Une discrimination ethnique, de classe, de génération et sexuelle selon une étude.

 

"La jeunesse afrodescendante est l’un des groupes les plus touchés par les processus structurels d’exclusion, d'inégalité et de pauvreté", indique une étude du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) et la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL).

thais_y_nahuel_2Le document intitulé “Juventud afrodescendiente en América Latina: realidades diversas y derechos (in)cumplidos”, présenté dans le cadre de la Rencontre Ibéro-américaine de l'Année Internationale de l’Afrodescendance (afro XXI), qui s'est tenue dans la ville brésilienne de Salvador de Bahia du 16 au 19 novembre dernier , confirme ce qui a été systématiquement dénoncé, à savoir que les jeunes afrodescendants vivent une triple  exclusion : du fait de leur appartenance ethnique, parce qu'ils sont pauvres et à cause de leur âge. Et si ce sont des femmes, elles sont alors confrontées à une quatrième exclusion : celle liée à leur sexe.

 "La jeunesse afrodescendante est actuellement au centre de diverses tensions et dans ce cadre, ils ont de nombreuses demandes qui, en résumé, sont les suivantes: par rapport au reste de  la société, ils exigent une plus grande inclusion, le plein accès au développement et l'exercice de leurs droits, tandis que, par rapport au monde des adultes, les jeunes exigent de plus grands espaces de participation et de décision", indique le rapport.

Les immenses inégalités qui caractérisent l'Amérique Latine -  en fait, la région la plus inégalitaire au monde- se reflète notamment sur la population noire. Le fossé entre les jeunes afrodescendants et les autres jeunes se voient  dans le manque d'accès pour les premiers à une  éducation de qualité, à des emplois décents, à des logements et à des biens et des services de l'État, entre autres.

Les pays d'Amérique Latine ayant les plus importantes populations de jeunes afrodescendants  -  plus de 24 millions selon la CEPAL – sont le Brésil, la Colombie, le Costa Rica, l’Équateur, El Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua, le Panama, le Pérou et l’Uruguay. Dans ces pays, il existe un "racisme notoire" qui se vérifie dans les attitudes discriminatoires et les agressions verbales en pleine rue.

"La discrimination se fait sentir dès l'enfance, très souvent les gens ne réalisent pas qu’ils nous traitent différemment, ils attendent moins de nous, et nous regardent avec méfiance. Cette discrimination fait qu’il soit nécessaire pour nous de renforcer notre estime de soi pour la dépasser et apprendre à nous valoriser en tant qu’afrodescendants", explique Daniel , 24 ans et qui a été cité par l'étude. "Je suis sûr que la couleur de ma peau ne me rend pas inférieur, mais face à la discrimination, nous avons besoin du soutien de nos familles et de notre société. Il faut également former les éducateurs à n’accepter aucune forme de discrimination. "

Si la situation des afrodescendants a gagné en visibilité au cours des dernières années, grâce à une augmentation des organisations et des mouvements afrodescendants qui défendent leurs droits et à la création d'institutions gouvernementales chargées des questions relatives aux peuples afrodescendants, cela n’a pas été suffisant.

Le rapport exhorte à renforcer et à investir dans des politiques affirmatives en faveur des jeunes afrodescendants  dans un cadre de droits, comme moyen de surmonter les inégalités, la discrimination et l'exclusion. –Latinamerica

 Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

http://www.noticiasaliadas.org/articles.asp?art=6532