits civiques dans son roman L'œil le plus bleu, emprunte le chemin de l'aliénation du noir et sone désir de ressembler au blanc, en prenant comme modèle une fille noire qui rêve d'avoir les yeux des poupées blanches. Dans Un don, roman historique qui se situe au 17ème siècle raconte l'horreur de l'esclavage.
La revendication de la réalité des noirs dans le contexte social est traitée par le poète afro Amir Baroka, qui dote ses poèmes d’un contenu politique militant. Il dénonce son propre pays pour sa politique hégémonie.
Un autre auteur comme Alex Hayley avec Racines (1977) raconte l'histoire de Kunta Kinté et de son déracinement brutal de l'Afrique et son embarquement dans un navire négrier aux États-Unis. Même la littérature noire a eu son représentant afro incarné à Chester Himes. Ses romans policiers pleins de brutalité raciste font pénétrer l’enfer des bidonvilles du Harlem New-Yorkais au rythme du jazz.
En Amérique latine, au milieu du 20ème siècle nait le courant littéraire du negrismo, qui est centré sur la présence des noirs et le contexte de leur développement social, culturel, racial et politique, même s’il ne comprend pas exclusivement des écrivains africains, puisque des métis et des blancs y contribuent également par leurs œuvres de qualité. À Cuba, par exemple, se distinguent les auteurs comme Alejo Carpentier avec son livre Ecueyamba-o dans lequel il offre une revitalisation de l’afrocubanisme. Il approfondira sa posture négriste avec le roman El reino de este mundo, un récit puissant sur l'indépendance d'Haïti.
Son compatriote Nicolas Guillen utilise sa poésie comme un instrument de revendication noire. Chacun de ses vers est une forme de résistance face aux valeurs culturelles européennes. Guillen dans son œuvre poétique le lexique des Noirs et la récupération des rites africains. Tel est le cas de Motivos de son, Songoro cosongo ou Balada de los dos abuelos.
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Si la présence des noirs est latente dans la poésie et dans le roman, une voie a été ouverte également dans l’essai sociologique. Miguel Barnet a légué une œuvre sans égal, Biografía de un cimarrón, un livre témoignage qui recueille les souvenirs de l'un des derniers survivants des Marrons de Cuba. On retrouve également le negrismo au Venezuela dans le livre de Rómulo Gallegos Pobre negro, un roman riche en expressions du peuple Afro de la Caraïbe et qui décrit la dévastation du pays après ce qu’on a appelé la Guerre Fédérale et de l'abolition de l'esclavage.
En Équateur, la littérature afro a été en quelque sorte héritière du mouvement du réalisme social des années 30. Adalberto Ortiz, avec son roman Juyungo montre une combinaison de réalisme et de mythe, entouré par la jungle luxuriante et le bruit du tambour, lutte des noirs pour leurs droits et le rejet de la domination du blanc.
Nelson Estupiñán Bass, avec son roman Cuando los guayacanes florecían, fait un récit rigoureux de la guerre civile à Esmeraldas, après la mort du général Eloy Alfaro. Il s'agit d'une dénonciation violente de l'exploitation des noirs, soumis par le concertaje*. Il démontre que le racisme et la discrimination font partie de la société équatorienne.
Dans la poésie, s'élève la voix de Julio Nicolta, Luz Argentina Chiriboga et celle d’Antonio Preciado. Une preuve que les Noirs dans le pays, en Amérique latine et dans le monde ont encore beaucoup à dire, à chanter et à dénoncer.
“¡Yambambó, yambambé!/ Repica el congo solongo,/ repica el negro bien negro;/ congo solongo del Songo/ baila yambó sobre un pie.
Mamatomba, serembe cuserembá./ El negro canta y se ajuma,/ el negro se ajuma y canta,/ el negro canta y se va./ Acuememe serembó, aé/ yambó, aé”.
NICOLÁS GUILLÉN,
POETA CUBANO
*m. Ec. Contrat selon lequel un indigène s’obligeait à réaliser des travaux agricoles à vie et de manière héréditaire, sans recevoir un salaire ou en en recevant un minimum.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
http://www.eluniverso.com/2011/07/24/1/1380/voz-negritud-resuena-paginas-literatura.html
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Quatre ouvrages présentent l 'Afrodescendance au Mexique et en Amérique Centrale
Quatre volumes sur l’afrodescendance au Mexique, en Amérique Centrale et dans les Caraibes viennent élargir la collection 'Africanía'.
VILLE DE MÉXICO- Découvrir les similitudes culturelles, politiques et sociales que l’on retrouve dans les différents peuples d’origine africaine au Mexique et en Amérique Centrale : tel est l'un des objectifs de la série 'Africanía', dont les quatre derniers volumes ont été présenté ce lundi à la Maison de France de México.
Dans la collection, on retrouve 'Política e identidad. Afrodescendientes en México y en América Central' (Politique et identité. Afrodescendants au Mexique et en Amérique centrale ), 'Mestizaje y diferencia alrededor del Caribe' (Métissage et différence dans les Caraïbes) , 'De la libertad y la abolición: africanos y afrodescendientes en Iberoamérica' ( De la liberté et de l'abolition:. Africains et afrodescendants en Amérique Ibérique) et 'Debates históricos' contemporáneos: afrodescendietes de México y Centroamérica' (Débats historiques contemporains :afrodescendants du Mexique et d’Amérique Centrale" .
La première publication a été coordonnée par Odile Hoffmann, la deuxième par Elisabeth Cunin, la troisième par Juan Manuel de la Serna et la quatrième dernière par Maria Elisa Velázquez.
La présentation a eu lieu en présence des coordinateurs et d’Alicia Castellanos, qui a souligné l'importance des deux premiers volumes.
Elle a indiqué que ces livres "représentent une œuvre collective, qui offre un panorama personnel pour la connaissance des afrodescendants et en ce sens, c’est un travail ayant une nouvelle approche dans les interprétations théoriques et méthodologiques".
L'anthropologue de l'Université Autonome Métropolitaine (UAM) Iztapalapa a affirmé que pour les études ethniques, ces recueils contribuent à la réflexion sur l'importance d'étudier les processus de métissage, tout en renforçant la notion de recherche.
Pour Elisabeth Cunin, chercheuse à l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD, France), l’œuvre qu’elle a coordonné a pour intention de montrer le métissage comme faisant partie de l'idéologie nationale. Elle clarifie également la complexité de ce phénomène.
"Dans le même métissage, il y avait des populations afrodescendantes, mais d’autres également comme les Chinois, les Turcs, entre autres, et c’est donc un repenser le métissage à partir de l'intrusion des afrodescendans", explique-t-elle.
Du point de vue de la docteure en géographie (Bordeaux, 1983), Odile Hoffmann, le volume qu’elle a sa charge a la particularité de traiter l’afrodescendance en partant de la perspective politique et identitaire.
Dans ce sens, elle précise que ce travail "aborde la politique en partant du multiculturalisme à une politique du métissage, et même à la négation des populations noirs ; ce qui signifie qu’il y a divers façons politique de revendiquer ou de nier le fait africain".
La chercheuse a également indiqué que les quatre volumes sont nés de l'idée d'une congrès 'Diáspora, nación y diferencia' (Diaspora, nation et différence), qui s’est tenu à Veracruz en 2008.
La série 'Africanía' a été créée en 2005 à l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH), compte tenu de la nécessité de faire connaitre les recherches historiques et anthropologiques en la matière.
Ainsi, les quatre recueils sont les premiers à aborder la question des afrodescendants au Mexique, en Amérique Centrale et dans les Caraïbes à partir d’une étude comparative.
Concernant les deux autres ouvrages, Maria Elisa Velázquez indique qu’on "n’en n’a pas parlé pour des problèmes logistiques. "
Toutefois, la chercheuse de l’l'INAH explique que dans le cas de 'De la libertad y la abolición: africanos y afrodescendientes en Iberoamérica' (De la liberté et l'abolition: africains et afrodescendants en Amérique latine) il comprend un partie historique dont l’axe central est la période coloniale.
D’où l'objectif est "de proposer de nouveaux paradigmes, de nouvelles discussions théoriques et réfléchir sur le processus de la liberté et de l'abolition de l'esclavage", signale-t-elle.
Elle souligne que 'Debates históricos contemporáneos: africanos y afrodescendientes de México y Centroamérica' (Débats historiques contemporains : africains et afrodescendants du Mexique et en Amérique centrale) sera prêt dans deux mois, et viendra agrandir la série 'Africanía' qui est composée de sept livres.
Signalons enfin que pour cette présentation ont pris part l'INAH, l'IRD, le Centre d'Études Mexicains et d'Amérique centrale (Cemca), l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM) et les projets Afrodessc et EURESCL AFRODESC.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Recueil de contes historiques afropanaméens
Odalis Orozco | DIAaDIA
Savez-vous comment les afrodesendants sont arrivés sur le sol de l'Isthme de Panama ? Vous en saurez davantage sur leur traversée et sur leur arrivée à différentes périodes de l’évolution de l'Histoire du pays, sur leur esclavage, leurs danses, leurs cuisines, dans un recueil de contes et histoires du professeur et écrivain Virgilio Araúz.
Arauz a recueilli dans ses livres les expériences de vie des noirs depuis leur départ du sol africain, jusqu'à l'arrivée sur le continent américain. Le professeur qui a effectué des recherches dans des documents sauvegardés de différentes époques, ceux de prêtres de l'époque qui ont laissé des écrits sur les expériences de vie, dans les recherches d'autres historiens et des histoires transmises de génération en génération, sous forme de contes, raconte cette histoire des afrodescendants qui ont laissé des traces profondes et d'envergure dans ce qui aujourd'hui forme l'identité panaméenne.
Les cinq contes qui y sont présentés :
1. "Arroz con Coco", un dialogue dans un couple où survient le thème des conditions de l'esclavage à l'époque coloniale et après le dix-neuvième siècle.
2. "El Buay" : un dialogue entre un afrodescendant et des personnalités de la colonie espagnole et de culture anglaise.
3. "La Gran Redada", raconte le moment où les Européens arrievent en Afrique pour sortir de leurs terres des noirs qui perdent leur liberté. Ce livre relate également la vie de ces personnes dans les navires négriers.
4. "El Palenque", raconte comment les Noirs réduits en esclavage s'enfuient des ports, des haciendas) (fermes) ou des mines. C'est ainsi qu'apparaissent les Marrons, tels qu'on nommait les noirs qui s'échappaient et vivaient dans les forêts ou sur les côtes. Ce conte relate comment ils se sont organisés en communautés.
5. "Libertad" raconte le processus menant à l'abolition. Justice est rendue aux esclaves qui se sont battus pour être libres, comme Bayano et Felipillo.
Le Professeur Virgile Arauz a indiqué que les Noirs ont laissé de grandes manifestations culturelles et folkloriques comme les danses Congo, le rythme du tambour, leurs chants, leurs contes et récits et des hommes et femmes qui ont bâti ce pays.
Les récits historiques sont publiés par le Centre de Recherche Éducatives et Nationales
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
De la discrimination raciale à Porto Rico
Il s'agit là de l'éternel débat consistant à définir qui nous sommes et à nous demander si la discrimination raciale existe à Porto Rico. Tel est l'axe central du document The Afro-Latin@ Reader présenté récemment au campus universitaire de Mayagüez (RUM) à l'Université de Puerto Rico (UPR). La proposition de ses auteurs, les Docteurs Miriam Jiménez et Juan Flores, est de démontrer que ce phénomène ne se limite pas qu’aux États-Unis.
La présentation de ce document, défini comme un recueil d'essais abordant jusqu’au domaine musical et qui trace la trajectoire des Afrolatinos, surtout aux États-Unis, représente une collection produite par les deux campus de l'UPR et de trois départements, selon les indications de la Dre Lissette Rolón, du Département des sciences humaines du RUM, modératrice de l'événement. Au cours de celui-ci, sont également intervenus en compagnie des rédacteurs, les Drs Juan Otero Garabís, du Département d'études hispaniques du campus de Río Piedras et Jocelyn A. Vargas Geliga, du département d'anglais du RUM.
"Grâce à sa vaste collection d'écrits et de quelques photographies, The Afro-Latin@ Reader illustre ou commente l'expérience de la migration des afrodescendants Latinos aux États-Unis", selon Otero Garabís. Il explique que le texte rassemble des essais qui documentent l'histoire des afrodescendants amenés par la colonisation espagnole et française dès ses débuts au 16ème siècle.
Suite au recensement de 2000 qui a vu moins de dix pour cent de la population de l'île s’identifier comme noire ou mulâtre, discuter de ce qui définit les Portoricains semble revêtir une plus grande importance encore.
"C’est non seulement un excellent ouvrage pour l'enseignement dans le curriculum des études Latino et latino-américaines, mais c’est aussi un document indispensable pour la compréhension de l'expérience afro dans la culture latine en général et des États-Unis en particulier, et évidemment, celle de Porto Rico" indique Otero Garabís .
Pour sa part, la Docteure Géliga a défini l'anthologie comme nécessaire et urgente, composée d’essais et de témoignages dont le fil conducteur se trouve dans le verset: Grandmother speak to me and tell me of African things , (Grand-mère me parle et me dit des choses sur l’Afrique) du poème African Things de Víctor Hernández Cruz. La professeure lie son expérience en tant que femme noire et Portoricaine à celles contenues dans la publication.
"C'est une dénonciation difficile du racisme, de la discrimination et de la marginalisation qu’ont subi les Afrolatinos sur plusieurs siècles et qui ont laissé une marque indélébile qui nous salit les mains et la conscience au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture du livre", décare Geliga .
"Nous sommes cependant mis au défi d'évaluer la contribution que cette tranche offre le domaine émergent des études afro-portoricaine," ajoute-t-elle.
Concernant ce qui a motivé la publication, la professeure Jimenez a expliqué que son désir d'enquêter sur la thématique est surgi suite à une interview réalisée par Isabelo Zenón Cruz alors qu’elle était étudiante en échange au Campus de l’UPR à Rio Piedras. A cette occasion, elle a remarqué que l'auteur de Narciso descubre su trasero: el negro en la cultura puertorriqueña, utilisait indistinctement les concepts de noir et de noir portoricain. Par la suite et en collaboration avec le Dr Juan Flores, ils réalisaient l'anthologie The Afro-latino @ Reader qui recueille les résultats d'années de recherche sur le sujet.
Pour les éditeurs, le texte est une invitation au débat pour savoir si le racisme existe sur l'île, dans l'espoir d’amener le changement nécessaire.
"À Porto Rico ce n’est pas si différent. Ici encore la même chose se produit. Aux États-Unis, les noirs Latinos sont mieux formés et ont un niveau scolaire beaucoup plus élevé que les Latinos en général, mais ils ont aussi le niveau de chômage le plus élevé. Les études révèlent que la couleur détermine toujours les possibilités d'emploi, d'éducation, de vie sociale ... " indique-t-il.
Par conséquent, Otero Garabís précise que "le livre ne dit pas tout, il ouvre des portes, il montre les voies à suivre, des pistes par lesquelles on peut poursuivre les études sur les minorités et les migrations vers les États-Unis, principalement celle des latinos."
traduit de l'Espagnol par guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
Présentation du livre “Mémoires Orales De La Culture Afrochilienne
Cristián Báez, dirigeant de l'Organisation Lumbanga et directeur l’Aliance Afrochilienne (Alianza Afrochilena) a présenté cet intéressant ouvrage réalisé grâce à un projet FONDART.
L'ouvrage relate les témoignages des personnes âgées de la communauté des afrodescendants de Arica, transcrits dans leurs propres mots, et concernant les expériences, les traditions et les coutumes dont ils se souviennent, ce qui constitue une importante contribution du point de vue humain de ce groupe de personnes représentent l'histoire vivante, et dont la sauvegarde à travers ce livre a une profonde signification, non seulement du point de vue émotionnel et familial, mais pour la connaissance des afrochiliens d'Arica
La première partie aborde les antécédents généraux et locaux des afrodescendants, leurs coutumes, leurs métiers, leurs traditions, leur religion, leur danse, leur musique et leur cuisine, et la deuxième partie, qui consiste en un récit oral de nombreuses personnes âgées, à savoir “Historias de vida de Abuelos y Abuelas” (Histoires de vie des grands-parents)
Baez a interviewé les personnes suivantes, dont les dates de naissances sont indiquées :Don Bernardo Quintana Ugarte (1924), Don Gregorio Bravo Dávila (1922), Doña Francisca Ríos Sánchez (1931), Doña Rosa Corvacho Améstica,
Doña Rosa Guiza Lanchipa (1922), Doña Inocencia Baluarte Meléndez (1917).
Don Pedro Cornejo Albarracín, Don Segundo Quintana Ugarte (1931), Doña Zarela Zavala Ríos (1929), Doña Lucía Huanca Estorayca (1936), Don Carmelo Baluarte Meléndez (1934), Don Marcos Carrasco Corvacho (1919), Don Augusto Barrios Carrasco (1931), Don Octavio Butrón Corvacho (1932), Doña Justina Cornejo Cornejo (1940), Doña Eulogia Baluarte Baluarte, Doña Guillermina Flores Corbacho, Doña Benda Venancia Quintana Ugarte (1929), Don Segundo Jorge Llerena Llerena (1937), Don Miguel Quintana Ugarte, Doña Marina Jiménez Chamorro (1938), Doña María Centella Huanca (1924), Doña Claudina Maldonado Sánchez (1916).
On a l’habitude des histoires relatant les événements politiques, les guerres, la vie et le travail des hommes d'État, mais la plupart du temps on oublie la petite histoire, celle que les gens ordinaires vivent au quotidien, leurs coutumes, leurs façons de se divertir, leurs croyances religieuses, leurs souvenirs d’enfance, enfin tout ce qui représente véritablement l'expérience humaine, le devenir d'un peuple, sa façon de voir la vie et d’y faire face. Ce travail de Cristian Baez est une contribution à cette partie de la connaissance qui fait cruellement défaut.
Traduit de l'Espagnol Par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Un livre retrace la présence africaine au Chili
Un ouvrage important, ayant pour titre Huellas de África en América: Perspectivas para Chile, démontre que la présence africaine dans notre pays n’est pas une invention, ni un caprice de groupes contemporains, mais qu’elle a un fondement historique irréfutable
L’existence au Chili de l’ethnie afrodescendante est une réalité observée dans divers ouvrages historiques. Les grands historiens Diego Barros Arana (1830-1907) et Francisco Antonio Encina (1874-1965) rendent compte de cette présence dans leurs monumentales histoires du Chili. Puis, au milieu du 20ème ème siècle, les premiers travaux monographiques abordant cette thématique sont publiés: El africano en el Reino de Chile de Gonzalo Vial (1957) et Introducción de la esclavitud negra en Chile de Rolando Mellafe (1959). Gonzalo Vial, en démontrant l’importance sociale des afrodescendants durant la préiode de la domination espagnole (16ème – 18ème siècles), conclut que “notre race, possède donc, un peu de noir” (Vial: 1957, 124).
L’oeuvre de Rolando Mellafe est encore plus importante. En se référant à l’arrivée des africains au Chili, il indique: “Presque tous les chroniqueurs qui évoquent le voyage d’Almagro parlent des noirs qu’il amenait, même si le chiffre exact est impossible à connaitre. Nous imaginons que leurs maitres ne les amenaient pas seulement pour se servir d’eux, mais aussi, comme habituellement, pour les vendre le mieux possible au cas où la terre s’avérait riche. De toute façon, ils ne pouvaient pas être beaucoup plus que 150, compte tenu de la du prix élevé qu’ils atteignirent au Pérou pendant la préparation de l’expédition” (Mellafe: 1959, 43-44). Le chiffre était aux alentours de 150 personnes d’origine africaine est énorme, lorsque que l’on considère que les troupes espagnoles s’élevaient à environ 500 soldats.
Cependant, de nombreuses décennies passèrent avant qu’un intérêt de la part de nouveaux chercheurs ressurgisse pour l’étude historique dela présence africaine dans nore pays. C’est ainsi qu’en 2007 allait se réaliser un congrès académique à la Faculté de Philosophie et des Humanités de l’Université dé du Chili avec pour thème Huellas de África en América: Perspectivas para Chile.(Les traces de la présence africaine en Amérique, Perspectives pour le Chili)
Les conférences de ce congrès ont mené à la publication homonyme de septembre 2009 dans laquelle, entre autres, on a essayé de répondre aux questions suivantes: Pouvons-nous parler d’une identité africaine dans des pays comme le Chili où les esclaves s’occupaient d’activités urbaines? Comment expliquer que la présence africaine au Chili ait été passée sous silence durant l’époque républicaine si, par exemple, selon le Recensement de 1777-78, la population noire s’élevait à 12 % en moyenne, et atteignait 40 % dans certains cantons? (Cfr. Cussen, Celia L [Editora], Huellas de África en América: Perspectivas para Chile, Editorial Universitaria, Santiago, septiembre de 2009, p. 10).
Valentina Verbal, historienne et Éditrice de Incide.cl, indique que “tout ceci est très importamt, car cela démontre que la présence africaine au Chili n’est pas une invention, ni un caprice de certains groupes sociaux contemporains, mais qu’elle a un fondement historique irréfutable”. Elle ajoute : “Il faut voir qu’un travail réalisé en 1965, élaboré par les historiens Marcello Carmagnani et Herbert S. Klein (de nacionalités italienne et nord-américaine respectivement) démontre avec des documents que, conformément à un processus de recensement mené dans les années 1777-78, la population noire du Chili ascendía en moyenne 12 %, allant jusqu’à 20 % dans la région de Coquimbo et à 18 % à Santiago, ne se réduisant que dans les régions du sud (à moins de 10 %)” (Carmagnani et Klein, “Demografía histórica. La población del Obispado de Santiago de Chile, 1777- 78”
Les grandes lignes de l’ouvrage édité par la professeure Cusen peuvent être consultées sur le site web de la Faculté de Philosophie et des Humanités de l’Université du Chili
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Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Présentation au Congrès d’une anthologie littéraire afropéruvienne
(ANDINA). La députée Martha Moyano (GPF), présidente de La Table de Travail Afropéruvienne (Mesa de Trabajo Afroperuana) du Congrès, a présenté le 10 septembre dernier le livre "Letras Afroperuanas. Creación e Identidad" qui est la première anthologie de la production littéraire et artistique de la tradition afrodescendante au Pérou.
Moyano a indiqué que l’heure était venue pour que l’œuvre réalisée par le monde afropéruvien devienne un document, matériel et culturel, qu’elle fasse partie du patrimoine culturel du pays et du monde, et soit reconnue par les Nations Unies.
La législatrice a remercié César Zumaeta, le président du Congrès, de son appui total pour la publication du livre.
Elle a indiqué que l’œuvre des auteurs José Campos et José Repaldiza, est un effort important qui servira à témoigner de l’ensemble des réalisations de la culture afropéruvienne à travers le temps.
"Aux ainés, nous demandons de ne jamais cesser de raconter ce qu'ils savent, et aux jeunes, de ne pas cesser de transmettre et de répéter les histoires qu'ils ont entendues", a-t-elle indiqué.
Pour sa part, Campos a déclaré qu'il est temps de mettre fin à la discrimination souterraine existante et a demandé "de laisser de côté les aspects de pigmentation pour travailler pour le développement social."
L’ouvrage de Campos et Repaldiza rassemble des histoires, des chroniques, de études critiques, des ethnographies, des poèmes et des essais d’afropéruviens.
Ils mettent en avant les créations de Ricardo Palma, Nicomedes Santa Cruz, Gregorio Martínez, Nílber Cienfuegos, Jorge Arévalo et Marco Farfán, entre autres.
Elle recueille aussi les histoires et des essais de ceux qui apprécient la contribution de la tradition afropéruvienne, comme Abraham Valdelomar, Julio Ramón Ribeyro, José Diez Canseco, Luis Alberto Sánchez, José Carlos Mariátegui et Jorge Basadre.
C'est l'une des rares œuvres publiées pour faire connaître les aspects de la vie quotidienne de l'esclavage et les luttes et exploits esclaves marrons racontés sous forme de témoignage de générations en générations.
D’éminents académiciens qui ont souligné la valeur de la production littéraire tels qu’Oswaldo Reynoso, Santiago Lopez et Marcel Maguiña étaient présents à la cérémonie.
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com





