Heladio Ibargüen, biologiste orginaire du Valle del Cauca et ami de Raúl Cuero, travaille dans le centre d'étude du cancer le plus important au monde. Voici son histoire.

Par: Margarita Rosa Silva | Reporter de El PaísSábado

Heladio Ibargüen raconte que c'est la mort de sa mère d'un cancer du sein alors qu'il était très jeune qui lui a insuflé la passion pour la recherche sur la génétique du cancer.

José Luis Guzmán | El País

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Heladio Ibargüen a connu un destin de super héros. Un événement, un incident douloureux est devenu a constituté la motivation qui l'a amené à chercher une une réponse, un pourquoi ; le transformant en un super scientifique qui grâce à ses études en génétique du cancer a aidé à sauver de nombreuses vies.

Actuellement âgé de 50 ans, cet afrocolombien baisse encore la voix quand il rappelle ce pourquoi  : alors qu'il était encore très jeune, sa mère décéda d'un cancer du sein. Dès lors, en connaitre la cause se transforma en sa raison de vivre.

Aujourd'hui, après avoir reçu de nombreuses reconnaissances internationales pour ses recherches en génétique, dont celle du Scientifique Hispanique en  2009 de la Mairie de Houston, et de travailler au  Md Anderson Cancer Center, le centre de recherche sur le cancer le plus important au monde, il pense que sa plus grande réussite, celle qui lui donne la paix, c'est d'avoir réussi à trouver cette réponse, à découvrir ce pourquoi.

J'ai découvert que c'était la cigarette”, dit-il. Celle qui chaque année tue cinq milions de personnes chaque année, c'est elle qui a provoqué cette tragédie.  “On a trouvé un marqueur génétique qui pouvait prédire quels fumeurs pouvaient développer un cancer plus tard ou plus tôt que d'autres”.

Il a décovert que, même si elle avait cessé de fumer bien des années auparavant, ces cellules étaient déjà assez affectées pour provoquer sa mort tôt ou tard. Depuis lors, faire de la recherche sur le cancer devint une sorte d'obsession pour lui.

Le parcours du héros

Le parcours d'Heladio semble-t-il, était tout tracé. Coincidence ou non, ce natif de Buenaventura a fait ses études collégiale à Pascual de Andagoya, la même institution dans laquelle le scientifique Raúl Cuero qui travaille à la Nasa a également obtenu un diplôme.

Est ce que nous sommes amis?”, demande Heladio dans un rire aux éclats. Il rit parce qu'il se souvient que, lorsqu'il était au collège, il avait l'habitude de regarder la mosaique de ceux des étudiants qui avaient déjà reçu leur diplômes depuis quelques années, et qu'en voyant la photo de Cuero, il ressentait ce type d'inspiration que ne peut ressentir qu'un jeune par rapport à son maitre.

Il jouait dans la sélection colombienne de basketball. Et il étudiait à l'université del Valle, c'est pour cela qu'on le reconnaissait ”, raconte-t-il.

Et le lien ne tardèrent pas à se faire étroit: lorsqu'il se rendit à Cali pour sa carrière de biologiste, il rencontra  Cuero, qui sans hésiter offrit de devenir son conseiller de thèse.

Prophète à l'étranger

Heladio fait une pause. Il réfléchit : certains lui demandent pourqui il n'est pas revenu en Colombie , pourquoi il a décidé de vivre dans un pays étranger. “j'avais plusieurs questions. Là-bas, on m'a donné toutes les facilités pour développer mon potentiel comme scientifique. Tout ce que je voulais faire était à ma disposition”.

Lui même trouve cela étrange. Que personne ne soit prophète sur sa terre, ce qui semble être un commandement sacré. C'est comme si aux États-Unis, Ibargüen était Superman, l'homme de fer, et qu'en Colombie, Clark Kent, un citoyen ordinaire.

C'est ce qui explique que, loin de le déranger, cela lui semble plutôt positif. “Car, quand j'ai reçu cette récompense, ce n'était pas à Heladio qu'on la donnait: c'était à toute la communauté colombienne à Houston. Cette communauté qui a été mal interprétée. C'est pourquoi c'est important: car c'est de cette manière que les concpts que les gens ont des personnes de cette terre commencent à changer ”.

Il assure en plus qu'il n'oublie jamais la Colombie. Comme un semeur de savoirs, il implique des étudiants colombiens dans ses recherches. Il est une sorte de découvreur de talent avec une prémisse claire : Les États-Unis ont moins de personnes qui propose de nouvelles choses.

Ils (les étatsuniens) veulent attirer des gens avec des idées. Et cela, plus que jamais, c'est le moment d'en profiter, de créer des opportunités”. Cependant, il pense que les bourses qui actuellement faclilitent les études des jeunes à l'extérieur sont centrées sur des thématiques qui n'apportent rien au développement du pays. “Il ne s'agit pas d'avoir une bourse pour en avoir une”.

Et sur son expérience en tant qu'afrodescendant, Heladio affirme qu'il n'a jamais ressenti un rejet à cause de sa race depuis qu'il est aux États-Unis . Qu'il n'a pas ressenti le racisme... mais que certains ont leurs gouts. “Ce qui importe c'est la tolérance: quand il y a la tolérance, on permet à la personne de se développer comme tel, on ne lui refuse pas les opportunités ”. Ce qui est crucial c'est le présent: “aujourd'hui, la valeur de chacun dépend de son savoir”. Dans ce sens, sa mission est claire pour lui, une sorte de devise de superhéros: “Nous devons amener les jeunes vers la rencontre de leur propre chemin”.

 

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Nom: Heladio Ibargüen Palomino

Études : Biologiste de l' Université del Valle et spécialiste en génétique de cette même université; titulaire d'un master en génétique de l'Université National.

Expérience: Chercheur au Baylord College of Medicine ; chercheur au MD Anderson Cancer Center et actuellement également à  school of public health à l'université du Texas. Ibargüen a également publié ses travaux dans d'inombrables revues scientifiques à travers le monde.

Reconnaissances : Hispanique de l'année à Houston en 2009 et cette année, il sera reconnu de nouveau par la Maison de la Culture Hispanique de Houston.

 Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

 

http://www.elpais.com.co/elpais/cali/noticias/genetica-cancer-obsesion-cientifico-afrocolombiano-heladio-ibargueen