Par Cassandra Spratling  Detroit Free Press 

DETROIT — C'est une grossesse qui a poussé Gwen Jimmere à mettre fin à l'usage des produits chimiques pour lisser ses cheveux épais et bouclés.

''J'étais enceinte et je savais que tout ce tout ce que je mettais sur mon corps allait au bébé," dit Jimmere, 29 ans et qui vit à Canton dans le Michigan.

 

Nubian Knots in MODELS by Sheila Everette-Hale 

Elle avait essayé de porter ses cheveux sans lissage chimique une décennie plus tôt. Mais la ferveur pour l'afro des années '60 et '70 avait pris fin depuis longtemps, et il y avait peu d'informations ou d'encouragements sur la façon de revenir à un style naturel.

La plupart des femmes noires, comme Jimmere, ont permanenté, ''pressé'' à chaud ou repasser avec un fer plat leurs cheveux crépus et bouclés. Les cheveux raides - mieux encore, les longs cheveux raides - étaient le moyen de s'intégrer, d'être jolie et conforme à la norme de la beauté américaine.

Faisons une avance-rapide jusqu'à 2011, lorsque Jimmere a choisi d'établir ses propres standards en portant ses cheveux dans leur splendeur naturelle. Dans cette démarche, elle a trouvé du soutien en abondance - Les rendez-vous de femmes portant des coiffures naturelles, des livres sur les soins de cheveux naturels, des célébrités parlant de leurs habitudes esthétiques naturelles.

 

Mais peut-être ce qui explique le mieux le mouvement des cheveux naturels en cours se trouve en ligne sur Internet. Une communauté de femmes ont créé une chaire virtuelle sur les cheveux naturels comprenant des forums sociaux, des instructions vidéo, des tutoriels, des sites de vente de produits et des témoignages personnels.

Cela ne signifie pas que les femmes noires ne défrisent plus leurs cheveux - la majorité d'entre elles continuent de le faire. Mais un nombre croissant de femmes de tous âges sont en train de trouver la beauté, l'acceptation, la libération et des opportunités d'affaires en portant des coiffures naturelles comme des tresses, des locks, des twists, des knots, des afros et d'autres créations proches.

''Les femmes partagent l'information sur Twitter, Yout ube, LinkedIn, Facebook, partout. C'est infini'', explique Espy Thomas, une habitante de Détroit âgée de 31 ans, et qui, avec sa soeur Jennifer qui elle en a 29, accueillent périodiquement des 'natural hair meet-ups' ,- rencontres pour femmes aux cheveux naturels - qui attirent des centaines de femmes.

''De plus en plus de femmes noires choisissent de porter leurs cheveux naturels et de cesser d'utiliser des défrisants'', indique le rapport Mintel de 2011 qui montre que de 2006 à 2011, les ventes de kits de défrisants ont chuté de 17% à 38 millions de dollars. La tendance "devrait se poursuivre'' , affirme le rapport.

Mintel est une société de recherche sur le marché mondial. Une étude qu'elle a menée auprès du consommateur a montré que le pourcentage de femmes noires qui ont dit qu'elles portent leurs cheveux naturels a bondi de 26% en 2010 à 36% en 2011.

"Le passage des cheveux défrisés aux naturels est devenu si commun qu'il a favorisé l'émergence d'un tout nouveau sous-segment de produits pour les femmes ''en transition'', avec des produits qui réduisent au minimum la cassure des cheveux pendant que les cheveux passent de leur état défrisé chimiquement à leur texture frisée ou crépue," indique le rapport.

Selon Sue Silva, Directrice Marketing de la ligne de soins capillaires Sofn’free. "Tout le monde dans ce secteur d'activité est en train d'élaborer une ligne pour les cheveux bouclés," dit-elle. Et pas seulement pour femmes africaines-américaines.

"Notre objectif est de 70% pour les africaines-américains et 30% pour les autres. Beaucoup d'autres femmes - juive, Latina et les rousses qui ont tendance à avoir des textures de cheveux épaisses, drues, et enroulées - sont intéressés par ces produits. Des femmes de race blanche ont également les cheveux bouclés. "

Elle note que Target, un des plus grands détaillants du pays, a maintenant une section dédiée aux produits pour cheveux naturels dans la majorité de ses magasins. Et plusieurs d'entre eux sont fabriqués par des entreprises détenues par des femmes noires, dont Miss Jessie’s et Taliah Waajid.

Il y a presque 15 ans, Sharon Madison, présidente et PDG de la firme d'ingénierie Madison, Madison international à Detroit, est revenue au naturel après que des produits chimiques aient affaibli ses cheveux et les aient fait se casser.

''Je voulais symboliser le fait que que l'on soit en affaires, dans les arts, quelque soit son secteur d'activités, on peut être soi même, et nous avons de beaux cheveux'', affirme Madison.

A sa grande surprise, autant les gens du milieu des affaires que de la société civile qu'elle fréquente lui font des compliments sur ses cheveux.

"Je pense qu'il s'agit pour nous de nous accpeter et de reconnaitre notre propre beauté'' dit Madison, qui est âgée de 58 ans.

Elle a su qu'elle avait pris la bonne décision lorsqu'elle a reçu un précieux compliment il y a quelques années lors d'un gala du Friends of African and African-American Art  au Detroit Institute of the Arts.

"Sidney Poitier m'a dit que mes cheveux étaient sublimes'', indique Madison.

Les femmes reviennent aux cheveux naturels pour de nombreuses raisons, parmi lesquelles le désir de vivre une vie plus saine en général, être plus fières et accepter davantage ses propres cheveux, et du fait que davantage de vedettes - Viola Davis lors de la cérémonie des Oscars et Solange Knowles au Met Ball de New York City - déclarent que les cheveux naturels c'est chic et beau.

Il y a aussi plus de variété et de créativité dans les styles, selon Mo Williams, qui travaille dans un salon de coiffure et de beauté où elle est la seule styliste spécialisée dans les cheveux naturels.

"Plus de gens voient que c'est branché et attirant, même dans le monde de l'entreprise'' explique Williams, qui à 24 ans travaille à Salon de coiffure Little Willie au nord-ouest de Detroit. ''Les gens ne se disent plus , il faut avoir les cheveux raides ou rangés pour être attrayant."

Plusieurs femmes affirment également que les cheveux naturels permettent aux femmes noires d'être plus actives physiquement. L'humidité de la sueur, de la pluie ou de l'eau de piscine peuvent amener les cheveux défrisés des femmes noires à se retrousser ou les boucler fermement, ce qui leur demande du temps supplémentaire pour se relooker.

''Je peux aller au gymnase, je peux entrer dans la piscine sans me préoccuper de mes cheveux'', dit Jennifer Thomas, co-fondatrice avec sa sœur de Detroit meet-ups. "Je n'ai pas à fuir l'eau quand il pleut."

Quelle que soit la raison, les femmes disent éprouver un sentiment de libération après être revenues au naturel.

"C'était comme si on avait enlevé un poids de mes épaules. Je me sentais libre, "affirme Jahzara Swyer, 30 ans, de Detroit, qui se fait des coupes naturelles depuis 12 ans. Sa fille, Naja qui a 6 ans  et son fils Ménélik qui en a 9 portent tous deux des locks.

"Je ne pouvais tout simplement plus supporter la pression de conserver mes racines, toujours faire une permanente pour m'assurer que mes bpointes étaient parfaitement droites. J'avais besoin d'être moi. "

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3 qui font du Retour au Naturel leur business


Sheila Everett Hale, originaire de Détroit et qui est l'une des pionnières dans le business des soins de cheveux naturels dit que quand elle a lancé son Everett’s Natural Beauty Salon en 1995, peu de gens travaillaiebt les cheveux naturels. Elle a dû recruter sa sœur et son cousin qui étaient à l'extérieur de l'état pour aider à répondre à la demande pour ses services.

Maintenant, de nombreux salons et des individus travaillent sur les cheveux naturels. Beaucoup de femmes apprennent également à faire utiliser leurs propres cheveux en regardant des vidéos YouTube et en lisant des livres.

Everett -Hale enseigne aussi à d'autres comment coiffer les cheveux naturel au Everett’s Natural Hair and Beauty School, qu'elle a ouvert en Janvier dans un loft à quelques rues à l'ouest de Belle Isle. Plusieurs de ses élèves prennent des cours en ligne. Lors d'un cours donné récemment, elle était face à deux étudiants, tandis que trois autres à Lansing, Saint-Louis et Washington, DC suivaient par Skype.

"Ce n'est pas une mode, comme pour le mouvement black power des années 1960," affirme Everett-Hale qui a 59 ans. ''Les femmes disent:' Nos cheveux c'est notre gloire et notre Dieu n'a fait aucune erreur dans ce qu'il nous a donné. '

www.everettes.com

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"On avait l'habitude de voir une personne avec des locks, peut-être une autre personne avec des twists. Maintenant, c'est rare de ne pas voir de cheveux naturels dans un groupe de femmes noires'' explique Chris-Tia Donaldson, originaire de Detroit et auteure du livre“Thank God I’m Natural: The Ultimate Guide to Caring for and Maintaining Natural Hair” (TgiNesis Press, $19.95).

"Non seulement il existe davantage de produits disponibles, mais les gens se sont améliorés dans la réalisation de beaux styles sans produits chimiques'', indique Donaldson. ùù..l,information sur la façon de prendre soin des cheveux naturels est facilement disponible, littéralement au bout des doigts des gens."

Le livre de Donaldson, sorti en 2009, en est maintenant à sa quatrième édition. Cette année, elle a lancé une ligne de produits de soins capillaires qui se vendent dans les marchés Hiller, au Shrine of the Black Madonna Bookstore et au Charles H. Wright Museum of African American History.

"Nous avons plus de 75.000 fans sur Facebook, 15.000 suiveurs sur Twitter, et plus de 2 millions de visites de blogs, faisant de nous l'un des réseaux sociaux pour femmes africaine-américaines qui s'intéressent aux cheveux naturels et à un mode de vie sain et connaissant l'une des plus fortes croissances'', explique Donaldson, qui à 33 ans vit désormais à Chicago.

Elle attribue la plupart de ses ventes de livres au buzz en ligne. ''Les gens disaient sur Twitter, Facebook, YouTube - ''Il vous faut ce livre''.

www.thankgodimnatural.com/tgin/~~V

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Néfertiti Harris, propriétaire de Textures by Nefertiti sur Cass près de Willis à Detroit, a ouvert son entreprise de cheveux naturels dans le coin d'une autre boutique Midtown en 2003 avec une autre styliste. En 2009, elle a déménagé dans son propre espace de 1100 pieds carrés et compte à présent cinq stylistes.

"Il y a plus qu'une acceptation des cheveux naturels," indique Harris, qui porte ses cheveux naturels depuis 18 ans. "Il y a une population jeune plus instruite, plus au fait - et beaucoup plus créative sur la façon de porter ses cheveux. Les femmes africaines-américaines sont désormais fatiguées de se laisser mettre dans une boîte.

"Une fois que vous vous acceptez pour vous, d'autres personnes diront:' Vous êtes si belle.'C'est tellement agréable. Il ya une absence de peur qui accompagne le fait de s'accepter naturellement. "

www.texturesbynef.com/

Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

 http://www.therepublic.com/view/story/FASH-SELF-NATURAL-HAIR-8234974/FASH-SELF-NATURAL-HAIR-8234974