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Le Ministère Public Fédéral a acheminé auprès de la Justice, le 19 mars dernier, une plainte de racisme, de xénophobie et d'injure raciale contre le professeur de l'Université Fédérale du Maranhão (UFMA), Clóvis Saraiva. Ce mercredi (21 mars), le professeur a nié ses accusations.

Clóvis Saraiva est sous enquête de la Police Fédérale depuis juillet de l'année dernière à la demande du Ministre Public. Le rapport de la Police Fédérale a été remis au Ministère Public le 28 février 2012. La victime est un étudiant du cours d'ingénieurie chimique de l'UFMA, le nigérian Nuhu Ayuba. "Il me demandait avec combien de panthères je m'étais quand j'étais en Afrique", indique l'étudiant.

D'autres étudiants confirment la version du Nigérian, disant avoir été témoins de plusieurs autres situations. "Si vous ne savez pas, vous pouvez rentrer en Afrique par un bateau négrier", raconte Ila Nascimento, camarade de Ayuba. Une autre étudiante est encore plus cinglante. "Les gens commençaient à devenir des spectateurs d'un professeur faisant son show", ajoute Marenildes Olveira. Le professeur nie les accusations. " C'est déplorable. Je n'ai eu aucune attitude préconceptueuse, j'ai déjà eu plusieurs étudiants métisses et autres, je cherche à tous bien les traiter comme je l'ai toujours fait " dist-il.

L'affaire a eu une repercussion nationale et a été divulgué en juillet de l'an dernier par le Jornal da Globo.

L'étudiant a même envisagé d'arrêter les études. Mais avec le soutien de ses camarades, Nuhu Ayuba a décidé de rester dans le Maranhão et de porter plainte contre le professeur d'université. L'affaire a été traité comme un cas de racisme par le Ministère Public Fédéral. "Ce délit est passible d'une peine d'une à trois années, mais comme il l'a perpétré plusieurs fois durant le premier semestre de 2011, ces peines seront additionnées, ce qui pourrait amener jusqu'à l'application d'un régime fermé ", a expliqué le procureur de la République, Israel Santos Silva.

Sur un examen de l'étudiant qu'il a corrigé, le professeur Clóvis indique "Tout faux". Le texte a été acheminé à trois professeurs dans d'autres états. Pour des questions éthiques, les enseignants n'ont pas voulu être identifiés. Mais tous y ont trouvé au moins une bonne réponse du nigérian. Et l'un de ses professeurs lui a même attribué la note de 8 pour le test.

L'UFMA a indiqué qu'elle a entamé une procédure disciplinaire pour en avoir le coeur net sur le comportement du professeur. À ce sujet, , le professuer Clóvis Saraiva continue de donner des cours normalement dans l'institution. Face à cette situation, le nigérian dit attendre que justice soit faite. "J'espère que d'autres ne vivront pas le même préjugé que j'ai vécu", conclut-il.

 Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/