Santo Domingo, RD.-Des centaines de personnes venus de différents endroits de Saint Domingue ont suivi la route laissée par les premiers esclaves emmenés sur l'île Hispaniola, lors d'un séduisant programme concocté patr la Direction du Tourisme Culturel du Ministère de la Culture, dans le cadre de l'Année Internationale de l'Afrodescendance.Les mulâtres afroéquatoriens d'Esmeraldas
Les trois hommes représentés sur cette peinture sont identifiés sur la peinture elle-même comme étant Don Francisco (de) Arobe et (selon une source) ses deux fils. Ils portent de nombreux bijoux en or, dont une grande partie est typique des Indiens de la région. Leurs vêtements sont évidemment européens, et ils portent des lances.
Chaque homme porte le titre honorifique de Don, un signe de respect dans le monde Latino-hispanique. Le titre du tableau identifie de plus les hommes comme étant des "mulâtres", même s’il se pourrait qu’ils aient été en fait des zambos, soit des hommes afro-Indiens. Pour plus d'information sur l’origine de cette peinture et l'histoire de ces hommes, le Minority Rights Group indique ce qui suit dans ses travaux No Longer Invisible: Afro-Latin Americans Today:
"La Négritude régionale comme une force d'auto-libération en Équateur commence à Esmeraldas, et son origine se produit lors d’une violente tempête tropicale et un mouvement de rébellion africaine. L'histoire documentée de l'Équateur établit les débuts de la culture afro-hispanique dans ce qui est aujourd’hui Esmeraldas, en Équateur, où un navire négrier espagnol échoua en 1553. Là, un groupe de vingt-trois Africains de la côte de Guinée, dirigés par un guerrier noir du nom d'Anton, attaquèrent les esclavagistes et se libérèrent. Quelques temps après, ce groupe, en compagnie d'autres noirs entrant dans la région, dirigés par un ladino (un noir hispanisé) du nom d’Alonso de Illescas, commencèrent à dominer la région de Manabí au nord de ce qui est désormais Barbacoas, en Colombie. À cette époque (fin du 16ème siècle) le métissage avec les peuples autochtones, vers lesquels s’enfuyaient les noirs ont fui pour établir leur palenques (villages de noirs auto-libérés - certains fortifiés, d'autres non), était telle que leurs caractéristiques étaient décrites comme étant Zambo (mélange noir-indigènes),dont les synonymes étaient negro (noir) et mulâtre (métisse ou hybride noir-blanc) ...
... En 1599 les noirs étaient dirigeaient clairement ce qu'on a appelé "La República de Zambos" ou "République des Zambos" ... En cette année, un groupe de chefs Zambo, dont on disait qu’ils représentaient 100 000 personnes ou plus de Zambos d'Esmeraldas, firent un périple à Quito pour déclarer leur loyauté à l'Espagne ... Il s’agirait] là d’après certaines informations de la peinture signée et datée la plus lointaine d’Amérique du Sud. "
Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
http://afrodiaspores.tumblr.com/
Visite du Circuit de la Route des Afrodescendants à Saint Domingue
La Ruta de los Afrodescendientes expose les souffrances subies par les premiers noirs arrivés sur l'île, mais aussi leurs traditions laissées pour la postérité.
Par la rédaction
DiarioSocialRD.Com
Santo Domingo, RD.-Des centaines de personnes venus de différents endroits de Saint Domingue ont suivi la route laissée par les premiers esclaves emmenés sur l'île Hispaniola, lors d'un séduisant programme concocté patr la Direction du Tourisme Culturel du Ministère de la Culture, dans le cadre de l'Année Internationale de l'Afrodescendance.Sur la route touristique culturelle, le visiteur a eu la merveilleuse opportunité de faire connaissance avec l'histoire des descendants des africains, racontée par des personnes bien informées du sujet tels que Mateo Morrison, Nikauly Vargas et Edis Sánchez, du comité organisateur des activités de l'Année de l'Afrodescendant, ainsi que le guide culturel Tirso Cabral.
Une des parties les plus émouvantes diu parcours a été le premier point visité , soit l'entrée des esclaves par la porte de Las Atarazanas, dans un scène théâtrale bouleversante recrée par le groupe de Nereyda Rodríguez.
À cet endroit, le Vice Ministre du Développement Institutionnel et président du comité de l'Afrodescendance, Mateo Morrison, a prononcé les mots de bienvenue, en expliquant l'histoire derri;ere l'entrée des premiers noirs et ce que cela signifia pour eux le fait d'être emmenés ici comme esclaves.
Dans la Ciudad Colonial (Ville Coloniale) les visiteurs ont pu beaucoup mieux apprécier l'histoire, lorsque dans le Parc de Colón, on leur a parlé de La Picota, une colonne de pierre sur laquelle on châtiait les noirs qui se révélaient contre le système colonial.
Les visiteurs ont également fait connaissance et ont parcouru le Paseo de la Ronda de las Murallas, d'où on peut apprécier une autre vue du río Ozama; pour continuer avec les histoires du Barrio (Quartier) Santa Bárbara y La Negreta et sa ruelle.
Parmi les autres attractions du voyage, il y a eu la visite de la Cathédrale Primada de América. Le père José Luis Sáez a montré aux personnes présentes le livre de baptême des premiers esclaves.
"La Route des Afrodescendants" est également passée par la Puerta de Lemba, l'Académie des Sciences, la Plaza Sixto Minier des Congos de Villa Mella, l'Ermita San Lorenzo de Los Minas, l'usine Coloniale Engombe, où les visiteurs ont pu profiter d'une une agréable présentation de gagá, pour poursuivre ensuite dans la Communauté de Santa María.
La dernière parade s'est déroulée dans l'usine coloniale de Boca de Nigua, où les voyageurs ont dansé au rythme du palo et de la salve, tout en dégustant la gastronomie locale.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
http://diariosocialrd.com/cultura/cientos-de-personas-siguieron-la-ruta-de-los-afrodescendientes-en-santo-domingo/12982/html/
Une traversée des Andes en mémoire des soldats afroargentins du Général San Martín
SCCPE (Córdoba, Argentina – 04.10.2011 / Télam) - Les Associations historiques et sociales de Córdoba (Argentine) réaliseront une traversée de de la Cordillère des Andes à dos de mulet, émulant ainsi l'armée créée par le général San Martín, en hommage aux afrodescendants qui en faisaient partie.
La traversée se fera du 8 au 20 février prochain, "en mémoire et en hommage aux soldats noirs de San Martín", a indiqué Carlos Ferreyra, coordinateur de l'initiative.
L'hommage a été organisé par la Commission Argentine de Réparation Historique, la Commission Intenationale de Réparation Historique à l'Afroaméricain, l'espace ouvert Arde la Memoria, la Corriente Atilio López, le Grouped 'études et de Recherches des Cordobés (Geic) et l'Institut Général José de San Martín.
La traversée sera réalisée par environ cent personnes à travers le passage de Los Patos. Elle débutera le 8 février à Mendoza.
Le contingent se rendra par la suite au Pérou, en Équateur et au Vénézuela , et le 20 février Buenos Aires, il assistera à l'inauguration du Monument en Mémoire et du Souvenir de l'Esclavage.
Sa participation à la Conférence Internationale sur la Vérité, la Justice, la Réparation et la Mémoire qui se tiendra du 21 au 23 férvrier au Congrs de la Nation est également prévue .
Le coordinateur a indiqué que c'est hommage est possible grâce à "l'existence d'un projet national et populaire dans le pays, qui facilite la visibilisation croissante des afroargentins à travers le dernier recensement, des politiques antidiscriminatoires implémetées par le gouvernement national et le renforcement du patrimone culturel ".
"L'argentine a une dette historique par rapport au crime de lèse humanité que représente le trafic transatlantique des esclaves vers notre pays et face à l'oubli des contributions afroargentines à la construction de la Patrie, notamment dans le domaine politique, socila, cultuel et militaire ", a-t-il ajouté.
Il a précisé que 2011, "année internationale de Reconnaissance des Contributions Afrodescendantes offre une conjoncture unique pour la construction d'un projet de reconnaissance et de réparation, avec le soutien des pays d'Amérique du Sud, de même que l'Unasur, l'Unesco et l'ONU".
Comme antécédants, Ferreyra a cité les traversées des Pyrénées par des réfugiés républicains espagnols durant la Guerre Civile; les traversées routinières des mouvements sanmartiniens de Mendoza, La Rioja, San Juan et Catamarca, les projets de réparation historique des peuples de la Caraibe et d'Amérique du Sud et les programmes de rattrapage face à l'Arpatheid en Afrique du Sud . (Télam)
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Hommage pour la postérité rendu à des héros Afrocubains
Par Patricia Grogg
LA HAVANE, 21 décembre 2010 (IPS) – Sous l’ombre diffuse d'un figuier sauvage dans la Vieille Havane, une petite plaque rappelle désormais le sacrifice consenti par cinq Afrocubains, "Des anonymes Abakuá qui sont morts en tentant de sauver les étudiants en médecine", abattus par un peloton d'exécution alors que cette île était encore une colonie espagnole.
Les héros anonymes appartenaient à une société secrète appelée Abakuá, une confrérie religieuse introduite à Cuba par des esclaves d'Afrique de l’Ouest, qui a été mal représentée et discriminée à Cuba depuis plus d'un siècle.
Les livres d'histoire nationale rendent amplement compte de l'exécution sommaire de huit étudiants de médecine le 27 novembre 1871, accusés sans preuve d’avoir profané la tombe d'un officier militaire espagnol. Chaque année, les étudiants cubains marchent vers le monument qui honore ces jeunes hommes, sont morts en jurant qu'ils étaient innocents.
Mais la mort des cinq Abakuá décédés en protestant contre leur exécution a été ignorée par l'histoire officielle, se plaint Tato Quiñones, le coordinateur de la cérémonie du 27 novembre, organisée depuis 2006 par le Collectif Haydée Satamaria pour la Pensée Critique et les Cultures et la Confrérie de la Négritude, une association de noirs visant à sensibiliser au sujet de la discrimination.
Les deux forums sont associés à l’Observatoire Critique, un réseau de la société civile.
"Treize jeunes hommes, noirs et blancs, sont décédés ce jour-là", déclare Quiñones. à IPS. " Nous avons donc également pris le temps de visiter le monument des étudiants universitaires (ainsi que la plaque commémorant les cinq Abakuá) pour honorer toutes les victimes.L'hommage est modeste, histoire de rétablir l’histoire, parce que (les mémoriaux) demeurent ségrégués", dit-il.
Dans une rare occasion, l'oubli réservé à l'Abakuá a été levé, déclare Quiñones. Granma, le journal officiel, a publié un article en 2009 sur cet épisode historique, et en 1961 le leader de la Guérilla Argentine et chef de la guérilla cubaine, Ernesto "Che" Guevara (1928-1967) indiqua lors de la cérémonie commémorative annuelle que "les étudiants qui ont été tués ce jour-là ne furent pas les seuls à verser leur sang. "
Guevara avait déclaré, "Les archives indiquent en passant, comme un détail trivial qui reste inaperçu de nos jours, que les cadavres de cinq noirs ont été trouvés, et qu'ils avaient été abattus et poignardé à mort à coups de baïonnette." Il cita le témoignage de témoins oculaires selon lequel des Espagnols, aussi, avaient été blessé dans la mêlée.
Selon Quiñones et d'autres experts, l'histoire sera complète lorsqu’une cérémonie unique pourra être organisée pour rendre dans le même temps un hommage aux étudiants en médecine et aux cinq jeunes hommes noirs. L'anthropologue María Ileana Faguada indique à IPS que "c'est pourquoi il était important pour nous aussi d'avoir visité le mémorial des étudiants."
La plaque a été réalisée le 27 novembre de cette année lors d'une cérémonie qui comprenait des poèmes, des chants, des danses et des jeux de tambours. Des dizaines de résidants de La Havane y ont pris part, avant de marcher vers le monument commémorant les étudiants fusillés par un peloton d’exécution en 1871.
Environ 250 personnes ont rejoint la procession, parmi lesquelles des membres d’Abakuá de différentes parties de La Havane, des intellectuels, et une population locale bien informée. Le défilé était mené par deux "iremes" - petits diables représentant les esprits des ancêtres - qui dansaient sur la musique d'un Abakuá "coro de clave" (chœur rythmé).
"Ces cinq Abakuá ont constitué un exemple du caractère indomptable cubain. Ils ont sacrifié leur vie pour essayer de sauver des étudiants, même s'ils savaient qu'ils ne pouvaient pas réussir. Cela démontre que, même à cette époque, il y avait des Noirs Cubains ayant un tel sentiment d'identité et d'humanité qu'ils étaient prêts à en mourir pour elle", déclare Faguada.
Selon Esteban Morales, un spécialiste qui étudie la race, la raison pour laquelle des cinq Abakuá ont été largement oubliés réside peut-être dans les préjugés historiques contre les religions d'origine africaine et ceux qui les pratiquent, malgré le fait que beaucoup de ceux qui ont combattu pour l'indépendance de Cuba étaient des pratiquants noirs de ces religions.
La confrérie Abakuá a été emmenée à Cuba par les esclaves provenant de la région de Afrique de l'Ouest de Calabar, entre la rive est du fleuve Niger et le Cameroun actuel. Seuls les hommes sont admis, et les mystères qui sous-tendent ses croyances demeurent enveloppées de secret.
Selon Quiñones, la société Abakuá a pour la première fois été mentionné –recorded- 1906, dans le livre ""Los Negros Brujos"" (Les Sorciers Noirs) de Fernando Ortiz, un ethno anthropologue reconnu comme l'un des découvreurs des racines africaines de la culture cubaine.
La fraternité est, entre autres choses, une société de secours mutuel. Ses membres adhèrent à un code de valeurs strict, indique à IPS Orlando Gutiérrez, un médecin qui plaide pour une reconnaissance générale du rôle des cinq Abakuá dans l'événement historique.
Il affirme qu’un prêtre Abakuá a permis à des hommes blancs d’intégrer la société pour la première fois en 1863, ce qui en fait la première organisation "intégrationniste" à Cuba.
"Il y avait une fraternité entre Noirs et Blancs. On dit que l'un des étudiants qui devait faire face au peloton d'exécution était peut-être un membre de la société Abakuá," déclare Gutierrez.
Chez les Abakuá, les événements du 27 novembre 1871 ont été transmis sous forme d’histoire orale comme un héritage précieux de rébellion. "Nous voulons que cette commémoration soit un acte d'émancipation, de revendication et de justice historique", déclare Quiñones. (FIN)
Traduit de l'Anglais Par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Le Musée Route de l’ esclave rappelle la traite des africains à Cuba
(Xinhua) – Le Musée de la Route de l’esclave situé dans la province cubaine de Matanzas à l’ouest de l’île rappelle les traces laissées par des milliers d’africains emmenés de force en tant que main d’œuvre moins chère.
Inauguré en juin de l’année dernière par le président du Conseil Exécutif de l’Unesco, le béninois Olabiyi Babalola Joseph Yai, le musée est enclavé dans le Château de San Severino à Matanzas à une centaine de kilomètres à l’est de La Havane.
L’institution fait partie d’un projet de l’Unesco portant le même nom et qui commémore chaque 23 août la Journée International du Souvenir de la Traite des Esclaves et de son Abolition. Ce projet, dont le musée cubain est le premier en Amérique est né en 1993 avec l’intention pour l’Unesco de mettre fin au silence sur la tragédie de la traite des esclaves dans les différences régions et souligner les conséquences de cet infâme commerce sur les sociétés contemporaines.
La Route de l’esclave vise également à contribuer à la compréhension mutuelle et la coexistence pacifique entre les peuples, particulièrement par le biais de la réflexion autour des préjugés liés à l’esclavage, le dialogue interculturel et le pluralisme culturel.
L’inauguration du Musée cubain avait mis en pratique une tentative de l’Unesco qui avait motivé la création de la Route Maya en Amérique Centrale et de la Soie, en Asie.
La forteresse de San Severino dont la construction avait débuté le 13 octobre 1693 est l’une des édifications les plus significatives de la ville de Matanzas et sur ses murs, on peut apprécier les traces indélébiles de la présence esclave.
Il est encore possible de voir les marques que faisaient les esclaves utilisés manœuvres dans la construction pour indiquer l’accomplissement de l’épuisant travail quotidien, et qui prit fin en 1734 après l’élévation des murs, le perçage des tunnels et des réservoirs d’eau et du placement des batteries de la forteresse.
Dany Glover en visite en septembre 2009
Le château fut à son époque le siège du commandement principal du système de défense de la ville dont faisait partie d’autres structures comme le fort San José de la Vigía, El Morrillo et la batterie de Cajigal.
Le Musée dispose de quatre salles, la Casa del comendador, Présentation Archéologique, De l’esclavage et Des orishas.
On y expose des horreurs comme le calimbo, une pratique qui consistait à marquer les noirs au fer incandescent dès leur arrivée sur les marchés d’esclaves pour les identifier comme propriété de l’acheteur, avec une lettre ou un signe quelconque.
D’après certaines références, on les marquait également dans les embarcations sur l’estomac, les bras ou l’épaules, et les femmes elles étaient marquées sur la poitrine en el et sur les pieds.
Le Musée présente l’exposition "Afro América: la tercera raíz", avec 105 fiches didactiques et 14 sculptures africaines données par l’artiste cubain Lorenzo Padilla.
Tout près de la fortification, au 19ème siècle, se produisirent de nombreux soulèvements d’esclaves dont l’un des plus célèbres fut mené par la noire Carlota, ce qui explique qu’il est facile de trouver des traces dans les zones archéologiques alentours des anciennes plantations et baraques, où travaillaient et vivaient les esclaves.
À cet environnement s’ajoutent ce qu’on appelle des palenques, des lieux où les esclaves fugitifs habitaient et s’organisaient, dans des cavernes ou dans des endroits d’accès difficile.
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Revendication du rôle des afrodescendants dans l’Indépendance du Mexique
El Financiero en línea
México,.- L'institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) organise un concours d'essais visant à revendiquer le rôle joué par les afrométisses (afromestizos) dans la lutte pour l'Indépendance du Mexique.
L'objectif est de combler le vide existant dans les études relatives à la participation et la contribution des afrodescendants au processus de libération du pays.
“Il y a de nombreux préjugés, des stéréotypes et une méconnaissance de la population africaine, de son histoire, de sa culture et de sa participation importante à notre indépendance ; chaque fois que l'on pense à l'Afrique, on pense à quelque chose de lointain, mais ce n'est pas le as, puisque nous partageons la même histoire qu'eux”, souligne María Elisa Velázquez, vice présidente du projet la Route de l'Esclave de l'UNESCO, à l'annonce de l’organisation du concours.
L'INAH précise que l'objectif est de reconnaitre la présence des africains métisses au Mexique, emmenés par les espagnols à l'époque coloniale(1521-1821) pour augmenter la main d'œuvre et la force de travail, et qui par la suite, sous le précepte d’abolir l’esclavage, ont pris part au processus qui a donné la liberté au Mexique, auparavant Nouvelle Espagne.
“Si quelques recherches sur la participation des afrodescendants au mouvement indépendantiste existe, c'est un thème peu étudié qui se réfère au 19ème siècle, car les sources ne spécifient pas si ceux qui y prirent part étaient noirs, pardos ou mulâtres”, ajoute celle qui est également spécialiste de l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH).
Elle constate par exemple que dans les biographies de José María Morelos, Vicente Guerrero et Juan Álvarez, leurs origines mulâtresses sont consignées, mais cette donnée n’apparait pas dans l’histoire, de même que le fait les afrodescendants luttèrent aux côtés de Morelos.
“Leur présence fut telle que à la fin du 16ème siècle et aux débuts du 17ème siècle, il y avait plus d'africains que d'européens dans l'ancienne ville de México, où il était habituel de voir des noirs se promener dans les rues; c’est important de récupérer cela, car jusqu'à un certain point, c'est une histoire récente”, affirme María Elisa Velázquez.
Le sujet est d’actualité —affirme la spécialiste— puisque les groupes africains présents dans le pays, de nos jours traversent un moment important, eux qui cherchent à revendiquer et souhaitent être reconnus et avoir des droits, car ils n'ont pas accès aux différentes politiques publiques parce qu’ils ne sont pas considérés comme des indigènes.
Le concours organisé également par l'Ambassade d'Afrique du sud, le Projet International La Route de l'esclave de l'UNESCO et l'Université Nationale Autonome du Mexique, entre autres organismes, aidera à approfondir le sujet de la participation de ce secteur de la population dans l'obtention de l'Indépendance du Mexique.
La convocation à ce concours est ouverte jusqu'au 15 novembre et les participants devront réaliser des recherches inédites basées sur des sources primaires écrites, iconographiques et archéologiques.
Ces recherches doivent se faire sur des thèmes tels que la participation des afrodescendants au mouvement de soulèvement armé et les relations et interactions de ceux-ci avec d'autres groupes de populations du Mexique, avant et pendant le mouvement d'Indépendance.
En plus de souligner la problématique du mouvement politique de 1810, on peut enquêter sur des thèmes comme les familles afrodescendantes, la participation de la femme dans la société et les processus culturels, entre autres thématiques, liées à ce groupe de population qui depuis plus de deux siècles habite principalement dans les états de Guerrero, Veracruz, Oaxaca et Guanajuato.
Les travaux devront être envoyés par courrier électronique aux adresses maelisavelazquez@yahoo.com.mx ou afrodesc8@gmail.com, ils seront évalués et examinés par des spécialistes, et les résultats seront sans appel ; le jury évaluera l'originalité et le contenu empirique, théorique et méthodologique des essais, de même que leur qualité.
Les résultats seront annoncés dans la première semaine du mois de décembre ; et les essais classés parmi les trois premiers seront publiés seront publiés, le premier et le deuxième gagneront un voyage en Afrique du Sud et à Paris prévus pour 2011.
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga
Obama commémore les 45 ans du "Dimanche Sanglant" à Selma
Environ 600 afroaméricains furent attaqués par la police au début d’une marche pour exiger leurs droits de vote.
Le président affirme que malgré tous les progrès réalisés, il reste encore beaucoup à faire.
El Financiero – Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
.- Le président Barack Obama a commémoré ce dimanche le 45ème anniversaire du dénommé "Dimanche Sanglant", lorsque quelques 600 afroaméricains furent attaqués par la police alors qu’ils entamaient une marche à Selma, en Alabama, pour exiger leurs droits de vote.
"En ce jour, il y a 45 ans, des centaines d’hommes et de femmes courageux se rassemblèrent dans la petite ville de Selma, en Alabama, pour annoncer aux monde qu’ils faisaient aussi partie des États-Unis", a indiqué Obama alors qu’il était réuni avec des législateurs et des leaders afroaméricains à la Maison Blanche.
Obama, le premier président d’origine afroaméricaine a affirmé que malgré tous les progrès réalisés du point des vue des droits civils depuis "cette journée terrible à Selma", il y a encore plus à faire.
Le 7 mars 1965, des agents de la police de l’état de l’Alabama attaquèrent les marcheurs afroaméricains alors qu’ils essayaient de traverser le pont Edmund Pettus à Selma au début d’une marche de 86 kilomètres
L’attaque, captée par les caméras de télévision et retransmis dans l’ensemble du pays, réveilla la conscience des états-uniens sur l’importance du droit de vote et de l’ensemble du mouvement pour les droits civils.
Quelques jours après l’attaque qui envoya à l’hôpital 50 personnes et fit de nombreux blessés, le président Lyndon B. Johnson envoya au Congrès un projet de loi interdisant la discrimination des minorités dans le registre électoral.
Haïti: la ruine des héros
Par Antumi Toasijé*
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
Si tout le monde savait vraiment ce qui s'est passé autour du fort de Vertières, dans l’ancien Cap-Français et actuel Cap-Haitien, il ya un peu plus de deux cents ans, peut-être qu’il n y aurait pas eu autant de morts sous les décombres calamiteuses d'un rêve planétaire. Les touristes du monde entier feraient des queues kilométriques, pour s’entendre raconter les débuts de la formation du monde contemporain et pour remercier les héros Haïtiens parce qu’ils avaient mis fin à l’esclavage.
Rien qu’avec le bénéfice touristique de cette reconnaissance, on aurait pu construire un état solide, à l’épreuve des tremblements de terre, et personne, à la pointe de ses armes, n'aurait osé faire chanter les Haïtiens pour se faire indemniser.
À Vertières, un 18 Novembre 1803, le vicomte de Rochambeau maintenait les positions françaises désespérées, aux commandes de troupes napoléoniennes décimées, élites en leur temps, peut-être seulement comparables aux Marines actuels.
La troupe était découragée et craintive, car depuis des mois, ses membres s’étaient rendus compte d’un phénomène exceptionnel de l’histoire : des hommes et des femmes qui ont gagné leur propre liberté sont les plus semblables à de demi-dieux invincibles.
Les troupes françaises, aux portes des forts assiégés d’Haïti, racontèrent l’expérience, pleins d'admiration et de reconnaissance, car ils avaient également été des révolutionnaires mourant pour le rêve d'un monde plus juste.
Les français lançaient une bordée et ouvraient la voie au milieu de la masse humaine ; mais d'autres, sans peur, remplissaient de suite l’espace vide laissé par les boulets de canon et entre les cantiques ancestraux africains, poursuivaient leur avancée, pieds nus, portant des vêtements en lambeaux, enveloppés de sueur et de sang.
On dit que ces évènements avaient commencé un 14 d'août 1791, à Bois Caïman, un groupe d'esclaves et d’affranchis dirigés par le prêtre vaudou Boukman, né en Guinée et réduit en esclavage en Haïti, qui s’était libéré tout seul, digne successeur du Nègre Marron Mackandal se jurèrent de mettre fin pour toujours à l'oppression infinie des blancs.
Haïti, la colonie la plus productive de l'histoire de l'Amérique extrayait le sang de 400.000 Africains et le transformait en sucre pour la consommation des bourgeoisies européennes qui s’accroissaient. La machine extraordinaire fonctionnait en stimulant les guerres en Afrique, grâce à l'enlèvement de captifs et à un système de production qui ignorait totalement le mot humanité. L'extrême cruauté des négriers dans les champs et les usines de sucre faisait le reste.
L'espérance de vie des otages de leur arrivée en Amérique, en provenance de leur terre natale dans les royaumes qui entouraient le Dahomey, atteignait à peine huit ans. L’historien C. R. L. James, qui n’a jamais suffisamment été reconnu nous rappelle que ceux qui survivaient à cette vie de brutalité constante, travaillant dix-huit heures par jour, subissant des mauvais traitements invariables, des abus sadiques, des séparations familiales, des mutilations, des humiliations de toutes sortes, étaient parfois, en récompense d’une vie de dévouement , dévorés par des chiens sur les places publiques installées pour le plaisir macabre des classes supérieures. Les personnes âgées ou handicapées finissaient dans la gueule de chiens entraînés à manger de la chair humaine.
Héros haïtiens, héros anonymes et héros célèbres. Le long et douloureux processus de libération eut le meilleur des leaders possible en Toussaint L’Ouverture, un ancien esclavisé, un génie plein de compassion et de conviction, Toussaint le pionnier , dont on a dit qu’il ne se reposait pas, dont on affirmait qu’il allait se coucher et ressortait par la fenêtre de nuit pour superviser sur son cheval, la situation des détachements des insurgés dans les villes voisines. Il écrivait plusieurs lettres à la fois, il a vaincu l'Espagne et une Grande-Bretagne qui avait foncé sur une proie qui lui semblait faciles. Il recevait les délégations françaises en traitant ses émissaires avec un goût exquis. Il s’associait avec les uns et les autres, il complotait et haranguait, avançant pas à pas, intelligemment vers la solidification de la seule révolution menée avec succès par des esclaves.
Finalement trahi par une France ingrate qui lui avait juré de maintenir la liberté des esclaves, pour tenter de nouveau rétablir l'esclavage à la moindre occasion. Il mourut de froid, abandonné, prisonnier dans le Fort alpin de Joux le 8 Avril 1802.
Heureusement, lorsqu’une révolution est véritable, elle ne dépend pas d'un seul leader. À Vertières, Jean-Jacques Dessalines compléta ce processus colossal, qui voyait les plus déshérités de la terre, se dresser comme des géants et expulser l’armée la plus moderne de son temps.
Entre 1791 et 1803 moururent 100.000 Africains et 20.000 Européens, semant la graine de liberté qui contaminera l’ensemble de l’Amérique et qui signifiera, non seulement la chute de toutes les colonies, une à une, mais aussi le début de la fin de l'esclavage légalisé, une institution qui existait depuis des millénaires et qui semblait inhérente à l'être humain et impossible à éradiquer.
Mais toute bonne histoire a son épilogue. Au départ, il ya le château-Citadelle Laferrière, classé patrimoine mondial de l'Humanité par l’UNESCO. Un mastodonte de pierre érigé en 1805 par le Roi haïtien Henri Christophe dans la perspective d'une nouvelle attaque française sur le côté ouest de l'île "La Hispaniola".
Les Français, observant la silhouette de l'imposante structure, humiliés par ceux qu’ils considéraient comme des sauvages, moitié-animaux décidèrent d'attribuer la victoire africaine au satanisme auquel ils reliaient le vaudou. Dans un dernier geste d'arrogance, l’ancienne colonie exigea le paiement d’une indemnisation en millions pour la perte financière des anciens négriers. Et étonnamment, Haïti paya religieusement 60 millions de francs or, pièce par pièce. Le pays le plus appauvri d'Amérique, termina de payer en 1947 une somme qui selon les calculs correspondrait de nos jours à 21 milliards de dollars.
Pour payer la dette en question, dès le début du 20ème siècle, et particulièrement sous les dictatures des Duvalier, Haïti s’endetta auprès des banques internationales, principalement nord-américaines, hypothéquant ainsi complètement l'avenir du pays.
Pour se faire une idée, à l’époque où l’endettement était le plus fort, 80% du budget du petit État des Caraïbes était destiné au remboursement de la dette.
À la fin de l'époque des dictateurs Duvalier père et fils, les mesures d'ajustement structurel catastrophiques imposées par le Fonds Monétaire International avaient ruiné les champs, et avaient provoqué un exode massif vers les villes. À cette époque succéda une période mouvementée de coups d’états orchestrés depuis les États-Unis pour défendre d’une industrie en pleine croissance des barres de chocolat caloriques.
Par surprise et dans un moment de distraction où les Américains étaient absorbés par leur projet d'affaiblissement de l'Irak, Jean-Bertrand Aristide un prêtre catholique d’apparence fragile, remporta la présidence lors d’élections véritablement libres en 1990 avec 67% des voix. Cependant, compte tenu de sa politique proche du peuple, il fut très vite déposé avec le soutien de l’administration Bush père et poussé à l'exil au Venezuela. La manipulation nord-américaine d'Haïti avait commencé avec l'occupation militaire qui débuta en 1915 et qui ne prendra pas fin avant 1934.
Les militaires nord-américains firent acte de présence poussés par les banquiers qui cherchaient à tirer les profits énormes de la dette du pays. À l’époque, ils cherchaient à se défaire de l’influence gênante et croissante des allemands en Amérique latine puisque ces derniers contrôlaient le commerce haïtien et menaçaient d’étouffer les affaires florissantes de la Haitian American Sugar Company.
Le départ de Bush en 1993 marqua un changement dans l’orientation des politiques haïtiennes. Bill Clinton décida de miser sur le populaire Aristide. Proche du peuple et panafricaniste, Aristide rentra de son exil et termina son mandat en dissolvant l'armée – une source importante des maux d’Haïti et se retira après avoir effectué les 2 mandats prescrits par la Constitution.
Après la présidence intermédiaire de René Préval, lui aussi progressiste, Aristide retourna au pouvoir en 2000 et reprit ses politiques de réforme.
Le leader du mouvement Lavalas augmenta sérieusement l’accès des populations aux soins de santé et à l'éducation, il éleva sensiblement les niveaux de respect des Droits Humains, il doubla le salaire minimum, fit la promotion de la réforme agraire qui bénéficia aux petits propriétaires, il améliora l’industrie de la pêche en développant l’autonomie des pêcheurs, il actionna un réseau alimentaire à faible coût et essaya, avec peu de réussite de mettre fin à la corruption dans la classe politique haïtienne. Peut-être sa plus grande erreur fut son sens de la justice.
Haïti, la terre des héros anti – esclavagistes était ruinée à cause du paiement injuste d’une indemnisation à la France. Cet homme frêle fit écho des dispositions de la Cour Pénale Internationale qui décrétait à Rome en 2000 que l'esclavage est un crime de lèse humanité imprescriptible, et que par conséquent, il ne fallait pas payer pour être libre, au contraire, les négriers auraient dû indemniser les esclaves à l’époque.
Résolu, Aristide décida de se présenter lors de chaque événement célébrant le 200ième anniversaire de la mort de Toussaint, avec un bilan de la dette, à savoir 21.6851135.571, 48 dollars américains. Peu lui importait qui serait en face de lui, qu’il s’agisse d’un président français ou Américain, beaucoup plus qu’il n’en faut à deux loups brouillés pour se partager un agneau.
Aristide sera enlevé le 1er Mars 2004, mis dans un avion nord-américain et envoyé en exil en Afrique du Sud, où il demeure aujourd'hui.
La dette de la France envers les héros de la seule révolution dans l'histoire de l’humanité, qui provoqua la fin de l'esclavage, est d'une telle ampleur qu’elle équivaut à l'ensemble de son produit intérieur brut d‘une année, et soyons honnêtes, elle ne peut que signifier un cataclysme pour l’Europe. Car, si elle ne doit cela qu’à Haïti, quelle est sa dette envers les africains ?
Peut-être que si Aristide avait su ce qu’on a appris en Janvier 2008, il aurait attendu un peu avant de réclamer ce que Haïti mérite en terme de justice. Car, l’avant dernier acte de la tragédie d'Haïti se joue sous le sol et sous la mer de son territoire ; à Plaine du Cul-de-Sac, Artibonite, Plateau Central, et dans le golfe de la Gonâve où on se bat pour obtenir le pétrole tant convoité.
Les désastres et les calamités, comme ces tremblements de terre sont toujours attribués en Occident, en petit comité, à l'incapacité des Africains à gérer la macro-économie et de construire des états architectoniquement et institutionnellement solides, bien entendu, il faut dire que nous avons une apparente incapacité à exiger manu militari ce qui nous est dû.
Parce que la malédiction d'Haïti n'est pas due au supposé pacte satanique des officiants du Vaudou pour exiger la liberté aux Loas (esprits).
La ruine haïtienne et africaine, provient du fait que sous nos pieds, ne cesse d’augmenter la présence de l'or, du pétrole, du coltan et des diamants, du sucre, du cacao, du café, du bois, des ressources de la pêche ... ce qui attire les plus avides et violents de la terre vers nous et entraine l’oubli et la ruine des héros qui nous défendent. (*) Director del Centro de Estudios Panafricanos
Pourquoi les États-Unis doivent des milliards à Haïti: Historique le plus concis
Par Bill Quigley
Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
Pourquoi les américains doivent des milliards à? L’ancien secrétaire d'État américain Colin Powell a qualifié la politique étrangère comme la" Règle de Pottery Barn." Autrement dit, "Si vous cassez, vous en êtes propriétaire."
Les États-Unis ont travaillé à briser Haïti depuis plus de 200 ans. Nous avons une dette envers Haïti. Il ne s’agit pas de la charité. La dette que nous avons envers Haïti est une affaire de justice. De réparations. Et ce ne sont pas non plus les 100 millions de dollars promis par le président Obama - qui représente l’argent de la loterie. Les États-Unis doivent des Milliards à Haïti - avec un grand M.
Les États-Unis ont travaillé pendant des siècles à faire rompre Haïti. Les États-Unis ont utilisé Haïti comme une plantation. Les États-Unis ont contribué à faire saigner le pays économiquement depuis qu’il s’est libéré, les américains ont envahi le pays à plusieurs reprises militairement, ils ont soutenu des dictateurs qui ont abusé du peuple, utilisé le pays comme un dépotoir pour notre propre intérêt économique, ils ont ruiné leurs routes et leur agriculture et renversé les fonctionnaires élus populairement. Les États-Unis ont même utilisé Haïti comme le bon vieux propriétaire de plantations et ses ressortissants s’y sont rendus à plusieurs reprises pour leurs loisirs sexuels.
Ci-dessous le plus bref historique des efforts les plus importants des américains pour briser Haïti.
En 1804, lorsqu’Haïti obtint sa liberté de la France dans ce qui fut la première victoire d’une révolution d’esclave au monde, les États-Unis refusèrent de reconnaître le pays. Les États-Unis continuèrent de refuser la reconnaissance à Haïti pendant 60 années supplémentaires. Pourquoi? Parce que les États-Unis continuaient de tenir en esclavage des millions de ses propres citoyens et craignait qu’en reconnaissant Haïti, cela encouragerait la révolution des esclaves aux États-Unis.
Après la révolution de 1804, Haïti fut l'objet d'un embargo économique écrasant de la France et des sanctions des États-Unis qui durèrent jusqu'en 1863. La France utilisa finalement sa puissance militaire pour forcer Haïti à payer des réparations pour les esclaves qui avaient été libérés. Les réparations étaient de 150 millions de francs. (La France a vendu la totalité du territoire de la Louisiane aux États-Unis pour 80 millions de francs!)
Haïti fut contraint d’emprunter de l’argent auprès des banques en France et aux États-Unis pour payer des réparations à la France. Un prêt important des États-Unis pour rembourser les Français fut finalement rendu 1947. La valeur actuelle de ce qu’Haïti fut contraint de verser aux banques françaises et américaines? Plus de 20 milliards de dollars - avec un grand M.
Les États-Unis ont a occupé et contrôlé Haïti par la force de 1915 à 1934. Le président Woodrow Wilson envoya des troupes pour l’envahir en 1915. Les révoltes des Haïtiens furent matées par l'armée américaine - tuant plus de 2000 personnes dans une seule escarmouche. Au cours des 19 années suivantes, les États-Unis contrôlèrent les douanes en Haïti, collectaient les impôts et administraient de nombreuses institutions gouvernementales. Combien de milliards furent détournés par les États-Unis pendant ces 19 ans?
De 1957 à 1986, Haïti fut contraint de vivre sous des dictateurs soutenus par les États-Unis : «Papa Doc» et «Baby Doc» Duvalier. Les États-Unis ont soutenu ces dictateurs économiquement et militairement, car ils faisaient ce que les États-Unis voulaient et ils étaient du point de vue politique "anti-communistes" – ce que l’on peut aujourd’hui traduire par opposés aux droits de l'homme pour leur peuple. Duvalier a volé des millions à Haïti et contracté des centaines de millions de dettes qu’Haïti continue de devoir. Dix mille Haïtiens ont perdu la vie. Selon les estimations, Haïti doit 1,3 milliard de dollars de dette extérieure et 40% de cette dette a été contractée par les Duvalier qui étaient soutenus par les américains.
Il ya trente ans, Haïti n’importait pas de riz. Aujourd'hui, Haïti importe presque tout son riz. Même si Haïti fut la capitale de la culture du sucre dans les Caraïbes, il importe désormais également le sucre. Pourquoi? Les États-Unis et les institutions financières mondiales dominées par les États-Unis - le Fonds monétaire international et la Banque mondiale - ont contraint Haïti à ouvrir ses marchés au monde. Puis les États-Unis ont déversé des millions de tonnes de riz et de sucre américain subventionné en Haïti – concurrençant ainsi leurs agriculteurs et en ruinant l'agriculture haïtienne. Ce faisant, les États-Unis ont forcé Haïti à devenir le troisième marché mondial du riz américain. Une bonne chose pour les agriculteurs des États-Unis, une mauvaise pour Haïti.
Terroriser les gens pour les soumettre était l’objectif apparent de l’occupation brutale et sanglante d’Haïti par les Marines américains après le coup d'État de 2004 soutenu par les américains. Comme toujours, le peuple résista. En 2002, les États-Unis bloquèrent des centaines de millions de dollars en prêts consentis à Haïti, qui devaient être utilisés, pour des projets publics parmi lesquels l'éducation, la construction de routes. Ce sont sur ces mêmes routes que les équipes de secours ont tant de mal à circuler!
En 2004, les américains ont de nouveau détruit la démocratie en Haïti lorsqu’ils ont soutenu le coup d'État contre Aristide, le Président élu d'Haïti.
Haïti est même utilisé pour les loisirs sexuels, comme au bon vieux temps des plantations. Examinez les nouvelles avec attention, et vous trouverez de nombreuses histoires de sévices sur mineurs par des missionnaires, de soldats et travailleurs dans le domaine de la charité. De plus, il ya ces vacances sexuelles prises à Haïti par des personnes originaires des États-Unis et d’ailleurs. Qu’est ce qui est dû pour cela? Quelle valeur donneriez-vous à ces agissements si c'étaient vos sœurs ou vos frères qui en étaient victimes? 
Les sociétés américaines sur place en Haïti font équipe depuis des années avec l'élite haïtienne pour faire fonctionner des ateliers de misère dans lesquels grouillent des dizaines de milliers d'Haïtiens gagnant moins de 2 dollars par jour.
Le peuple haïtien a résisté à la puissance économique et militaire des États-Unis et d'autres depuis son indépendance. Comme nous tous, les Haïtiens ont aussi fait leurs propres erreurs. Mais la puissance américaine a contraint les Haïtiens à payer le prix fort - décès, dette et sévices.
Il est temps pour le peuple Américain de se joindre aux Haïtiens et d’inverser le cours des relations américano-haïtienne.
Ce bref historique démontre pourquoi les États-Unis doivent des Milliards - avec un grand M - à Haïti. Ce n'est pas la charité. C'est la justice. C’est une question de réparations. La crise actuelle est une occasion pour les américains de reconnaitre l'histoire de domination d’Haïti par les États-Unis et d'apporter une réponse véritablement juste.
Pour en savoir plus sur l'histoire de l'exploitation d'Haïti par les États-Unis, voir Paul Farmer, “The Uses of Haïti”; Peter Hallward, “Damming the Flood”; , et Randall Robinson, “An Unbroken Agony”.
Bill Quigley est le directeur juridique du Center for Constitutional Rights et un défenseur des droits de l’Homme en Haïti de longue date. Il peut être contacté par mail àQuigley77@gmail.com.
LES PÉCHÉS D’ HAITI...
Eduardo Galeano
Extraits traduits de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga
La démocratie haïtienne est née il y a très peu. Au cours de sa courte période de vie, cette créature affamée et malade n’a reçu que des baffes. Elle était à peine née durant les jours de fêtes de 1991, qu’elle fut assassinée par le putsch du général Raoul Cédras. Elle ressuscita trois ans plus tard. Après avoir placé et chassé tant de dictateurs militaires, les États-Unis chassèrent puis réinstallèrent le président Jean-Bertrand Aristide, qui fut le premier président élu par le vote populaire de l'histoire d'Haïti et qui avait la folle idée de souhaiter un pays moins injuste.
Le vote et le veto
Pour effacer les traces de l'implication américaine dans la dictature carnassière du général Cédras, les Marines dérobèrent 160 000 pages d’archives secrètes. Aristide retourna sous les chaines. On lui permit de retrouver le gouvernement tout en lui interdisant le pouvoir. Son successeur, René Préval remporta près de 90 % des votes, mais Préval a moins de pouvoir que n'importe quel chefaillon de quatrième rang du Fonds Monétaire ou de la Banque mondiale, même si le peuple haïtien ne l'a pas élu, sans même la moindre voix.
Le veto est plus puissant que le vote. Le Veto des réformes : chaque fois que Préval, ou l'un de ses ministres demande des prêts internationaux pour donner à manger aux affamés, pour l'éducation des analphabètes ou pour donner des terres aux paysans, il ne reçoit aucune réponse, ou alors on lui ordonne de Réciter la leçon. Et comme le gouvernement haïtien ne finit pas d'apprendre qu'il faut démanteler les rares services publics qui restent, ces derniers et faibles remparts pour l'un des peuples les plus démunis du monde, les maitres lui attribuent une note d'échec à l'examen.
L'alibi démographique
En fin d'année dernière, quatre députés allemands ont visité Haïti. Dès leur arrivée, la misère du peuple les frappa de suite. L'ambassadeur d'Allemagne leur expliqua alors le problème à Port-au-Prince: "C'est un pays surpeuplé", dit-il. "La femme haïtienne veut toujours et l'homme haïtien peut toujours".
Puis il se mit à rire. Les députés eux restèrent silencieux. Cette nuit-là, l'un d'entre eux, Winfried Wolf consulta les chiffres, et constata qu’Haïti, avec El Salvador, est le pays le plus surpeuplé des Amériques, mais il l'est autant que l'Allemagne, pays avec lequel il a presque le même nombre d'habitants au kilomètre carré.
Durant son séjour en Haïti, le député Wolf fut non seulement frappé par la misère: il fut également ébloui par la capacité de beauté des peintres populaires. Et il en arriva à la conclusion qu'Haïti était surpeuplé ....d’artistes.
En fait, l'alibi démographique est plus ou moins récent. Jusqu'à quelques années auparavant, les puissances occidentales parlaient plus clairement.
La tradition raciste
Les États-Unis ont envahi Haïti en 1915 et ont dirigé le pays jusqu'en 1934. Ils se sont retirés après avoir atteint leurs deux objectifs: recouvrer les dettes de la City Bank et abroger la disposition constitutionnelle interdisant la vente des plantations aux étrangers. À l'époque, Robert Lansing, secrétaire d'État, justifia la longue et cruelle occupation militaire en expliquant que la race Noire est incapable de se gouverner, qu'elle a "une tendance inhérente à la vie sauvage et une incapacité physique à la civilisation." L'un des responsables de l'invasion, William Philips, quelque temps avant fait éclore l’idée astucieuse suivante: "Il s'agit d'un peuple inférieur, incapable de préserver la civilisation laissée par les Français".
Haïti avait été le joyau de la couronne, la colonie la plus riche de la France: une grande plantation de sucre provenant du travail esclave. Dans L'esprit des lois, Montesquieu avait expliqué sans mâcher ses mots:
"Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves.Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête ; et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre. On ne peut se mettre dans l’idée que Dieu, qui est un être très sage ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir. "
Par contre, Dieu avait mis un fouet dans la main du contremaître. Les esclaves ne se distinguaient pas par leur volonté de travailler. Les Noirs étaient esclaves par nature et fainéants également par nature, et la nature, complice de l'ordre social, était l'œuvre de Dieu: l'esclave devait servir le maître et le maître devait punir l’esclave, qui ne montrait pas le moindre enthousiasme au moment de se conformer au dessein divin. Karl von Linné, un contemporain de Montesquieu, avait dépeint le noir avec une précision scientifique: "Vagabond, paresseux, négligent, indolent et aux coutumes dissolues". Plus généreux, un autre de ses contemporains, David Hume, constata que le noir" peut développer certaines capacités humaines, comme le perroquet qui parle quelques mots. "
L’humiliation impardonnable
En 1803, les Noirs d'Haïti administrèrent une terrible raclée aux troupes de Napoléon Bonaparte, et l'Europe ne pardonna jamais cette humiliation infligée à la race blanche. Haïti fut le premier pays libre des Amériques. Les États-Unis avaient conquis leur indépendance auparavant, mais il y avait un demi-million d'esclaves qui travaillaient dans les plantations de coton et de tabac. Jefferson, qui était propriétaire d’esclaves, disait que tous les hommes sont égaux, mais il affirmait également que les Noirs furent, sont et demeureront inférieurs. Le drapeau des hommes libres s’éleva sur les ruines. La terre haïtienne avait été dévastée par la monoculture du sucre et détruite par les calamités de la guerre contre la France, et un tiers de la population était tombée au cours du combat. Commença alors le blocus. La nation qui venait de naitre fut condamnée à la solitude. Personne ne lui achetait rien, personne ne lui vendait, personne ne la reconnaissait.
Le crime de la dignité
Même Simón Bolívar, qui avait su faire preuve de courage, n'eut le courage de signer la reconnaissance diplomatique du pays noir. Bolivar avait pu relancer sa lutte pour l'indépendance américaine grâce au soutien d'Haïti, alors que l'Espagne l'avait déjà vaincu. Le gouvernement haïtien avait fourni sept navires et des soldats et des armes en grande quantité, à la seule condition qu'il libère les esclaves par la suite, une idée que Bolivar, le Libérateur n'avait même jamais eu. Bolivar respecta cet engagement, mais, après sa victoire, alors qu'il gouvernait la Grande Colombie, il tourna le dos au pays qui l'avait sauvé.
Et lorsqu'il convoqua les nations américaines pour la rencontre de Panama, il n'invita pas Haïti , mais convia l'Angleterre.
Les États-Unis n’ont reconnu Haïti qu’il y a peu, soixante ans après la fin de la guerre d'indépendance, alors qu’Etienne Serres, un génie français de l’anatomie, découvrait à Paris que les Noirs sont primitifs parce qu'il y a peu de distance entre leur nombril et leur pénis. À l'époque, Haïti était déjà entre les mains des dictatures militaires sanguinaires, qui destinaient les ressources faméliques du pays au paiement de la dette française: l'Europe avait imposé l'obligation à Haïti de verser une gigantesque indemnité à la France, à titre de pardon pour avoir commis le délit de dignité.
L'histoire du harcèlement d'Haïti, qui aujourd'hui a des dimensions tragiques, c'est aussi l'histoire du racisme dans la civilisation occidentale.
Brecha 556, Montevideo, 26 juillet 1996.







