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Agustina Palomino et son fils Andrés Cáceres expliquent les changements de la tradition.

Peu à peu, avec l'avènement du progrès et du changement de mentalité au sein des communautés afrocolombiennes établies au sud-ouest de la ville, la douce tradition que l'on déguste tous les ans pendant la Semana Mayor décline.

Une des raisons expliquant cette réalité est que les intérêts des personnes qui cultivent la tradition ancestrale épousent d'autres objectifs, et les nouvelles générations qui devraient perpétuer l'héritage ont actuellement de multiples possibilités de se former. Résultat, la jeunesse a des désirs de dépassement et les parents aspirent à la propsérité et de meilleures conditions de vie pour leurs enfants.

EL HERALDO a parcouru les quartiers La Manga et Me Quejo, de lieux où la tradition a été transmise comme un code génétique entre les familles et les connaissances et secrets contenus dans la réalisation de ces mets exquis continuent de se cultiver, mais pas avec la même vigueur que lorsqu'elle était la meilleure source d'emploi pour cesfamilles nombreuses, qui même s'ils voient considèrent avec nostalgie leur passé et les vieilles coutumes, de nos jours, acceptent avec plaisir l'impulsion du progrès.

Agustina Palomino a 64 ans; par ses grandes hanches et ses bras potelés sont passées de nombreuses années autour du bois et de la chaleur du fourneau. Elle a consacré plus de la moitié de sa vie à la préparation et à la vente de ces saveurs exclusives de palenque, les friandises à base de papaye, d'igname, de mangue, de guandú(Pois pigeon pou pois d'Angole), de corozo(noix) et plusieurs recettes où se mélangent les saveurs de la terre, de la rivière et de la mer.

La tradition court actuellement un danger car les jeunes ont désormais une autre façon de penser. La majorité sont occupés par leurs études et pensent à une autre manière de gagner leurs vies. C'est qu'en fait, ils ont eu d'autres opportunités ”, affirme la femme affable avant d' insister sur le fait qu'aucun de ses enfants ne s'est préoccupé de perpétuer la tradition, car,  grâce à ses efforts, ils ont pu étudier et avoir une autre option pour gagner leur vie.

J'ai deux filles qui ont fait des études techniques et qui travaillent désormais dans des entreprises, et parmi mes quatre garçons l'un est avocat, l'autre est contrôleur public et les deux autres aussi ont fait une formation et travaillent également dans des entreprises”, affirme Agustina.

Elle rappelle que tous ses enfants ont appris en l'aidant quand ils étaient enfants. C'est ce que confirme Andrés Cáceres Palomino, un de ses enfants, qui travaille désormais dans technicien en fondeire.

Andrés garde en mémoire l'époque ou le quartier de La Manga était une zone marginale, ne disposant d'aucun services publics installés et de très peu de possibilités pour progresser. Cependant, avec l'aide de sa mère, il a accompli quelques-uns de ses rêves : étudier et travailler.

Nous aidions ma mère pour tout, dans la préparation et après dans la vente des friandises, mais remarque que les choses sont très différentes aujourd'hui, la communauté est mieux organisée, nos femmes font des formations professionnelles, elles ont accès à l'universitéet à d'autres connaissances.Avant, on vendait les friandises par simple nécessité, maintenant les choses sont différentes”, dit-il plein d'enthousiasme.

Andrés a deux enfants qui ne sont pas étrangers à la tradition, mais les deux se consacrent et et se concentrent sur leurs études. L'un fait ingénieurie environnementale et l'autre termine son baccaulauréat cette année.

“Nos femmes n'ont plus à présent besoin de se mettre un plateau sur la tête ; je n'envoie pas ma fille vendre parce que sinon, elle va délaisser les études”, affirme Cáceres.

Grase Fruto a 21 ans et fait son huitième semestre en odontologie, sa soeur est psychologue de l'Université Metropolitana.

Grase affirme que sa soeur et elle doivent toutes leurs connaissances et leurs études à cette tradition. Ses deux grands frères ont également eu d'autres opportunités, l'un est agent de police et l'autre termine son cour en administration des entreprises.

La vérité c'est que vendre les friandises est très compliqué, très dur, il est préférable d'étudier et de se réaliser, faire une  carrière. J'enseignerai la tradition à mes enfants, mais je ne permettrai pas qu'ils l'adoptent comme mode de vie ou comme un travail. Ma mère s'est toujours consacrée à faire et à vendre des friandises et elle me l'a appris, mais en réalité, je me concentre sur ma profession”, dit-elle.


Javier Cáceres, conteur public et représentant Légal de l'Organisation Afrocolombienne Kusuto affirme qu'actuellement, la communauté et ses leaders sont dans l'attente de la création de politiques, pour la mise en place d'une chaire d'études afrocolombiennes, une espèce d'éducation ethnique pour réveiller une conscience de conservation des traditions dans les nouvelles générations.

“Maintenant, nos femmes doivent penser à devenir des entrepreneures, tout en sauvegardant les traditions ; que nos professionnels s'approprient l'héritage et le patrimoine laissés par nos ancêtres et en fassent la promotion à travers le monde ”, indique-t-il.

De son point de vue,  “il ne sert à rien qu'un afrocolombien se forme, devienne professionnel et obtienne une charge publique pour ne pas se sentir fier de ses racines et de ses traditions”.

Par Carlos Polo

 Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

http://www.elheraldo.co/local/cambio-de-mentalidad-pone-en-peligro-tradicion-de-los-dulces-62738