08 août 2010

Les jeunes Garifuna du Honduras perdent leur langue

Salvador Suazo dans “Conversemos en garífuna” : “celui qui perd sa langue sera l’esclave d’une langue étrangère”.

Par Pablo César Zapata : redaccion@laprensa.hn

La Ceiba , Honduras

gariBuiti bináfi, mama”. Tel était le salut adressé par un enfant à sa mère ou à sa grand-mère il y a environ 20 ans dans n’importe quel village garífuna du nord du pays.

Des nos jours, cette coutume qui faisait partie de l’éducation des enfants disparait peu à peu  des foyers.

La nouvelle génération s’habille, se comporte et se croit moins garífuna et plus (nord) américaine, un phénomène social ressenti dans les différentes localités, où au quotidien, on entend de moins en moins la langue maternelle dans la bouche de la population.

Le bombardement exagéré de cultures envahissantes dans les radios et à la télévision a eu un impact sur la jeunesse”, affirme le chanteur international Aurelio Martínez, qui porte très haut le nom du Honduras à chacune de ses performances.

Je vois quatre aspects fondamentaux en cela, et le premier est que nous sommes envahis par d’autres cultures, le second, la jeune génération de parents ne parle pas garífuna à ses enfants. Troisièmement, les pasteurs interdisent des réunions autour de la culture ; et enfin, la communauté métisse prend de plus en plus d’espace dans les villages”, indique-t-il.

Aborder ces sujets met mal à l’aise car il y aurait au sein même de la communauté de nombreuses personnes qui n’aiment pas en entendre parler. Beaucoup reconnaissent que la bataille pour la conservation des valeurs culturelles et de l’identité propres est difficile à gagner.

Davantage encore sont d’accords avec le fait que la perte d’identité obéit à différents aspects dont l’un des principaux est que dans la majorité des foyers, les parents n’apprennent pas à leurs enfants à parler la langue maternelle.

Et on voit même des jeunes opter pour des changements qui vont du défrisage de leurs cheveux, autant chez les femmes que chez les hommes, jusqu’au fait affligeant d’entendre certains dire des choses comme: “ne me parle pas ce machin”, en faisant clairement allusion à la langue garífuna.

Mafeidirunubéi sun le hichugubei nagúburigu nun. Je ne perdrai pas ce que m’ont laissé mes ainés”, indique la jeune Mariela Cacho, qui croit fermement qu’il y a encore du temps pour récupérer les espaces perdus.

Le ministre de la Culture, des Arts et des Sports Bernard Martínez a indiqué que le Gouvernement actuel est en train de créer des stratégies dans des communautés en vue de sauvegarder les valeurs culturelles en soutenant des événements.

L’Odeco organise chaque année de longues journées d’enseignement de la langue garífuna et sur, il est fréquent des leçons d’anglais et de garífuna pour ceux qui sont aux États-Unis.

L’écrivain Salvador Suazo dans son œuvre littéraire “Conversemos en garífuna” écrivait que celui qui perd sa langue sera l’esclave d’une langue étrangère”.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

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13 septembre 2008

75% des esclaves emmenés au Brésil étaient Bantus

Adriano de Melo

La conseillère technique en Langues Africaines du Musée de la Langue Portugaise à  São Paulo, Yeda Pessoa de Castro a fait ressortir dans une enquête récente que parmi les quatre millions d’individus emmenés de l’Afrique Subsaharienne  pour le travail esclave au Brésil, 75% étaient originaires du monde linguistique bantou, c’est-à-dire des territoires situés actuellement en Angola et dans les deux Congos.

Ce contingent bantou, (dont la graphie originale est bantu) qui était de cette ampleur dans la ville de  Bahia du 17ème siècle, a selon le chercheur amené le Père Dias à écrire "A arte da língua de Angola"(L’art de langue d’Angola) une grammaire publiée en 1687 à Lisbonne pour instruire les jésuites et faciliter le travail de catéchisme des "25 milles éthiopiens" africains.

La même situation s’est développée selon Yeda Pessoa de Castro dans d’autres régions de l’époque comme Palmares, où le développement d’un parlé de base Congo-Angola est à l’origine de la création de divers toponymes, parmi lesquels ganga zumba, zumbi, dandara, osengo et andalaquituxe.

Pour la conseillère, les apports bantus, comme senzala, mucama et quilombo sont associés au régime de l’esclavage et en même temps intégrés au système linguistique du Portugais, en formant des dérivés à partir d’une même racine bantu, à l’exemple de  esmolambado, dengoso, sambista, xingamento, mangação, molequeira et caçulinha. "La constatation de ce fait démontre l’antériorité de la présence bantu et l’amplitude atteinte par sa distribution humaine sur le territoire colonial brésilien, avant d’autres peuples négro-africains également en esclavage", souligne-telle.

Dans certains cas, dit-elle, le mot bantu va jusqu’à remplacer celui de sens équivalent en Portugais. "Par exemple, l’usage de corcunda pour giba, moringa pour bilha, xingar pour insultar, cochilar pour dormitar, caçula pour benjamim, bunda pour nádegas, marimbondo pour vespa, carimbo pour sinete et cachaça pour aguardente".

Du point de vue de la religion, Yeda Pessoa de Castro affirme que les dénominations candomblé, macumba et catimbó sont également d’origine Bantu et représentent probablement les plus anciennes manifestations de religiosités afro-brésiliennes nées pendant l’esclavage, et en conséquence du contact d’orientations religieuses amérindiennes et africaines avec le catholicisme aux débuts de la colonisation.

Yeda Pessoa de Castro

"Ce sont des marques lexicales porteuses d’éléments culturels partagés par toute la société brésilienne et qui démontrent la participation historique de la langue dans la construction du portugais brésilien et la force de son influence sur l’identité brésilienne, du moment que la langue naturelle d’un peuple renforce l’espace de l’identité comme instrument de circulation d’idées et d’information", souligne-t-elle.

La femme africaine, selon Yeda Pessoa de Castro est la base de tout cet engrenage culturel, car sa participation effective à la vie quotidienne du colonisateur, qu’elle servait comme  mucama(domestique) et de babá (nounou), lui permettait de participer socio-linguistiquement à deux sociétés différenciées et de les influencer comme une sorte de porte parole entre la casa-grande (la maison des maîtres) et la senzala.

Source: Jornal de Angola

Traduit du Portugais par Guy everard Mbarga

Senzala s. f.,
Brésil,

Logement des esclaves sur une plantation;


Angola,

Habitation ou peuplement d’indigènes africains;


Résidence du soba;

Mucama

du Quimb. mu'kama, concubine esclave
s. f.,

Esclave rendue concubine par le maître;


macuma;

Brésil, (sens du texte)
 

o m. q.

Esclave noire qui aidait dans les services de la maison et servait de compagnie aux membres de la famille de son maître.

Esmolambado

adj., Brésil,

Qui marche vêtu de molambos (Guenilles);


Dengoso : Maniéré, prétentieux

Demander, mendier.

mangar

v. int.,
fam., railler, se moquer; dédaigner, mépriser

Xingamento : Blasphème, juron

Mangação

| s. f.

Dérivation fem. sing. de mangar

Brésil,

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