L'utilisation du cheveu africain comme représentation de l'identité culturelle est le thème de l'exposition Quieto Pelo. Photos et vidéos produites par la colombienne Liliana Angulo monttrent le travail de coiffeuses, spécialistes des coiffures afro dans des communautés de la Colombie et de La Havane, la capitale cubaine. Elle utilise la coiffure comme  une expression de la beauté, mais aussi comme un symbole de résistance politique contre les préjugés.

quieto3L'artiste explique que le projet est né de son intérêt d’analyser comment la tradition consistant à ordonner le cheveu est préservée jusqu'à chez les populations de la diaspora africaine en Amérique latine. "Les coiffures ont des codes et des significations. Les noirs esclavisés  avaient l’habitude de cacher dans les cheveux de l’or des mines pour ensuite acheter leur liberté, c’était une pratique courante. Quand ils fuyaient aussi, ils gardaient des semences dans leurs cheveux pour les cultiver  ailleurs. Ce sont donc beaucoup d'histoires que les gens ressortent et sauvegardent, des histoires liées aux formes de résistance culturelle", indique la  Colombienne.

pelo1L'esthétique visuelle est également une attraction de l’exposition. Pour Liliana Angulo, ces coiffures réaffirment la beauté noire car "il ya encore des gens qui associent l'aspect physique à des termes péjoratifs:« oh la la, quels laids cheveux "," va dompter tes cheveux',' oh, quels mauvais cheveux ". Puis il y a certaines personnes qui défrisent leurs cheveux pour ne pas se sentir exclues. C’est dommage, car cela compromet la résistance sociale et culturelle. " C'est à partir de ces expressions qu’ironiquement est venu le nom de l’exposition, allusion à «pelo quieto» (cheveu tranquille).

Malgré le fait qu’elle travaille depuis plus d’une décennie sur la thématique de l’afrodescendance en Amérique Latine, Quieto Pelo est  "est un projet un peu différent car il y a la participation des personnes, c’est une construction collective." L'interaction avec le public se fait en présence des coiffeurs qui coiffent en direct. Cette expérience a déjà été menée à  Cuba et lors de l’ouverture de l’exposition à Brasilia.

Liliana Angulo affirme que cet ensemble d'idées et d'actions est destiné à enregistrer une tradition et à montrer aux gens que la culture de l'Afrique est "vivante" et présente dans les pays américains. "Les gens de descendance africaine doivent s’affirmer", affirme plaide-t-elle.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

 

http://www.correiobraziliense.com.br/app/noticia/diversao-e-arte/2011/11/22/interna_diversao_arte,279563/mostra-destaca-a-resistencia-dos-afrodescendentes-latino-americanos.shtml