04 octobre 2008
Un documentaire de Joel Zito Araújo aborde le tourisme sexuel des Afrobrésiliennes
NEUSA BARBOSA
Collaboration pour l’ UOL, dr RioDes sujets polémiques, tels que la tourisme sexuel, le racisme et la pédophilie sont au centre du documentaire "Cinderelas, Lobos e um Príncipe Encantado" (Cendrillons, les Loups et un Prince enchanté) , présenté au concours Première Brasil du Festival do Rio, et réalisé par Joel Zito Araújo.
Parcourant le Brésil et également l’Europe en Italie et en Allemagne, le réalisateur discute du rêve de nombreuses femmes brésiliennes de rencontrer un mari européen. Beaucoup d’entre elles immigrent, deviennent danseuses dans des shows de samba ou de rythmes liés au Brésil. N’ayant pas fait d’études ou sans aucune formation professionnelle, certaines deviennent prostituées et réalisent rarement leur rêve. Le film connaît cependant également des fins heureuses.
Cela fait longtemps que le réalisateur est engagé sur le thème du débat relatif au préjugé racial – sujet également abordé dans "Cinderelas, Lobos e um Príncipe Encantado". "Mon film parle des femmes pauvres, dont les trois quarts sont afrodescendantes", indiquait-il avant la première session de diffusion du film.
Professeur à l’École de Communications et des Arts ( Escola de Comunicações e Artes) de l’USP, Joel Zito avait déjà transformé en film sa thèse de doctorat (et également en livre), intitulée "A Negação do Brasil" (La négation du Brésil)(2000). Il y documentait la discrimination raciale historique au Brésil. Il a repris ce thème dans un film de fiction , "As Filhas do Vento" (Les Filles du Vent2004), avec une troupe constituée uniquement d’acteurs noirs qui a reçu six prix au Gramado dont celui du meilleur film, du meilleur réalisateur et le Prix de la critique.
á Patrícia Saboya, l’une des parlementaires les plus attachées au combat contre l’exploitation sexuelle infantile devrait avoir un impact. Critiquant l’absence de mesures décisives en vue de l’éradication du problème, la sénatrice qualifie le Brésil de "pays pervers" et doit même un moment interrompre son intervention à cause de l’émotion qui la prend au point de lui faire couler des larmes pendant son témoignage.
Un des moments les plus forts de "Cinderelas, Lobos e um Príncipe Encantado" se joue lorsqu’une gamine de 13 ans vend son corps dans les rues de Fortaleza, en compagnie de sa mère, femme pauvre qui montre qu’elle est au courant et complice (de l’activité de sa fille).
Les moments les plus légers se retrouvent à la fin quand le réalisateur interviewe des couples de femmes brésiliennes mariées avec des allemands – des conversations dans lesquelles on voit apparaître le choc culturel de façon inattendue, et des fois comique.

Joel Zito
Joel Zito a précisé que son film "n’a pas l’intention d’expliquer " tous les phénomènes qu’il décrit. Il écarte également toute intention de jugement de ses personnages. "Certaines deviennent des travailleuses du sexe, d’autres non. Mon film traite également de l’immigration en Europe et de beaucoup d’autres sujets", indique-t-il.
Dans tous les cas, l’entrevue qu’il réalise avec la sénatrice de l’état du Cear
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga
http://cinema.uol.com.br/ultnot/2008/09/29/ult6845u11.jhtm
11 août 2008
La réalisatrice Gloria Rolando et l’image afrocaribéenne
Entrevue courtoisie de NRL/La Havane
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga Il y a quelques jours, une artiste afrohispanique me disait que les éléments de base qui composent son œuvre étaient la passion et la volonté. Et je pense que pour la majorité des créateurs de la diaspora (africaine) il est indispensable de disposer de ces éléments, car autrement, il leur serait impossible de créer. Beaucoup de nos artistes le font dans des conditions difficiles et très souvent sans aucun soutien économique. Malgré la longue histoire humaine, peu de choses ont changé en ce qui concerne le soutien économique pour notre culture. Malgré cela, quelques personnes travaillent pour notre dignité, par exemple la cinéaste Gloria Rolando à la Havane (Cuba), une afrocubaine ayant esprit de combat immense. Notre équipe a discuté avec elle et voici ce qu’elle a à dire. - Sur les conditions dans lesquelles Gloria Rolando produit ces films Pour parler de nos conditions de production, il faudrait remonter aux années 90, lorsque la production cinématographique à Cuba avait connu un déclin et beaucoup d’entre nous voulions faire du cinéma documentaire, mais avec nos propres idées, sur d’autres thèmes, d’une autre manière. C’est à ce moment qu’avec Pedro Betancourt et Antonio Romero nous avons fondé le groupe audiovisuel Imagenes del Caribe, conscients du fait que nous voulions travailler sur des sujets liés à l’identité culturelle, liée à la relation de Cuba avec la Caraïbe, avec les images des noirs et spécifiquement sur le thème de la migration. Nous ne savions pas comment nous allions produire et aujourd’hui non plus. Les conditions sont très difficiles et je ne conseille cette recette à personne, cette une recette guidée par ma volonté et celle des personnes qui m’entourent, ami/e(s), parents, connaissances et des institutions disposées à collaborer. Tous ceux là aussi travaillent, ils te soutiennent, il y a aussi des gens en dehors de Cuba qui contribuent à nos projets. Par exemple, le premier matériel réalisé par Imagenes del Caribe l’a été possible la précieuse aide de notre ami Chester King, qui depuis les États-Unis nous a fait parvenir une caméra, des microphones et avec cela, un certain nombre de cassettes, très peu d’argent, la volonté et avec une énorme volonté, nous nous sommes lancés d’ci, de la Havane à la province de Ciego de Avila pour raconter l’histoire des gens de la Caraïbe anglophone, de la Jamaïque, de la Barbade, de Trinidad, de ST Kitts etc. qui avaient émigré à Cuba au début du 20ème siècle, des gens qui ont aussi mis leur grain dans ce grand melting pot qu’est la culture cubaine. Je suis noire et j’en suis très fière - Sur le thème du noir dans l’œuvre de gloria Rolando
À cause de ma propre origine, parce que je suis intéressée à voir l’histoire de nos gens, qui même si elle a été racontée doit continuer de l’être et en partant de perspectives différentes. Je pense que depuis que j’ai commencé à vouloir une certaine indépendance en relation avec ce que je souhaitais réaliser, j’ai toujours jeté un regard sur le thème de la culture afro, de son histoire, de la religion, de la vie civile, de la vie sociale et politique. Je suis noire et j’en suis fière, mais il y a également la famille, les amis, le monde dans lequel j’ai grandi que je voyais peu à l’écran, et je voulais dès lors l’exprimer de mon point de vue, à ma façon, et même les thèmes religieux comme la Santeria, je voulais avoir une approche en tant que femme et d’un point de vue affectif. Je suis une femme qui a été élevée entre ma mère et ma grand-mère, des personnes affectueuses, dignes et j’avais besoin pour mon œuvre de cette image de dignité et de tendresse pour les noirs. Dès que j’ai commencé à réaliser, les deux premiers documentaires furent dédiés à Lazaro Ross et Sara Gomez Llera, la première femme à avoir fait du cinéma ici à Cuba qui mourut en 1974, même si je n’ai jamais réussi à réaliser ce dernier. J’ai commencé avec cet objectif, mais par la suite j’ai avancé à mesure que j’apprenais et que je commençais à m’intéresser à d’autres contenus. C’est ainsi par exemple l’idée de traiter d’une thématique dédiée au monde magique des patakines, je me suis engagée chaque fois encore plus dans la thématique noire, mais du point de vue historique, social et politique. À présent, je suis engagée dans le thème des Indépendants de Couleur (Independientes de Color) qui est un fait très important dans l’histoire de ce pays et qui fait partie de cette grande thématique du monde noir. - Sur ses œuvres les plus importantes Ma relation avec mes œuvres est effective, car il ne s’est pas agit d’œuvres sur commande, elles sont sorties de mes tripes et sont liées à ma vie. Si je dois en mentionner trois, je commencerais par ‘‘Oggun’’, la première que j’ai fait pour ce que cela signifiait pour moi de travailler avec Lazaro Ross, une figure si importante dans la culture cubaine et pour le monde de la diaspora africaine, sa voix unique, cette voix yoruba qui nous a identifié et qui continue de nous identifier en tant que cubains. Il s’agit d’un documentaire que je ne peux oublier, c’est lui en plus qui m’a lancé en m’ouvrant la porte du monde, surtout auprès du public des États-Unis, mais également ici, les gens m’ont beaucoup remercié pour ce documentaire, même s’il n’est pas si connu puisqu’il n’a pas été largement diffusé. Une autre œuvre que je ne peux pas mettre de côté est la seule expérience de fiction que j’ai vraiment réalisé : ‘‘Las raices de mi corazon’’, une approche vers ce chapitre de l’histoire cubaine qu’est le Parti des Indépendants de Couleur (Parti de los Independientes de Color), mais surtout du point de vue humain. Je ne fais pas une chronologie de ce qui s’est passé avec le Parti, le seul Parti des noirs à Cuba, ou de ce qui s’est passé lors du Massacre de 1912. Mon questionnement fut : que s’est-il passé avec les noirs? Qu’est-il arrivé à ces familles déchirées ? Qu’est-il arrivé à ces disparus? La raison étant que le thème des disparus fait partie de l’histoire de Cuba et nous l’avons vécu à ce moment là. Les noirs qui avaient disparu étaient membres ou non du Parti Indépendant de Couleur, par conséquent, de nombreuses familles furent séparées. Il y a un autre documentaire faisant partie de mes œuvres que je tiens à mentionner comme quelque chose de significatif. ‘‘Nosotros y el jazz’’, un autre rapprochement de la vie sociale des noirs de Cuba, du monde des Sociétés de Couleurs (Sociedades de Color), du monde de la danse, des noirs et de leurs aspirations, un autre type de projection. Ils apparaissent pour la première fois dans un documentaire photo des sociétés noires qui existaient avant la révolution à Cuba, ces images sont très importantes car elles aident également à casser un peu ce stéréotype de l’esclave, c’est un chant à l’amitié et une façon de voir le troisième âge avec toute son énergie. Dans mon œuvre, le thème de la migration a également été important, de même que la manière dont Cuba a partagé son histoire avec le reste de la Caraïbe. Tel est le cas de mon documentaire ‘‘ Los hijos de Baragua’’ et du plus récent ‘‘ Pasaje del corazon y la memoria’’ qui aborde le thème des Îles Caïmans, un lieu d’où les gens avec une petite barque modeste venaient chercher de l’aide, un espoir de vie. Il est basé sur des faits réels, sur les besoins de l’homme et de la femme de la Caraïbe d’émigrer et de chercher un avenir pour sa famille. Le carnaval est un autre thème important avec ‘‘ El Alacran’’ et ‘‘ Los Marqueses de Atares’’ dédié aux comparses traditionnelles qui ont débuté leur travail vers 1937 et restent présentes dans le carnaval de La Havane.’’ Notre longue conversation avec Gloria Rolando nous a donné suffisamment d’éléments pour renforcer dans nos pensées l’idée que la majorité de nos créateurs possèdent dans leur bagage créatif à la fois de la passion et de la volonté comme éléments indispensables. www.afrocubaweb.com/antonioromero/boletinafrohispana4-2008.pdf 
28 juillet 2008
Danny Glover : Les producteurs voulaient des ' héros blancs ' dans mon film sur Toussaint Louverture
Danny Glover
Paris. – L’acteur Danny Glover, qui prévoit pour l’an prochain le tournage d’un film sur le héros de l’Indépendance Haïtienne Toussaint-Louverture, a déclaré qu’il a trimé pour réunir les fonds pour ce film car les financiers se plaignaient qu’il ne comprenait pas de héros blancs.
"Les producteurs disaient 'c’est un beau projet, un grand projet... où sont les héros blancs?'" déclarait-il à la presse lors d’un séjour à Paris ce mois pour un séminaire cinématographique.
"Je n’ai pas pu obtenir d’argent ici, je n’ai pas pu obtenir d’argent en Grande-Bretagne. Je suis allé voir tout le monde. Vous ne croiriez pas le nombre de producteurs basés en Europe et aux États-Unis que j’ai approché," affirmait-il.
"La première question qu’on te pose c’est 'c’est un film black?' Tous sont d’accords, ça ne marchera pas en Europe, ça ne marchera pas au Japon.
"Quelqu’un doit montrer que ce n’est pas vrai!", dit-il. "J’aurai peut-être la chance de le prouver."
"Toussaint," le premier projet de Glover en tant que réalisateur est consacré à François Dominique Toussaint Louverture (1743-1803), un ancien esclave et l’un des pères de l’Indépendance de Haïti de la France en 1804, faisant de ce pays la première nation noire à se défaire de l’ordre impérial et à devenir une république.
Le soulèvement qu’il mena fut réprimé dans le sang en 1802 par 20000 soldats envoyés dans les Caraïbes par Napoleén Bonaparte, qui rétablit alors l’esclavage après son interdiction par les leaders de la Révolution Française.
Le film dont le tournage est prévu en début d’année prochaine au Venezuela aura pour vedettes principales Don Cheadle, Mos Def, Wesley Snipes et Angela Bassett.
Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga



