Par NICK CHILES

Ce sont quelques unes des questions les plus difficiles auxquelles un parent noir doit faire face: Jusqu'où aller dans la préparation de vos enfants aux incidents de discrimination auxquels ils seront probablement confrontés durant leur enfance? Si vous en dites trop et et trop tôt sur la discrimination raciale à votre enfant noir, brisez-vous son innocence et le rendez-vous trop amer ou trop suspect par rapport à ses pairs blancs?

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Mon épouse Denene et moi avons régulièrement combattu avec ces questions dans l'éducation de notre fils et maintenant dans celle de nos filles. Nous savons que la conscience-raciale est de moins en moins un souci dans notre société -Quelle plus grande preuve que les occupants de la Maison Blanche?-Mais nous sommes encore loin du sommet de la montagne de tolérance raciale envisagé par le Dr. Martin Luther King Jr. Nous sommes donc convaincus que nos enfants doivent être préparés aux épreuves qui se présenteront à coup sûr à eux - non pas tant en les rendant méfiants et inquiets-, mais davantage en les rendant plus confiants et fiers de qui ils sont et de la valeur de leur peuple.

Nous avons été heureux de recevoir de bonnes nouvelles -pour changer - de la communauté scientifique: Le fait pour les parents d'utiliser la socialisation raciale avec leurs enfants - encouragement de la connaissance des sentiments raciaux, de la fierté et de la connexion raciale- a un effet positif sur leur développement scolaire et sur leurs résultats et sur leur développement académiques.

Telle a été la conclusion d'une étude menée par des psychologues en éducation de Harvard et de l'Université de Pittsburgh publiée dans la revue Child Development.

''Nos résultats remettent en question l'idée selon laquelle la ''cécité à la couleur (color blindness)'' est une approche parentale universellement idéale, encore plus dans la mesure où des recherches antérieures ont démontré que les stratégies parentales avec une conscience raciale de part et d'autres - ''cécité à la couleur'' ou encouragement de la méfiance envers les autres races - sont associés à des résultats négatifs pour les jeunes africains-américains'', explique l'auteur principal Ming-Te Wang, professeur adjoint de psychologie de l'éducation à l'Université de Pittsburgh, coauteur de l'étude avec James P. Huguley de l'Université de Harvard.

''Lorsque les parents africains américains inculquent une perspective fière, éclairée et sensée de la race à leurs fils et à leurs filles, ces enfants sont plus susceptibles de connaître une meilleure réussite académique'' affirme Wang.

Les chercheurs signalent que de nombreuses études ont démontré que la discrimination raciale peut affecter négativement la réussite scolaire des étudiants noirs, en particulier les hommes, qui courent davantage le risque d'être injustement l'objet de sanctions disciplinaires, d'être découragés de suivre des cours de niveaux avancés ou de recevoir des notes inférieures à celles qu'ils méritent. Cela voudrait donc dire que, de jeunes garçons et filles noirs, armés de fierté raciale et sachant qu'ils sont brillants et talentueux - peu importe ce qu'un enseignant ou un camarade de classe pourrait-leur dire - iront loin, sans les entraves du poids que la race peut constituer.

Je peux affirmer sans aucun doute, que cela a marché pour moi, qui ai grandi dans la maison de Walter et Helen Chiles. Mes parents, qui ont réussi à concocter une inhabituelle combinaison de nationalisme fier du style années 60 et d'esprit libre, d'ouverture d'esprit style hippies, n'ont jamais laissé passer une journée ou une semaine sans nous nourrir moi et mes deux sœurs, de l'idée que nous étions plus talentueux, plus brillants et plus confiants que tout enfant qui croiserait nos chemins, qu'il soit noir ou blanc. Leurs méthodes étaient parfois subtiles, lorsqu'ils nous présentaient certains des plus grands écrivains, artistes et penseurs du milieu africain-américain, et d'autres fois évidentes, quand ils nous informaient qu'ils s'attendaient à ce que l'on ramène les meilleures notes à la maison, sans exception.

Quand je suis allé à l'Université de Yale et que je suis tombé sur un professeur d'anthropologie qui m'a remis un document et s'est demandé à voix haute si j'avais peut-être eu de la difficulté à m'exprimer dans un anglais clair - comme si j'avais rédigé ce travail qui m'a valu un B - dans un Anglais pour noirs - je lui ai presque ri dans la face. Je voulais dire à ce gars- qui en passant était un Néerlandais dont l'Anglais était à peine intelligible - qu'il était arrivé au moins une décennie trop tard pour percer l'armure que Walter et Helen avaient construit autour de moi. Mais j'ai simplement répondu que mes capacités d'expression personnelles se développaient très bien - et que s'il était vraiment curieux, il pourrait vouloir les voir sur une base régulière dans le journal étudiant, dont j'étais déjà l'un des principaux rédacteurs et un chroniqueur régulier.

Au fur et à mesure que mon fils avançait à l'école, nous avons dû développer des mots codés pour qu'il soit en mesure de nous exprimer s'il anticipait un problème avec un professeur particulier-on lui demandait si c'était une 'ennemie des garçons '. La question tacite était de savoir si c'était une femme blanche qui semblait intimidée par des garçons noirs turbulents et entêtés, un des problèmes auquel il faisait face régulièrement.

Ce sont là des techniques bien rodées que les parents noirs doivent développer pour protéger leurs enfants dans toute la gamme des milieux scolaires, des écoles ordinaires, en passant par les écoles publiques du quartier jusqu'aux meilleures universités de la Ivy League du pays. Les défis, les conflits, les questions les trouveront en chemin - ils doivent s'y préparer.

C'est gratifiant que des chercheurs affirment que ces méthodes fonctionnent et sont essentielles dans l'éducation des enfants noirs. Wang et Huguley ont exploré des questions comme la manière dont la discrimination raciale est liée aux résultats scolaires des élèves - moyenne de notes-points, aspirations éducatives, sentiment d'appartenance à une école, et l'engagement cognitif, c'est à dire l'initiative qu'un étudiant prend lui même pour son propre apprentissage.

Ils ont utilisé des questionnaires et des interviews en face-à-face à la fois des élèves et des parents, étudiant 630 élèves africains-américains du secondaire à partir d'un large éventail de milieux socio-économiques dans une région urbaine de la côte Est, diversifiée mais surtout habitée par des noirs.

L'étude a montré que la fierté raciale est le facteur le plus puissant pour protéger les enfants contre la piqûre d'un comportement discriminatoire, avec des corrélations directes et positives sur les moyennes de notes-points, sur les aspirations académiques et sur l'engagement cognitif.

''Notre étude donne des preuves empiriques que la pratique bien téablie au sein de la communauté africaine-américaine consistant à cultiver la fierté raciale et à préparer les enfants à affronter les préjugés raciaux dans la société doit être considérée parmi les pratiques appropriées et bénéfiques dans l'éducation des enfants noirs'', affirme Wang.

Wang indique qu'il mènera les mêmes types de recherches prochainement auprés d' adolescents latino-américains et asiatiques-américains. J'attends impatiemment de lire ses conclusions.

 Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

http://mybrownbaby.com/2013/01/study-arming-your-children-with-race-pride-will-boost-their-school-performance/