04 février 2012

Les prénoms afrocentriques chez les Africains-Américains

Les prénoms afrocentriques chez les Africains-Américains

 

À la naissance, le nom du bébé reflète davantage les parents que l'enfant, affirme Laura Wattenberg, auteure de The Baby Name Wizard. "Cela concerne les parents, leur classe, leurs valeurs et leur personnalité."


Pour les Africains-Américains, choisir un nom pour leur enfant est plus complexe à cause de l'héritage de la traite négrière transatlantique.


Historiquement, les noirs Américains ont été définis par des noms eurocentriques établis tout au long de l’esclavage et transmis de générations en générations. Pendant le mouvement du Black Power des années 60, les Africains-Américains ont abandonné ce qu'ils considéraient comme des "noms d'esclaves" et ont opté pour des alternatives afrocentriques plus significatives.


Là encore, le choix est cependant confus, avec quelques uns qui optent pour de "vrais" noms africains et d'autres pour des noms à consonances Afro tels que  Tiana, Tyquan ou Shemika.


Le natif de Georgia Molefi Kete Asante, un éminent spécialiste afrocentrique, reconnaît que son nom à la naissance était Arthur Lee Smith, Jr., mais il a adopté Asante après un voyage au Ghana en 1973 qui a changé sa vie et lui a ouvert les yeux sur "la manière dont il était en décalage et déconnecté de sa réalité historique. "


Sans surprise, Asante a donné à tous ses enfants des noms africains. Sa fille se nomme Eka, un nom des Ibibio du sud du Nigeria et son fils Molefi Kumalo. Molefi est sud-africain et Kumalo est un nom zoulou.


"De la même manière que je ne donnerais pas des noms suédois, chinois ou japonais à mes enfants, je ne voulais pas leur donner des noms anglais," indique Asante, qui est professeur au département des études Africaines -Américaines de l'Université Temple.

 

"Beaucoup d'entre nous vivons dans un asile de fous, nous ne juxtaposons pas la différence entre notre réalité historique et la signification des noms."


Asante qui est l’auteur de plus de 70 livres, parmi lesquels The Book of African Names and African Names and Their Meanings ajoute: "Nous sommes victimes du maître d’esclave" et "nous avons adopté le nom qu’il nous a donné", mais dit-il, "je refuse de porter un nom  qui n'a pas de sens et je refuse d'être une marionnette. "


"Les noms africains sont une déclaration de fierté, mais il y a souvent un élément de style. Les parents noirs américains ont tendance à choisir des noms d'Afrique qui sonnent bien à l'oreille américaine", dit Wattenberg.


Michelle Williams, une mère de deux enfants portée sur sa carrière professionnelle a cependant choisi de donner à ses garçons des noms traditionnels. Son plus jeune fils s’appelle Scott Reynolds Jefferson, comme son grand-père paternel; mais la famille et les amis appellent le garçon de 3 ans R.J.


"C'est un nom fort, puissant, et prestigieux qu’il peut porter comme travailleur surtout s’il finit dans une compagnie américaine", affirme Williams. "Tout est question de présentation et votre nom en dit long sur vous avant même que les gens vous rencontrent."


Père de quatre enfants, Mahasse Cornelius,  enseignant dans une école primaire à Atlanta est du même avis. Même si son nom provient d’un ami éthiopien de sa mère, donner un nom africain à un de ses enfants ne lui a jamais traversé l’esprit.


"Donner aux enfants un nom qui les identifierait en tant que minorité n’est peut être pas la meilleure des choses pour l'enfant", affirme  Cornelius. "J’aime mon nom, mais à certains égards cela a plus constitué un obstacle qu'autre chose." Il ajoute: "Certaines personnes pensent que Mahasse est un nom musulman et portent des jugements préconçus quand je postule pour un emploi."

 

 Cornelius, qui a travaillé dans plus d'une école à Atlanta, dit qu’il a été témoin d’une vague de noms à consonance afrocentrique ou africains  américains  commeImani, Lakisha ou Jamal, même si cela est moins répandu dans les quartiers chics.


"On part de la base d'un nom traditionnel africain comme Amani et ensuite on construit dessus, les parents peuvent donc par exemple en arriver à des noms comme Jamani " indique Wattenberg, une auteure installée à Boston.


Ces parents essaient de redécouvrir leur identité africaine, mais il est possible qu’ils n’aient pas un "vrai" nom Africain comme point de départ, et utilisent ces noms originaux et parfois insolites à consonance africaine, indique Asante. "Mais ce qu'ils savent, c'est qu'ils ne veulent pas donner à leur enfant le nom de l'oppresseur."


Cependant, Williams, pense qu’il ya une différence entre les noms internationaux et ceux, fous, drôles  et aux prononciations bizarres.


Cornelius dit qu’avant d'enseigner à Buckhead – un secteur nanti à Atlanta - il a enseigné dans une école de Bankhead au centre-ville d'Atlanta et est tombé sur des noms comme "Lil et Mercedes." Il a même rencontré une fille qui s'appelait "Alize" parce que son père aimait à boire la liqueur. "C'est comme si ces parents africains-américains n'ont pas beaucoup réfléchi aux noms de leurs enfants," indique Cornelius à theGrio.


"Des Noms qui portent la marque d'un statut socio-économique plus faible ont tendance à causer plus de problèmes aux enfants", selon Wattenberg. "Comme des enseignants qui tirent des conclusions en se fondant sur leurs origines."


Selon Wattenberg, quelque soit la raison du choix d’un nom à la naissance, de plus en plus de recherches révèlent que le nom peut avoir un impact significatif sur la vie d'un enfant.

 

Diverses études montrent que les noms qui sonnent afrocentriques ou noirs impliquent souvent des préjugés, en particulier dans les processus de recrutement à forte concurrence. Les candidats dont les CV portent des noms blancs sont plus susceptibles d’être rappelés pour des entretiens d'embauche que les candidats ayant des noms distinctement à consonance africaine-américaine même si ils ont des qualifications équivalentes. C’est le cas dans tous les secteurs et professions.

En fin de compte, c’est le droit sacré d'un parent de nommer son enfant comme il lui plait. Pour beaucoup, le besoin de renouer avec leurs racines africaines dépasse de loin tous les obstacles potentiels. D'autres sont plus à l'aise avec des noms traditionnels qui "sonnent bien du point de vue de la langue." Il y a même ceux qui jurent que leur prénom unique est un avantage, ce qui aidera à se démarquer.

 Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/


http://www.thegrio.com/specials/life-and-style/is-your-babys-name-a-reflection-on-you.php

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09 janvier 2012

Les Garifunas de Bluefields disent adieu à la veille année en traditions

 

Jesús Salgado | Departamentales


La communauté Garifuna etCréole de Bluefields reçoit la nouvelle année au son des tambours et célèbrent les fêtes traditionnelles  "Mascarade" et "Kity Alli"

masquerade


Jésus-Salgado |
Malgré les pluies, des centaines de Caribéens se sont donnés rendez-vous pour faire leurs adieux à  Noël et à l’année passée par le biais de traditions connues sous le nom de "Old christmas et "Old New Year" (vieux  Noël et vieux nouvel an), pratiquées à Bluefields depuis plus de 150 ans par la communauté afrodescendante.

Carmen Carter, l'un des organisateurs du Quartier Old Bank affirme que chaque année se tiennent les  festivités pour dire adieux à la vieille année : "c'est une fête que nous célébrons depuis des années 8 jours après Noël ou à la fin de l’année, nous nous analysons de nouveau des jeux de quilles, de palo lucio, avec la musique live du Caribbean Taste et le meilleur de notre cuisine caribéenne"», indique Carter.


La célébration  est organisée par les communautés Garifuna et Créoles et se tient dans les quartiers traditionnels de population afrodescendantes que sont Cotton Tree, Beholden,  Poeeteen et Old Bank, qui commence avec le défilé des masqués ou moscarade, une célébration que réalisaient les ancêtres pour dire adieu aux  festivités de  Noël et recevoir le Nouvel An au son des tambours, de la musique punta, de danses et de rites que l’on exécute de quartier en quartier. En faisant cela,  la population afrodescendante  espère que cette année, les échanges entre les cultures sera renforcé pour leur propre développement, indiquent les  organisateurs.

L’historien spécialiste de la région côtière  Johnny Hodgson indique que  "huit jours après Noël, nos ancêtres  commençaient une autre fête à la maison qu'on appelait la vieja Navidad (Vieux-Noël). Le soir, on servait la soupe et si un invité faisait une erreur quelconque autour de la table ou s’il arrivait en retard, il devait aider dans la concoction de la prochaine soupe pour que la fête se poursuive chaque huit jours. Ce type de fête était également dansée, et il y avait des compétitions  de groupes  danseurs "quadrille" et tous les invités ne pouvaient pas prendre part à la compétition ", se souvient-il.

 

 

Les jeux traditionnels pour les fêtes
"Pendant les festivals, on jouait au palo lucio, au chancho lucio et aux quilles ou "Quitiali "rajabull (torrovenado). Il y avait également des concours de toute sorte parmi lesquels se distinguaient les courses de canots à voiles ou de canots à rames, des courses de chevaux, le cricket pour les hommes et les femmes remplacé par la suite par le baseball"»

Un autre jeu effectué pendant les célébrations était connu sous le nom de  «sham Fight» ou «Fausse Bataille». La ville entière de Bluefields participait à l’un ou l’autre des différents jeux, qui s’avéraient très divertissants. On y vendait toutes sortes d'aliments et de boissons typiques préparés par les habitants  de la communauté. Avec le temps, ces fêtes ont intégré la combustion de la poudre à canon dont s’occupaient les adultes spécialistes (d’Old Bank en particulier) et le minstrel show (théâtre populaire).

 Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

http://www.elnuevodiario.com.ni/departamentales/238059-caribenos-despiden-navidad-ano-viejo

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01 octobre 2011

Un Musée Saramaca à Pikinslee pour préserver l'histoire des Marrons

PARAMARIBO – L'histoire du peuple Sa'macca doit être préservér; de manière tangible et à un endroit où les gens peuvent la visiter pour la connaitre. Un groupe de Sa'maccas a pris cette croyance à coeur récemment et ont lancé un musée dans le village Pikinslee.

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En dehors d'une ville ou d'un village plus facile d'accès ... Pikin Slee se trouve à un voyage en bateau de Atjoni jusqu'à la partie supérieure du fleuve Suriname qui dure trois heures ; Atjoni se trouve elle même à trois à quatre heures de voiture vers le sud en partant de Paramaribo.

Aucune raison de s'inquiéter, disent les initiateurs du musée. "C'est un musée sur l'histoire du peuple Sa'macca; les gens vont venir le voir, parce que c'est une partie importante de notre Histoire des Noirs. Il n'y aucun autre musée pareil à celui-ci nulle part au monde", indique Berry Vrede, le porte-parole de la fondation Totomboti. Après presque un an de fonctionnement, le musée ouvre officiellement le samedi 15 Octobre.

pikinslee2Les Sa'macca sont l'une des différentes tribus de descendants d'Africains qui à l'époque coloniale ont choisi la liberté dans la forêt épaisse du Surinam plutôt que l'esclavage dans les plantations néerlandaises. Pendant des siècles, ils ont conservé leurs identités distinctives, se fondant sur leurs origines ouest-africaines et sur leur désir d'être isolés. Malgré tout, Mando et Edje Doekoe, des artistes sculpteurs sur bois de Pikinslee, ont estimé que leur culture était en train de s'effriter avec les développements des temps modernes qui affluent de plus en plus dans l'hinterland du Surinam.

"On peut constater de nombreux changements dans la façon dont notre peuple vit actuellement, sa façon de s'habiller, de manger, de chanter et même de construire leurs maisons. Beaucoup de choses sont différentes des traditions de notre bigi sma, nos personnes âgées. Nous avons senti que nous devions faire quelque chose avant que notre culture ne se perde totalement", indique Mando, alors que Edje écoute tranquillement, tout en approuvant avidement. "Nous devons préserver leurs choses, avant qu'elles ne soient perdues pour nous tous. Il ya des choses importantes qu'ils ont laissé derrière eux pour que nous les sachions. "

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Totomboti est le nom Sa'macca pour le persistant pic-vert, probablement parce que la fondation travaille avec persistance pour atteindre ses objectifs, de la même manière que l'oiseau sait marteller le tronc d'arbre avec détermination pour attraper les savoureux insectes.

Mando et Edje, les sculpteurs sur bois aux dreadlocks, sont allés fouiner et ont collecté de objets des temps anciens pour les exposer dans le musée; ils ont trouvé des sculptures sur bois, des bancs, des tables et des encadrements de portes (buka paw), certains abandonné par des des gens qui ne connaisaient pas leur valeur ou qui semblaient s'en ficher.

"Nous sommes allés dans tous les villages pour voir ce que nous pouvions collecter. Nous avons même acheté des choses que les gens n'utilisaient plus. Pour nous il était important de montrer comment nos bigi sma vivaient dans le passé ", explique Mando.


Pikinslee a été choisie comme emplacement pour le musée, non seulement parce que Mando et Edje viennent de ce village, mais aussi parce que - avec près de 3000 habitants- il est l'un des plus grands villages Sa'macca au bord de la rivière.

pikin

"Il se trouve à une distance de Paramaribo, et oui, vous deveez traverser quelques sulas (rapides) sur votre route, mais si vous allez en amont du fleuve et que vous ne passez aucun sulas, vous n'avez pas vraiment été dans l'arrière-pays, n'est-ce-pas? ", dit Berry Vrede. Avec le juriste Eduards Justine, cet homme direct, paternel a assumé la tâche de représenter la fondation à Paramaribo. Aux Pays-Bas, un comité de pilotage Totomboti, a pu aider à trouver le financement pour démarrer le projet.
Vrede affirme que le musée est important au-delà des raisons évidentes de préservation de la culture. "L'histoire du peuple noir n'est nulle part ailleurs autant préservée qu'elle l'est ici, donc maintenant, en l'affichant pour que le monde la voit, nous espérons que le musée apportera de l'emploi à la population de Pikin Slee, et bien sûr l'éducation pour nos jeunes qui ont besoin de savoir comment notre peuple vivait", dit-il.

Le musée a déjà attiré l'attention internationale. Mando et Edje ont voyagé en Guyane française le week-end des 16 et 17 Septembre, pour assister à une conférence des curateurs de musées des Caraïbes. "Ils ont été invités à assister, ce que nous considérons comme une sorte de reconnaissance", affirme M. Vrede.

pikinslee

Il dit maintenant qu'il est temps que le "monde vienne voir le musée." La grande inauguration constituera probablement le clou de l'événement, avec un programme tornant autour de la cérémonie officielle le Samedi 15 Octobre, en plus de la projection d'un documentaire sur Pikin Slee le vendredi et un Sportsday le dimanche . "Nous voulons en faire un grand événement, pour montrer notre musée, mais aussi pour présenter les opportunités de vacances parmi nous", indique M Vrede.

Les voyagistes qui amènent des touristes au Pasensi (patience) Resort pas loin de là, savent déjà faire un arrêt au musée. Vrede est prompt à profiter de l'opportunité au jeu de mot que suggère le nom de l'hôtel : "Il faut de la pasensi pour atteindre ce musée, mais ça vaut la peine."

http://www.devsur.com/sa%e2%80%99macca-museum-at-pikin-slee-preserves-maroon-history/2011/09/20/

Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

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09 septembre 2011

Une exposition photographique pour rendre visible les afromexicains

Par Agencia EFE –

 

México (EFE).- L'exposition intitulée "Abriendo los ojos: Afro-México"(ouvrir les yeux : le Mexique Afro) a été inaugurée ce mercredi dans la capitale mexicaine pour montrer le Mexique "dans lequel sont inclus les afrodescendants", a indiqué la photographe qui en est l'auteure, Paulina García Hubard.

afromex3"Ils sont ici depuis plus de 500 ans et sans eux, le visage de ce pays ne serait pas le même ", a précisé l'artiste mexicaine lors de l'inauguration de l'exhibition à la galerie ouverte des grilles de Chapultepec, situées dans l'emblématique Paseo de la Reforma (Promenade de la Réforme).

L'exposition est un recueil d'images prises au cours des cinq dernières années sur les côtes des états sudistes d' Oaxaca et Guerrero, une expérience "enrichissante pour le coeur, l'âme, le corps, dans la manière de vivre ", a-t-elle indiqué.

Pour García Hubard, exposer sur les grilles de Chapultepec, un lieu ouvert au regard de milliers de personnes est très important, car "il y a une très grande méconnsaissance des afroaméricains".

"Mes amis voyaient les photos et pensaient que c'était Cuba, la Colombie ou l'Afrique. C'est pour cette raison que je voulais qu'un grand nombre de personnes les voient ", ajoute-t-elle.

afromex1De son expérience avec cette population, elle retire un enseignement : "même si nous sommes différents, nous sommes tous égaux. Il y a beaucoup à apprendre et c'est pourquoi c'est important que les gens ouvrent les yeux en voyant ces images".

Lors de l'inauguration, la présidente du comité scientifique de la route de l'esclave de l'Unesco-Inah, María Elisa Velázquez, a rappelé qu'environ 250.000 personnes sont arrivées dès le 16ème siècle sur tout le territoire de la Nouvelle espagne et ont intégré les villes, les haciendas et les mines.

"Ils ont travaillé et ils sont venus avec leurs pratiques culturelles. L'ensemble du Mexique est imprégné par cet héritage dont nous devons nos enorgueillir et que nous devons connaitre", a-t-elle indiqué.

Pour Ricardo Bucio, président du Conseil National de Prévention de la Discrimination (Conapred), cette exposition qui se tient dans le cadre de l'Année internationale de la population afrodescendantte est une "énorme occasion " de connaitre cette population et de "l'intégrer dans la société ".

"Nous devons comprendre que le Mexique peut être viable dans le futur s'il inclut de manière égale et avec les mêmes droits toutes les personnes qui l'habitent", a-t-il indiqué.

L'exposition présente également des phtographies de Manuel González de la Parra, Franck Courtel et de Cristian Salvatierra, qui ont exploré l'état oriental de de Veracruz.

 

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

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05 septembre 2011

La musique maintient en vie la culture noire afrocolombienne

Par William Lloyd George



CALI, Colombie (IPS) - La chanteuse afrocolombienne Noency Mosquera avait six ans lorsqu'elle a fui son village natal de Bellavista, au nord-ouest du pays, alors que s'intensifiaient les combats entre les guérillas gauchistes et les groupes paramilitaires.
afrocolo


Avec sa famille, elle a rejoint les quelques trois à cinq millions de personnes que l'un des plus vieux conflits armés au monde a déplacé.

Des années plus tard, en mai 2002, le village situé sur la rivière Atrato a subi un massacre considéré comme un crime de guerre lorsque paramilitaires se sont installés dans le centre du village, et que la guérilla les a attaqués avec des cylindres de gaz chargés d'explosifs.

Un de ces obus est tombé dans l'église de Bellavista, où s'étaient réfugiés 300 civils non armés. 119 d'entre eux moururent et 98 furent blessés ou mutilés.

"Tout le monde a fui. Beaucoup se sont déplacés vers les villages avoisinants. On a tout perdu du jour au lendemain", déclare Mosquera à IPS.

Malgré les risques, elle s'est battu pour la reconstruction du village et le retour des personnes déplacées. En 2007, la Nueva Bellavista- municipalité de Bojaya, a été érigé à un kilomètre de l'ancien village, qui a été démantelé.

Mosquera, qui vit à Quibdo, la capitale du département de Choco, est une chanteuse appréciée de chirimía, un style musical du Pacifique colombien, et créatrice d'un groupe traditionnel Bongo de Bojayá, dont les thèmes encouragent les déplacés à retourner sur leurs terres et à préserver leur culture.

Avec quelque 4,3 millions de personnes, les Noirs représentent 10 % de la population et sont parmi les communautés qui subissent le plus le déplacement dans ce pays en guerre civile depuis 1964.

Leur habitat traditionnel, presque toujours situé dans des régions éloignées, comme la province du nord-ouest de Chocó, offrent de multiples cachettes pour les groupes armés qui se disputent les ressources naturelles ou les routes du narcotrafic.

Entre 1999 et 2006 près de 70.000 personnes ont été déplacées dans le Chocó, sur 440 000 habitants, selon l'ONG Consultoría para los Derechos Humanos y el Desplazamiento. Dans ces conditions, les leaders noirs craignent la perte totale de leurs racines culturelles.

Avec son groupe Bongo de Bojayá, Mosquera était présente au 15ème Festival Alvarez Petronio, qui se tient chaque année dans la ville de Cali au sud-est du pays. Du 24 au 28 août, la rencontre a réuni les afrocolombiens de l'ensemble du pays, venus danser, chanter et célébrer.

"Nous sommes venus parce que nous voulons dire au monde ce qui se passe dans notre village", indique Mosquera, qui a écrit des vers sur le crime de 'Bojayá. "Nous voulons aussi encourager les communautés à protéger leurs terres et leur culture."

Au stade de football Pascual Guerrero qui abritait le festival sont passés plus de 60 artistes et groupes qui concouraient dans quatre catégories: versión libre (choix libre), marimba, chirimía et violín caucano(Violon du Cauca). Dans le même temps se tenait la Rencontre Ibédro-Américaine des Cultures et des Communautés Afrodescendantes (Encuentro Iberoamericano de Culturas y Comunidades Afrodescendientes).

Selon Juana Alvarez, une des organisatrices et fille du compositeur Petronio Alvarez, en l'honneur duquel est baptisé le festival, le but est de célébrer la culture noire. "On en a privé nos gens pendant longtemps, à présent, nous voulons la récupérer", dit-elle à IPS.

À l'extérieur du stade, Alvarez a expliqué que jusqu'en 1991, lorsque le pays a adopté une nouvelle Constitution, les afrocolombiens n'avaient aucun droit.

L'article 55 de la Constitution reconnaît la propriété collective des territoires où s'était établie la population noire, et en 1993 fut sanctionnée la Loi 70, qui a permis l'attribution de titres fonciers, l'accès à des représentants au parlement et des droits en matière de contrôle de ressources naturelles, de culture et le développement.

Ce mouvement a inspiré l'idée du festival, déclare Alvarez. Initialement, les autorités n'y ont pas accordé d'intérêt, mais quand il a commencé à devenir populaire, ils ont décidé de le soutenir.

"C'est quelque chose qui rend fier les afroColombiens", indique Alvarez. "C'est devenu un espace de multiculturalisme où tout le monde vient pour profiter de notre culture, comme si c'était la leur."

Selon Eliana Hinestroza, une leader communautaire qui vit à Cali, le festival représente l'espoir que la culture ne soit pas détruite par la guerre. Il ya trois ans, elle a dû se déplacer avec toute sa communauté lorsque la guerre est devenue insupportable dans son village rural au sud du département de Cauca.

Pour elle, le gouvernement ne fait pas assez pour les noirs. "Ils essaient, mais ils doivent faire beaucoup plus. Il ya des ressources pour la santé et l'éducation, mais elles ne nous parviennent pas."

Si le pays n'est pas pacifié, la culture noire ne peut que mourir dans la mesure où de plus en plus de déplacés vont vers les villes. "Nous sommes en train de nous habituer aux villes", dit-elle. "Quand nous déménagons, nous perdons beaucoup de nos traditions et vivons -souvent dans des conditions dangereuses."

Un des groupes vainqueurs, Son Batá, qui fait la chirimía, provient de la Comuna 13, un des quartiers les plus troublés de Medellin, capitale du département du Nord d'Antioquia.

"Si vous aviez mon âge et que vous alliez dans la mauvaise rue, ils vous tuent. C'est une question de territoire", indique à IPS son chanteur principal de Son Batá, Wilmer Bonilla qui, à 21 ans, est le plus âgé du groupe.

Il affirme que beaucoup de jeunes ont perdu leurs liens avec leurs communautés d'origine, car ils grandissent loin d'elles. La violence détermine également qu'ils finissent captifs d'une nouvelle culture, celle des gangs urbains.

"La meilleure chose dans le fait que nous ayons gagné au festival est que nous donnons un message à la jeunesse", déclare Bonilla. "Nous espérons qu'ils comprendront qu'il ya d'autres façons de réussir et qu'ils s'intéresseront de nouveau à la tradition."

L'oubli par les médias de masse de la musique afro a aussi renforcé le désintérêt consolidée pour cette culture. Selon le producteur général du festival, Luis Alberto Sevillano, on n'entend pas la musique noire à la radio, même à Cali, où la majorité de la population est d'origine africaine. Le festival veut changer cela, dit-il.

"Nous sommes en train de faire que la musique afrocolombienne redevienne populaire ", dit-il, alors qu'il se trouve au siège de la production. "Maintenant qu'elle apparait à la radio et la télévision, nous pensons que les grands médias vont prêter plus d'attention à cette musique vibrante et importante."

Pour beaucoup d'artistes, c'est l'occasion de se faire entendre.

Jorge Eliecer Llanos, le chanteur du groupe Son del Tuno indique à IPS que sans le festival, la musique de sa région, la municipalité de Cauca Patia, n'aurais jamais été entendu en dehors de là-bas. Il a dû naviguer 17 heures pour arriver à Cali. Et la meilleure chose qu'il a a rapporté c'est l'échange culturel avec d'autres personnes et des genres musicaux dont il ignorait l'existence.

"Nous vivons isolés, loin les uns des autres. Ainsi, il est très facile pour notre style musical de disparaitre, mais le festival le maintient en vie", dit-il. "Nous avons été invités à jouer à Bogota et dans d'autres villes, ce qui maintient de maintenir l'intérêt pour notre genre particulier," le bambuco patiano.

En admettant la marginalisation des afrodescendants et de leurs cultures, l'Organisation des Nations Unies a déclaré 2011 Année International des Afrodescendants.

Quelque 200 millions de personnes qui reconnaissent leurs ancêtres africains vivent en Amérique, et des millions d'autres dans d'autres régions du monde.

Mais l'emphase du festival portait sur l'aspect recréatif. Des milliers de personnes se sont rendues au stade parés de symboles africains, agitant des mouchoirs, buvant des litres de bière locale et dansant sans se reposert.

Dans ce climat de légèreté, cependant, la majorité des artistes ont laissé un message fort.

"Que tout le monde sache que la culture afrocolombienne est ici pour rester et pour grandir", a déclaré Mosquera, avant de rentrer à Quibdo. "Peu importe que le conflit soit si important, nous continuerons de nous battre et de chanter." (FIN/2011)

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

http://ipsnoticias.net/nota.asp?idnews=99017

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03 août 2011

Le 7ème Festival International Afrocaribéen honore les afromexicains

Le Festival International Afrocaribéen (Festival Internacional Afrocaribeño ) qui en sera à sa 17ème édition est positionné comme la seule rencontre culturelle dans son genre en Amérique, consacré à l'étude, à l'analyse et à la promotion de ce qu’on appelle la troisième racine.

 afrocCette année est particulièrement importante étant donné que 2011 a été déclaré l'Année Internationale des Afrodescendants par l'Assemblée générale des Nations Unies, a déclaré Leticia Perlasca, secrétaire du Tourisme, de la culture et de la cinématographie de Veracruz. 

En annonçant le programme du 17ème Festival  International Afrocaribéen qui se tiendra du 11 au 14 août au port jarocho, elle a indiqué que la rencontre s’étendra à Yanga, la "première ville libre en Amérique."

 "Yanga nous parle et nous rappelle ce personnage libertaire qui, avec Mandinga et Mocambo étaient des noirs qui ont combattu  activement pour la liberté des noirs, et l’ont obtenu."

Selon la fonctionnaire, le Festival Afrocaribéen qui est né en 1994 sous l’impulsion de l'anthropologue Gonzalo Aguirre Beltrán Veracruz est fortement enraciné chez les habitants de cet état, puisqu’il est resté fidèle à son objectif de promouvoir l'intégration de la diversité raciale et socioculturelle dans les différents espaces géographiques qui coexistent dans la Caraïbe.

afrocarÀ cette occasion, elle a indiqué que le Festival Afrocaribéen rendra hommage à Salvador Negro Ojeda  qui a récemment perdu la vie. On reconnaitra sa passion pour la musique, pour le son, le huapango, la rumba, le boléro et son âme jarocha

 Ernesto Marquez, directeur artistique du festival et de l’organisation artistique, a annoncé la participation de Toto la Momposina, Carlinhon Brown, Combo Ninguno et d’ Eddie Plamieri, entre autres artistes invités. 

Parmi la  vingtaine d'activités envisagées par la rencontre d’ordres académique, artistiques et culturels, il a évoqué le discours que présentera Toto la Momposina et le Dr Rafael Bassi, intitulé "L'histoire de la caraïbe noire colombienne à travers la musique"; et la conférence "L'Afrique et son héritage" que donnera Diamana Coura, et le panel sur "l’Afrodescendence à Veracruz", dont feront partie Yolanda Juarez, Alfredo Delgado.

En plus des activités académiques et culturelles, un panel de spécialistes abordera la thématique intitulée "Afrodescendence à Veracruz, l’exposition  gastronomique de Veracruz à Cartagena". Cette foire comprend des ateliers de danse africaine et un cycle de projections vidéo intitulé "Africanías", avec des thèmes liés à cette culture.

 En tant que  spécialiste de la contribution de la troisième racine dans le domaine musical,  Marquez a indiqué que la déclaration de l'ONU, dont le but est de renforcer les mesures de coopération internationale en faveur des afrodescendants en ce qui concerne la pleine jouissance de leurs droits économiques, culturels, sociaux , civils et politiques ainsi que leur participation et leur inclusion dans toutes les sphères de la société et la promotion d’un plus grand respect et de la compréhension de la diversité, de leur patrimoine et de leur culture. 

Déjà dans différents pays de cette région, a-t-il ajouté, les organisations et les réseaux d'afrodescendants ont réalisé des rencontres, et c’est maintenant à l'état de Veracruz, à travers le Festival International Afrocaribéen de renforcer le mandat de l'ONU, peu importe que la fédération assume la responsabilité de réaliser un Recensement pour quantifier la population afrodescendante au Mexique.


Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga  http://guyzoducamer.afrikblog.com 


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15 juillet 2011

Susana Baca : une diva pour la cause des afropéruviens

La gagnante d’un Grammy Latino Susana Baca construit actuellement un centre consacré à l'héritage africain du Pérou. En ratissant la côte, elle a trouvé des chansons ancrées dans l'époque de l'esclavage, pour éventuellement les sauver de l'extinction et contribuer à défendre la génération actuelle.

 baca

Par Tracy Wilkinson, Los Angeles Times

 Dans ce village qui porte encore le nom de Santa Barbara, l'ancienne plantation de canne à sucre, Susana Baca marche péniblement à travers un champ de patates douces. Il n y a même pas 48 heures que la diva de renommée internationale de la musique afropéruvienne est rentrée de Paris, utlime arrêt de sa dernière tournée mondiale.

 Mais ce jour-là, elle est en visite dans sa ville natale de sa mère, délabrée, une partie négligée du Pérou qui est le berceau de son histoire multiethnique, où les descendants des esclaves noirs et les ouvriers agricoles chinois et japonais vivent depuis des générations, se marient  les uns aux autres et continuent même actuellement de  travailler la terre.

 "Nous sommes tous égaux ici", dit Carlos Franco Aguilar, un des vieux amis de Baca,, un homme de couleur caramel avec des yeux en amande dont les grrands-parents chinois e sont sentis obligés de changer de noms de famille (Lao est devenu Franco, et Lin est devenu Aguilar), et dont la mère est en partie noire.

 "Tous égaux", dit-il en riant. "Pauvres à égalité."

 Baca qui a 67 ans vient à Santa Barbara, aussi souvent qu'elle le peut. La gagnante d’un Grammy construit actuellement ici un centre culturel qui sera consacré à l'héritage africain des péruviens, ainsi que le conglomérat d'ethnies qui pendant des siècles ont influencé la musique, la nourriture, l'art et l’économie de cette nation, mais qui ont systématiquement été marginalisés par une société à classes stratifiées.

 "Je veux que ces gens aient le sentiment d’appartenir à quelque chose ... de se sentir protégés", dit Baca, assise sur une terrasse parmi les petits bâtiments qui formeront son centre, avec ses portraits de Martin Luther King Jr. et de musiciens de jazz. Seul le braiment d’un âne pas loin interrompt le grondement de la mer à quelques miles plus loin.

 "L'histoire officielle est blanche", ajoute son mari, Ricardo Pereira, un sociologue qui aide à promouvoir le travail de Baca. "L'idée est de rendre visible une histoire cachée."

Il y a deux ans, le Pérou est devenu le premier pays d'Amérique Latine à présenter des excuses officielles à ses citoyens d'origine africaine pour des années de discrimination. Et il y a quelques jours, le gouvernement a octroyé une reconnaissance à plusieurs sommités noire du Pérou. Mais pour Baca et d'autres, ce n’est en grande partie que de la poudre aux yeux, et que le racisme reste ordinaire.

Tout cela s’est fait évident lors de l'élection présidentielle du mois dernier lors de laquelle des épithètes ethniques étaient couramment utilisés pour insulter les deux candidats, l'un d'origine asiatique et l'autre, un métis avec un nom indien.

Statistiquement, les Péruviens noirs se trouvent généralement aux extrémités les plus basses des échelles économique et de l'éducation.

"Il y a des Afropéruviens qui ont avancé", explique Rafael Santa Cruz, membre de la légendaire famille musicale à laquelle on attribue la réactivation du mouvement afropéruvien. "Mais beaucoup d'entre nous sont traités comme des citoyens de seconde classe."

Étant une source abondante d'argent, d'or et, plus tard, de guano, le Pérou colonial fut l’un des pays les plus riches des Amériques après sa conquête par les explorateurs espagnols et le centre du nouvel empire. Les espagnols ont apporté des esclaves qui sont immédiatement entrés en conflit avec la population autochtone locale en plus de l’être avec leurs maîtres européens blancs. Les indigènes qui étaient autant réprimée considéraient les Noirs comme une partie de la colonisation étrangère, et beaucoup les haïssaient pour cette raison.

Les esclaves péruviens étaient forcés d'abandonner (ou cacher) leurs langues, leurs musiques et leurs religions. Au cours des siècles, leur nombre relativement peu élevé les obligea effectivement à se marier aux Indiens des Andes, aux blancs et aux mestizos qui sont la progéniture des Indiens qui s’accouplaient avec les Espagnols. La culture a fané.

Ce n'est qu’au cours des 50 dernières années, presque parallèlement au mouvement américain des droits civiques qu’ un petit groupe d'afropéruviens a travaillé pour sauver cette musique aux percussions lourdes, cette poésie, cette danses simples et en bout de ligne la singularité de la culture.

"C’est plus que de chanter une jolie chanson ou de chorégraphier une danse: C'est la quête de l'identité", indique Santa Cruz.

Les Noirs au Pérou n'ont jamais constitué un groupe monolithique. Les esclaves des plantations côtières de sucre et de coton ont vécu une vie très différente de celle des esclaves urbains, qui ont atteint une relative prospérité et la liberté. Ils étaient artisans - tailleurs, potiers, cordonniers, forgerons, charpentiers – auxquels ont permettait de garder un peu de l’argent qu'ils gagnaient ; et beaucoup ont à la longue acheté leur liberté.

Lima, la capitale royale coloniale des palais, des plazas et des balcons en treillis, était presqu’à moitié noire aux 16ème 17ème siècles. Aujourd'hui, en grande partie à cause des mariages mixtes et de la difficulté de maintenir leur culture, les Noirs représentent moins de 2% de la population nationale.

Après que l'esclavage eu finalement été aboli au milieu du 19ème siècle, les esclaves des plantations ont largement été relégués à des destins de métayers, rappelle Natalia Maturana, qui a entièrement vécu ses 87 ans ici à Santa Barbara. Elle est noire, mariée à un homme de 88 ans, mestizo, et ils ont 11 enfants, dont la plupart travaillent dans les champs de patate douce et de yucca qui couvrent cette terre.

Légèrement voûtée, le visage plein de rides et de taches de rousseur, Maturana vit dans une maison datant des environs de 1900 qui a été construite pour le premier flot de travailleurs japonais, amenés pour travailler dans les champs de coton. La peinture blanche s’écaille sur le côté de la maison légèrement affaissée. A l'intérieur, sur la plancher en bois éraflé, les arrières petits-enfants de Maturana jouent pendant que les adultes cuisinent, cousent et sélectionnent les haricots pour le dîner.

Presque tous ceux qui ont plus de 12 ans ont travaillé dans les champs, tandis que les plus âgés se souviennent lorsqu’il était facile d'aller à la mer toute proche pour pêcher les bars et les crevettes abondantes. "Tout ça, c’est fini", dit Maturana.

La réforme agraire du Pérou intervenue au milieu des années 1900 a donné des titres de propriété aux Indiens et aux mestizos, mais a exclu les Noirs parce qu'ils étaient considérés comme étant trop proche des propriétaires blancs de l'hacienda, dit-elle. Ce n’est que cette année que l’un de ses enfants, Manuel, qui a 45 ans a finalement obtenir le titre pour ses terres.

Pour Baca, qui achète pendant cette visite un sac de 200 livres de patates douces fraichement sorties de terre, c'est leur histoire et leur musique qui ressuscitent l'histoire des Noirs du Pérou.

Elle signale la statue de Carlos "Caitro" Soto de La Colina , une autre légende afropéruvienne de la musique et membre de Peru Negro, l'un des premiers groupes à avoir acquis la notoriété dans les années 1970. Baca dit que c'est le premier monument construit au Pérou pour l'un de ses musiciens noirs.

La fille d'une cuisinière noire et d'un chauffeur noir travaillant pour de riches blancs à Lima, Baca a également souffert de la discrimination, ignorée dans son adolescence lorsque son école a choisi les filles blanches pour former la troupe de danse, même si elle était la meilleure danseuse. Aujourd'hui Baca se déplace toujours avec le flow d'un danseur, les bras flottants, la tête légèrement inclinée, comme si elle écoutait une chanson quelque part au loin.

Elle sourit volontier, laissant éclater des dents blanches lumineuses à toute personne qui la salue, de l'agriculteur le plus pauvre et le plus sale ici, aux automobilistes qu’elle croise dans la ville animée de Lima.

Agissant à la fois comme détective et sociologue, Baca a sillonné la ligne côtière du Pérou pendant deux décennies, à écouter et à étudier la musique distinctive de chaque partie du pays. Beaucoup de chants et danses remontaient à la période de l'esclavage et étaient en danger d'extinction. La musique afropéruvienne est lourde dans une cadence et sensuelle et une rythme basé sur le cajon, un instrument en forme de boîte que les esclaves péruviens ont commencé à utiliser après que leurs maîtres, et l'Église catholique eurent interdit leurs tambours traditionnels. Le cajon est aujourd'hui un symbole national reconnu du patrimoine culturel.

"Beaucoup de gens le considéraient comme la musique des esclaves. Ils en avaient honte", dit Baca. Mais elle essaie de la présenter comme quelque chose dont on peut être fiers. Avec un album de musique afropéruvienne, Baca a remporté un Grammy latino en 2002, et elle parcourt le monde fréquemment, dont un arrêt programmé à Los Angeles, pour le mois d'août.

"Le plus important c'est d'appartenir à quelque chose", dit Baca. "Nous avons besoin de nous sentir heureux avec nos différences et d'avoir le sentiment d'appartenir à un groupe et que nous ne sommes pas seuls."

Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga  http://guyzoducamer.afrikblog.com 


http://articles.latimes.com/2011/jul/11/world/la-fg-afro-peruvian-20110711

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30 juin 2011

Voyage théâtral à travers l'histoire des Garífunas

 Le groupe Superación de Guadalupe( Colón) a présenté l'oeuvre communautaire “Loubavagu”.

 garifuna

San Pedro Sula, Honduras

 Par Carlos Rodríguez: carlos.rodriguez@laprensa.hn

En revoyant "Loubavagu" (L’autre côté lointain), il semble que dans des pays comme le nôtre, il n'y a pas de changement et chaque génération doit répéter les luttes du passé pour revendiquer et défendre se droits. Et encore plus quand il s'agit de groupes sociaux considérés comme mineurs et marginalisés depuis des siècles qui rentrent dans une catégorie sous-développée dans un pays sous-développé.

L'histoire des Garifuna est imprégnée de résistance, un mot diabolisé de nos jours, mais applicable à ce peuple qui est allé à contrecourant pour défendre sa dignité. Toujours sous la direction du célèbre dramaturge Rafael Murillo Selva, le groupe Superación de la comunidad de Guadalupe dans le département de Colon, a voyagé pour présenter "Loubavagu" à l'auditorium du Musée d'Anthropologie et d'Histoire de San Pedro Sula.

L'espace était rempli, principalement de jeunes qui ont eu l'honneur d’apprécier l’une des pièces théâtrales les plus importantes du Honduras, qui universalise les problèmes qui touchent d’autres groupes dans le monde : principalement la marginalisation et la discrimination.

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Humour et Réalité

"Loubavagu" commence avec le naufrage au large des côtes de l'île de San Vicente de navires qui transportaient des esclaves africains. Les descendants de ceux qu’on appelle aujourd’hui les Garifunas s’établirent alors sur l’île.

L’œuvre n’omet pas le contexte historique qui renvoie à la lutte entre les empires britannique et français, qui se répartissaient ces terres comme on échange des cartes de poker. Nait alors le personnage de Satuyé, premier héros Garifuna qui opposa une résistance aux anglais qui tentaient d’hypothéquer la liberté de son peuple. Héros respecté par les Garifuna, comme Lempira et Francisco Morazán. Joseph Satuye devrait-il apparaitre dans les manuels d'histoire comme un héros national, puisque lorsque Lempira résista, il défendait son territoire et non pas une division géographique aujourd’hui connue sous le nom du Honduras?

Satuyé sera assassiné et les garifuna déportés. Finalement, ils s’installent sur la côte du Honduras le 12 avril 1797. Le début d'une nouvelle lutte.

"Loubavagu" reflète également l'un des conflits non résolus au Honduras: la lutte agraire. La pièce théâtrale montre de quelle manière les Garifuna, après un long processus bureaucratique, réussissent à obtenir leur titre de propriété. Même si par la suite, ils devront faire face au harcèlements des puissants qui vont même jusqu’à assassiner pour s'emparer de leurs terres.

"Loubavagu" porte cependant également la critique de la communauté garifuna qui perd son identité, en particulier quand elle revient des États-Unis. Bien qu’on y retrouve de l’humour et de la danse " Loubavagu" n'est pas un spectacle pour divertir, c’est le miroir qui reflète des siècles de résistance.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga  http://guyzoducamer.afrikblog.com 

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13 juin 2011

Les contes de l'araignée Anansi : de l'Afrique de l'Ouest aux Caraibes

 

Par Nekita dans Roots & Culture Effect

anansi

La plupart des enfants d'Amérique du Nord apprennent des leçons de morale à travers des dessins animés et des livres d'histoire. Dans les Caraïbes, nous les apprenons par le biais des contes transmis par nos aînés. Tout au long de mon enfance, j'avais hâte que ma grand-mère me raconte des histoires d'Anansi. J'étais émerveillé par son adresse, j'enviais son apparente indestructibilité et j'admirais sa capacité à utiliser la ruse comme un mécanisme de survie. À chaque nouvelle histoire d'Anansi qu'on me racontait, j'avais hâte de me retrouver avec les autres enfants sous le manguier derrière la cour de l'école pour me vanter à son sujet. Raconter ces histoires, c'était vivre par procuration le personnage d'Anansi. J'avais l'impression de posséder moi aussi ces capacités et je suis presque certaine que mes camarades pensaient de même.

 

Enfant, je n'ai jamais posé la question de l'origine ou du but de ces histoires qui portaient apparemment sur une araignée, même sie dans toutes les descriptions et caractéristiques , elle était humaine. Au lieu de cela, je les ai accepté comme un récit passionnant sur une araignée /un homme perspicace, qui était capable d'arriver à faire avancer les choses par tous les moyens, même si cela signifiait l'utilisation de la ruse et la fourberie. Malgré l'intelligence et la sagesse de Anansi, ma grand-mère faisait toujours remarquer à la fin de chaque histoire les tactiques malhonnêtes qu'il employait souvent se retrounaient toujours contre lui et que l'honnêteté et la sincérité prévalaient toujours.


Les histoires d'Anansi (également orthographié Ananse ou Anancy et mentionné comme Kwaku Ananse) ont été emmenées à la Caraïbe par nos ancêtres africains de l'Ouest pendant l'esclavage. Ancré dans les traditions du peuple Ashanti au Ghana, les histoires d'Anansi constituaient un moyen d'évasion temporaire pour les esclaves capturés dans les Caraïbes. Tout comme Anansi, de nombreux esclaves devaient employer leur intelligence, leurs compétences non conventionnelles et la sagesse pour survivre.

Jusqu'à ce jour, les histoires d'Anansi continuent de jouer un rôle important dans le conte et la formation de la morale dans la plupart des îles des Caraïbes. Bien que le contexte de plusieurs de ces histoires a été inévitablemenet altéré pour cadrer avec les différentes traditions culturelles et les pratiques inhérentes aux différentes communautés des Caraïbes, les éléments essentiels, tels que la nature animale /semblable à l'humain d' Anansi, son intelligence, la ruse, la sagesse et ses défauts de caractère restent tous pareils.


Comme enfant qui a grandi avec les histoires d'Anansi, les équivalents nord-américains comme le personnage de Wile Coyote ne semblait jamais assez convaincant. Ils n'avaient pas la profondeur, la complexité et la variété qu'Anansi possédait. Je l'admirais pour sa sagesse et l'intelligence, et dans le même temps, je craignais l'issue de sa duperie et de sa tromperie. Il était un héros et un méchant et son apparente indestructibilité était une source d'espoir.

À travers le récit des histoires d'Anansi, j'ai pu cultiver de très précieux talents oratoires. La préservation et la perpétuation des histoires d'Anansi sert de moyen de nous connecter dans les Caraïbes à nos ancêtres africains. Elle contribue également à démontrer l'importance de l'histoire et de la culture dans la cultivation de la morale et des valeurs. Le temps et la distance sont des facteurs inévitables pour les personnes à travers la Diaspora Africaine, toutefois, de contes et traditions orales comme celle d'Anansi, aident à maintenir notre connexion.

traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

http://www.orijinculture.com/community/2011/anansi-stories-west-africa-caribbean/anansi2/"

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05 juin 2011

Premier Musée d’art Africain et afroaméricain inauguré au Venezuela

Tableaux,  sculptures de bronze et en bois, drapeaux rituels, masques, instruments de musique, peintures à huile sur carton et d'autres pièces font partie de la collection des œuvres d'art exposées depuis le dimanche 22 mai au Musée d'Art Afroaméricain, dans la capitale vénézuélienne, Caracas.
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Le musée qui est  situé dans un quartier de la capitale connu sous le nom de San Bernardino (au Nord de Caracas), a été inauguré le 22 mai dernier et est le premier de ce genre dans le pays qui diffusera  la culture africaine dans un espace permanent.

L'initiative survient après plus de 30 années de recherche de Nelson Sánchez Chapellín, qui, à travers la fondation qui porte son nom, a décidé d'ouvrir le musée après avoir été inspiré par la poésie africaine. Après de nombreux voyages, des recherches et l'achat de pièces, il affirme posséder la collection d'art africain "la plus importante du monde."

Le Vice-Président de la Fondation Nelson Sánchez Chapellín, Morris Matza explique que la création du musée est un des projets entrant dans le cadre des activités programmées par la Fondation, qui au cours des années a acquis des œuvres d'art africaines remarquables  jusqu'à atteindre les 3.000 pièces qui composent la collection actuelle.

“Le Musée a été créé avec la vision d'un musée intégral, qui sert de référence de l'art africain et afroaméricain pour tous ceux qui sont intéressés, car il possède une bibliothèque spécialisée d'environ 1000 livres pour le public et les chercheurs, des salles d'exposition supplémentaires,  un centre de séminaire en cours de construction ", indique –t-il. Matza.

Parmi les pièces les plus remarquables se trouvent des sculptures de l'ethnie Nok du Nigeria, qui sont contemporaines de la culture égyptienne, des plaques en bronze du Bénin de l'ancien royaume du Dahomey et une cape de mariage éthiopienne cousue de fils d'argent, un vêtement porté par les fiancés le jour de leur mariage.
Selon le Vice-Président, l’objectif principal du musée  est de divulguer et d’éduquer sur la culture africaine et afroaméricaine.
Carlos Morales, manager général du Musée, ajoute qu’ils disposent de la Collection de bronze la plus importante en Amérique du Sud et dans les Caraïbes.
Les articles proviennent de différents groupes ethniques du Congo, du Nigeria, du Burkina Faso, du Cameroun, du Mali, de la Guinée et de l'Éthiopie, entre autres, déjà présent dans l’exposition.

La galerie dispose d’un centre de recherche et de documentation, une cour d’usage multiple où fonctionneront également un restaurant et un café-restaurant pour promouvoir les jeunes artistes vénézuéliens (la première exposition officielle sera pour les étudiants de l’Université Nationale Expérimentale des Arts, UNEARTES).

 

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

 

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