Rédaction Guayaquil /guayaquil@telegrafo.com.ec -

 

La majorité des habitants de la ville portuaire n'ignorent pas les contraintes auxquelles font face ceux qui vivent sur les rives des estuaires... Le cadre de pauvreté de l'habitat se fait d'autant plus évident qu'il est éloigné du centre de la régénération urbaine.

Au milieu de ce qu'on appelle la 'ceinture de la pauvreté', il y a des hommes et des femmes qui ont des besoins extrêmes et qui, même s'ils sont recensés, ne comptent d'ailleurs que sur leur propre et seul soutien.

Doña María Olimpia Reyes Mina vive desde hace casi cinco décadas en el sector del Cristo del Consuelo, donde no ha recibido ayuda de entidades desde hace varios años. Foto: Miguel Castro | El Telégrafo  

Doña María Olimpia Reyes Mina vit depuis près de cinq décennies dans le

secteur de Cristo del Consuelo, où elle n'a reçu aucune aide des organismes

publics depui plusieurs années. Photo: Miguel Castro | ElTelegrafo

 

María Olimpia Reyes Mina qui est originaire d'Esmeraldas est arrivée dans le secteur deCristo del Consuelo avec sa grand-mère, accompagnant une vague d'immigration d'Afroéquatoriens qui ont commencé à envahir les rives de l'estuaire à la fin des années 1950.

Doña Olimpia, comme on la connait dans le coin, a quitté sa terre natale et abandonné ses études à l'âge de 10 ans. Depuis lors, elle s'est consacré au service domestique, une activité qu'elle a arrêté il y a plusieurs années.

Compte tenu de son ancienneté dans le quartier,  les voisins affirment qu'elle en est une des 'Fondatrices'. Une telle hiérarchie, à 65 ans, ne lui a permis que de posséder une maison en roseau de 3 mètres sur 4, à l'intersection des rues G et 12.

Doña Olimpia se trouve à l'extérieur de chez elle un de ces jours... On y est plus à l'aise en marchant et en s'asseyant qu'à l'intérieur. Ses quelques biens sont posés sur un sol si irrégulier que sa cuisine qui ne sert qu'à contenir des pots vides reste inclinée de 20 degrés vers l'avant.

Assise la tête appuyée sur son genou gauche, sur le sol extérieur où les pierres et certains déchets font conccurrence à l'ordre de sa maison, Doña Olimpia combat actuellement, toute seule, ce qu'elle pense être une grippe.

"Je suis stupide ... Je n'ai pas envie d'aller au dispensaire '', reconnait-elle. Elle préfère rester chez elle plutôt que d'aller attendre ce qui selon elle est un " service lent".

Elle a ses raisons de se méfier de la bureaucratie publique et privée. La seule aide sociale que connait jusqu'à présent Doña Olimpia est celle qu'elle a reçue de Hogar de Cristo, qui lui a  justement permis d'obtenir le terrain sur lequel elle habite ... mais cela date de presque deux décennies.

Pour son alimentation quotidienne, elle se rend "chez les soeurs Doroteas ", à quelques habitations plus loin de chez elle, ce qui constitue, à ce jour, la seule aide qu'elle reçoit.

Malgré ses contraintes, elle se sent gênée de ne pas être "en forme" à l'occasion de la visite d'une équipe de ce Journal. "Ils auraient dû me prévenir pour que je n'aie pas l'air si mal en point'', plaisante-t-elle. Olympia se lève et en passant, laisse une de ses sandales dehors ...

L'autre pantoufle lui sert à présenter sa maison en détail : un espace unique sert d'habitation à Doña Olimpia, qui dort au milieu de ses quelques biens, dont le plus moderne est représenté par un téléviseur de 11 pouces à moitié décomposé et le compteur numérique installé il y a deux mois par la compagnie électrique .

Il y a juste une fenêtre pour laisser passer l'air saumatre et malodorante de l'estuaire à l'intérieur de la maison, dans laquelle il n y a pas d'ordre, même pour identifier l'espace où  se couche Doña Olimpia. Quelques fils rouges et blancs sur le bois et non protégés constituent le circuit rustique qui ne sert qu'à faire fonctionner les quelques artefacts électriques des lieux : la télévision et une ampoule à incandescence de 20 watts.

Elle ne bénéficie d'aucune aide, meme pas de son seul parent, un fils dans la quarantaine, fruit d'une relation accidentelle avec un  ''un adulte resté enfant du nom de Saavedra," quand Olympia avait 25 ans. "Ce n'était même pas mon patron, l'homme a tout simplement pénétré dans ma chambre et presque de force ce qui devait arriver est arrivé." Presque? "Il avait son charme, qu'il a perdu lorsqu'il a préféré aller en Espagne en me laissant me débrouiller avec l'enfant."

Doña Olimpia occulte les détails de ce qui s'est passé avec son fils, qui travaille comme gardien. "Il avait de très mauvaises compagnies, mais je crois qu'il a laissé tout ça'', affirme-t-elle.

En se déplaçant au milieu de ses biens, elle se demande si ce n'est pas un serpent qui vient de se faufiler par là. ''Dès 18 heures, ce sont eux qui s'occupent, ils me tiennent compagnie'', dit-elle, tout en assurant qu'aucun des reptiles ne l'a jamais mordu et qu'elle n'attrappe aucune autre maladie que la grippe.

 En sortant de chez elle, la sexagénaire originaire d'Esmeraldas indique que le dernier service qu'elle a reçu, c'est un tuyau installé par Interagua il y a quatre jours. Ses voisins spéculent sur des "jours meilleurs" ... Doña Olimpia hésite encore, car cela fait 20 ans qu'elle a reçu une aide publique.

 Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

http://www.telegrafo.com.ec/index.php?option=com_zoo&task=item&item_id=45428&Itemid=14