08 juin 2011

La chaine de Salons de Coiffure afrobrésilienne Beleza Negra célèbre ses 25 ans

 

Texte et photos: Etiene Martins

Le salon Beleza Negra Cabeleireiros a célèbré ses 25 ans en grande pompe à Belo Horizonte. Fondé par Betina Borges, les noces d'argent ont été fêtées au Buffet Michele Mazzine, au son de Samba de raiz accompagné d'un défilé animé, et a réuni toute la beauté noire de la capitale du Minas Gerais.

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Betina Borges a pris l'initiative de créer le premier salon spécialisé dans les cheveux ethniques de la ville dans les années 80, parce qu'elle se sentait dérangée par le manque de main d'oeuvre spécialisé dans le cheveu crépu. "Je travaillais dans des salons de la région noble et chaque fois qu'arrivait un noir qui voulait se faire coiffer les cheveux, le salon s'en débarassait en alléguant qu'il ne savait pas traiter les 'mauvais cheveux', se souvient la femme d'affaires qui a fait sa formation de coiffeuse au SENAC, avant d'obtenir son diplôme en Cosmétologie et en Trichologie( étude de la fibre capillaire) à l'Université de Dudley en Caroline du Nord.

Au fil des années, Betina a remporté différents prix dans les concours et a diffusé ses connaissances aux coiffeurs, non seulement de Belo Horizonte, mais dans l'ensemble du pays. Depuis 10 ans, elle enseigne également gratuitement sa pofession aux femmes de l'agglomération de Pedreira Prado Lopes, situé dans la région de Belo Horizonte.

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En plus de coiffer les têtes des hommes et des femmes noirs de Belo Horizonte depuis 25 ans, le salon, s'est également transformé en un espace éducatif et politique, et a contribué à la construction collectivve de la société noire. " Beaucoup plus que de travailler sur les cheveux, elles travaillent aussi dans les têtes", explique la professeure de l'UFMG Nilma Lino Gomes, auteure des livres Sem perder a raiz - Corpo e cabelo como símbolo da identidade negra et Betina, les deux ayant Betina Borges comme sujet.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

http://racabrasil.uol.com.br/cultura-gente/155/artigo219386-1.asp

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04 juin 2011

Septième Concours de Coiffures Afro à Cali (Colombie)

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Toutes Photos : Alejando Mendoza y Ximena Vásquez

Le rendez-vous a eu lieu le 29 mai dernier au Parc Artisanal  "Loma de la Cruz" dans la ville de Cali, où le public présent a pu faire connaissance de près avec l'héritage ancestral avec les "cheveux africains", égalament connu ici sous le nom de '' tropas'' ou ''trencitas'' , et qui sont peu à peu devenues courantes dans la population, mais dont peut-être la majorité n'est pas au fait de la transmission de savoir et de résistance identitaire afro derrière cette pratique.

 

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Depuis 7 ans, l'Association des femmes afro-colombiennes AMAFRACOL, s'efforce de réaliser cet événement important, dans le but de rendre visible l'esthétique africaine comme une forme de résistance et un élément essentiel du tissu socio-culturel de l'Afrique, particulièrement parmi les femmes, qui avec la grande habileté de leurs mains et une créativité incroyable, misent sur cette pratique comme une forme d'expression, qui dans le même temps devient une source de revenus pour leurs familles.

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 Ces coiffures en plus d'être une belle démonstration de l'esthétique africaine sont très importantes et significatives, d'autant qu'elles ont joué un rôle fondamental dans l'indépendance de certains esclaves comme l'affirme Valencia Emilia Eneyda, chercheure, coiffeuse  et créatrice du concours “Tejiendo Esperanzas”: (Tisser l'espoir) "Les recherches historiques démontrent qu'à l'époque coloniale, les femmes noires assises dans les allées des maisons repéraient le paysage et sur la tête des plus jeunes, elles élaboraient des coiffures  dont les formes ressemblaient à des sortes de , par lesquelles elles indiquaient les cheminà suivre, surtout aux hommes mûrs pour, pouvoir s''échapper. Ces cartes constituaient des codes secrets de pour planifier la fuite, indiquait la position des rivières, des arbres, des montagnes et l'emplacement des troupes (d'où le nom attribué aux tresses) pour que les Marrons puissent s'échapper et atteindre la liberté ".  

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L'événement a également vu la présence de femmes Africaines et Afrodescendantes d'envergure mondiale en visite dans la ville de Cali pour la Deuxième Rencontre Internationale des Femmes Afro 2011qui se tient du 1er au 4 juin dans la ville.

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Le niveau était très élevé pour le concours de cette année avec trois catégories : Coiffuree enfants, coiffures femmes, et coiffures hommes. Les gagnants sont les suivants :

Coiffures Enfants :

Première place: Nubia Orobio- Cali
Deuxième place: Rosa Emilia Segura – Buenaventura
Troisième place: Canga Jack-Cali

Coiffure pour les femmes:

Première place: Yahaira Mina-Villa Rica
Deuxième Place: Evelylde Villalobos-Villa Rica
Troisième Place : Jineth Córdoba – Condoto

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Coiffure pour hommes:

Première place: Adriana Monténégro - Cali
Deuxième place: Maria Luz Dary Ortiz - Cali
Troisième place: Tatiana Caga - Cali

 

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

Images : http://yenyere.org/tejiendo-identidad/

 

 

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01 mai 2011

Chutes de cheveux associées aux tresses et aux extensions chez les afroaméricaines

Les tresses ou l’emplacement des extensions très serrées seraient associées à un type de chute de cheveu permanente chez les afroaméricaines.

 


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Même si cela ne prouve pas que ces coiffures sont à l’origine du problème, les femmes devraient en tenir compte selon le Dr Angela Kyei, coauteure de la nouvelle étude.

"Je ne conseillerais pas d’arrêter de mettre des extensions, mais plutôt de ne pas le faire avec tellement de tension que l’on soit obligés de prendre des analgésiques’’, indique  Kyei, de la Clinique Cleveland dans l'Ohio.

 

Une tension prolongée des mèches de cheveu peuvent provoquer une inflammation des follicules pileux et provoquer des cicatrices.

 

Dans un premier temps, cela provoque un type de calvitie appelée alopécie cicatricielle centrale centrifuge, qui part du haut du cuir chevelu et se propage lentement au reste de la tête. Elle n’affecte que les afroaméricaines. Comme il n'existe pas de traitement, Kyei a enquêté sur sa cause.

Les résultats, publiés dans Archives of Dermatology, découlent des questionnaires et de l'examen du cuir chevelu de 326 Afroaméricaines.

 

Presque toutes s’étaient défrisées les cheveux chimiquement et une sur six avait l’alopécie cicatricielle. Plus de la moitié des femmes affectées ont dit qu’elles avaient des extensions, contre un tiers du groupe ayant une perte de cheveux pas si grave.

 

"Cela nous indique qu'il ya une tendance et nous devons l'étudier’’, indique Kyei, après avoir précisé que cela ne signifie pas que ces styles provoquent nécessairement la calvitie.

En fait, l’équipe a constaté que les femmes ayant un diabète de type 2 et qui ont des infections bactériennes du cuir chevelu étaient plus enclines à développer une alopécie cicatricielle.

"Le message de cette étude est que, chez ces patientes, la coiffure n'est pas le seul élément que l’on devrait évaluer. Lorsque qu’on perd des cheveux, surtout au centre, que c’est permanent, il faut consulter un médecin’’, indique Kyei.

Procter and Gamble a donné des échantillons de shampoing, qui ont été offertes aux femmes en échange de leur participation.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

Source : Reuters


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26 octobre 2009

Interview d’Aron Ranen sur la prise de contrôle du Business des soins de cheveux Blacks

La Retrospective de Samedi publiée hier servait à préparer la table pour l’Interview d’aujourd'hui. Aron  Ranen est un cinéaste - documentariste et un professeur de cinéma  basé à  Los-Angeles qui, en 2006 a achevé une série en 4 parties sur la prise de contrôle de l'industrie des soins du cheveu Black

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Voici quelques-unes de  ses trouvailles :

a.) Une loi coréenne de 1960 interdit l'exportation de cheveux coréens, et qui s’assure que les perruques faites de cheveux coréens ne peuvent être fabriquées qu’en Corée.

b.) Les entreprises Coréennes-américaines ne vendent parfois pas des produits en gros aux fabricants noirs, une façon de les faire sortir du business des soins capillaires.

c.) Certains propriétaires de magasins Coréens-américains sont dans le business depuis des décennies, tandis que les propriétaires noirs se battent pour survivre.

d.) Certains propriétaires de magasins coréens refusent de vendre les produits des entreprises appartenant à des Noirs dans leurs magasins, un moyen qu’ils utilisent pour maintenir les opérateurs de soins capillaires Black en dehors de ce secteur d’affaires.

e.) une très grosse absence d'unité au sein de la communauté noire dans le secteur des soins capillaires – les prix bas et la commodité sont souvent préférés plutôt que de soutenir les propriétaires d'entreprises Black.

f.) Aron a également été le témoin de la création de la Black Owned Beauty Supply Association dont l'objectif est de gagner une part plus importante des 9 milliards de dollars de l’industrie cosmétique et du soin des cheveux noirs et de l'industrie cosmétique.

J'ai posé quelques questions à Ranen au sujet de son documentaire:

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Pour commencer, je voudrais mettre les choses au clair ; si l’on se fie à votre autre documentaire autre ", Did We Go", qui pose la question de savoir si les astronautes américains ont effectivement atterri sur la Lune en 1969, il semble que vous êtes en quelque sorte un théoricien de la conspiration. Pensez-vous que cela fait qu’il est difficile pour les gens de prendre votre documentaire sur les cheveux noirs au sérieux?

AR: Non, si vous examinez le film sur Lune, qui d'ailleurs a été commandé par l'État de l'Ohio, il s’agit véritablement d’un examen du rôle des nazis dans la NASA et des crimes qu'ils ont commis pendant la deuxième guerre mondiale, et de la manière dont le gouvernement américain a couvert ces crimes pour que ces anciens nous mènent sur la lune. Il commence par mon voyage pour découvrir les réalités sur la mission Apollo 11, et finit sur la partie sur les nazis... J'ai fait un autre film sur ce sujet ayant pour titre appelé "The Lost Von Braun". Le film sur la Lune "DID WE GO ?" a également été sélectionné pour une première au Musée d'Art Moderne de New York (nouvelle série documentaire) et on m'a fait prendre un vol de la Californie pour la première de New York City. Pour plus d'infos: http://www.villagevoice.com/2000-02-08/film/the-dark-side-of-the-moon-landing/

Comment vous êtes-vous intéressé à l'industrie du soin des cheveux noirs?

AR: Je suis intéressé à ce sujet à cause de l’injustice qui y prévaut et qui peut être réparée.

Vos documentaires parlent de la prise de contrôle par les coréens du marché des soins capillaires blacks. Avez-vous déjà creusé pour savoir POURQUOI c’est arrivé? Je veux dire, pourquoi les immigrants coréens? Et pourquoi les soins capillaires des noirs? Comment les Noirs ont-ils perdu  leur emprise sur leur propre marché? À quel moment ont-elles commencé à se  détériorer?

AR: Dans mon film, cela remonte 1965, lorsque les commerçants de perruques coréennes ont ciblé le consommateur noir américain, et ont fait pression sur le gouvernement coréen pour qu’il interdise l'exportation des cheveux bruts - naturels ... donnant ainsi aux Coréens d’avoir la main mise sur la fabrication de perruques faits avec des cheveux humains et des extensions. Les documents exposés dans mon film ne décrivent que le marché des soins capillaires noirs comme étant leur cible ... sans donner de réponse sur la raison.

Votre description des immigrants coréens constituait une partie principale du problème, c’est-à-dire du fait qu’ils ont contribué à un manque de propriétaires noirs dans l'industrie des soins capillaires. N’avez-vous jamais trouvé quelque chose dans leur histoire collective ayant suscité votre sympathie?


AR
: Je comprends que l'employé de salon de beauté travaille dur et de longues heures chaque jour, et ce sont les gens qui sont en haut de la pyramide qui ont été à l'origine du maintien des Afro-Américains et des Londoniens Noirs hors de l'industrie.

Dans quelques articles, j'ai lu que vous pointez les «micro-crédits» comme la réponse pour les entreprises noires. Pourquoi en êtes vous venu à cette conclusion?

AR: Je crois que la seule solution c’est d'ouvrir 100 à 500 magasins juste à côté des magasins préexistants détenus par les coréens. Ce sont des investissements…pas des prêts…il faut que le Capitole Noir (parlementaires noirs) réalise que c’est un bon investissement... ouvrir les magasins, construire une chaine de distribution, et garder des dollars dans les collectivités et mettre fin à la "criminalisation des consommateurs" présente dans de nombreux magasins asiatiques. Cela va créer un arc en ciel d'emplois de 10 $ dans les magasins à 100,000 $ dans le marketing et la distribution. Je vois déjà des Reality Shows sur BET où les gens sont en compétition pour que leurs produits entrent dans les magasins appartenant aux noirs!

Dans tout ce que vous avez vu et entendu, qu’est-ce-qui vous a le plus choqué?

AR:

Le manque d’intérêt d’Oprah, de Bill Cosby, des Églises Noires de voir cela comme une opportunité…et de créer un buzz et une action économique autour du Business des cheveux et de l’approvisionnement

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga

Source : http://bglhonline.com

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28 septembre 2009

« Je ne me couperai pas les cheveux... »

R. E. France-Antilles Martinique 09.09.2009 franceantilles.fr 09.09.2009

rastaNoé, Guadeloupéen, mention très bien

Des représentants de la communauté rasta ont manifesté leur indignation face au nouveau règlement du proviseur. Le lycée professionnel Joseph-Gaillard, à Pointe des Nègres, est, une fois de plus, sous les feux des projecteurs. On se rappelle de l'affaire des cours de salsa, il y a quelques mois, quand le nouveau proviseur, David Yoyotte, avait interdit l'accès de son établissement aux élèves de l'association « Les Amoureux de la Salsa » . Aujourd'hui, le proviseur, fort de son nouveau règlement intérieur, a interdit l'accès aux cours à l'un de ses élèves. La semaine dernière, Noé Bervin, nouvel élève de l'établissement, tout droit venu de la Guadeloupe où il a obtenu son baccalauréat avec la mention « très bien » , se présente aux inscriptions. Il a les cheveux longs, type « rasta » . « Je suis rasta. Et j'ai donc le look aux cheveux longs » , explique le jeune homme. Lundi, jour de la rentrée, Noé croise le proviseur, David Yoyotte, dans la cour de l'établissement. Il se voit immédiatement convoqué dans le bureau du chef d'établissement et le verdict de la rencontre tombe, implacable : interdiction d'accéder au cours. « Nous avons tenu à établir un règlement intérieur strict. Les cheveux longs pour les garçons sont interdits » , aurait expliqué le proviseur à l'élève.

Délit de faciès ou non...

« Délit de faciès » , clament alors les représentants de Ethiopia Africa Black International Congress, en la personne du prêtre Stéphane. Et ils étaient un petit groupe de rastafaris à manifester leur soutien à Noé Bervin, hier matin, dans le cadre d'une nouvelle rencontre entre l'élève et le proviseur. Une réunion qui avait pour but d'éclaircir la situation et de trouver un consensus. Finalement, Noé Bervin se retrouve au point mort : « Le proviseur m'a à nouveau demandé de me couper les cheveux ou de les arranger pour qu'ils ne se voient pas. Ce que je veux, c'est poursuivre mes études. Si je dois me plier au règlement intérieur, je le ferai dans la mesure du possible. Mais je ne me couperai pas les cheveux » , explique Noé Bervin. Pour les représentants de Ethiopia Africa Black International Congress : « ce n'est pas suffisant. Le règlement intérieur est à remettre en cause, s'il permet des interprétations qui sont proches du délit de faciès » , concluait le représentant de la communauté des rastas. Noé Bervin a promis de se présenter à la porte de son établissement ce matin et de faire en sorte que l'accès à ces cours ne lui soit pas refusé. Une affaire à suivre...

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23 juillet 2009

Société : Pourquoi des cheveux défrisés ?

GUADELOUPE. Les Abymes. Jeudi 23 Juillet 2009. Caribcreole1.Lors d’une conférence-débat organisée par Kreole Attitude et B World Connection, Juliette Smeralda (J.S), sociologue martiniquaise, a exposé sur le thème : Le cheveu naturel : histoire d’une aliénation la sociologue a expliqué que le passage aux cheveux défrisés, au temps de l’esclavage, symbolisait la volonté d’identification au modèle « blanc caucasien ».   

Aliénation : Selon J.S : « éloignement de soi-même » (source B World Connection)

En majorité locksé ou alors arborant une tignasse naturelle ainsi pouvait on décrire le public venu nombreux à l’espace Régional du Raizet, écouter la conférencière.

Afin d’exposer ses recherches sur le cheveu naturel, Juliette Sméralda a choisi de faire une remontée dans le temps. Ainsi, elle nous a expliqué qu’avant la période esclavagiste, la peau et les cheveux des noirs étaient très entretenus. En effet, le noir, le plus scintillant était considéré comme étant le plus beau. Quant à la coiffure, elle est est porteuse de symboles forts : âge, clan, statut social, occupations. D’ailleurs, le peigne africain était considéré comme un objet sacré.

Avec une telle valorisation comment expliquer le passage au cheveu défrisé ?

Juliette Sméralda développe l’argumentation suivante : le contact entre blancs et noirs s’est toujours déroulé dans un rapport de domination. Ainsi, alors que les cheveux caucasiens étaient et sont encore, considérés comme : discrets, élégants, beaux et doux, les cheveux crépus sont : indisciplinés, archaïques. D’où une stigmatisation raciale du cheveu du noir. D’ailleurs, la personne même du noir était pointée du doigt puisque son visage prognathe ne correspondait pas avec l’échelle de valeurs des occidentaux blancs : cheveux lisses, peau blanche, visage orthogonal : «Religieux, voyageurs, chroniqueurs, savants et scientifiques de tout acabit ont importé leurs préjugés en Europe et soumis le cheveu crépu, les traits morphologiques et la couleur des extra-occidentaux à des appréciations très subjectives, voire très défavorables. Celles-ci se sont pérennisées et sont au moins en partie responsables du statut de stigmates dont héritent les caractères morphologiques de certains groupes humains» (extrait de Peau noire, cheveu crépu : histoire d’une aliénation).

Ainsi, le noir sorti de la cale du bateau négrier, sale et mal coiffé est à même de lire l’effroi dans l’œil du blanc. Ce dernier va même jusqu’à le toucher pour voir si sa couleur n’est pas une couche de crasse et ses cheveux des crottes de moutons. Les choses ne s’arrangent guère puisque sur la plantation, il ne peut prendre soin de lui. D’ailleurs, un mouchoir de tête donné par le maitre permettait aux femmes de cacher leurs cheveux. Quant aux esclaves domestiques, ils recevaient de leurs maîtres, peignes et brosses usagés. Mais ces accessoires n’étaient pas adaptés à leurs cheveux. D’où là encore, une nouvelle stigmatisation.

Il s’en suit alors un processus de « dénaturation ». Afin d’être mieux intégrés, mieux acceptés, les femmes, mais aussi les hommes, se sont lancés dans toute une série de transformations : «par la pratique du défrisage, il s’agit de soustraire les cheveux à la tyrannie du regard qui pénalise socialement. Crépu étant synonyme de disgrâce, d’imperfection, de ruralité, de manque de raffinement, etc., ce cheveu-là doit disparaître derrière un lissage» (extrait de Peau noir, cheveu crépu : histoire d’une aliénation). Pour la sociologue, ces défrisages à outrance ont des conséquences non seulement sur le cheveu mais aussi sur l’individu lui-même.

D’ailleurs, force est de constater que rare sont les petites filles à jouer avec des poupées noires aux cheveux typés crépus. Elles jouent beaucoup plus avec des poupées blanches, à longs cheveux auxquelles elles cherchent à s’identifier.

On constate aujourd’hui que, bien que la société revendique son multiculturalisme, il « faut » encore se défriser les cheveux pour accéder à un emploi, avoir une certaine teinte pour être bien placé dans la société coloniale. Juliette Sméralda ne pointe pas le doigt sur un simple problème capillaire, mais sur tout un problème de société.

Ce problème d’acceptation du cheveu crépu a été bien relayé par le public.

Sony, coiffeuse du salon « Chivé Natirèl » a fait remarquer que l’on constate néanmoins un changement d’attitude ces dernières années. En effet, de plus en plus de femmes ont tendance à revenir au naturel. Interrogée sur ce retour, Juliette Sméralda confie : « On comprend qu’il faut porter son cheveu, il ne faut pas que la société soit arbitraire et dise aux porteurs de cheveux crépus : ce n’est pas beau, c’est sale. Ce sont des corps naturels qui ont le droit de s’afficher, de vivre en harmonie avec son environnement. On a un besoin urgent de régler ce problème sans aller à la confrontation ». Sony se montre plus pragmatique : « il y a encore beaucoup de chemin à faire et voir s’il s’agit d’un phénomène de mode… »

Un retour au naturel ? Peut-être simplement au niveau capillaire, car il y a encore une pléthore de personnes qui sous nos latitudes, n’acceptent pas de parler, et encore moins l’enseignement de la langue créole et ne supportent pas le son du ka...

Quoiqu’on dise, les questions identitaires restent encore posées et interpellent.

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02 mai 2009

Les salons de beauté africain américain survivront-ils à la récession?

Par: Delece Smith-Barrow 

Sauter un rendez-vous au salon de coiffure revient à passer moins de temps avec votre  meilleure amie éternelle, votre thérapeute ou un membre de votre famille. Mais c’est une option tentante alors que les temps sont durs en termes de finance.

delece

03/26/2009 06:51 

Pour de nombreuses femmes noires, un tour au salon représente plus que le seul fait de se faire choyer. Un rendez-vous manqué peut signifier pour la femme noire davantage de temps perdu au cours de la semaine—à se démener et à se battre avec les sèche-cheveux et les fers à défriser.

Plus grave encore que ce travail manuel fastidieux, le fait de ne pas pouvoir se rendre à cet endroit dans lequel on a nos habitudes revient à rater l’expérience du salon de coiffure noir: enclave de chaleur, de confort et de camaraderie guidé avec douceur par une coiffeuse, qui joue à la fois le rôle de meilleure amie éternelle, de thérapeute et de membre de la famille, le tout en un.

La récession force désormais de plus en plus de femmes à  sauter leur séjour régulier au salon,  mettant en péril le lien sacré entre  la cliente et la coiffeuse. Comme l'adage le dit, quand l’Amérique s’enrhume, l’Amérique noire attrape la grippe. En janvier, le Los Angeles Times indiquait qu’un sondage en ligne de la National Cosmetology Association révélait que le secteur  était en recul pour 70% des répondants. Assurément une mauvaise nouvelle pour les coiffeurs noirs.

Mais je suis certaine que les salons de coiffure noirs survivront. Depuis des générations, les salons noirs ont toujours constitués de solides entreprises. Mais ils ont également souvent fonctionné comme de mini bazars, des marchés ouverts où les gens venaient vendre des sacs, des tartes, des vêtements, des DVDs—des moteurs économiques pour l’ensemble de la communauté.

Dans les bons comme dans les mauvais temps,  le salon de coiffure noir a constitué une institution qui dure à cause de son rôle spécial au sein de notre communauté. “[La coiffure] permet aux femmes africaines américaines de contribuer au façonnage  d’une identité. … Tout comme l’église, il s’agit d’une institution de culture” indique Lanita Jacobs-Huey, auteure de  From the Kitchen to the Parlor: Language and Becoming in African American Women’s Hair Care.

Dans certaines cultures Africaines, seuls les proches étaient considérés comme assez dignes de confiance pour coiffer la tête d’une personne. Dans la tribu Mende, proposer à quelqu'un de le tresser était une façon de lui offrir son amitié. Quand on place cela dans le contexte moderne des affaires, on peut s'expliquer pour quelle raison les fabricants de produits pour les cheveux des blancs et les salons de coiffure pour blancs ont toujours eu  beaucoup de mal à percer le marché de la coiffure et des salons de coiffures noirs. La majorité des noirs est toujours plus à l’aise de se faire coiffer par un des leurs.

Alors, que perd-on lorsqu’une femme noire est forcée de réduire sa fréquentation hebdomadaire à une visite bihebdomadaire ou mensuelle? Cela revient à perdre sa meilleure amie. Vous pensez à ces moments que vous partagez seule à seule avec votre coiffeuse dans le salon, et vous vous rendez compte à quel point vous êtes devenues proches. Le bruit du peigne à défriser qui résonne si naturellement. Vous lui parlez de ce nouveau gars que vous fréquentez. Elle vous parle de ses propres disputes avec son chéri, et vous remercie alors pour le repas que vous lui avez apporté plus tôt dans la journée. Vous lui demandez comment sa chirurgie de la poitrine s’est déroulée.

Elle vous conseille de faire votre propre examen. Le dialogue est candide et honnête. Elle écoute patiemment, de la même manière que le ferait votre thérapeute, ses conseils pouvant même s’avérer meilleurs et coûter aussi peu que le prix d’un lavage et d’un coiffage.

Le salon de beauté africain américain, centre culturel par excellence, reste solide. Pensez au personnage de Loretta Devine dans Waiting to Exhale, qui calme une cliente que le mari a quitté pour sa secrétaire blanche, marquant un nouveau chapitre dans sa vie par un simple ’do. Ou à Ronnie dans Girlfriends, qui devient directrice de marketing non-officielle pour le livre d’une cliente. Ou encore à Angela, la propriétaire d’un salon et amie que l’on aime haïr dans Why Did I Get Married? de Tyler Perry. On ne se souvient pas de ces personnages pour leurs performances dans le salon. C’est la relation qu’elles avaient avec leurs clientes et leurs compétences en affaire qui ont rendu leurs personnages fascinants.

Alors que les entreprises se battent pour rester à flot, je crois en la force de résistance  des salons noirs. C’est l’intelligence de leaders tels que Madame C.J. Walker, qui fonda le premier syndicat des coiffeuses des femmes noires et Annie T. Malone, créatrice de l’une des toutes premières compagnies à fabriquer des produits pour les cheveux des femmes noires—et des milliers d’autres femmes d’affaires comme elles—qui me font conserver ce sourire radieux d’affirmation de ma beauté noire tout au long de l’année. D’ici la fin de la récession, de nombreux piliers de l’industrie Américaine seront peut-être un peu plus que délabrés. Mais les femmes noires possèdent leur propre petit outil de relance économique. C’est vrai, les temps sont durs, mais aussi longtemps que possible—et peut-être un peu après —je garde mon rendez-vous régulier au salon de coiffure.

Delece Smith-BarrowDelece Smith-Barrow est une auteure de Washington.

http://www.theroot.com/views/will-black-salons-survive-recession

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24 mars 2009

Les salons de coiffure dans l’histoire Africaine Américaine

Reportage spécial Histoire Noire

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga

Le mot barbier provient du latin Barba, qui signifie  barbe. Selon le dictionnaire Webster, un coiffeur est défini comme celui dont le service consiste à couper et à coiffer les cheveux, raser les barbes, et offrir les services associés. À l’époque médiévale, les coiffeurs effectuaient également des chirurgies sur les clients de même que l’extraction de dents.  Le salon de coiffure peut être perçu comme la pierre angulaire de la camaraderie, reposant pourtant sur la texture de nos cheveux et de nos voisinages ; il gouverne souvent l'aspect social de nos engagements.

De nos jours, les Salons de coiffure servent de place communautaire où les hommes (Africains Américains (AA), plus que pour d’autres races, sur la base de nos perturbations générationnelles) peuvent s’adresser l’un à l’autre d’égal à égal, où il n y a aucun tabou dans la conversation, et où le concept de la découverte et de l’art de briser la glace se prolongent.  Ce forum de dialogue a servi de tradition sociale, culturelle et politique aux Noirs Américains.  Le symbolisme du Salon de Coiffure et l'activité sociale ont une plus grande antériorité informative, sociale et de création de relations que les églises, les écoles ou les stations de radios  noires. (1)  Les salons de coiffure créèrent un lieu impartial pour s'exprimer, d'égal à égal, dans lequel ni un diplôme scolaire, ni une stature ne sont requis. Chacun est libre de donner son avis. 

De l’esclavage à la liberté, les  coiffeurs ont constitué une écrasante majorité des entrepreneurs au sein de la communauté Africaine Américaine (AA). Durant la période précédant la Guerre Civile (Pré Proclamation d’Émancipation, avant 1865, c’est-à-dire, avant que les esclaves ne soient affranchis par Lincoln) les noirs détenaient un monopole dans la profession de barbier, essentiellement en rendant service aux riches blancs, souvent des hommes d’affaires ou politiques importants. Beaucoup de barbiers noirs ne servaient que des clients blancs et d’autres détenaient des salons pour noirs et blancs séparés. Le faible montant du capital de départ attirait de nombreux entrepreneurs noirs. (2).

L’attitude des blancs et le stigmate qu’ils collaient  aux noirs étaient que la servitude était leur travail. (3) Dans des villes telles que Chicago, Cleveland, Philadelphie, Richmond, Washington, DC, Atlanta, et Charleston, les entrepreneurs noirs prédominaient. Les coiffeurs les plus prospères de la région du Nord possédaient des salons exclusifs, soit en tant que business séparé dans les quartiers urbains habités par les blancs, ou alors dans des hôtels de luxe. Comme esclaves ou comme hommes libres, les coiffeurs utilisaient à la fois le monopole et leur clientèle de base de race blanche à leur avantage.  Leur profession leur procurait pouvoir, prestige et un statut au sein de la communauté noire.

Lewis Woodson - Barbier et Co- Fondateur de la Wilberforce University

Les coiffeurs Africains Américains utilisaient souvent leur statut et leur richesse pour élever leur communauté. Beaucoup achetèrent les membres de leur famille qui étaient en esclavage ou aidaient à construire des églises noires.  Les coiffeurs Lewis Woodson et John Vashon sont les cofondateurs de la Wilberforce University à Wilberforce, OH (4) la première université appartenant exclusivement noire et la plus ancienne université privée Africaine Américaine aux États - unis.  Même lorsque les coiffeurs Africain Américain n'offraient des services qu'essentiellement à une clientèle blanche clientèle, leurs fortunes et leurs statuts étaient fréquemment  réinvestis dans les communautés noires, une réalité qui les a fait occuper une place centrale dans la vie des noirs au dix neuvième siècle.

Au début du 19ème siècle, les immigrants du Nord de l’Italie et Irlandais deviennent les propriétaires des salons qui appartenaient auparavant aux noirs dans les quartiers d’affaires des centres ville à travers les États-Unis. Cela était en partie dû au fait qu’ils avaient persuadé leurs frères blancs de devenir leurs coiffeurs, alors que d'autres facteurs incluaient les syndicats de coiffeurs, les lois règlementant l'exploitation des salons, et les innovations technologiques tels que les rasoirs sécuritaires. Les salons de coiffure appartenant aux noirs furent déplacés des quartiers situés en centre ville et des quartiers d’affaires urbains. 

Dans THE STORY OF

MY LIFE AND WORK, AUTOBIOGRAPHY

de Booker T. Washington, 1901, il écrit:

"Il ya vingt ans de cela, tous les grands salons de coiffure qui étaient rentables à travers le pays étaient entre les mains des hommes noirs, aujourd’hui, vous ne trouverez aucun salon de coiffure d’importance ou de grande classe dans l’ensemble des grandes villes  géré par des hommes de couleur.  Les noirs avaient détenu le monopole de cette industrie, mais ils ont continué de jour en jour dans la même vieille monotonie, sans rien apporter de nouveau à l’industrie.  En conséquence, l’homme blanc l’a repris, y a grandement réfléchi, l’a observé tous les bons points, l’a amélioré et fait progresser à tel point qu’aujourd’hui leur salon de coiffure n’est pas connu sous le nom de Barbershop mais celui de tonsorial parlor."

Le Salon de coiffure reste la pierre angulaire de la Culture Africaine Américaine, à moins que vous ne soyez élevé dans une unité familiale dominée par le père ou engagé dans les sports organisés, (65% des foyers Africains Américains ont pour seul parent une femme) SHINE pense qu’il est clair que ce type de camaraderie masculine est exclusif et prédominant.

Au cours de ma recherche sur les salons de coiffures Africain Américains, j’ai réalisé que ma présence dans les salons en tant que femme perturbait le flow naturel des dynamiques dans ses refuges sûrs pour hommes.  J’étais la bienvenue, mais il était évident que leurs langues se retenaient. J’ai un immense respect pour cet espace où les hommes peuvent communier à leur manière et discuter des événements sociaux, politiques, sportifs, actuels ; où ils peuvent découvrir qu’ils peuvent être d’accords de ne pas l’être et y rester ; et plus important encore, où ils peuvent en apprendre davantage sur eux-mêmes et sur le monde dans lequel nous vivons.

http://shineexpo.blogspot.com/2009/02/art-of-barbering.html

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14 mars 2009

Oeuvres d'Art sur cheveux par Chris Oliveira de Cia das Tranças

Des coiffures superbes, versatiles, exotiques et glamour ! Découvrez ci-dessous les véritables oeuvres d'art nées des doigts magiques de Chris Oliveira de Cia das Tranças.

Par ELIANA ANTIQUEIRA

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Retrô oriental

L'inspiration indienne gagne en sophistication grâce à l'application de fleurs et de perles sur la tresse traditionnelle.

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Flor do cerrado

Les dreads de laine soutiennent la sculpture qui renvoit à la végétation du centre-ouest du Brésil.

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Foxxy lady

Lady? Diva? À vous de choisir. Le visuel des années 60 gagne une touche ethnique avec des tresses qui couvrent le chignon (en arrière).

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Cascata flores

Les tresses ondulées sont mises en valeur avec l'application de fleurs qui parcourent les cheveux.

untitledPhotos CAIO MELLO aide Photographe SILAS JR. production ANDREA DA ROCHA maquillage BRUNO TORRES

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Source : http://racabrasil.uol.com.br/Edicoes/130/artigo127781-2.asp

http://www.ciadastrancas.com.br/

Chris Oliveira

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12 octobre 2008

Les Afroéquatoriens : identité et soin du cheveu

La peluquería Black and White destaca en toda su estructura con motivos que hacen referencia a las formas de expresión de la cultura afro. | FOTO: ALEJANDRO REINOSO / El Telégrafo

PHOTO: ALEJANDRO REINOSO / El Telégrafo 

Le salon de coiffure Black and White met en valeur sa devanture avec des motifs faisant référence aux formes d’expression de la culture afrodescendante

À Quito et Guayaquil, il existe des salons proposant  les styles de coiffures appartenant aux noirs depuis l’antiquité. 

La population afroéquatorienne représente  5,7% des équatoriens et on la retrouve sur l’ensemble du territoire national. Les grandes communautés d’Afroéquatoriens  conservent leurs coutumes et traditions qu’elles mettent en exergue quand vient le temps de célébrer, comme c’est le cas au cours du Mois des Afroéquatoriens que l’on fête en Octobre en Équateur. 

L’une de ses coutumes mise en lumière est celle (de la coiffure) du cheveu qui plus qu’une mode, a toute une histoire.

En fait, même si l’on peut penser que les styles de coiffures et de  coupes afro ont connu leur apogée avec l’apparition de vedettes telles que Shaquille O’ Neill, Snoop Doggs ou Rodman, Nelly Mendivelso, auteure du livre “Mapa de fuga y otros secretos afro”(Plan de fuite et autres secrets afro), affirme que cette tendance est née il y a 500 ans dans le contexte de l’esclavage.

“Les coiffures et les coupes des afrodescendants servaient d’une certaine manière à représenter leur culture et à s’opposer à leurs maîtres  ”, affirme Mendivelso. 

Dans le livre, elle explique de plus que  “la tête et le cheveu sont tableau sur lequel s’inscrit l’identité. Les grands-mère les faisaient pour organiser la fuite des haciendas et des maisons de leurs maîtres. Les femmes se regroupaient sur le patio pour coiffer les plus petites, et grâce à l’observation des bois, elles traçaient sur leur tête une carte plaine de sentiers et de sorties pour s’échapper, sur lesquels elles situaient les montagnes, les fleuves et les arbres les plus hauts. Les hommes en les voyant savaient quelles routes emprunter. Leur cde méconnu des maitres permettaient aux esclaves de s’enfuir”. 

De nos jours, si le style de coiffure n’a plus la même signification,  Mauro Chale, afrodescendant qui vit dans le secteur du Comité du Peuple de Quito affirme qu’à présent, pour eux il s’agit d’une façon de  “s’exprimer par le biais de l’image que l’on projette”. 

Il estime que le style vestimentaire et la manière de se coiffer sont une manière de rehausser l’identité propre au peuple noir; carpues si bien “s’il est nécessaire de bien se présentero, il est encore mieux d’imposer son propre style, un style appartenant aux noirs pour que l’on te reconnaisse en tant que tel au sein de la société”. 

Il atteint cet objectif à travers des espaces dédiés spécifiquement à la mode afro, comme le salon de coiffure  Prieto, situé à l’entrée du Comité du Peuple (Comité del Pueblo), au nord de la capitale. Son propriétaire  Jairo Cuero, est arivé en Équateur en provenance de son pays de naissance, la Colombie il y a 10 ans et se souvient que  “ce type d’art n’existait pas ici, alors qu’en Colombie, il avait déjà sa place et était accepté”.

À son arrivée,  Cuero a travaillé dans un salon de coiffure  “ordinaire et habituel”, ouu il s’est fait connaitre pour son art de créer des motifs sur le cheveu jusqu’à ce qu’il prenne la décision d’ouvrir son propre salon. 

À présent, on trouve quatre autres endroits comme le sien à  Quito et au moins trois à  Guayaquil. 

La peluquería Black and White destaca en toda su estructura con motivos que hacen referencia a las formas de expresión de la cultura afro. | FOTO: ALEJANDRO REINOSO / El Telégrafo

Le salon de coiffure Prieto affirme recevoir plus de clients afroéquatoriens pendant les week-end.

Jairo explique que pendant la semaine, il coiffe en moyenne 50 à 60 têtes par jour, dont  80% sont des clients blancs et métisses, mais en fin de semaine,  le ton de la peau change. Le nombre de clients peut atteindre 200 et 80% des clients sont afrodescendants.

Pour le propriétaire, le fait que les métisses veulent rejoindre cette tendance est dû au fait que “c’est une forme d’expression qui sort de l’ordinaire et qui peut représenter tout ce que l’on ne peut pas dire par des mots  ”. Et “pour les Noirs, c’est une tendance culturelle qui vient des traditions ancestrales”. 

David Arboleda est une des autres personnes à encourager cette tendance, lui qui est propriétaire du salon de coiffure Black and White, qui fonctionne dans le quartier Reina Victoria. 

Il affirme que depuis quelques années, cette tendance s’est renforcée au sein de la société à cause de l’essor des coiffures afro chez les footballeurs équatoriens. Arboleda ajoute qu’en Équateur, ce qu’on lui demande ce sont des motifs, des dessins divers sur la tête au choix du client et des petites tresses.

Par contre, “les rastas, qui sont spécifiques au peuple noir d’Afrique ne sont pas portées par les noirs et on en fait à très peu de gens comme par exemple les hippies”, indique-t-il. 

Mais le fait que d’ “autres” accèdent à ce type de coiffures et non pas uniquement les afrodescendants suscite une certaine crainte ches des gens comme María Reascos, une grand-mère afrodescendante de 75 ans. 

Elle rappelle que ses parents lui ont expliqué le précédent historique de la coiffure de son ethnie et lui ont raconté que ses ancêtres “écrivaient” sur la tête des enfants et dessinaient des choses qui représentaient leur manière d’interpréter le monde.

C’est la raison pour laquelle Reascos pense que le fait que de nos jours “tout le monde” peut adopter ce style “n’est pas une bonne chose, car, il appartient  seulement aux noirs qui apprécient le fait d’être noirs, mais pas aux blancs qui se coiffent comme des noirs pour être à la mode”. 

Mais David Arboleda indique que cela ne doit pas être une préoccupation, une conception nétant jamais pareille à une autre car “ce sont des créations réalisées sur le moment et qui sortent de ton imagination, on ne peut donc pas les recopier”. Les prix de ses coupes et de ses coiffurent oscillent entre 1,50 et 35 dollars.

Pour  Emilia Bucheli, sociologue, les hommes et les femmes qui utilisent le cheveu avec des modèles associés à une ethnie spécifique le font pour émettre des messages implicites. “La mode afro est une tendance qui transgresse l’esthétique blanche et qui ne peut être utilisée que par des Noirs, puisqu’il s’agit de coiffures exclusives pour ce type de chevelure et pour cette forme de visage ”, dit-elle en ajoutant que c’est pourquoi leurs styles (de coiffure) sont si particuliers. 

Rebeca Sánchez, une jeune noire de 23 ans  étudiante à l’Université partage la même opinion , elle qui pense que les salons de coiffure pour noir n’obéissent pas à une simple nécessité esthétique,  mais plutôt à “une revendication culturelle des personnes afrodescendantes, car il s’agit d’endroits où l’on peut écouter la musique qu’on aime, avec le volume qu’on veut et parler notre propre dialecte avec le ton qui convient ”. 

De même, Pamela Estupiñán, cosmétologue du Centre d’Esthétique Nova Vita encourage

l’existence de salon de coiffures pour afrodescendants puisque selon elle, le type de traitement de leurs cheveux est différent de celui des métisses. Les femmes de couleur ne peuvent pas recevoir les mêmes produits pour le cheveu que les métisses, car cela leur causerait des problèmes. C’est la raison pour laquelle elles doivent se faire coiffer dans des centres spécialisés”. 

Lucía Real Hidalgo 

lreal@telegrafo.com.ec 

Reporter – Quito

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga 

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