Agência Brasil

Alors que l'on célèbre ce 18 mars les 100 ans d'Abdias Nascimento, des débats et présentations culturelles ont rendu hommage à l'activiste de la lutte pour l'égalité raciale au Brésil. Vendredi matin dernier, le Club de Engenharia a organisé le débat Démocratie Raciale: Avons nous atteint les objectifs?, durant lequel ont été discutées les thématiques de la démocratie raciale au Brésil, aux états-Unis et en Afrique du Sud.

 

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Dans la soirée, un grand événement au Centre Culturel Action de la Citoyenneté a réuni les professeurs, intellectuels et artistes pour se souvenir de l'héritage laissé par l'écrivain en plus de 80 années de lutte contre le racisme. La ministre du Secrétariat des Politiques de Promotion de l'Égalité Raciale (Seppir), Luiza Bairros, a souligné que Abdias a été crucial dans cette lutte.

C'est quelqu'un qui a vécu très longtemps, il a donc vécu et accompagné la lutte antiraciste dès les années 40. En quelque sorte, il a  établi quels étaient les principales questions du racisme au Brésil, parmi lesquelle la question de la violence policière , quei furent des thèmes qui sont demeurés tout au long du temps et qui demeurent jusqu'< présent comme un des défis importants à relever en ce qui concerne la discrimination contre les noirs”.


Elle rappelle que Abdias fut le premier parlementaire à faire une proposition d'actions affirmaives au Brésil en  1983, et à peine 20 ans après, les principes qu'il a présenté ont commencé à être utilisés dans les politiques publiques, comme les quotas raciaux dans les universités. 

Pour le professeur de l'Université de São Paulo (USP) Kabengele Munanga, un congolais spécialiste en Anthropologie des Populations Afrobrésiliennes, une des grandes contributions d'Abdias Do Nascimento fut l'introduction de l'enseignement de l'histoire d el'Afrique et des noirs dans les écoles, avec la publication des magazines  Sankofa e Thoth – Scribe des Dieux – Pensée des peuples africains et afrodescendants ), alors qu'il était sénateur(Sankofa et Toth - .

Les deux magazines présentent des textes, des images et des illustrattions centrées sur l'Afrique authentique et sur ses contributions à la civilisation universelle, en plus d eprésenter une histoire du noir brésilien qui rompt avec l'historigraphie coloniale et raciste qui continue de s'infilter dans de nombreux livres didactiques. La Loi  10.639, de 2003, qui rend obligatoire l'enseignement de l'histoire du noir et de l'Afrique dans l'enseignement primaire au Brésil , peut-être considéré comme une consacration des propositions du sénateur Abdias dans les magazines Thoth et Sankofa”.

La professeure Elisa Larkin Nascimento, veuve et directrice de l'Institut de Recherches et des Études Afro-Brésiliennes (Ipeafro), explique que le débat du vendrdi 14 a porté sur la  “fausse démocratie raciale qui reste d'actualité au Brésil. “En fait, cette idée de démocratie raciale, pendant longtemps, a bien plus fonctionné comme un instrument d'oppression, de négation du droit à celui là même qui était l'objet du racisme de s'insurger contre lui, de le combattre et de lutter pour ses droits. On peut en voir les vestiges dans les arguments contre les politiques de quotas, selon lesquels celui qui travaille sur le concept de race est raciste. On tente ici de dévier le discours vers la biologie et la génétique, alors que nous n'allons pas pas dans ce sens. C'est une question sociale, historique et culturelle, et la même tradition brésilienne consistant à nier ses droits à la défense”.

Pour la ministre Luiza Bairros, la société brésilienne a avancé dans la lutte contre les inégalités raciales et dans l'insertion du noir au sein de la société, mais des problèmens sérieux existent encore, notamment dans le domaine de la sécurité publique.

 “Les noirs continuent d'être les plus abordés par les polices, ils sont toujours les plus nombreux dans le sprisons, la majorité de ceux qui n'ont pas accès aux instruments légaux de défense qui permettent un accès plein à la justice. Je pense que dans ce domaine, on doit encore faire dee gros progrès ”, dit-elle.

Selon la Ministre, le Seppir a mis en place l'an dernier un protocole pour améliorer l'accès des noirs, particulièrement les jeunes,  à la justice, en collaboration avec le Ministère de la Justice, le  Conseil National du Ministère Public, le Défensuer Public de l'Union et le Ministère Public Fédéral.

Abdias Nascimento est mort en 2011 à l'âge de 97 ans.

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