par Rajarshi Aditya Chaudhuri

 capoeira

La première fois que Sergio Souza de Oliviera a entendu parler de la capoeira, il  était encore un garçon de 14 ans grandissant au Brésil. "Les Capoeiristes étaient légendaires. Ils étaient légendaires car ils étaient en mesure de combattre jusqu’à six adversaires en même temps. Chaque capoeiriste était respecté et tout le monde voulait en devenir un, "se souvient-il. Et c’est là qu’a commencé  l'amour de Sergio pour cet art martial unique et qui dure jusqu’à aujourd'hui. "J'ai actuellement 55 ans et je l'aime toujours autant que le jour où j'ai commencé", dit-il.

Et on ne peut que tout aimer dans ce sport. "Il existe très peu de sports et d’arts martiaux regroupant des activités aussi complètes que la capoeira", déclare Sergio. "Quel autre sport combine les activités sociales comme le chant, la danse et le jeu d’instruments de musique avec des activités physiques comme la gymnastique et les arts martiaux?", demande-t-il.

Il est mieux connu sous le nom de Mestre Nago, en référence à son rang de Maître Capoeira de ABADA-Capoeira, l'une des plus grandes organisations de capoeira dans le monde.

Et la semaine dernière, il a organisé un évènement-exposition de trois jours sur la Capoeira dans la capitale qui a réuni les capoeiristes de tout dans le Moyen-Orient, d’Europe et du Brésil. "J’ai déménagé à Muscat il y a quelques années, et je peux voir cette fois-ci que le sport est devenu beaucoup plus populaire. En fait, environ 60% de tous les participants prenant part à l'événement cette année sont des Omanais, " estime Mestre Nago.

Cette forme d'art afrobrésilien datant du 16ème siècle se joue avec des capoeristes debout dans un cercle appelé ‘roda’, qui chantent, applaudissent et jouent des instruments de musique, tandis que deux athlètes combattent au centre du cercle. "La capoeira est une forme d’art très social et la roda représente le lien social qui unit les camarades capoeristes. Même à l'intérieur de la roda, les capoeirists ne sont pas exactement en train de combattre l’un  contre l’autre, ils travaillent les uns avec les autres pour maîtriser l'art de la capoeira", explique Christian Elombo, connu dans les cercles capoeiristes sous le nom de Graduado Negro, superviseur de la branche de l’Abada-Capoeira dans le Golfe Persique.

"Je pense que la capoeira serait parfaitement compatible avec la culture d’Oman", dit Negro. "  Des aspects de la culture omanaise, comme trainer  avec des amis, faire du sport et profiter de la musique font tous partie de la capoeira." Et c'est la raison pour laquelle il pense que le sport va continuer à croître en popularité ici à Oman. Negro enseigne actuellement la capoeira aux  jeunes des écoles comme l'ABA et de l’École française de Muscat de même qu’à Muscat Oasis. "Comme davantage de gens se renseignent sur ce sport et envisagent de s'impliquer, je prévois commencer à donner des cours à Sohar également."

"La capoeira consiste au respect des personnes et de leurs différents points de vue, "  dit Negro. "Et donc toute personne, quelque soit sa manière de s’habiller ou sa religion et ses coutumes peut pratiquer la capoeira. Si quelqu'un veut porter un foulard ou une abaya, tant qu'il met l'uniforme en dessous, il  sera le bienvenu dans le cercle capoeiriste. "

Hisam al Rawas est un récent diplômé universitaire qui a commencé à s’'intéresser à la capoeira après avoir regardé un film. "J'étais à l'université au Royaume-Uni quand j’ai commencé à pratiquer la capoeira et quand je suis venu ici, j'ai été surpris de voir que ABADA-Capoeira était également présent ici." Il a décidé de les rejoindre immédiatement. "J'aime la langue portugaise. Le chant, les instruments ... tout dans cette forme d'art me fascine. "

 L’ami d’Hisam, Saleh al Kudoori estime que la capoeira a aidé à développer sa personnalité. "Si tu es timide, la capoeira te permettra de t’ouvrir, en te rendant plus social. Elle aide à s’exprimer de tellement de manières différentes ", affirme Saleh. Il fut l'un des premiers à être entrainé  par Negro ici, à Muscat et il dit qu'il aimerait continuer à le faire pour le reste de sa vie. "La capoeira n'est pas quelque chose que l’on fait de manière sporadique. C'est un mode de vie ", indique-t-il.

Mestre Nago pense que la capoeira pourrait vraiment aider les enfants à faire des choix de vie sains dans un pays ayant l'un des taux de diabète  les plus élevés au monde. "Dans le monde d'aujourd'hui où le diabète et l'obésité deviennent plus répandus, la capoeira pourrait vraiment aider les jeunes à faire des meilleurs choix de vie. La Capoeira peut non seulement aider à atteindre de meilleures caractéristiques physiques comme la coordination, la souplesse, de meilleurs réflexes et l'attention, mais l'aspect social de ce sport peut les aider à prendre de meilleures décisions de vie comme éviter de fumer et de boire. C’est l’un des sports les plus complets auxquels peuvent participer des jeunes."

 Negro ajoute que même si la Capoeira enseigne l'art de l'auto défense, ce sport encourage fondamentalement le respect des autres cultures et pourrait vraiment aider à lutter contre les problèmes sociaux comme l'intimidation. "La leçon de capoeira enseigne que parfois se défendre ne signifie pas nécessairement riposter, parfois cela veut dire serrer la main et s’en aller" dit-il.

 Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

http://www.theweek.co.om/disCon.aspx?Cval=5855