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Noirs d'Amérique Latine

Textes traduits témoignant du passé et du quotidien des Afrodescendants des Amériques et des Caraibes

22 juin 2009

Une campagne valorise la culture noire à São Paulo

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Bien que le mois officiel de la commémoration se situe en novembre, les actions de valorisation et de promotion de la culture noire ont déjà débuté pour le Secrétariat d’état de la Culture de São Paulo, qui a lancé une campagne photographique  intitulée "África em Nós". La campagne vise à souligner l'influence africaine au sein de la société brésilienne.

Ouverte aux photographes professionnels, amateurs et aux étudiants en photographie, la campagne invite la population à  prendre un appareil photographique et à filmer des expressions et des scènes représentant l’influence de la culture noire dans le quotidien et  qui font ressortir l’importance de la valorisation sociale des afrodescendants.

Sous la tutelle du photographe Walter Firmo, la campagne réunira les 100 meilleures images envoyées par la population dans un livre, en plus de les exposer lors d’une mostra spéciale dans le cadre de la programmation culturelle du Mois de la Conscience Noire.

Les personnes intéressées à participer à la campagne  "África em Nós" pourront envoyer leurs photos jusqu’au 15 septembre directement sur le site de la campagne:
www.africaemnos.com.br . Un maximum de 10 photos par participants sera accepté. Toutes les images envoyées seront exposées sur le site et une commission jugera les meilleurs travaux. L’évaluation tiendra compte des critères de créativité, d’originalité, d’esthétique, de qualité photographique (technique), de la pertinence du message de prévention et de la qualité informative.



Selon le Secrétariat de la Culture, la campagne a pour but de valoriser l’héritage africain et la diversité des brésiliens. L’action compte sur le soutien du Conseil de la Culture pour les Genres et les Ethnies du Secrétariat d’État de la Culture. On s’attend à recevoir plus de 50 000 images d’ici la fin de la campagne.



En plus de la divulgation sur son propre site, la campagne  "África em Nós" sera également diffusée par le biais d’affiches, distribué dans toute la ville illustrées de photographies de Walter Firmo. Des brochures seront également produites qui expliqueront le règlement complet et dans lesquelles sera insérée une fiche d’inscription. La campagne sera également diffusée via internet, dans les réseaux sociaux tels que Twitter, Orkut et Flickr.

Source : Fundação Cultural Palmares 

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

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23 mai 2009

Hommage rendu à l’artiste Afrocolombienne Leonor González Mina

A  75 ans, Leonor González Mina, mieux connue sous le nom de la ‘Negra Grande’ de Colombie a reçu le ‘Grand Ordre du Mérite Culturel’ octroyé par le Ministère de la Culture.

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Ce mercredi 20 mai, dans le cadre du lancement de la ‘Campagne de la Diversité’ du Ministère de la Culture, la ministre Paula Marcela Moreno Zapata a rendu un hommage mérité à Leonor González Mina, la ‘Negra Grande’ de Colombie qui atteint cette année 53 ans de vie artistique.

À 75 ans, la ‘Negra Grande de Colombia', première artiste afrocolombienne à avoir réussi à percer le monde du spectacle musical en  1956 a reçu le Grand Ordre du Mérite à la Bibliothèque Nationale de Colombie. D’autres artistes de l’envergure de Fanny Mikey, Enrique Grau (q.e.p.d.), et le maître Jorge Villamil ont reçu cette récompense.

Je me suis lancée à la conquête de l’environnement artistique colombien et ça n’a pas été facile. J’ai été discriminée, mais je me suis battue et je me suis vendue comme une panthère, et à présent, j’ai la grande satisfaction du devoir accompli”, affirme la chanteuse.

Actuellement, la `Negra Grande’ de Colombie donne des cours de musique et de chant à l’école publique ‘Antonio Robles’, située dans la municipalité de  Robles (Valle del Cauca) où elle vit depuis plus de quatre ans.

Leonor González Mina est un symbole national. Son talent artistique remarquable et son engagement relativement à la réalité sociale du pays font d’elles une artiste intégrale au service d’un projet de Nation ”, affirme la ministre Moreno Zapata.

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Selon Iván Benavides, producteur artistique du Grand Concert National 2009 ( Gran Concierto Nacional 2009), “le grand mérite de la ‘Negra Grande’ de Colombie est qu’elle est l’une des pionnières de la divulgation de la musique du Pacifique au niveau national et international”.

Leonor González Mina est née en 1934 à Robles (Valle del Cauca). Au cours de sa carrière artistique, elle a interprété des genres allant des boleros aux pasillos en passant par les bambucos au meilleur de la musique de la Caraïbe et du Pacifique colombien.

Elle a enregistré son premier travail musical ‘Cantos de mi tierra y de mi casa’ après avoir fait une tournée en Union Soviétique avec le groupe de Delia Zapata. Elle est devenue célèbre grâce aux interprétations de ‘Yo me llamo cumbia’, ‘A la mina’ et ‘Navidad negra’.

Peu après, elle a fait une intrusion dans le monde du théâtre et dans la politique où elle a porté la bannière la lutte pour les droits de la communauté afrodescendante. “Il y a une porte qui est en train de s’ouvrir. Nous les Afrodescendants, nous sommes désormais un groupe uni, qui lutte pour exister dans un pays riche et divers culturellement”, dit-elle.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://actualidad.hemeracomunicar.org/index.php?option=com_content&view=article&id=7720:la-negra-grande-recibe-la-orden-al-gran-merito-cultural&catid=59

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07 avril 2009

Célébration de la culture afro en Argentine

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Plus de mille personnes ont participé à cette  “Première Rencontre Artistique de  Candombe Afroargentin” honorée de leur présence par des personnalités importantes comme Rita Montero, Chango Farías Gomez, Egle Martin, Coco Romero et les groupes La Familia et Danza Afro Religiosa. Cet événement organisé par l'Institut National Contre la Discrimination, la Xénophobie et le Racisme (Inadi) et soutenu par diverses associations rentre dans le cadre de l'effort de mise en lumière, de sauvegarde et de revalorisation des pratiques culturelles noires de notre pays.

            Dès le samedi 28 mars en soirée, le hangar de La Chilinga a commencé à se remplir, car une visite très spéciale avait réuni le public : dame Rita Montero et ses quatre vingt ans environ et son long parcours musical venait partager ses chansons. L'émotion était grande de la voir chanter et danser, joliment vêtue, profondément émue et   reconnaissante pour les applaudissements: “c'est que cela fait longtemps que je ne suis pas monté sur une scène”, indiqua-t-elle suite à l'ovation des personnes présentes.

La rencontre avait débuté par la présentation du groupe  “Danza Afro Religiosa” et allait se terminer par celle de  Chango Farías Gómez, dans un répertoire aux styles très nuancés et parfois accompagné par sa fille Micaela.

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Flavio Rapisardi, coordinateur des Forums de la Société Civile de l'Inadi, a expliqué l'esprit de cette rencontre: “en tenant compte de ce qu'on appelle candombe argentin est un cadre de discussion  un cadre discussion, nous avons décidé qu'il devait être un espace ouvert. Et en suivant le conseil des gens qui racontent son histoire oralement, nous avons retrouvé les seniors afrodescendants, comme Rita Montero, José Cubas, Pocha Lamadrid; ils nous apportés leurs souvenirs du Shimmy Club, ce qu’ils dansaient, et chantaient lors des veillées funèbres, de leurs occupations chez eux et ce qu'ils faisaient lors de leurs fêtes. A partir de  là, nous avons décidé d’organiser un événement pour le montrer et en partant de là, dans l’avenir créer une chaire de  candombe argentin où sera récupéré un espace qui reste en discussion. Nous sommes donc en train de contacter toutes les personnes qui en savent quelque chose du  candombe argentin, nous les intégrons au débat et tout cela  est lié au besoin de sortir la communauté afroargentine de l’invisibilité”. 

D'autre part, Daniel Buira, directeur de La Chilinga nous a raconté que  “l'idée de l'événement est de  mettre en place ce cœur rythmique et artistique lié au  candombe argentin, avec les artistes qui  peuvent encore nous l’enseigner oralement ou par la rencontre, célébrer cette journée, jouer et prendre plaisir avec”. Il a également indiqué que la préparation de la rencontre  a connu quelques moments délicats, puisque certains artistes montraient leur opposition. D’après lui: “c'est un sujet très sensible avec lequel il faut faire très attention, car  il faut chérir ce qui est rare. L'idée est de les amener et de les réunir pour qu'ils fassent voir cette musique, cet art, cette communauté liée à notre histoire”. 

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Au deuxième jour, au rythme du bombo murguero, Coco Romero a ouvert la soirée en racontant et en chantant les mille et un liens de la murga avec la culture afro. Le groupe “La Familia” a suivi, avec tambour, danses et chants en abondance qui ont fait vibrer tous les corps présents, en démontrant très clairement la saveur du candombe argentin. 

Au cours de cette soirée se trouvaient présents María José Lubertino, présidente de l'Inadi, qui invita les spectateurs à réfléchir sur l’importance de la lutte contre la discrimination et la sauvegarde des cultures rendues invisibles. “Pour nous, il est très important de  sortir une culture de la discrimination, du préjugé et cela se fait grâce à l’inclusion des acteurs de la culture. C’est pourquoi nous avons constitué, en fin 2006, un Forum des afrodescendants et nous collaborons avec les nouveaux immigrants africains”, a-t-il expliqué à  Q!

Cet organisme développe un travail avec les communautés discriminées  “en valorisant leurs cultures, leurs traditions, les contributions qu'ils ont faites à l'Argentine. Nous travaillons également beaucoup avec la musique, la cuisine et le langage, car il y a beaucoup de choses que nous les argentins avons assimilé et dont on ne sait pas qu'ils proviennent des afros”, affirme Lubertino. De plus, il nous a informé de la création du Projet Diverseum (Proyecto Diverseum), un musée culturel de la diversité, qui durant son processus de lancement sera itinérant à travers le pays: “la présence afro à Corrientes -qui y est très forte-nous intéresse grandement de même qu'à Santiago del Estero, qui a eu jusqu'à  53% d'habitants afrodescendants”. 

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Pour clôturer les festivités du week-end,  Egle Martin a traduit à travers la musique et le chant les nombreuses contributions des noirs au tango, à la milonga et à d'autres styles, tous unis par l'accent de la musique noire. 

Le hangar restait plein alors que la soirée du dimanche 29 mars était déjà bien entamée. Le quartier de Saavedra allait se voir  teinté de noir argentin au cours de deux journées qui constituèrent la première invitation massive à la reconnaissance des sons de tambours de ce côté du Río de La Plata, avec entrée gratuite. 

Photos de Eugenio Fernández et Diana María Betancur

Traduit d e l'Espagnol par Guy eberard Mbarga

http://www.revistaquilombo.com.ar/revistas/46/q46.htm

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05 avril 2009

Leon Mobley anime des ateliers de percussion à Vigário Geral

 

Du 6 au 12 avril, Leon Mobley, percussionniste du chanteur Ben Harper sera à Vigário Geral pour animer des ateliers de percussions pour des jeunes de l’Association AfroReggae. Les rencontres se tiendront au foyer du groupe culturel AfroReggae sur deux périodes : entre 14h et 15h30min, pour les débutants en musique et de 16h à 17h30min, pour les professionnels - percussionnistes ou non.

Pendant que Leon Mobley enseignera à Vigário, d’autres percussionnistes donneront des cours dans d’autres pays dans le monde : Argentine, Chypre, Allemagne, États-Unis, Espagne, Chine et Jamaïque. Cette action fait partie d’un projet de Mobley appelé MIMA (Modern Improvisational Music Appreciation). Le samedi 11 avril, Leon et ses élèves de percussion réaliseront une performance probablement en compagnie d’autres instrumentistes. Des performances seront également organisées simultanément dans les autres pays où des ateliers auront été réalisés.

Pour en savoir plus sur le travail de Leon Mobley, visiter les sites:

Site de MIMA Music Org


Leon Mobley – Site Officiel

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.afroreggae.org.br/sec_news_view.php?id=1433

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29 mars 2009

Paula Moreno et Carlinhos Brown clôturent l’Assemblée du BID

Mincultura y Carlinhos Brown en el cierre del BID

Après le discours de clôture de l’Assemblée de la Bid que prononcera la Ministre de la Culture Paula Moreno, l’artiste brésilien clôturera l’Assemblée par un concert de samba et de reggae. De plus, il dictera un atelier de percussion aux groupes de hip-hop et de musiques urbaines de Moravia, un des secteurs périphériques de Medellín.

Bogotá, marzo de 2009. Le concert de clôture de la cinquantième assemblée des Gouverneurs de la Banque Interaméricaine de Développement, BID, qui se tient à Medellín sera animé par les rythmes brésilien du percussionniste Carlinhos Brown.

Le Président du Bid Luis Alberto Moreno, le président Álvaro Uribe Vélez ainsi que ses homologues du Panamá, Barbade et du Bahamas seront présents au concert prévu le 30 mars au Théâtre Métropolitain de Medellín, à partir de 19 h.

Le mardi 31 mars, en compagnie de la Ministre  de la culture Paula Marcela Moreno et du Secrétaire de la Culture de Medellín, Luis Miguel Úsuga, l’artiste brésilien se déplacera dans la localité de Moravia, où il réalisera de 9 heures du matin à midi un atelier de percussion avec des jeunes musiciens de ce secteur de la ville et de la commune 13 de la capitale d’Antiquoia.

Le Ministère de la Culture va lancer cette année  un projets de centres de production musicale visant à encourager les jeunes talents des musiques urbaines, spécialement deux qui vivent dans des secteurs vulnérables du Pacífico de la Caraïbe colombienne. Dans la première étape, nous espérons en faire bénéficier les jeunes des municipalités de Tumaco, Buenaventura, Quibdó, Apartadó, Cartagena, Barranquilla et San Andrés. L’idée est de les former à des techniques de production, d’enregistrement et de distribution de la musique”, affirme la ministre Moreno.   

Le lien entre Carlinhos Brown et cet atelier fait partie de l’engagement culturel et social qui l’a caractérisé tout au long de sa carrière. Le chanteur est reconnu pour les ateliers ludiques et didactiques qu’il dicta aux jeunes des favelas du Brésil et de Bahía, ou il encourage le développement des ensembles et l’improvisation.

La localité de Moravia a été choisie pour cet atelier du fait qu’il s’agit d’un secteur périphérique et vulnérable de Medellín, qui en plus d’avoir un fort pourcentage de population afrodescendante est une zone dans laquelle s’est développé une forte culture hip-hop et des musiques urbaines.

À propos de Carlinhos Brown

Carlinhos Brown est le nom artistique d’Antonio Carlos Santos de Freitas, un chanteur, percussionniste, compositeur et producteur brésilien né dans l’état de Bahía en 1962 et qui a grandi dans la périphérie de Salvador. Il existe une confusion autour de son nom, à savoir s’il s’agit d’un hommage à a James Brown, mais ce qui est sûr c’est que Carlinhos a lui-même précisé qu’il s’agit d’un hommage à Henry ‘Box’ Brown, un esclave afroaméricain qui retrouva sa liberté en étant envoyé par courrier dans une boite en bois dans un état abolitionniste.

Le compositeur a commencé en apprenant à jouer le pandeiro ou pandereta et, peu à peu, il a dominé tous les instruments de percussion de la culture afrobrésilienne.

Carlinhos est devenu l’un des instrumentistes les plus recherché de Bahía au début des années 80. En 1984 il a joué dans le groupe ‘Acordes Verdes’, de Luis Caldas. Ce fut l’un des créateurs de la samba brésilienne, combiné à la musique reggae et en 1985 il fit partie du groupe de Caetano Veloso pour le disque ‘Estrangeiro’.

Sa musique est un exemple de solidarité et d’engagement. Il l’a démontré avec la communauté Candeal, le quartier dans lequel il est né et a grandi, avec son pays et avec le monde. Cet engagement ne reste pas seulement présent dans les paroles de ses chansons ou dans celles des entrevues qu’il accorde. On le retrouve également dans l’apport économique qu’il consacre pour faire sortir de la misère la communauté du quartier populaire de Salvador de Bahía.

Brown a créé des espaces musicaux comme le Candyall Gueto Square et l’École de musique Pracatum, en misant sur l’éducation et en incitant les jeunes à changer les armes contre les instruments musicaux.

Pour plus d’informations, communiquer avec :

Grupo de Divulgación y Prensa – Ministerio de Cultura

Catalina Hoyos – Carolina Pérez

Téléphone: (571) 342 4100 Ext.: 3146 - 3148

www.mincultura.gov.co

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

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28 mars 2009

Festival International de cajón Afropéruvien en Avril

II FESTIVAL INTERNACIONAL DE CAJÓN PERUANO. Del 11 al 15 de abril

L'instrument musical afropéruvien le plus répandu dans le monde, déclaré Patrimoine Culturel de la Nation célèbrera bientôt sa fête. Le 1er avril prochain débute le Deuxième Festival International de Cajon (II Festival Internacional del Cajón) événement organisé par Rafael Santa Cruz. Faisons plus ample connaissance avec l'histoire du véritable roi de la Musique Afropéruvienne: LE CAJÓN.

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Il y avait un petit problème : les espagnols estimaient qu'il leur appartenait. Ils disent même qu'ils l'avaient breveté. La confusion a débuté lorsque le populaire Caitro Soto, en signe d'amitié et de courtoisie, offrit un cajón péruvien au grand guitariste espagnol Paco de Lucía au milieu des années soixante dix. Le mois suivant, Paco de Lucía l'incluait déjà dans ses présentations. Ainsi, en peu de temps, cet instrument de percussion singulier s'incorpora peu à peu dans la musique  flamenca comme s'il lui appartenait. Sa versatilité a même permis qu'on l'intègre à des genres plus modernes tels que le rock, la musique ethnique et les fusions.

Ainsi, face à un malentendu aussi grand, la percussionniste María del Carmen Dongo et l'Institut National de la Culture (Instituto Nacional de Cultura - INC) ont lancé une campagne pour récupérer le cajón comme patrimoine culturel péruvien. Car en fait il s'agit d'un pillage –bien que cela se soit produit sans malice- et il ne pouvait pas rester impuni. C'est ainsi que le 10 août 2001, par le biais de la Résolution Directionnelle Nº 798, l'Institut National de la Culture déclara le cajón  Patrimoine Culturel de la Nation comme il se devait.

Bref historique

Selon le Dictionnaire Encyclopédique du Pérou (Diccionario Enciclopédico del Perú) d’Alberto Tauro del Pino, le cajón péruvien provient des instruments tels que la kwakwa ou l’undembo des congos. Ce qui est certain c'est qu'il s'agit du patrimoine musical le plus représentatif de la culture noire au Pérou, car, si ses origines sont effectivement africaines –il est arrivé sur nos côtes par le biais des esclaves Noirs  qui s'établirent dans notre pays au 16ème siècle-, sa forme actuelle, son façonnage, est définitivement péruvienne.

Le  décimiste Nicomedes Santa Cruz, dans un article intitulé  “Su Majestad el Cajón” (Sa Majesté le Cajon)–publié dans Le  Dominical de El Comercio le 14 décembre 1969 (voir l’entrée  “Su Majestad el Cajón”), considère que cet instrument est né en même temps que la musique et les danses créoles, c'est-à-dire qu'il s'est développé dès le milieu du 19ème siècle. L'histoire nous dit que sa création date de 1850, quand on avait interdit le tambour aux noirs, puisque des documents datant du 19ème siècle démontrent l'utilisation des cajons dans des expressions musicales de cette époque, tel que la zamacueca (qui allait être rebaptisée  marinera). Le  cajón est le successeur de la botija, la calabaza du nord (checo) et du tamborete. Au milieu du 20ème siècle, le cajón, qui était déjà présent dans la musique noire, dans la marinera et dans le tondero, fut également incorporé à la valse. Yolanda Vigil, célèbre interprète de ce genre et également connue sous le nom de La Peruana, se présentait à cette époque accompagnée par le joueur de Cajon (le cajoneador) Francisco Monserrate, qui conçut un cajón plus étroit; à la même époque également, il y en a qui sont plus aplatis et larges.

Il fallut attendre la fin des années cinquante pour que le maître Abelardo Vásquez lui donne ses mesures actuelles. Ce cajón –qui a déjà environ un demi-siècle de vie-est celui qui a fait le tour du monde.

Les rythmes afropéruviens et avec eux le son du cajón, sont devenus populaires à partir des années 50 avec l’apparition de la compagnie Pancho Fierro, de José Durand. Cette dernière fut suivie par Cumanana, groupe formé par  Nicomedes et Victoria Santa Cruz, qui en 1964 enregistra un disque du même nom et un autre du nom de Socavón, en 1975. Le groupe Perú Negro, fondé en 1969 par Ronaldo Campos allait le faire connaître à l’étranger avec ses présentations dans lesquelles se distinguent des pièces exclusives pour le cajón.

L'art de percuter

Le cajonero ou cajoneador s'assoit sur le cajón pour percuter. Il place ses pieds sur les deux extrémités  et au milieu, il place ses mains qui tapent la  “face” de l’instrument. Pour obtenir des sons graves, il doit frapper le milieu du cajón avec la paume des mains et des fois également avec les doigts. Les aigus s'obtiennent uniquement en tapant avec les doigts, excepté le pouce, sur la partie supérieure. Les cajons les plus répandus sont ceux qui émettent les sons graves. Quand il s'agit d'un ensemble, on utilise plus qu’un cajón, qui doivent avoir des tons différents. Par exemple, on peut combiner le son   d'un un cajón braillard –dont les clous sont un peu décollés– c'est-à-dire avec des vis ajustées. La taille de l'instrument a également une influence sur le type de son qu'il émet. Les petits produisent des sons aigus, tandis que les grands produisent des tons graves.

Photo: Archive El Comercio. Eduardo López Velarde

http://caneteartenegro.blogspot.com/

Traduit de l'espagnol par Guy Everad Mbarga

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26 mars 2009

Contributions culturelles des noirs au Panama

Par Carlos "Cubena"Guillermo Wilson

Après la commémoration du Vème Centenaire de l’année historique 1492, un des objectifs principaux des historiens, aujourd’hui, doit être de réécrire l’histoire des Caraïbes et de l’Amérique Latine,  pour corriger et en plus, présenter les évènements importants qui ont été altérés ou omis dans l’histoire officielle.

Par exemple, il faut avant tout corriger et compléter certains concepts historiques comme celui des "indiens sauvages" lorsqu’on fait référence aux groupes indigènes, car, malgré la généralisation du concept faussé, en réalité, certains groupes d’indigènes ont laissé des traces importantes de leur civilisation, tels que les olmèques Veracruz, les mayas à Chichén-Itzá, les incas au Machu Picchu et les aztèques à Tenochtitlán.

De même, comme pour les indigènes cités plus haut, il est essentiel de présenter une histoire plus complète et surtout authentique des autres groupes ethniques qui ont été ignorés officiellement. C’est par exemple le cas de l’important apport culturel  des africains et de leurs descendants aux Caraïbes et à l’Amérique Latine, car depuis 1492 jusqu'à présent, ni l’étude ni la reconnaissance qu’ils méritent ne leur a été accordée. Cette négligence est en partie due, selon l’ethnologue et anthropologue nord américain Sidney W. Mintz au fait que :

Indépendamment des détails des différentes périodes historiques, l’exclusion discriminatoire des personnes d’origine africaine de la vie nationale courante a été un sujet déprimant et constant dans l’histoire du Nouveau Monde. (Mintz dans Moreno Fraginals 394).

Le professeur Ricardo E. Alegría, chercheur du Centre d’Études Avancées de Porto Rico et des Caraïbes a également observé dans une étude le peu qui a été fait pour mieux connaître la participation et l’apport des personnes de race noire dans les Caraïbes et l’Amérique Latine:

Les habitants noirs qui dès les premières années furent enlevés de leur terres africaines, malgré l’injustice qui a motivé leur présence en Amérique, ont également contribué de façon notable à la construction du Nouveau Monde, et leurs traces se manifeste de manière décisive au sein des populations américaines, particulièrement dans la zone Caraïbes (Alegría 7).

Pour ce qui est du cas spécifique de Panama, pour ce qui est de la négligence, la négation et même le rejet de l’apport des afro descendants à l’histoire, la culture et à la composition démographique des panaméens, le distingué professeur spécialiste Armando Fortune a déclaré ce qui suit dans l’essai "El Negro en la Cultura Panameña":

Les études réalisées jusqu'à présent par les ethnographes, les anthropologues, les sociologues et les historiens de la question sociale nationale mettent clairement en évidence le fait que le noir fut et reste un élément auquel le Panama doit en grande partie  non seulement son existence économique, mais également les principaux traits extra-européens de sa culture et de son organisation sociale.

La culture Africaine et son influence au Panamá sont loin d’être une curiosité ethnographique. C’est une réalité vive et créatrice qui attend que l’on lui reconnaisse la place qui lui revient dans la vie de la nation. (Fortune 1962: 26-31).

Malgré l’acharnement obsédé de certains panaméens qui veulent désafricaniser et omettre la contribution des afrodescendants au Panama, ou aujourd’hui encore on voit les signes qui démontrent les sentiments et les préjugés racistes tels qu’ils se manifestèrent effectivement dans le passé avec la sanction de la loi dans la Constitution du Panama de 1941 et le Système nord-américain discriminatoire de la "Gold Roll" et "Silver Roll", Système qui débuta en 1904 de ce qui fut jusqu’au 31 décembre 1999 la Zone du Canal de Panama, il est juste et important de noter les premières succès en vue de la reconnaissance de ces contributions des afrodescendants dans l’Isthme et les valoriser :

-          Le Panamá fut l’hôte du Deuxième Congrès International des Cultures Nègres des Amériques en 1980, et cette année là fut inauguré le Musée Afro Antillais de Panama (Museo Afro Antillano de Panamá);

-          le 26 novembre 1998, Madame le Maire de la Très Noble et Loyale Ville de Panamá, Mayín Correa, inaugure le Pueblito Afroantillano;

-          sous le gouvernement national de Son Excellence Madame la Présidente Mireya Moscoso, par le biais de la Loi No. 9 du 30 mai 2000, fut établie la Journée de l’Ethnie Noire ( Día de la Etnia Negra Nacional),

-          le 17 septembre 2000, inauguration du Centre Georges Westerman et du Musée Diggers (Centro George Westerman -- Museo Diggers);

-          le Comité National du Centenaire (Comité Nacional del Centenario - Panamá 1903-2003) et le Projet des Forums Académiques du Centenaire ( Proyecto de Foros Académicos del Centenario) ainsi que le patronage de la Fondation Emily Motta, relativement à la Journée de Commémoration de l’Ethnie Noire Nationale (Jornada de Conmemoración de la Etnia Negra Nacional),

-          le 29 mai 2002 au Musée du Canal Interocéanique ( Museo del Canal Interoceánico) fut organisée une Conférence Magistrale ayant pour thème : La contribution culturelle de l’Ethnie Noire au Panama et à la veille de cet événement au Musée du Canal Interocéanique ( Museo del Canal Interoceánico) dans un discours à l’Université de Panama, le Dr. José Miguel Alemán, Vice Président du Comité National du Centenaire affirma qu’il existait l’intention de "…reconnaitre les contributions de ce groupe humain (les afrodescendants) au développement national";

-          le 30 mai 2002, le Comité National du Centenaire, au Centre Régional Universitaire de Colón, célébra la Soirée Culturelle : Cent Ans de République, Cinq cent ans de Négritude (Velada Cultural: Cien Años de República, Quinientos Años de Negritud);

-          le 30 mai 2002, lors d’une cérémonie au Salon Jaune du Palais Présidentiel,

-          son Excellence Madame Mireya Moscoso, Présidente de la République, décora huit personnalités distinguées de la communauté afro-panaméenne de l’Ordre Vasco Núñez de Balboa, au Grade de Chevalier 1.

Les études de la présence africaine dans les Caraïbes ont démontré que l’apport des noirs dans cette région, surtout au Panama, a été constant et important. L’objectif de cette étude est de présenter à sept niveaux  les traces des contributions notables laissées par l’ethnie noire au Panama:

I. La contribution à l’époque des explorateurs; II. La contribution à l’époque de l’Esclavage ; III. Les contributions à l’époque des Libérateurs; IV. La contribution dans la musique folklorique panaméenne; V. La contribution à l’époque du Chemin de fer et du Canal; VI. La contribution dans le parler panaméen VII. La contribution dans la littérature panaméenne.

Extrait traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

Source : http://collaborations.denison.edu/istmo/n07/articulos/aporte.html

05 mars 2009

La Ministre afrocolombienne Paula Marcela Moreno fête l’héritage noir à Washington

Ministra de Cultura resalta en Washington la herencia afrocolombiana

Publié le 26 février 2009

Dans le Cadre de la célébration du Mois de l’Héritage Afroaméricain dans la capitale américaine, la ministre Paula Marcela Moreno a présenté les projets de son ministère en faveur de cette population.

Accompagnée par le chanteur Hugo Candelario et de son groupe Bahía, la ministre de la Culture, Paula Marcela Moreno a participé fin février à la célébration du Mois de l’Héritage Afroaméricain organisé chaque année par l’Ambassade de Colombie à Washington (États-Unis). Pendant la commémoration qui s’est tenue à l’Auditorium Enrique Iglesias de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), la fonctionnaire a présenté le projet ‘La Ruta de la marimba (La Route de la Marimba)’, par lequel le ministère de la Culture cherche à sauvegarder la tradition de la musique du Pacifique Colombien.

Ce programme a été créé en 2008 avec pour but de renforcer les expressions culturelles des communautés afrodescendantes du Pacifique Colombien. Il comprend des processus de formation à travers les écoles de musique renforcés par l’État dans la région, avec pour objectif de former de nouveaux interprètes de la marimba de chonta et d’instruments et rythmes traditionnels”, a indiqué la ministre Moreno. La marimba de chonta, instrument typique de la région sud-ouest de Colombie, est construite avec environ 24 lames de bois de chonta et un nombre égal de sections de bambou, dont le son doux et dont la résonnance lui ont valu d’être appelé le piano de la jungle. La marimba de chonta est proche d’un instrument africain et d’autres semblables qui se jouent en Amérique du Sud, en Amérique Centrale et dans les Caraïbes et même en Asie.

Pendant son séjour à Washington, la Ministre a également rencontré les dirigeants du National Endowment for the Arts; le Nouveau directeur du Centre Latino du Smithsonian, Eduardo Díaz, ainsi que des membres du Comité Afroaméricain du Congrès – (CBC - Black Caucus - Comité Afroamericano del Congreso) , pour mettre en avant la richesse culturelle de la population afrocolombienne et partager les avancées de la Commission chargée de ces thématiques en Colombie. De plus, elle a eu une brève rencontre avec le nouveau secrétaire du Smithsonian, Wayne Clough.

Données intéressantes : L’Amérique Latine et les Caraïbes comptent environ 150 millions dd’Afrodescendants, ce qui correspond à 30% du total de la population dans cette région. La concentration la plus importante d’afrodescendants se trouve en République Dominicaine (90%), suivie par le Brésil (50%), Cuba (30%), la Colombie (20%) et le Venezuela (10%).

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.mincultura.gov.co/?idcategoria=18278

01 mars 2009

La Fondation Culturelle Palmares au Sénégal pour préparer le IIIème Fesman

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Le ministre de la culture du Brésil  Juca Ferreira, et le Président de la Fondation Culturelle Palmares, Zulu Araújo participeront à la réunion du Comité International d’Orientation du Festival Mondial des Arts Nègres (Fesman) du 2 au 4 mars à Dakar au Sénégal. La réunion établira un bilan partiel du IIIème Fesman, discutera des perspectives de l’événement et réunira les contributions des différents pays pour la réalisation du festival.

Le IIIème Fesman aura pour thème la Renaissance Africaine et se tiendra du 1er au 21 Décembre 2009 à Dakar au Sénégal. Le Brésil est l’invité d’honneur du festival, car ce pays possède la deuxième plus grande population de la planète et il a su conserver les manifestations d’origine africaine.

Le troisième Fesman discutera du rôle de monde noir au troisième millénaire, avec un accent mis sur l’union des politiques nationales et sur l’intégration entre les cultures des pays de la Diaspora. Un des sous thèmes du festival sera  "Afrodescendance en Amérique". Le Comité d’Organisation International du Fesman est en train de mettre sur pied une grande structure de communication et de télédiffusion qui retransmettra l’événement dans toute l’Afrique, l’Europe et les Amérique en Anglais, en Français et en Portugais.

La première édition du Fesman s’est tenue à Dakar au Sénégal en 1966, avec le soutien de la République du Sénégal et de l’Unesco. Le thème de ce festival était  "Le sens des arts et de la culture noire dans la vie des peuples et pour les peuples ". La deuxième édition s’est tenue à Lagos au Nigéria en 1977, avec pour thème  "Civilisation Noire et Éducation".

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Marília Matias de Oliveira - Assecom/FCP/MinC

http://www.fesman2009.com/

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20 octobre 2008

Aurelio Martínez : “Je rêve de rétablir le lien entre la musique Garifuna et la terre de nos ancêtres.”

2008/2009

Biographie

Publiée in 2008

Chanteur à la voix puissante et évocatrice, guitariste, compositeur et percussionniste, Aurelio Martínez est à 37 ans l’un des musiciens les plus doués d’Amérique centrale. Né au Honduras, il défend la tradition de la culture du peuple garifuna, qui mêle les racines africaines et celles des Indiens caraïbes. Poursuivant la tradition musicale de sa famille, Aurelio Martínez joue des percussions en public à l’âge de 6 ans et, à l’adolescence, il forme un groupe garifuna, « Lita Ariran ». En 2004, il est désigné « nouvel artiste de l’année » par AfroPop Worldwide pour son premier disque solo, Garifuna Soul. Porte-parole tant culturel que politique, il est le premier élu d’origine africaine au Congrès national hondurien, où il représente la région déshéritée d’Atlántida. Il préside par ailleurs la Commission des peuples ethniques.

« J’attends beaucoup de mes contacts avec Youssou N’Dour et la culture musicale sénégalaise, explique-t-il. Je rêve de renouer le lien entre la musique garifuna et la terre de nos ancêtres. »

(http://www.rolexmentorprotege.com/fr/music/martinez-biography.jsp)

Voir : 1, 2

Comment s’est passée votre rencontre avec Youssou N’Dour?

Étant finaliste de l’Initiative des Arts Mentor et Protégé de Rolex, je me suis rendu au Sénégal comme l’un des trois candidats choisis. Me rendre en Afrique était un rêve pour moi et également pour Andy Palacio (1960-2008), mon frère et maitre dans la musique Garifuna que je représente. Quand j’ai su que Youssou N’Dour allait être mon mentor, j’étais emballé. J’ai suivi toute sa carrière, de même que celles de Salif Keita du Mali et Baaba Maal du Sénégal. J’admire vraiment Youssou N’Dour – c’est un artiste de la paix dont la voix et la richesse musicale sont uniques, et je me suis toujours senti très proche de ses combats politiques et humains. Je m’attendais à rencontrer une personne formelle et tranquille – mais j’ai plutôt rencontré une personne joyeuse, très ouverte et un homme au grand cœur – une sorte de Roi du Sénégal!

Qu’espérez-vous de votre collaboration ?

C’est une opportunité incroyable pour ma carrière. En fonction de nos emplois du temps, on devrait se rencontrer de nouveau au Sénégal, pour répéter ensemble et voir si je peux l’accompagner dans une future tournée en Afrique et en Europe.

Je peux apprendre des choses dans le travail de composition de Youssou N’Dour. La percussion est également un élément clé, et j’écouterais avec une très grande attention le djembé, le tama, et le tabar – tous ces tambours africains très complexes. J’envisage de développer un nouveau style musical provenant de notre travail ensemble.

Vous êtes un chanteur, mais vous êtes également membre du Congrès National du Honduras, où vous représentez les Garifuna, une communauté dont les origines remontent à l’Afrique. Cela vous rend-il plus proche de votre mentor?

Oui, car je vais également essayer de montrer à Youssou N’Dour la richesse de ma culture. Notre travail ensemble pourrait amener à une plus grande reconnaissance mondiale de la minorité Garifuna, qui constitue environ 10% de la population du Honduras, mais qui est actuellement menacée à cause de la spéculation foncière.

À côté de cela, on peut également bénéficier de nos différences, car les racines africaines des Garifuna sont au Nigéria [le groupe ethnique Yoruba, alors que le Sénégal est plus people de Peul et de Wolof]. Mais grâce à des artistes comme Youssou N’Dour, l’ensemble de l’Afrique est liée, et non divisée. Les Garifuna sont les descendants des esclaves ayant fait naufrage sur l’île de St Vincent qui se sont mélangés avec les Indiens Arawak. Nous sommes arrivés au Honduras il y a 200 ans et les traditions africaines sont toujours fortes dans notre cuisine, avec les plantains frits par exemple, et le foufou (couscous) de manioc. Nous avons également notre propre religion, et notre langue dans laquelle je chante. Et également nos coutumes d’homme et de femmes libres.

La musique est-elle importante dans cet ensemble?

Très. Je viens d’une famille de musiciens. Mes parents ne voulaient pas que je suive cette voie, donc je suis parti de la maison en 1985 à 14 ans et j’ai poursuivi ma vocation avec l’aide des anciens. Ils m’ont tout appris. Andy Palacio de Belize a été une sorte de mentor pour moi. Youssou N’Dour en sera un autre, et je me dévouerai à 100% à l’Initiative des Arts Rolex, car cela va beaucoup plus loin que mon propre engagement.

Traduit de l’Anglais par Guy everard Mbarga (L'entrevue)

http://www.rolexmentorprotege.com/fr/music/aurelio-martinez-self-portrait.jsp

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