07 août 2008
la présence afrodescendante au Costa Rica
Gabriela Villalobos
Historienne, Dpt. Antropologie et Histoire
Musée National du Costa Rica

Les premiers Africains arrivèrent au Costa Rica pendant la conquête et la colonisation de l’Amérique en tant qu’esclaves du fait de la crise démographique subie par la population indigène. Une deuxième période de leur arrivée fut le dernier tiers du 19ème siècle lorsque l’État libéral costaricain chercha à affirmer sa souveraineté dans la Caraïbe et à communiquer directement avec l’Europe par le biais de la construction du chemin de fer vers l’Atlantique.
Pour réaliser cette Enterprise, on négocia avec l’américain Minor Keith des terres et d’autres avantages qui permirent de lancer la production bananière à grande échelle de l’UFCO (United Fruit Company), ce qui transforma la logique des relations économiques, sociales et culturelles qui existaient dans la région depuis l’époque coloniale.
Dans le contexte de demande main d’œuvre pour la construction du chemin de fer et du développement de l’activité bananière, on fit venir un grand nombre d’afro caribéens, -surtout des jamaïcains-, ainsi que des chinois, des italiens et des centre américains. En 1872 arriva le premier navire à Puerto Limón en provenance directe de Kingston, Jamaïque; un an plus tard, on parlait déjà de la présence de presque 1000 afro caribéens à Limón. Ce millier augmenta peu à peu atteignant presque les 20.000 en 1927, soit environ 55% de la population de la province même si ce pourcentage baissa au cours des décennies suivantes.
Ces habitants d’origine antillaise qui avaient commencé leur vie en tant que travailleurs de la construction du chemin de fer, constituèrent par la suite la main d’œuvre de la plantation bananière et en partie des services urbains et sur les quais. Après l’abandon de l’ UFCO et de la crise des années trente, ceux qui ne migrèrent pas commencèrent à s’installer comme paysans locataires des terres de la Compañía et à se consacrer à l’exploitation de cacaoyères.
Pour réaffirmer la contribution de la culture afro-costaricaine dans le pays, le Syndicat des Éducateurs (SEC), au début de la décennie 1980 impulsa le décret instituant le 31 août comme “Día del Negro”(Journée des Noirs); jour choisi en commémoration de la “Première Convention sur la Situation des Noirs” qui prenait fin le 31 août 1920 au Madison Square Garden de New York, et qui représente un des antécédents fondamentaux dans le combat pour le respect et contre l’exclusion de la population afro descendante dans le monde, un combat qui n’a pas pris fin.
Traduit de l'espagnol par Guy Everard Mbarga
http://www.museocostarica.go.cr/es_cr/tema-del-mes/d-a-del-negro.html?Itemid=117
13 juillet 2008
Pour une véritable citoyenneté afropéruvienne
Publié en 2005
Pour une véritable citoyenneté afropéruvienne
Par Vanessa Verástegui Ollé

Étudiante en Postgradué d’Anthropologie à la Pontificia Universidad Católica del Perú.
Membre du GIM PERU- Grupo Impulsor Contra el Racismo y de la Mesa contra el Racismo de la Coordinadora Nacional de Derechos Humanos
Le concept moderne de l’État Nation est réévalué depuis la décennie 1960 par différents auteurs des sciences sociales. Des auteurs comme Julio Cotler, José Matos Mar, Rodrigo Montoya, entre autres, arrivent à la conclusion extrême et alarmante qu’il n’existe pas de nation péruvienne au Pérou, car, malgré le fait que nous partageons le même espace physique, il n y pas eu un projet qui intègre toute la population péruvienne.
José Matos, dans La Crisis del Estado y el Desborde Popular[1] parle d’un Pérou scindé, une situation qui a débuté durant la Colonie, et qui s’est accentué depuis la République: le Pérou officiel et le Pérou marginalisé. D’un côté, les institutions d’État, la culture urbaine et l’identité créole-européenne. Et d’un autre côté, la paysannerie, la masse urbaine et l’andinisation de la ville. Ce Pérou est le Pérou pluriel, dans lequel convergent les métisses, les communautés quechuas, aymaras et les ethnies de l’Amazonie.
Ce n’est pas très loin de la vérité, sauf qu’ils ont omis la communauté afrodescendante dans cette partie du Pérou. Oui, ce secteur assez invisibilisé par l’État, par la société et par la culture officielle et même par les intellectuels. Il est nécessaire d’insister sur le fait que les afrodescentants furent arrachés à leur terre, du continent africain, laissant derrière son patrimoine culturel, son identité, pour devenir se transformer en nègre (noir) méprisé et en esclave pour l’histoire officielle péruvienne. La communauté, du fait qu’elle constitue 10 % de la population totale se trouve plus exposée à l’exclusion sociale et à la discrimination raciale, raison pour laquelle sa lutte pour combattre ces dernières est plus ardue. Heureusement, depuis un peu moins d’un demi siècle (débuts en 1960) se consolident divers mouvements afropéruviens et des institutions visant à défendre de leurs droits et réclamer leur visibilisation dans l’État péruvien et dans l’imaginaire collectif. Tous ces mouvements, étaient encouragés par des personnalités artistiques comme Nicomedes et Victoria de Santa Cruz, qui faisaient partie d’un groupe culturel. Ils se consacrèrent à compiler et à diffuser les traditions orales et artistiques de la communauté. Ainsi surgissent d’autres organisations comme “Perú Negro”, “Folklore Negro y Punto”. Dans les années 70, le concept d’identité devient l’un des thèmes d’intérêt pour le mouvement avec la fondation de l’Association Culturelle de la Jeunesse Noire Péruvienne (Asociación Cultural de la Juventud Negra Peruana -ACEJUNEP). Une autre des personnalités fut José Pepe Luciano, défenseur des droits humains des afrodescendants au Pérou. Sa plus grande contribution fut la création de la première carte géo-ethnique de la communauté. Son exercice du leadership est devenu le meilleur exemple pour les autres institutions actuelles, principalement le Mouvement National Francisco Congo (MNAFC- el Movimiento Nacional Francisco Congo). Puis viennent l’Asonedh, le Centre de Développement Ethnique (Cedet-Centro de Desarrollo Etnico), Le Centre d’Études et de Promotion des Afropéruviens ( Lundu- Centro de Estudios y promoción de Afroperuanos) entre autres. Cet esprit combattif ne date cependant pas d’aujourd’hui ou d’il y a un Demi siècle, mais remonte aux nègres marrons et aux négresses marronnes, aux palenques et aux confréries dans le contexte de l’esclavage colonial qui recherchaient la liberté symbolique, de l’imaginaire, de l’État et de la société, car la culture afropéruvienne va bien au delà du folklore nègre, des festivités (“négroïde”), de la sopa seca et au delà des danseuses de Chincha, dont les médias exploitent l’exotisme pour les étrangers . Comme le disait l’étatsunienne Sheila Walter, directrices du Centre d’études Africaines et Afroaméricaines lors de sa visite à Lima, on en sait très peu sur les raisons subreptices qui ont conduit à l’importation des esclaves de l’Afrique en Amérique, l’une d’elle étant le transfert de technologie et d’intelligence. Raison pour laquelle l’apport intellectuel est le moins connu.
À présent, en 2005, il n y a plus de nègres marrons (esclaves fugitifs) ni palenques de l’époque, mais des mouvements qui cherchent un chemin de libération symbolique de l’imaginaire, de l’état et de la société. C’est-à-dire un chemin qui mène vers une abolition de l’esclavage digne de foi. Ainsi vole désormais en éclats le paradigme intellectuel de l’indigénisme et la notion selon laquelle nos ancêtres andins vécurent sur le territoire péruvien. Et celle selon laquelle la société péruvienne est nettement métisse.
[1] In: Desborde Popular y crisis del Estado. Veinte años después. Fondo editorial del Congreso del Perú, 2004: 97-107.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga
03 juillet 2008
L'histoire de l’Universal Negro Improvement Association de Limón, Costa Rica
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Black Star Line, Puerto Limón, Costa Rica
Source : Limón Roots Traduit de l'Anglais par Guy everard Mbarga
En 1999, on fêtait les 80 ans de la fondation de la Division Limón de l’UNIA. À cette occasion étaient publiés des extraits d’une enquête réalisée par le journaliste Yazmin Ross avec le soutien de l’Organisation des États Américains (OEA). Les données présentées dans ce numéro spécial sont le résultat de nombreux témoignages et entrevues de membres de la communauté, de matériel documentaire, de livres, de correspondance de la United Fruit, de la presse du Costa Rica et de New York, particulièrement le Negro World, organe de diffusion du mouvement. Beaucoup s’en souviennent comme d’un club social, un salon de danse ou comme d’une société fraternelle, un endroit où ils apprirent à écrire l’anglais ou à jouer un instrument quelconque. D’autres ont travaillé avec ardeur pour sa reconstruction. Très peu de personnes connaissent l’histoire qu’elle renferme.
The Yarmouth, Flagship of the Black Star Line Un salon multi usage dont presque personne ne connait le nom original (Liberty Hall), le Black Star Line a été le théâtre des grands événements, siège de réunions, de débats, de concours oratoires, de programmes de charité et de défilé de vedettes de la radio. Fondé en 1922 et déclaré patrimoine national en 1988, le Black’s est tout un symbole culturel et historique de la communauté afro-costaricaine. Son origine remonte à 80 années plus tôt lorsque Marcus Garvey, fondateur du premier mouvement noir de masses de ce siècle recommanda la création de filiales de l’Universal Negro Improvement Association (UNIA) dans la province de Limon. Le nom Black Star Line, Ligne de la Estrella Negra provient en réalité de la compagnie de bateaux à vapeurs créée par le leader jamaïcain avec pour but de rapatrier les noirs vers leur continent d’origine, de réaliser la proposition ‘‘Back to Africa’’, une idée qui prendrait forme par le biais de la musique et de nombreuses manifestations artistiques, comme une mystique et une source permanente d’inspiration. Considéré comme l’un des bâtisseurs du nationalisme noir et du panafricanisme, avant Martin Luther King et Malcom X, Marcus Garvey a eu une grande influence sur les populations afroaméricaines des États-Unis, de l’Amérique, de la Caraïbe et des colonies africaines encore à cette époque sous la domination européenne. Établi à Harlem, le quartier noir le plus célèbre au monde, Marcus Garvey lança un ambitieux projet de revendications sociales et économiques inspirées de l’autosuffisance, le dépassement racial et le capitalisme noir.
Un bateau, une odyssée
Même si la ligne de bateau à vapeur a eu une vie courte (1919-1922) incendia l’imagination de milliers de disciples sur un phénomène de propagande à grande échelle unique et extraordinaire à une époque durant laquelle on ne disposait pas de médias de communication de masse. En avril 1920, un de ses navires s »arrêta au port de Limon. Il s’agissait du Yarmouth, un vieux bateau de fabrication écossaise de 1452 tonnes, rebaptisé Frederik Douglass en mémoire du premier héros antiesclavagiste des États-Unis, avec pour capitaine Joshua Cockburn. La nouveauté d’un navire conduit par des marins noirs et acheté par des actionnaires noirs lui donna une valeur symbolique qui a prévalu dans la mémoire des habitants de Limon jusqu’à présent. De partout dans la province de Limon arrivèrent des habitants pour lui souhaiter la bienvenue à bord de barques, de chaloupes de pêche. Les gens entraient par les écoutilles chargés de fruits et de viandes. ‘‘On nous recevait comme des héros conquérants’’, écrivit Hugh Mulzac, second à bord dans ‘‘Mémorias de un capitàn del Black Star Line’’ ( Mémoires d’un capitaine du Black Star Line). La Estrella Negra mettra à flot deux autres navires : le Shaddyside, un canot d’excursion qui coulera dans le fleuve Hudson, surpris par une tempête de neige et le yacht à vapeur Kanawha dans lequel Marcus Garvey réalisera une partie de son tour de la Caraïbe et de la Côte Centre Américaine en 1921. Il arrive à Limón le 14 avril 1921 pour une visite de quatre jours qui provoqua des manifestations d’euphorie et mobilisa la population noire comme jamais plus cela n’arrivera. Les gens s’entassèrent sur le quai, dans le stade de football, tout au long de la ligne de train : De Limón à Bocas del Toro et de Limón à San José, pour voir cet homme au visage menu et à la voix convaincante qui les incitait à participer à un rêve collectif. Le gouvernement du Costa Rica, qui en 1919 confisqua plus de 5000 copies de son journal Negro World et avait interdit sa circulation le reçut comme un homme d’état. La tribuna et Diario de Costa Rica couvrent amplement sa visite et font même référence à la visite précédente du Jamaïcain à Limón en 1910, lorsqu’il travailla en tant que contrôleur des d’horaires dans une bananeraie et comme journaliste à The Nation, un hebdomadaire édité en anglais. La United Fruit met à sa disposition des trains et accorde toutes les facilités pour son déplacement et le transfert de travailleurs à Limon, en échange d’un report de la rencontre massive organisée par Marcus Garvey et prévu quelques jours plus tard, afin de terminer le chargement des fruits. Poursuivi par le Bureau of Investigation et accusé de fraude, le gouvernement des États-Unis fit tout son possible pour l’arrêter. L’inexpérience et la mauvaise gestion feront le reste : liquider les épargnes de 40 000 actionnaires de la compagnie de navigation. ‘‘ Les gens possèdent encre des actions. Des parents de ceux qui ont le bon ou parce que la petite vieille est morte, ils les emmenaient en cherchant un nom pour en souscrire un autre: Black Star Line. Dix, vingt, cent dollars. C’est une bonne chose, mais nous ne sommes pas responsables de cela ici. La compagnie s’est effondrée. Ici c’est une association, ce n’est pas un navire’’, indique Alfred Henry, le président actuel. Récemment, lors d’un concours organisé par Radio Casino sont arrivées trois personnes qui possédaient encore des actions de la compagnie de navigation : Robertina Horman Horman, Gladwin Stewart et Mabel Adina. Leurs parents les avaient achetées et laissées en héritage familial. LE BLACK’S ET SON IMPORTANCE À LIMON Mais l’histoire du Black’s ne se résume pas à la navigation. Construit en 1922, l’édifice de bois fut érigé par l’ensemble de la communauté sous la direction technique de Daniel Roberts, un architecte diplômé en Jamaïque, entrepreneur de la United Fruit Company et premier président de la Limon Branch de l’UNIA. Les parents et les grands-parents de l’actuelle génération d’afro costaricains participèrent en amenant du sable de Baños, rabotant le bois de pin, en fixant le plafond, donnant des heures de travail. Pendant les années 20 et 30, ce fut le siège de défilés des légionnaires, du corps de motoporp, des infirmières de la Cruz Negra (Croix Nègre) et des boys scouts, des divisions créées par Marcus Garvey et l’église Orthodoxe Africaine en pensant à l’objectif de fonder une grande nation. Le Yuenaei fonctionnait avec ‘‘ beaucoup de protocole, ses défilés dans les rues de Limon étaient fastueux et demandaient des mois de préparation en confection d’uniformes’’, se souvient la professeure Iris Morgan. Lieu de pratiques des ensembles musicaux, centre de graduation des écoles et des collèges, avec le temps, il fut transformé en salon de danse : ‘‘j’ai laissé mon nombril au Black’s’’, ‘‘ C’est là que je suis tombé amoureux ’’, ‘‘ c’est là que mes parents se sont mariés’’. Tous les habitants de Limón ont une anecdote à raconter sur cet édifice. Au cours des trois dernières années, il est redevenu le moteur de la vie sociale de Limon centre, dans lequel tout change vertigineusement et où l’Afrique est présente dans l’esprit, dans l’évocation, dans les vêtements que portent fièrement les femmes et les hommes qui revalorisent, exhibent et enrichissent leur origine. Dates importantes 1919 : Fondation de la Division Limón de l’Universal Negro Improvement Association qui célèbre ses réunions dans une maison à Jamaïca Town. À l’origine, la Limón Branch était la Division 110 de l’UNIA, selon ce qui est consigné dans le Negro World, le journal édité par Marcus Garvey à Harlem et à partir duquel étaient coordonnées les filiales du mouvement sur toute la côte Atlantique de l’Amérique, des Îles de la Caraïbes, de l’Afrique et des États-Unis. Avec le temps, et dans des circonstances inconnues, elle est devenue la Division 300. À Limon, il y eut un peu plus de 200 filiales du Negro Improvement disséminées dans les pueblos par lesquels passaient la ligne, selon l’historien Rupert Lewis de la Jamaïque, auteur antre autre de Garvey, Paladin anticolonialista (Garvey, Paladin anticolonialiste). Avril 1920 : Le Frederick Douglas, premier navire acquis par la compagnie de vapeurs Black Star Line débarque … à puerto Limón, sous la conduite du capitaine Joshua Cockburn et la vice-présidente de la ligne de vapeurs Black Star Line, Henrietta Vinton Davis. Des concentrations publiques se tiennent sur le quai et à la gare de l’Atlàntico. 14 Avril 1921 : Marcus Garvey réalise une tournée promotionnelle dans les Antilles, incluant le Panama, Limon et Belize sur la côte centre américaine. Il est reçu comme un homme d’État par le président, à l’époque Julian Acosta, leader de la révolution de Sapoa qui renversa les frères Tinoco. La rencontre était organisée par le gérant de la United Fruit Company, G.P. Chittenden. 14 décembre 1922 : La Division Limon de l’Universal Negro Improvement Association est formellement enregistrée devant les lois costaricaines. Autorisée pour une période de 99 ans en tant que société fraternelle, elle se fixe les propositions suivantse : - Promouvoir l’avancement de la race noire quelque soit sa nationalité, et contribuer à l’amélioration de la condition du noir, - Promouvoir les sentiments de charité, d’amour, de fierté, - Promouvoir l’éducation et le divertissement par des réunions instructives et récréatives, secourir en cas de maladie ou d’empêchement pour le travail en cas de décès, venir en aide pour les dépenses funéraires et d’enterrement. LES FONDATEURS Téofilo Horace Fowler, cordonnier (marchand de chaussure) originaire de la Jamaïque, premier agent de la Black Star Line et du Negro World à Limon. Daniel Roberts, constructeur au service de la United Fruit et Présidente de la Limon Branch dans les années 20. Elle dirigea les œuvres de construction du siège de l’UNIA. Charles Bryant, secrétaire de la Société des Artisans et Travailleurs et Haut Commissaire de l’UNIA pour le Costa Rica, le Nicaragua et le Panama. Beatriz Franklin fut la première présidente du Lady’s department. Elle faisait la promotion des activités culturelles, de concours oratoire, de dissertation sur les racines nègres. Dès le départ, le mouvement attira de nombreuses femmes qui participèrent aux activités. |
05 mai 2008
À la découverte de la Longue Histoire des Noirs au Mexique
Alva Moore Stevenson Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga Mes racines Afro-Mexicaines peuvent être retracées jusqu’à mon grand-père Daniel Thornton. Né au Texas, il a immigré au Mexique pour échapper au racisme des États-Unis au début du 20ème siècle. Là, il a épousé ma grand-mère, Tráncito Pérez de Ruíz en 1914. De nombreux Afro-Mexicains partagent la même histoire familiale. Mais, beaucoup de Noirs sont arrivés au Mexique des siècles avant mon grand-père. Des spécialistes comme Ivan Van Sertima, auteur de “They Came Before Columbus,” (Ils y étaient avant Colomb) nous raconte que les Égyptiens et les Nubiens sont venus au Mexique durant la période Précolombienne environ 1200 années avant J.C. La civilisation Olmèque pourrait descendre des Africains ou avoir eu des contacts avec eux. Il cite comme preuve les traits physiques Africains des visages des têtes Olmèques à La Venta, Tabasco, et San Lorenzo, Veracruz. La recherche de Van Sertima est controversée et très peu acceptée par les historiens de la mainstream. En général, on pense que les premiers Africains arrivés au Mexique étaient les Noirs qui accompagnaient les conquistadors. L’un des tout premiers fut Juan Garrido qui accompagna le colon Espagnol Hernán Cortes aux environs de 1510 et participa à la chute de Tenochtitlan, capitale des Aztèques. Garrido était le premier à semer le blé et à produire de la farine dans l’hémisphère Ouest. Natif de l’Afrique de l’Ouest, il se rendit à Lisbonne au Portugal pour se convertir au Christianisme et s’instruire. On spécule sur le fait que Garrido ait pu être issu d’une famille royale sur sa terre natale—d’où son statut d’homme libre. Avant d’arriver au Mexique, il faisait partie des expéditions de Nicolás De Ovando, Ponce de León et Diego Velásquez. Garrido voyagea à Hispañola (l’Île comprenant Haïti et la République Dominicaine), Porto Rico, Cuba, la Guadeloupe, la Dominique et en Floride. Plus tard, Garrído rechercha encore la célébrité et la fortune à des endroits tels que Michoacán et Baja California. Il mourut pauvre et oublié, mais sa contribution par le biais d’une denrée alimentaire a changé à jamais nos habitudes alimentaires. Au cours du 16ème siècle, les Afro-Mexicains se classent dans trois catégories: les esclaves, les auxiliaires armés et les auxiliaires non armés, les deux derniers comprenant à la fois des esclaves et d’autres libres. Selon l’auteur de “Black Conquistadors” Matthew Restall, “…c’est essentiellement après cette date [1510] que les serviteurs Noirs armés et les esclaves ont commencé à jouer des rôles militaires significatifs dans les entreprises de conquêtes des Espagnols.” D’autres Africains très tôt emmenés au Mexique en tant qu’esclaves sont arrivés avec Pánfilo Narváezen en 1519. Au début des années 50, ils ont remplacé les travailleurs indigènes qui avaient été décimés par les maladies importées par les Européens. Entre la moitié du 16ème siècle et la moitié du 17ème siècle, le nombre d’Africains dépassait des fois celui des indigènes Pendant une très courte période, plus d’Africains furent importés au Mexique dans tout autre endroit des Amériques. Comme ailleurs en Amérique Latine, les esclaves ont résisté à l’oppression. On dit de ces marrons ou cimarrones qu’ils s’échappèrent et se sont établis dans des villes telles que Coyula, Cuaxinecuilapan et Orizaba. L’un des plus célèbres d’entre eux était Gaspar Yanga. Il avait la réputation d’être descendant d’une famille royale de la nation Africaine du Gabon, et il fut emmené au Mexique en tant qu’esclave. Il mena un soulèvement et s’échappa d’une plantation de sucre à Veracruz en 1570. Les immenses sommets de montagne derrière les plaines de Veracruz devinrent le siège des marrons noirs et indigènes pendant cette période de temps. Installé à Cofre de Perote dans les montagnes près de Orizaba, l’établissement du marron Yanga ou palenque, appelé San Lorenzo de los negros comptait 60 habitations où 80 hommes et plus de 24 femmes Africaines et indigènes, ainsi que plusieurs enfants vécurent. Ce lieu d’établissement fut renommé Yanga en 1932. Les Yanguicos survécurent en braquant des provisions des caravanes des Espagnols de passage. Ils élevèrent également du bétail. Ils pratiquaient une forme d’autogouvernement basé sur différents modèles issus de l’Afrique Centrale. Il était hiérarchisé et orienté vers les besoins d’auto-défense et de rétorsion. La colonie de Yanga avait atteint une population d’environ 500 personnes et les Yanguicos ont continué à échapper à la capture jusqu’à ce que les Espagnols décident de négocier en 1608. L’intention de la Couronne Espagnole était d’écraser Yanga et ses disciples. Avant que cela n’arrive, Yanga et les colons Espagnols signèrent en Septembre de la même année un traité, unique à l’époque. Il n y eut pas de reddition. Les points du traité étaient les suivants : 1) Tous les Yanguicos qui s’étaient enfuis avant Septembre 1608 furent libérés et ceux qui s’étaient enfuis après furent retournés à leurs maîtres. 2) Une charte allait établir le palenque ville libre ayant pour gouverneur Yanga. 3) Seuls les Pères Franciscains devaient assurer leur ministère. 4) Les Yanguicos retourneraient les esclaves fugitives et aideraient les Espagnols en cas d’attaque extérieure. 5) Les Espagnols ne pouvaient rendre visite que les jours de marché. 6) Les Yanguicos reçurent des terres cultivables. En plus, Yanga stipula qu’il serait le gouverneur et que la ligne de succession toucherait ses descendants. Les Espagnols cédèrent aux demandes des Yanguicos et la communauté marronne fut officiellement établi à Mount Totutla en 1630. Le mouvement marron de Yanga est un évènement notable de l’histoire des afrodescendants Mexicains. Il s’agit là du seul exemple reconnu ayant connu un succès total d’une tentative par les esclaves d’assurer leur liberté en grand nombre par la révolte et la négociation et ayant été sanctionné et garanti par la loi. Alva Moore Stevenson est une historienne orale du Centre de Recherche de l’Histoire Orale de l’UCLA qui produit de la documentation sur l’histoire Africaine Américaine à Los Angeles. Sa propre recherche académique est centrée sur l’histoire et la culture des Afromexicains. |
29 avril 2008
Éphémérides afropéruviennes
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga
FÉVRIER
23/1/1855 Ramón Castilla, Président de la République décrète des mesures sur le travail et présent les moyens permettant aux propriétaires des exploitations agricoles de ne pas être affectés par la liberté des esclaves.
30/1/1766 Le torero afropéruvien José Pizzi participe à l’inauguration de la Plaza de toros de Lima.
FÉVRIER
7/2/1833 Naissance à Lima de don Ricardo Palma, écrivain Afropéruvien. Il meurt dans la même ville en octobre 1919.
15/2/1901 Fondation du Club de Football Alianza Lima, dans le district de la Victoria; ses membres (jusqu’à présent), sont en majorité afropéruviens .

21/2/1965 Malcom X est assassiné à New York. Malcom X était né à Omaha, ville américaine le 19 mai 1925.
MARS
9/3/1855 : Ramón Castilla, en tant que président par intérim décrète les mesures permettant de reconnaitre et de payer la valeur des esclavisés libérés à leurs propriétaires.
16/3/1855 : À Chorrillos sont nommées les commissions qui seront chargées de distribuer les documents de liberté aux esclavisés.
18/3/1818 : Arrivée à Callao du dernier chargement officiel d’esclavisés en provenance d’Afrique à bord de la frégate Rita, qui était partie de Santander (Espagne).
AVRIL
4/4/1968 : Martin Luther King est assassiné à Memphis, États-Unis. Luther King était né en 1929 et en 1964 il avait reçu le Prix Nobel de la Paix
10/4/1948 : Mort à Lima du moussaillon afropéruvien Alberto Medina Cecilia, Héros de la marine et survivant parmi les membres de l’équipage du Monitor Huáscar.
Alberto Medina Cecilia
Avril 1528
En un jour non précisé, arrive le premier esclave noir au Pérou, qui débarque avec Alonso de Molina à Tumbes.
MAI
18/5/1781 L’afropéruvien Antonio Oblitas, valeureux capitaine de Túpac Amaru est exécuté sur la Plaza Mayor del Cusco. Selon un témoin oculaire: “...le zambo Antonio Oblitas, valeureux capitaine de de Túpac Amaru est trainé au sol le cou attaché à une corde avant d’être pendu pour avoir été le bourreau du Maire Arriaga...”
18/5/1781 L’afropéruvienne Micaela Bastidas, épouse de Túpac Amaru II, ne peut pas être pendue à cause de son cou svelte. Elle est tuée à coup de poing et de pieds sur la Plaza Mayor del Cusco.
Micaela Bastidas
27/5/1799 A trois heures du matin une rébellion sanglante ayant à sa tête Babo, esclave venu du Sénégal, éclate à bord de l’embarcation Santo Domingo. Les rebelles sont jugés à Lima le 24 septembre 1799.
JUIN
7/6/1880 Mort dans la Bataille del Morro de Arica du brigadier afropéruvien Alfredo Maldonado “…le brigadier Alfredo Maldonado Arias, l’enfant héros, qui s’envole vers l’éternité en faisant exploser la poudrière du "Fort Ciudadela", qui a balayé les envahisseurs et les soldats péruviens qui recevaient des soins médicaux à l’intérieur de ladite poudrière.
Son acte héroïque allait surprendre les péruviens et les chiliens.
(ver www.ejercito.mil.pe/historia/cmorro/sheroesm.htm )
24/6/1925 naissance à Lima de don Nicomedes Santa Cruz Gamarra, un des plus grands représentant de la culture afropéruvienne. Il meurt à Madrid le 4 février 1992.

26/6/1541: Assassinat à Lima de Francisco Pizarro. Deux noirs qui le défendaient (dont l’un était certainement Alonso Negro) meurent dans la lutte.
JUILLET
10/7/1943 Naissance à Zaña de Hildebrando "Brando" Briones Dávila, célèbre decimista.
26/7/1529 Signature de la capitulation de Toledo (España) qui autorise entre autres Francisco Pizarro à emmener 50 noirs au Pérou. Ce document est l’un des premiers à partir desquels nos ancêtres furent emmenés licitement ou illicitement au Pérou.
27/7/1928 Naissance à Breña (Lima) de prolifique decimista Juan Urcariegui García.
28/7/1879 Mort à Lima Francisco "Pancho" Fierro célèbre aquarelliste des coutumes de Lima.
29/7/1767 Naissance à Lima de José Manuel Valdés, célèbre médecin Afropéruvien, premier Protomédico Afropéruvien. Il meurt dans la même ville le 29 décembre 1843.
AOÛT
6/8/1824 À 17 heures, l’armée de la vice-royauté est défaite à las Pampas de Junín par les “Hussards de Junín (Los Húsares de Junín)” formés en majorité par les Afropéruviens venus de Chiclayo, Trujillo et de Lambayeque, qui furent décisifs pour la victoire.
10/8/1768 Dans l’hacienda San Jacinto située dans la valle de Nepeña (Ancash) débute une révolte d’esclaves. Parmi ses meneurs se trouvaient Francisco Margarito (du côté de San José) Julián Grande et Lorenso Mombo (du côté de San Jacinto).
10 al 12/8/2005 Pré-Conférence Santiago + 5 contre le racisme, la xénophobie, la discrimination et l’intolérance, rencontre préparatoire à la Conférence Santiago+5 qui se tiendra au Brésil cette année.
Au cours de cette Pré- Conférence “Cimarrones” demande de changer le mot “esclaves” par “esclavisés” sur tous les documents. Cette requête n’est pas acceptée officiellement, mais beaucoup parmi les personnes présentes intègrent le terme dans leurs discours au cours de cet événement et d’autres postérieurs.
12/8/1821 Don José de San Martín décrète la liberté de tous les enfants des esclaves nés à partir de cette date, l’émancipation graduelle de ceux nés auparavant et l’interdiction du trafic négrier.
15/8/1848 Dans l’hacienda Nepén, de Trujillo, les esclaves rebellés proclament leur liberté.
25/8/2001 Mort à Lima Ronaldo Campos De la Colina, fondateur du groupe artistique Perú Negro.
28/8/1963 Martin Luther King prononce à Washington son célèbre discours "I have a dream”.
28/8/1929 Réincorporation de Tacna au Pérou. (Un mercredi).
31/8 - 8/9/2001 Conférence Mondiale Contre le Racisme et la discrimination raciale, la xénophobie et les formes connexes d’Intolérance (CMCR) qui s’est tenue à Durban (Afrique du Sud). Répondant aux Résolutions de cette conférence et d’autres, le gouvernement Péruvien crée l’ancienne CONAPA, aujourd’hui INDEPA.
http://www.peruan-ita.org/2006/cimarrones.htm
04 mars 2008
Le Front Noir Brésilien 1931-1937
Le Front Noir Brésilien (Frente Negra Brasileira)fut fondé le 16 décembre 1931 et est resté actif jusqu'en 1937, devenant un parti politique en 1936. Ce fut l'organisation d'afrodescendants la plus importante sur le terrain sociopolitique dans la première moitié du siècle.
Extrait d’un témoignage de Francisco Lucrécio dans le livre Frente Negra Brasileira
"Le Front Noir était un mouvement social qui contribua beaucoup aux luttes pour les places des noirs ici à São Paulo. Il y avait plusieurs organisations noires. Toutes ces organisations s’occupaient de la partie récréative et sociale, mais le Front est arrivé avec un programme de lutte pour la conquête de positions pour le noir dans tous les secteurs de la vie brésilienne. Un de ses départements s’est même orienté vers la question politique car nous sommes arrivés à la conclusion que pour conquérir ce que l’on souhaitait, on devrait se battre sur le terrain politique, on devait avoir un parti qui nous représentait véritablement.
Je pense que la conscience qui existait à l’époque était beaucoup plus forte que celle qui existe à présent. Quand le noir ressent une pression, quand n’importe quel groupe humain ressent une pression, il recherche un moyen de défense. La pression était si forte que de nombreux journaux écrivaient : “Besoin d’employé, mais pas ceux de couleur”.
Il y avait également certains mouvements dans l’intérieur du pays, principalement dans les endroits où les noirs ne pouvaient pas se promener dans les jardins, mais sur la chaussée. Beaucoup de familles ne les acceptaient pas, et les employées domestiques noires ne les acceptèrent finalement que lorsque le Front Noir Brésilien fut créé. On en arriva même à exiger que ces femmes aient des cartes du Front.
À l’époque, cette conscience était beaucoup plus accentuée qu’actuellement. Car aujourd’hui, les jeunes noirs, selon moi, sont très tranquilles, je ne sais pas si c’est par crainte ou non.
Le Front Noir fonctionnait parfaitement. Il possédait un département sportif, un musical, un autre féminin, un éducatif, celui de l’instruction morale et civique. Tous les départements avaient une direction et le Grand Conseil supervisait l’ensemble. Ils travaillaient très bien. Ainsi, beaucoup des organisations de noirs qui s’occupaient des divertissements s'affilièrent au Front Noir. Et il y avait plusieurs sociétés à São Paulo et dans les coins reculés de l'intérieur et au delà. C’est pour cette raison que le Front a pris de l'envergure, à tel point qu'il avait une délégation dans le Rio de Janeiro, dans Bahia, dans le Rio Grande do Sul, à Minas Gerais etc."
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga
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http://www.quilombhoje.com.br/frentenegra/franciscolucrecio.htm






