Paradis environnemental du Costa Rica, avec sa forêt pluvieuse et ses plages exubérantes, la région Caraïbe qui bénéficie d'une riche culture noire extrovertie,  où l'on parle anglais et danse le calipso et le reggae, est un monde à part dans ce petit pays conservateur d'Amérique Centrale.

 

  

Affectée par la pauvreté et le crime organisé, la province de Limón,  où est situé le principal port du Costa Rica par lequel transite 80% du commerce international, célèbre cette fin de semaine la Journée du Noir ( Día del Negro) avec un appel lancé pour la reconnaissance de la contribution économique, sociale et culturelle des afrocaribéens - descendants des jamaïcains - dans le développement du pays.

"Tout n'est pas violence à Limón. La culture noire apporte à ce pays du travail, la gastronomie, la musique... une façon d'être. Mais nous sommes encore marginalisés, il y a un racisme silencieux",  indique à l'AFP Linzy Winter, une administratrice d'entreprise au large sourire blanc, lors d'un défilé dans la capitale provinciale, à 170 km à l'est de San José.

Sa longue côte caribéenne a rendu Limón vulnérable ces dernières années à la pénétration du narcotrafic. La ville de  qui compte envion 50.000 habitants est le théâtre d'homicides fréquents, du passage de la drogue dans des chaloupes rapides ou dans des conteneurs du port.

la population noire qui représente un peu plus de 4% des 4,3 millions des habitants du Costa Rica se concentre à Limón - situé à l'extrême est du pays, face aux côtes de la Jamaïque- où convergent également des indigènes, des blancs et des chinos.

Ils parlent le créole ou le patois (patuá, du français "dialecte"), un mélange d'anglais et d'espagnol. Leurs plats à base de lait de coco et de chile (piment) sont célèbres dans tout le pays  - et ils l'exposent fièrement-, comme le typique 'rice and beans' et le rondón (soupe de poisson).

Sous une chaleur accablante de plus de 30 degrés,  Limón marche à la saveur, au rythme et à la chaleur de la Caraibe, qui a très peu à voir avec la Valle Central, dans laquelle est située San José, dont les habitants sont reconnus huraña, conservateurs et individualistes.

"Le défi de la population afrodescendante consiste à se faire reconnaitre en tant que tel. Nous avons une culture différente, des conditions distinctes en ce qui concerne la propriété de la terre, l'accès à l'emploi, à l'éducation, Il y a une discrimination légitimée . Pour la ressentir, il faut avoir cette peau", affirme à l'AFP la sociologue limonense Xinia Quintero.

La pauvreté frappe 30% des 400.000 habitants de la province - supérieur de 10% au taux national- tandis que la misère touche 10% d'entre eux; le chômage officiel affecte près de 11% de la force de travail, selon l'Institut National de Statistique et des Recensements (INEC) quand le pourcentage national tourne autour de 7%.

Célèbre pour aa diversité de ses écosystèmes, ses réserves biologiques, ses fôrêts humides tropicales et ses plages comme Cahuita et Puerto Viejo, Limón vit du tourisme, mais surtout de l'activité portuaire, actuellement objet d'un conflit, puisque les syndicats acusenet le gouvernement de les irer aux mains du secteur privé.

"Les lois sont pour les blancs et pour les noirs, pour les riches et pour les pauvres. Ils veulent que nous leurs donnions les ports en cadeau et le gouvernement n'investit pas dans le développement de Limón", indique à l' la AFP Leornardo Hanson, un homme de 60 ans qui profite du défilé, installé dans un coin de l'emblématique édifice Black Star Line, centre culturel de la ville.

Les premiers noirs sont arrivés en tant qu'esclavisés durant la conquête espagnole, mais il y a eu une entrée massive dès 1872 -lorsque débarqua de Jamaica le premier navire plein de travailleurs- pour la construction du chemin de fer entre  San José et Limón et le début de l'activité bananière.

Selon certaines versions historiques, ce n'est que depuis 1949 que les noirs ont la permission d'accéder sur le reste du territoire national et à disposer d'une carte d'identité, ce qui explique que leur culture soit demeurée très concentrée à Limón.

Contrairement au reste du pays, la ville de Limón vit dans le brouhaha d'un port. À certains endroits de la province, comme Puerto Viejo, les rastas fument la marijuana, paisiblement, sous les palmiers en face de la mer.

"Vivre ici n'a rien changé ", dit Lain Taylor, un des propriétaire du restaurant du Black Star Line, patrimoine nio architectural du pays, dans un échange avec l'AFP.

Limón, où Christophe Colomb arriva en 1502, précisément sur l'ïle Uvita, "c'est l'histoire", affirme Taylor entre le tapage des dîneurs entassés dans l'ancien édifice qui porte le nom de la compagnie de navigation avec laquelle le leader jamaïcain Marcus Garvey rêva du retour des noirs en Afrique.

Garvey s'était rendu à Limón où il fonda une filiale de son mouvement, qui prit son envol dans plusieurs endroits du continent, même s'il ne réalisa jamais le rêve d'un retour.

 Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

http://entretenimiento.terra.es/cultura/el-caribe-negro-un-mundo-aparte-en-costa-rica,ea2ec053cf289310VgnVCM4000009bcceb0aRCRD.html