Lorsque le président américain Barack Obama et le chef d'état de la Jamaïque,  Portia Simpson Miller se rencontreront à Kingston jeudi prochain, l'héritage et le nom de Marcus Mosiah Garvey tel qu'il est perçu à travers les yeux américains et jamaïcains pourraient être mis sur la tables de discussion.

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La question pourrait être soulevée par  le Premier Ministre de la Jamaïque, Mme Portia Simpson et plus précisément l'amnistie ou la grâce pour Garvey, un héros national jamaïcain qui a passé plus d'une décennie aux États-Unis où il a dirigé le plus grand
mouvement de masse économique et social des Noirs durant la première moitié du 20ème siècle.

Garvey préconisait l'indépendance économique et une perception de soi positive des millions de Noirs. Il encourageait en même temps une identité culturelle positive et l'autodétermination pour les personnes de couleur. Cependant, son message secouait des critiques Noirs et blancs dont les plaintes et allégations déclenchèrent une enquête fédérale qui allait abouti à une déclaration de culpabilité pour des des accusations de fraude postale fédérale desquelles de nombreux analystes juridiques indépendants et les partisans Garvey  insistent jusqu'à ce jour qu'elles ont été montées de toutes pièces et n'ont par conséquent aucun fondement dans les faits.

La question du traitement de Garvey aux États-Unis a été soulevée lors d'une assemblée publique de la diaspora  à Manhattan la semaine dernière par le Premier ministre de la Jamaïque, Mme Portia Simpson Miller, qui a affirmé à des centaines de Jamaïcains qu'elle pourrait la soulever.

''Nous sommes un grand peuple. Nous avons produit de nombreux grands fils et filles ", allant de Bob Marley à Bogle et de Samuel Sharpe à Nanny, la Reine des marrons et Marcus Garvey et c'est dans ce contexte qu'elle a dit qu'elle soulèverait la question.

''En tant que Jamaïcains, nous descendons de  lignées fortes. Qu'il s'agisse de Bogle, Sharp, Garvey. Je pense que je vais devoir évoquer , Marcus Garvey avec le président Obama lors de sa visite en Jamaïque'', a-t-elle ainsi dit. "Ce grand homme ne devrait jamais être perçu comme un criminel. Ce grand homme. Je crois que son nom doit être rayé du registre ( des criminels) ".

En soulevant la question de cette manière lors d'une bref discours félicitant la Diaspora et exhortant les ressortissants à assister à la conférence de la Diaspora Jamaïcaine en Juin prochain, Simpson-Miller n'a pas indiqué si elle rechercherait une grâce ou une exonération.


Obama se rend en Jamaïque pour rencontrer les dirigeants de la Caricom, en route vers Panama pour pour prendre part au Sommet des Amériques du 10 au 11 avril prochain.

Garvey qui est arrivé aux États-Unis en 1916 en provenance de la Jamaïque, fonda et dirigea l'Universal Negro Improvement Association, qui à un moment comptait environ un million de membres dispersés à travers les États-Unis, le Canada et dans les Caraïbes. Il forma un réseau de sociétés et les institutions nationales, dont le Black Star (Transport sur mer) Line, la Negro Factory Corporation'usine Corporation Negro, le journal Negro World newspaper, et le Black Cross Nurses ainsi que le Flying Eagles. Son message d'auto-assistance et d'indépendance trouvait un écho chez les noirs de partout.

Lorsqu'on lui a demandé de commenter la déclaration du Premier Ministre, le fils de Garvey, Dr Julius Garvey, chirurgien certifié qui se spécialise dans le diagnostic et le traitement des maladies vasculaires, a qualifié le procès de son père en 1920  d'«injuste» et a indiqué que sa condamnation était sans fondement.

"Il n'y a pas eu de comportement criminel et le tout était un déni de justice'', a déclaré le Dr Garvey. "Il ne se peut pas qu'il soit pardonné pour un comportement criminel. Nous utilisons les moyens du pardon parce que nous reconnaissons que le système de justice a échoué. C'était une injustice et cela doit être corrigé. Même si le terme pourrait être  «pardon», il faudrait qu'il soit entouré par autre chose qui indique qu'il n'y avait aucun comportement criminel. Au contraire, il a été victime de la justice en raison de la position qu'il a pris en soutenant les Noirs à un moment récis .

 ''Quel que soit le terme juridique utilisé, il doit indiquer qu'il n'y avait pas eu de comportement criminel. Le procès a  essentiellement été une farce et c'est un déni de justice ", a-t-il expliqué. "ça a été orchestré par Edgar Hoover. Ces faits et cet énoncé doivent y apparaitre  ".

Comme le Premier ministre, le Dr Garvey a indiqué que son père "n'était pas un criminel'' et qu'il essayait simplement de promouvoir les préoccupations et le bien-être des peuples africains "à travers le monde" à une époque de colonialisme et de racisme généralisés.

A.J. Nicholson, le Ministre des Affaires étrangères de la Jamaïque, qui a autrefois été procureur général de son pays, a déclaré à  Carib News que lui aussi était enthousiaste à l'idée de plaider le cas Garvey devant Obama.

"Si j'en ai l'opportunité, j'évoquerai le cas
Marcus Garvey avec président'', a déclaré le ministre des Affaires étrangères.

Lors de l'assemblée tenue à l'église épiscopale St. George, le premier ministre et le ministre des Affaires étrangères ont salué les membres de la diaspora jamaïcaine pour leur engagement pour le développement de leur pays.

Hermon Lamont, le consul général de la Jamaique à New York, a présidé la séance qui a souvent été interrompue par des militants homosexuels criant
de l'arrière de l'église des critiques au gouvernement et au premier ministre.

Traduit de l,Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

 

Source : http://www.dre1allianceent.com/portia-to-tackle-obama-on-marcus-garvey-criminal-records-issue/