En Guayaquil existe una decena de grupos de danza que ejecutan bailes tradicionales; en la fotografía aparece Caribu, formado por jóvenes que preparan obras de danza-teatro. Foto: Miguel Castro | El Telégrafo

 

Le Costa Rica, la Colombie,  Cuba et le Paraguay ont mis en place des processus visant à sauvegarder le patrimoine immatériel construit par la musique et d’autres expressions artistiques des populations originaires de l’Afrique.

 Reina Magdariaga Larduet / Prensa Latina

 

L'invisibilité subie pendant des siècles, non seulement par les personnes d'ascendance africaine dans le monde mais aussi de son patrimoine culturel est une question déchirante, de plus en plus reconnue sur la scène internationale.


La sauvegarde des traditions des afrodescendants en Amérique Latine se fonde sur la Convention pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel, adoptée par la 32ième Conférence générale  de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), 2003.


Dans ce sens, Herman van Hoof, le Directeur du Bureau régional pour l'Amérique Latine et les Caraïbes de l'organisme des Nations Unies, a déclaré lors de l'atelier sur le patrimoine culturel immatériel qui s'est déroulé à La Havane, que son institution valorise aujourd’hui l’apport culturel et spirituel des descendants de ceux qui ont été arrachés à la terre africaine.


Même s’il s’agit d’un sujet complexe, le directeur insiste sur l'éducation, car c'est la base pour éliminer la discrimination raciale et culturelle. La responsabilité de  l'Unesco est donc de célébrer et d’enregistrer cette contribution.

 

Tel est le cas de la Colombie, considéré comme le pays d'Amérique Latine comptant peut-être le plus grand nombre d’Afrodescendants après le Brésil.


Dans ce pays d'Amérique du Sud il existe groupes communautaires différenciés dans lesquels on travaille actuellement pour mettre fin au silence, a reconnu le directeur en charge des Populations du Ministère de la Culture, Moises Medrano.


À ce sujet,  il a cité les communautés noires, afrocolombiennes, des Palenque et Raizales (insulaires), chacune ayant ses mouvements sociaux, ses initiatives, ses projets et ses expressions du patrimoine culturel immatériel.


En ce qui concerne les actions menées à Cuba, la tumba francesa (Tumba française) – manifestation dansée et musicale d’origine africaine - a été déclaré en 2003 chef-d’œuvre du patrimoine culturel immatériel.


Apparue au cours du 18ième siècle dans l'est de Cuba, c’est le fruit des migrations des colons et des esclaves survenues suite à la révolution haïtienne.


Parlant de son pays, la chercheure du Centre Afrobolivien pour le Développement Intégral et Communautaire  Centre pour le développement intégré et communautaire (Centro Afroboliviano para el Desarrollo Integral y Comunitario) José Percy a souligné l'attention particulière accordée au patrimoine immatériel des afrodescendants encore occulte dans sa plus grande partie.


Preuve de cette affirmation, la déclaration en 2009 de La Saya comme partimoinre de l’état multinational,  considérés par les experts comme transmetteur de l'essence de la Bolivie.
Il s'agit d'un style de musique et de danse qui peut être considéré comme une fusion d’éléments africains, aymaras et espagnols.

 

 

Les organismes municipaux travaillent au Paraguay pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel des afrodescendants.


Cet héritage a été minimisé pendant la dictature d'Alfredo Stroessner (1954-1989). A cette époque, les personnes d'ascendance africaine furent persécutées, vassalisées et leur culture fut rejetée, estime Ramón Sosa, directeur général de la direction de la promotion culturelle communautaire.


En partant d’une déclaration du recensement national de 1962 qui ignorait la présence Noire, les Paraguayens travaillent à corriger ces erreurs.

Pour sa part, l'Institut National du Patrimoine Culturel de l'Équateur a pour prémisse de rendre visible les personnes descendantes des Africains. Selon l'historienne Nidia Gomez, un diagnostic est en cours de réalisation dans les deux populations de forte présence des noirs que sont Esmeralda (dans le sud-ouest) et la Valle del Chota (dans la région andine).


Cet objectif de sauvegarde des héritages folkloriques, musicaux, chorégraphiques, religieux, littéraires ou linguistiques se réalise avec l’appui des leaders des zones de peuplement et des gouvernements locaux.

 

Du côté de l’Amérique Centrale et spécifiquement au Costa Rica, l’insuffisante reconnaissance du patrimoine culturel des afrodescendants n’est pas nouvelle. Le spécialiste du Centre de Recherche et de Conservation du Patrimoine Culturel (Centro de Investigación y Conservación del Patrimonio Cultural) de cette nation Javier Carvajal, a affirmé que les premiers pas visant à inventorier cet héritage sont entrain d’être faits.

 

Malgré cela, une région géographique est le siège des établissements de cet héritage. Il s’agit de la province de Limón (extrême est du pays) où les racines sont fortes et la contribution importante.


Marquée par la diversité, Limón a des caractéristiques importantes de la culture indigène, afrocaribéenne, des blancs et des chinois, et chacune apporte à la région son propre style.


Même si cette donnée semble étrange, l’élément le plus commun dans les villages du sud du Rio Grande est l’afrodescendance, a indiqué à La Havane Jaime Urrutia, Directeur du Centre Régional pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel de l'Amérique Latine.


En parlant de l'importance de préserver le patrimoine immatériel, Urrutia a rappelé que "sans cela, il ne peut y avoir d'identités au sein d'une nation."

 Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

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