Cartagena, Colombie - The Christian Science Monitor

Pour les touristes qui se promènent dans les rues goudronnées de la ville coloniale de Cartagena en Colombie, les femmes noires vêtues de robes aux couleurs vives et portant sur leurs têtes des tas de fruits tropicaux frais ou des friandises à la noix de coco dans des bols en aluminium offrent un cliché de vacances coloré.

Mais ces femmes souriantes représentent plus qu'une image mémorable: elles symbolisent la résistance à l'esclavage et la survie de l'héritage africain en Amérique latine. Ces femmes que l'on appelle des palenqueras, sont originaires d'un petit village appelé Palenque de San Basilio, situé à environ 30 miles de la ville fortifiée de Cartagena. Leurs ancêtres ont fui Cartagena au 16ème siècle pour fonder l'une des premières colonies d'esclaves en fuite dans les Amériques.

 Cartagena fut l'un des principaux ports d'entrée de centaines de milliers d'esclaves africains amenés dans le Nouveau Monde pour travailler principalement dans les mines d'or et d'argent, mais aussi en tant que domestiques ou constructeurs. Les esclaves ici étaient détenus dans des entrepôts connus sous le nom de factorías d'où ils étaient achetés, souvent en continuant leur route vers le sud sur le territoire qui couvre aujourd'hui le Pérou, l'Equateur et la Bolivie.

Leur arrivée fut aussi traumatique et violente que celle des esclavisés emmenés aux États-Unis. Mais au cours des siècles qui ont suivi, les Afrodescendants en Amérique Latine eurent une expérience différente de celles de ceux des États-unis. Et leur impact a peut-être été plus important, selon George Reid Andrews, l'auteur de "Afro-Latin America, 1800-2000."

Les esclaves noirs prirent part à plusieurs des guerres de libération de la domination Espagnole en Amérique Latine, et l'égalité raciale et l'intégration une fois l'Indépendance atteinte  "faisait partie du deal," selon Andrews Reid.

Durant la période post-esclavage, les noirs aux États-Unis furent séparés des blancs; en Amérique Latine, les afrodescendants furent absorbés dans la société. Ce qui, en théorie du moins, ne prit pas en compte l'ascendance raciale : le Mestizaje, ou le métissage des races était considéré comme faisant partie de la la construction d'une nation.

"Le Mestizaje était célébré à un niveau superficiel," affirme Kwame Dixon, un universitaire spécialiste de l'Amérique Latine à la  Syracuse University à New York. Dans certains pays comme l'Argentine ou le Mexique, la population noire est s'est tellement diluée qu'elle a pratiquement disparu.

Dans la capitale Argentine Buenos Aires, par exemple, les noirs représentaient environ 20% de la population en 1810. De nos jours les noirs Argentins y sont pratiquement invisibles. Pourtant une étude génétique de  2005 réalisée par l'Université de  Buenos Aires et l'Université d' Oxford a démontré que près de 10% des habitants de Buenos Aires ont des racines africaines.

Bien que la plupart des pays d'Amérique Latine regardent au delà de la couleur de peau, la discrimination sociale, économique et culturelle est historiquement très forte.

"En Amérique Latine où la discrimination et les inégalités nefurent pas [historiquement ] organisées par l'état, il n'est pas facile  [comme aux tats-Unis] de percevoir les schémas d'inégalité raciale ," indique Andrews.

Mais ils existent effectivement. Les noirs en Amérique Latine sont plus susceptibles d'être plus pauvres, moinsu, de vivre moins logtemps et d'avoir des taux de mortalité infantile plus élevés que les blancs, indique la Commission écnomique des Nations Unies.

Les opportunités d'emploi sont limitées. Les péruviens noirs par exemple sont dans une grande mesure relégués aux emplois domestiques et sont traditionnellement porteurs de cercueils lors des funérailles des personnes aisées. En Amérique Latine, peu de noirs occupent des postes politiques élevés.

"Particulièrement, au fur et à mesure que les gens progressent dans la hiérarchie sociale, la couleur de la peau devient plus foncdamentale en Amérique Latine," indique Andews.

Au cours de dernières décennies, les mouvements de conscience noire ont émergé, avec en tête particulièrement des groupes au Brésil et en Colombie qui comptent les populations noires les plus importantes de la région.

"On a pu voir un retour de la négritude en Amérique Latine au cours des 20 dernières années", indique Dixon. Lors d'une conférence parrainée par les Nations-Unies sur la race et ka discrimi à Durban, en Afrique Du Sud en in 2001,les groupes d'afrodescendants en Amérique Latine ont mis au défi leurs gouvernements de mener des actions. Certains ont répondu par des politiques raciales spécifiques, comme le Brésil avec la Loi sur les quotas sociaux. D'autres ont inclu la race dans des programmes sociaux plus large.

Mais à cause des préjugés historiques contre le fait d'être noir, de nombreuses personnes métisses sont réticentes à s'identifier comme tel. En Colombie, les chiffres disent que près de 10% de la population est afrodescendante , mais certains démographes affirment que les vrais chiffres pourraient atteindre 26 %, dépendant de la façon dont on définit la catégorie.

Le recensement 2010 en Argentine a inclu la question sur l'héritage africain pour la première fois depuis 1887. Il a révélé que 0.4 % de la population est noire. Même si c'est un petit nombre, pour la première fois en 150 ans, cette population s'est levée pour être prise en compte.

 

raduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

http://www.csmonitor.com/World/Americas/2013/0212/African-heritage-in-Latin-America