31 octobre 2009

La cumbia : De rituel de drague AfroColombien à sensation musicale mondiale

Par Madeleine Bair - NEWSPAPER EDITION

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga

cumbia

Sur une place publique en briques dans le port fortifié de Cartagena, où les navires négriers déversaient autrefois des cargaisons humaines, un jeune homme noir déclame une poésie espagnole sur les battements de son tambour.

Par deux coups sur la peau d'animal étirée, les musiciens qui l'accompagnent laissent échapper une averse percutante qui prend le rythme de la cumbia, une danse exécutée avec respect par les jeunes afro-colombiens.

Un rituel d'accouplement musical  né durant l'époque coloniale en Colombie, qui commence avec une rangée de femmes aux pieds nus en vêtements d'époque, des paniers en équilibre sur leur tête, et qui paradent en direction de leurs partenaires masculins.

Le rythme populaire a désormais fusionné avec des styles post-moderne comme l'électronique et le hip-hop pour devenir une sensation musicale dans les clubs de danse partout dans le monde. Tambours africains, instruments à vent indigènes et  maracas sont souvent remplacés par la guitare, la basse et les dj’s dont le public adore les baskets couleur Day-Glo, les lumières stroboscopiques, ainsi que leurs parures les plus coloniales.

Jusqu'à il y a quelques années, la "cumbia digital" ou "nu-cumbia" n'était mentionnée que sur des blogs musicaux obscurs. En Juillet, elle a fait un tabac lors de la Conférence de Musique Latino-américaine à New York, où elle a été déclarée la toute dernière danse en vogue au niveau mondial.

Lors de la dernière rencontre annuelle des Artistes Alternatifs Latinos, parmi les groupes majeurs qui ont crée un buzz autour de la nouvelle cumbia, se trouvait  Bomba Estereo, un groupe de Bogota qui fait de la musique  électronique. Un autre groupe, ZZK, le collectif de dj’s argentins dont les paysages sonores remplacent les instruments traditionnels tels que la flûte canne et les tambours avec de l'électronique, tout en conservant le rythme 4-4 propre à cette musique.

Le Mexique et l'Argentine ont été les premiers pays à adopter la cumbia il y a quelques décennies. Aujourd'hui, une nouvelle génération dans ces pays prend ce rythme autrefois considéré comme un style tranquille et perdu, et lui donne une touche cosmopolite. Cet été, Bersa Discos a sorti un  EP du Dj Mexicain Toy Selectah, qui mélange la cumbia avec l'électro de manière si frénétique que cela donne un son presque semblable à celui d'un jeu vidéo Mario Bros créé à Tijuana.

Origines de la Cumbia

À une heure de bus de Cartagena, à l'embouchure de la rivière Magdalena, se trouve Barranquilla. Les cargos qui passent depuis longtemps par son port ont enrichi la ville d'immigrants: Ses restaurants italiens, chinois et libanais ont rarement leurs pareils ailleurs en Colombie.

La diversité de la région remonte à plusieurs siècles, quand les esclaves africains furent emmenés en Colombie pour couper la canne à sucre et récolter les bananes et le tabac, et qu'ils partagèrent leurs rythmes importés avec les créoles locaux.

L'histoire de l'origine de la cumbia est imprégnée de légendes et de débats. On dit, par exemple, que les pas de danse sont des petits pas en va-et-vient, car cette distance correspondait à ce que les chaines des danseurs esclaves leur permettaient de faire.

Mais une chose est sûre.

"La Cumbia est la représentation folklorique de la région des Caraïbes", explique Pedro Beltran, 79 ans, ancien leader de La Cumbia Moderna de Soledad, une institution musicale vieille de  50 ans.

"Nous avons hérité des percussions des esclaves, ou de l'Afrique", dit-il. "Mais la flûte, ou la gaita est purement colombienne, elle provient de cette région," ajoute-t-il, en parlant de l’instrument à vent fabriqué avec la canne et qui projette un son puissant semblable à celui d’une clarinette.

Ce qui définit la cumbia - et qui la rend si facilement malléable - c'est son beat, un long dialogue entre les tambours. Ce beat se mixe aisément, comme le montrent les travaux de Beltran, avec tout ce qui pourrait venir avec, que ce soit l'accordéon vallenato, ou le Merecumbe, une fusion de merengue et de cumbia.

Il y a de cela quarante ans, Beltran était parmi les premiers à ajouter une section de cuivres et de basse électrique à un ensemble de cumbia, d'où le Moderna apparaissant dans le nom de son orchestre. Il a enrichi son répertoire avec des sons étrangers qui l'ont séduit- le disco de Rod Stewart ou l'afro-beat du Nigérian Fela Kuti.

Musique sexy

En son temps, la nu-cumbia, c’était le "Do Ya Think I'm Sexy" de Stewart, réinterprété avec des gaitas et des tambours.

C’est devenu l'un des plus gros hits de Beltran, une chanson que l’on peut entendre tout le long de la côte caraïbe de la Colombie, où les samedis soirs, des hauts parleurs empilés à l'extérieur des maisons en parpaing crachent de la salsa, le dancehall, le vallenato et la champeta, la fusion de musique et de danse locale.

"On peut dialoguer avec toute sorte de musique et garder la touche locale", explique Walter Hernandez, mieux connu sous le nom de DJ Indigo, écouteurs sous son col de chemise et pointant les caisses de vinyle entassés du sol au plafond de Discolombia, un magasin de disques et véritable bibliothèque musicale de Barranquilla.

Indigo, 34 ans, passe des heures entre ses piles poussiéreuse quand il ne fait pas le DJ dans les boîtes de nuit de Barranquilla boîtes de nuit ou qu’il ne performe pas avec son groupe d’électro- Caribéen, Systema Solar. En se servant des samples de l’immense collection de vinyle de musiciens tels que Beltran et Toto la Momposina, Systema Solar ajoute des éléments contemporains: l'électronique, le scratch et le rap.

Dans l’arrière-salle de Discolombia, il indique une pile de disques dans un coin, au dessus de laquelle une pochette représentant un groupe d’homme en chemise polo posent sur un terrain de football (soccer). C'est le groupe d’Abelardo Carbono, qui a donné une touche de cumbia au disco et au funk américain pour interpréter les chansons comme "I Feel Love" de Donna Summers ou "Staying Alive" des BeeGees' dans une version colombienne unique.

Une saveur plus contemporaine de la base  du beat caribéen provient de Bomba Estereo, le groupe psychédélique de cumbia basé à Bogota qui vient de boucler une tournée de 12 dates aux USA. Son bassiste-producteur, Simon Mejia, était stupéfait de la rapidité avec laquelle les publics américains ont adopté la musique du groupe. Lors d'un spectacle à Brooklyn, New York, les fans connaissaient déjà les paroles de certaines chansons.

"Les gens sont devenus fous", dit-il. Ce qui ne signifie pas que les publics hippies en Europe et aux États-Unis savent danser la cumbia, qui va parfaitement de pair avec le beat.

"C'était très amusant pour nous", dit Mejia. "Ils bondissaient tout autour et sautaient comme s’il s’agissait d’un concert de rock."

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18 novembre 2008

La première Rencontre Internationale de la Danse Noire débute à Salvador

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Pendant trois semaines - du 17 novembre au 6 décembre – se tient à Salvador la Première Rencontre Internationale de Danse Noire (I Encontro Internacional de Dança Negra - EIDAN/2008). Dans ce laps de temps et à divers endroits de la ville seront réunis les icones de la danse noire traditionnelle et contemporaine.  Le public pourra participer, l’accès étant gratuit. 

La Première Rencontre Internationale de Danse Noire inclut plusieurs activités dans la périphérie de la capitale de Bahia. L’idée est d’amener au public des quartiers de la ville (Pelourinho, Pirajá, Tancredo Neves) ainsi qu’à celui de Portão (Lauro de Freitas) des spectacles, des ateliers, des débats, des conférences, des mises en scène et des expériences avec des artistes venant de divers endroits du monde.

L’objectif de l’événement, selon Elísio Pita, concepteur et coordinateur de la rencontre est de "créer un espace annuel et dans une atmosphère internationale pour l’échange d’expériences en Danse Noire dans ce qui est la plus grande ville noire en dehors du continent africain ".

Producteur, danseur et membre du Conseil D’État à la Culture, Pitta souligne également comme "objectifs essentiels" de l’initiative le fait "de permettre une réflexion critique sur les créations de danse basée sur l’idéologie noire, et avec pour but d’encourager la naissance d’un Centre de Référence de la Danse Noire au Brésil, ainsi que de souligner et d’offrir une plus grande visibilité à la production culturelle des artistes afrodescendants ".

La mission de la Première Rencontre Internationale de Danse Noire toujours selon Pitta,  est de "récupérer les mouvements perdus de la danse noire brésilienne à travers la convocation des icones de la danse venant de divers endroits du monde, d’autres états du Brésil, de Bahia et de la ville de Salvador".

Pour plus d'informations sur la programmation complète, veuillez consulter le site de l'événement : http://www.hotwebs.com.br/eidan2008/


ATTRACTIONS:

Albert St Albert (Canada)
Amélia Conrado (Pernambuco-Brésil)
Augusto Omolu (Danemark/ Brésil)
Augusto Soledade (USA/ Brésil)
Ballet Teatro Castro Alves (Bahia- Brésil)
Balé da Mata (Bahia- Brésil)
Companhia C Dança Negra Contemporânea (Bahia- Brésil)
Corppus Ballet (USA)
Cia de Dança Jorge Silva (Brésil)
Elísio Pitta (Bahia- Brésil)
Étienne Cakpo (Bénin)
Evandro Passo (Belo Horizonte- Brésil )
Giovanni Luquini (USA- Brésil)
Henry Daniel (Canada)
Irineu Nogueira (São Paulo- Brésil)
Michelle Murray (USA)
Petagay Letren (Jamaque)
Khalid Saleem (USA)
Rubens Barbot (Rio- Brésil)
Sankofa-Clyde Morgan (USA)

http://www.atarde.com.br/cultura/noticia.jsf?id=1010215

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