29 avril 2007

Nègres Marrons, Rebelles esclaves

De nombreux afrodescendants ont honte de leurs racines, car ils pensent que leurs ancêtres se sont laissés vaincre facilement, que durant la période de l’esclavage, les africains furent choisis car ils étaient faibles ou dociles, et cette pensée reflète l’ignorance à laquelle nous avons été soumis, puisque les livres d’histoire manquent d’une version claire de ce qui s’est passé.

Cependant, comme l’indique l’écrivain Efraín Aldana, les afrodescendants représentent l’héritage d’une race noble, combattante, à la résistance indomptable, des marrons dans l’âme, tout cela leur ayant permis de survivre dans un environnement avec autant de châtiments inhumains, cruels qui constituent un crime de “lèse humanité”.

La résistance à l’esclavage des africains et de leurs descendants fut constante durant toute la période coloniale. Elle prenait par exemple des formes passives comme l’apathie dans le travail, la destruction des instruments de travail et la désobéissance collective. En plus, elle prenait des formes actives, comme la rébellion et l’affrontement. Toutes les formes de résistance à l’esclavage et à la discrimination prirent le nom de marronnage.

Les expressions du marronnage sont connues sous le nom de chapitres. Il s’agissait d’associations de personnes provenant d’un même endroit en Afrique, qui partageaient une histoire similaire. Ses membres se réunissaient fréquemment pour réaliser des danses, jouer au tambour et chanter les jours de fête. Les chapitres se déployaient également sous la forme de sociétés de secours : ils collectaient des fonds pour répondre aux besoins de leurs membres et assistaient les nouveaux arrivants en provenance de l’Afrique. À Cartagênes des Indes, les chapitres Arará et Mina furent célèbres jusqu’à ce qu’au 18ème siècle, leurs maisons furent fermées par les autorités. Cette attitude répressive du gouvernement espagnol était due au fait que les activités qu’ils y réalisaient permettaient aux africains de se rappeler de leurs coutumes considérées comme opposée à la religion catholique. Les personnes appartenant à une même culture avaient recours à des savoirs propres, décisions et des actions pour alléger leurs peines, soigner leurs maladies et théoriser des stratégies de récupération de la liberté. Les palenques, cependant étaient habités par des gens de diverses origines africaines. Le leadership politique, militaire et religieux fut une constante dans ce type de sociétés guerrières organisées par les groupes d’âge, c’est-à-dire par le biais d’un système qui séparait ses membres selon l’âge et le sexe. Cette manière d’articuler la collectivité était une réponse tactique à la nécessité de maintenir sur le pied de guerre une parties des soldats disposés à défendre le palenque.

Ces communautés agricoles allaient s’installer dans des endroits difficiles d’accès, protégés par des fortifications sous forme de palissades et de tranchées dissimulées et défendus par des personnes équipée d’arcs, de flèches et des armes à feu. Dans les rapports du gouverneur de Carthagène, Gerónimo de Suazo, il est mentionné que lorsque les soldats espagnols réussissaient à les trouver pour les détruire, ils trouvaient en face d’eux des petits villages bien disposée dans lesquels prédominait la culture du maïs et du manioc et l’élevage de poulet.

Ce type d’organisation existait dans toutes les colonies, autant espagnoles que portugaises en Amérique Latine. Les quilombos, mambices, cumbes, ladeiras, etc., furent d’autres dénominations adoptées par les noirs rebelles. Le plus fameux  palenque du colonialisme en Amérique Latine fut le Quilombo de los Palmares, au Brésil (colonie Portugaise). Il avait une population de plus ou moins 15.000 noirs rebelles et s’est maintenu durant presque tout le 17ème siècle. Les troupes royales portugaises eurent recours à 6.000 soldats et il leur fallut 2 ans pour les soumettre. Dans certains de ces palenques, il y eut même des rois noirs. Par exemple Benkos Biohó, le Roi de Arcabuco près de Cartagènes des Indes en Colombie. Au Venezuela, le Roi Miguel fut célèbre. Au Panama, le Roi Bayano. Dans la Vice Royauté du Pérou, il y eut Huaura un roi marron au milieu du 16ème siècle. Le Vice-roi de l’époque envoya une troupe de 120 soldats espagnols qui pénétrèrent violemment dans le palenque, tuant tous les occupants.

La résistance s’est également manifestée dans le cadre des croyances et du langage. La spiritualité des Africains, leur interprétation du christianisme, la survivance des savoirs ancestraux et les techniques botaniques et médicales sont restées actives en Nouvelle Grenade. Ce qu’on appelait curandería (groupe de guérisseurs, charlatans), brujería (la magie noir) et hechicería (sorcellerie) étaient en réalité des pratiques liées aux méthodes curatives africaines qui circulaient dans toutes les villes du territoire espagnol ou non seulement on parlait des langues africaines, indigènes et européennes, mais les langues créoles étaient déjà nées, combinant les héritages d’origine africaine aux apports de l’espagnol et de l’anglais.

http://es.caoba.org/edicion6/cultureclub/cimarrones/article.html

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

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25 mars 2007

LE SOULÈVEMENT DE L’AFROÉQUATORIEN AMBROSIO MONDONGO

Publié le 21  septembre 2006

En Équateur comme dans certains pays d’Amérique Latine, l’exploitation des noirs a été cruelle et perverse. Ils ont dû supporter les châtiments les plus cruels et ont été soumis aux conditions de vie les plus inhumaines. Les colons interdirent leur langue et leurs manifestations religieuses, artistiques et culturelles; mais l’esprit  libertaire des femmes et des hommes noirs n’a jamais permis la soumission et l’acceptation des conditions d’esclavage. Ils résistèrent régulièrement par le biais de la fuite, la révolte et l’insurrection armée, allant même jusqu’au suicide. Les soulèvements furent fréquents surtout durant la période coloniale. L’histoire a retenu de nombreux soulèvements pour la liberté et contre l’exploitation et la cupidité des espagnols , avide de l’or et des  émeraudes, pour se libérer du travail esclave dans les plantations de cane à sucre, de manioc, cacao, de vigne et de tabac qui enrichissaient les curés, chapetones (nouveaux européens établis en Amérique) et les créoles.

Le premier soulèvement fut mené par le noir Antón auquel suivra après sa mort celui de Alonso Ilescas, un noir emmené à l’âge de 8 ans du Cap Vert, Afrique et élevé à Séville, Espagne par Alonso Illescas qui lui a donné son nom. Celui-ci fera preuve d’une résistance tenace aux espagnols, unis aux indiens. Plus de 50 expéditions armées furent menées depuis Quito, prétendant, sans succès, soumettre ce qu’on appelait la "República de los zambos"(La République des Noirs).

Un des soulèvements de noirs le plus important de la Colonie eut lieu en 1789 dans les haciendas (exploitation agricole) San José y Puchinbuela, situées dans la Vallée del Chota. Le soulèvement dirigé par Ambrosio Mondongo allait s’étendre à la Concepción, Cuajara, San Buenaventura et San Antonio. Malgré le nombre des rebelles, qui dépassa les 2000 au Chota, les résultats ne furent pas ceux escomptés. On note cependant la participation de la femme noire en tant qu’espionne, comme gardienne des armes,  divulgatrice de commentaires sur l’inhumanité des pratiques esclavagistes et le désir permanent que soit décrété la liberté de tous les esclaves du monde. De nombreuses esclaves allaient souffrir le poids de ce même esclavage et la dureté de la répression des esclavagistes espagnols.

Le mouvement noir a joué un rôle important dans la lutte pou la liberté, pour trouver des éléments de justice et de revendication qui les mettrait au niveau de ce dont a besoin n’importe quel être humain. Un des plus grands représentants fut Jaime Hurtado González, qui du parlement équatorien a élevé sa voix en faveur des exploités et des opprimés, contre la ségrégation et le racisme auquel avait été soumis le noir.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.edufuturo.com/educacion.php?c=427

http://www.pcmle.org/EM/article.php3?id_article=586

Jaime Hurtado González,

assassiné en 1999

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17 mars 2007

Chronologie de l'histoire des Afroéquatoriens

Source: Centre Culturel Afro Équatorien

Octobre 1553 : Arrivée du groupe le plus important de noirs en Équateur, dans l’embarcation du marchand Alonso de Illescas.

Septembre : 1577.Le Prêtre Miguel Cabello de Balboa, essaie de soumettre pacifiquement les noirs et les mulâtres. Équateur .

Août 1582 : À Coangue-Valle del Chota (Équateur), il y a 6 espagnols et quelques noirs.

Février 1586 : Le Roi Felipe II, en la Real Cédula (Brevet du Roi), demande de l’information sur les noirs de Esmeraldas-Ecuador.

Juillet 1789 : Ambrosio Mondongo se rebelle et s’enfuit avec d’autres esclaves  provoquant de l’angoisse dans deux haciendas (exploitation agricole)  San José et Puchimbuela de Carlos Araujo.

Août 1789 : Rébellion des esclaves à Cuajara. Équateur 60 noirs s’enfuient de l’Hacienda La Concepción, propriété de  Juan Chiriboga. Équateur 

Août 1799 : Le Baron de Carondelet ramène  50 Jamaïcains esclaves pour l’ouverture de la route Malbucho. Esmeraldas- Équateur .

Août 1805 : Dans la Vallée du Catamayo-Loja, le rebelle Pedro Luis Mina se fait remarquer comme exemple de lutte pour la dignité humaine. Équateur.

Août 1806 : À Guayaquil, le dirigeant des menuisiers et des chantiers navals était un esclave. Équateur.

Avril 1813 : Don Manuel Calixto y Muñoz demande par  décret que l’on vende le noir Manuel Bonifacio avec sa famille, alléguant qu’ils sont des rebelles dans une hacienda. Ibarra- Équateur.

Avril 1816 : Francisco Carrillo et son épouse Polonia Méndez sont libérés. Équateur.

Août 1854 : Cri d’indépendance à  Esmeraldas 

Août 1865 : Participation des noirs d’Esmeralda à la Révolution Libérale dans les rangs des montoneras alfaristas(Groupe révolutionnaire à l’époque). Équateur.

Juillet 1983 : Fondation du Mouvement Afroéquatorien Concscience(MAEC)

Octobre 1960 : Le 1er Octobre est déclaré journée nationale des noirs. Équateur

Octobre 1993 : Fondation de l’Atelier Afro-équatorien “Azúcar”. Quito - Équateur 

Août 1996 : Fondation du  Groupe Afroéquatorien  Despierta Negro”(Réveille toi). Quito- Équateur.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.edufuturo.com/educacion.php?c=675

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10 février 2007

Cimetière d'esclaves afrobrésiliens découvert à Rio

Publié le 28/12/2005

Ana de la Merced Guimaraes rénovait sa maison du 19ième siècle dans le quartier carioca de Gamboa, lorsque le travail fut brusquement interrompu. En excavant le jardin pour vérifier l’état des fondations, les ouvriers se trouvèrent nez à nez avec des ossements humains.

Miles de huesos.

Guimaraes découvrit que le terrain de sa maison correspondait au Cimetière dos Pretos Novos _Cimetière des Nouveaux Nègres_, un cimetière grossier pour les esclaves africains que les historiens croyaient perdu.

Dix années plus tard, la ville souhaite conserver la découverte, une des rares fenêtres sur le passé colonial du Brésil et une des pages les plus sombres de son histoire.

"Sans doute, il s’agit de l’une des découvertes les plus importantes de la ville", indiquait Andre Zambelli, directeur du Département du Patrimoine Culturel de la ville. "Cela prouve qu’un commerce des esclaves a existé, ça confirme ce que disent les livres, et met l’histoire entre nos mains".

5.563 fragments d’os et de dents ont été recueillis, certains taillés dans les styles propres des peuples qui habitaient les environs du fleuve Congo dans le Mozambique et l’Afrique du Sud d’aujourd’hui. Ont également été trouvés des pièces de porcelaine fine anglaise, des ustensiles de pierre et des pipes africaines en  argile, des assiettes et des décorations métalliques, tous jetés comme des ordures dans les tombes.

Rio a consulté des spécialistes  de New-York - ou un cimetière africain est apparu en plein centre de Manhattan au cours de la construction de grattes ciels en 1991 - avec les restes d’au moins 419 noirs esclaves ou libres enterrés en cet endroit durant l’époque coloniale. Le gouvernement étatsunien désigna l’endroit un Site Historique National en 1993.

"Il s’agit du même type de relation, des retrouvailles avec l’histoire, le travail et les cultures africaines", indique Zambelli.

Rio pense que son cimetière est plus grand que celui de Manhattan. Plus de 20.000 corps y furent enterrés entre 1769 et 1830, raconte Zambelli, mais on ne sait pas avec exactitude, car il n y avait pas de registres : c’étaient des corps d’esclaves qui sont morts avant d’être vendus.

Le Brésil fut le plus grand marché des esclaves africains dans le Nouveau Monde. Des près de 10 millions d’africains apportés dans les Amériques, presque la moitié est arrivé au Brésil pour travailler dans les mines d’or et de diamants ou dans les plantations de café de cane à sucre.

En 1763, quand Rio est devenu la capitale du Brésil, les voisins se plaignaient du sordide marché des esclaves dans les rues du centre, près du palais de la famille royale portugaise.

Pour cette raison, le marché allait être construit dans le quartier cenagoso de Gamboa, qui allait devenir le cimetière non officiel des esclaves quand il n y avait plus de place dans un cimetière franciscain. Les corps étaient empilés dans la rue, puis brûlés avant d’être enterrés sous une poignée de terre.

Cela révolte encore les activistes pour les droits humains.

"Ce fut l’holocauste de  Rio", indique Marcelo Monteiro, du Conseil Municipal de la Défense des Droits des Noirs. "Peu de gens savent ce qui s’est passé. Nous sommes en train de redécouvrir un événement  qui fut effacé de l’histoire".

Haidar Abu Talib, de la Société Caritative Musulmane signale que beaucoup des esclaves enterrés dans le cimetière étaient musulmans. Il affirme que les anciens esclaves restèrent "invisibles" après l’abolition de l’esclavage en 1888, et que certains brésiliens préfèrent que les choses restent de même.

"Lorsque l’esclavage a pris fin, le gouvernement _aux mains des élites qui s’étaient enrichies sur le dos de la main d’œuvre esclave_ n’était pas intéressé à convertir les anciens esclaves en citoyens à part entière", raconte Talib au cours d’une cérémonie le 20 novembre, Jour de la Conscience Nègre. "Leurs descendants sont encore victimes de l’injustice sociale".

Malgré le fait que presque la moitié des 183 millions de brésiliens sont noirs et métisses, l’image de "démocratie raciale" que le pays se complait à présenter est un mythe. La majeure partie des brésiliens les plus pauvres est noire.

Le nombre de brésiliens qui gagnent jusqu’à 75,50 réals (34,47 dollars) par mois a diminué de 5 millions entre 1992 et 2001, mais le nombre de noirs dans cette tranche a augmenté d’un demi million, selon un rapport récent du PNUD.

Les noirs représentent 70% du dixième des plus pauvres de la population et à peine 16% du dixième des plus riches , selon le rapport. Les afrobrésiliens gagnaient en moyenne 74 dollars mensuels en 2000, moins de la moitié du salaire des blancs en 1980.

"Les coordonnés confirment simplement ce qui est visible pour n’importe quel observateur : plus tu montes dans la hiérarchie du pouvoir, plus la société brésilienne est blanche", indique le rapport.

Face à cette injustice, Rio souhaite créer une promenade et inclure le cimetière dans le circuit touristique.

"Nous voulons construire un musée à ciel ouvert, avec une promenade partant des quais jusqu’au cimetière, avec des brochures bilingues et une carte indiquant les lieux de vente des esclaves", explique Zambelli. "L’Afrique a contribué à la fondation de la ville".

Mais Guimaraes doute que la ville investisse dans le cimetière. Les autorités n’ont pas essayé de conserver les ossements, et les pluies ont emporté certains d'eux. Ses propres voisins lui gardent rancune car elle a dénoncé l’existence de l’ancien cimetière.

"Personne ne me soutient", indique t’elle. "Les gens me demandent pourquoi je le fais. Plus j’en apprends sur les abus subis par les africains et je vois comment cela est passé à l’oubli,  plus je m’engage à ne pas permettre que l’on l’oublie, tant que j’ai des forces".

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.terra.com/noticias/articulo/html/act305399.htm

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27 janvier 2007

São Paulo, 453 ans:la ville comptant le plus de noirs au monde en fête

Brasília, 25/1/07 – Avec 3,3 millions d’afro-brésiliens selon l’IBGE, São Paulo est la ville comptant le plus de noirs au monde. Cependant, les inégalités raciales sont encore marquantes dans la capitale, qui enregistre une différence de 50% entre les salaires des noirs et ceux des blancs.

Les noirs dans l’histoire de São Paulo

Parler de la contribution des noirs pour le développement de São Paulo exige d’effectuer un retour dans l’histoire du Brésil. Arrivés comme esclaves en 1530, ils resteront dans cette situation jusqu’en 1888 lorsque intervient l’abolition de l’esclavage, c'est-à-dire qu’ils resteront dans cette situation durant 358 ans.

Ils travaillèrent intensément dans la production de cane à sucre, qui dans la période entre le 18ième et le 19ième siècle allait être substituée par les plantations de café. La force de travail esclave fut également utilisée pour l’extraction de l’or et du diamant dans les régions de Goiás, Mato Grosso et de Minas Gerais durant l’époque du Brésil Colonial et dans diverses autres régions. Durant trois siècles et demi, la population noire n’a pas seulement aidé à construire le Brésil, mais elle a également contribué à la consolidation des bases économiques en vue de l’industrialisation, surtout dans l’État de São Paulo, dont la grande impulsion industrielle est intervenue grâce à la production et la commercialisation du café, qui allaient aider l‘État à accumuler un grand volume de capital, principalement dans la Vale do Paraíba.

Aux 19ième et 20ième siècles São Paulo est devenu le plus grand producteur de café au monde, ce qui allait aider à équilibrer la balance commerciale du Brésil pendant longtemps. "Le capital utilisé pour construire les industries vient du café qui fut planté par les bras des esclaves noirs. Durant les dernières années d’esclavage, les noirs travaillaient des semaines entières, sans disposer de leurs samedis ni dimanches, allant jusqu’à 16 heures de travail par jours dans la Vale do Paraíba. Les barons du café agissaient ainsi car ils savaient que le temps de l’esclavage était compté, ils maximisaient la production pour cette raison utilisant le travail ardu des esclaves. Quand les immigrants sont arrivés ici, les italiens principalement, tout était déjà consolidé", raconte le professeur d’Université Hélio Santos, titulaire d'un Maîtrise en Finances et docteur en Administration de la Faculté d’Économie de l’USP, et également auteur du livre "A Busca de Um Caminho para o Brasil"(À la Recherche d’Une Voie pour le Brésil) .

Travail sans salaire, sans récompense

Tous les immigrants qui commencèrent à arriver au Pays au milieu du 19ième siècle ont contribué au développement de São Paulo "mais les noirs sont ceux qui ont participé le plus longtemps sans rien recevoir. Les italiens deviennent salariés lorsqu’ils les remplacent dans les labours ". En plus de cela, le processus d’immigration était également marqué par l’idée du blanchissement de la population brésilienne. L’idéologie dominante durant cette période était que le développement et la modernisation de la société serait le produit de la croissance de la population blanche au détriment des noirs et des indiens.

En 1824, deux années après la Proclamation de l’Indépendance dans la ville de São Leopoldo, dans le Rio Grande do Sul, les allemands ont eu droit aux terres et exigèrent que l’allemand continue d’être enseigné dans les écoles. "Pour le Brésil, l’arrivée des allemands fut fondamentale. Regarde la richesse qu’il y a là", observe Santos, observant que l’État a retiré l’argent du budget et l’a investi dans cette colonie. "Dans le passé, il y a eu des politiques qui bénéficiaient aux groupes ethniques qui n’étaient pas noirs. Ils étaient italiens, japonais, allemands, suisses. C’est en grande partie pour cette raison que les descendants de ces groupes sont bien aujourd’hui. Donc, la situation de ceux qui sont arrivés en tant qu’immigrant est différente de celle de ceux qui sont arrivés esclaves. Cette inégalité visible et criante a contribué à ce que nous ayons deux Brésil", affirme Hélio Santos.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.palmares.gov.br/

Fernanda Lopes Correia, ACS/FCP/MinC

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25 novembre 2006

Histoire des afrobrésiliens : quand les hollandais voulaient 're esclaviser' les noirs

Une partie de l’histoire de l’esclavage au Brésil dort encore dans les archives en Hollande, comme le journal Folha a pu le vérifier en compagnie d’histriens spécialistes de l’occupation hollandaise (1624-1654), Hannedea van Nederveen Meerkerk et Paul Meurs, à Amsterdam.

L’architecte Paul Meurs, spécialiste en architecture militaire hollandaise du 17ième siècle indique que  ''il est toujours étrange de trouver ici, dans notre propre langue des documents sur le Brésil, un pays si différent de la Hollande''. Meurs réalise une étude sur l’évolution urbaine de Recife et trouve que plus d’historiens brésiliens devraient apprendre le hollandais pour pouvoir consulter des documents ''de cette période certes courte, mais riche en expérience culturelle pour les deux pays''.

La présence hollandaise au Brésil a pris de l’ampleur durant le gouvernement du comte et militaire hollandais João Maurício de Nassau (Johan Maurits van Nassau-Siegen, 1604-1679) à ce qui était à l’époque la capitainerie de Pernambuco. Nassau avait établi le centre administratif colonial hollandais à Recife, contrôlé par la Compagnie des Indes Occidentales, association de commerce et de trafic de marchandises et d’esclaves.


Durant la période hollandaise, les esclaves noirs _qui apparaissent sereins sur les paysages du peintre Frans Post (1612-1680) _ se rebellèrent et s’enfuirent par milliers dans les forêts de la région de Barriga, aujourd’hui État de Alagoas, consolidant ainsi le quilombo le plus grand, ayant le plus duré et le plus organisé de l’histoire de l’esclavage dans les Amériques ; le quilombo de Palmares, qui existait déjà en 1605.

Les esclaves allaient profiter de la confusion régnant à Pernambuco à cause de la guerre entre les hollandais et les portugais pour s’enfuir des fazendas et des fabriques de canne à sucre abandonnées par les maîtres blancs. Les hollandais appelaient les noirs fugitifs ''boslopers'' (littéralement, ''coureurs des forêts'').

Parmi les documents hollandais évoquant la situation des noirs durant l’occupation, l’historienne Hannedea van Nederveen souligne l’importance des archives du Musée
historique juif d'Amsterdam. ''Les juifs hollandais de Recife étaient de grands acheteurs d’esclaves, ils avaient beaucoup de contacts avec les noirs'', affirme-t-elle. Elle met également l’accent sur les journaux des voyageurs comme Johannes Nieuhof.

''Les témoignages de Zacharias Wagner et Nieuhof sur Palmares évoquent le culte des noirs consacré à xangô déjà à cette époque'', observe van Nederveen. ''Nieuhof raconte que les noirs de Palmares dansaient au son des tambours, que l’on pouvait entendre jusqu’au milieu de la nuit''.

Pour l’historien originaire de Pernambucano Antônio Gonsalves de Mello Neto, 78 ans, ''la bibliographie contemporaine en langue hollandaise est, sans doute plus riche que la portugaise et de grande valeur documentaire '' (préface de ''Tempo dos Flamengos'', 1944).

Mello Neto, spécialiste pionnier de l’occupation hollandaise a écrit en 1934 le premier texte d’importance sur les relations des noirs avec les hollandais, dans lequel il reprend (de l’historien Rocha Pombo) le concept de la ''re- esclavisation de l’esclave '', à entreprendre par le colonisateur hollandais.

Les noirs, qui étaient déjà les esclaves des portugais devaient être re – esclavisés par les nouveaux envahisseurs. ''Un projet impossible à accomplir en si peu de temps'', comme la hollandaise van Nerderveen l'indique, ''étant donné l’absence totale de know-how'' de son peuple dans le domaine de la canne à sucre et des esclaves, principale(s) richesse(s) de la colonie.

Les hollandais considéreront leur aventure au Brésil comme un échec définitif en 1654, laissant alors un environnement favorable à la naissance de celui qui deviendra le plus commémoré des combattants de la liberté noirs : Zumbi, né dans la ''république libre'' de Palmares en 1655. (Marilene Felinto)

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www1.folha.uol.com.br/fol/brasil500/zumbi_3.htm

SOURCES

1. José Antônio Gonsalves de Mello, ''A Situação do Negro Sob o Domínio Holandês'', in ''Novos Estudos Afro-Brasileiros'', Rio, 1937; e ''Atitude dos Holandeses Para Com os Negros e a Escravidão'', in ''Tempo dos Flamengos'', Fundação Joaquim Nabuco/Ed. Massangana,

Recife

, 1987

2. Hannedea van Nederveen Meerkerk, ''

Recife

- The Rise of a 17th-Century Trade City From A Cultural-Historical Perspective'', trad. do holandês para o inglês por Cecilia M. Willems, Van Gorcum, Assen/Maastricht (Holanda), 1989

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24 juin 2006

L’histoire des Garinagu, afrodescendants d'Amérique Centrale

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Village Garifuna

Les Garinagu sont des personnes ayant une histoire, une tradition, une culture et des coutumes qui leur sont propres. La communauté des Garinagu s’étend du Nicaragua jusqu’à Belize sur la côte atlantique.


La majorité des Garinagu, plus de 90000 personnes, réside au Honduras dans 43 communautés. On en retrouve également aux Etats-Unis dans les villes comme Los Angeles, Boston, New York, New Orléans, Miami et Philadelphia.

L’Histoire commence en 1655 avec le naufrage de deux bateaux anglais chargés d’esclaves près de l’île de Saint Vincent. Les esclaves africains nagent jusqu’à la côte de Saint Vincent où ils retrouvent leur liberté.

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Jeunes Garinagu

Ces Africains se mélangeront avec les Arawaks ou Caribéens, et de ces deux races surgira une nouvelle population de noirs caribéens que l’on connait aujourd’hui sous le nom de Garifuna.

Cent ans après leur arrivée à Saint Vincent, la population Garifuna était très nombreuse et prospère. Les hommes se consacraient à la pêche et à la chasse. Ils voyageaient également dans les îles voisines pour faire du troc, échangeant du tabac et des paniers contre des armes et d’autres produits Européens. Les femmes s’occupaient des travaux de la maison et de l’agriculture.

Plus tard, les colonisateurs Français arrivèrent et prirent possession d’une partie de l’île. 

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Groupe culturel

Les anglais qui continuaient leur colonisation arrivèrent à Saint Vincent dans les années 1760.Ils souhaitaient s'approprier les terres fertiles des Garinagu. Les anglais voulaient utiliser ses terres pour cultiver la canne à sucre, et lorsque les Garinagu s’y opposèrent, ils leur déclarèrent la guerre.

Ce désir de prendre possession des terres par la force provoqua un conflit qui dura plus de 30 ans. Les Français luttèrent aux côtés des Garinagu pour protéger leurs terres.

En 1775, les anglais décidèrent de s’emparer de l’île entière, y compris le territoire occupé par les Français. Les Français capitulèrent finalement en 1796, mais les Garinagu et les Arawaks Caribéens continuèrent la lutte. La stratégie des Anlgais consistait à incendier les maisons, les canoë  et les cultures. Les Garinagu, malades et affamés durent finalement se rendre. 

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Andy Palacio, Musicien Garifuna à la renommée internationale



En 1796, les Garinagus furent délogés de l’île de Saint Vincent, puis s’installèrent sur l’île de Roatan au Honduras. Un grand nombre de Garinagu toucha la terre ferme Hondurienne. Le 12 avril 1797, plus de 4000 Garinagu, hommes, femmes et enfants compris, arrivèrent à Trujillo.

Traduit de l'Espganol par Guy Everard Mbarga

http://www.nalagan.com/Hgarifuna.html

Complément d'informations

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15 juin 2006

L'histoire extraodinaire des "quilombos" du Surinam (première partie)

De José Jorge de Carvalho

SURINAM 

L’expérience la plus extraordinaire de quilombos dans le Nouveau Monde s’est produite, sans aucun doute au Surinam. Dans ce pays, les noirs ont réussis à fuir massivement des plantations au cours des premières décennies du XVIIème siècle.

Après plus de cent ans de  guerres acharnées contre les armées esclavagistes, ils réussirent finalement à signer divers accords et traités de paix avec l’État hollandais et à disposer définitivement du vaste territoire de jungle qu’ils avaient conquis par la sueur et le sang de leur résistance.

Ils constituèrent alors six nations au nord de l’Amérique du Sud,  résultat de plus d’un siècle d’adaptation forcée à la forêt tropicale, et dont le style de vie était directement calqué sur celui des sociétés d’Afrique Occidentale.

Ces nations vivent comme des états semi-autonomes au sein de l’État surinamais, chacune d’elle ayant son propre roi - Saramaca, Djuka, Paramaka, Matawai, Aluku et Kwinti – et connaissent un régime d’indépendance relative par rapport à l’ex-colonie hollandaise, vivant du  commerce et de l’exploitation des ressources naturelles de la forêt tropicale.

En tant que sociétés d’hommes et de femmes extrêmement fiers de leurs ancêtres -qui leur ont transmis la paix de la liberté-  leur vision historique de la civilisation est évidemment différente de celle des noires du Nouveau Monde qui dépendaient de l’État blanc (comme ce fut le cas du Brésil avec la Princesse Isabel) pour sortir de leur condition d’esclaves.

 

La gloire et le drame des  "noirs de la  jungle", comme les appellent les habitants de la côte et des plantations, sont typiques de ceux qui se sont produits dans d’autres pays. En même temsps qu'ils signaient leurs traités de paix, ils s’engagèrent à ne plus interférer avec l’ordre esclavagiste: les propriétaires des plantations d’où ils s’étaient enfuis continuèrent ,comme auparavant, à exploiter les noirs qui ne s’étaient pas échappés, et ces derniers durent continuer à souffrir les cruautés de l’esclavage durant près d’un siècle supplémentaire, sans l’aide des noirs libres, désormais organisés en nations et maîtres  - du moins en principe - de leur destin, tant individuel que collectif. 

Ce que jusqu’à présent très peu de gens savent au Brésil c’est qu’il existe des liens lointains entre nos quilombos et l’un des royaumes noirs de la forêt Surinamaise.

Les saramacas descendent de quilombolas des fugitifs de plantations qui appartenaient à de riches familles de fermiers portugais de Bahia, d’origine juive, lesquels immigrèrent dans ce qui était alors la colonie de la Guyane hollandaise, dans la décennie 1660, fuyant l’inquisition  bahianaise.

Environ 200 juifs sépharades s’installèrent dans la savane Surinamaise, et en1680, ils étaient déjà propriétaires d’un tiers des plantations de la colonie, le long du Fleuve Surinam, jouissant de privilèges spéciaux et  disposant de leurs propres institutions religieuses,  juridiques, éducatives et même militaires. Certains esclaves noirs de ces plantations portaient les noms de leurs maîtres juifs-portugais-bahianais tels qu’Immanuel Machado, Manuel Pereyra, Mosés Nunes Henríquez, etc. Les esclaves apprirent alors dans ces plantations un grand nombre de mots du vocabulaire portugais qui entrèrent dans le lexique de base de ce qui devint la langue Saramaca à partir du milieu du XVIIIème siècle.

J’ai eu le privilège de vivre avec les Saramacas durant un mois en 1979, et j’ai rencontré leur roi, Gaanman Aboikôni, qui avait déjà à cette époque plus de quatre-vingt-dix ans (il est mort à cent trois ans), héritier du trône du clan  Matjau, justement formé par les esclaves fugitifs de la plantation de Immanuel Machado (d’où le nom du clan). 

Le cas surinamais est certainement le plus notable de tous, car là-bas se sont constitués des sociétés entières, à partir d’une expérience de vie dans les  quilombos, et non pas uniquement des communautés isolées et intégrées ou entourées par les autres groupes assimilés à la société nationale. Les saramacas, les djukas et les autres nations sont complètement identifiables par leur langue propre, leur organisation politique, leurs systèmes de parenté, leurs styles artistiques, leur religion, leur économie.

Enfin, il s’agit de groupes humains qui ne se confondent en rien avec ceux qu’on appelle les noirs des plantations, ou les créoles de la capitale Paramaribo. Les nations libres de la forêt Surinamaise représentent aussi les quilombos les plus nombreux de toute l’Amérique, comptant jusqu'à au moins cent mille membres au sein des six nations. Un chiffre de loin supérieur à celui des descendants des quilombolas de Jamaïque (lesquels n’atteignent pas cinq mille personnes) et de la Colombie (également quelque millier). 

Il est difficile de faire la comparaison avec le Brésil, car nous ne disposons pas des mêmes critères de définition de ceux qui sont les descendants des habitants des quilombos pour des raisons qui seront évoquées au cours de ce livre. Une de nos difficultés principales est justement celle du profil géographique éparse des communautés et la difficulté qui en découle d’élaborer une étude démographique consistante et exhaustive. 

Les saramacas possèdent une mémoire historique absolument précise de l’origine ethnique, des fuites des plantations, des escarmouches avec leurs poursuivants, des déplacements géographiques initiaux et des processus de consolidation de leurs communautés dès 1685 – années de la fuite de ses principaux héros fondateurs – jusqu’à ce jour ; des mécanismes particuliers de rétention, de survie, de syncrétisme, de réinterprétation  entre autres concepts que l’on considère obsolètes de nos jours, mais qui évoquent  encore, avec une certaine précision, des faits culturels que l’on retrouve chez les communautés noires haïtienne, jamaïcaine, cubaine ou brésilienne.

Table Saramaca

Concernant les noirs surinamais, il s’agit d’une véritable reconstruction intégrale des sociétés africaines dans les Amériques. Reste à rappeler que jusqu’à présent, à peine  20% des saramacas professent la foi chrétienne, une proportion qui est même différente de celle des pays de la côte occidentale de l’Afrique, d’où venaient leurs ancêtres, aujourd’hui hautement christianisés et islamisés. 

La haute densité historique et culturelle de cette expérience de quilombo très réussie inspire actuellement une série d’études d'académiciens renommés surtout du point de vue historiographique. 

Concernant justement l’historiographie saramaca, lue du point de vue de leur propre mémoire orale,  qui contraste avec les sources hollandaises de l’époque, la fascinante monographie de Richard Price, First Time,  1983, à mon avis est la meilleure étude académique produite jusqu’à ce jour sur les noirs libres du Nouveau Monde. Cette œuvre raconte et interprète les faits historiques les plus importants ayant conduits à la consolidation de la nation saramaca, incluant des éléments secrets, retenus par les leaders et les sages, qui condensent l’essentiel de cette saga.

La narration de First Time a été complétée, plus tard par un second volume, Alabi's World (1990), qui relate l’histoire des relations entre une nation libre naissante et l’État colonial hollandais de 1762 à 1820. 

Leurs héros fondateurs furent deux frères,  Lanu et Avako (Ayako), tous deux de la tribu Twi du Ghana, qui furent emmenés d’Afrique comme esclaves dans la plantation du juif portugais Immanuel Machado et d’où ils s’échappèrent en 1685.

Un jour, la femme de Lanu lui donna à boire du jus de canne à sucre. Les blancs qui l’avaient vu la battirent à mort. Ils l’amenèrent alors à Lanu et lui dirent: "Voici ta femme!" Puis, ils le fouettèrent également, et le laissèrent à moitié mort dans le champ.

Là, l’esprit de sa femme pénétra en lui, le réveilla, et il courut dans la forêt. Les blancs n’essayèrent pas de le poursuivre, persuadéss qu’il allait très vite mourir.

Il était complètement perdu dans la jungle épaisse lorsqu’un apuku (esprit de la forêt), du nom de  Wamba, pénétra en lui et le conduisit à un endroit où vivaient un groupe d’indiens, qui le recueillirent et le sauvèrent de la mort. Par la suite, Ayakô s’échappa, guidé par son obeah, le pouvoir magique, il retrouva son frère au milieu de la jungle. Puis ils retournèrent en cachette à la plantation et Ayakô réussit à délivrer sa sœur Seei, puis son épouse, Asukume et son fils Dabi. Plus tard, un autre esclave Guunguukusu, qui possédait également un obeah puissant, s’enfuyait de la même plantation Machado et en pleine divination (mantique), il localisa Seei dans la forêt et se joignit à la bande.

Dès qu’un groupe raisonnable d’anciens esclaves fut réuni, l’évènement suivant, dirigé par Lanu et Ayakò, crucial pour le futur historique des noirs au  Surinam, fut la destruction d’une des plantations de Machado et son exécution. À partir de là débuta une impressionnante épopée de résistance dans la forêt,  et d’attaques perpétuelles des plantations, à la recherche de vivres, d’armes, de munitions, d’ustensiles et surtout de femmes.

Après plus de soixante années de guerres, un descendant direct de Ayako, Abiui, devint le premier chef de la nation saramaca, le 19 septembre 1762,  en signant, avec d’autres leaders, le traité de paix par lequel ils obtinrent le droit de construire, fièrement et sans interférence, leur propre mode de vie. 

Une histoire similaire s’est produite en ce qui concerne la nation Djuka, formée par des esclaves échappés d’un autre groupe de plantations appartenant à des hollandais (raison pour laquelle leur langue diffère de la langue saramaca), dont le traité de paix date de 1760.

Depuis lors,  les esclaves libérés vivent dans la forêt, s’adaptant à l’environnement d’une manière très différente de celle des indiens, en augmentant leur population et en développant de riches institutions culturelles, comme par exemple l’art de la gravure sur  pierre mondialement fameuse aujourd’hui, et  avidement convoité par les antiquaires européens et américains.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga 

http://hemi.nyu.edu/course-rio/perfconq04/materials/text/carvalho.html

(Une longue bibliographie apparait en fin du texte auquel conduit le lien ci-dessus) 

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10 juin 2006

Yanga, histoire d’une rébellion

Statue représentant Yanga

À la fin du  XVIème siècle, la population indigène en Nouvelle Espagne avait considérablement diminué à cause des maladies et des mauvais traitements, mais elle restait plus nombreuse que celle des noirs, qui dans leur majorité étaient restés esclaves et dont un nombre moins important avait conquis la liberté en s’enfuyant, et constituant la classe appelée  "Negros Cimarrones"(Nègres Marrons).

Les africains n’étaient pas le moins du monde soumis et dès la période administrée par le premier Vice-roi Don Antonio de Mendoza, il y eut diverses tentatives de soulèvement, qui poussèrent ce dernier à ordonner de terribles exécutions pour qu’elles "servent de leçon".

Ceux-ci (les noirs) étaient arrivés en Nouvelle Espagne pour travailler dans les mines, et suivant la croyance selon laquelle un noir travaillait comme quatre indigènes. Ils occupaient également des taches domestiques et de majordomes dans les zones agricoles tropicales. Ils se distinguèrent dans ce dernier rôle par leur cruauté envers les indigènes, profitant du respect que ces derniers leur montraient, par crainte des maîtres espagnols, ce qui provoqua la protestation des religieux. Les Rois Espagnols interdirent alors que les noirs vivent dans les villages indiens.

Rue de Yanga, Veracruz, Mexique

En 1609, des rumeurs persistantes et des dénonciations couraient selon lesquelles le 6 janvier de la même année, les noirs allaient mener rébellion durant laquelle tous les blancs trouveraient la mort et qu’après cela, un roi noir serait élu.

Le vice-roi Luis de Velazco fils, même s’il ne croyait pas à la rumeur, ordonna de punir les prisonniers noirs (par des coups de fouets) pour calmer les ardeurs et pour que cela serve d’avertissement. Certains s’étaient déjà soulevés à  Veracruz, se réfugiant dans les  chaines montagneuses situées entre le Cofre de Perote et le Citlaltépetl ou Pic d’ Orizaba, augmentant rapidement leur nombre avec l’arrivée d’esclaves en fuite et des hommes des castes fugitifs de la justice.

Quelques uns se dédièrent à l’attaque des voyageurs, ce qui allait convaincre le vice-roi des rumeurs. Il organisa alors une expédition sous les ordres du capitaine Pedro González de Herrera, qui quitta  Puebla le 26 février 1609, incluant dans ses troupes 2 aumôniers militaires pour qu’ils essayent de limiter le nombre d’insurgés par le biais de la prédication et de la persuasion.

Les rebelles étaient dirigés par Yanga, un noir de la tribu des Bora du Haut Nil, de la Nation des Dinka dans le sud ouest de Gondoco, entre Bari et les Macaras.(*) Il était grand et bien bâti, et cela faisait 30 ans qu’il était en fuite et qu’il dirigeait les esclaves fugitifs. Il disait avoir du sang royal et qu’il aurait été roi s’il n’avait pas été mis en esclavage par les européens. Dans sa jeunesse, il dirigea lui même ses hommes, mais en vieillissant, il délégua ce rôle à un Angolais du nom de Francisco de Matosa, qui détruisait et incendiait les propriétés, tuant les hommes et capturant les femmes.

Un jour,  González de Herrera reçut un message de  Yanga par l’intermédiaire d’un (prisonnier) espagnol libéré. Dans ce message, il le défiait de mesurer leurs forces et affirmait ceci :

"...En attaquant et en incendiant les propriétés des Espagnols, ils ne faisaient que se rétribuer par la force des armes de ce qui leur était refusé. Ils leur envoyaient le porteur auquel ils n’avaient pas voulu donner la mort, pour qu’ils leur serve de guide et leur épargne la peine de les chercher..."

Le 21 février, les forces espagnoles interceptèrent sur la route d’Orizaba une colonne de cavaliers qui s’en allaient incendier une propriété sucrière. Ils les firent s’enfuir en direction du quartier général où leur arrivée provoqua une panique générale ainsi. Une terrible émeute s’en suivit alors.  González Herrera attaqua simultanément avec trois colonnes. Les noirs se défendaient en lançant des troncs d’arbres, des pierres et des flèches dont certaines allaient atteindre le capitaine  et les deux missionnaires, sans pour autant les blesser grièvement.

Les Espagnols contrattaquèrent avec vigueur et réussirent à atteindre le sommet d’une montagne où ils se retranchèrent, ce qui leur laissa la voie libre jusqu’au village - où se trouvaient Yanga, les femmes et les enfants. Ces derniers s’étaient enfuis en se rendant compte de l’approche des troupes.

Le capitaine offrit la paix et le pardon, mais ne cessa pas de les pourchasser. Yanga et ses principaux hommes se rendirent, en promettant de livrer les noirs fugitifs et de fonder une ville, à condition qu’on leur accorde à tous la liberté. La ville en question serait en fait une forteresse pour les espagnols dans ses zones montagneuses, les noirs s’engageant à ne pas donner l’asile aux noirs fugitifs et aux bandits. Ils acceptaient ‘’ d’ être fidèles au Roi d’Espagne’’ et demandaient un Ministre de la Justice ainsi qu’un curé (soigneur) des âmes. Le Vice-roi accepta cette requête et indiqua le nouveau territoire pour la nouvelle ville à quelques encablures de la ville Córdoba.

En 1618 fut fondée la localité du nom de San Lorenzo de los Negros, actuellement connu comme : YANGA, Veracruz, au Mexique.

BIBLIOGR: .ALMANAQUE DE MEXICO 1981, ED. S.D.N. 1981.

MEXICO A TRAVES DE LOS SIGLOS, EDITORIAL CUMBRE, MEXICO 1958 TOMO III PP 480 51.

Traduit de l'espagnol par Guy everad Mbarga

(*) Les différentes références géographiques et ethniques en gras sont difficiles à retrouver dans d’autres sources que ce texte publié sur Internet. L’auteur semble passer de références liées au pays d’origine en Afrique de l’époque de l’esclavage a d’autres liées à la Nouvelle Espagne. On se demande donc s’il s’agit de références historiques ou de références mythiques, ou alors des deux à la fois.

Posté par guyzoducamer à 02:53 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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07 juin 2006

Afrodescendants mexicains, un peu d'histoire

La participation des populations d’origine africaine à la construction de l’identité mexicaine, a été, sauf exception, un phénomène historique peu étudié, sinon totalement ignoré par la majorité des historiens mexicains. Durant la période coloniale, la population africaine a eu à un moment donné une présence en nombre très importante ; et sa culture, par le biais d’un intense métissage, s’est fondue dans ce qui est aujourd’hui le Mexique. La forte présence indigène et l’acculturation rapide des africains –du fait en bonne partie de la diversité de leurs origines et de l’absence d’une langue commune- rendent difficiles une évaluation de nos jours des contributions culturelles et raciales des africains qui sont arrivés au Mexique ; on peut même affirmer qu’en terme de culture générale du mexicain, le sujet est presqu’inexistant.


Au cours des dernières années, l’intérêt pour l’étude et la réflexion de l’africanité au Mexique a crû, et il est certain que sa diffusion par le biais de la vidéo et de la télévision constituera une importante contribution à la divulgation de cette partie occulte de notre histoire. Les premiers africains arrivés au Mexique durant l’époque coloniale venaient en grande majorité des Antilles. Ces noirs étaient déjà passés par un processus de latinisation, raison pour laquelle on les appelait «ladinos».

Au courant du XVIème siècle, les marchands passaient leur temps à naviguer sur toutes les mers, faisant le trafic de l’ivoire, de l’or, d’espèces et surtout des esclaves qu’ils importaient d’Afrique en tant que main d’œuvre pour les entreprises coloniales d’Amérique. Les chiffres de la population africaine en Nouvelle Espagne ne sont pas précis ; la difficulté de les établir s’ajoute au fait qu’en plus du commerce légal, il existait une contrebande intense durant toute la période coloniale qui a introduit un nombre indéterminé d’esclaves dans toutes les colonies d’Amérique.

On peut estimer à partir des chiffres donnés par l’éminent spécialiste du sujet, le Dr. Gonzalo Aguirre Beltrán, que en 1570 il y avait 20 659 africains en Nouvelle Espagne, cent ans plus tard ce chiffre passait à 35089 et en 1742 leur nombre avait diminué pour s’établir à 20131. Cette variabilité numérique est sans doute due à l’intense métissage dans lequel les noirs se sont vus immergés depuis leur arrivée sur les nouvelles terres.

Les recherches sur la contribution des africains au développement économique et culturel de notre pays, sont très loin d’avoir été largement réalisées ; cependant au cours des dernières années, un groupe d’historiens a commencé à détecter dans l’immense patrimoine culturel de la nation, certaines traditions, coutumes, croyances et autres caractéristiques qui jusqu’à de récentes études n’étaient pas connues comme provenant de l’Afrique. Les africains au Mexique, comme c’est le cas dans les autres nations d’Amérique, ont contribué à la construction de notre pays par leur force de travail, par leur sang et par leur culture.

Traduit de l'Espagnol par Guy everard Mbarga

http://www.afromexico.org/index.htm

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