Par CHARLENE MUHAMMAD - CORRESPONDANTE NATIONALE 

(FinalCall.com) - Tandis que les femmes leaders afrocolombiennes travaillent pour exposer la violence et les violations des droits humains, les activistes de terrain se mobilisent en vue d'une conférence historique sur les problèmes qui les touchent, obtenir la protection des droits des noirs dans le pays et commémorer le 20ème anniversaire d'une loi qui était supposée leur offrir la liberté.

 

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Black women in Columbia have been very vocal about human rights abuses their community has suffered for years.

Si on utilise le mot “supposé” c'est que, selon les activistes, le gouvernement colombien n'applique pas encore la Loi 70, qui pour la première fois a reconnu les droits des colombiens noirs de protéger leurs terres, leur culture et d'autre éléments importants.

 Pour commémorer la loi établie en 1993, les activistes envisagent d'organiser le Premier Congrès National Afrocolombien des Conseils Communautaires et des Organisations du 23 au 28 août à Quibdo.

La Loi 70 ...a donné aux africains la base matérielle pour se protéger en tant que peuple en leur accordant le droit à la propriété de leurs terres ancestrales. C'est la commémoration de la victoire par les Afrocolombiens qui servira de toile de fond au Congrès National ,” indique l'activiste Charo Mina-Rojas, la coordinatrice du projet des défenseurs  des droits humains des femmes afrocolombiennes.

Les organisateurs souhaitent que le gouvernement Colombien respecte et implémente des mesures pour actualiser le droit des Noirs à participer à la prise de décision sur des problématiques affectant leurs vies, leur culture, leur environnement et leurs territoires conformément à la loi. 

On s'attend à ce que approximativement 700 leaders communautaires et agents de l'état soient présents et des observateurs extérieurs sont également invités à assister à cette rencontre historique, dont l'objectif est d'augmenter la prise de conscience internationale sur la situation de détérioration des droits humains des Noirs Colombiens. 

Plusieurs de ces conditions déplorables, comme le déplacement et les menaces de mort se produisent dans le contexte de la lutte armée entre les groupes de guérilla et l'armée, explique Gimena Sanchez, attachée principale  pour les Andes du Washington Office on Latin America. L'organisation défend les droits de l'homme, la démocratie et la justice sociale en Amérique Latine et dans les Caraïbes.

En 2012, les Noirs représentaient 20% de l'ensemble des nouveaux déplacements en Colombie, indique Ms. Sanchez. Au cours de  la même année, 36% de tous les nouveaux déplacements se sont produits le long de la Côte Pacifique Colombienne principalement peuplée d'Afrodescenadants. Cela a constitué une augmentation de 22% dans les déplacements par rapport à 2011, selon les chiffres fournis par Consultoria para los Derechos Humanos y el Desplazamiento.

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Cette situation mène essentiellement à une crise, une crise humanitaire de même qu'une crise très difficle pour les gens, car, une fois qu'ils sont déplacés. ils perdent leur maison, leurs moyens de subsistance, et subissent une sévère stigmatisation, et deviennent des citoyennes de seconde classe,” explique Sanchez à The Final Call.

Des emplois de courte durée, les mauvais traitements, et le racisme font qu'il devient plus difficile pour ces gens de remettre leur vie sur les rails, ajoute-t-elle.

Un nombre croissant d'organisations basées aux États-Unis et de groupes indigènes appellent à mettre fin aux menaces, aux attaques et aux meurtres d'afrocolombiens, dont les membres d' AFRODES, une coallition de quelques 89 groupes ddéfendant les droits d'Afrocolombiens déplacés internes -.

AFRODES a reçu 35 menaces de mort contre ses membres, a été l'objet de trois tentavives d'assassinats, un cambriolage et une surveillance constante de ses membres, selon Sanchez.

Les menaces arrivent dans le contexte des décès de plusieurs leaders clés:  Miller Angulo d'AFRODES, Demetrio Lopez du Conseil Communautaire de La Caucana, et de Socrates Paz Patiño, le représentant légal du Conseil Communautaire d'Iscuande.

Le 20 juin, un réseau de femmes afrodescendantes de la Caraibe a annoncé qu'elles recevaient également des menaces de mort, indique Sanchez.

Grâce à un effort conjoint d'augmenter la prise de conscience autant à l'intérieur du pays quà l'étranger, le Bureau du Procureur Général Colombien envisage de s'attaquer en grande priorité aux cas de violence et de persécution politique des femmes afrodescendantes de  Buenaventura, de la région Caraïbe et de Tumaco, selon  Mina-Rojas.

Buenaventura est un port très dangereux en Colombie, où  les femmes sont des cibles privilégiées selon les acctivistes. En 2011. 13 femmes ont étét tuées, ont-ils rapporté.

 

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Black Columbians continue to struggle for equality in their homeland.Photos: Courtesy of PNC International Working Group

Il y a le cas d'une femme que l'on a attaché à un poteau devant tout le monde  ... pendant trois jours. Ils l'ont torturé devant tout le monde et n'ont permis à personne de la toucher. Plus ils l'ont enterré dans le sable, jusqu'au et l'ont laissé là pour que la vague passe par dessus elle et elle s'est noyée,” explique Mina-Rojas à The Final Call.

 Il y a des cas de femmes qui ont ete violeés ... Tuées et jetées dans l'eau,” poursuit Ms. Mina-Rojas. C'est très difficile de compter le nombre de femmes qui ont souffert, mais c'est juste un petit exemple de ce à quoi les femmes font face, explique-t-elle.

Selon Sanchez, les gens devraient s'inquiéter du rôle des États-Unis dans ce qui se passe en Colombie, car ça a beaucoup à voir avec le conflit.

Les États-Unis sont les plus importants donateurs de la Colombie en terme d'aide militaire” avec approximativement $8,5 milliards accordés à la Colombie depuis 2000 et un accord de libre échange signé avec le pays, poursuit-elle.

Beaucoup de régions dans lesquelles on encourage le commerce sont des régions où l'on retrouve des Afrocolombiens. Par exemple, le Port of Buenaventura, où l'ultraviolence est présente c'est aussi le port où les États -Unis travaillent avec la  Colombie pour aider à développer l'intérêt économique. C'est aussi un port dont la majorité des travailleurs sont afrodescendants et où la situation des droits humains et le droit du travail est abominable ” affirme Sanchez.

De janvier à Avril de cette année, 91 corps mutilés y ont été trouvés, selon Sanchez. Mais ces événements choquants présentent aussi une opportunité d'aider à améliorer les vies des afrocolombiens par le biais du Plan d'Action États-Unis Colombie, ajoute-t-elle.

Ce qu'on attend des citoyens américains c'est qu'ils suivent la situation et s'impliquent politiquement pour aider,” indique Ms. Sanchez.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

http://www.finalcall.com/artman/publish/World_News_3/article_10022.shtml