Le Ministère du Développement Social  (Mides) travaille à la mise en oeuvre de la Loi 19.122 relatives aux actions affirmatives qui inclut les quotas de bourses étudiantes et au moins 8% de postes de travail publics en faveur de la population afrodescendante, estimée à 8,1% de la population totale de l'Uruguay.

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Alors que l'on célèbre le mois de l'afrodescendance, le Ministère du Développement Social a organisé ce 8 juillet à l'Amphithéâtre de l'Université de la République l'événement Quilombo 2016. Au cours de cette cinquième édition, l'axe thématique abordé était celui du racisme institutionnel tandis que les éditions antérieures avaient pour thème Actions Affirmatives  (2012), Travail et emploi (2013), Brèches en éducation (2014) et Droits à la santé (2015).

Le fonctionnaire de la Division des Droits Humains de la Direction Nationale de Promotion Socioculturelle du Mides,  Miguel Pereira, a indiqué que  Quilombo est une instance de débat et de discussion sur les politiques publiques et l'afrodescendance. Il a relevé que jusqu'à présent, le Mides mène des politiques publiques ethniques et raciales par le biais des actions affirmatives en faveur de la population afrodescendante.

Parmi les responsabilités, il a cité l'implémentation de la loi 19.122 (votée en 2013 et déjà réglementée), des actions affirmatives en faveur des personnes afrodescendantes avec des quotas de bourses étudiantes et au moins 8% des emplois publics pour la population afrodescendante au niveau national.

Pereira a rappelé que selon le dernier Recesencement (2011) de l'Institut National de la Statistique (INE), la population afrodescendante représente 8,1% de la population nationale parmi lesquels 50% vivent à Montevideo et le reste à l'intérieur du pays, principalement dans les zones frontalières du Brésil.

Le Système d'Information du Genre de l'Institut National des Femmes (Inmujeres) du Mides à partir de l'Enquête Continue des Foyers  (ECH) effectué par l'INE indique que le pourcentage de personnes résidant dans des foyers en situation de pauvreté en fonction de l'ascendance ethnico-raciale, était en 2006 de 55, 4% constituée par la poulation afrodescendante; alors qu'en 2010, il y en avait 36,1% dans cette situation. L'an dernier, la population afrodescendante vivant en situation de pauvreté a regressé à  21,8%.

Pereira a affirmé qu'il y a une brèche raciale entre la population afrodescendante et le reste de la population, une situation qu'il faut inverser avec des politiques davantage focalisées, car jusqu'à présent, on a travaillé sur des politiques unviverselles. Il a souligné que cela explique la nécessité de continuer d'implémenter la loi 19.122 avec des quotas réservés pour les emplois et dans l'éducation.

À la clôture de l'événement, la ministre de l'Éducation et de la Culture, María Julia Muñoz, a déclaré que la thématique de l'afrodescendance prend de plus en plus de place dans l'agenda publichttp://www.republica.com.uy/poblacion-afro-accede-a-cuotas-en-becas-estudiantiles/574456/, mais que le retard reste immense en terme de réalisations.

Dans ce sens, la fonctionnaire a relevé qu'il est nécessaire de multiplier les efforts et les actions contre toute forme de discrimination et que dans ce cadre, l'éducation et la culture se conçoivent comme des outils centraux . Elle a ajouté que les afrouruguayens ont fortement contribué à la formation de l'identité nationale dans divers domaines comme l'éducation, la médecine et le patrimoine universel de l'humanité avec le candombe.

Concernant les opportunités,  la ministre a indiqué que en 1968, 3% des enfants d'ouvriers intégraient l'Université de la République et que cette année, on y compte 54% d'étudiants dont les parents n'ont jamais fait d'études supérieures , “des chiffres qui parlent des avancées en terme de justice sociale et qui rappellent qu'il ne faut jamais se résigner ”.

 

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/