TEGUCIGALPA.- Il semble incroyable qu’en plein 21ème siècle la société continue de faire des distinctions en ayant pour point de départ l’origine ethnique des personnes, la discrimination raciale est un mal qui a toujours existé, mais qui paradoxalement s'est amplifié pendant l’époque moderne.



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Les afrodescendants ont été d'un grand apport pour le football national, mais ils restent discriminés.

 

Dans la Grèce classique, il existait une un mépris marqué pour les autres peuples, mais pas à cause de leur apparence ethnique, mais à cause de leur condition d’étrangers. Les grands philosophes grecs reconnaissaient en les égyptiens, qu’ils décrivaient comme noirs, de dignes représentants de la civilisation.


Peu après, au moyen âge, les noirs étaient associés à la richesse du monde islamique et il y eu de nombreux saints noirs, mais à l’âge moderne, les chrétiens persécutèrent les juifs parce qu’ils les considéraient comme une race inférieure.

Le racisme est une idéologie basée sur la supériorité de quelques races ou ethnies sur d’autres, cependant de long en large de l’histoire, il se trouve que, de manière permanente, les gens de couleur noire ont été victimes des cruautés de ceux qui se sentent des êtres divins et il suffit de rappeler les époques anciennes, lorsque les afrodescendants étaient condamnés à réaliser les travaux les plus dépréciables.

Malheureusement, le sport n’a pas échappé à ce fléau, le football en particulier, sport roi et dans lequel de nombreux afrodescendants sur la base de leurs efforts et de leurs adresses ont gagné une place, continue d’être attaqué par le racisme, puisque de manière constante, certains avec ou sans raison se plaignent d’avoir été victime de discrimination raciale.

Le président de la FIFA, Joseph Blatter s’est vu embourbé dans un grand scandale après avoir affirmé que le racisme n’est pas un problème dans le football.
Récemment le président de la FIFA, Joseph Blatter, s'est vu embourbé dans un scandale, après avoir affirmé que le racisme n'est pas un problème dans le football et qu'il y avait des thématiques plus importantes à résoudre.

Suite à ces déclarations qui ont été qualifiées de "maladroites" par le Syndicat International des Footballeurs el grand patron de la FIFA a dû faire amende honorable et a affirmé que ses paroles avaient été mal interprétées.

Le sport hondurien n’a pas échappé à ce mal, en pleine phase finale de l’Apertura les voix se sont de nouveau élevées qui parlent de discrimination raciale, un phénomène qui n'a rien de nouveau, mais qui pendant un moment a disparu du contexte footballistique, jusqu'à ce que l'arbitre Mario Moncada et le jouer de l'Olimpia, Johnny Palacios ont allumé la mèche et s'affrontent dans un échange de commentaires et de répliques.


Le joueur l'accuse de l'avoir traité de "noir de merde", lors du duel qui a opposé Atlético Choloma à l' Olimpia, l'arbitre qui a une petite-fille noire, nie farouchement l'accusation.


Il faudra attendre que l'affaire soit réglée, mais ce qui est sûr c'est qu'elle doit servir à attirer l'attention des autorités, car il est indéniable que le racisme est présent dans le football, et il est temps d'y mettre fin avant que la situation ne prenne des accents plus graves.

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Luis Green, qui dirige le Secrétariat d’État en charge des Peuples
Indigènes et des Afrohonduriens affirme que la discrimination raciale
est le produit de l'ignorance.


"Noir de merde, ce ne pouvait être qu’un noir, les noirs ne réfléchissent pas avant 18 heures, les noirs ne servent qu’à cuisiner le poulet, il manque juste une queue à ce noir pour être un singe "; sont des phrases que l’on entend régulièrement quand un afrodescendant fait une erreur dans un match de football, des assertions qu’on ne fait pas lorsque celui qui fait le mauvais choix est un blanc ou un amérindien.


Le Secrétaire d'État en charge des Peuples Indigènes et Afrohonduriens (Sedinafroh), Luis Green, qui a autrefois travaillé dans le milieu du football en tant qu’entraineur, a ses propres explications des raisons expliquant que ce type de situations se produit dans le sport hondurien et de la manière de les combattre.


"Combattre le racisme c’est éduquer et c’est la responsabilité de tous, ce type de préjugés ne devraient pas exister, l’espèce humaine est une seule et dans sa totalité est originaire d’Afrique, l’humanité a été injuste avec les afrodescendants, et le Honduras n’a pas fait exception, la Ligue Nationale, la Fédération de Football ont un grande n tarea et c'est que les gens connaissent la grande contribution des afrodescendants au sport national et principalement dans les classifications des sélections aux mondiaux d'Espagne 82 et Afrique du Sud 2010".


Consulté pour savoir s'il considère qu'il existe un vide dans les lois qui est préjudiciable aux afrodescendants, il a été clair en concluant que sa race est en désavantage par rapport au reste de la société.


"Nos populations sont en désavantage face à la société, les gens de La Mosquitia et de tous les secteurs afrodescendantes ont été oubliés, car géographiquement, ils sont très éloignés, mais cela ne doit pas être une excuse, nous avons justement trouvé dans le sport une fenêtre pour progresser et il s’avère illogique qu’il y ait des gens qui nous regardent de haut , ça urge que les autorités appliquent la loi au pieds de la lettre pour mettre fin à la discrimination raciale".

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Beaucoup d'afrodescendants commencent à forger
leurs rêves sur les plages du pays.


Selon l’ancien entraineur des Fuerzas Básicas de Olimpia, la situation est grave, et il indique même qu’il ne trouve pas prudent d’amener les enfants afrodescendants dans les événements sportifs, car ils peuvent subir des dommages sévères en entendant les insultes des supporters".


"On ne peut pas exposer un mineur, c'est la première chose à faire, car dans le cas contraire cela peut causer des dommages irréversibles, imaginez un gamin de 6 ans qui entend que l’on crie aux afrodescendants des noms comme noir de m…, qu’il ne réfléchit pas ou qu’il lui manque juste une queue pour être un singe, c'est sûr qu'il grandira avec un traumatisme, parfois, il y a des adultes qui sont affectés par ce type de commentaire, pour un enfant cela peut devenir traumatique, personne ne les appelle blanquito, mais eux ils se permettent de nous negritos, personne ne peut être déterminé par sa couleur de peau".
Green a également une explication sur la raison pour laquelle les footballeurs afrodescendants sont en général utilisés comme défenseur, attaquants ou milieu défensif, mais presque jamais comme ceux chargés de créer le jeu.

Si on jette un œil sur les équipes de la Ligue Nationale, on ne trouve dans aucune d’elle un afrodescendante qui joue le rôle de 10.
"Il existe une stigmatisation, certains considèrent que les afrodescendants ne peuvent être que des défenseurs ou des attaquants, ce type d'entraineurs avec cette mentalité finissent toujours par échouer, car définir la place sur le terrain d'un joueur nécessite une étude et non de la déterminer par son origine ethnique ".
L'attaquant Carlos Pavón a été l'un des footballeurs honduriens les plus en vue au niveau international.

Il a rappelé le cas du joueur Wilson Palacios, qui durant toute sa vie à La Ceiba a été milieu de terrain, mais lorsqu’il est venu dans la capitale, on l’a fait joué latéral, puis lorsqu’il est allé en Europe, c’est logique qu’il se soit adapté très vite à jouer au milieu, puisque c'est un poste qu'il connait déjà.

Enfin Green est allé jusqu’à affirmer que le président de la FIFA, Joseph Blatter, ne restera pas à son poste parce qu’il est raciste et il a ajouté que le racisme est le produit de l’ignorance, et que les autorités de la Liga Nacional (LINA) doivent prendre les choses en main sur le sujet, car sinon, ils perdront leur soutien.


"Blatter ne restera pas à son poste parce qu’il est raciste, et le racisme est totalement le produit de l’ignorance, dans notre football, Selim Canahuati qui dirige la Lina et Rafael Callejas de la Fédération de Football, doivent se battre pour éviter ce mal, car dans le cas contraire, les répercussions seront sérieuses ".

Ironiquement, le Honduras a été l’hôte du Premier Sommet Mondial des afrodescendants, ce qui n'est pas une donnée insignifiante et il parait par conséquent illogique que l'on continue d'enregistrer des cas de discrimination raciale.

*Joseph Blatter ne poursuivra pas à la FIFA parce qu'il est raciste selon Luis Green qui dirige le Secrétariat d'État en charge des Peuples Indigènes et Afrohonduriens.


*Les peuples  afrodescendants sont en désavantage par rapport au reste de la société.


Par: Jairo LANDA


Au hasard 


*Zéro arbitre afrodescendant dans la Ligue Nationale
*Des Afrodescendants présidents d'équipe dans le championnat? Aucun
*Il n y a aucun entraineur afrodescendant en première division
Réalité


*En faisant un bilan des derniers joueurs appelés à la sélection nationale nationale par Luis Suárez, les afrodescendants apportent 53% de l'effectif


*Wilson Palacios, David Suazo, Carlos Pavón et Gilberto Yearwood, tous afrodescendants sont les qui ont le mieux représentés le Honduras au plan international

 

Autres sportifs de renom


Rolando Palacios
Miguel "Muñeco" Gonzales
Jeimy Bernárdez
Randy Lamber
Ronald Bennett

Samuel Caballero: Nous nous battrons pour éradiquer le racisme


*Il faut envoyer un message de réflexion aux supporters pour qu'ils comprennent que l'on ne peut discriminer personne à cause de sa couleur de peau.


Le président de l'Asociación de Futbolistas Agremiados de Honduras (AFAHO), Samuel Caballero, reconnait que le racisme dans le football hondurien n'a pas été traité de manière correcte, car très souvent, ce qui sont affectés se taisent.

Il affirme cependant que dans le cadre de ses fonctions de dirigeant de l'AFAHO, un des principaux objectifs est justement d'attaquer la discrimination, car en plein 21ème siècle ce type de situation ne devrait pas exister.

"Nous nous battrons pour éradiquer le racisme, on parlera avec les footballeurs pour qu'ils dénoncent toute personne qui ose les discriminer, ce qui se passe c'est que très souvent il ya un manque de courage et cela explique que les faits restent impunis".
Consulté sur la manière d'éviter les phrases péjoratives dont sont vistimes les joueurs afrodscendants de la part des supporters dans les stades, il a indiqué qu'il faut lancer une campagne de conscientisation.

"Il faut envoyer un message de réflexion aux aficionados pour qu'ils comprennent qu'on ne peut discriminer personne à cause de sa couleur de peau, il faut faire des campagnes adressées aux gens pour qu'on comprenne que tous les êtres humains sont égaux, peu importe notre origine ethnique ".


Caballero va dans le même sens que Green concernant le préjudice qui peut résulter chez un enfant qui entend les offenses que crient les supporters dans les stades contre les afrodesdecendants, et il indique qu'il faut mettre fin à cette situation dès maintenant, car on ne peut pas priver les mineurs d'assister aux événements sportifs.
Selim Canahuati: Nous devons en finir avec la discrimination.

Selon le président de la LINA, Selim Canahuati, la seule manière d'en finir avec le racisme c'est par le biais de l'éducation qui permet à la société de comprendre que l'on ne peut différencier d'aucune manière.

"Il faut en finir avec la discrimination et le racisme, la meilleure manière de les neutraliser c'est une bonne éducation, la discrimination raciale est un phénomène mondial et c'est en tant que tel que nous devons l'affronter ".
Canahuati souhaite que la société soit régie par des codes éthiques et moraux, qui empêchent de mépriser quiconque à cause de ses origines ethniques et il est inconcevable que dans le football les afrodescendants reçoivent des phrases blessantes à cause de la couleur de leur peau.

"Le racisme doit disparaitre, au mieux nous n'avons pas accordé l'importance nécessaire au sujet, mais lors de la réunion des présidents des équipes qui se tiendra samedi, c'est l'un des points à traiter, nous devons l'éradiquer".

 

 Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

http://www.latribuna.hn/2011/12/01/racismo-y-deporte-enemigos-irreconciliables/